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La vraie question de l’humanité et de sa survie..

 

La pollution

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Le problème de l’eau

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L’humanité est devenue une « machine à produire »

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Signe des temps, On fonce dans le mur et les écolos ne sont pas faits pour s’entendre. Les seconds sont dans une « morale de l’action » qui les rend sourds au chant délicat de notre pessimisme. « Prétendre qu’on ne peut plus rien y faire est criminel » nous fut-il répondu. Un autre se demande « comment des crétins de [n]otre genre ont le droit d’exister »… Et l’on observe que (quasiment) personne ne dénonce les dégâts du système sans lui adjoindre un codicille sur l’action. Dernier témoin en date : il concerne « les impacts dramatiques de la culture du soja en Amérique latine » et exigerait une « interpellation de l’industrie française de la viande ». D’accord, interpellons nos industriels, nos consommateurs, nos députés, notre gouvernement, livrons-nous à un intense « lobbying », pétitionnons, légiférons, créons un label « viande durable », ou « soja respectueux de l’environnement » etc. La belle affaire ! Le « système » s’adaptera : les producteurs trouveront d’autres clients, ou s’achèteront une « respectabilité » de façade grâce à toutes sortes de « mesures » d’ordre réglementaire. Et ailleurs, en Chine par exemple, l’on continuera de construire la plus grande ferme du monde.

Mais dire que l’action est « inutile », au sens où rien n’empêchera l’effondrement annoncé, ne constitue pas un appel à « ne rien faire ». Depuis longtemps nous cherchons à justifier de « ne rien faire », mais en vain. Non seulement il faudrait développer tout un système philosophique, ce qui n’est ni dans nos cordes ni dans nos intentions, mais le but aurait quelque chose d’absurde car tout un chacun est dans l’action du seul fait de vivre. Démontrer qu’il vaudrait mieux « ne rien faire » est aussi impossible que démontrer la trisection de l’angle ou la quadrature du cercle. A notre niveau, l’action relève de la morale individuelle, c’est donc à chacun d’agir selon sa conscience, sa position sociale et ses moyens.

Mais peut-on passer de la morale individuelle à une morale collective ? Peut-on élaborer des modèles d’action applicables à l’humanité, et qui seraient « bons » pour elle, pour la biosphère, pour leur avenir commun à long terme, et susceptibles d’éviter l’effondrement ? A cette question très précise la réponse est un non catégorique.

Il est toujours possible de faire certaines choses localement, comme le montre les écologistes qui ont obtenu l’abandon de l’aéroport de NDDL, et qui sont sur le point de faire capoter Europa City. L’association Bloom a aussi obtenu l’interdiction par le parlement européen du chalutage profond et de la pêche électrique, et il y a sans doute quantité d’autres exemples. Mais comment ne pas voir que les contre-exemples sont beaucoup plus nombreux et bien plus lourds en termes de conséquences ? Le succès de Bloom, (dont nous avons signé les pétitions), n’est pas encore une victoire mondiale, et n’empêche pas le plastique de ronger les océans, le CO2 de les acidifier, et les Japonnais de les vider de leurs baleines.

Les actions écologiques font partie du « grand jeu » qui se joue à l’échelle mondiale, elles le corrigent à la marge sans changer ses règles. Elles ont été possibles parce que « le système » est capable de tenir compte des contestations qu’il suscite quand sa légitimité est en jeu. Même la pire des dictatures est censée faire le bonheur de ses citoyens : elle peut éliminer autant qu’elle veut ses opposants et dissidents, elle ne peut pas indéfiniment aller contre l’opinion de « ses » citoyens, ceux qu’elle estime « dignes de vivre » hors de ses geôles, et il en reste toujours un certain nombre. Ainsi, en permettant que de telles actions aboutissent, le système ne fait que maintenir sa légitimité : agir « contre » le système c’est encore agir « pour » le système. Le seul moyen de s’y opposer vraiment c’est de le fuir, comme l’a fait Grothendieck qui a tout plaqué pour vivre en ermite dans la garrigue. Quant aux actions violentes auxquelles certains sont tentés, elles n’ont d’autres effets que d’obliger le système à mettre en place des parades, ce qu’il parvient toujours à faire même si ça lui prend du temps. Et il en ressort renforcé.

Sur le papier, il est cependant toujours possible d’« élaborer des modèles d’action applicables à l’humanité », par exemple ce scénario au nom ridicule,« #MessageSupplyN », censé « sauver le climat » car « l’électronucléaire seul ne [le] sauvera pas ». Ou encore la « séquestration du carbone » préconisée par le GIEC mais qui est loin de faire l’unanimité, ou encore ces COP dont les « engagements » n’impressionnent que les optimistes les plus acharnés. Sur le papier tout est toujours possible. En 2012, Paul Jorion avait une solution en or pour régler le problème des taux d’intérêts qui s’envolaient dans la zone euro : mutualiser les dettes des États pour n’avoir plus que des dettes européennes, (des « eurobonds »), donc dignes de confiance. Oui mais, l’Allemagne, elle, avait ses raisons de ne pas vouloir de çaDirection poubelle, « la solution » !

