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E.D.FLes cardinaux et la Reine rouge..

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Suite du volet ..Les énergies renouvelables..Quid des énergies renouvelables ?..

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E.D.F. détient une dette record de..57 milliards d’Euros !

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Ce n’est guère mieux pour AREVA qui avait été « renfloué » à hauteur de 5 milliards d’Euros pour..survivre.

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A présent..  « ORANO », digne successeur d’AREVA dans la reprise est au plus mal…

 

Pour mémoire..

C’était en..2016..

 

E.D.F., les cardinaux et la Reine Rouge

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Dans le deuxième volet d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carol, De l’autre côté du miroir, la jeune Alice rencontre une reine toute vêtue de rouge, lancée dans une course effrénée.

Alice court alors un moment avec elle, puis, étonnée, lui demande : « Mais, Reine Rouge, c’est étrange, nous courons vite et le paysage autour de nous ne change pas ? »Et la Reine lui répond : « Alice, nous courons pour rester à la même place. »

  Nous sommes tous des Alice et nous regardons stupéfaits EDF, telle la Reine Rouge, courir pour rester à la même place.

  Courir en bourse avec une tonitruante introduction à 32 Euros, par action, promesse de gains faciles pour un placement de père de famille. Après une envolée jusqu’à 85 Euros ( !), l’inexorable dégringolade sous les 10 Euros(..) fut sanctionnée par le déshonneur boursier suprême, l’expulsion du «CAC40».

Paniqués, les petits porteurs demandent aujourd’hui que l’Etat rachète leurs actions…au prix de l’introduction en Bourse ! Un vieux truc capitaliste : privatisation des profits mais nationalisation des pertes.

  Courir à Flamanville, où la construction de l’EPR se révèle être un chemin de croix dont les douloureuses stations s’appellent béton défectueux, délais explosés et budget initial plus que triplé. La dernière station se situe au fond d’une cuve fragilisée par un surplus de carbone, un comble pour une énergie qui se vante, de surcroît, urbi et orbi, d’être décarbonée.

  Courir aussi en Angleterre, où les yeux s’ouvrent peu à peu sur le projet démesuré de deux EPR à Hinckley Point.

  Courir, enfin, après la « Jouvence » de 58 vieux réacteurs pour les maintenir coût que coûte, un « coûte que coûte » évalué à 100 milliards d’Euros !

  Pourquoi un tel entêtement, si irrationnel dans une France que l’on dit pourtant cartésienne ? Dans la dernière version du Manifeste négaWatt (Babel-Actes Sud), nous avions formulé l’explication suivante : « Le nucléaire, malgré ses déboires techniques, ses difficultés financières et les profondes incertitudes sur son avenir, reste une forme moderne de religion d’Etat. Ses cardinaux sont à la tête des grandes administrations et des grandes entreprises qu’il contrôle, ses évêques sont nommés aux postes-clés des organisations représentatives des partenaires sociaux et ses missionnaires se trouvent dans les troupes de certains syndicats enfermés dans le dogme d’un nucléaire représentant l’alpha et l’oméga en matière d’énergie. Tous ces affidés de l’atome font bloc pour refuser d’admettre des évidences qui les dérangent car « toutes les grandes vérités sont d’abord des blasphèmes », observait si justement Bernard Shaw *… »

  Bien sûr, les grands cardinaux proches du pape-président font encore bloc, à grand coup de recapitalisations massives payées in fine par nous, nos KWh et nos impôts.

  Mais ces dernières semaines, les croyances ’effondrent en avalanche.

Certains, évêques et missionnaires, commencent de l’intérieur de l’église à douter des dogmes. La démission du directeur financier d’EDF(1) l’homme qui connaissait le mieux la vérité des chiffres, en est un épisode spectaculaire. C’est toujours ainsi, lorsque les fidèles osent enfin ouvrir les yeux et transgresser l’omerta, que finissent par s’effondrer les empires que l’on pensait immortels.

  Devant nous le paysage énergétique mue à toute vitesse. Les gras dinosaures de l’énergie, alourdis par leur orgueil, aveuglés par leur toute puissance, ont déjà amorçé leur extinction. Seuls leur survivront les lémuriens agiles, sobres et efficaces, aptes à capter le vent et se chauffer au soleil.

Thierry Salmon.

 

*Bernard ShawNobel de littérature en 1925.

 

(Ce texte n’est pas de moi, bien-sûr, vous vous en seriez douté..)

Ce texte a été « puisé » et récupéré, dans l’excellente revue « La Maison écologique N°93 » à la page 82 – avant dernière page, et dans le fameux « Billet d’humeur »…

 

E.D.F. (1).    Concernant cette démission du directeur financier d’EDF :

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La charge de l’ex-directeur financier d’EDF contre l’EPR britannique

Auditionné à l’Assemblée nationale mercredi 4 mai, Thomas Piquemal, qui a quitté l’électricien le 1er mars 2016, estime que l’EPR risquait de mettre EDF dans « une situation proche de celle d’Areva ».

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« J’ai démissionné en désespoir de cause. En désespoir tout court. Moi, je n’avais pas envie de quitter EDF, une entreprise que j’ai tant aimé défendre. »

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Thomas Piquemal, l’ancien directeur financier de la compagnie d’électricité, est sorti mercredi 4 mai du silence qu’il s’était imposé depuis son départ, le 1er mars. La voix grave, le visage tendu, l’ex-grand argentier du groupe a livré à l’Assemblée nationale un témoignage édifiant, faisant monter d’un cran la pression déjà forte pour qu’EDF reporte d’au moins quelques années son grand projet nucléaire au Royaume-Uni.

Car l’ex-directeur financier a été clair : sa démission est directement liée aux deux réacteurs nucléaires EPR envisagés à Hinkley Point, en Grande-Bretagne. Un investissement évalué à 24 milliards d’euros, et jugé beaucoup trop risqué. Si M. Piquemal a claqué la porte, après avoir passé six ans au sein du groupe, c’est pour ne pas « cautionner une décision susceptible, en cas de problème, d’amener EDF dans une situation proche de celle d’Areva », celle d’une grande entreprise publique menacée d’un dépôt de bilan, a-t-il déclaré.

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De quoi apporter de l’eau au moulin de tous ceux qui, à l’extérieur et surtout au sein d’EDF, s’opposent au lancement immédiat de cet énorme projet. Devant l’opposition unanime des syndicats et les réserves de plusieurs administrateurs indépendants, le PDG, Jean-Bernard Lévy, a accepté le 22 avril de reporter une nouvelle fois la décision sur le sujet, et de consulter au préalable le comité central d’entreprise (CCE). Celui-ci tiendra une première séance consacrée à ce dossier lundi 9 mai. Il y a toutes les chances qu’il demande une expertise extérieure. Les élus du personnel auraient alors jusqu’au début juillet pour rendre leur avis. En pratique, le choix d’EDF d’investir ou non en Grande-Bretagne sera donc décalé d’au moins quelques mois.

« Mortifère pour EDF et la filière »

Aux yeux du PDG d’EDF comme du ministre de l’économie, Emmanuel Macron, ce report ne remet pas en cause le lancement rapide d’un chantier présenté comme décisif pour l’ensemble de la filière nucléaire. Le gouvernement est « attaché » à la réalisation d’Hinkley Point, un projet « essentiel » sans lequel il y aura « des centaines de licenciements » chez Areva, a souligné le ministre le 2 mai lors d’une visite dans l’usine du groupe nucléaire au Creusot (Saône-et-Loire).

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« Le lancement immédiat de ce projet serait mortifère pour EDF et la filière »,affirment au contraire les syndicats d’EDF. Selon eux, la décision doit être reportée d’au moins trois ans. C’est aussi ce qu’avait proposé M. Piquemal à son PDG dès le début 2015, sans être entendu. « Qu’est-ce que trois ans pour un projet de quatre-vingt-dix ans ? », argumente aujourd’hui l’ex-directeur financier. Bien sûr, EDF aurait dû renégocier avec son client britannique et avec ses fournisseurs. « Mais comment penser qu’en signant à la va-vite le contrat ne sera jamais renégocié », et que les Britanniques accepteront de surpayer leur électricité pendant des années ?

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En 2013, lorsque EDF a conclu un accord avec les autorités britanniques pour construire deux réacteurs de nouvelle génération dans le Somerset, les syndicats comme M. Piquemal avaient pourtant applaudi. Mais, depuis, la donne a changé du tout au tout, a expliqué mercredi l’ex-directeur financier. Le gouvernement britannique a renoncé à accorder sa garantie financière au projet, considéré comme une tête de série compte tenu du retard pris par les autres EPR en construction en Finlande et à Flamanville (Manche). Areva  a sombré dans la crise, et n’est plus en mesure de financer ses 10 % prévus. La situation du groupe EDF lui-même s’est détériorée, en raison des déboires de Flamanville et surtout de l’effondrement des prix de l’électricité en Europe. Cette chute, jugée durable, « change tout le modèle économique d’EDF », selon M. Piquemal.

Trouver des partenaires

Dans ces conditions, enclencher un investissement aussi massif est devenu très audacieux. D’autant qu’EDF, avec la construction des EPR en Finlande et en France, a déjà beaucoup engagé sur ces réacteurs« On arrive à fin 2015 à un montant considérable : 14 milliards d’euros ont déjà été investis dans cette technologie, soit 58 % des fonds propres » du groupe, a souligné M. Piquemal«Rajouter un projet d’EPR me paraissait impossible », a déclaré l’ex-dirigeant, nommé par l’ex-PDG Henri Proglio« Qui parierait 60 % ou 70 % de son patrimoine sur une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne ? »Au-delà des contraintes financières, c’est la stratégie du tout-nucléaire, voire du tout-EPR, qui se trouve mise en cause par les défenseurs mêmes de l’atome, qu’il s’agisse d’un « nucléocrate » comme M. Piquemal ou des syndicats d’EDF, très attachés à une production qui a fait la force et la gloire de l’entreprise.

M. Lévy ayant refusé de reporter le projet britannique, M. Piquemal a cherché en 2015 plusieurs solutions pour rendre l’affaire jouable, a-t-il relaté. La première consistait à trouver des partenaires prêts à partager l’investissement. Mais après avoir fait le tour du monde, il est apparu qu’à part les Chinois, partenaires de longue date du groupe, « personne n’acceptait de prendre le risque EPR ».

Le point de rupture

M. Piquemal a alors suggéré de faire participer la filière nucléaire française elle-même à Hinkley Point, par exemple au travers d’une société d’investissement qui aurait détenu 10 % à la place d’Areva. Cette piste n’a pas été retenue, pas plus qu’un autre projet de financement envisagé par l’ex-directeur financier.

Restait une dernière solution : « Un renforcement significatif des fonds propres. »C’est-à-dire une importante augmentation de capital, du type de celle de 4 milliards d’euros dont le principe vient d’être décidé par l’Etat. Mais, à l’époque, le PDG d’EDF voulait aller vite. Il entendait lancer Hinkley Point dès janvier ou février, sans garantie sur la recapitalisation évoquée. Pour M. Piquemal, ce sujet a constitué le point de rupture« Qu’est-ce que j’aurais dû faire ? Me taire ? Y aller ? J’aurais commis une faute professionnelle. » En son âme et conscience, il a préféré un geste exceptionnel en pareil cas : la démission.

