17086239

Paradise Papers..Blairo Maggi..et AMAGGI..

 

blairo-maggi

 

Blairo Maggi, l’actuel ministre de l’Agriculture au Brésil, empêtré dans l’affaire des « Paradise Papers »..

 

maggi-2

 

Paradise Papers, le ministre de l'Agriculture du Brésil concerné..

 

bee40334ed26b2c94dc16ecde21bb933

Blairo Maggi, le ministre de l'Agriculture du Brésil est concerné par les révélations sur les comptes offshore des Paradise Papers. Or, c'est lui qui a minimisé, il y a quelques mois, le scandale de la viande avariée au Brésil, en espérant aboutir à un accord de libre-échange Europe-Mercosur comprenant une large importation de viande par l'Europe...

 

Ni l’Europe, ni..La France, n’arriverons à concurrencer une importation déloyale et massive de viande, en provenance d’Argentine, d’Australie, comme du Brésil surtout !

 

Prix-compares-4-500x687

Photo ci-dessus, les prix comparés..

L'Europe va-t-elle devoir revoir sa copie dans le cadre de l'accord de libre-échange actuellement négocié avec les pays du Mercosur(*), soit de l'Amérique du Sud avec le Brésil en fer de lance ? Ce ne serait pas illogique, car les toutes récentes révélations sur les Paradise Papers mettent en cause nommément Blairo Maggi, actuel ministre de l'Agriculture du Brésil. Or, dans l'accord de libre-échange actuellement négocié, son rôle n'est pas mince...

 

(*) Je ferai un article là-dessus un peu plus tard.

 

Un argument supplémentaire contre le contingent de viande bovine dans l'accord Europe – Mercosur !

 

Viande_Rungis3_HC_26042016-kAxB-U10952993304rd-860x420@lafranceagricole

Photo ci-dessus de stock de viandes à l'intérieur de chambres froides à Rungis.

Dans l'accord en cours en effet, comme WikiAgri vous l'avait dit, un contingent de 70 000 tonnes de viande bovine de l'Amérique du Sud vers l'Europe fait partie des négociations.

 

 Les détracteurs de cette ligne (soit, entre autres, la majorité des députés européens français en charge de l'agriculture, plus toutes nos institutions de l'élevage ou autres syndicats) mettaient en avant deux arguments pour s'y opposer :

 

1. la crise de la viande bovine qui frappe déjà les producteurs européens ;

 

2. le fait que le Brésil ait connu récemment, en début d'année, un scandale avec un trafic de viande avariée.

 

Or, celui qui a minimisé le scandale en question, c'est Blairo MaggiLe Monde daté du 11 avril 2017 explique ainsi comment le ministre de l'Agriculture du Brésil a su user de toute son influence, de milliardaire qu'il est également, pour que le problème n'en soit plus un... A un point tel, donc, que la Commission européenne a accepté le principe d'évoquer ce contingent de viande bovine dans les tractations ranimées depuis la rentrée de septembre.

 

Et voilà donc qu'un troisième argument, et non des moindres, vient alourdir le passif pour introduire davantage de viande sud-américaine en Europe qu'actuellement : son plus grand défenseur est impliqué directement dans l'affaire des comptes offshore mis à jour par les Paradise Papers. Il l'est même directement avec le géant français des matières premières, Louis Dreyfus : ainsi, une société du nom de Amaggi & LD Commodities SA est enregistrée avec un compte aux îles Caïman. Cette société vise à commercialiser du maïs et du soja. Selon les données recueillies dans le cadre des Paradise Papers, "la famille Maggi a été classée parmi les plus grands producteurs de soja au monde ainsi que l'une des familles les plus riches du Brésil". La société en question, qualifiée de "pleinement opérationnelle", afficherait ainsi des ventes brutes "de 100 millions de dollars provenant du commerce des produits agricoles" (source des guillemets : la fiche dédiée à Blairo Maggi sur le site internet des Paradise Papers). Le site des Paradise Papers fait également mention d'un communiqué de Blairo Maggi démentant tout bénéfice avec cette société.

 

C'est le profit de la culture du soja OGM qui repose aux îles Caïman !

0894c282-c452-11e7-b18b-4b84d16367df_web__scale_0

 Copie de teaserbox_2467541699

soja (1)

Pour autantque signifie la découverte de ce compte offshore aux îles Caïman ? Il a finalement de grandes implications sur l'agriculture, y compris mondiale. Car ce sont les bénéfices de la culture du soja, forcément OGM dans ces contrées, qui échappent à la fiscalité. En d'autres termes, le mode de production brésilien, pourtant souvent cité en exemple, comprend non seulement un salariat parmi les plus faibles au monde pour ses ouvriers agricoles, mais encore un profit pour un nombre extrêmement restreint de bénéficiaires uniquement, tel qu'il change toute la donne partout dans le monde dans une course effrénée à la productivité.

 Comment des éleveurs européens producteurs de viande bovine peuvent-ils lutter à armes égales avec leurs homologues brésiliens, lesquels nourrissent leurs troupeaux avec un soja non seulement plus performant en tant qu'OGM, cultivé moins cher avec une main-d'oeuvre (beaucoup trop) bon-marché, mais encore défiscalisé par un passage virtuel par les îles Caïman ? Et l'Europe peut-elle poursuivre à se montrer complice d'un tel système en continuant à vouloir inclure le contingent d'import dans ses accords de libre-échange ?

rtrmadp_3_france-food_1_0

 

Et si les Paradise Papers avaient donné un argument nouveau majeur pour se sortir de cette situation ?

 

En savoir plus : http://www.wikiagri.fr/articles/lelevage-europeen-sous-la-menace-dun-accord-avec-les-pays-de-lamerique-du-sud/15798 (notre article sur les tractations concernant l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur) http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/04/11/blairo-maggi-un-ministre-au-secours-de-la-viande-bresilienne_5109362_3234.html (l'article du Monde évoquant l'action de Blairo Maggi pour minimiser le scandale de la viande avariée au Brésil) ; https://offshoreleaks.icij.org/stories/blairo-borges-maggi (fiche dédiée à Blairo Maggi sur le site internet des Paradise Papers).

 

TheryCarte11ppt

 

Ci-dessous, au Brésil, atelier de découpe de viande bovine destinée à l'export (photo d'archives). 

atelier_de_d_coupe_viande_Br_sil

 

Blairo Maggi, un ministre au secours de la viande brésilienne..

 

880bf0d_8601-ml9jms

Blairo Maggi, le ministre de l’agriculture brésilien, en tournée d’inspection dans un supermarché de Brasilia, le 22 mars 2017. Adriano Machado / REUTERS.

 

Milliardaire et défenseur de l’agrobusiness, le ministre de l’agriculture cherche à minimiser l’impact du scandale de la « viande avariée »..

 

blairo-maggi (2)

 db429baf-6e13-4fd8-94c2-224d50376570-kCOB-U202436115294LmC-1024x576@GP-Web

1-maggi

4-maggi

Propriétaire terrien, carnivore et milliardaire influent, Blairo Maggi sillonne le Brésil, naviguant d’une « churrascaria » (restaurant de barbecue typique du pays) à une autre. A la table du président Michel Temer, le 19 mars à Brasilia, il a englouti une « picanha », un morceau réputé, assorti d’une côte, son plat préféré. Dix jours plus tard, à Campo Grande dans l’Etat du Mato Grosso, son fief, il rééditait l’exercice, salivant devant une brochette de bœuf. « Blairo Maggi est comme tous les gauchos, ces Brésiliens du Sud, il aime la viande », sourit son attaché de presse.

 

7-maggi

Depuis la déflagration de l’opération judiciaire « Viande avariée », le 17 mars, le ministre de l’agriculture ne manque pas une occasion de faire part de son amour immodéré pour la chair animale, défendant la viande brésilienne contre le poison du soupçon. Un défi. Le scandale, fruit de deux ans d’investigation, a mis au jour un système de corruption éclaboussant de grandes marques brésiliennes.

 

Les étiquettes étaient truquées

 

Au total, 21 entrepôts frigorifiques, certains appartenant aux géants de l’industrie, JBS et BRF, sont mis en cause, suspectés d’avoir soudoyé des agents fédéraux chargés de l’inspection sanitaire pour commercialiser de la viande périmée. Les étiquettes étaient truquées et/ou l’apparence peu flatteuse et l’odeur nauséabonde étaient masquées par des injections d’acide ascorbique« Un produit potentiellement cancérigène », s’alarme le commissaire en charge de l’enquête. De la « vitamine C », répond le ministère. Les enquêteurs ont également identifié des morceaux contaminés à la salmonelle destinés à l’exportation.

Pour le Brésil, en proie à une crise économique historique, cette affaire est un « coup de poing dans l’estomac », selon Blairo Maggi. Le pays, premier exportateur au monde de protéines (numéro un pour le poulet et numéro deux pour le bœuf), a dû faire face à la défiance...

 Photo-étal-bresilmarche-Ver-o-Peso-port-Belem-Brésil

Photo ci-dessus d'un étal de viande sur le marché au Brésil.

 

Blairo Maggi, l’actuel ministre de l’Agriculture au Brésil, empêtré dans l’affaire des « Paradise Papers »..

 

Photo-deny-wrongdoing-Brésil

Photo ci-dessus de Blairo Maggi, ministre de l’agriculture au Brésil et corrompu dans cette affaire de la production du soja au Brésil, avec ce grand groupe « Amaggi ».

 

Le Brésil et le soja

 

Brésil: récolte de soja historique en vue !

 

analyse-compare-production-de-soja-au-brsil-et-en-argentine-4-728

La récolte 2016/2017 de soja au Brésil, deuxième producteur et exportateur mondial de la graine, devrait augmenter de 10,8% par rapport à la précédente et atteindre 110,16 millions de tonnes, un volume historique, a estimé mardi la Compagnie nationale d'approvisionnement (Conab). Durant la récolte précédente, le pays avait récolté 95,43 tonnes de soja.

