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EUROPE..MERCOSUR..kesako ?

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Préambule

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On connaissait déjà cet accord, appelé..C.E.T.A., avec le Canada..

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Il y avait également, peu avant, cet accord appelé T.A.F.T.A.

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A présent, l’Europe, mais aussi tous les pays membres, dont la France vont être confronté à cet accord appelé Europe-Mercosur..

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Les accords de libre-échange de l’U.E.

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Qui fait quoi et avec qui ?

 

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Introduction

 

Vous n’avez qu’à cliquer ou pointer sur ce lien ci-dessous :

 

http://slideplayer.fr/slide/10220733/

 

A l’ouverture, vous aurez  une présentation, un peu comme sous Powerpoint, mais en passage de vues ou images (diapos) à la suite en explicatif.

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(sinon, au pire, vous faites un « copier-coller » pour reprendre le lien et le saisir dans la fenêtre  du moteur de recherche en F.A.I.)

 

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Pas d'accord à Buenos Aires, rendez-vous en janvier

jeu. 14 décembre 2017 à 10:22 • AFP

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Les pourparlers en vue d'un accord de libre-échange Union européenne- Mercosur ont progressé pendant la Conférence ministérielle de l'OMC à Buenos Aires, sans pour autant aboutir, et les négociations reprendront en janvier, selon la France.

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Photo ci-dessus de Jean-Baptiste Lemoyne à la conférence ministérielle de l’OMC à Buenos Aires, en Argentine.

« Le compte n'y est pas tout à fait, il n'y aura pas d'accord à Buenos Aires. Il y a encore du travail à accomplir. La négociation va se poursuivre à partir de janvier », a déclaré à des journalistes le secrétaire d'Etat français en charge du commerce extérieur, Jean-Baptiste Lemoyne.

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Les négociations entre l'UE et le Mercosur, marché commun du sud (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), ont débuté dans les années 1990. Les réticences pour les Européens portent sur l'ouverture aux produits agricoles sud-américains et à l'éthanol. Les pays sud-américains redoutent que leur industrie ne puisse pas soutenir la concurrence avec les produits manufacturés européens.

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D'après le chef de la délégation française pour la Conférence de l'OMC à Buenos Aires, « des avancées ont été enregistrées, mais il y a encore des progrès à faire sur les normes sanitaires, pour que le consommateur européen ait dans son assiette des aliments dont le suivi sanitaire est impeccable ».

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Le problème des « I.G.P. » et des vins et spiritueux

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Le ministre français a précisé que le Mercosur avait remis une offre révisée aux négociateurs européens. Cette offre a été transmise aux Etats membres de l'UE. Elle comporte « une avancée sur les IGP (Indication géographique protégée) et les vins et spiritueux », selon Jean-Baptiste Lemoyne. Les Argentins rêvaient d'un accord à Buenos Aires cette semaine mais Bruxelles n'a pas cédé. « Des Etats membres font primer la substance sur le calendrier. Il vaut mieux prendre le temps de signer un bon accord, plutôt que de se retrouver avec des difficultés de ratification », a souligné Jean-Baptiste Lemoyne.

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 C.E.T.A. et MERCOSUR = double menace pour l’élevage Français

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Ceta et Mercosur : double menace pour l'élevage français

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Premières manifs contre l’accord avec le Mercosur

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Les éleveurs Français opposés au traité Europe - Mercosur

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Une délégation FDSEA/JA a rencontré Monsieur le Préfet le 4 décembre dernier pour l’alerter sur les risques encourus par l’élevage français en cas d’application des traités CETA et Mercosur. (MR)

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Une délégation FDSEA et JA a rencontré le Préfet de la Creuse, lundi 4 décembre 2017 pour alerter les représentants de l’État sur les dangers du CETA et du Mercosur pour l’élevage français.

Suite à la rencontre à la Préfecture avec M. le directeur de la DDT et M. le Préfet, ce dernier s’est engagé à faire remonter les inquiétudes et les demandes des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA auprès du Gouvernement. Les représentants de la profession agricole ont toutefois regretté l’absence des parlementaires creusois. Le président de la Section Bovine de la FDSEA de la Creuse, Christian Arvis nous expose son point de vue concernant les traités de libre échange européens avec le Canada et l’Amérique du Sud.

Le+Mercosur+et+l’UE+Mondialisation+--+régionalisme

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Que sont les accords CETA et Mercosur pour l’élevage français?

Le CETA est un accord économique et commercial entre l’Union européenne et le Canada. En application provisoire depuis le 21 septembre dernier, cet accord doit être ratifié par le Sénat et l’Assemblée nationale courant 2018. Il prévoit l’ouverture du marché européen à 65000 tonnes de viande bovine canadienne supplémentaires aux droits de douanes nuls!
Le
Mercosur est un accord de libre échange entre l’Europe et l’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) ouvrant un contingent d’environ 130000 tonnes de viandes brésiliennes à droits de douanes quasi-nuls!

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Ces viandes bovines canadiennes et brésiliennes sont-elles produites dans les mêmes conditions que la viande bovine française?

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Non! En France, nous avons des fermes familiales avec 60 vaches par exploitation. Nos bovins sont nourris avec une ration composée de 80% d’herbe en moyenne et nous achetons très peu d’aliment à l’extérieur : 90% de l’alimentation du troupeau est produite par les éleveurs sur leurs exploitations. On ne peut pas dire la même chose pour le Canada et le Brésil. Chez eux, les bovins sont engraissés dans des parcs industriels de 20000 à 30000 animaux. Leur ration est loin d’être naturelle, elle se compose de 80% de maïs OGM complétées par des farines animales et des hormones de croissances! Clairement, nous ne parlons pas de la même viande.

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Existe-t-il une différence de traçabilité pour la viande?

Oui, c’est le jour et la nuit!

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En France, la viande bovine fait l’objet du système de traçabilité individuel le plus poussé au monde, garantissant aux consommateurs une viande issue d’un animal né, élevé, abattu en France puis transformé en France. On connaît toute la carrière d’une bête. Au Canada il n’existe aucune traçabilité individuelle obligatoire des animaux et aucune réglementation relative au bien être animal. Les éleveurs canadiens peuvent utiliser jusqu’à 46 substances interdites par la règlementation européenne. Au Brésil, la traçabilité est sur la base du volontariat. Ce pays n’a pas légiféré sur le bien-être animal et notamment sur les questions d’alimentation, de soins, d’accès à l’eau… Les additifs alimentaires utilisés dans la ration de leurs bovins sont purement et simplement interdits par la réglementation européenne.
Sur quels secteurs de la viande ces contingents vont-ils se positionner et à quel prix
?
Ces viandes arriveront principalement sur le segment du marché de «
l’aloyau» allaitant c’est-à-dire les morceaux nobles, les morceaux à griller. En Europe, ce segment de consommation représente 500000 tonnes. Aujourd’hui nous sommes sur un marché européen auto-suffisant : la production et le volume d’importation actuels permettent largement de répondre à la demande. Avec 200000 tonnes supplémentaires, le marché va être inondé et provoqué une chute indirecte des cours de la viande. Actuellement, le prix de la viande canadienne et sud-américaine commercialisée en Europe dans le cadre des contingents annoncés, avoisinerait les 8,60 euros/kg carcasse. Un kilo de viande produit en Europe est de l’ordre de 13,70 euros.

Quels vont être les impacts sur l’élevage français si ces accords aboutissent?

Au vu du différentiel de prix et des volumes concédés, on peut estimer une baisse de pratiquement 10% du prix du jeune bovin payé aux producteurs français et par répercutions une chute sur le plan national de 30 à 60% du résultat courant des exploitations spécialisées. Si l’on reste sur des revenus moyens de 2016 à 700 euros par mois tous les systèmes confondus, on peut prévoir une perte de 25000 emplois directs.

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La France a-t-elle des recours pour éviter ce massacre?

La France peut avoir un droit de veto! Il faut que le Gouvernement, avec nos parlementaires, demande une remise à plat concernant les mandats de négociations à la Commission européenne en refusant tout accord incluant une offre de viandes bovines ne répondant pas aux normes en vigueur sur le plan de l’élevage, de la santé et aussi de l’environnement. Il faut refuser de ratifier le CETA. Il faut créer une commission d’enquête européenne sur les conditions de certification sanitaire des viandes de ces pays-là. Pour rappel, au printemps, la Russie et la Chine ont arrêtés leurs importations de viandes du Mercosur suite à l’affaire des viandes avariées brésiliennes!

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Photo ci-desus de stock de viande carnée Brésilienne - dossier -Exportacao-carne.

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 Il faut tout simplement que nos politiques prennent leurs responsabilités et qu’ils deviennent courageux! C’est beaucoup plus facile de vouloir réduire le délai d’utilisation du glyphosate ou de vouloir instaurer un repas par semaine sans viande dans les cantines françaises. Quant aux «pingouins» de LPEA, qui se réfugient soi-disant derrière la cause du bien-être animal pour abolir l’élevage français, je veux bien leur payer un billet aller, et uniquement aller, pour qu’ils aillent voir au Canada et au Brésil si l’élevage des bovins est beaucoup plus respectueux que dans notre Creuse. On doit être unis pour défendre notre territoire, on doit soutenir les initiatives créatrices d’emplois et de valeur ajoutée comme l’extension de la Ferme de Saint-Martial et laisser aux creusois la liberté d’entreprendre en les respectant. À l’heure des États généraux de l’alimentation et de l’élaboration des plans de filières où est la cohérence des politiques publiques?

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Photo ci-dessus de vaches Françaises de type « Primholstein », en pâtures, aucune comparaison avec l’élevage Canadien comme Brésilien.