Hinkley Point

La construction deux réacteurs nucléaires EPR envisagés à Hinkley Point, en Grande-Bretagne, est un projet  la rentabilité assurée, affirme EDF. Selon l’accord passé avec Londres, la production sera vendue à un prix garanti de 92,50 livres sterling (soit 116 euros) par mégawattheure durant les trente-cinq premières années de fonctionnement. EDF en attend une rentabilité d’au moins 9 % par an… sous réserve que ce prix ne soit pas remis en cause, et que l’investissement ne dérape pas. Deux conditions assez aléatoires. Il y a « un risque de construction majeur », a reconnu l’ex-directeur financier Thomas Piquemal mercredi 4 mai à l’Assemblée nationale.

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Le directeur financier d’EDF démissionne sur fond de désaccord autour du projet d’Hinkley Point

Le désaccord porte « sur la faisabilité à court terme » de ce projet gigantesque de 24,5 milliards d’euros.

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Thomas Piquemal à l'Assemblée nationale à Paris le 4 mai. BENOIT TESSIER / REUTERS

Le directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, a présenté sa démission au PDG du groupe en raison d’un désaccord sur la faisabilité du projet controversé de construction de deux réacteurs à Hinkley Point, en Angleterre, a annoncé lundi 7 mars l’énergéticien, confirmant une information de l’agence Bloomberg« Le directeur financier a présenté sa démission la semaine dernière à Jean-Bernard Lévy [PDG d’EDF] en raison d’un désaccord sur Hinkley Point », a-t-on évoqué, dimanche soir, dans l’entourage de l’entreprise. Le groupe a annoncé la nomination pour le remplacer « à titre provisoire » de Xavier Girre, jusqu’ici directeur financier pour la France de l’électricien.

Cela faisait des semaines que le directeur financier d’EDF tirait la sonnette d’alarme sur les risques du projet de construction de deux réacteurs EPR sur le site britannique. Le désaccord porte moins sur le principe même de la participation d’EDF à la relance du nucléaire au Royaume-Uni que « sur la faisabilité à court terme » de ce projet colossal au moment où l’effondrement des prix de l’électricité sur le marché européen fragilise le groupe.

Il a dû annoncer, mardi 16 février, un résultat 2015 en net repli (à 1,2 milliard d’euros) en raison d’importantes provisions et de dépréciations d’actifs. Et après le retrait d’Areva (concepteur de l’EPR) l’an dernier, le groupe devra consolider dans ses comptes un projet à 24 milliards d’euros — dont 16 milliards à la charge d’EDF et 8 milliards financés par China General Nuclear (CGN).

Les syndicats craignent que le coût de la construction des deux réacteurs EPR ne menace l’existence d’EDF et demandent le report du projet, après la signature, en octobre 2015, d’un accord commercial avec l’entreprise publique chinoise CGN, qui doit supporter un tiers du financement.

Après la démission de Thomas Piquemal, Jean-Bernard Lévy a expliqué à l’agence de presse Reuters que le groupe envisage toujours d’investir dans ces deux réacteurs nucléaires à Hinkley Point « dans les meilleures conditions financières pour le groupe ».

Un projet « qui sera très rentable sur les trente années à venir » pour lequel l’Etat français a renouvellé, lundi, son soutien, à la direction du groupe, a déclaré le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, ajoutant confirmer sa « pleine confiance » à Jean-Bernard Lévy.

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EDF: «J’ai démissionné par désespoir», explique l’ex-directeur financier

CONFIDENCES Pour la première fois, Thomas Piquemal, ancien directeur financier du groupe EDF, est revenu sur les raisons de sa démission...

Céline Boffblié le 04/05/16 à 17h09 — Mis à jour le 04/05/16 à 17h09

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Le directeur financier d'EDF Thomas Piquemal le 16 février 2016 — JACQUES DEMARTHON AFP

 

Pourquoi a-t-il claqué la porte d’EDF ? Depuis le 1er marsjour de sa démission, Thomas Piquemal a toujours refusé de l’expliquer. Il a décliné toutes les demandes d’interviews. Et repoussé toutes les possibilités d’entretiens publics. Par « devoir de réserve », justifie-t-il.

Jusqu’à ce mercredi. Pour la première fois, le désormais ex-directeur financier du leader Français de l’électricité a accepté de raconter comment il en est arrivé à démissionner – ce qu’il a fait à contrecœur ou plutôt, pour reprendre ses mots, « en désespoir de cause, par désespoir tout court d’ailleurs, parce que moi, je n’avais pas du tout envie de partir d’EDF ».

Thomas Piquemal ne s’est pas confié aux médias, mais aux députés, en tout cas à ceux siégeant à la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale lors d’une audition ouverte à la presse. EDF étant détenue à près de 85 % par l’Etat et les parlementaires ayant demandé à le recevoir, il lui a semblé juste de leur « rendre des comptes ».

>> A lire aussi : Projet d'EPR au Royaume-Uni: Pourquoi le gouvernement pousse-t-il autant EDF?

Ceux qui ont suivi l’affaire Piquemal le savaient déjà : l’homme est parti à cause d’Hinkley Point, ce projet de construction de deux réacteurs EPR en Angleterre dont le chantier est évalué à 18 milliards de livres (23 milliards d’euros). Mais dans quelles conditions précises s’est déroulé ce départ ? Faut-il en conclure qu’Hinkley Point devrait être abandonné ? Et surtout, d’autres raisons l’ont-elles incité à quitter le navire EDF ?

Thomas Piquemal a choisi de s’expliquer en reprenant la chronologie des événements. Fin 2013, le projet d’Hinkley Point le réjouit. Mais « tout change » en 2014 : le gouvernement britannique ne souhaite plus garantir financièrement le chantier et l’un des partenaires d’EDF dans ce projet, le Français Areva, commence à battre de l’aile.

En 2015, rien ne s’arrange. Au contraire : un nouveau retard est annoncé sur le chantier de l’EPR de Flamanville et EDF est contrainte de reprendre la division réacteurs d’Areva,désormais à l’agonie. Framboise sur le pudding : les prix de l’électricité s’effondrent.

« Mon rôle n’est pas de dire oui ou non, mais de trouver des solutions »

Le contexte est donc mauvais mais, comme le dit Piquemal : « Mon rôle en tant que directeur financier n’est pas de dire oui ou non à un projet jugé stratégique par l’entreprise, mais de trouver les solutions permettant de mener ce projet à son terme. »

Il cherche donc ces solutions. D’abord en parcourant le monde, afin de trouver de nouveaux investisseurs pour épauler EDFil n’essuie que des refus. Puis en proposant un renforcement des fonds propres de l’entreprise et donc, un engagement financier accru de l’Etat – cela est refusé. Il plaide enfin pour un délai, « un report de trois ans », le temps de mieux consolider le projet dans les comptes. Impossible, lui rétorque Jean-Bernard Lévy, le PDG du groupe. « Il souhaitait avancer le plus vite possible », explique Piquemal.

En février 2016, le directeur financier n’a plus de solutions à proposer. Mais il dresse ce constat : « Fin 2015, EDF avait déjà investi 58 % de son patrimoine dans la technologie EPR. Avec Hinkley Point, cette part allait monter à 70 % ». Et il lâche alors cette phrase terrible : « Mais qui investirait 70 % de son patrimoine sur une technologie dont nous ne savons toujours pas si elle fonctionne ? ».

« J’aurais manqué de loyauté vis-à-vis de mon PDG »

Il étudie alors les options possibles. Alerter les administrateurs et l’Etat ? Il s’y refuse – « J’aurais manqué de loyauté vis-à-vis de mon PDG ». Suivre les ordres en se contentant de croiser les doigts pour que tout se passe bien ? Il le rejette - « Si les choses avaient mal tourné, cela aurait été une faute professionnelle. Et je ne pouvais pas cautionner une décision qui risquait un jour d’amener EDF dans la situation d’Areva ».

Il ne lui reste donc plus que la démission. Il la soumet le 1er mars. Elle est « immédiatement acceptée par Jean-Bernard Lévy », dit-il. Là s’arrête son récit : Piquemal refuse de répondre aux questions concernant l’actualité d’EDF. « Je ne suis plus son directeur financier, je n’ai donc pas de légitimité à vous la commenter », conclut-il.

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En fait, il a quitté le « navire » EDF à temps..

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EDF CONFIRME LA DÉMISSION DE SON DIRECTEUR FINANCIER, REMPLACÉ PAR XAVIER GIRRE

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France - Lundi 7/03/2016 - Newsletter energiesdelamer.eu. Thomas Piquemal, directeur financier d’EDF depuis 2010, nommé par l’ex-PDG Henri Proglio, a démissionné dimanche 6 mars. Xavier Girre a été nommé à titre provisoire.

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Cette information a été confirmée ce matin par EDF. Thomas Piquemal était en désaccord avec le calendrier fixé pour la décision finale d’investissement dans le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point en Angleterre. La confirmation de cette dépense de 18 milliards de livres (23,2 milliards d'euros) serait imminente à en croire la direction d’EDF et avait fait l'objet d'une communication de la part de l'Elysée lors du sommet du 3 mars dernier.

"Le groupe EDF annonce la démission de Thomas Piquemal et nomme, avec effet immédiat, Xavier Girre au poste de directeur exécutif Groupe en charge de la direction financière, à titre provisoire", a également indiqué EDF dans un communiqué.

Le titre a dévissé en bourse.

Xavier Girre (EDF) peine à faire sourire la Bourse

L’énergéticien corrige à la baisse ses prévisions 2016

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Le poste de directeur financier d’EDF n’est toujours pas une sinécure. Certes, depuis que Xavier Girre a remplacé au pied levé Thomas Piquemal à ce job exposé, il y a six mois, l’action EDF a un peu progressé (+3 %). Mais le quotidien de l’énergéticien reste pavé d’obstacles.

EDF vient de revoir à la baisse pour la deuxième fois en deux mois ses objectifs de production nucléaire pour 2016 en raison de l’arrêt prolongé des réacteurs de Tricastin notamment. Moyennant quoi l’ebitda est maintenant attendu entre 16,3 et 16,6 milliards d’euros, dans le bas de la fourchette précédemment prévue (16,3 à 16,8 milliards).

Xavier Girre, directeur financier intérimaire d’un EDF en crise

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Un « Proglio boy » en remplace un autre chez EDF… Le groupe public a confirmé lundi matin la démission de son directeur financier Thomas Piquemal, dernier rescapé de l’époque Henri Proglio chez l’électricien. L’ancien associé-gérant de Lazard a claqué la porte du groupe sur fond de dissension avec les choix stratégiques de son président-directeur général, Jean-Bernard Lévy. Après l’annonce, le titre EDF perdait plus de 7,50% lundi matin à la Bourse de Paris.

Les deux hommes se sont notamment opposés sur le projet de Hinkley Point. Pour Piquemal, le projet de construction à partir de 2019 de deux E.P.R. est inconscient..

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On ne va pas s’arrêter, on va continuer à construire des centrales nucléaires en France..

Le président directeur général d’EDF, Monsieur Jean-Bernard Lévy s’entête et s’enferme dans..sa logique qui consiste, comme le cycliste, à continuer de pédaler pour ne pas perdre l’équilibre et..tomber…

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Les EPR..La Bérézina pour EDF

 

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EDF: Pourquoi le gouvernement tient-il autant aux EPR anglais?

 

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Quel avenir la France doit-elle donner à son industrie nucléaire?

 

Bref, les EPR, une spirale sans fin, et surtout..un gouffre financier… !!!

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Pour changer et terminer..

 

Le congrès des régions à Marseille le mercredi 26 et jeudi 27 septembre 2018..

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Congrès des Régions..

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Je ne nie pas nos désaccords, l’ampleur des efforts que l’Etat vous demande (Edouard Philippe)..