Dans un communiqué, la Conab souligne une augmentation de 1,4% de la superficie dédiée à la culture de la graine, par rapport à la précédente récolte, ce qui s'explique par "de bonnes conditions climatiques pour les différentes étapes de développement", et ce "malgré les incertitudes au début de la saison, en raison d'un trimestre pluvieux lors de la plantation". Le soja est la principale graine cultivée au Brésil et, "en raison de sa rentabilité, il a pris la place d'autres cultures", souligne le rapport de la Conab qui indique que l'oléagineux occupe principalement des zones de pâturage "reconverties à la culture de grains".

 

L'Offre et la demande..

 

complexo_soja

La production pourrait être d'autant plus importante que la Conab prévoit également une productivité à la hausse, estimée à 3,26 tonnes par hectare en avril contre 3,17 en mars et 2,87 pour la récolte 2015/16. Le Brésil est le deuxième producteur et exportateur mondial de soja, juste derrière les Etats-Unis.

 

TheryCarte16

 

 

Brésil : le « baron » du soja devient ministre de l’agriculture

 

220px-Blairo_Maggi_June_2003

Photo ci-dessus de Blairo Maggi en juin 2000.

Blairo Maggi règne sur 200. 000 hectares de soja-maïs-coton (!)

Dilma-presidente-Blairo-senador-12-03-16

Photo ci-dessus de Blairo Maggi, à droite, en conversation, avec, Dilma Roussef.

La destitution provisoire de la présidente Dilma Roussef entraine un changement du cabinet brésilien.

Photo-Blairo-Maggi-2

Le nouveau ministre de l’agriculture, Blairo Maggi (59 ans), aux racines italiennes, passe pour être le plus grand agro-entrepreneur du monde. C’est aussi sa réputation sur le plan international.

Cet agronome de formation, appartient au parti progressiste PP, qui soutenait le gouvernement Lula. De 2003 à 2010 il était gouverneur de l’Etat du Mato Grosso.

27-maggi

img-7

Il est propriétaire de Grupo Amaggi qui produit sur largement plus de 200.00 hectares, 2410000t de soja, 369 0000t de maïs, et 116 00t de coton. Ce groupe est présent dans le commerce international  avec des terminaux, des moyens de stockage et des bateaux.

360285d226479526e6248ee55af44f32--porto

1

0001

0002

he-governor-of-mato-grosso-sta

Le chiffre d’affaires du groupe est de 4,5 Mrds$ (3,9 Mrds €). Greenpeace lui avait remis en 2005 la « tronçonneuse d’or » et l’accuse de land-grabbing et de destruction de la forêt tropicale.

17-08_blairo-maggi_premio-motosserra-de-ouro

1200x900

img-5-small480

Il déclare maintenant qu’il n’a jamais été un« opposant à la nature » (!?) et reste sur ce point «ouvert à la discussion ».

Blairo-Maggi (1)

Photo ci-dessus de Mr. Blairo Maggi, un homme au-dessus de tous soupçons..


Mais son objectif politique principal reste la sécurisation du revenu des exploitations, avant tout par abaissement des couts de production et, au besoin, par des interventions étatiques dans la formation des prix.

18_EtCas1_Doc1_SystAgricoleBrésil

 

images (1)

 Photo-territoires-Agro-business

Le Brésil, futur champion du monde...du soja ?

294_perfil_02

Le Brésil est en passe de devenir le premier producteur mondial de soja. Et se donne les moyens de le rester. Par Michel Portier, directeur général Agritel.

Le foot n'est pas le seul domaine où le Brésil excelle. Il y a le soja aussi. Moins connue, et pourtant fulgurante ces dernières années, la croissance de la production de soja du plus grand pays d'Amérique latine est depuis quelques années remarquable : + 40 % en 6 ans.

 Un marché porteur

cover-r4x3w1000-57df44544b259-recolte

Il faut remarquer que le marché est porteur : la consommation mondiale de soja a doublé en moins de 10 ans, tirée par la demande grandissante des pays émergents comme la Chine, où la consommation a augmenté de plus de 160 % entre 2000 et 2011. En 2013, ce sont 270 millions de tonnes de soja qui ont été consommés contre 131 millions de tonnes en 1994. Prisé pour la production d'huile végétale alimentaire, le soja constitue également la base de la fabrication de tourteaux pour l'élevage, et suit donc la croissance de la consommation de viande. Des taux de croissance peu communs, et une répercussion directe sur les prix : alors que le prix de la tonne de soja s'affichait à 100 dollars au début des années 2000, la tonne s'échange aujourd'hui à plus de 500 dollars.  

PREMIUM-REFINED-SOYPhoto-huile-de-soja-BEAN-OIL-FOR-SALE-FROM

SUNFLOWER-OIL-100-REFINED-AND-CRUDE

 

Le Brésil bientôt numéro un mondial? Il fait tout pour...

Erntereifes_Sojafeld

Le Brésil a très rapidement affiché sa volonté de s'assoir sur la scène internationale. Les ambitions du pays sont claires : ravir aux Américains la palme de premier producteur et exportateur de soja. Et les estimations de septembre du ministère de l'Agriculture américain (USDA) le confirment : les farmers brésiliens devraient semer une surface record de 29,2 millions d'hectares de soja pour la prochaine campagne culturale, ce qui représenterait une récolte potentielle de 88 millions de tonnes de soja.

Sabep123496113832_gros

A titre de comparaison, les Etats-Unis et l'Argentine, (qui avec le Brésil produisent 80 % de la production mondiale), devraient produire respectivement 85,7 et 53 millions de tonnes de soja, toujours selon la même source. Le pays deviendrait ainsi le 1er pays producteur de soja. Conséquence directe : les exportations pourraient atteindre 42,5 millions de tonnes alors que les volumes de vente des Etats-Unis s'établiraient à 37,7 millions de tonnes. Ce serait ainsi la deuxième année consécutive où le Brésil se placerait 1er pays exportateur, devant le géant américain rattrapé en 2012 par une sécheresse sans précédent.

Soja_article

soja

 Champion du monde dès 2014...

fazenda-do-blairo-mag1

Voilà un domaine où les Brésiliens semblent bien avoir toutes les chances de devenir champion du monde en 2014. Alors place méritée ou obtenue par forfait du géant Américain, touché par des incidents climatiques exceptionnels ? Le Brésil possède des atouts indéniables : une surface arable de 60 millions d'hectares soit trois fois plus qu'en France, de larges disponibilités en eau douce et un climat tropical qui lui permet de réaliser deux, voire trois récoltes par an. A cela s'ajoute l'utilisation des OGM sur 90 % des surfaces qui font de l'agriculture brésilienne un système intensif caractérisé aussi par l'essor de vastes exploitations.

 Deux défis

 

img-5

Le pays est confronté à deux défis de taille. Le premier concerne la hausse des coûts de production : le boom économique qu'a connu le Brésil ces dernières années a entraîné une augmentation généralisée des salaires. Le second réside dans l'insuffisance des infrastructures des transports et des ports d'exportation. Symbole ultime de cette insuffisance : les files interminables de camions à l'entrée des ports. Des centaines, voire parfois des milliers de véhicules attendant leur tour pour décharger leur soja, et ont fait jusqu'à 2 000 km depuis l'exploitation.

26-map-7a

large

Photo-grève-dockers-port-Santos-Brésil

photo_189144

photo_189145

Trois projets majeurs en 2014

Soja_br_sil_map

Vales-Map-of-Brazil

Pour autant, le système brésilien dispose d'un formidable potentiel de développement. Si les Etats-Unis semblent avoir atteint leurs limites, ne serait-ce qu'en termes de surface, le Brésil investit : trois projets logistiques majeurs pourraient entrer en service en 2014 afin de désenclaver le Mato Grosso, premier état producteur de soja du Brésil. De nombreuses sociétés ont d'ores et déjà lancé différents projets, qui devrait permettre au pays d'être plus efficace à ce niveau d'ici 5 ans. Le ministère de l'Agriculture brésilien, confiant, projette ainsi d'augmenter la production de soja du pays de l'ordre de 35 % pour les 10 années à venir.

TheryPhLogist2

TheryPhLogist2-max

20130928_SRP005_1

TheryFleury

Le Brésil est donc bel et bien en train d'inscrire son leadership sur le marché pour devenir l'acteur incontournable en matière de soja. Et la France dans tout ça ? Si elle ne peut concourir sur ce terrain et préfère produire maïs et colza, il nous reste l'autre tableau : nous pouvons toujours avoir l'espoir de renouveler un exploit déjà accompli il y a quelques années.

Thery18f

 

Soja brésilien : les dessous de la moisson miraculeuse

La production brésilienne est dopée aux pesticides et aux OGM.

cover-r4x3w1000-57df44544b259-recolte

Au Brésil, à Campo Novo do Parecis, dans l'État du Mato Grosso, des moissonneuses batteuses récoltent des plants de soja durant une démonstration à la presse(27 mars 2012) AFP PHOTO/YASUYOSHI CHIBAGRAINS DORÉS. 

 Bom-futuro-moisson-2bis

 Dans un nuage de poussière, six moissonneuses-batteuses dévorent le champ, côte à côte. Les grains dorés qui s'entassent dans les remorques promettent une nouvelle année record pour le soja brésilien, cultivé à grands renforts de soleil, de pluie et de chimie.

"J'engrange 55 à 60 sacs (de 60 kg) par hectare. Pour un début de récolte c'est une productivité historique", témoigne auprès de l'AFP Antonio Galvan, vice-président du syndicat agricole de Sinop (est), confortablement installé dans son engin climatisé guidé par GPS.

 images (3)

images (4)

images (5)

Le pays-continent rêve d'engranger 90 millions de tonnes de l'oléo-protéagineux cette année et de détrôner les Etats-Unis, premier producteur mondial.

images (6)

"LUNE DE MIEL". "Le principal facteur est le climat : dans l'état du Mato Grosso il a plu au bon moment et le soleil a été abondant", affirme ce propriétaire de 2.500 hectares. "Cela peut se gâter mais pour l'instant nous sommes en lune de miel!". Ailleurs, la sécheresse ou les attaques de chenilles compromettent une partie de la récolte.