C’est à l’aune de la réalité qu’il faut juger le « faisable » : ce qui marche en théorie ne fonctionne pas toujours en pratique. A la seule échelle des nations, l’histoire montre que l’imposition d’une « morale collective » a toujours eu des effets désastreux, les Khmers Rouges en sont un parfait et sinistre exemple. Et c’est normal, car le problème ne relève pas de la morale. Si des peuples ont pu, sous d’autres cieux et en des temps reculés, vivre en bonne entente et en équilibre avec leur environnement, ce n’était pas grâce à leur morale mais grâce à leur représentation du monde et faute de pouvoir faire autrement. (Cf. les aborigènes d’Australie.) Dans un régime dictatorial, même le pire des tortionnaires sera convaincu de se comporter de façon morale quand il pratique la torture1, parce qu’on lui aura donné des raisons de le faire. Et ces écolos antispécistes qui en appellent parfois à la destruction de « la civilisation », avec les humains qui en font partie, sont eux aussi convaincus d’être « moraux », mais au nom des autres espèces qu’il s’agirait de « sauver ». (Il faut bien que le crime profite à quelqu’un.) De manière générale, tout le monde est « moral », c’est-à-dire que tout le monde respecte ce qu’il croit devoir respecter, et méprise ce qu’il croit pouvoir mépriser, de sorte que tout dépend de nos représentations. (D’où peut-être cette idée curieuse de Schopenhauer2 : « Le Monde comme volonté et comme représentation ».)

Le vrai problème est ailleurs. Il tient à la production collective de l’humanité qui est devenue une « machine à produire ». L’on peut estimer que l’industrialisation a provoqué un basculement. Avant, le mode artisanal conduisait à une évolution lente et relativement respectueuse de l’environnement. (Mais déjà le fusil permettait d’éliminer massivement les prédateurs d’animaux domestiques.) Après, la surabondance d’énergie a fait exploser tous les compteurs : l’humanité s’est mise à produire toujours plus de biens en tous genres, matériels et immatériels. La rationalisation de sa production lui a permis de nourrir toujours plus de gens voués à l’améliorer encore : soit directement, (techniciens, ingénieurs, designers et scientifiques), soit indirectement : administrateurs, professeurs, médecins, artistes,… Et tout cela fit augmenter la population humaine de façon vertigineuse.

L’on ne peut pas nier ce « basculement industriel » qui est cause de tout. Si autrefois les humains pouvaient croire qu’ils contrôlaient leur condition en l’améliorant, (avec des moulins à eau par exemple), désormais leur condition dépend du système de production planétaire qu’ils ont créé. (Ce qui est vrai même pour celles et ceux qui vivent au fin fond de la jungle.) Or, ce système, dont personne ne peut contrôler l’évolution, est dynamique, instable, expansif et, surtout, soumis à des turbulences de tous ordres et dignes de l’enfer. L’actualité montre tous les jours que les humains se déchirent à cause des « menaces » qu’ils perçoivent chez leurs voisins, (Cf. la« guerre préventive » des Américains contre l’Irak, ainsi que l’éternel conflit israélo-palestinien), ou pour faire passer un gazoduc quelque part, (en Syrie), ou au contraire pour empêcher qu’un autre soit créé, (par la Russie), etc. Et dans le civil, la compétition économique qui fait rage nous montre une humanité plus pressée d’investir dans l’IA que dans la protection des hirondelles.

Morale de l’histoire : le monde se fiche royalement des écolos. C’est bien sûr déplorable mais ce sont les faits qui le disent. Et si les écolos ont raison, s’il faut faire ce qu’ils disent pour qu’on ne fonce plus dans le mur, alors le collapsus final n’en est que plus certain, car le monde des affaires s’assoit sur leurs recommandations comme un directeur de banque dans son fauteuil.

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" La véritable menace pour notre république est le gouvernement invisible, qui comme une pieuvre géante, étends ses tentacules gluants autour de nos villes, états et nations. "

John F. Kennedy

 

 

Conclusion

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Photo ci-dessus de Pierre Rabhi, militant écologiste, agriculteur et philosophe.

Avec ou sans guerre..L’Humanité disparaîtra !...

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Le monde se fiche royalement des écolos !...

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L’enjeu écologique est une transformation profonde de notre société.