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Le discours du Premier Ministre

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Discours d'Édouard PHILIPPE - Congrès des Régions de France à Marseille

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Maire,
Monsieur le président du Sénat,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les présidents de conseils régionaux,
Monsieur le président, cher Hervé,
Monsieur le président, cher Renaud,
Mesdames et Messieurs les présidents,
Je suis très heureux d’être à Marseille ce matin, cher Jean-Claude, cher Renaud. Quand je suis arrivé dans ce magnifique palais, la presse m’a hélé en me demandant quel était mon état d’esprit et j’ai répondu à la volée, excellent.
Excellent parce que je suis heureux d’être à Marseille, accueilli par des amis, dans cette ville absolument magnifique qui se transforme à un rythme visible et qui fait aussi la fierté de notre pays. Heureux parce que cela me donne l’occasion d’aborder un sujet qui me passionne depuis très longtemps - depuis aussi longtemps que mon engagement politique - et de répondre à un certain nombre de questions qui se posent, de remarques formulées et d’appels lancés.
Je suis tellement heureux d’être ici ce matin avec vous que je serais bien arrivé hier soir. J’ai cru comprendre que c’était compliqué de pouvoir échanger en direct hier soir alors que l’objectif était de dialoguer sur ces questions essentielles qui nous rassemblent tous. Je vais donc essayer d’en dire quelques mots ce matin. Vous m’avez, cher Hervé, parlé avec franchise et amitié. Je vais donc m’inscrire exactement dans cette ligne.
J’ai lu hier soir et j’ai relu ce matin avec attention l’appel pour les libertés locales que les trois grandes associations d’élus locaux ont publié et lancé hier. Et je dois dire qu’il ne manque ni de style ni d’allure. Si je peux me permettre un avis, il m’arrive de trouver qu’il manque peut-être un peu de nuances, mais peut-être que je ne suis pas complètement dans la cible, ou peut-être que je suis justement la cible. Il mérite en tout cas qu’on en discute.
Qui peut être contre un appel pour les libertés locales? Evidemment pas moi, en aucune façon. Vous l'avez dit, cher Hervé, avant d'avoir la chance et l'honneur de devenir maire du Havre, j'ai été conseiller régional et nous avons siégé exactement sur les mêmes bancs.
J'ai ensuite siégé au Conseil départemental de Seine-Maritime et j’ai été 10 ans adjoint au maire de la ville du Havre. Mon engagement politique est avant tout un engagement local. Je sais que la liberté locale est la contrepartie de la capacité que nous avons à transformer nos territoires, à les comprendre, à les sentir et à les incarner.
Vous lancez un appel au dialogue, là aussi, vous ne me verrez jamais sur une autre ligne que celle du dialogue. J’y reviendrai à l'occasion de ce discours pour illustrer ce que je crois vrai dans la façon dont nous travaillons ensemble et dans la façon dont nous pourrions travailler à nouveau ensemble.
Dans cet appel, je suis d'accord avec beaucoup de choses en vérité. On peut faire un appel aux consciences au niveau national et mettre en place un certain nombre de mécanismes mais la réalité de la transformation sera bien entendu locale. Elle sera incarnée et réalisée localement.
Si j'ai présenté la semaine dernière ou même la semaine précédente, le plan vélo à Angers, c'était justement pour montrer comment une ville, une agglomération, pouvait s'engager et concrètement déjà transformer les choses. Je ne dis pas qu’Angers est le seul territoire qui se soit vigoureusement engagé sur la voie d'une politique favorisant l'usage du vélo, mais il est vrai qu'à Angers c'est particulièrement le cas.
Comme vous, je ne crois pas que l'avenir de la France et de ses territoires puissent se résumer au succès des métropoles, chère Madame la présidente, mais je ne crois pas que la France puisse réussir sans le succès des métropoles. Je pense que de ce point de vue-ci, nous sommes d'accord. Je n'ai jamais vu un président de région, un président de département ou un élu local considérer que contraindre le succès des métropoles pouvait en quoi que ce soit constituer un point positif pour notre pays. Mieux relier le développement métropolitain avec les territoires qui l’entourent est indispensable.
C'est d'ailleurs, Monsieur le président, Mesdames et Messieurs, ce que j'ai dit la semaine dernière au congrès de France urbaine qui réunit les grandes collectivités municipales, les intercommunalités et les métropoles et ils conviennent parfaitement de ce point de vue.
Bien sûr que la décentralisation rapproche les centres de décision des investissements. Vous avez rappelé Monsieur le président, la puissance et l'importance des investissements des collectivités territoriales. C’est le jeu même de la décentralisation de faire en sorte que ces décisions puissent être prises au plus près, avec des élus qui assument leur décision et qui peuvent répondre des décisions qu'ils prennent. Bien sûr que les élus français œuvrent tous les jours pour lutter contre les décrochages et pour développer leur territoire.
J’en partage tous les points et je dirais que chaque partie de mon histoire s'inscrit dans cette ligne. J'aime beaucoup la citation de Gaston DEFFERRE que vous tirez, si je ne me trompe du discours du 27 juillet 1981 prononcé à l'Assemblée nationale lors du débat sur le projet de loi sur la décentralisation. Il se trouve que j'ai d'ailleurs relu ce discours qui est tout à fait fascinant.
Je ne nie pas, Monsieur le président, nos désaccords. Je ne nie pas non plus l'importance des efforts que l'État vous demande. Je ne nie pas non plus l'ampleur des transformations que nous engageons. Nous avons été mandatés pour les engager alors nous les engageons. Mon objectif est de faire en sorte que le cap qui a été fixé par le président de la République devant les Français soit tenu.
Je pense d'une certaine façon comme vous que le sujet des relations entre l'État et les collectivités est suffisamment sérieux et important pour qu'il mérite une autre forme de débat. Débat qui n'exclura jamais les désaccords, les coups de colère ou les coups d'éclat mais qui, je pense, peut porter sur autre chose qu’un débat que je crois au fond infondé, sur la volonté de recentralisation ou d'ultra centralisation ou sur l'idée même que nous voudrions revenir sur un équilibre qui a été défini dans la Constitution en 2003, indiquant que notre pays, notre République est décentralisée.
Quelles sont les demandes formulées dans cet appel ?
La première demande est la participation équitable de l'État aux côtés des collectivités locales au redressement des comptes publics. Vous écrivez que d'ici 2022, les collectivités locales vont contribuer au désendettement de la France à hauteur de 50 milliards, alors que l'État va accroître l'endettement du pays de 330 milliards. Je vais commencer par vous donner raison. Ce sont bien les ordres de grandeur dont il s'agit, je ne les conteste pas mais, je voudrais approfondir le sujet que vous venez de soulever en formulant deux ou trois remarques.
Première remarque, pourquoi est-ce que le déficit de l’État se creuse ? Parce que toutes les réductions d'impôts ou de charges qui sont décidées et qui sont nécessaires, sont à la charge de l'État : la baisse de l'impôt sur les sociétés, la réforme de l'ISF, la mise en œuvre du prélèvement forfaitaire unique, la transformation du CICE en allégements de charges, la suppression de la taxe d'habitation, qui passe par un dégrèvement est donc intégralement compensée par l'État. Toutes ces baisses d'impôts sont assumées par l’État.
Deuxième élément : pour pouvoir mettre en œuvre ces baisses d'impôts, pour pourvoir les supporter, il faut avoir une action forte sur la dépense. C'est la baisse et la modération de la dépense publique qui permet de crédibiliser et de rendre possible à la fois les baisses d'impôts et la maîtrise de la dette. Or sur cet aspect-là, Monsieur le président, en 2018 comme en 2019, l'effort de l'État, sur sa dépense sera supérieur à celui demandé aux collectivités territoriales. Je le dis clairement et ce sera démontré dans l'exécution du budget 2018. Dans les chiffres du PLF 2019, l'effort de maîtrise des dépenses de l'État stricto sensu sera supérieur à l'effort demandé aux collectivités territoriales. Cet effort supérieur sera réalisé dans un contexte où les concours de l'État aux collectivités locales seront stables. Je le dis là encore avec beaucoup de clarté parce que pendant longtemps ça n'a pas été le cas. Monsieur le président, vous avez indiqué la modération de la dépense des collectivités territoriales, vous savez comme moi que pendant longtemps la modération de la dépense a été assurée ou plus exactement imposée par une baisse de dotation massive qui concernait toutes les collectivités territoriales. Ce n'est pas ce que nous faisons, ce n'est plus que nous faisons. Nous avons indiqué la stabilité des dotations et même une toute légère augmentation.
Nous demandons que la hausse des dépenses de fonctionnement des collectivités ne dépasse pas 1,2 % par an. 230 collectivités sur les 322 collectivités concernées ont décidé de s'engager en ce sens, dans l'immense majorité des villes, des métropoles et des intercommunalités, 45 % des départements et plus de la moitié des régions. La norme que nous appliquons à la totalité des dépenses de l'État en 2018 et 2019, c’est 0,7 %.
Monsieur le président, les dépenses de l'État en volume vont baisser, ce qui n'était pas arrivé depuis très longtemps. Les contrats relatifs à la dépense par les collectivités territoriales avaient été demandés par les associations de collectivités territoriales. Nous les avons proposés, nous les avons mis en œuvre. La vérité Monsieur le président, c'est que pour beaucoup d’entre nous, il était plus facile pendant longtemps de supporter la baisse des dotations du point de vue politique. C'était très désagréable du point de vue budgétaire et financier mais lorsqu'on était maire, président de Conseil départemental ou président Conseil régional c'était assez facile de dire que nous devions comprimer notre dépense parce que l'État baissait violemment et de façon constante ses dotations. C'est techniquement difficile à assumer mais c'est politiquement extrêmement facile à assumer.
Ce que nous proposons, c'est d'assumer le fait que nous maîtrisons l'augmentation de la dépense en s'engageant, ce qui est beaucoup plus difficile politiquement à assumer. Comme je m'y attendais, Monsieur le président, une immense majorité des élus s'y est engagée parce qu’évidemment les élus sont responsables. Ils sont capables de dire qu’il est vrai que c'est mieux qu'une baisse des dotations et que cela garantit une stabilité des dotations. D’autant plus que cela se fait à un moment où l'État s'applique une norme de progression de dépenses plus strictes. Ce qui n'a pas toujours été le cas.
Vous aurez d'ailleurs noté, Mesdames et Messieurs, qu’à la différence de ce qui avait prévalu pendant longtemps, le volume global de la dotation globale de fonctionnement est aujourd'hui stabilisé. J'observe que Philippe LAURENT, un des grands spécialistes des finances publiques au sein de l'AMF et maire de Sceaux, a confirmé devant le comité des finances locales que les engagements financiers pris par le Gouvernement étaient tenus.
La Cour des comptes hier, vous l'avez cité Monsieur le président, a noté sa préférence pour la méthode qui prévalait antérieurement, à savoir la baisse unilatérale des dotations aux collectivités plutôt que pour la méthode que nous avons retenue. Je suis évidemment volontiers tenté de suivre et de m'inspirer de la sagesse de la Cour des comptes. Et d’une certaine manière, ce serait pour moi une solution de facilité. Et qui, paradoxalement, me vaudrait sans doute moins de critiques que la méthode que nous avons choisie. Mais je pense que cet instrument de la contractualisation est plus prometteur. Il va s'améliorer. Il est neuf. Je n’ai pas la prétention de réussir du premier coup la mise en place d'un système aussi radicalement différent de ce qui prévalait avant et aussi complexe à mettre en œuvre avec l'ensemble des 322 collectivités cibles. Discuter un contrat comme ça, ce n'est pas évident. Interpréter l'exécution d'un contrat comme ça, ce n'est pas évident mais à l'évidence on va s'améliorer.
Je veux bien prendre un pari. Le pari qu'à l'avenir quels que soient les Gouvernements, on ne reviendra pas sur cette logique de contractualisation financière. C'est un pari, on aura l'occasion un jour de constater s’il était fondé ou infondé.
Vous demandez, Monsieur le président, une concertation sincère entre l'État et les collectivités. Un mot sur la Conférence nationale des territoires que tout le monde, et moi le premier, appelait de ses vœux et dont vous fustigez l'échec en le taxant, je cite, « de lieu de concertation formelle où l'État et les collectivités constatent leurs désaccords ».
Cette Conférence nationale des territoires - dont je reconnais volontiers qu’elle peut évidemment être améliorée - permet à toutes les communes, les intercommunalités, les départements, les régions, les petites communes, les communes moyennes, les communes rurales d'échanger. Cela n'implique pas qu'elles se mettent d'accord parce que c'est difficile, mais nous échangeons et nous dialoguons sur l'ensemble des sujets qui sont inscrits à l'ordre du jour. Vous savez parfaitement que cet ordre du jour n'est pas simplement le fait du Gouvernement. Il est systématiquement concerté avec les associations d'élus. Dire qu’il n’y a pas de dialogue parce que nous ne sommes pas d'accord renforce le risque de blocage.
Nous dialoguons. Il arrive parfois que nous ne soyons pas d’accord mais l’inverse est vrai aussi. Vous avez eu l'honnêteté de le dire d'ailleurs et je vous en remercie, en mentionnant Elisabeth BORNE. Il est vrai que nous discutons et que sur certains sujets nous avançons parce que nous nous sommes d'accord.
Donc améliorer la Conférence nationale des territoires, sans doute, pour faire en sorte de lui enlever son caractère qui me semble peu opérant, de grand-messe, et en faire une instance de dialogue avec l’ensemble des collectivités territoriales. Pas simplement un dialogue de strate à strate, de régions à État ou de départements à État ou de communes à État, ou de grandes communes à État, mais bien un lieu où l’ensemble des collectivités territoriales soient bien présentes et représentées dans un dialogue avec le Gouvernement et avec un certain nombre de parlementaires qui, eux aussi, participent, Monsieur le président du Sénat, à cet exercice.
J’en profite pour vous remercier d’avoir à la fois accueilli la première Conférence nationale des territoires, et participé lorsqu’il vous était possible à ces travaux.
Nous avons réuni sept fois cette Conférence nationale des territoires. On y a discuté de l’équipement numérique du territoire, de la préparation de la révision constitutionnelle, de la question de la différenciation, des compétences eau et assainissement, de la mobilité, de la Fonction publique territoriale.
Monsieur le président, le sujet de la Fonction publique territoriale a été inscrit à l’ordre du jour de l’instance de dialogue de la Conférence nationale des territoires. Nous avons même fait, Monsieur le président, des propositions en la matière, dont on pensait qu’elles pouvaient être utiles et qui ont été écartées suite aux retours des collectivités territoriales.