Autant que le Burkina Faso tout entier !

Le deuxième secret du soja brésilien tient à l'immensité des champs. Les haricots, tapis sous une épaisse couche de feuilles, occupent 290.000 km2, la superficie du Burkina Faso.

"Le soja a un impact indirect sur l'Amazonie", rappelle d'ailleurs Marcio Astrini, de Greenpeace. "Il s'installe souvent à la place des zones d'élevage, qui migrent elles-mêmes vers la forêt amazonienne".

Les parcelles accueillent parfois deux récoltes au cours de la même année, comme chez Antonio Galvan, où les disques tranchants d'un semoir creusent un sillon dans la terre rougeâtre.

"Une seule pluie peut faire la différence, donc on sème le jour même de la récolte" explique-t-il en déterrant un grain de maïs violet et luisant: "il est enrobé de produit chimique, il aura terminé de pousser d'ici quatre mois".

Cette "petite récolte", de maïs ou de coton, est courante dans la région. Mais dans certains champs tout juste moissonnés, les feuilles de soja font déjà leur retour.

Sabep123496113832_gros

 

OGM et pesticides

 

fiches_Glyphosate_WV

"Le maïs se vend peu cher, les collègues sont tentés de replanter du soja sur du soja. Mais ça risque d'entraîner des maladies et d'appauvrir les sols", note Galvan. L'an dernier 80 à 100.000 hectares du Mato Grosso ont reçu deux semis successifs de soja, selon l'Aprosoja, association représentative du secteur.

La productivité brésilienne carbure également aux phytosanitaires. Le pays-continent, cinquième puissance agricole de la planète, en est le premier consommateur: 852 millions de litres de pesticides et 6,7 millions de tonnes d'engrais en 2011, d'après le Syndicat de l'industrie de protection végétale.

 145449044

 

"Le sol est pauvre, il faut ajouter azote, phosphore et potassium pour construire la fertilité", affirme Silveisio de Oliveira, producteur dans la commune voisine de Tapurah.

Comme 89% du soja brésilien, les variétés qu'il cultive sont génétiquement modifiées. "Opter pour les OGM diminue les dépenses en phytosanitaires et évite des pertes. La variété Intacta de Monsanto, par exemple, résiste aux attaques de chenilles", explique-t-il. Il estime que ces nuisibles ont grignoté 10% de son bénéfice cette année.

Les revers des OGM 

Mais le recours intensif aux OGM a ses revers. Par exemple lorsque du maïs de la "petite récolte" repousse parmi le soja l'année suivante.

 fiches_Glyphosate_WV

"RR". "Quand le producteur applique du « glyphosate » - un herbicide - il élimine les mauvaises herbes mais pas le soja ni le maïs de repousse, puisqu'ils sont tous les deux RR" (transgéniques Roundup Ready, c'est-à-dire résistants à l'herbicide glyphosate), indiquait en janvier Nery Ribas, responsable technique d'Aprosoja Mato Grosso.

Toutefois, la présence de deux à quatre pieds de maïs au mètre carré de soja peut diminuer le rendement de l'oléo-protéagineux jusqu'à 50%, selon l'institut agronomique Embrapa Soja.

Le Brésil devrait exporter 44 millions de tonnes de la petite graine jaune en 2013-2014, en majorité vers la Chine, estime le département américain de l'agriculture.

"Le Brésil est le deuxième producteur mondial d'organismes génétiquement modifiés (OGM), après les États-Unis, rappelle le site d'informations Epoch Times. Selon l'agence de Conseil agroalimentaire Céleres, le Brésil présente 37 millions d'hectares de terres plantées de cultures génétiquement modifiées. Cela représente plus de la moitié des 67,7 millions d'hectares des terres agricoles du pays, selon les estimations 2013, de l'Institut brésilien de géographie et de statistiques".

 

Au Brésil, la forêt fait les frais du virage politique

1021151-the-amazon-rain-forest-r-bordered-by-deforested-land-prepared-for-the-planting-of-soybeans-is-pictur

La forêt amazonienne de l’Etat de Mato Grosso, au Brésil, en octobre 2015. Une partie de sa surface est désormais réservée à la culture de sojaPhoto Paulo Whitaker. Reuters

DeforestationBR163

Photo ci-essus, déforestation pour la BR 163.

Depuis le départ du pouvoir de Dilma Rousseff, les conservateurs favorables au lobby agroalimentaire défendent une législation dévastatrice pour l’Amazonie. Dans l’indifférence générale, les peuples autochtones tentent de stopper la catastrophe.

Dilma-presidente-Blairo-senador-12-03-16

Photo ci-dessus de Mr. Blairo Maggi (alors sénateur du Mato Grosso..) en conversation avec Mme. Dilma Rousseff (alors présidente du Brésil..).

 deforest-7b731

 «Le Brésil vit des heures effrayantes, lâche Philip Fearnside, chercheur à l’Institut national de recherche en Amazonie (INPA). Avec la récession, les forces politiques conservatrices s’alignent pour démanteler des protections environnementales et sociales vitales qui pourraient exposer le pays et une grande partie de l’Amazonie à de graves dangers Un an après le départ forcé de Dilma Rousseff à la suite d’accusations de corruption, le Brésil n’arrive pas sortir la tête de l’eau. En plus de la crise sociale et économique qui perdure, la forêt amazonienne, poumon de la planète, est attaquée de plus belle. Et le gouvernement et le Congrès sont les premiers à tirer.

 

ConfinsValbuena2

Fearnside scrute la forêt brésilienne depuis plus de trente ans. Alors que la déforestation avait largement diminué de 2004 à 2012, elle a repris depuis cinq ans, pour s’accélérer en 2016. Selon l’Institut national sur la recherche spatiale (INPE), 8 000 kilomètres carrés de forêt ont été détruits en Amazonie en 2016, soit un bond de 29 % par rapport à 2015. Ce chiffre comprend seulement la déforestation légale. En rajoutant son pendant illégal, une superficie équivalente à celle de la France aurait disparu l’an dernier. Des pans entiers sont détruits au profit de la production de soja et de l’élevage extensif de bovins. A cela s’ajoute la construction de barrages hydroélectriques, de routes et de ports. D’après le chercheur, ce n’est pas près de s’arrêter. «Tous les indicateurs le montrent. Il y a de plus en plus d’investissements dans la forêt amazonienne, assure Philip FearnsideLes projets d’infrastructures en cours encouragent la spéculation sur ces terres. Leur valeur monte énormément quand on construit une route dessus ou à proximité

3108205409_1_19_FEGezrXK

3108205409_1_23_x8Pyq7jW

br-163-2-santarem-cuiaba

 

 

 

3108205409_1_17_0fExGrtR

amp-5ytyj

newseventsimages

 

TheryCarte4

 

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) corrobore cette tendance. Selon l’institution onusienne, le Brésil est le pays qui a perdu le plus de forêt entre 2010 et 2015, soit 0,2 % par an. Une destruction considérable pour le deuxième territoire ayant le plus de couverture forestière au monde (derrière la Russie) : il possède 12 % de la forêt mondiale, sur 59 % du pays.

1017175_3_4484_en-baisse-depuis-2004-la-deforestation-a

 VDD09043168

 

«Ruralistas»

 

café5

 Photo ci-dessus, récolte traditionnelle du café.

 café3

  images

Les facteurs sont multiples pour expliquer cette recrudescence. Une augmentation du prix du soja et du bœuf a rendu plus rentable l’exploitation des terres. Mais c’est surtout l’arrivée des conservateurs au pouvoir, il y a un an, qui coûte cher à l’Amazonie. Avec la chute de Dilma Rousseff, et la reprise en main du pouvoir par Michel Temer, le «bloc ruraliste», ces élus qui représentent les intérêts de l’agrobusiness, a gagné en puissance. Il contrôle maintenant 40 % de sièges au Parlement«Le président Temer a mis plusieurs leaders de ce bloc politique très puissant au pouvoir : Blairo Maggi au ministère de l’Agriculture, et Osmar Serraglio à la Justice, entre autres», dénonce Christian Poirier, de l’ONG américaine Amazon Watch. Pour le premier, le conflit d’intérêts est flagrant. La famille Maggi est le plus gros producteur de soja au monde. Le ministre de l’Agriculture est lui-même propriétaire de 16 % du groupe, qui a des intérêts dans les secteurs de l’énergie, des engrais, des transports et de la production de caoutchouc.

Sous prétexte de rendre à l’économie brésilienne sa compétitivité, les «ruralistas» sont sur le point de faire passer un arsenal de lois et d’amendements à la Constitution pour saper certaines protections environnementales et empiéter sur des terres autochtones. Un texte, tout juste approuvé par une commission du Congrès, permettrait l’ouverture de 1,1 million d’hectares de forêt, aujourd’hui protégés, à l’exploitation. Le système de permis va aussi être élagué. Un amendement à la Constitution autoriserait la construction de barrages ou de routes, en déposant seulement une étude d’impact environnemental, peu importe ses résultats. Une autre loi fédérale prévoit de limiter à une seule étape les demandes d’autorisation pour déforester légalement, et donne des échéances extrêmement courtes aux agences environnementales pour rendre leur avis, sans quoi le projet est approuvé automatiquement. «La majorité de ces lois ont été introduites en 2016, au moment de la procédure de destitution de Dilma Rousseff, entre mars et août, indique Philip FearnsideDurant cette période, tous les sénateurs étaient concentrés sur l’affaire. Il a été facile pour les "ruralistas" de faire passer leurs lois rapidement. Certaines attendaient dans les tiroirs depuis trente ans.»

