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1914-19182018..se souvenir..ne pas oublier..

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Photo ci-dessus de soldats à travers les barbelés.

11 novembre 2018 commémoration du centenaire de la guerre de 1914-1918 et de l’Armistice..

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Photo ci-dessus de la signature dans le wagon de la Retonde (clairière située à Compiègne).

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1914-1918…2018..se souvenir..

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Hommages aux poilus de la Grande Guerre..

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Ils étaient tous..hors du commun..

Lazare Ponticelli

Lazare Ponticelli était le dernier poilu de la guerre 1914-1918.

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Décédé le 12/03/2008 à l’âge de 110 ans.

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« Le dernier survivant vient de rejoindre le premier mort de la plus atroce des guerres;

Qui se souvient de ce premier mort ??

Il était caporal ; Le 2 août 1914, en poste dans le village de Joncheray au sud–est du territoire de Belfort, il s’oppose à une patrouille allemande qui a violé la frontière ; Il fait les sommations d’usage, en réponse l’officier qui commande la patrouille sort son revolver et tire. Il est mortellement touché ; Avant de mourir il a le temps de riposter et de blesser mortellement à son tour celui qui vient de lui ôter la vie.
Le Français a 21 ans à peine, il est instituteur, il s’appelle Jules-André Peugeot.
L’Allemand a 22 ans, il est natif de Magdebourg en Saxe-Anhalt, lieutenant au 5eme régiment de chasseurs, il s’appelle Albert Mayer.
 »

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Photo ci-dessus de Mr. Lazare Ponticelli, chez lui, en 2006.

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Photo ci-dessus de l’une des dernières participations de Mr. Lazare Ponticelli, pour la commémoration de la grande guerre de 1914-1918, en hommage aux poilus.

Un peu d’histoire

Coquelicot et bleuet..

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Coquelicots et bleuets, fleurs symboles de la Grande Guerre..

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Le bleuet

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Mais comme pour le coquelicot britannique, c’est après la guerre que le bleuet fut institué fleur du souvenir. Suzanne Lenhardt, infirmière-major de l’hôpital militaire des Invalides et veuve d’un capitaine d’Infanterie coloniale tué en 1915, et Charlotte Malleterre, fille du général Gustave Léon Niox et femme du général Gabriel Malleterre, toutes deux bouleversées par les souffrances des blessés de guerre dont elles s’occupaient, avaient saisi la nécessité de leur redonner une place active au sein de la société… Elles eurent l’idée d’organiser des ateliers où les mutilés de guerre confectionnaient des bleuets dont les pétales étaient réalisées avec du tissu et les étamines en papier journal.

Ces fleurs étaient vendues au public à diverses occasions et les revenus générés par cette activité permettaient de procurer un petit revenu à ces hommes. Le bleuet devint ainsi un symbole de la réinsertion par le travail.

Bien que cette tradition soit moins présente depuis les années 1960, le Bleuet de France est toujours vendu lors des commémorations du 8 mai et du 11 novembre, par des bénévoles de L’Œuvre Nationale du Bleuet de France, une association d’utilité publique sous la tutelle de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Son objectif est toujours de recueillir des fonds afin de financer les œuvres sociales qui viennent en aide aux anciens combattants et veuves de guerre, mais aussi désormais aux soldats blessés en opération de maintien de la paix, et aux victimes du terrorisme.

Coquelicots et bleuets, fleurs symboles de la Grande Guerre

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Le coquelicot et le bleuet sont devenues les fleurs symboles de la guerre de 1914-1918 . Dans les pays du Commonwealth, le coquelicot est associé à la mémoire de ceux qui sont morts à la guerre. Cette mise en relation est plus ancienne: durant les guerres napoléoniennes du début du XIXe siècle, déjà, le lien entre le coquelicot et les champs de batailles avait été observé…

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Comment expliquer que les champs mis à nus lors des combats se couvrent de ces fleurs rouges sang après la bataille?

Pour germer, la graine du coquelicot n’a que très peu d’exigences : elle a avant tout besoin d’une terre remuée et calcaire. De grande longévité, elle résiste bien au manque d’eau et à l’enfouissement, et peut donc rester dans le sol de longues années. Puis, dès que la terre est remuée et mise à nu, elle se met à germer. C’est ce qui explique aussi qu’elle se mit à pousser sur les terres dévastées par les obus et tranchées des combats de la première guerre mondiale

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Lors de la 1ere guerre mondiale, c’est le lieutenant colonel John McCrae, un médecin militaire canadien, qui établit lui aussi ce rapport entre le coquelicot et les champs de batailles. Alors qu’au printemps 1915,  son jeune ami Alexis Helmer avait été tué par un obus allemand à Ypres, et enseveli dans une tombe sommaire, marquée d’une simple croix de bois, John McCrae avait été frappé par le fait que des coquelicots poussaient spontanément entre les rangées de sépultures. Ce phénomène lui inspira son célèbre poème « In Flanders Fields » (« Au Champ d’Honneur »). Ecrit au début du mois de mai 1915, ce poème fut publié dans le London Punch le 8 décembre 1915.