Au menu de la prochaine Conférence nationale des territoires, il y aura la création de l’Agence nationale de cohésion des territoires. Il va y avoir à nouveau cette question de la fiscalité locale parce qu’avec la suppression de la taxe d’habitation et avec l’affectation aux régions d’une partie de la TVA, se pose forcément la question de repenser la fiscalité locale.
Parce qu’il s’agit d’un sujet redoutablement complexe et politiquement difficile, il est préférable de pouvoir en parler au sein de la Conférence nationale des territoires, plutôt que d’attendre le débat au Parlement - lieu légitime de définition de ce qu’est la fiscalité - mais qui n’aurait pas été suffisamment préparé par des échanges avec les collectivités territoriales.
Un mot pour dire que nous avançons au sein de cette Conférence nationale des territoires avec les collectivités territoriales notamment avec les quatre associations d'élus systématiquement présentes que sont France Urbaine, l’ADCF, l'Association des petites villes de France et l’Association Villes de France. Elles nous ont fait parvenir en juillet un projet de feuille de route partagée pour la cohésion territoriale afin de réfléchir sur la façon dont on améliore le fonctionnement de cette institution et sur la construction collective de l’avenir. Je répondrai à cet appel. Je le prends en compte, tout comme celui de Marseille, parce qu’il dit des choses intéressantes sur la nécessaire coopération entre l'État et les collectivités territoriales.
Nous pouvons améliorer le fonctionnement de la CNT, mais je tiens à cet instrument. Nous pouvons faire en sorte qu’elle soit plus fluide, moins formelle, sans aucun doute. Et vous savez, Monsieur le président, que j'ai évoqué la possibilité d'une rencontre avec les présidents de région pour écouter les propositions que vous formuleriez sur ce sujet et sur bien d'autres.
Sur la répartition des compétences, je l'ai dit, vous l'avez dit, en France, dans notre République, dans notre Constitution, la décentralisation est un fait aussi incontestable qu’irréversible. Je ne crois pas que nous gagnons quoi que ce soit à laisser penser que nous voudrions revenir sur le fait que la France est désormais une République décentralisée.
Personne, Mesdames et Messieurs, ne veut revenir sur le caractère décentralisé de la République. Certainement pas le Gouvernement, certainement pas la majorité parlementaire et certainement pas les élus locaux. En revanche, puisque nous citons la Constitution, il est vrai que l'article 34 de la Constitution prévoit que la loi votée par le Parlement répartisse les compétences entre l'État et les collectivités locales ou entre les collectivités locales.
Cette répartition, qui est un acte politique, doit permettre de faire en sorte que les choses fonctionnent mieux. Elle doit permettre de corriger ce qui peut l'être et ce qui doit l'être. Elle doit permettre d'accentuer, sur certains sujets, cette décentralisation. Nous avons engagé des transformations - je pense à la lutte contre la pauvreté, à l'apprentissage - qui nous amènent à aborder les choses de manière différente.
Puisque vous avez évoqué l'apprentissage en disant qu’il n’y aurait pas eu de concertation, il y en a eu. Je peux d’autant plus en témoigner que vous y étiez et moi aussi. Nous savons que vous avez toujours formulé des arguments qui, pour certains, ont été entendus, et pour d'autres, n'ont pas été repris. C'est vrai, mais de grâce, pour la qualité du débat public, ne disons pas qu'il n'y a pas eu de concertation. De même, vous évoquez Muriel PÉNICAUD, la ministre du Travail, qui, selon vous, aurait dit que le nombre d'apprentis aurait été considérablement multiplié. Ce n’est pas exactement ce qu'a dit Muriel PÉNICAUD.
Elle a indiqué que le nombre de demandes d'apprentissage a été considérablement multiplié, plus de 40 %. Nous avons assisté cette année à une augmentation considérable de la demande d'entrer en apprentissage. C'est une excellente nouvelle, parce que cette espèce de réticence culturelle à l'apprentissage était vécue comme un problème. Nous sommes en train de dépasser cette réticence culturelle et il faut donc maintenant être à la hauteur de la tâche. C'est la raison pour laquelle nous avons proposé au Parlement ces transformations.
S'agissant de la lutte contre la pauvreté, là aussi, des présidents de conseils départementaux - je pense par exemple, cher Dominique, au président KLEIN qui a été chargé d'une mission par le Gouvernement avec la députée de Marseille sur le RSA - ont produit des rapports dont nous tenons compte. C’est plutôt une bonne chose. Ils l'ont fait avec une expérience de terrain, une expérience d'élu local, une expérience d'élu compétent qui gère spécifiquement tel ou tel dossier. Notre objectif, c'est d'améliorer les choses et de créer un service public de l'insertion. L'État ne pourra pas faire les choses seul, il le sait parfaitement. Il sait que pour construire ce service public de l'insertion, il faudra qu'il s'appuie, qu'il travaille, qu’il réfléchisse et qu’il mette en œuvre les choses avec les collectivités territoriales, avec les départements, avec les métropoles et avec les régions, bien entendu, qui ont un rôle majeur en la matière.
A l'inverse, quand le législateur décide de remettre une politique publique entre les mains d'un échelon décentralisé, il faut que l'État respecte ce choix. Assumer ce choix, c'est donner aux collectivités concernées la possibilité d'innover, d'expérimenter, d'adapter. D'ailleurs, dans le droit actuel, nous sommes condamnés au choix binaire de l'abandon de l'expérimentation ou de sa généralisation. C'est le droit tel qu'il existe, tel qu'il a existé depuis bien avant que nous n'arrivions aux affaires.
Je pense qu'il faut corriger cela. Je pense qu’il faut accepter l'opportunité de la différenciation ; c'est ce que vous demandez, c'est ce que demandent beaucoup d'élus locaux, c'est ce à quoi je crois. J’y crois tellement qu’avec le président de la République, nous avons décidé de l'inscrire dans la révision constitutionnelle pour faire en sorte de faciliter le droit à la différenciation afin qu’il soit plus simple pour une collectivité locale de différencier sa façon d'appliquer, de concevoir, de penser ou de mettre en œuvre une politique publique.
La révision constitutionnelle n'a pas, Mesdames et Messieurs, avancé à ce stade, au rythme où j'aurais aimé qu'elle avance mais je vous confirme que nous sommes extrêmement attachés à l'idée d'inscrire dans la Constitution ce principe de différenciation. Il est indispensable pour les collectivités locales et pour le pays.
Assumer ce choix, c'est aller plus loin. C'est aussi accepter que l'État ne s'occupe plus du tout d'un certain nombre de missions, et que pour certaines missions, le périmètre de son action s’allège pour tenir compte de l'intervention des collectivités territoriales.
Le 24 juillet dernier, par une circulaire adressée aux préfets, j’ai engagé une réorganisation territoriale de l'État avec une idée claire et simple : mettre fin aux doublons là où ils existent. Il y en a encore. Nous allons les supprimer complètement. Cela est naturel, normal et va exactement dans le sens de ce que vous demandez.
Assumer ce choix, enfin, c'est diminuer les normes dont on se plaint si souvent et depuis si longtemps. Traditionnellement, les Gouvernements prenaient environ une centaine de décrets par an ce qui représente à peu près la moyenne sur les dix dernières années.
Alors nous avons indiqué aux administrations que c'était trop, et qu'à chaque fois qu'ils apporteraient une norme, ils devaient en supprimer un certain nombre, moyennant quoi, nous sommes passés d'une centaine en moyenne à 18 tandis que nous avons supprimé, je crois, près de 10.000 circulaires et 41 textes réglementaires. C'est un travail sérieux et minutieux qui permet d'éviter de faire peser sur les collectivités territoriales des normes toujours accrues.
Concernant quelques autres sujets plus spécifiques aux régions, Monsieur le président, Mesdames et Messieurs, j'ai invité les 17 présidents de régions ou de collectivités ultramarines à un dialogue à Matignon le 19 octobre prochain. Le but de cette rencontre, c'est que, au-delà des projets que nous avons en bilatéral, nous puissions nous donner une feuille de route partagée, une méthode et un calendrier. Il faudra que nous parlions de tout, y compris des sujets qui fâchent notamment du FCTVA.
Il faudra qu'on parle de l'orientation, des structures de distribution des fonds européens car nous avons intérêt, régions et État, à arriver à Bruxelles unis sur ce sujet, sinon nous ne prévaudrons pas. Nous avons besoin de travailler sur ces sujets pour savoir comment nous organiser de la meilleure façon possible dans cette discussion qui vient notamment sur le budget européen.
Nous parlerons aussi des sujets qui nous rassemblent et sur lesquels, contrairement à ce que j'entends parfois, le Gouvernement fait parfaitement confiance aux régions. Je voudrais en citer quatre : d'abord, les questions de développement économique. Plusieurs projets nous mobilisent en ce moment autour de la discussion du projet de loi Pacte : la réforme des CCI, la modernisation de l'outil industriel, grâce à une mesure de sur-amortissement puissante durant deux ans, la refondation de la politique de soutien à l'export qui passe par les régions et qui a été portée par le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Les régions doivent être au cœur de cette politique de l'export, des réformes qui visent à faire grandir les PME et les ETI en supprimant ou en gelant un certain nombre de seuils et la revitalisation industrielle de nos territoires. Nous avons lancé une mission qui porte sur une centaine de territoires d'industries et très tôt nous avons demandé aux régions d'y participer. C'est le vice-président de la région Centre Val de Loire, qui représente les régions dans ce groupe de travail, qui porte sur l’innovation et sur le renforcement de la politique industrielle, non pas simplement sectorielle, mais à destination d'un certain nombre de territoires et d’écosystèmes qui sont cruciaux et décisifs pour l'industrie française.
S'agissant de la mobilité ferroviaire, nous avons mené une réforme qui – convenez-en – n'avait pas été conduite jusqu'à présent. Je pense, profondément que les régions vont bénéficier de cette réforme.
Et si cela ne suffit pas, l'ouverture à la concurrence vous permettra demain de choisir le meilleur service au meilleur prix. Les textes d'application les plus urgents seront pris avant la fin de l'année pour préparer l'ouverture à la concurrence. Je sais que Renaud MUSELIER et que Xavier BERTRAND souhaitent être pilotes en la matière. Nous sommes – je vous l’ai déjà dit – à votre disposition pour avancer et pour faire en sorte que vous puissiez profiter à plein des effets de cette réforme.
Nous allons présenter le projet de loi d'orientation des mobilités dans quelques semaines avec pour objectif de renforcer le rôle des régions dans la coordination des politiques de mobilité au service de l'intermodalité. Cela vous permettra de mieux organiser les mobilités de demain, avec une ouverture très large des données des opérateurs de mobilité, qui est la condition pour vous permettre de concevoir efficacement les dispositifs.
Sur la formation et les compétences, le déploiement du plan d'investissement dans les compétences est plutôt en bonne voie, des conventions d'amorçage ont été conclues avec 16 régions, 16 régions, finançant 148.000 formations en 2018. Le plan va prendre en 2019, et grâce aux régions, une nouvelle dimension. Ses moyens vont doubler et passeront de 1,5 milliard d'euros à 3 milliards d'euros.
D'ici la fin de l'année, nous devrons avoir signé les pactes pluriannuels d'investissement 2019-2022, que vous êtes en train d'élaborer avec les services déconcentrés de l'État. Dans la très grande majorité des régions, ces discussions fonctionnent bien et vont nous permettre de pouvoir signer ces programmes pluriannuels d'investissement et de pouvoir avancer dans le domaine. Cet effort financier massif doit nous permettre d'atteindre un objectif de 200.000 entrées supplémentaires en formation par an. C'est un effort qui va s'ajouter à celui des régions qui évidemment devra être maintenu. Il a été convenu – vous le savez – que l'abondement de l'État ne sera pas pris en compte dans l'observation de l'évolution des dépenses régionales de fonctionnement. C'est une question qui avait été soulevée, à juste titre. Nous l'avons prise en compte et nous avons indiqué qu'elle serait retraitée de l'évolution des dépenses régionales dans le cadre de l'exécution des contrats.
Et nous devons, comme vous le demandez, gérer ensemble la transition pour la réforme de l'apprentissage. Muriel PÉNICAUD et Jacqueline GOURAULT nous proposerons ensemble un agenda de travail sur ce sujet.
Enfin dans le domaine de l'orientation, je vous confirme que nous engageons le transfert des 200 postes des directions régionales de l'ONISEP en 2020. Nous sommes prêts à mener des expérimentations dans le cadre du service public régional de l'orientation. Enfin, il me semble que l'autorisation donnée aux régions d'intervenir, y compris dans les collèges dans le cadre du parcours de découverte des métiers, est une bonne chose ; ce sera vrai à partir du 1er janvier 2019. Un cadre national de référence sera établi conjointement entre l'État et les régions afin de préciser le rôle de chacun, mais les régions, parce qu'elles sont en prise directe avec les réalités économiques locales, ont évidemment vocation à participer à l'information des jeunes dans le domaine de l'orientation. La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel prévoit ce nouveau partage de compétences. L'idée est d'améliorer sensiblement une orientation qui, depuis longtemps, Monsieur le président, ne fonctionne pas aussi bien qu'elle devrait fonctionner.
Mesdames et Messieurs, regardons autour de nous, en quelques années, tout a changé, les sciences, les techniques, les moyens de transmission et de communication. Cette phrase n'est pas de moi, c'est Gaston DEFFERRE, dans le même discours de juillet 1981, qui la formule. Comme quoi, dès 1981, ce sentiment d'urgence et de transformation s'exprimait. Je pense que cela doit nous permettre de mettre en perspective un certain nombre de nos échanges.
Le lien indispensable qui doit se tisser entre nous – vous l'avez dit – a été distendu. Je ne crois pas qu'il ait été cassé ou qu'il ait disparu. On ne peut pas réparer le pays sans travailler en confiance, y compris avec des désaccords, avec les collectivités territoriales. Et donc, moi aussi, je lance mon appel de Marseille, Monsieur le président. Il aura peut-être moins d’écho, il n’est pas formulé dans les mêmes conditions, mais j’y crois autant que vous y croyez.
C'est l'appel à une décentralisation qui accepte les désaccords et qui s'inspire au fond de l'état d'esprit dans lequel vous avez placé notre réunion de ce matin, la franchise et l'amitié. L'amitié qui crée un lien, la franchise qui autorise à se dire qu'on n'est pas d'accord. J'ai été rassuré par l'appel de Marseille et par votre intervention de ce matin, cher Hervé, sur ces deux points.
J’espère que ce que je vous dis aujourd'hui vous aura, vous aussi, et vous, Mesdames et Messieurs, rassuré sur ces deux points. Je vous remercie à la fois pour votre accueil et pour votre attention.