 

DSC_9356

 DSC_9376

 7_46_traversee_de_l_amazone

 P1230739-Copier_thumb

 263414_1

Ce démantèlement n’est pas nouveau. En 2012, année où la déforestation a recommencé à augmenter, le code forestier a été refondu afin de faciliter l’obtention d’autorisations pour déboiser légalement. La nouvelle version a aussi permis d’effacer l’ardoise de nombreux coupables de déforestation illégale. Ces changements se sont faits progressivement. «Avec la forte baisse de la déforestation entre 2004 et 2012, il y a eu beaucoup de propagande et de publicité du gouvernement, qui affirmait que la situation était sous contrôle. Cette rhétorique très dangereuse perdure aujourd’hui, assure Philip FearnsideMême certains politiciens pensent que la déforestation est contenue Dans ce contexte, il est plus facile de justifier les importants projets d’infrastructures prévus dans la région. Une autoroute est en cours de construction pour relier Manaus, au cœur de l’Amazonie, à Porto Velho, dans «l’arc de la déforestation», la périphérie où la forêt est réduite à des îlots boisés. Un autre axe routier, qui lui traverse l’Amazonie sur 1 800 kilomètres, reliant Santarem à Cuiaba, est en train de passer de l’état de chemin boueux à une route goudronnée. Ces deux voies vont ouvrir la moitié de ce qui reste de l’Amazonie aux investissements et à la circulation de camions remplis de soja, prêts à rejoindre les ports du bassin de l’Amazone et de ses affluents. La famille Maggi compte justement sur cet accès pour faciliter le transport de ses produits par voie fluviale. Une série de barrages est aussi en projet sur le deuxième plus long fleuve du monde.

FleuryGEarthItaituba

Les ravages de la déforestation ne se cantonnent pas à l’Amazonie. Le Cerrado, une région de savane qui occupe 20 % du territoire brésilien, au sud de la forêt amazonienne, est rongé par l’étalement agricole«Il est beaucoup plus facile d’obtenir des autorisations pour déboiser dans le Cerrado, décrit Cristiane Mazzetti, du programme sur l’Amazonie brésilienne à Greenpeace. Seulement 20 % de la zone est protégée Et celles-ci pourraient diminuer rapidement, avec les nouvelles mesures voulues par le bloc ruraliste.

Face à ces attaques, la société civile peine à mobiliser la population.«Avec la crise politique et économique, protéger les forêts est devenu la dernière des priorités du gouvernement, ajoute Cristiane Mazzetti.Les citoyens eux-mêmes se sentent plus concernés par leur régime de retraite menacé que par le futur de l’Amazonie Les peuples autochtones (1,5 million de personnes au Brésil) sont devenus les figures de proue de l’activisme pour protéger l’Amazonie, où ils vivent majoritairement. Sous la bannière du mouvement Terra Livre, près de 3 000 autochtones se sont rendus à Brasília du 24 au 28 avril pour demander au gouvernement de stopper sa politique dévastatrice. C’est la plus grande mobilisation indigène depuis trois décennies.

 

843

 Mais cet engagement leur coûte cher. Selon l’ONG Global Witness, le Brésil est le pays le plus dangereux pour les militants environnementaux. Entre 2010 et 2015, ils sont 207 à y avoir perdu la vie, dont 50 en 2015. La majorité sont des autochtones. Dernier exemple de cette violence, le 30 avril, 200 fermiers brésiliens ont attaqué à la machette des membres de la communauté gamela, dans l’Etat de Maranhão (nord-est). Treize d’entre eux ont été hospitalisés et certains ont perdu leurs mains et pieds.

GP0STR1EF_PressMedia-1200x800

Exactions

 

img-1

 

 

 

h_4_AMAZON

 Pour Christian Poirier, d’Amazon Watch, le pouvoir en place a une responsabilité dans la multiplication de ces exactions. «Le racisme ouvert du gouvernement stimule un racisme plus macabre, plus violent contre ces peuples», défend le militant. «La terre ne remplit pas les ventres», a revendiqué le ministre de la Justice, Osmar Serraglio. Pour lui, si les autochtones veulent s’intégrer dans la société brésilienne, ils doivent travailler et accepter les grands projets d’infrastructures qui empiètent sur leur territoire. Dans cette optique, les «ruralistas» défendent un amendement constitutionnel qui transfère du gouvernement au Parlement, où ils sont largement représentés, le pouvoir décisionnel sur la création de nouvelles réserves autochtones. Ces zones sont les plus protégées de la déforestation.

En parallèle, le ministère de l’Environnement s’est vu amputer de 51 % de son budget en mars.La Fondation nationale de l’Indien, organisme créé pour protéger les indigènes, a subi des coupes similaires, alors que son directeur a été renvoyé début mai pour un désaccord avec Osmar Serraglio.

En plus d’être dévastateur pour la biodiversité et la vie autochtone, le phénomène est une menace pour le climat mondial. Les forêts jouent un rôle de captation des émissions de gaz à effet de serre. Selon deux études internationales, la destruction de la végétation tropicale serait responsable de l’émission de 3 milliards de tonnes de CO2 par an. Soit un dixième des émissions planétaires. De quoi mettre en péril l’objectif brésilien, fixé dans le cadre de l’accord de Paris, de réduire ces émissions de 43 % d’ici à 2030 (par rapport à 2005). Le gouvernement brésilien s’est aussi engagé à mettre fin au déboisement illégal d’ici à 2030. Pour Cristiane Mazzetti, c’est insuffisant : «L’échéance est trop lointaine ! Et ils ne parlent pas d’arrêter la déforestation légale

Mardi, Greenpeace et 90 autres organisations internationales ont lancé le mouvement #Resist pour exiger des élus brésiliens qu’ils cessent leur démantèlement socio-environnemental. Mais la militante écologiste reste pessimiste. Seul espoir : un sursaut de la société brésilienne, engourdie par plusieurs années de crise politique.

img-1-small480

Brésil : Temer fait exploser la déforestation en Amazonie

Amazonie

 Depuis 1970, si l’on s’arrête à la déforestation légale, la forêt amazonienne a perdu 750.000 kilomètres carrés, soit une superficie supérieure à la taille de la France. Si le bilan de Dilma Roussef dans le domaine n’est pas fameux, l’arrivée de Michel Temer à la tête du Brésil a fait exploser la déforestation. Des conséquences terribles en perspective pour la biodiversité, les écosystèmes et l’émission de gaz à effet de serre.

7-maggi

Photo ci-dessus de Mr. Blairo Maggi, à gauche, avec le président Mr. Michel Termer.

 

En août dernier, l’officialité célébrait le coup d’État constitutionnel qui renversait la présidente Dilma Roussef pour installer Michel Temer à la tête de l’État. Les mêmes sont beaucoup moins volubiles aujourd’hui. On les comprend. Il faut dire que les Brésiliens déchantent. Dimanche, ils sont descendus dans les rues suite à l’ouverture d’une enquête de la Cour suprême contre le président brésilien pour « corruption passive », « obstruction à la justice » et « participation à une organisation criminelle ». Un enregistrement récent laisse penser que Michel Temer a acheté le silence d’Eduardo Cunha, l’ex-président de la Chambre des députés, condamné à quinze ans de prison pour corruption. L’opération Lava Jato (« lavage express ») a permis de découvrir l’étendue de la corruption : le système de pots-de-vin s’étend jusqu’aux caciques du parti du président et touche son allié social-démocrate. Plusieurs ministres brésiliens sont mis en cause. Temer est également suspecté d’avoir reçu 10 millions de reais (3 millions d’euros) en pots de vin. En plus de ces accusations de corruption qui se précisent de plus en plus, Temer a lancé une offensive de guerre de classe pour casser le code du Travail brésilien et pour s’attaquer aux pensions de retraite des Brésiliens.

Une hausse historique de la déforestation en Amazonie !

21-branford

Mais le pire est encore à venir. Sur la seule année 2016, la forêt amazonienne brésilienne a perdu  8 000 kilomètres carrés, soit un bond de 29% par rapport à l’année précédente. Cela représente la superficie de la Corse! D’autant que ce chiffre n’englobe que la déforestation légale. En rajoutant la déforestation illégale, la forêt a perdu l’équivalent de la superficie de la France.  En 2015 déjà, la déforestation avait augmenté de 16% avec 5 831 km² de forêt rasés. Depuis 1970, ce sont 750.000 kilomètres carrés de forêt qui ont disparu. C’est une superficie supérieure à la taille de la France.

Pourtant, après le pic himalayesque de 2004 (plus de 27 000 km² détruits), le gouvernement avait mis en place un plan de «prévention et le contrôle de la déforestation ». Résultat : la déforestation avait atteint sa plus faible hausse en 2012, avec 4.571 km² de forêts rayés de la carte. C’est en 2012 que tout se complique. Selon Marcio Astrini, responsable de Greenpeace au Brésil, c’est à ce moment là que le gouvernement de Dilma Roussef renonce aux amendes pour la déforestation illégale, et abandonne les aires protégées. Le gouvernement va jusqu’à avancer que l’arrêt  de toute déforestation illégale pourrait être repoussé après 2030, contrairement à ce qui était prévu.À partir de 2012 donc, la déforestation repart à la hausse. Il faut dire que tout était fait pour : réforme du code forestier pour faciliter les autorisations de déforestation et amnistie pour de nombreux coupables de déforestation illégale. Beaucoup de responsables politiques ont utilisé les améliorations obtenues entre 2004 et 2012 pour justifier un assouplissement des règles.

 

Temer et le lobby de l’agrobusiness passent

les lois protectrices de l’environnement à la sulfateuse !