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Probablement pas d'accord commercial UE-Mercosur en 2017-source

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BUENOS AIRES, 13 décembre (Reuters) - L'Union européenne et 
le Mercosur, bloc commercial de pays d'Amérique latine, ne 
parviendront probablement pas à un accord de libéralisation des 
échanges d'ici la fin de l'année, a déclaré mardi une source 
proche des négociateurs du Mercosur. 
    Les négociateurs européens souhaitent attendre 2018 pour 
débattre de nouvelles propositions de compromis, a ajouté cette 
source. 
    Ces nouvelles propositions ont été échangées mardi lors de 
discussions organisées en marge d'une réunion de l'Organisation 
mondiale du Commerce (OMC) à Buenos Aires. Contrairement aux 
attentes du Mercosur, l'UE n'a cependant présenté aucune offre 
améliorée sur le boeuf et l'éthanol, les questions agricoles 
étant l'un des points les plus épineux des négociations en 
raison de l'importance de ce secteur dans plusieurs pays, dont 
la France. 
    "L'UE a dit ne pas être en position de présenter une offre 
de réciprocité et qu'elle serait mieux en mesure de répondre 
l'année prochaine", a dit cette source. 
    Le Mercosur regroupe le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le 
Paraguay. Les négociations commerciales avec l'UE se déroulent 
par à-coups depuis 1999 et elles se heurtent à des résistances 
des deux côtés. Elles sont censées faciliter les importations 
européennes de produits agricoles du Mercosur et les 
importations latino-américaines de biens manufacturiers 
européens. 
 
 (Luc Cohen; Bertrand Boucey pour le service français) 

 

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Le Mercosur, nouvelle source de tensions entre la France et l’Union européenne

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Si la « Macronmania » perdure à Bruxelles, le slogan de « L’Europe qui protège » commence à créer des tensions dans la capitale institutionnelle de l’Union, où certains estiment désormais qu’à trop vouloir préserver les citoyens des excès du libre-échange et de la mondialisation, le président de la République française contrarie la politique commerciale de ladite Union.

Le gouvernement français, lui, estime que la Commission européenne charge trop la barque, en profitant du vide laissé par le président des Etats-Unis, Donald Trump, sur le terrain commercial pour signer à tour de bras des traités avec le Japon, le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay…) et bientôt la Nouvelle-Zélande ou l’Australie. Sans tenir assez compte, estime-t-on à Paris, de l’extrême sensibilité du public à ces sujets et alors que la France n’a même pas ratifié le CETA (l’accord avec le Canada), qui promet de créer un vif débat au sein de l’Assemblée nationale.

Le commerce et les réticences hexagonales devaient faire partie des principaux sujets abordés, lundi 16 octobre, par le premier ministre, Edouard Philippe, de passage à Bruxelles pour rencontrer Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, réputé proche de la ligne française.

Le locataire de Matignon devrait aussi échanger avec Cécilia Malmström, la commissaire au commerce, et son collègue Jyrki Katainen, chargé de la croissance, deux responsables politiques pressés, en revanche, de conclure le plus possible d’accords de libre-échange.

Ce sont surtout les négociations actuelles avec le Mercosur qui inquiètent Paris. «J’ai bien compris la volonté forte de la Commission européenne d’achever les discussions commerciales en cours avec le Mercosur », a ainsi lancé Emmanuel Macron dans son discours au marché de Rungis, le 11 octobre. Mais la France est hostile à toute « précipitation ». Relevant que le mandat de négociation [confié par les Etats à Bruxelles]...

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Commerce : l'accord entre l'UE et le Mercosur retardé

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Les professionnels de la filière bovine française s'inquiètent d'une arrivée massive de viande de boeuf en provenance du Brésil et s'opposent à cet accord UE-Mercosur. - Gutner/SIPA

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La signature de l'accord commercial entre le bloc sud-américain et l'Union européenne, espérée avant la fin de l'année, ne pourra pas intervenir avant le début de 2018.

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La Commissaire européenne au commerce, Cécilia Malmström, l'avait laissé entendre. En dépit des efforts du gouvernement argentin, l'accord de partenariat et de commerce entre l'Union européenne et le Mercosur devra encore attendre. L'Argentine qui accueille, à Buenos Aires, la onzième  conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce censée s'achever mercredi, aurait bien voulu profiter de cet événement pour parachever ce premier accord d'envergure du Mercosur avec un grand partenaire.

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Un accord début 2018

Relancées en 2010, les discussions qui ont eu lieu entre les deux parties cette semaine n'ont pas permis de rapprocher les positions. De nouvelles propositions ont été mises sur la table par les pays latino-américains. Mais, contrairement à leurs attentes, l'Union européenne n'a présenté aucune offre améliorée sur les dossiers épineux du boeuf et de l'éthanol« L'Union européenne a dit ne pas être en position de présenter une offre de réciprocité et qu'elle serait mieux en mesure de répondre l'année prochaine », a indiqué une source proche du dossier à Buenos Aires.

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« Le compte n'y est pas tout à fait (...). La négociation va se poursuivre à partir de janvier. ll y a encore des progrès à faire sur les normes sanitaires, pour que le consommateur européen ait dans son assiette des aliments dont le suivi sanitaire est impeccable'.», a déclaré le secrétaire d'Etat français en charge du Commerce extérieur, Jean-Baptiste Lemoyne.

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« Si ça traîne jusqu'en janvier ou début février, ce n'est pas un drame »


« Si ça traîne jusqu'en janvier ou début février, ce n'est pas un drame », avait concédé au début du mois Cécilia Malmström.

Les éleveurs français inquiets

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Photo ci-dessus d’arrivage de carcasses de viande de bovins à Rungis.

La France, notamment, se veut vigilante sur les facilités d'importations de boeuf latino-américain. Pour l'heure, Bruxelles propose un quota d'importation de 70.000 tonnes à droits de douane zéro. Un montant en retrait par rapport aux 100.000 tonnes évoquées lors des discussions en 2004. Ces 70.000 tonnes viendraient s'ajouter à un quota de 66.000 tonnes obtenues après la  condamnation de l'Union européenne, par l'OMC, au début des années 2000 d'interdire l'importation de boeuf aux hormones.

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« Près de 140.000 tonnes de boeuf d'Amérique latine pourraient entrer sur le marché européen à droit zéro ! »

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« Au total, près de 140.000 tonnes de boeuf d'Amérique latine pourraient entrer sur le marché européen à droit zéro. La zone sud-américaine exporte déjà chez nous plus de 180.000 tonnes en s'acquittant, pour une partie, de droits de douane moyens d'environ 85 % », témoigne un haut fonctionnaire de Bruxelles. C'est ce qui inquiète les professionnels de la filière bovine française. Déjà échaudés par la hausse à venir des importations de boeuf canadien dans le cadre du Ceta, ces professionnels, via Interbev,  ont alerté Emmanuel Macron début octobre sur les risques de disparition de la filière bovine française. Mercredi, la FNSEA a dénoncé un « accord inacceptable en l'état » pointant « l'incohérence que représenterait l'importation de produits agricoles qui ne respectent pas nos normes de production sociales et environnementales, alors que la 'montée en gamme' de la production alimentaire française reste la priorité affichée par le président de la République ».

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Agitation au Parlement européen

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Le Parlement européen s'agite aussi. Le député européen Michel Dantin (PPE) a demandé la création d'une commission d'enquête pour s'assurer de la qualité sanitaire des boeufs et des volailles venus du Brésil. Les députés du Groupe PPE, membres de la commission de l'Agriculture au Parlement européen s'inquiètent en effet du scandale de mars dernier après des allégations de fraude et de corruption dans les installations de transformation de boeuf et de volaille au Brésil.

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Gains industriels attendus

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Pour l'heure, Cécilia Malmström compte bien aller au bout des négociations.

« L'opinion publique française doit regarder l'accord dans son ensemble »

«  L'opinion publique française doit regarder l'accord dans son ensemble », dit-elle. Rien que l'élimination des droits de douane industriels des pays latino-américains permettrait, selon Bruxelles, un gain de 4 milliards d'euros pour les entreprises européennes.

Front commun à trois contre la Chine

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A l'issue d'une rencontre à trois, en marge de la ministérielle de l'OMC à Buenos Aires, les Etats-Unis, l'Union européenne et le Japon ont dénoncé dans une déclaration commune la politique chinoise de dumping qui fragilise plusieurs secteurs d'activité, et l'exigence de transferts de technologie aux entreprises étrangères souhaitant s'implanter dans le pays asiatique. « Nous nous sommes mis d'accord pour renforcer la coopération trilatérale au sein de l'OMC et d'autres forums, afin de supprimer ces pratiques de pays tiers, injustes, protectionnistes, qui déséquilibrent les marchés », selon cette déclaration commune. Les trois pointent « des conditions de concurrence déloyale, causée par des subventions et des entreprises publiques »« le transfert forcé de technologie », dans leur texte.

Richard Hiault 

 

La future « PAC » comment l’aborder, comment l’interpréter ?

 

La future Pac imposera à chaque Etat membre un plan stratégique

le 29/11/2017 à 14:25

RÉFORME DE LA PAC POST-2020 La future Pac imposera à chaque Etat membre un plan stratégique

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Phil Hogan a présenté, mercredi 29 novembre 2017, la proposition de la Commission européenne pour la réforme de la Pac. La proposition législative devrait suivre au second trimestre 2018. (©TNC)

Phil Hogan, commissaire européen à l’agriculture, a présenté, mercredi 29 novembre 2017, sa première communication officielle, non chiffrée, sur la réforme de la Pac post-2020. La Commission propose une future Pac imposant à chaque Etat membre de définir un plan stratégique avec des règles conformes aux objectifs fixés par Bruxelles, en leur laissant davantage de marge de « subsidiarité ». Phil Hogan se défend de proposer une certaine renationalisation de la Pac.