DISCOURS D'ÉDOUARD PHILIPPE - CONGRÈS DES RÉGIONS DE FRANCE À MARSEILLE - 27.09.2018

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Voir le lien ci-dessous :

https://www.gouvernement.fr/partage/10542-discours-d-edouard-philippe-congres-des-regions-de-france-a-marseille

(sinon..recopier pour la saisie ultérieure avec le moteur de recherche..)

Congrès des régions. Ce que les « élus de terrain » attendent d’Édouard Philippe

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Edouard Philippe, au congrès des régions, à Marseille, le 27 septembre 2018. | STEPHANE VERNAY / OUEST-FRANCE

Réunis à Marseille pour le congrès annuel de Régions de France, des élus de tout le territoire attendaient de pied ferme le Premier ministre au palais du Pharo. Édouard Philippe s’est invité au rassemblement. Mercredi, les élus en colère ont créé une nouvelle association, « Territoires unis », et lancé un appel pour les liberté locales. La fronde s’organise.

« Si le Premier ministre vient nous parler en direct, en proximité, franchement, dans un esprit de dialogue, on sera dans un circuit court. Si ce n’est pas le cas… Ce sera un court-circuit. » Le jeu de mot, prononcé mercredi 26 septembre par l’un des participants aux tables rondes des « Territoires unis » a reçu une salve d’applaudissements.

À la tribune, Renaud Muselier, député européen et président de la Région Sud, a ouvert les prises de paroles. Hervé Morin, président de Régions de France, Dominique Bussereau, président de l’Association des Départements de France (ADF), François Barouin, président de l’Association des Maires de France (AMF) et Gérard Larcher, président du Sénat, ont enchaîné les prises de parole pour dénoncer le manque d’écoute de l’Etat et du Gouvernement à l’égard des collectivités locales et des « élus de terrain ».

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« C’est la première fois que les trois grandes associations de collectivité (AMF, ADF et Régions de France sont rassemblées » dans un mouvement commun de cette ampleur, répètent les intervenants. L’appel solennel qu’ils lancent à l’intention de l’État et du Gouvernement a été cosigné par plus de 1 200 élus, qui créent une nouvelle association, Territoires Unis.

« La belle unité des élus »

La fronde des élus n’est pas nouvelle, elle remonte au début du quinquennat, et leurs revendications évoluent peu. Ce qui change, avec « l’appel de Marseille », c’est « la belle unité des élus », souligne Loïg Chesnais-Girard, président socialiste de la région Bretagne. « L’an passé, nous avions des débats entre nous, entre différents types de collectivités, régions et départements, communes et métropoles… Aujourd’hui nous avons tous l’ambition d’être une solution pour la France. Nous sommes tous persuadés que la décentralisation est une voie d’avenir. »

L e Président de la République aussi. Du moins en théorie. « Il l’a clairement dit dans son discours au Congrès de Versailles, en 2017, en parlant du pacte Girondin. Reprenez le discours de Quimper. Tout y est, insiste Loïg Chesnais-Girard. Je pense qu’il y croit, mais il y a eu des freins à plein endroit. J’attends d’Édouard Philippe qu’il revienne à ces bases. »

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« Aucune posture polilticienne »

Edouard Philippe est venu jeudi 27 septembre accompagné de plusieurs ministres (Elisabeth Borne, Frédérique Vidal, Jean-Michel Blanquer). Renaud Muselier, président de la Région Sud, et Hervé Morin, président de la Région Normandie et de l’association Régions de France, prennent la parole ne premier, face à eux et aux 1 650 élus inscrits (« Nous n’avons jamais été aussi nombreux », souligne Hervé Morin) pour exprimer leurs attentes. 

« Nous attendons de ce congrès qu’il soit l’occasion de renouer la confiance et le dialogue avec l’Etat et le Gouvernement. Nous ne voulons aucun affrontement avec l’Etat. Jamais. Il est stérile et inutile. Nous voulons simplement etre considéré et respecté,lance Renaud Muselier à Edouard Philippe. Je vous appelle à bâtir avec nous la République de la confiance. » 

« Nous sommes sincèrement très touchés que vous nous ayez fait l’honneur d’être là ce matin, enchaîne Hervé Morin. Nous le prenons comme le geste d’un gouvernement qui voudrait renouer le dialogue et la confiance avec les territoires. »

« On nous dit que nous serions dans une posture politicienne. Jamais vous n’avez eu des présidents d’associations aussi bienveillants à l’égard de ce gouvernement. Jamais nous y avons autant cru », poursuit Hervé Morin, en évoquant lui aussi le pacte Girondin promis par Emmanuel Macron. « Oui, nous avons été déçus. Nous nous sommes dits ça y est la France va rentrer dans la modernité. » 

« L’Etat ne peut pas faire grand-chose sans nous et nous ne pouvons pas faire grand-chose sans l’Etat. Il n’y a aucune posture politicienne des élus devant vous », conclut Hervé Morin. « Ce que nous demandons, c’est de changer de méthode. »

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Marseille : Édouard Philippe est arrivé au Pharo pour le Congrès des Régions

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Édouard Philippe en compagnie de présidents de Région dont Renaud Muselier.PHOTO FRÉDÉRIC SPEICH

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Édouard Philippe ouvre ce matin, au palais du Pharo à Marseille, le Congrès des Régions. 

BIENVENUE AU CONGRÈS RÉGIONS DE FRANCE 2018

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Le Congrès 2018 de Régions de France se tient mercredi 26 et  jeudi 27 septembre à Marseille, à l’invitation de la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le thème de cette 14e édition du grand rendez-vous annuel des élus régionaux, de leurs services et de leurs partenaires: les Régions au cœur de l’Europe. Edouard Philippe prendra la parole à l’ouverture des travaux jeudi à 9h.