 In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses,row on row,

That mark our place; and in the sky

The larks, still bravely singing, fly

Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago

We lived, felt dawn, saw sunset glow,

Loved, and were loved, and now we lie

In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe:

To you from failing hands we throw

The torch; be yours to hold it high.

If ye break faith with us who die

We shall not sleep, though poppies grow

In Flanders fields.

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Trois ans plus tard, et quelques jours seulement avant l’Armistice, l’Américaine Moina Michael, qui travaillait dans une cantine de la « YMCA » à New York fut très émue lorsqu’elle prit connaissance du poème. Elle composa à son tour un poème en réponse à celui de McCrae. Intitulé « We shall keep the faith », il exprime la promesse faite à ceux qui sont morts durant la guerre de se souvenir d’eux en portant le coquelicot. Moina se mit elle-même à porter un coquelicot en mémoire des millions de soldats qui avaient donné leur vie sur les champs de bataille. En 1920 cette coutume vint à la connaissance d’une française, Madame Guérin, en visite aux Etats-Unis.

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À son retour en France, elle décida de se servir de coquelicots réalisés à la main pour recueillir des fonds pour les enfants sans ressources des régions dévastées du pays. En 1921, c’est le maréchal Douglas Haig, alors au commandement des armées britanniques en France et en Belgique qui, ayant découvert l’initiative d’Anne Guérin, incita l’organisation du British Poppy Day Appeal destiné à récolter des fonds pour les anciens combattants démunis et invalides. Cette année-là aussi, Anne Guérin voyagea au Canada et parvint à convaincre l’Association des anciens combattants de la Grande Guerre d’adopter le poppy comme symbole du souvenir. Les premiers coquelicots du Canada ont été distribués en novembre 1921. Depuis, dans tous les pays du Commonwealth, le « Poppy » (coquelicot) symbolise le Sacrifice et le Souvenir de la Première Guerre mondiale et l’Armistice du 11 Novembre est appelé le « Poppy Day » (jour du Coquelicot).

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En France, le bleuet, également présent sur les champs de bataille et dont la couleur rappelle les uniformes des Poilus, est lui aussi devenu fleur-symbole du sacrifice des soldats lors du premier conflit mondial. Les poilus français avaient eux-mêmes choisi cette fleur comme symbole de leur guerre. En 1915,  les soldats vétérans de la mobilisation, vêtus de l’ uniforme bleu et rouge, ont donné le surnom de « bleuets » aux jeunes recrues qui arrivaient au front, habillées du nouvel uniforme bleu horizon de l’armée française.

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John McCrae au champ d'honneur

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Les médailles de John McCrae, disparues du domaine public pendant de nombreuses années, font désormais partie d'une exposition permanente présentée au McCrae House National Historic Site, à Guelph, en Ontario. À la suite de la guerre des Boers (1899-1902) et de la Première Guerre mondiale (1914-1918), des milliers de médailles et de médaillons ont été décernés aux Canadiens en reconnaissance des services qu'ils avaient rendus pendant la guerre. Toutefois, les médailles présentées dans le cadre du présent circuit ont une signification toute spéciale : elles ont été remises à l'auteur de In Flanders Fields (Au champ d'honneur), l'un des poèmes les plus célèbres à avoir été écrits pendant la Grande Guerre.

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Cimetière militaire du Commonwealth « Wimereux Communal Cemetery »

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Situé  en milieu urbain, au cœur du cimetière communal de Wimereux, seule la croix du sacrifice, dessinée par Sir Reginald Blomfield permet de deviner de l’extérieur l’existence de ce cimetière, en raison du mur d’enceinte protégeant le cimetière communal et militaire. Cette croix dressée sur son socle tient lieu d’amer. Son exceptionnalité réside dans la présence de la tombe de John Mc Crae connu pour son célèbre poème In Flanders Fields.

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Le cimetière britannique s’inscrit en extension du cimetière civil, sans limite particulière. Seul le traitement du sol engazonné du cimetière britannique l’en distingue. Aménagé en gradins il s’harmonise avec les tombes du cimetière civil. Les différents paliers sont délimités par des murets rehaussés de calcaire blanc. De l’intérieur, des perspectives monumentales s’offrent vers le sud, sur la partie ancienne de la ville de Wimereux. En revanche, au nord, la vue se limite aux tombes du cimetière communal et à son mur d’enceinte.

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Dès l’entrée, à gauche, une plaque rend hommage à John Mc Crae, plaque érigée par The Ontario Heritage et le ministère de la culture et des loisirs canadien. Quelques vers de son poème « In Flanders Fields » y sont gravés. Il repose près de la Croix du Sacrifice, sa tombe est une simple stèle pareille à toutes.