Phil Hogan, commissaire européen à l'agriculture et Jyrki Katainen, vice-président de la commission chargé de l'emploi, de la croissance, de l'investissement et de la compétitivité, ont présenté, mercredi 29 novembre 2017, une communication sur « l'avenir de l'alimentation et de l'agriculture - pour une politique agricole commune flexible, juste et durable ».

Il s'agit de la première grande étape officielle du processus de réforme de la Pac pour l'après 2020.

Pas question de toucher à la structure générale, basée sur deux piliers, les aides directes et les mesures de marché d'une part, et la politique de développement rural de l'autre.

L'idée principale est de donner davantage de pouvoirs aux Etats membres, en introduisant un « nouveau système d'application » qui donnera « un plus grand degré de subsidiarité aux Etats membres et aux régions », a expliqué le commissaire européen.

Il s'agit de définir des objectifs au niveau de l'UE et de laisser le choix aux Etats membres sur la façon de les appliquer, en tenant compte de la spécificité des secteurs et des zones géographiques. Chaque pays devra à ce titre rédiger un « plan stratégique », validé par la Commission, pour expliquer comment il compte atteindre ces objectifs.

Sur ce point, Phil Hogan se défend de chercher à renationaliser la Pac. « Non, nous ne voulons pas créer de concurrence entre Etats membres. Mais ils seront responsables de la conception de leur plan. Il ne s'agit pas de donner plus de pouvoir aux Etats membres, mais ils seront davantage responsables dans l'atteinte des objectifs. Nous leur laisserons donc plus de souplesse pour qu'ils atteignent les objectifs communs. »

« Les agriculteurs continueront de bénéficier d'un soutien par l'intermédiaire du système des paiements directs. La communication ne préjuge ni de l'issue des débats sur l'avenir des finances de l'Union ni du contenu de sa proposition pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), précisent les commissaires. Sans prétendre être exhaustive, elle examine plusieurs solutions pour offrir aux agriculteurs la garantie d'un soutien juste et mieux ciblé de leurs revenus. »

L'environnement et le changement climatique, les deux priorités

Pour cette future Pac, deux priorités sont mises en avant par la Commission européenne : l'environnement et la lutte et l'adaptation au changement climatique.

« En matière de simplification, l’architecture de la Pac sur le verdissement n’a pas fonctionné », reconnaît Phil Hogan. Bruxelles ne veut plus « fixer des critères uniques pour tous les pays ». « Chaque Etat membre les définira en fonction de ses spécificités locales. »

« Les changements climatiques et les pressions exercées sur les ressources naturelles continueront de porter atteinte à l'agriculture et à la production alimentaire. La future Pac devra être plus ambitieuse en termes d'efficacité des ressources, de protection de l'environnement et d'action en faveur du climat. »

« D'autres mesures sont également proposées, comme :

  • encourager le recours aux technologies modernes pour soutenir les agriculteurs sur le terrain et accroître la transparence et la sécurité des marchés ;
  • inciter davantage les jeunes à s'engager dans l'agriculture, en coordination avec les pouvoirs exercés par les États membres dans les domaines de la taxation foncière, de la planification et du développement des compétences ;
  • s'attaquer aux préoccupations des citoyens en ce qui concerne la production agricole durable, et notamment la santé, la nutrition, le gaspillage alimentaire et le bien-être des animaux ;
  • rechercher la cohérence entre les politiques de l'Union, en tenant compte de sa dimension mondiale, notamment en matière de commerce, de migration et de développement durable ;
  • créer une plateforme au niveau de l'UE sur la gestion des risques et envisager la meilleure manière d'aider les agriculteurs à faire face aux incertitudes du climat, à la volatilité des marchés et aux autres risques. »

« Les propositions législatives mettant en œuvre les objectifs définis dans cette première communication seront présentées par la Commission avant l'été 2018, après la proposition de CFP. »

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La position de Stéphane Travert, ministre de l’agriculture

NÉGOCIATIONS UE-MERCOSURAu Sommet, S. Travert critique la méthode sans condamner le quota d’importation

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Au Sommet, S. Travert critique la méthode sans condamner le quota d'importation. Négociations UE-Mercosur ...

En visite officielle au troisième et dernier jour du Sommet de l’élevage, Stéphane Travert a critiqué la méthode de la Commission européenne sur le dossier des négociations avec le Mercosur. Mais le ministre de l’agriculture n’a pas fermement condamné la proposition européenne d’un quota d’importation de 70 000 tonnes de viande.

Au troisième et dernier jour du Sommet de l’élevage, Stéphane Travert est venu arpenter les allées de la grande halle d’Auvergne pour tenter de rassurer les éleveurs allaitants sur plusieurs dossiers. Parmi eux, celui des négociations entre l’Union européenne et le Mercosur. Mais alors que l’ensemble de la filière viande bovine a appelé la France à s’opposer fermement à la proposition de la Commission d’octroyer un quota de 70 000 tonnes de viande bovine fraîche ou congelée en faveur des pays du Mercosur, Stéphane Travert se limite, pour l’heure, à dénoncer la méthode employée par la Commission européenne.

Dans une note commune cosignée par dix autres Etats membres (Autriche, Belgique, Hongrie, Irlande, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie), la France a indiqué à la Commission qu’elle jugeait prématuré d’inclure les produits agricoles sensibles, comme la viande bovine et l’éthanol, à ce stade des négociations. « Je vais rappeler cette position lundi 9 octobre à Luxembourg lors du conseil européen des ministres de l’agriculture », a expliqué le ministre au début de sa visite du Sommet de l’élevage.

A l’inverse, huit autres pays (Allemagne, Danemark, Espagne, Italie, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Suède) considèrent qu’exclure la viande bovine à ce stade des négociations donnerait un mauvais signal aux pays du Mercosur sur l’importance qu’accorde l’UE à cet accord de libre-échange.

Commerce: l'Europe pourrait conclure ses prochains accords sans les parlements

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La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström, à Bruxelles, le 7 septembre 2017 / AFP/Archives

La Commission européenne pourrait conclure les négociations commerciales qu'elle ouvrira prochainement avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande sans les faire ratifier par les parlements régionaux et nationaux de l'UE afin d'accélérer les discussions, a-t-elle annoncé jeudi.

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"Nous pensons avoir de solides arguments" pour proposer aux Etats membres que la Commission conduise seule la totalité de ces négociations en leur nom, a affirmé la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström, qui présentait le programme commercial de l'UE pour les prochains mois.

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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a annoncé mercredi son intention d'ouvrir des négociations avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande, qu'il espère voir aboutir avant la fin de son mandat en 2019, un calendrier extrêmement ambitieux.

Les traités de libre-échange les plus récents conclus par l'UE étaient jusqu'alors ratifiés par les parlements nationaux après un vote du Parlement européen.

Mais la procédure est longue: il a par exemple fallu quatre ans et demi pour que l'accord avec la Corée du Sud soit ratifié.

En outre, ces accords font face à une opposition publique grandissante dans toute l'Europe, ce qui rend incertaine leur ratification par l'ensemble des parlements européens.

Le CETA, l'accord avec le Canada, actuellement en cours de ratification et qui entrera partiellement en vigueur la semaine prochaine, est par exemple menacé par le parlement de la Wallonie, une des régions de Belgique, qui avait déjà bloqué les négociations fin 2016.

La Pologne a également menacé de ne pas le ratifier.

La Commission compte s'appuyer sur une décision rendue en mai par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pour se passer des parlements nationaux.

La Cour avait alors estimé que la quasi-totalité des thématiques négociées dans le cadre d'un accord de libre-échange était de la compétence exclusive de l'UE, à l'exception des tribunaux spéciaux mis en place pour trancher les litiges entre les investisseurs et les Etats.

Bruxelles propose donc d'exclure ces tribunaux des négociations avec Canberra et Wellington.

"Afin de ne pas perdre de temps, nous proposons de ne pas inclure la partie liée à la protection des investissements" dans les mandats de négociation qui seront soumis aux Etats membres, a expliqué Mme Malmström. "Cela viendra plus tard", a-t-elle ajouté.

La Commission espère dans le même temps promouvoir un système de tribunal multilatéral plus transparent, composé de plusieurs juges professionnels permanents, aux audiences publiques, amené à terme à régler les différends commerciaux avec l'ensemble de ses partenaires.

Les Etats membres restent cependant susceptibles de refuser les mandats de négociation qui lui seront soumis par la Commission s'ils estiment que les investissements doivent en faire partie.

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Un accord commercial à portée de main

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Photo ci-dessus - © Compte Twitter Jyrki Katainen

Le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, a annoncé vendredi qu’un accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (1) était proche, à l’issue d’une réunion entre les deux blocs régionaux à Brasilia.

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Le secteur de la viande bovine européenne pourrait être impacté par cet accord. (©Terre-net Média)

Rapprochant son pouce et son index de quelques centimètres, M. Katainen a déclaré : « On est à ça d’avoir une nouvelle association et un accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur ».

Les ministres de l’UE et du Mercosur se sont réunis vendredi en présence du président Michel Temer avec le vice-président de la Commission, pour faire avancer les discussions longtemps enlisées sur un accord commercial.

« À l’heure où certains construisent des murs, nous voulons construire des ponts », a déclaré M. Katainen au palais présidentiel du Planalto, entouré des ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du vice-ministre du Paraguay, dans une allusion transparente au président américain Donald Trump.

Les deux parties s’activent pour parvenir à un accord, au moins politique, le mois prochain à Buenos Aires à l’occasion de la réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « Nous achevons aujourd’hui un nouveau round de négociations, qui, je l’espère, sera le dernier ou l’avant-dernier, de manière que nous puissions conclure – et ceci est notre objectif à la fois optimiste et réaliste – cet accord à la fin de l’année », a déclaré le chef de la diplomatie brésilienne, Aloysio Nunes.