Mercredi  en fin d’après-midi, le premier rassemblement des élus pour les libertés locales co-organisé par Régions de France, l’AMF, l’ADF et la Région Sud ouvrira le bal au Palais du Pharo!

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Pour conclure

 

Bref, un tas de discordes, mésententes, sur un tas de sujets et dans un tas de domaines…

 

NEWS

 

Dernière minute..

 

Le « paquebot » France a-t-il encore un commandant à bord ?..

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Du..Jamais vu..sous la..Vème République..

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Démission de deux ministres d’état en un mois..

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Après la démission de Nicolas Hulot, ex..ministre de l’écologie et de la transition énergétique, voici, à présent, celle de Gérard Collomb, ministre de l’intérieur..

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Edouard Philippe..Enragé..

Macron..dans l’embarras, et..dans la tourmente..

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A l'image d'un paquebot qui prend du gite et..tangue..

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Le gouvernement à l’image du « Costa-Concordia »..sur le flanc..

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Le navire du ministère de l’intérieur..sans capitaine à bord..

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Un feuilleton à..deux épisodes..

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Gérard Collomb signe la démission la plus rocambolesque de la Ve République

En mettant le président de la République au pied du mur par voie de presse, le ministre de l'Intérieur a dérouté toute la classe politique.

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BENOIT TESSIER / REUTERS

En mettant le président de la République au pied du mur par voie de presse, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a dérouté toute la classe politique.

POLITIQUE Emmanuel Macron juge "regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner". Même les éléments de langage de l'Elysée en disent long sur le caractère rocambolesque d'une rupture inédite. En mettant le président de la République au pied du mur pour le contraindre d'accepter sa démission, moins de 24 heures après avoir ostensiblement participé à la mise en scène de leur réconciliation, Gérard Collomb a sans conteste signé le départ du gouvernement le plus improbable de ces soixante dernières années.

"Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais, donc je maintiens ma proposition de démission", a déclaré l'ancien maire de Lyon dans une interview partiellement disponible sur le site internet du Figaro. Plus qu'un affront, un camouflet pour le "maître des horloges" de l'Elysée, contraint de subir la résignation d'un membre éminent de son exécutif, la seconde en l'espace d'un mois.

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"Cirque Pinder" contre "grand guignol"

L'abdication improvisée en direct sur France Inter de Nicolas Hulot, qui n'avait même pas prévenu le chef de l'Etat et le premier ministre de sa décision, avait pourtant fixé un nouveau standard en matière de transgression protocolaire. Mais la forme surprenante de ce renoncement avait très vite été imputée à la personnalité de cette figure populaire, issue de la société civile, puis à sa volonté de rompre radicalement avec la politique environnementale "des petits pas" d'Emmanuel Macron.

Rien de comparable avec Gérard Collomb dont le départ n'est pour l'heure justifié ni par un désaccord de fond ni des circonstances extérieures. "De mémoire, je n'ai rien vu d'équivalent sous la Ve République", confesse le politologue Bruno Cautrès qui qualifie la situation "d'absurde". "Un président n'a évidemment pas le pouvoir de retenir un ministre contre son gré. Mais il n'est pas normal à ce niveau de l'Etat d'assister à la double démission d'un ministre dans des entretiens de presse", glisse le chercheur au Cevipof.

Si les relations s'étaient incontestablement abîmées entre le président de la République et Gérard Collomb dans les remous de l'affaire Benalla, rien ne laissait présager que le départ de cet élu chevronné, un temps présenté comme le parrain du chef de l'Etat et véritable pilier du "nouveau monde" macronien, tournerait au vaudeville politique sous le regard ébahi de la majorité et de l'opposition.

"Cirque Pinder", "numéro de grand-guignol", "mauvais vaudeville", "spectacle de déconfiture", "bras d'honneur"... A gauche comme à droite de l'hémicycle, les parlementaires n'ont pas eu à forcer leur talent pour déplorer la séquence ubuesque à laquelle ils ont assisté en direct. "C'est un gros cafouillage. Pendant que le premier ministre assure aux députés que les institutions fonctionnent, le ministre de l'Intérieur nous dit que sa proposition de démissionner est toujours sur la table. C'est du jamais vu", résumait la présidente du groupe PS Valérie Rabault dans les couloirs du Palais Bourbon. "On ne comprend pas tout", avouait une députée LREM, visiblement décontenancée.

Et pour cause. A 15h, le premier ministre Edouard Philippe défendait encore devant les députés le maintien du ministre Collomb à son poste, en l'absence du principal intéressé. Une heure plus tard, patatras. Le chef du gouvernement prenait acte de la démission du même ministre, assurant qu'il "exercerai(t) la totalité des attributions constitutionnelles" qui sont les siennes. En clair: lui trouver un remplaçant.

"Collomb a pris peur" à Lyon

Les démissions de ministres, même de premier plan, n'ont rien d'exceptionnel dans la vie mouvementée de la Ve République. Beaucoup ont été imposées par des pépins judiciaires (y compris sous ce quinquennat) ou des polémiques rendant impossible un maintien au gouvernement. Certaines ont pu être motivées par des désaccords politiques de fond. Par deux fois, Jean-Pierre Chevènement a claqué la porte de l'exécutif pour contester l'engagement de la France dans la guerre du Golfe puis la ligne du gouvernement Jospin sur le dossier corse. D'autres ministres ont pu céder la place pour des raisons de santé ou pour briguer un nouveau mandat.

Problème: Gérard Collomb ne rentre dans aucune de ces catégories. S'il met en avant sa volonté de préparer les municipales, celles-ci n'interviendront qu'en 2020. Autrement dit, aucune jurisprudence n'imposait que le ministre de l'Intérieur abandonne son portefeuille aussi précipitamment, fragilisant au passage un président de la République déjà bien mal en point.

Faute de plus d'explications, c'est pourtant bien la piste municipale qui s'imposait dans la soirée côté LREM. "Gérard Collomb a pris peur" en vue des municipales, croit savoir un député proche du chef de l'Etat pour qui cette démission tonitruante relève de "l'irrationnel". "Il a senti que la situation est complexe et qu'elle peut lui échapper. Il s'est dit 'si je ne reviens pas tout de suite, je suis perdu, je ne gagnerai pas'", analyse cet élu.

A l'appui de cette explication lyonnaise, la présence ce mardi place Beauvau de l'actuel maire de Lyon Georges Képénékian qui a confirmé au Figarosa prochaine démission pour permettre la réélection de Gérard Collomb. "Dans les temps qui viennent, nous avons convenu depuis longtemps que je reviendrai à la tête de la mairie pour préparer les échéances futures", a acté le ministre démissionnaire.

Un scénario qui ne répond pas à toutes les questions. "Si l'objectif de Gérard Collomb était de redevenir maire de Lyon, il avait tout le temps pour cela", s'interroge Bruno Cautrès pour qui cette séquence acte "un dysfonctionnement grave de l'équipe gouvernementale". Encore une.

Démission de Gérard Collomb. Le récit des trois moisEmmanuel Macron a perdu la main

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Emmanuel Macron lors du dernier conseil des ministres avant l'été | MICHEL EULER / AFP

Emmanuel Macron avait traversé les premiers mois de son quinquennat sans craindre la foudre. Les critiques sur son autoritarisme ne semblaient pas imprimer dans l’opinion publique et l’opposition, dévastée par la présidentielle, peinait à trouver un angle d’attaque. À l’arrivée de l’été pourtant, l’affaire Benalla a signé le début des problèmes. Retour sur les trois mois où Emmanuel Macron a perdu la main.

L’An II du quinquennat d’Emmanuel Macron ne pourrait pas plus mal commencer. Après un été empêtré dans les ramifications de l’affaire Benalla, l’exécutif espérait reprendre la main à la rentrée de septembre. C’était sans compter sur la démission d’un ministre star, Nicolas Hulot, les vives critiques sur la communication du chef de l’État ou celles venues de son propre camp. Dernier événement en date: la démission contrainte de Gérard Collomb. Retour sur les trois mois qui ont signé la fin du mythe du «maître des horloges».

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Benalla, la première affaire

Elle alimentera les débats médiatiques et parlementaires pendant des semaines et n’est toujours pas conclue: l’affaire Benalla est l’acte I de la descente aux enfers d’Emmanuel Macron. Le 1er-Mai, place de la Contrescarpe, un couple de manifestants est violenté par un homme habillé en CRS. L’homme est ceinturé puis mis à terre, la femme traînée sur plusieurs mètres pour être déposée un peu plus loin. Une vidéo de l’altercation se retrouve sur les réseaux sociaux sans susciter d’émoi particulier. Le 18 juillet, une enquête du Monde permet d’identifier l’homme en question: c’est Alexandre Benalla, proche collaborateur du chef de l’État.

L’histoire ne s'arrête pas là, au grand dam de l’exécutif. Car une fois Alexandre Benalla sous le feu des projecteurs, c’est toute la mécanique élyséenne qui est questionnée par la presse et les parlementaires. Qui est Alexandre Benalla? L’homme n’appartient ni au GRPS, ni aux forces de police, et semble appartenir au premier cercle d’Emmanuel Macron.

Le Président tarde à réagir et les ministres - plus particulièrement Gérard Collomb - s’embrouillent dans des explications incertaines. Rapidement, il apparaît que personne, au gouvernement, n’est en mesure d’expliquer clairement les fonctions de ce chargé de mission.

S’enchaîne ensuite la pire séquence possible pour le gouvernement, qui affronte sa première crise d’ampleur. Les parlementaires s’organisent en commission, députés et sénateurs, et la presse fouille le passé d’Alexandre Benalla, ses liens avec la campagne d’Emmanuel Macron, ses anciennes fonctions lors du quinquennat de François Hollande. Tout l’été, la communication de l’Élysée est à le peine.

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Nicolas Hulot dynamite la rentrée

Après cet été mouvementé, la majorité fait sa rentrée avec un mot d’ordre: reprendre le contrôle. Le gouvernement espère que les vacances des Français auront permis de refermer la séquence Benalla. D’autant que, sur les bureaux des ministres, les dossiers sensibles s’empilent et promettent une rentrée parlementaire chargée.

Réforme constitutionnelle, instauration du prélèvement à la source, plan pauvreté, plan santé… Un seul mot d’ordre: «réimposer notre propre agenda», martèle alors Richard Ferrand, président du groupe LREM à l’Assemblée.

Coup de tonnerre. Le 28 août, alors qu’il est invité de la matinale de France Inter pour parler, notamment, de sa réunion avec les chasseurs, Nicolas Hulot, le ministre star de la Transition énergétique, fait une annonce fracassante. En direct, sans filet, sans préparation et sans en avoir averti l’exécutif, il décide de démissionner.

«Oui, je sais, ça n’est pas très protocolaire. Mais c’est une décision entre moi et moi. Je ne vais pas me mentir. Suis-je à la hauteur? J’ai une profonde admiration pour Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Mais sur les sujets que je porte, nous n’avons pas la même grille de lecture», explique Nicolas Hulot.

L’Élysée remercie immédiatement Nicolas Hulot, vante son travail et son bilan comme pour se rassurer. Pourtant, personne n’est dupe, le coup est très dur et a du mal à passer. Car Nicolas Hulot ne le cache pas: malgré son «admiration» pour Emmanuel Macron, il critique sévèrement la présence des lobbys au plus haut niveau de l’État. Avec cette déclaration, le gouvernement doit justifier son bilan écologique et les faveurs accordées aux chasseurs.