 

26-map-7a

Si les premiers reculs ont été enregistrés en 2012c’est avec l’arrivée de Temer au pouvoir et avec l’entrée des « ruralistas » (représentants du lobby de l’agrobusiness) en masse au parlement que tout se décompose. Ils tiennent 40 % des sièges au Parlement. Plusieurs leaders de ce bloc occupent des postes importants au gouvernement. Blairo Maggi, dont la famille est le plus gros producteur de soja au monde (son expansion compte parmi les premiers facteurs de déforestation) occupe ainsi le poste stratégique de ministre de l’Agriculture.  Selon Philip Fearnside, chercheur à l’Institut national de recherche en Amazonie, «Le Brésil vit des heures effrayantes. Avec la récession, les forces politiques conservatrices s’alignent pour démanteler des protections environnementales et sociales vitales qui pourraient exposer le pays et une grande partie de l’Amazonie à de graves dangers

D’après Fearnside, c’est loin d’être terminé. «Tous les indicateurs le montrent. Il y a de plus en plus d’investissements dans la forêt amazonienne. Les projets d’infrastructures en cours encouragent la spéculation sur ces terres. Leur valeur monte énormément quand on construit une route dessus ou à proximité.» D’autant que les prix du soja et du boeuf augmentent, ce qui rend l’expansion des terres agricoles plus rentable. La prophétie est en passe de se réaliser. Prochain coup de canif à l’ordre du jour : la réduction des espaces protégés. Plus d’un million d’hectares sont menacés. Un amendement constitutionnel devrait permettre la construction de barrage ou de routes en déposant une seule étude d’impact, quels que soient ses résultats. Seule une étape administrative sera demandée pour obtenir l’autorisation de déforester. Au passage, le délais accordés aux agences environnementales pour juger le dossier a été raccourci. Sans réponse dans les délais, l’autorisation est réputée accordée. Visiblement, les coups étaient préparés : «La majorité de ces lois ont été introduites en 2016, au moment de la procédure de destitution de Dilma Rousseff, entre mars et août, indique Philip Fearnside. Durant cette période, tous les sénateurs étaient concentrés sur l’affaire. Il a été facile pour les « ruralistas » de faire passer leurs lois rapidement. Certaines attendaient dans les tiroirs depuis trente ans.»

 

HP-Carte1

 La surproduction de soja, l’élevage intensif et la construction d’infrastructures en plein milieu de la forêt sont parmi les premières explications de cette folie dévastatrice. Ainsi, une autoroute doit permettre de relier Manaus, au cœur de l’Amazonie, à Porto Velho, dans «l’arc de la déforestation», zone où la forêt est déjà très entaméeUne route va traverser l’Amazonie sur 1 800 kilomètres. Ces routes vont ouvrir la moitié de l’Amazonie aux investissements et aux camions remplis de soja(vous voyez le lien avec le ministre de l’agriculture ?) qui rejoindront les ports du bassin de l’Amazone. Plusieurs barrages vont également être construits le long du fleuve.

Comme les industriels de l’agrobusiness ne sont jamais rassasiés, ils vont profiter de leur position de force pour s’attaquer au Cerrado, une région de savane qui occupe 20 % du Brésil. «Il est beaucoup plus facile d’obtenir des autorisations pour déboiser dans le Cerrado, décrit Cristiane Mazzetti, responsable du programme sur l’Amazonie brésilienne à Greenpeace. Seulement 20 % de la zone est protégée.» D’autant que cette zone pourrait encore se réduire.

FleuryISA-map2007

 Photo ci-dessus, carte datée de 2007.

amazone-carte-manaus-santarem

 

Une lutte à mort avec les militants écologistes

843

Premières victimes de cette passion morbide : les peuples autochtones (1,5 million de personnes au Brésil). Regroupés sous les couleurs du mouvement Terra Livre, ils mènent la lutte : près de 3 000 d’entre-eux sont allés à Brasília pour demander au gouvernment de cesser cette politique infâme. L’enjeu est de taille. La lutte également : c’est la plus grande mobilisation indigène depuis 30 ans. Le gouvernement, lui aussi, a déployé l’artillerie lourde. Selon l’ONG Global Witness, le Brésil est le pays le plus dangereux pour les militants écologistes. Entre 2010 et 2015207 sont morts (principalement des autochtones). Résultat, le gouvernement a réussi à instiller la haine entre les autochtones et les autres agriculteurs. Le 30 avril200 fermiers brésiliens ont attaqué à la machette des membres de la communauté gamela. Certains ont perdu leurs mains et leurs pieds. Pour enfoncer le clou,  les «ruralistas» souhaitent transférer au Parlement (au sein duquel ils sont presque majoritaires) le pouvoir de création de nouvelles réserves autochtones car elles sont les plus protégées. Au passage, le ministère de l’Environnement a perdu 51 % de son budgetPour finir le tableau, la Fondation nationale de l’Indien a vu sont budget amputé de la même manière. Quant à son directeur, il a été purgé pour désaccord avec le ministre « ruralista » de l’agriculture.

Cela va sans dire, cette déforestation détruit un nombre immense de formes de vie et massacre les écosystèmes d’une zone accueillant l’une des biodiversités les plus riches et les plus splendides au monde. Quant aux conséquences sur les émissions de GES, elle sont terribles. Selon deux études internationales, la destruction de la végétation tropicale serait responsable de l’émission de 3 milliards de tonnes de CO2 par an. Soit un dixième des émissions planétaires. Autant dire que l’objectif brésilien de réduire de 43% ses émissions de GES d’ici 2030 paraît bien loin.

263414_1

amazon-indians-69589_1920-600x400

L'Amazonie asphyxiée par le soja !

21-branford

La forêt est-elle condamnée ? Depuis 1960, un cinquième de sa superficie a été abattu. Aujourd'hui, c'est la culture du soja qui la menace. Plongée au Para, le Far West brésilien.

0001

Le petit avion a pris son envol. La forêt s'étend à perte de vue, tête immense dont la chevelure tutoie le ciel. L'Amazonie. Le poumon de la planète. La forteresse verte. D'un coup, la déchirure. La forêt s'ouvre. Blessée. Rasée. Le poumon tousse. La forteresse se fissure. Le paysage est soudain désolé. Des troncs abattus jonchent le sol, les plus résistants n'exhibant plus qu'un moignon noir de fumée. La terre laisse apparaître sa dernière couche, griffée à mort par les sillons des cultures. Parfois émerge encore de la marée des champs, solitaire et incongru, le tronc d'un châtaignier. Un survivant.

100037706_o

L'Etat du Para sera-t-il bientôt aussi dépouillé que son voisin, le Mato Grosso ? Depuis janvier 2003, date d'arrivée de Lula au pouvoir, 70 000 km2 ont été sacrifiés au soja, l'un des plus féroces ennemis de la forêt brésilienne. Au début des années 1980, il poussait essentiellement aux Etats-Unis, qui assuraient 90 % de sa diffusion. En 2003, les exportations combinées du Brésil et de l'Argentine sont passées devant. L'immense pays de Lula est devenu la patrie du nouvel or vert.

28-maggi

2-2

Trois grosses sociétés américaines ont vu venir la manne : ADM, Bunge et Cargill. Cargill a même installé à Santarem, troisième ville amazonienne, un port. Complètement illégal. Tous les mois, deux cargos en partent en direction de l'Europe, emportant chacun 90 000 tonnes"Le soja dévore l'Amazonie. Je ne reconnais plus ma ville", dit Cayetano Scannavino, membre de l'ONG Santé et bonheur.

Dans les rues de Santarem, on voit de plus en plus de gros 4×4, conduits par des gauchos venus du sud du pays. Depuis qu'un rapport de Greenpeace, "Eating up the Amazon", a mis le feu aux poudres, des autocollants ornent beaucoup de voitures "Greenpeace dehors. L'Amazonie est aux Brésiliens". La tension est palpable. A la Cooper Amazon, société qui distribue des fertilisants, Luis Assuncao, le directeur, ne cache pas sa haine : "Ici, maintenant, c'est la guerre. Une guerre froide."

Au Mato Grosso, le gouverneur de l'Etat, Blairo Maggi, propriétaire de l'usine Amaggi, est l'un des plus gros producteurs de soja au monde. Il a construit une ville entière, Sapezal, pour loger sa main-d'oeuvre, fait bâtir à Itacoatoara un port en eau profonde, et proposé pour faciliter le transport de bitumer à ses frais 1 770 km de la route BR163. Quand on lui parle déforestation, Blairo Maggi ironise sur la taille de l'Amazonie et affirme que la culture du soja est "bénéfique". Du moins le faisait-il quand il acceptait encore de parler aux journalistes, tous suspects désormais d'être des "sous-marins" de Greenpeace.

Retour au Para. Comme tous les dimanches, il y a fête à la fazenda Bela Terra près de Santarem. Le cuisinier fait griller de gigantesques brochettes. La bière coule à flots. Les hommes sont à peine endimanchés, les femmes s'assoient à table en égales. C'est un joyeux brouhaha, une réunion de clan. L'entrée est fermée par une grille blanche, un panneau signale la présence de deux chiens méchants.

Entre eux, les producteurs de soja, les sojeiros rigolent, parlent affaires, se serrent les coudes. Devant l'étranger, la méfiance est de mise. Otalhio, 33 ans, fournit des fertilisants et des engrais. Le visage bouffi, il engouffre d'épaisses tranches de viande. Sa mère est brésilienne, son père uruguayen, et ils vivent encore près de la frontière, 5 000 km plus haut. "C'est dur, je ne les vois plus." Il écrase une larme. Puis se fâche. "On nous appelle les gauchos, les bandits, les voleurs..." D'une main conquérante, il montre le sol. "Les gens ici ne font rien de leur terre. Ils restent parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Ils veulent avoir la télé et aller en ville. Nous, on leur propose une autre manière de vivre."

Tonio Antares, propriétaire de quelques milliers d'hectares, revendique lui aussi ce droit à massacrer son pays. Petit, les yeux vifs, la peau rougie par un soleil qu'il n'apprivoisera sans doute jamais, il reste convaincu d'apporter avec lui prospérité et civilisation. "Le pays appartient aux Brésiliens. Nous venons aider cette région à se développer."