Depuis près de deux décennies, les discussions entre l’UE et les quatre pays du bloc latino-américain se sont heurtées à des divergences insurmontables. Les négociations avaient été suspendues en 2004, pour ne reprendre que six ans plus tard.

Viande bovine et éthanol sensibles pour l’agriculture de l’UE

Le mois dernier, l’UE avait modifié son offre, acceptant l’entrée sur son marché de 70 000 tonnes de viande bovine et de 600 000 tonnes d’éthanol, deux produits très sensibles sur le vieux continent. Une offre qui n’a pas satisfait le Mercosur.

La Commission européenne a semblé prête à des concessions sur le bœuf et l’éthanol dans l’espoir d’élargir les débouchés pour son secteur automobile, ce qui inquiète particulièrement la France.

Des diplomates sud-américains ont confirmé à l’AFP vendredi qu’un accord était réalisable pour la réunion de Buenos Aires.

À Bruxelles, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a également fait part de son optimisme. « Nous nous sommes engagés à finaliser le processus pour la fin de l’année. C’est possible », a-t-elle déclaré à l’issue d’une rencontre informelle des ministres européens du Commerce sur le Mercosur.

« Il y a des questions sensibles, notamment dans le secteur agricole. Il va falloir que nous présentions une offre finale. […] Nous allons faire très prochainement une proposition pour que les ministres puissent se pencher sur la question », a-t-elle ajouté. « Il y aura un échange d’offres révisées de part et d’autre », a-t-elle souligné.

Mais Paris s’inquiète de l’élan libre-échangiste de Bruxelles. « Il ne faut pas avoir de date fétiche, […] il faut arriver à un accord quand il est mûr », a dit pour sa part le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoine, qui représentait la France à cette réunion.

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Le mois dernier, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait estimé qu’« un bon accord avec les pays du Mercosur, c’est huit fois plus que l’accord que nous avons avec le Canada et quatre fois plus que l’accord que nous avons avec le Japon ».

Réaction

La Coordination rurale constate, « qu’une fois de plus, la Commission européenne est prête à lâcher ses agriculteurs et à piétiner sans scrupule la souveraineté alimentaire européenne. Et dans quel but ? Exporter davantage d’automobiles ! De son côté, le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela), grand producteur de viande bovine et d’éthanol, se frotte les mains à l’idée de pouvoir déverser ses produits à bas coût sur le marché intérieur européen. Bruxelles signe le déclin de la production de viande européenne ! »

La Fédération nationale bovine (FNB), interpelle Emmanuel Macron. Dans un communiqué du 14 novembre, elle exige du président de la République qu’il respecte son discours prononcé à Rungis, le 11 octobre dernier, « en faveur d’une mise en pause de ces négociations et d’une révision du mandat octroyé par les États membres à la Commission, il y a près de 20 ans. » Le syndicat assure à Emmanuel Macron qu’il a l’avenir de l’élevage bovin français entre ses mains. « Ne laissez pas la Commission Européenne sacrifier ainsi nos exploitations et notre modèle de production, déclare-t-il. Répondez, clairement, aux enjeux des États-généraux de l’alimentation, en exigeant l’exclusion de la viande bovine de ces négociations. »

(1) Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela.

AFP

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Accord Mercosur : Macron a-t-il raison de demander une "pause" ?

Paris pousse la Commission à interrompre la négociation commerciale avec l'Amérique latine. Pourtant l'Europe a beaucoup à y gagner. Explications.

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Emmanuel Macron a-t-il raison de dénoncer « une fuite en avant » de la Commission de Bruxelles dans la signature de traités de libre-échange ? Le terme est fort et n'a guère été apprécié par Jean-Claude Juncker qui, la semaine dernière, a réaffirmé la nécessité et « l'urgence » pour la Commission de signer avant la fin de l'année un accord commercial majeur avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay).

« Je ne suis pas favorable à ce que nous nous précipitions pour négocier un accord avec un mandat de négociation donné en 1999, » avait lancé Macron, le 11 octobre à l'issue d'une visite à Rungis, relayant notamment la crainte des éleveurs de bœufs français. Lors du conseil européen des 19 et 20 octobre, Macron a pris la parole devant les chefs d'État et de gouvernement et plaidé pour une « pause » dans la signature des traités de libre-échange, notamment pour en vérifier les paramètres sociaux et environnementaux. L'accueil des Européens ne fut pas franchement chaleureux, certains de nos voisins jugeant que cette alerte française était une nouvelle tentative de protéger des intérêts sectoriels sensibles. Une position traditionnelle de la France quand il s'agit de son agriculture.

Pour y voir plus clair, il faut revenir en arrière. La Commission n'a pas vraiment précipité la négociation avec le Mercosur. Elle a simplement obéi aux conclusions du Conseil européen qui, en octobre 2016, lui a donné instruction de « poursuivre activement » les négociations avec le Japon (un accord politique a été signé en juillet 2017) et d'« intensifier les négociations en cours avec d'autres partenaires commerciaux, y compris le Mercosur ». Jean-Claude Juncker en est d'autant plus convaincu qu'il ne cesse de répéter que pour chaque milliard d'euros exportés hors l'Union européenne, ce sont 14 000 empois européens qui sont créés.

Les offres de la Commission 

François Hollande et Angela Merkel avaient donc validé la poursuite des négociations avec les 4 pays du Mercosur qui représentent 260 millions de consommateurs. Simplement, ils y avaient ajouté un bémol : la Commission devait attendre que soient passées l'élection présidentielle française et les législatives allemandes de 2017 avant de proposer au Mercosur nos offres précises sur deux marchés, celui de la viande bovine et celui de l'éthanol. François Hollande craignait des remous paysans, car sur ces deux produits, la France a des intérêts à défendre...

On connaît la suite de l'histoire : François Hollande ne s'est pas porté candidat à sa propre succession ; Macron a été élu en juin et Angela Merkel a remporté, bien qu'affaiblie, les législatives de septembre 2017. Conformément aux instructions, les services de la Commission ont donc formulé leurs propositions en mettant deux chiffres sur la table en octobre 2017. Les pays d'Amérique latine avaient, quant à eux, déjà formulé leurs offres de libre-échange. Ils ne pouvaient patienter davantage. Pour mémoire, une première négociation ouverte en 1999 avait échoué en 2004...

Quels sont donc ces deux chiffres qui complètent le deal ? L'Union européenne offrirait un contingent de 70 000 tonnes de bœuf (non hormonés, bien sûr) en provenance du Mercosur libres de droits de douane. Il faut avoir en tête qu'actuellement, le Mercosur exporte déjà 185 000 tonnes de bœufs (avec droits de douane) en Europe. La Commission a aussi pris soin d'éviter que ce quota ne se concentre sur des secteurs sensibles comme les découpes nobles. Sur les 70 000 tonnes, le quota est segmenté en 35 000 tonnes sur les produits frais et 35 000 tonnes sur les produits congelés.

Quant à l'éthanol (fabriqué à partir de la canne à sucre), il serait admis en Europe 600 000 tonnes en provenance du Mercosur, soit une offre 40 % moins alléchante que celle formulée par la Commission en 2004. Les deux tiers de cet éthanol seraient fléchés vers l'industrie européenne qui se plaint d'en manquer.

Une belle occasion

Bien sûr, ces tonnages peuvent encore évoluer tant que l'accord n'est pas signé, mais la Commission de Bruxelles estime que les termes de l'échange sont d'ores et déjà très favorables aux Européens. Car, en contrepartie, le Mercosur – l'une des zones les plus protectrices du monde – accepte de baisser totalement ses droits de douane très élevés (jusqu'à 35 % pour certains biens) sans fixer de contingent pour des secteurs clés de l'export européen comme l'automobile et les pièces détachées, la chimie, la pharmacie, les cosmétiques... Donc, d'un côté, une Europe qui contingente des importations à zéro droit de douane, et de l'autre un Mercosur qui s'ouvre totalement à certains de nos secteurs. Avec un tel deal, Jean-Claude Juncker ne voit pas pourquoi il faudrait repousser la signature de l'accord aux calendes grecques, au risque de laisser passer une belle occasion...

Pour les Européens, la période est, en effet, particulièrement favorable à la signature d'accords commerciaux, car les États-Unis, depuis Trump, ont abandonné la scène internationale. Le locataire de la Maison-Blanche a dénoncé le Trans-Pacific Partnership Agreement (TTPA) qui impliquait notamment le Canada, le Japon, le Mexique, l'Australie, le Pérou... Pas étonnant que le Japon – 3e économie mondiale – se soit tourné vers l'Europe pour signer un deal et que l'Australie et la Nouvelle-Zélande frappent aussi à la porte de l'Europe. « Nous profitons des laissés-pour-compte du TTPA », glisse-t-on à la Commission. C'est ici une affaire de leadership géopolitique mondial. Plus l'Europe signe d'accords commerciaux, plus est en mesure d'imposer ses standards au commerce mondial.

Le Mercosur huit fois plus gros que le Ceta

Le Mercosur est bien plus important que l'accord avec le Canada via le Ceta. La suppression des droits de douane générerait un gain de 4 milliards d'euros pour les exportateurs européens si l'on s'en tient au niveau actuel des échanges, un gain estimé à 500 millions pour le Ceta et 1 milliard d'euros pour l'accord avec le Japon. Le Mercosur n'a jamais signé d'accord bilatéral important, l'Union européenne bénéficierait en outre d'être la première à s'ouvrir de nouveaux marchés dans des pays aussi importants que le Brésil, une puissance d'avenir.