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Des « Gaulois réfractaires » qui doivent « traverser la rue »

En parallèle de ces affaires, le président de la République continue ses déplacements et se rend régulièrement au contact de la population. Là où, un an plus tôt, il apparaissait comme un homme jeune et sûr de lui, au franc-parler parfois iconoclaste, il est désormais de plus en plus perçu comme un homme brutal enchaînant les sorties arrogantes teintées d’un certain mépris.

En visite au Danemark le 29 août, il encense le peuple danois, «luthérien» réformateur et critique, par opposition au peuple Français, composé de «Gaulois réfractaires au changement». Pour les partis d’opposition, la perche est tendue. La France insoumise dénonce une «sottise confondante», Marine Le Pen un président qui «méprise les Français depuis l’étranger», Laurent Wauquiez estime qu’il est «il est inadmissible d’entendre un président critiquer et caricaturer les Français».

Aurait-il fallu reconnaître une erreur? Emmanuel Macron persiste et signe, laissant le soin à ses ministres de déminer ses déclarations. Pire encore: le président de la République récidive. Trois semaines plus tard, Emmanuel Macron reçoit le public à l’Élysée dans le cadre des Journées du patrimoine. Alors qu’il salue la foule, un chômeur de 25 ans l’apostrophe et se confie sur sa difficulté à trouver un emploi.

«Je ne peux pas m’occuper de tout le monde», répond du tac au tac Emmanuel Macron. Puis, après un bref échange, il lance une réplique devenue célèbre«Il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne cherchent pas des gens. Je traverse la rue, je vous en trouve, ils cherchent juste des gens prêts à travailler». Fatal, le chef de l’État affirme«ne perdez pas de temps en m’écrivant».

Encore une fois, la phrase est largement reprise par les médias, l’opinion publique se déchaîne et les partis d’opposition crient au mépris.

Un remaniement a minima

À la démission de Nicolas Hulot, Emmanuel Macron est contraint de remanier son gouvernement. Alors que beaucoup de commentateurs évoquent un remaniement d’ampleur, annonçant le départ de Benjamin Griveaux - pressenti pour être candidat à la mairie de Paris - Françoise Nyssen, empêtrée dans une affaire judiciaire avec Actes Sud, ou encore Gérard Collomb, de plus en plus critique envers Emmanuel Macron, le président de la République reste de marbre.

Nicolas Hulot, star issue de la société civile, sera remplacé par François de Rugy, pur produit politique, allié de campagne d’Emmanuel Macron et président de l’Assemblée nationale. Pour le remplacer au perchoir, un autre homme, Richard Ferrand…

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Gérard Collomb fait des siennes

Encore une fois, les critiques fusent et alors que l’exécutif démarre très mal sa rentrée, Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron, fidèle parmi les fidèles du chef de l’État, décide à son tour de faire des siennes. Dans une première interview, donnée au micro de Jean-Jacques Bourdin, il reconnaît que, «peut-être, les uns ou les autres, nous avons manqué d’humilité», déclare-t-il. Puis, Gérard Collomb se lance dans une explication étymologique en critiquant, à mots à peine voilés, le président de la République.

«J’étais dans le temps professeur de grec. En grec, il y a un mot qui s’appelle 'hubris', c’est la malédiction des dieux. Quand, à un moment donné, vous devenez trop sûr de vous, vous pensez que vous allez tout emporter», déclare-t-il.

Dix jours plus tard, Gérard Collomb enfonce le clou. Lors d’un déjeuner avec des journalistes de la presse régionale, le ministre de l’Intérieur critique le côté «snob» du président. «Les provinciaux, et j’en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent. Or, des expressions comme «la nouvelle grammaire de la politique» ou la «start-up nation», ils ne s’y reconnaissent pas», explique-t-il.

«Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler», conclut l’ancien maire de Lyon.

C’est pourtant une autre déclaration du ministre de l’Intérieur qui achève sa relation avec Emmanuel Macron. Mi-septembre, et alors même qu’il le critique ouvertement, Gérard Collomb annonce à L’Express son intention de se présenter aux élections municipales. Et pour ce faire, il annonce son intention de démissionner après les européennes de 2019. Du pain béni pour l’opposition: un ministre d’État, au poste aussi crucial que l’Intérieur, annonçant son intention de renoncer à ses fonctions plus d’un an à l’avance. C’est aussi du jamais vu.

Cette déclaration a deux effets: elle ôte à Emmanuel Macron la gestion du timing sur la question des Européennes et des municipales et remet au centre du débat la question du remaniement d’ampleur, balayé de la main par l’Élysée à la démission de Nicolas Hulot. Elle porte également une conséquence directe sur Gérard Collomb: sa légitimité en souffre et son action à l’Intérieur se retrouve sous le feu des critiques. L’Élysée tente de temporiser, se réjouit du retour «prochain»de Gérard Collomb à Lyon, assure maîtriser le tempo.

Pourtant, lundi 1er octobre, Le Figaro annonce que Gérard Collomb a bien remis sa démission au chef de l’État. L’Élysée confirme, indiquant l’avoir refusée et renouveler sa confiance au ministre de l’Intérieur. Ce mardi 2 octobre, Gérard Collomb persiste et signe, actant de fait son départ du gouvernement. Coup dur pour le président de la République, qui perd son ministre d’État et l’un de ses premiers soutiens. Coup dur, car en insistant pour partir, c'est l'autorité d'Emmanuel Macron que son ministre fissure.

Emmanuel Macron prend acte de la « démission » de Gérard Collomb et « attend les propositions du Premier ministre »pour un successeur..

Gérard Collomb a affirmé mardi au "Figaro" "maintenir" sa proposition de démission, 24 heures après que le président Emmanuel Macron a refusé une première fois sa démission.

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Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb arrive à l'Elysée, à Paris, le 10 septembre 2018. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

L'Elysée prend acte de la démission du ministre de l'Intérieur. Le président de la République a dit, mardi 2 octobre, attendre "les propositions du Premier ministre" pour remplacer Gérard Collomb. Cet ancien fidèle parmi les fidèles, dont la démisison a été refusée par Emmanuel Macron lundi, a assuré le lendemain au Figaro maintenir sa "proposition de démission". "Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais", a justifié Gérard Collomb, qui a annoncé mi-septembre être candidat aux municipales de Lyon, en 2020. 

Vincent MatalonRaphaël Godet France Télévisions

Mis à jour le 02/10/2018 | 21:26
publié le 02/10/2018 | 17:32

CE QU'IL FAUT SAVOIR

L'Elysée prend acte de la démission du ministre de l'Intérieur. Le président de la République a dit, mardi 2 octobre, attendre "les propositions du Premier ministre" pour remplacer Gérard Collomb. Cet ancien fidèle parmi les fidèles, dont la démisison a été refusée par Emmanuel Macron lundi, a assuré le lendemain au Figaro maintenir sa "proposition de démission". "Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais", a justifié Gérard Collomb, qui a annoncé mi-septembre être candidat aux municipales de Lyon, en 2020. 

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 Edouard Philippe "prendr[a] [s]es responsabilités". Interpellé sur la volonté de démissionner de Gérard Collomb, à l'Assemblée puis au Sénat, Edouard Philippe a annoncé qu'il allait "proposer au président de la République les décisions qui s'imposent""Je dirige l'action du gouvernement et j'aurai l'occasion de proposer au président de la République les décisions qui s'imposent", a ajouté le chef du gouvernement. 

 L'Elysée prend acte. En conséquence, l'Elysée a fait savoir qu'Emmanuel Macron "attendait désormais les propositions du Premier ministre".

 Des critiques récurrentes. Ces derniers temps, Gérard Collomb a été particulièrement critique envers Emmanuel Macron. Le 6 septembre, lors d'un déjeuner avec des journalistes au ministère de l'Intérieur, il avait estimé qu'ils n'étaient "pas nombreux à pouvoir encore lui parler", évoquant le "manque d'humilité" du président.

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Eric Coquerel n'a pas mâché ses mots sur franceinfo pour évoquer la crise du moment au sommet de l'exécutif. Le député de La France insoumise parle d'un "véritable camouflet" pour Emmanuel Macron."Deux ministres d'Etat qui démissionnent en cinq semaines et qui préfèrent continuer à l'extérieur du gouvernement pour des raisons différentes qu'à l'intérieur, ce n'est pas banal", a rappelé l'élu de Seine-Saint-Denis.

Ubuesque : Gérard Collomb fait savoir qu'il... maintient sa démission, refusée par Macron

En maintenant sa démission auprès du chef de l'Etat, Gérard Collomb s'engage ce mardi 2 octobre dans un bras de fer... pour se faire virer du ministère de l'Intérieur.

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Gérard Collomb fait savoir qu'il n'est pas sur la sellette. - Crédit CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP

Collomb maintient sa démission

Le roi Ubu s'installe au sommet de l'Etat français. Dans une interview au Figaro d'un genre inédit, Gérard Collomb fait savoir ce mardi soir... qu'il maintient sa "proposition de démission" auprès d'Emmanuel Macron. Par cette déclaration en forme de défi au président de la République, le ministre de l'Intérieur cherche manifestement à se faire sortir du gouvernement. Il devrait être exaucé rapidement. A l'Assemblée nationale, le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré que des mesures allaient être prises : "Je proposerai au président de la République les décisions qui s’imposent".

L'étrange mano a mano se poursuit. Ce mardi 2 octobre, Gérard Collomb fait savoir au Figaro qu'il a présenté sa démission à Emmanuel Macron... qui l'a aussitôt refusée. Manière pour le ministre de l'Intérieur d'afficher sa liberté mais aussi de montrer qu'il reste indispensable au gouvernement, alors qu'il est en réalité fragilisé par l'annonce de son départ après les européennes, en mai prochain, pour se présenter dans sa ville de Lyon. Manière, pour le président de la République aussi, de signaler qu'il reste maître de sa petite horloge gouvernementale.

Selon le quotidien, Gérard Collomb a voulu démissionner car il s'estime victime d'une "campagne de dénigrement", qu'on comprend instrumentalisée, dans son esprit, par certains ambitieux qui visent son poste. Le nom du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, est notamment évoqué. L'objectif de cette communication est donc claire : il s'agit de montrer que le ministre, loin d'être fébrile, dispose de l'autorité politique suffisante pour mener à bien son CDD gouvernemental.

Une drôle de séquence à la "je te tiens, tu me tiens, par la barbichette", ouverte le 18 septembre par l'annonce du locataire de Beauvau dans l'Expressde sa candidature à Lyon aux municipales de 2020. Le 23, des propos acerbes du ministre à l'égard du président de la République fuitaient dans la Dépêche du midi : "Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début : Ferrand, Castaner, Griveaux et moi… D'ailleurs, il va finir par ne plus me supporter". Gérard Collomb ne s'est depuis lors pas présenté aux questions au gouvernement, comme s'il se sentait en difficulté. L'épisode de la démission refusée lui permettra-t-elle de reprendre la main ? Pas sûr, dans la mesure où plusieurs rivaux lorgnent toujours son poste... et ont tout intérêt à continuer à affaiblir le ministre.

Gérard Collomb au Figaro : «Je maintiens ma proposition de démission»

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LE FIGARO. - Le président de la République a refusé votre démission hier. Cela signifie-t-il que vous restez ministre de l'Intérieur?

Gérard COLLOMB. - J'ai mis en place beaucoup de choses à Beauvau. Mais aujourd'hui, compte tenu des rumeurs et des pressions qu'il peut y avoir, je ne veux pas que le fait que je sois candidat quelque part demain puisse troubler la marche du ministère de l'Intérieur. Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais, donc je maintiens ma proposition de démission. (...) On quitte toujours ce ministère avec regret, car c'est un beau ministère. Il y a des gens qui sont extraordinaires: les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers. J'ai pris énormément de joie à être à la tête de ce ministère.