Mais à qui profite ce développement ? Marcello da Silva a acheté deux pelleteuses et les loue aux exploitants contre un pourcentage de la récolte. De décembre à avril, il est dans le Mato Grosso, de mai à août dans le Para. Le reste du temps, il conduit des convois. Grand, costaud, les yeux bleus, il évoque plus le cow-boy Marlboro que l'Indien de la forêt. Un peu rustre, peut-être, prompt à aligner les bières. Mais confiant en son étoile. Le soja le rendra riche, il en est sûr. Sa femme, Patricia, veut acheter du terrain. Beaucoup de terrain. "Les Américains vont commencer à planter de la canne à sucre. Là, on va gagner beaucoup." Ils vivent à Santarem, aimeraient avoir des enfants.

L'avenir leur sourit.

Mais rares sont ceux qui tirent leur épingle du jeu. Le coût social payé à la petite plante est très lourd. L'Amazonie s'est peuplée par à-coups, sur des promesses non tenues qui, de boom du caoutchouc en construction de la Transamazonienne, ont fait venir les miséreux du Nordeste et du Minas Gerais. Ils ont pris des terres, les ont ensemencées, n'en ont jamais eu les titres de propriété. Depuis ils végètent, prisonniers de ce qu'on appelle pudiquement l'"agriculture familiale". Une proie idéale pour les sojeiros, surnommés à Santarem les "sujeiros" ("salisseurs").

23-Commodities-on-the-move-on-the-BR-163

Tout au long de la BR163, la même histoire s'est répétée. Des hommes sont venus, ont demandé à ces petits exploitants de partir en leur montrant des titres de propriété. D'où les tenaient-ils ? Souvent de l'Incra (Instituto Nacional de Colonizaçao e Reforma Agraria), où la corruption permet l'achat de faux certificats, mis à vieillir dans un tiroir avec des grillons. "Ces gens n'avaient aucune culture de l'argent, explique le Padre Edilberto Sena, infatigable militant écologisteIls ont vendu à bas prix, et tout claqué. Ils se sont retrouvés démunis, et sans outil de travail."

3108205409_1_5_qFR4b4S8

Au kilomètre 38, Marlène Nascimento de Lima pleure ses terres perdues. "J'ai du mal à repasser devant chez nous. Il n'y a plus que des champs. Quarante familles vivaient là..." Elle avait commencé par refuser de vendre. Mais les sojeiros ont acheté les terrains limitrophes au sien. La vermine, chassée par les pesticides, a envahi son champ. Ses voisins sont partis, elle a fini par céder...

3108205409_1_7_fliJOSut

La violence a eu sa part dans ces conquêtes. A Pacoval, en 2004, à deux heures de piste de Santarem, vingt-cinq maisons ont brûlé. A Corte Corda, deux syndicalistes ont été tués. A Belterra, ancienne capitale du caoutchouc, on a "forcé" beaucoup de gens à partir... A Santarem, Ivete Bastos, présidente du syndicat des travailleurs de la terre, a un jour trouvé des femmes avec de l'essence devant chez elle, prêtes à mettre le feu à la maison... Un ancien légionnaire espagnol, propriétaire d'une salle de musculation à Santarem, se vante d'exécuter des missions de nettoyage pour les "fazendeiros". Dans la périphérie se multiplient les bidonvilles de bois construits sur des terrains abandonnés.

Régulièrement, la police brésilienne fait une descente dans les grandes propriétés et en délivre des esclaves. On les a fait venir en leur promettant des salaires élevés. A leur arrivée dans la forêt, ils découvrent que leur paye a fondu. Des gardes leur interdisent de repartir. Les biens de première consommation leur sont fournis par le propriétaire. Ils s'endettent, et ne pourront jamais rembourser"Ils étaient dans un état redoutable quand nous sommes arrivés", raconte un policier intervenu sur la ferme Vale do Rio Verde en 2005. Il n'y avait pas de sanitaires. Les ouvriers travaillaient pieds nus. Huit mille sept cents de ces esclaves ont été repérés dans les Etats producteurs de soja. En 2004, l'armée est intervenue dans 236 fermes utilisant 6 075 travailleurs, dont 127 enfants. Bunge, Cargill et Amaggi étaient en affaires avec elles.

Pour mieux aider à l'expansion du soja, des entreprises comme la Cooper Amazon proposent des pesticides et des semences génétiquement modifiées. "La chaîne est en place : d'un côté, Monsanto, de l'autre, Cargill", accuse Edilberto Sena. Les pesticides ont déjà provoqué des ravages écologiques, le vent portant ceux que déversent les avions jusque dans les rivières. En 2005, une sécheresse terrible a frappé la région. Les poissons mouraient dans des flaques trop petites. Aujourd'hui, 20 % de la forêt brésilienne est morte. Même si un moratoire mis en place en 2006 a donné des résultats positifs (41 % de baisse de la déforestation en 2006-2007), 40 % de l'Amazonie pourraient avoir disparu d'ici vingt ans.

1017175_3_4484_en-baisse-depuis-2004-la-deforestation-a

Le pire, ce pire qu'espèrent Marcello et Patricia, est peut-être encore à venir : l'explosion des biocarburants. Vingt millions d'automobilistes brésiliens utilisent déjà l'éthanol. Les voitures "flex-fuel", qui laissent le choix entre éthanol et essence, ont représenté près de 80 % des ventes de voitures en 2005. Six cents stations- service commercialisent déjà un "biodiesel", dans lequel on retrouve du soja. Où vont s'installer les plantations ? "Le Brésil sera l'Arabie saoudite du XXIe siècle", prophétisent certains. Jusqu'au désert ?

 

amazon_deforestation_by_latuff2

 

 Le temps que vous lisiez cet article, une superficie correspondant à 75 terrains de football a été déforestée.

102657623

Paradise Papers :

le groupe Louis-Dreyfus à son tour englué dans l'affaire

5686047_mossack-fonsseca

Dans la fuite de documents des Paradise Papers, nouvelles révélations sur les dérives du système financier international mises au jour par un consortium de 381 journalistes, apparaît notamment le nom du géant des matières premières Louis-Dreyfus. Le groupe a monté une structure jusqu'ici secrète, une filiale aux îles Caïmanle taux d'imposition sur les sociétés est de 0%, contre 23% dans l'Union européenne. Le chiffre d'affaires de cette filiale aurait été de 174 millions de dollars l'an passé.

 

ECH22155142_1

 

ECH22418116_1

 Louis-Dreyfus allié au groupe Amaggi

27-maggi

Le groupe Louis-Dreyfus n'est pas tout seul dans cette filiale. Pour investir dans le soja au Brésil, la multinationale s'est associée avec le groupe Amaggi, un empire familial longtemps dirigé par Blairo Maggi, aujourd'hui ministre de l'Agriculture au Brésil, mais personnage controversé mis en cause dans plusieurs affaires de corruption. Interrogé, l'homme affirme ne pas avoir de compte bancaire hors du Brésil.

Tout un symbole. Le géant du négoce de matières premières agricoles Louis Dreyfus Commodities (LDC) a annoncé lundi qu'il avait changé de nom. Le sigle reste le même, mais la société, dont les origines remontent au milieu des années 1800, s'appelle désormais Louis Dreyfus Company« Notre secteur évolue rapidement et il est temps pour nous d'ouvrir un nouveau chapitre de notre histoire longue de 165 ans ", explique Margarita Louis-Dreyfus, la présidente du holding Louis Dreyfus, dans un communiqué.

Dix ans après l'arrivée de Robert Louis-Dreyfus (décédé en 2009) à la tête d'un groupe qu'il a profondément transformé, LDC acte, à sa manière, la fin de ce que certains analystes ont appelé le « supercycle " des matières premières.

La fondation Akira, qui détient les intérêts familiaux dans le groupe, est montée à 80 % du holding. La veuve de Robert Louis-Dreyfus doit à présent trouver un patron pour sa filiale de négoce de matières premières.

Margarita Louis-Dreyfus souhaitait une « super-majorité " dans Louis Dreyfus Holding. C'est chose faite. En décembre, la fondation Akira, qui détient les intérêts familiaux dans le groupe, a augmenté sa participation de 65% à 80%.

Margarita Louis-Dreyfus est soulagée : « le processus a pris du temps et a demandé beaucoup d'énergie, mais il est terminé. Quatre-vingt pourcents est un très bon nombre pour assurer la stabilité et le contrôle au niveau familial, a-t-elle indiqué lors d'un briefing à Paris. Je ne pense plus aux 20% restants. »

Les discussions ont été longues pour acheter ces 15% aux soeurs et cousins de Robert Louis-Dreyfus encore présents au capital. L'homme d'affaires, décédé en 2009, s'était engagé à acquérir les parts progressivement à partir de 2012. Différentes solutions de financement avaient alors été étudiées, dont un rapprochement de Louis Dreyfus Commodities, la branche de négoce de matières premières, avec un concurrent, son introduction en Bourse ou l'arrivée d'un fonds souverain au capital.

La transaction, qui sera close en juin, a finalement été financée « dans une large mesure " par les réserves de trésorerie de la holding. Les activités de Louis Dreyfus Commodities (LDC), détenu à 85% par la holding, n'ont donc pas été affectées, a précisé la direction.

Le montant n'en reste pas moins secret, même si certains ont évoqué récemment une dépense comprise entre 1 et 1,5 milliard de dollars.

En quête d'un nouveau patron pour Louis Dreyfus Commodities

Margarita Louis-Dreyfus s'attelle désormais à une autre tâche délicate : dénicher un nouveau directeur général pour Louis Dreyfus Commodities. Cette société, née il y a près de 165 ans, est devenue l'un des plus grands négociants au monde de matières premières agricoles aux côtés de Cargill, ADM et Bunge.

Fin 2014, le comité de recherche mis en place pour l'occasion pensait avoir trouvé l'homme idoine en la personne de Mayo Schmidt, ex-PDG du groupe de négoce canadien Viterra. Mais il n'est pas venu, faute d'accord sur les termes et les conditions de l'emploi. « C'est une leçon, reconnaît Margarita Louis-DreyfusNous voulons maintenant prendre notre temps car le nouveau dirigeant devra partager nos valeurs. Je suis optimiste, nous trouverons. »

Près de 80 millions de tonnes de matières premières transportées en 2014

Ce nouveau 'CEO' prendra la tête d'une société dont les bénéfices ont légèrement progressé en 2014. Le chiffre d'affaires, freiné par la baisse des cours des matières premières, a atteint 64,7 milliards de dollars, en hausse de 2% comparé à 2013.