Pour autant, Emmanuel Macron n'est pas illégitime à s'inquiéter de l'avenir de la filière bovine française. Mais là aussi, la Commission de Bruxelles souligne que le contingent des quelque 70 000 tonnes de bœuf évoqué plus haut est à relativiser en raison des « effets de substitution » ? La viande bovine du Mercosur – libre de droits de douane jusqu'à 70 000 tonnes – va d'abord se substituer aux importations de bœufs venant d'autres pays fournisseurs de l'Europe. L'accord avec le Mercosur va donc chasser d'autres importations au lieu de chasser les producteurs européens. Ce phénomène de « substitution », on l'a vu précisément opérer sur le marché de l'éthanol au détriment du Mercosur. En 2008, le Mercosur représentait ainsi 50 % des importations d'éthanol en Europe. D'autres partenaires de l'Union européenne ayant obtenu de bons accords de libre-échange, la part de l'éthanol du Mercosur a chuté à moins de 5 % aujourd'hui sur le marché européen.

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Photo ci-dessus, carte de cette « Mondialisation » avec ces « flux » et lieux, en marron, des acteurs.

 

Mercosur/viande La France va s'opposer à la proposition de Bruxelles

 07/10/2017 |  AFP

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 La France s'opposera à la proposition de la Commission européenne d'accepter l'entrée sur le continent de 70 000 tonnes de viande bovine par an venant du Mercosur, dans le cadre de négociations sur un accord commercial, a indiqué vendredi le ministre de l'agriculture Stéphane Travert.

« Nous avons réuni huit États partenaires européens avec nous, et lundi je serai à Luxembourg au Conseil européen des ministres de l'agriculture et je rappellerai l'opposition de la France à la méthode employée pour démarrer les négociations commerciales de l'UE avec le Mercosur, et notre désaccord avec cette entrée en matière dans la discussion avec une arrivée de viandes bovines à la table des négociations », a déclaré le ministre lors d'une visite du 26e Sommet de l'Elevage à Cournon, près de Clermont-Ferrand.

« Nous sommes européens, et nous devons bien sûr réagir dans un contexte global, mais je suis aussi le ministre de l'agriculture français et je viens ici protéger les agriculteurs, et défendre les filières », a dit le ministre. Le ministre souhaite que les « filières françaises » ne « soient pas des variables d'ajustement des accords sur le Mercosur », a-t-il dit en citant la viande bovine, l'éthanol et le sucre. Lors d'une réunion à Bruxelles fin septembre, la Commission européenne avait proposé aux 28 États membres de l'UE d'accepter l'entrée d'un contingent de 70 000 tonnes de viande bovine et de 600 000 tonnes d'éthanol par an en provenance du Mercosur, dans le but d'aboutir à un accord commercial avec ce bloc d'Amérique du Sud.

Le ministre a salué la « fenêtre sur le monde » que constitue le Sommet de l'Élevage, où sont réunis chaque année les éleveurs d'ovins et de bovins, et où se pressent des acheteurs du monde entier désireux d'acheter du bétail ou de la génétique animale française. « Les consommateurs ne veulent pas d'une alimentation low cost, ils veulent une alimentation saine, durable et qui leur soit accessible, et c'est avec les filières que nous allons construire le dispositif », a-t-il dit. À l'attention des éleveurs du Massif Central et des Alpes, il a indiqué que sa priorité pour le versement des aides européennes ICHN (indemnité compensatoire de handicap naturel) allait « aux zones de montagne ».

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Accord commercial avec le Mercosur : les pays de l'UE divisés

 

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 Par  Le Figaro.fr avec AFP 

Mis à jour le 29/09/2017 à 17:55 

Publié le 29/09/2017 à 17:54

 

Les pays de l'UE sont divisés sur la présentation de l'offre de l'Union dans le domaine agricole au Mercosur, dans le cadre de leurs négociations pour un accord commercial, ont indiqué vendredi des sources concordantes à Bruxelles.

L'UE et le Mercosur (marché commun sud-américain qui rassemble le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay), qui tentent de négocier depuis de longues années un accord commercial, doivent entamer un nouveau round, à Brasilia, entre le 2 et le 6 octobre.

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Onze pays --France, Autriche, Belgique, Hongrie, Irlande, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie-- souhaitent que l'Union repousse la présentation de cette offre dans le domaine agricole, selon une source européenne.

Ils s'estiment en effet vulnérables aux importations de produits agricoles dits sensibles - boeuf, éthanol, sucre et volaille - et jugent une proposition de l'UE en matière de quotas d'importation inopportune. "Ils pensent que ce n'est pas le moment, ils veulent attendre la toute fin des négociations", a dit cette source à l'AFP.

En revanche, huit autres pays - l'Allemagne, la République Tchèque, le Danemark, l'Italie, le Portugal, l'Espagne, la Suède et la Grande-Bretagne - se sont dits en faveur de la présentation de cette offre, "pour redonner un souffle aux négociations".

Jeudi, lors d'une réunion à Bruxelles, la Commission européenne a proposé aux 28 Etats membres de l'UE, d'accepter dans l'UE un contingent de 70.000 tonnes de viande bovine et de 600.000 tonnes d'éthanol par an, en provenance du Mercosur, dans le but d'aboutir à un accord commercial avec ce bloc d'Amérique du Sud, ont indiqué trois sources à l'AFP. 

Le Figaro.fr avec AFP

 

L’UE et le Mercosur veulent signer un accord commercial d’ici la fin de l’année

 21 avr. 2017

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Susana Malcorra et Cecilia Malmstrom, avant le début de leur réunion, le 20 avril. [European Commission]

La ministre argentine des Affaires étrangères, Susana Malcorra, rencontre la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, pour discuter de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur.

 

L’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay) entrent à présent dans le dernier cycle de leurs négociations pour un accord commercial, qu’ils devraient conclure d’ici la fin de l’année ou le début de l’année 2018 au plus tard, a indiqué la ministre argentine.

La viande, les produits agricoles et les indications géographiques restent cependant des thèmes délicats entre les deux entités. La ministre argentine a d’ailleurs admis que le « scepticisme mutuel » entre les deux parties avait mené à un échange d’offres « insatisfaisant » l’année dernière.

Mais une fois les doutes initiaux passés, et après avoir bâti une « confiance mutuelle » en se mettant d’accord sur « les sujets les plus simples » au cours des derniers mois, Susana Malcorra a souligné qu’un « engagement » avait bien été pris pour conclure un accord.

L’élection de Donald Trump a également renforcé les liens entre les Américains du Sud et les Européens. Si le président a à peine été cité pendant la rencontre, Susana Malcorra a déclaré que le « vent de protectionnisme et la remise en question du multilatéralisme » de l’administration Trump avaient poussé le Mercosur et l’UE à prendre la situation en main, non seulement en matière de commerce, mais aussi au niveau politique.

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Merkel en faveur d’un accord «équitable» avec le Mercosur

Le 4 février, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé son intention de conclure un traité de libre-échange « équitable » entre l’Union européenne et le Mercosur, la communauté économique sud-américaine.

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Un accord en perpétuelle mutation

Cet accord commercial ne constituerait pas la fin du processus, étant donné que les deux parties veulent continuer à approfondir leur relation avec de nouveaux chapitres, a commenté la ministre argentine. « Ces accords doivent pouvoir évoluer », a-t-elle souligné. Ils pourront être mis à jour avec de nouvelles clauses, y compris un chapitre sur l’investissement. Si ces accords ne sont pas révisés, « ils pourraient être remis en question », a-t-elle averti.

Une fois que les deux parties se seront mises d’accord sur les chapitres « les plus importants » du projet d’accord, elles devraient s’échanger leurs offres sur les questions restantes afin de conclure un accord d’ici la fin de l’année ou le premier quadrimestre 2018. Cependant, aucune date limite n’a été fixée.

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Un scandale sanitaire au Brésil met en péril l’accord UE-Mercosur

L’Union européenne insiste pour que les dirigeants brésiliens tiennent une réunion urgente afin de s’expliquer au sujet du scandale de la viande avariée impliquant deux grandes entreprises exportatrices du pays. Un article d’Euractiv Espagne.

Pomme de discorde

La ministre argentine reste consciente des différences parmi les États membres de l’UE sur des « sujets très complexes », tels que les quotas et les droits de douane sur la viande, et de la difficulté de progresser sur ces sujets en raison des élections cette année dans les plus grands pays de l’UE.

« Ces questions sensibles ont un impact sur les États membres de l’UE et il faut le prendre en compte, sinon il sera plus difficile de trouver un accord », a-t-elle déclaré aux journalistes.

 

Susana Malcorra a reconnu que le Mercosur avait également du travail sur des sujets tels que les indications géographiques et les certifications phytosanitaires.

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Le Mercosur prêt à négocier un accord commercial avec l'UE

Les ministres des Affaires étrangères du Mercosur ont adopté une position commune pour entamer des négociations sur un accord commercial avec l’UE. Les représentants européens se rendront en Argentine la semaine prochaine pour entamer le dialogue avec leurs homologues sud-américains. Un article d’Euractiv Espagne.

Indications géographiques

Les quatre États d’Amérique du Sud finalisent actuellement leur propre liste d’indications géographiques. « Nous nous engageons à accélérer le processus, étant donné qu’une analyse très détaillée est nécessaire », a précisé la ministre.

Leur proposition sera comparée avec la liste de l’UE. La liste finale de produits protégés sera constituée selon une approche factuelle, et parfois en fonction de compromis politiques, a-t-elle expliqué.

Cette problématique a été sujette à controverse dans le passé entre l’UE et le Mercosur. La région viticole espagnole La Rioja est notamment entrée en conflit avec La Rioja d’Argentine pour l’utilisation du nom de ses vins.

« Faire partie de la vice-royauté du Rio de la Plata nous a permis d’hériter de certains noms qui représentent une compensation pour avoir été une colonie dans le passé », a dit ironiquement Susana Malcorra.