Gérard Collomb : une démission, un refus et des questions

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Gérard Collomb et Emmanuel Macron en octobre 2017. | CHRISTOPHE ENA / AFP

Lundi soir, Emmanuel Macron a refusé la démission de son ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, qui a annoncé vouloir briguer la mairie de Lyon, en 2020.

Vrai-faux départ place Beauvau : Gérard Collomb, qui avait annoncé mi-septembre qu'il quitterait ses fonctions de ministre de l'Intérieur après les élections européennes de 2019 pour préparer les municipales 2020 dans "sa" ville de Lyon, a présenté lundi soir sa démission à Emmanuel Macron. Mais le chef de l'État a refusé de l'accepter, confirmant son ministre dans ses fonctions.

Mise à jour à 16h30. "Je maintiens ma proposition de démission", affirme Gérard Collomb, mardi, dans une interview accordée au Figaro. "Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais, donc je maintiens ma proposition de démission", déclare-t-il.

Pourquoi Macron a-t-il refusé cette démission ?

Officiellement, Emmanuel Macron a publiquement renouvelé sa confiance au plus âgé des ministres, un de ses très proches pendant la dernière campagne présidentielle. Gérard Collomb, 71 ans, doit donc rester "pleinement mobilisé sur sa mission pour la sécurité des Français", comme l'indique le communiqué de l'Élysée.

En coulisses, l'Élysée vole au secours du ministre, malmené jusque dans son propre ministère depuis son annonce d'un départ anticipé en 2019, le 18 septembre. Jean-Marie Girier, son directeur de cabinet, a ainsi décidé de quitter la place Beauvau pour occuper le même poste au perchoir de l'Assemblée nationale, auprès de Richard Ferrand.

Le refus de l'Élysée, c'est donc une manière de rasseoir Gérard Collomb dans son siège et de faire taire ceux qui s'interrogent sur les relations qui se seraient rafraîchies entre le président et son ministre. Enfin, côté calendrier, gérer un deuxième remaniement en un peu plus d'un mois, après une rentrée compliquée, aurait constitué une nouvelle embûche pour Emmanuel Macron.

Comment réagissent l'opposition et les syndicats ?

Dans les rangs de l'opposition, les critiques n'ont pas tardé. "Franchement, ça fait un peu théâtre et je trouve que ça altère la cohésion du gouvernement", a raillé le député des Alpes-Maritimes et numéro deux des Républicains, Jean Leonetti, sur Public Sénat. "Cela génère une drôle d'ambiance de fin de règne", a pointé pour sa part le parlementaire La France insoumise, Adrien Quatennens.

Collomb, un homme qui n'attend rien aujourd'hui, hormis reconquérir la mairie de Lyon

Chez les syndicats, SGP Police FO évoque "un homme qui n'attend rien aujourd'hui, hormis reconquérir la mairie de Lyon", comme l'a affirmé mardi sur Europe 1 Yves Lefebvre, secrétaire général. "Ce n'est pas simple, l'Intérieur, ça nécessite d'être à temps plein avec une pression notamment syndicale. Ce qui lui pèse, c'est certainement le joug de Matignon et de Bercy qui l'empêchent d'aller plus loin dans sa ligne directrice", devine-t-il.

Et dans la majorité ?

Pour les parlementaires de la majorité, la décision d'Emmanuel Macron est simplement une "confirmation" de la confiance qu'il accorde à Gérard Collomb, l'un des premiers poids lourds politique à avoir soutenu l'ancien ministre de l'Économie. "Ça ne me choque pas", a jugé le député LREM du Val-d'Oise Aurélien Taché, sur Europe 1. "Il est très important de rappeler, et c'est qu'a fait le président de la République hier (lundi), que ce sont ni les syndicats, ni l'administration qui décident de qui est ministre ou non. Le sujet est clos, on a quelqu'un qui est pleinement légitimé dans ses fonctions d'assurer la sécurité des Français."

D'une certaine manière, pour Aurélien Taché, le refus d'Emmanuel Macron a pour but de renforcer la pédagogie autour de l'action gouvernementale. "On a beaucoup de réformes mises en oeuvre. Mais pour que les Français ne perdent pas le fil, il faut essayer d'être le plus concentré là-dessus et arriver à consacrer le maximum de temps à leur présentation", prévient-t-il.

Gérard Collomb présente sa démission du gouvernement, Emmanuel Macron la rejette

« Face aux attaques dont le ministre fait l’objet », le chef de l’Etat lui a « demandé de rester pleinement mobilisé sur sa mission », selon l’Elysée.

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Le ministre de l’intérieur, Gerard Collomb, à la sortie du conseil des ministres du 24 septembre, à l’Elysée. PHILIPPE LOPEZ / AFP

C’est Emmanuel Macron, et lui seul, qui décidera. Quand, lundi 1er octobre, Gérard Collomb lui a présenté sa démission, le président de la République l’a refusée, a révélé Le Figaro, mardi.

Pas question pour le chef de l’Etat de procéder à un remaniement sous la contrainte. « Un remaniement doit correspondre à un moment politique », développe-t-on à l’Elysée. « Si Nicolas Hulot a exprimé un désaccord de fond avec la politique du gouvernement lorsqu’il a annoncé son départ [début septembre], dans le cas de Gérard Collomb il n’y a pas de désaccord politique », y poursuit-on. Au palais, on se plaît à rappeler l’article 8 de la Constitution, selon lequel « le président de la République, sur proposition du premier ministre, nomme les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions ».

C’est parce qu’il ne souhaite pas que la Place Beauvau soit déstabilisée par sa décision d’être de nouveau candidat à l’élection municipale de Lyon en 2020, que Gérard Collomb a proposé à Emmanuel Macron de quitter ses fonctions dès maintenant. De fait, depuis que le ministre de l’intérieur a annoncé, dans un entretien à L’Express le 18 septembre, son intention de quitter le gouvernement au lendemain des élections européennes de mai 2019, les critiques à son endroit se multiplient.

L’opposition, qui a qualifié le ministre d’« intérimaire », met en doute sa capacité àfaire pleinement face à ses responsabilités – questions de sécurité, menace terroriste, organisation de l’islam de France, rapports avec les collectivités locales, etc. – alors qu’il aurait déjà la tête à Lyon. Laurent Wauquiez, le président du parti Les Républicains, a dénoncé une situation « surréaliste ». D’autant que depuis l’annonce de M. Collomb, le ministre a perdu deux membres de son équipe : sa plume Jonathan Guémas, passé à l’Elysée, et surtout son influent chef de cabinet, Jean-Marie Girier, qui a rejoint Richard Ferrand, le nouveau président de l’Assemblée nationale.

« Manque d’humilité »

Mais les attaques contre M. Collomb viennent aussi de son propre camp. Lundi, l’ancien eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, soutien d’Emmanuel Macron, a estimé sur Franceinfo qu’il avait « le droit à la retraite »« Qu’il quitte ce ministère, qu’il aille s’occuper de ses petits-enfants, des pâquerettes », a lancé l’écologiste en dénonçant également la « condescendance » du ministre de l’intérieur vis-à-vis du président de la République.

« La démarche de Gérard Collomb est tout sauf macroniste. Vous pensez que seprésenter à un quatrième mandat à l’âge de 71 ans incarne le renouvellement voulu par Emmanuel Macron ? », fait mine de s’interroger un proche du chef de l’Etat, qui semble regretter que « Macron ne le vire pas ». D’autant que Gérard Collomb ne s’est pas privé dernièrement de critiquer M. Macron à plusieurs reprises. Le 6 septembre, sur BFM-TV et RMC, il avait notamment invoqué son« manque d’humilité » pour expliquer les mauvais sondages de la rentrée.

Le même jour, il avait décrit à des journalistes de la presse régionale, comme l’avait ensuite révélé La Dépêche du Midi, un président de la République de plus en plus replié sur lui-même. « Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début : Ferrand, Castaner, Griveaux et moi… D’ailleurs, il va finir par ne plus mesupporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s’isoler, car par nature l’Elysée isole », avait-il glissé. Loin de la relation « quasi-filiale » qu’il disait cultiver avec Emmanuel Macron depuis le début de l’aventure présidentielle d’En marche ! en 2016. « En prenant ses distances, Collomb prépare sa campagne à Lyon », commente un autre soutien de la première heure du président.

Dans ce contexte, les rumeurs sur sa succession Place Beauvau vont bon train. Les noms de Christophe Castaner, secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, et de Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, circulent. « Darmanin ne rêve que de ça », affirme un élu. Celui de Frédéric Péchenard, l’ancien patron de la police nationale, proche de Nicolas Sarkozy, est également cité. Si Emmanuel Macron, avec lequel il lui arrive de discuter, lui proposait de prendre la suite de Gérard Collomb, il y « réfléchirait », a confié M. Péchenard au Journal du dimanche publié le 30 septembre, mais « personne ne m’a encore rien proposé ». Le tandem « Pasqua-Pandraud [le second, après avoirété directeur de la police, fut le ministre délégué à la sécurité entre 1986 et 1988 quand le premier était ministre de l’intérieur] est un modèle qui fonctionnait bien et l’Elysée ferait bien de s’en inspirer », reconnaît un proche du chef de l’Etat.

« Face aux attaques dont le ministre fait l’objet, le président de la République lui a renouvelé sa confiance et lui a demandé de rester pleinement mobilisé sur sa mission pour la sécurité des Français », explique-t-on à l’Elysée. Interrogé dans « L’Emission politique », sur France 2, le 27 septembre, Edouard Philippe avait déjà répondu que Gérard Collomb est « un ministre à temps plein » et peut« rester en poste ».

Gérard Collomb présente sa démission à Emmanuel Macron, qui la refuse

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Par le geste fort de refuser la démission de Gérard Collomb, le chef de l'État renouvelle sa confiance à un tout proche. ABACA

EXCLUSIF - Le ministre de l'Intérieur confie au Figaro que le chef de l'État a décidé de le maintenir à son poste, malgré sa proposition de partir.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a remis, lundi en fin de journée, sa démission au président de la République. Qui l'a refusée. Il est clair que, par ce geste fort, le chef de l'État renouvelle sa confiance à un tout proche. Il s'agit visiblement de couper court aux tentatives de déstabilisation dont le ministre estime avoir été victime depuis qu'il a annoncé, le 18 septembre dernierson intention de quitter ses fonctions l'été prochain pour se consacrer à sa réélection à Lyon.

Dans l'esprit de Gérard Collomb, ce n'est pas au regard de sa personne qu'il s'est senti obligé de remettre sa démission, refusée, donc, par l'hôte de l'Élysée, mais parce que l'institution qu'il dirige pouvait pâtir d'une sorte de campagne de dénigrement dont il s'estimait l'objet. Il ne souhaitait pas, confie-t-il au Figaro, que Beauvau soit déstabilisé par une décision politique qui le concernait, à savoir le choix très personnel de se représenter à la mairie de Lyon aux prochaines municipales.

 

Pour conclure

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La, si belle façade du palais de l’Elysée s’effrite chaque jour un peu plus..

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Un badaud effraie Brigitte Macron, en la mettant en garde contre « la malédiction de l’Elysée »..

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Les pans de la « macronie » et du « système  Macron » s’effondrent..

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Pour quelle France ?..

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France, ma si belle France, ton paquebot prend l’eau de toute part, chaque jour un peu plus

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Grandeur et..décadence..cherchez l’erreur..

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