Les récoltes abondantes à travers le monde l'an passé ont permis au groupe d'acheminer toujours plus de produits agricoles. Les volumes ont augmenté de 4% : au total, environ 80 millions de tonnes sont passées entre les mains de LDC, l'équivalent de plus de 10 kilogrammes par habitant

 

"Paradise Papers": deux ministres brésiliens nient toute irrégularité

téléchargement

Les ministres de l'Économie et de l'Agriculture du Brésil ont nié lundi toute irrégularité après que leurs noms ont été liés à des sociétés offshore dans des paradis fiscaux parmi les révélations des "Paradise Papers". Tous deux sont cités par le site Poder360, média brésilien ayant participé au Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) s'appuyant sur la fuite de 13,5 millions de documents financiers. Considéré comme un des candidats crédibles pour l'élection présidentielle de 2018, le ministre de l'Économie Henrique Meirelles a reconnu être lié à la Sabedoria Foundation, basée aux Bermudes depuis 2002.

Son ministère a affirmé dans un communiqué que cette fondation était une "structure philanthropique" destinée à recevoir "une partie de l'héritage" de M. Meirelles, qui serait ensuite reversée après sa mort "à des activités caritatives liées à l'éducation au Brésil". Le texte assure également que les 10.000 dollars versés pour créer la société ont été déclarés au fisc et que la fondation est restée depuis "inactive et le restera jusqu'à la mort de M. Meirelles". Le ministre a expliqué que cette fondation avait été créée à l'étranger parce qu'il vivait à l'époque aux Etats-Unis, avant de devenir président de la Banque centrale brésilienne, de 2003 à 2010. Le ministre de l'Agriculture Blairo Maggi a pour sa part affirmé dans un communiqué "ne pas être un bénéficiaire direct" de la société Amaggi Louis Dreyfus Zen-Noh International Ltda", mentionnée dans les "Paradise Papers".

Cette société, basée aux Îles Caïman, est la filiale d'une joint-venture entre Amaggi -- entreprise agro-alimentaire appartenant à la famille du ministre - et le groupe français Louis Dreyfus Commodities.

Le groupe Amaggi a expliqué que ses actionnaires "reçoivent des dividendes de la filiale étrangère de façon indirecte", et de manière "parfaitement légale" au regard des lois du Brésil et des Îles Caïman.

Le site Poder360, a également révélé que l'homme le plus riche du Brésil, Jorge Paulo Lemann, qui contrôle notamment Burger King et le géant de la bière InBev, est lié à 20 sociétés basées dans des paradis fiscaux. Dans un communiqué envoyé à ce site, M. Lemann affirme avoir décidé de ne plus être résident fiscal au Brésil en raison de "l'expansion de ses affaires". L'enquête sur les "Paradise Papers" met en lumière les circuits auxquels ont recours les personnes fortunées et les multinationales pour déplacer leurs fonds dans des pays n'ayant pas ou peu d'impôt. Une pratique qui joue des failles réglementaires mais qui en soi n'est pas illégale.

“Paradise Papers” revela offshores de Meirelles e Blairo Maggi no Caribe

| 06/11/2017 10:46 

Os ministros Henrique Meirelles, da Fazenda, e o ministro da Agricultura, Blairo Maggi, são mencionados em um grande vazamento de informações do escritório de advocacia Appleby, especializado em empresas offshores, conforme noticiou nesse domingo (5) a BBC Brasil e o sitePoder360. O vazamento está sendo chamado de “Paradise Papers”, e, além de ministros do governo de Michel Temer, também envolve figuras do governo do presidente americano, Donald Trump.

 

Inicialmente, os dados foram encaminhados por uma fonte anônima ao jornal alemão Süddeutsche Zeitung, de Munique, e compartilhados com jornalistas de todo o mundo organizados pelo Consórcio Internacional de Jornalistas Investigativos (ICIJ, na sigla em inglês). No Brasil, as informações são do site jornalístico Poder360.

De acordo com informações do site, uma das empresas registradas em nome do ministro chama-se “The Sabedoria Trust”. A documentação da empresa aponta que foi estabelecida “a pedido de Henrique de Campos Meirelles, especificamente para propósitos de caridade” e foi registrada no final de 2002, a partir de uma doação de US$ 10.000 do ministro. Meirelles também aparece nos arquivos vazados da Appleby relacionado a outra offshore, chamada “Boston — Administração e Empreendimentos Ltda”. Esta última foi criada em 1990 e encerrada em 2004.

Em entrevista na manhã desta segunda-feira (6) à rádio Band News FM, Meirelles afirmou que está “tudo devidamente declarado”. Sobre a “Sabedoria Foundation”, ele alega a doação de parte do seu patrimônio a entidades beneficentes no setor de educação será realizada após seu falecimento.

“Foi feita uma pequena doação inicial visando constituir a entidade. E depois disso a entidade está inativa. A partir do momento que ocorrer o meu falecimento, uma parte da minha herança será doada para esta entidade para aplicar exclusivamente em educação no Brasil”, explicou o ministro da Fazenda.

<< Leia íntegra da reportagem que trata da offshore de Meirelles

Blairo Maggi

No caso do ministro da Agricultura, Blairo Maggi, o vazamento aponta sua ligação com uma offshore chamada Ammagi & LD Commodities SA. De acordo com os registros da Appleby, o ministro é diretor da offshore, junto com outros familiares. A empresa tem o mesmo nome de uma empresa registrada no Brasil, da qual a empresa da família Maggi é sócia. Trata-se de uma joint venture entre os Maggi e o grupo multinacional de origem francesa Louis Dreyfus Company, especializado na produção e comercialização de matérias primas, principalmente grãos.

A joint venture brasileira seria a controladora da offshore em Cayman. A offshore tinha até outubro de 2014, data dos documentos que fazem parte do banco de dados da série Paradise Papers, pessoas e empresas ligadas à família Maggi como beneficiários finais. Ao Poder360, o ministro negou irregularidade e afirmou não ter recebido pagamentos diretos da empresa nas ilhas Cayman, mas sim da empresa no Brasil.

Conforme explica a reportagem, “ser beneficiário final de uma offshore significa receber parte dos rendimentos da empresa no exterior. Quando isso ocorre, o brasileiro precisa obrigatoriamente declarar esses valores à Receita Federal, sob pena de estar cometendo crime fiscal”.

“Maggi alega, por meio de seus advogados, que lucrou com as atividades da empresa em Cayman, mas foi remunerado em razão de ter declarado sua participação na Amaggi Exportação e Importação Ltda, uma das acionistas da joint venture no Brasil. É essa empresa conjunta que controla integralmente a offshore”, diz o site. A reportagem obteve informações inéditas de planilha com os nomes de vários integrantes da família Maggi. A ligação da empresa no Brasil com a offshore nas Ilhas Cayman já eram públicas.

Pelas regras, brasileiros podem manter empresas offshores e as contas bancárias associadas a elas no exterior. No entanto, tem como exigência da lei que os recursos sejam devidamente declarados à Receita, para que os impostos sejam pagos. O fato de haver menções a pessoas e empresas na série “Paradise Papers” não significa que  estejam envolvidas em irregularidades.

<< Leia íntegra da matéria do site Poder360

 

Blairo Maggi, un ministre au secours de la viande brésilienne

Milliardaire et défenseur de l’agrobusiness, le ministre de l’agriculture cherche à minimiser l’impact du scandale de la « viande avariée »

 

880bf0d_8601-ml9jms

Blairo Maggi, le ministre de l’agriculture brésilien, en tournée d’inspection dans un supermarché de Brasilia, le 22 mars 2017. Adriano Machado / REUTERS

 

Propriétaire terrien, carnivore et milliardaire influent, Blairo Maggi sillonne le Brésil, naviguant d’une « churrascaria » (restaurant de barbecue typique du pays) à une autre. A la table du président Michel Temer, le 19 mars à Brasilia, il a englouti une « picanha », un morceau réputé, assorti d’une côte, son plat préféré. Dix jours plus tard, à Campo Grande dans l’Etat du Mato Grosso, son fief, il rééditait l’exercice, salivant devant une brochette de bœuf. « Blairo Maggi est comme tous les gauchos, ces Brésiliens du Sud, il aime la viande », sourit son attaché de presse.

Depuis la déflagration de l’opération judiciaire « Viande avariée », le 17 mars, le ministre de l’agriculture ne manque pas une occasion de faire part de son amour immodéré pour la chair animale, défendant la viande brésilienne contre le poison du soupçon. Un défi. Le scandale, fruit de deux ans d’investigation, a mis au jour un système de corruption éclaboussant de grandes marques brésiliennes.

Les étiquettes étaient truquées

Au total, 21 entrepôts frigorifiques, certains appartenant aux géants de l’industrie, JBS et BRF, sont mis en cause, suspectés d’avoir soudoyé des agents fédéraux chargés de l’inspection sanitaire pour commercialiser de la viande périmée. Les étiquettes étaient truquées et/ou l’apparence peu flatteuse et l’odeur nauséabonde étaient masquées par des injections d’acide ascorbique. « Un produit potentiellement cancérigène », s’alarme le commissaire en charge de l’enquête. De la « vitamine C », répond le ministère. Les enquêteurs ont également identifié des morceaux contaminés à la salmonelle destinés à l’exportation.

Pour le Brésil, en proie à une crise économique historique, cette affaire est un « coup de poing dans l’estomac », selon Blairo Maggi. Le pays, premier exportateur au monde de protéines (numéro un pour le poulet et numéro deux pour le bœuf), a dû faire face à la défiance...