 

 

La viande bovine doit être sortie des négociations Mercosur-UE (industriels français)

22/03/17 

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Le secteur de la viande bovine doit être"exclu" des négociations commerciales en cours entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur, ont demandé mardi les professionnels de la viande en France, après l'éclatement d'un vaste scandale au Brésil.

 La Commission européenne doit "tirer les conclusions" de "l'affaire" et "cesser d'avancer tête baissée dans les négociations" et "elle doit immédiatement, exiger l'exclusion de la viande bovine de tout éventuel accord avec le Mercosur" a demandé le président de l'interprofession du bétail et de la viande Interbev, Dominique Langlois, dans une lettre adressée au secrétariat d'Etat chargé du Commerce extérieur, dont l'AFP a obtenu copie. Une nouvelle ronde de négociations de l'accord de libre-échange, en pourparlers depuis 2004 entre l'Union Européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela), s'est ouverte lundi à Buenos Aires, principalement centrée sur le chapitre sanitaire de cet accord. Trois jours plus tôt, un scandale alimentaire a éclaté au Brésil où un immense réseau de commercialisation frauduleuse de viandes avariées, impliquant apparemment des inspecteurs des services sanitaires de l'Etat et les "géants" industriels du secteur, était démantelé.

"Faible niveau de traçabilité"

 "Ce hasard de calendrier illustre, malheureusement, les craintes, que nous, professionnels de la filière viande bovine française, n'avons de cesse d'exprimer face à l'attitude de la Commission européenne qui, en dépit de la crise qui touche notre secteur, semble déterminée à ouvrir, toujours plus, notre marché aux viandes américaines, pourtant issues de systèmes de production ne correspondant ni aux standards communautaires, ni aux attentes des citoyens de l'Union", indique la lettre. Interbev souligne également "la faiblesse du niveau de traçabilité des viandes sud-américaines" et les "déficiences des contrôles et inspections réalisées sur ces produits". L'UE a importé en 2016, près de 110.000 tonnes de viandes du Brésil (25.898 tonnes de viandes faiches réfrigérées, 39.789 tonnes de viandes congelées et 44.157 tonnes de viandes préparées), selon Interbev.  

Sur ce total, la France a importé seulement 1.112 tonnes de viande bovine transformée et 527 tonnes de viande bovine congelée du Brésil, principalement utilisée dans l'industrie de transformation, soit moins de 0,1% de sa consommation annuelle. La France n'a pas importé de viande fraîche du Brésil l'an dernier. "Pour nous, la viande est un produit très sensible, nous avons toujours été dubitatif sur les contrôles et la qualité des viandes venant d'Amérique du sud, sur les hormones, les OGM ou les activateurs de croissance, on est loin des standards européens, sans parler du bien-être animal dans les feedlot industriels", a déclaré à l'AFP Guy Hermouet, président de la section viande bovine et exportation d'Interbev.

Source avec AFP

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Accord entre l'UE et le Mercosur: Merkel appelle à la reprise des négociations

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La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin, le 16 janvier 2017.REUTERS/Fabrizio Bensch

La chancelière allemande Angela Merkel, qui recevra mercredi 8 février le président uruguayen, est favorable à la reprise des négociations entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur. Une proposition qui intervient au moment où les traités de libre-échange sont remis en cause par les Etats-Unis.

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A l'initiative du président Trump, les Etats-Unis viennent de se retirer du Traité de libre-échange transpacifique (TPP) et menacent de quitter l’Alena qui les lie au Canada et au Mexique. De la même façon, déjà malmené, le Traité transatlantique entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP) semble compromis.

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C'est ce moment qu’Angela Merkel a choisi pour proposer de relancer les discussions qui trainent au sujet d'un accord commercial avec le Mercosur, le marché commun du Sud. Cette union douanière regroupe l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, après la suspension du Venezuela, soit 80% du PIB total de l’Amérique du Sud et près de 300 millions d'habitants. Le commerce entre l’Europe et le Mercosur représente déjà plus de la moitié des échanges de l’Union européenne avec toute l’Amérique latine.

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L’Union européenne, premier partenaire commercial du Mercosur devant la Chine et le Canada, pourrait doper ses exportations aéronautiques, automobiles et pharmaceutiques. Toutefois, les discussions achoppent sur le danger que représentent les productions agricoles du Mercosur pour les agricultures européennes une fois toutes les barrières douanières supprimées.

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Les argumentations de la..F.N.S.E.A. …

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NÉGOCIATIONS UE/MERCOSUR - L'AGRICULTURE EUROPÉENNE SERAIT BIEN LE SECTEUR PERDANT

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Un accord commercial trouvé entre l'UE et le Mercosur (Amérique du Sud) affecterait négativement le secteur agricole européen, selon les études d'impact que la Commission européenne a remis aux Etats membres en juillet dernier.

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Dans le cadre des négociations bilatérales de l'UE avec le Mercosur (Amérique du Sud), la Commission a transmis en juillet aux 27 Etats membres de l'UE des études d'impact, l'une générale et l'autre spécifiquement agricole, dans le cas d'un futur accord commercial entre les deux communautés économiques.
Ces informations confirment les pertes économiques et sociales qu'enregistrerait l'agriculture européenne en cas d'accord, avec des disparités entre les Etats membres et les différentes régions. A l'inverse, le secteur agricole sud-américain en tirerait avantage. Ces études se sont focalisées sur la diminution des droits de douane et la création de nouveaux contingents tarifaires pour les produits sensibles. La balance européenne du commerce extérieur agricole serait déficitaire de 5,2 milliards d'euros vis-à-vis du Mercosur. Le revenu agricole européen moyen diminuerait, lui, de 1,6 % en raison d'une baisse des prix et du départ d'agriculteurs (respectivement -1,1 % et -0,6 %). La baisse des prix agricoles irait de 4,8 % à 0,2 % en fonction des produits et le prix du lait augmenterait. 0,4 % des emplois agricoles européens seraient également menacés, soit 33 000 emplois par an. Enfin, ces deux études d'impact soulignent que le secteur de l'élevage serait le plus touché.

Les viandes très touchées

En viande bovine par exemple, les conséquences d'un accord UE/Mercosur consisteraient en une baisse de la production européenne. Tous les scénarios simulés par l'étude agricole font apparaître que les importations en provenance du Mercosur augmenteraient considérablement, en particulier celles de viande bovine (de 5 000 t à 525 000 t selon les scénarios). Dans le scénario simulant l'offre du Mercosur de 2006, la moins avantageuse pour l'agriculture européenne, les pertes pour le secteur de la viande pourraient s'élever à 5,8 milliards d'euros, dont 800 000 millions pour la volaille. Cependant, la hausse globale de la consommation de viande de bœuf permettrait à l'UE, par ricochet, de voir ses exportations progresser vers des pays tiers traditionnellement importateurs de viandes sud-américaines, comme la Russie, le Japon ou les pays arabes.
Quant au secteur laitier, les études d'impact révèlent que la production et la consommation européenne de produits laitiers diminueraient faiblement. Mais l'UE resterait un exportateur net de beurre, de fromage et de crème. Dans le même temps, les études d'impact de la Commission européenne ne manquent pas d'insister sur la croissance attendue des exportations européennes industrielles et de services vers l'Amérique du Sud. Elle générerait un excédent commercial global de 15,2 milliards d'euros pour l'Union, ce qui inverserait la tendance actuelle puisque que sa balance commerciale globale avec le Mercosur est déficitaire. En revanche, l'industrie du Mercosur serait négativement affectée par un accord et sa balance commerciale avec l'UE deviendrait déficitaire.

Hausse du PIB européen

L'UE choisira-t-elle de sacrifier certains pans de son agriculture en optant pour une plus grande dépendance extérieure sur certains produits alimentaires, afin d'obtenir des gains économiques et sociaux plus globaux ?
En effet, le PIB européen augmenterait de 15 à 21 milliards d'euros (+0,2 %) en cas d'accord ambitieux entre l'UE et le Mercosur. Le PIB du Mercosur pourrait quant à lui augmenter de 0,3 %. Cet accord commercial serait donc globalement bénéfique aux deux régions en termes de croissance du PIB et de création d'emplois.
A ce jour, les deux parties préparent leur nouvelle offre respective et des avancées pourraient intervenir lors du prochain cycle de négociations de Montevideo, en Uruguay, du 7 au 11 novembre prochains. La Commission européenne souhaiterait les conclure après octobre 2011 et avant avril 2012. Mais la campagne électorale pour les élections générales françaises, début 2012, pourrait bien retarder encore l'issue de ces tractations.

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« Végane », « Leclerc », « Mercosur »: des mots tabous chez les éleveurs

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« Végane », « Leclerc », « Mercosur »: certains mots ne sont pas à prononcer devant un éleveur de bétail français.

Réunis de mercredi à vendredi au Sommet de l’élevage à Cournon-d’Auvergne, près de Clermont-Ferrand, des éleveurs venus de toute la France se disent fiers de leur métier, mais « fatigués » d’affronter les « écolos-bios », les guerres des prix de la grande distribution et les accords commerciaux internationaux qui permettent des importations de viande à bas prix « bourrée de produits interdits en France ».

Pour le Corrézien Frédéric Jenty, jeudi était un grand jour: Lagaffe, son taureau de deux ans et demi de race limousine, solidement charpenté, passait en concours.

Le pelage blond est humecté et brossé, la croupe peignée. Pour les sabots, c’est douche au jet obligatoire. Et en route pour le ring du Zénith d’Auvergne.

« Ce salon est un gros investissement pour mon exploitation, il y a le coût du transport, les nuits d’hôtels, un budget de 2.000 euros au total », explique l’éleveur.

– ‘L’incident’ –

« Ce travail est dur physiquement, on est sur le pont toute l’année, tous les jours », dit-il, fier néanmoins du résultat. « J’ai vendu des taureaux reproducteurs au Danemark, en Grande-Bretagne, en Irlande et en Italie », précise-t-il, « les acheteurs se déplacent chez nous pour choisir avec soin chaque taureau reproducteur ».

Sa voix se brise lorsqu’il évoque « l’incident ». « Vers 11H00 ce (jeudi) matin, une quinzaine de militants végans sont entrés sur les stands en nous provoquant et en criant +à bas les agriculteurs+ ou +honte à ce métier de paysan+, je ne sais même plus ce qu’ils disaient, je suis fatigué et j’en ai gros sur la patate. »

 

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« Nous avons dû les évacuer hors du salon tout seuls, il n’y avait aucune sécurité. Or, ce n’est pas vrai qu’ils sont non violents, ils sont dans la provocation. Et nous, c’est le deuxième jour du salon, nous avons les concours, on est en plein stress, alors forcément on le prend mal. S’ils ne veulent pas manger de viande, c’est leur choix, mais pourquoi nous attaquent-ils comme ça? »

Sur le stand Interbev, l’interprofession de la viande, où a eu lieu l’opération commando de l’association animaliste 269Life jeudi matin, l’émotion est aussi palpable.

« Nos collègues éleveurs sont blessés dans leur chair de se retrouver mis au banc des assassins, tout cela laisse des cicatrices très profondes », dit Philippe Chazette, éleveur dans la Creuse et président de coopérative.

« Nous, on ne fait pas de +feedlots+, de centres d’engraissement géants comme au Brésil ou aux États-Unis, on prend soin de nos bêtes », ajoute-t-il.

Les végans sont loin d’être les seuls soucis des éleveurs. Dès qu’elle entend « Michel-Édouard Leclerc », le sang de Christiane Lambert, présidente du syndicat FNSEA, ne fait qu’un tour.

La croisade du patron de la distribution pour les prix toujours plus bas lui paraît « scandaleuse ». Et ses troupes l’accusent volontiers d’être responsable de suicides d’éleveurs laitiers.

– ‘Les Rolls de la viande’ –

« Comment faire? Nous souffrons de prix bas depuis quatre ans », rappelle Cédric Mandin, éleveur de Charolaises en Vendée et secrétaire général de la FNB, la fédération des éleveurs bovins.

Dans ce contexte, l’arrivée potentielle en Europe de dizaines de milliers de tonnes de viande à bas coût en provenance du Canada ou du Brésil, via les accords commerciaux CETA, tout juste entrés en vigueur, ou ceux avec le Mercosur, en cours de négociation, rajoute à la déprime.

 

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« Le Canada utilise 46 substances interdites en Europe pour son agriculture, des pesticides aux activateurs de croissance en passant par les farines animales », déplore Patrick Bénézit, éleveur dans le Cantal. « le Brésil, c’est encore pire. »

« À nous, la société demande d’être de plus en plus vertueux sur le plan environnemental, et elle se précipite ensuite pour acheter la viande importée. Du coup, on ne vend pas la nôtre. »

Pourtant les éleveurs français de races allaitantes produisent « les Rolls de la viande », assure Cédric Mandin.

« La solution, c’est que tout le monde exige de manger local, y compris à la cantine », conclut Frédéric Jenty. Son taureau Lagaffe a fini deuxième de sa section au concours. Il se vendra bien. Ouf!

 

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III

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Pour terminer..réflexions..

Le 25 mars 2017, l'Union européenne célèbre le 60e anniversaire de son texte fondateur : le traité de Rome. A cette occasion, les dirigeants européens se retrouvent dans la capitale italienne pour proposer leur vision commune du projet européen, aujourd'hui menacé par de nombreuses crises.

Dans ce dossier spécial, Toute l'Europe revient sur l'héritage du traité, les événements institutionnels et de la société civile prévus autour des 60 ans, et les pistes pour une relance européenne.

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Alain Lamassoure : en Europe, "les prophètes de malheur sont aussi anciens que le traité de Rome"

Quel regard porter sur les 60 premières années de la construction européenne, célébrées le 25 mars prochain à l'occasion de l'anniversaire du traité de Rome ? Comment envisager les prochaines décennies alors que l'Union européenne tremble sur ses bases et semble fragilisée comme jamais ?

Pour répondre à ces questions, Toute l'Europe est allé à la rencontre d'Alain Lamassoure, député européen depuis 1989 et ancien ministre des Affaires européennes. "Pas du tout inquiet", l'Europe, qu'il décrit comme une "réussite prodigieuse", sera selon lui "sauvée par la gravité des problèmes" qu'elle a à affronter.

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Alain Lamassoure, au Parlement européen, en 2013

 

Toute l'Europe : Vous avez été cinq fois élu député européen, membre de la Convention chargée de l’élaboration du projet constitutionnel européen, ministre des Affaires européennes : pouvez-vous nous raconter comment est né votre engagement européen ?

Alain Lamassoure : Dès le début de ma carrière de fonctionnaire – j’ai travaillé à la Cour des comptes puis au ministère des Finances au début des années 1970 – j’ai été chargé des affaires agricoles et européennes. Nous étions au début du Marché commun et la Politique agricole commune, avec la politique commerciale, était la seule relevant de la compétence européenne. Je suis donc tombé dans la marmite assez tôt.

Ensuite, j’ai été élu en 1986 à l’Assemblée nationale, et le premier texte que nous avons eu à voter c’était la ratification de l’Acte unique, le grand traité de Jacques Delors. La chenille du Marché commun devenait papillon avec les quatre libertés de circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux. J’ai voté ce traité avec enthousiasme, mais j’ai été très surpris de voir que le gouvernement que je soutenais, celui de Jacques Chirac, nous proposait des textes de loi nationaux intervenant dans des domaines dont on avait transféré la compétence à l’Union. Je me suis rendu compte que dans les parlements nationaux on défaisait la nuit ce qui se faisait le jour à Bruxelles. A partir de là, étant convaincu du bienfondé de ce transfert de compétences, et comme mon parti a perdu les élections de 1988 et que je me voyais mal comme député de base de l’opposition à l’Assemblée nationale, ce qui n’avait absolument aucun intérêt pour moi, j’ai saisi l’occasion des élections européennes de 1989 pour m’engager au niveau européen.

Cette interview s'inscrit dans le cadre de notre couverture du 60e anniversaire du traité de RomeDécouvrez notre dossier spécial

Par la suite, après avoir eu des responsabilités gouvernementales, y compris en matières européennes, je suis revenu au Parlement européen en 1999. J’y ai vérifié, et c’est encore plus vrai aujourd’hui, que toutes les décisions importantes pour l’avenir de notre pays ne se prennent plus à Paris, mais à Bruxelles. C’est toujours le président de la République élu par les Français qui les prend pour le pays, mais il le fait avec ses partenaires. Cela suppose, si on veut que les intérêts, la vision et les valeurs de la France soient défendues et prévalent, que le président et le gouvernement ne soient pas seuls. Il faut aussi qu'élus et hauts fonctionnaires s’engagent. C’est dans cet esprit que j’ai fait le choix européen.

Au regard de votre expérience, quel constat faites-vous des 60 premières années de la construction européenne?

A l’échelle historique, c’est une réussite prodigieuse.

Il ne faut absolument pas se laisser impressionner par l’état de dépression nerveuse collective que vit l’ensemble des démocraties, y compris hors d'Europe. Les prophètes de malheur sont aussi anciens que le traité de Rome. A cet égard, j’ai retrouvé il y a quelques temps un discours de 1970 prononcé par Raymond Barre, qui était à l’époque vice-président de la Commission européenne, dans lequel il disait : ‘tous les jours, quelqu’un annonce la fin de la Communauté européenne, alors qu’elle nous survivra à tous’. Nous sommes dans la même situation aujourd’hui.

En quoi cette réussite historique est prodigieuse ? Premièrement, et nous l’avons complètement oublié, la construction européenne, initiée par la CECA et le traité de Rome, a été à l’origine d’un véritable miracle. Sans précédent dans l’histoire et sans équivalent dans le monde. Ce n’est pas la paix, mais de la réconciliation profonde entre les peuples en Europe de l’Ouest. Les haines entre la France et l’Allemagne étaient telles qu’elles ont conduit aux massacres les plus abominables du XXe siècle. Or aujourd’hui quand on demande aux Français de quel peuple ils se sentent le plus proche, les deux tiers répondent naturellement les Allemands. Et symétriquement. La méfiance a fait place à la confiance. La confiance a fait place à l’amitié. Et nos peuples se sont durablement réconciliés.

Deuxième réussite historique, là encore sans précédent ni équivalent : la méthode Monnet. Cet engrenage vertueux qui part d'un objectif assez modeste – le Marché commun – qui revient à supprimer les droits de douane entre nos produits agricoles et industriels, mais qui conduit à approfondir l’intégration. En passant du commercial à l’économique, de l’économique au monétaire et du monétaire au politique. Car si vous voulez donner à vos entreprises industrielles un marché de taille continentale comparable au marché américain, vous comprenez assez rapidement que supprimer les droits de douane ne suffit pas. Car chaque Etat se débrouille pour introduire des normes techniques sanitaires ou environnementales qui aboutissent à ce que, comme par hasard, seules ses productions sont autorisées à la vente sur son territoire. Il faut donc passer à la phase suivante qui est l’Espace unique et l'harmonisation des normes. Puis on se rend compte qu’une concurrence déloyale se poursuit entre les Etats qui ont des monnaies différentes et qui procèdent à des dévaluations pour retrouver de la compétitivité artificielle face aux autres. On aboutit donc à la monnaie unique, nécessitant la coordination des politiques budgétaires. Seule l'Union européenne est parvenue à achever son marché commun, contrairement au Mercosur ou l'Asean par exemple. Ce n'est pas un mince exploit.