 

New Amazon transportation routes and their agribusiness capacities. The numbers in black are each river port’s existing annual grain handling capacity in tons. Numbers in red are the port’s predicted annual handling capacity in 2026 after planned infrastructure investments and expansions. Blairo Maggi has long used his political clout to expand and improve grain transport from Brazil’s interior to the coast and foreign markets, helping turn the nation’s agribusiness industry into an economic powerhouse. Two Maggi promoted projects are the MT-235 and BR-163 shown on this map, both environmentally controversial. Source: Presentation by Cargill and SETRAN-PA 26 February 2016

 

An Amazon grain terminal at night. International and Brazilian agribusiness interests are pushing hard to turn the Tapajós basin at the heart of the Amazon into an industrialized commodities corridor so it can handle future soy production coming out of Brazil’s interior. The mega-project would require the building of dams and locks on rivers throughout the watershed — one of the wildest and most biologically diverse regions in the Amazon. Photo courtesy of Mayangdi Inzaulgarat

 

Traffic on BR-163 clearly demonstrates the need for expanded infrastructure to transport commodities. Photo courtesy of Agência Brasil

 

Work proceeds on the BR-163, a project championed by Blairo Maggi for the primary purpose of transporting the Mato Grosso soy harvest of Amaggi (the Maggi family’s company), Cargill, Bunge and other international commodity corporations. BR-163 improvements have opened a wide swath of federally protected Amazon lands to land thieves. Photo courtesy of DNIT

 

Agriculture Minister Blairo Maggi (left) in an official meeting with Minister of Environment José Sarney Filho. Photo Carlos Silva/MAPA

 

Minister Blairo Maggi speaks at an Agro + Plan launch event in Porto Velho, Rondônia. Photo by Carlos Silva/MAPA

 

Agriculture Minister Blairo Maggi during a visit to a BRF meat processing plant after Federal Police in the Weak Flesh Operation found major inspection violations. Photo by Carlos Silva/MAPA

 

Minister Maggi visits an Aurora meat processing plant in Chapecó, Santa Catarina.
Photo by Carlos Silva/MAPA

 

Intense development pressures by agribusiness often result in wealthy land thieves stealing public lands, falsifying deeds, doing illegal cutting to clear the rainforest, then selling the now “improved” lands at high prices to ranchers, who may eventually sell the land to farmers. In the end, thriving ecosystems can be displaced over time by cattle, soy, corn and other crops. Photo by Sue Branford for Mongabay

 

Federal police officers leave the Ministry of Agriculture building in Brasília. Photo by Fabio Rodrigues-Pozzebom / Agência Brasil

 

Commodities on the move on the much-improved BR-163 highway in the Brazilian Amazon. Photo by Roosevelt Pinheiro, courtesy of Agência Brasil

 

Itaituba ( 4°16'8.11"S / 55°59'12.15"O), convergence des BR-230 (Transamazonienne / Transamazônica) et BR-163, sur la rive gauche du rio Tapajos ...

733_mt_br163_camions_et_silos-small500

Des camions chargés de soja en attente près du port de Paranaguá (Paraná)

102657623

L'équivalent de la surface d'un terrain de foot de forêt amazonienne disparaît toutes les 8 secondes au Brésil.

 

Amaggi

(Redirigé depuis Amaggi Groupe)

 

Groupe André Maggi

 

Création

1977

Forme juridique

Société anonyme

Siège social

São Miguel do Iguaçu (Brésil)

Propriétaire

Blairo Maggi

Site web

amaggi.com.br

 

220px-Blairo_Maggi_June_2003

Blairo Maggi en 2003, propriétaire d'Amaggi et considéré comme l'un des 100 Brésiliens les plus influents.

27-maggi

Amaggi est le premier groupe mondial dans le soja. Fondé à la fin des années 1970 par le Brésilien André Antonio Maggi àSão Miguel do Iguaçu (Paraná), il est aujourd'hui dirigé par son fils, Blairo Maggi, lequel a été élu gouverneur du Mato Grossoen 2003-07 et 2007-2010, et a été considéré par la Revista Época comme l'un des 100 Brésiliens les plus influents en 20091. Spécialisé à l'origine dans les semences et la récolte du soja, il a aujourd'hui une forte présence dans l'agriculture brésilienne, cultivant aussi du coton et du maïs. Propriétaire de nombreuses fazendas, le groupe est aussi impliqué dans les fertilisants, lanavigation fluviale (via sa filiale Corredor Noroeste de Exportação), nécessaire pour le transport du soja et donc permettant une stratégie d'intégration verticale.

Il possède deux usines de transformation du soja, l'une à Cuiabá (Mato Grosso), d'une capacité de 1 600 tonnes par jour, et l'autre à Itacoatiara (Amazonie), d'une capacité de 2 000 tonnes par jour. Ses 39 unités de stockage du soja couvrent la totalité des besoins de l'État de Rondônia et les 3/4 de ceux du Mato Grosso. Le soja est transféré par voie ferroviaire jusqu'àPorto Velho, où il est stocké par le groupe, puis transporté sur le Rio Madeira avant de rejoindre l'Amazonie via le port d'Itacoatiara.

Il est également propriétaire de deux petites centrales hydro-électriques à Sapezal (Mato Grosso).

Blairo Maggi en 2003, propriétaire d'Amaggi et considéré comme l'un des 100 Brésiliens les plus influents.

 

L'organisation WWF a publié une fiche d'évaluation sur les approvisionnements en soja durable pour 133 entreprises européennes. La France est loin d'être en ...

 

Soja durable : les entreprises françaises ont des efforts à mener, selon WWF

Amélie Dereuder |  9 Juin 2016

fiches_DSC_0582

L'organisation WWF a publié une fiche d’évaluation sur les approvisionnements en soja durable pour 133 entreprises européennes. La France est loin d'être en tête des entreprises vertueuses, mais quelques industriels s'en sortent bien.

dsc7621

L'organisation WWF a publié une fiche d’évaluation sur les approvisionnements en soja durable pour 133 entreprises européennes. Sandra Mulder, en charge du programme de Transformation des Marchés au WWF Pays-Bas, constate : « La plupart des Européens ne savent pas qu’ils mangent, en moyenne, 61 kg de soja par an, principalement indirectement à travers la viande et les produits laitiers qu’ils consomment. Ils ne réalisent pas non plus les impacts que cela induit sur les écosystèmes en Amérique du Sud. » La principale cause de l’expansion du soja demeure en effet la consommation de viande. Au niveau mondial, près de 75% du soja est utilisé pour l’alimentation animale. En Europe, cette proportion est encore plus grande, elle est estimée à 93%. Elle ajoute : « il est clair que de nombreuses entreprises s’appuient sur le fait que les consommateurs n’ont pas conscience des impacts du soja sur l’environnement pour ne rien changer à leurs pratiques. Sur 133 sociétés approchées, 69, soit près de la moitié, ont ainsi choisi de ne pas répondre à l’appel de transparence du WWF pour cette édition ».

La France est loin d'être en tête des entreprises vertueuses, mais quelques industriels s'en sortent bien. Au niveau des distributeurs, Carrefour, Système U ont une mention « vient de commencer le voyage », alors qu'Auchan, Casino, Leclerc et Intermarché n'ont pas répondu. Côté industriel, Bel se distingue avec 70 % de soja durable et une mention « ouvre la route » qui met à l'honneur son avance sur le sujet. Le groupe Unilever apparaît quant à lui en bonne voie et Danone, Lactalis, Cooperl, Avril sont un peu plus en retard. Nestlé, Savencia (Bongrain), Sodiaal, Doux, LCD, Moy Park, Terrena-Gastronome, Triskalia, In Vivo et Le Gouessant n'ont apparemment pas donné suite. « Les grandes entreprises françaises ont un rôle à jouer pour réduire les pressions exercées sur les écosystèmes. Certaines d’entre elles ont d’ores et déjà pris leur responsabilité et s’engagent dans des initiatives soja que nous saluons. Mais il faut, à présent que l’ensemble du secteur se joigne à la transformation du marché vers des pratiques plus durables. Nous appelons ainsi toutes les entreprises à prendre la mesure de la situation et à agir le plus rapidement possible » conclut Pascal Canfin, directeur général de WWF France.

Photo_test_soja-gebana_Brasil_conseil-jeune-agriculteur-Français4

Photo ci-dessus, il y a même eu des conseillers de gebana soja, venus du Brésil, pour conseiller de jeunes agriculteurs Français !

 

A noter qu'il existe des initiatives pour une culture de soja plus durable. Depuis 2006, le moratoire sur le soja au Brésil a réduit la déforestation causée par le soja en Amazonie de manière significative alors que la production amazonienne doublait sur des surfaces d’ores et déjà déforestées. Au niveau des labels, il existe le Round Table on Responsible Soy (RTRS) qui regroupe 180 membres et Pro Terra, qui certifie le soja durable et non-OGM. Au niveau international, les trois-quarts du soja est OGM.

 

La seule nourriture saine pour les vaches et bovins reste l'affouragement naturel avec du fourrage de qualité et sans adjuvents !

 

fiches_gaec-augros_13_-_Copie

 

L’Europe et ses dérives..

 

paradise-papers-l-ue-veut-finaliser-sa-liste-noire-des-paradis-fiscaux

avril 01, 2017

 

Afrique : 97 millions $ pour les PME de 4 pays dont la RDC

 

BEI

La Banque Européenne d’Investissement (BEI) a accordé une ligne de financement de 10 milliards de shilling, soit 97 millions de dollars américains à Equity Bank et House Finance Compagny. 1 000 compagnies seront ciblées et recevront chacune en moyenne 10 millions de shillings, soit un équivalent de 97 000 USD.

 

ArcelorMittal obtient 600 millions de dollars pour doper sa production en Algérie

 

L’argent des contribuables..placé !

 

d1d64e7dcb80d13c1455b0367329f030

 

Il y a même eu de l’argent public investi « placé » dans les îles vierges britanniques !!!

 

humeur_975_Amnistie-fiscale-Elio-Di-Rupo

 

L’Europe, comme tous les grands pays, à travers le Monde, sont devenus de grandes « lessiveuses » d’argent, mais aussi et surtout..d’argent sale !