Au fond, ce dont souffre le plus l'Europe, c'est que sa construction politique nécessite environ 100 ans pour être parachevée. C'est une échelle de temps qui n'a rien à voir avec celle de la politique, qui est de quelques années pour les élus, ou des médias, qui est de quelques heures. Pour les artisans de la construction européenne, plaider pour le long terme est une difficulté majeure.

Vous dites qu'il faut 100 ans pour parfaire l'Union européenne. On en est à 60. Mais avons-nous 40 autres années devant nous ? L'idée européenne n'est-elle pas attaquée comme jamais ?

L'Europe est attaquée comme toujours. Elle n'est pas plus en danger qu'avant. Et elle sera sauvée par la gravité des problèmes que nous avons à affronter.

Personne ne peut dire que face aux pressions migratoires, au terrorisme islamiste, à l'agressivité militaire russe, aux incohérences de M. Trump, à la formidable opportunité que représente l'économie digitale, la France toute seule, l'Allemagne toute seule, la Slovénie toute seule ou l'Angleterre toute seule se défendra mieux que si nous sommes unis. Même les électeurs du Front national ne croient pas que l'on puisse éviter d'avoir une politique d'asile et d'immigration commune en Europe. Bien sûr, il faut des politiques nationales, mais ça ne peut être que dans le cadre européen. S'il y a un million de Syriens qui arrivent sur les côtes grecques, ce n'est pas un problème grec, c'est évidemment un problème européen. Si le président des Etats-Unis considère que l'Alliance atlantique est obsolète et que la Russie a le droit de se développer dans un environnement proche, ce n'est pas un problème polonais ou lituanien, c'est évidemment un problème européen.

Je remarque d'ailleurs que la Communauté européenne de défense, que les Français avaient essayé de mettre sur la table dans les années 1950, avant le traité de Rome, et qui avait capoté car nous n'étions pas encore réconciliés avec l'Allemagne, est aujourd'hui devenu un projet commun à tous les pays membres de l'UE. C'était encore impensable il y a 2 ou 3 ans. De même, s'agissant de l'euro, même Mme Le Pen a été obligée de mettre de l'eau dans son vin antieuropéen et ne parle plus de le détruire, mais plutôt d'en faire un autre usage.

Je ne suis pas du tout inquiet.

Si Marine Le Pen est élue, elle ne supprimerait peut-être pas l'euro, mais elle serait fortement susceptible d'organiser un référendum sur l'appartenance de la France à l'UE. Les Français ne feraient-ils alors pas le choix du Frexit ?

Bien sûr que non. Si par malheur elle gagnait, il faudrait déjà voir de quelle manière elle pourrait gouverner et avec qui. Et à supposer qu'elle ait la folie de convoquer, trois mois après son arrivée au pouvoir, un référendum sur la sortie de l'euro ou de l'Union européenne, le retour de balancier serait d'une violence inouïe et elle serait obligée de démissionner tout de suite. Laissons tomber cela.

Jean-Claude Juncker a récemment fait part de sa lassitude et de son intention d'arrêter le combat européen à la fin de son mandat de président de la Commission en 2019. En 2014, il parlait de la Commission de la dernière chance. Vous contestez cette idée ?

Mais oui ! Dans tous les discours de campagne électorale, vous remarquerez qu'on est à un tournant de l'histoire et c'est toujours le gouvernement ou la Commission de la dernière chance. Je regrette que Jean-Claude Juncker ait exprimé publiquement sa lassitude. D'autant qu'au cours de sa première moitié de mandat, il a très bien rempli sa fonction, en faisant le bon diagnostic, et en lançant tout de suite son plan d'investissement qui commence à produire ses effets.

Le reproche que je lui fais, c'est qu'il n'a pas pris en compte le fait qu'il est le premier président de la Commission européenne à être élu par les citoyens. Même si les citoyens ne savent pas qu'ils l'ont élu, à cause de notre système médiatique, notamment en France. Je rappelle à cet égard que France Télévisions, en 2014, a officiellement refusé de diffuser à une heure de grande écoute un débat entre les grands candidats à la fonction de président de la Commission européenne, en expliquant que l'Europe n'intéressait pas les citoyens.

Jean-Claude Juncker a été élu et son rôle devrait être aussi de venir dans nos journaux télévisés pour parler au nom de l'Europe, pour remettre en place un certain nombre de vérités et un certain nombre de pays face à leurs responsabilités. Dire que tel pays est réticent pour accueillir des réfugiés et montrer sa solidarité à ses partenaires, alors que chaque année il reçoit 1, 2, ou 3% de son PIB grâce à la solidarité des partenaires en question. Je regrette que Jean-Claude Juncker ne se soit pas approprié cette dimension de sa responsabilité qui fait que lorsqu'on n'est pas content de décisions ou non-décisions prises à Bruxelles, on continue de dire que c'est la faute de l'Union européenne. Et qui fait que lorsque l'on prend une bonne décision à Bruxelles, ce qui est le cas le plus souvent, chaque dirigeant national dit 'c'est grâce à moi, j'ai convaincu mes partenaires'. Il n'y a pas un M. Europe pour remettre les choses en place.

François Fillon conduit votre camp pour la campagne présidentielle. Son programme européen est largement intergouvernemental et prévoit un rapatriement de compétences vers les Etats membres. Qu'en pensez-vous ?

Je pense que ce programme mérite d'être mis à jour. Grâce aux entretiens qu'il a eus, entre autres avec Angela Merkel, je pense que cette mise à jour a commencé. Je suis tout à fait disposé, il le sait, à y contribuer. 
Je crois également qu'il faut qu'on laisse tomber les schémas et le vocabulaire avec lesquels on a décrit la problématique européenne depuis de longues années. Le débat fédéralisme contre souverainisme n'a pas de sens. Moi-même j'ai mis du temps à m'en rendre compte. C'était au moment de la Convention européenne pour l'élaboration du projet constitutionnel. Pendant 18 mois, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, nous avons reçu des représentants des institutions européennes et des parlements nationaux, de tous les partis politiques. Nous avons alors réalisé qu'on met en place un système politique nouveau. Ce n'est pas un système fédéral à l'allemande ou à l'américaine. Ce n'est pas non plus une organisation internationale banale et confédérale. Notre système est communautaire.

C'est en ces termes que nous devons poser la question. Si certains sont attachés à l'apparence de la souveraineté nationale, je leur laisse. Je bâtis l'Europe sans avoir besoin du concept de souveraineté. Je ne sais pas ce que veut dire la souveraineté au XXIe siècle, sauf la possibilité que garde chaque pays – nous l'avons introduit dans le traité de Lisbonne et le Royaume-Uni l'utilise aujourd'hui – de changer de famille, d'alliances, d'interdépendances. 
Je pense donc que les dirigeants politiques français doivent faire cette mise à jour intellectuelle. Et je ne doute pas que notre candidat saura le faire avant l'élection et à plus forte raison après sa victoire.

Projetons-nous en 2027, au 70e anniversaire du traité de Rome. Si ça ne tenait qu'à vous, à quoi ressemblerait l'Europe ?

Je crois que dans 10 ans, nous aurons une Europe à trois cercles. Je compare d'ailleurs cela à nos vies personnelles.

Le cercle extérieur d'abord, qui est celui du voisinage. On peut avoir des relations amicales. Chacun est chez soi, mais on se salue, on participe au financement des services publics communs, on essaie de régler ensemble les problèmes communs. Ce cercle correspond aux pays limitrophes de ce qu'est aujourd'hui l'Union européenne. Il s'agit de l'Ukraine, de la Russie, du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord, de la Turquie, et bientôt du Royaume-Uni.

Ensuite, il y a le cercle des colocataires. On partage le même domicile, avec certaines parties communes. Cela suppose d'avoir des modes de vie comparables. Ça c'est l'Union européenne, c'est le traité de Lisbonne actuel.

Puis, il y a la famille. C'est le cercle majeur de solidarité. Ce que nous devons faire maintenant, et qui ne se terminera pas avant 10 ans – c'est très long comme toujours en Europe – c'est organiser la famille à l'intérieur de la "colocation Union européenne". Par le biais des coopérations renforcées. Mettons-nous d'accord à 10, 15 ou 20 – tous ceux qui le souhaitent et pas selon des critères d'appartenance à la zone euro ou à Schengen –  pour mettre en place une Europe de la sécurité, une Europe de l'énergie, une Europe de l'économie digitale…

Avec un budget accru ?

Naturellement, si on met en place ce type de politiques, il faudra un budget accru. Il faudra à cet égard que nous veillions à appliquer le principe de subsidiarité dans cette transformation budgétaire et à apporter la démonstration qu'à chaque fois qu'on apporte une compétence juridique à l'Union, on lui transfère aussi les moyens financiers, personnels et fiscaux pour financer ces dépenses.

Le corps de garde-côtes et de garde-frontières par exemple, il y a deux manières de le concevoir. Ou bien on dit que c'est une police supplémentaire qui vient s'ajouter aux polices nationales, en ajoutant malheureusement une couche de bureaucratie, de dépenses et d'impôts, rendant l'Europe légitimement impopulaire. Ou bien on dit qu'on remplace à terme les polices compétentes nationales et dans ce cas 1€ de plus dépensé à Bruxelles permet d'économiser 1€ ou 1,50€ dans les capitales nationales. C'est le b.a.-ba et je regrette que cette problématique, jusqu'à présent, n'ait été évoquée publiquement par personne, y compris les candidats à l'élection présidentielle française. Cela fait partie des trous noirs du débat politique européen.

Propos recueillis par Jules Lastennet

Avec le..CETA et surtout l'accord Europe - Mercosur..L'Europe sera..perdue...