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L’originalité architecturale de ce cimetière est liée à ses stèles, dalles posées à terre, suite à la nature sablonneuse et instable du sol et leur exposition aux tempêtes. Cette disposition donne à cet ensemble un aspect spécifique corroboré par l’uniformité des formes et la teinte des stèles lui conférant son caractère militaire. Deux pavillons de pierres blanches et lisses reliés par une petite galerie se situent en contrebas. Son architecture géométrique est austère et sans artifice. L’aménagement paysager a été minutieusement pensé. De nombreuses espèces florales ornent les sépultures. La pierre utilisée sur place, notamment pour le mur d’enceinte est locale. Il s’agirait de la pierre de Baincthun. L’architecte en charge, Charles Holden, assisté de W. H Cowlishaw.

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Au cours de la Première Guerre, près d’une soixantaine de bases sanitaires sont mises en place par les Britanniques dans le Pas-de-Calais. Les plus grandes sont établies le long du littoral, loin du front dans ports et stations balnéaires telles les villes de Boulogne, Etaples ou encore Wimereux. Dès le début des hostilités, cette commune considère qu’il est de son devoir de céder la partie sud-est de son cimetière à l’armée anglaise. Le premier soldat inhumé le 25 octobre 1914 est Sydney Poulten du 1er bataillon du régiment du Dorsetshire et le dernier, le soldat canadien, Elder Hayes Weir du 1er bataillon de la garde noire, mort le 11 juin 1918. D’octobre 1914 à juin 1918, le carré militaire regroupe ainsi 2 847 tombes du Commonwealth parmi eux 215 soldats et officiers, 208 Australiens, 79 Néo-Zélandais, 25 Indiens, 9 Africains du sud…, et aussi 170 tombes allemandes, 5 françaises et des tombes d’infirmières. Tous ont été inhumés dans d’immenses tranchées.

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Une croix érigée à l’entrée de la zone réservée aux militaires rappelle la présence d’infirmières. Wimereux est un important centre hospitalier pour l’armée impériale britannique au cours de la Grande Guerre. En effet, en 1917, pas moins de dix hôpitaux y fonctionnent pour accueillir les blessés du front et les soldats souffrant de maladies telles que : le typhus, pneumonie, angine, grippe espagnole, maladies vénériennes, etc. Ceux qui décèdent sont inhumés dans le cimetière communal de Wimereux jusqu’en juin 1918, date à partir de laquelle, faute de place, un nouveau cimetière est ouvert à deux kilomètres de là, à Wimille, le Terlincthun British Cemetery. Par ailleurs, on trouve dans ce cimetière 14 tombes de la guerre 1939-45.

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La tombe, la plus emblématique et sur laquelle tous se recueillent est celle du lieutenant-colonel, et poète, John Mc Crae, mort le 28 janvier 1918 à l’hôpital général n°14. Mobilisé en tant que médecin dans le secteur d’Ypres, il y apporte assistance aux soldats blessés lors de la seconde bataille d’Ypres en avril et mai 1915. Lors des combats, il perd l’un de ses amis proches enterré à la hâte dans un cimetière de fortune. C’est à la vue de ce cimetière qu’il compose son célèbre poème In Flanders Fields. Au lendemain de la guerre, le poème rencontre un vif succès et contribue ainsi à l’adoption du coquelicot, désormais considéré comme la fleur du souvenir dans l’ensemble de l’Empire britannique. Parmi ces tombes, on retrouve aussi celle de Miss Rubie Pickard, épouse du capitaine Pickard de Saint-Léonard. Agée de 67 ans, elle meurt d’épuisement le 13 avril 1916. Elle appartenait en effet à la British Red Cross Society et dès 1914, elle se dévoue entièrement au service de presse des hôpitaux de Wimereux. De nombreux visiteurs s’y recueillent régulièrement.

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Photo ci-dessus de la pierre tombale du lieutenant colonel John Mc. Crae, au cimetière « mémorial » de Wimereux.

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In Flanders’ Fields : un siècle de coquelicots

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Le poème In Flanders Fields — qui célèbre son 100e anniversaire cette année — est considéré comme le poème le plus connu de la Première Guerre mondiale. Dans cette émission, nous sommes en compagnie d’Emily Monks- Leeson, archiviste de BAC. Elle nous fera découvrir la vie de John McCrae, le soldat canadien à qui l’on doit le poème. Elle nous aidera à comprendre la situation entourant son inspiration, la raison de la popularité du poème et les éléments ayant contribué à cette popularité, en plus de raconter le rôle qu’a joué le poème dans la reconnaissance du coquelicot comme symbole du souvenir. Nous parlerons également des documents poétiques de John McCrae et de ceux liés à la guerre qui se trouvent à Bibliothèque et Archives Canada.

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Photo ci-dessus de Mr. Alexis Helmer, ami du lieutenant colonel John McCrae.

Les séparations étaient souvent très dures..

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Car ils se sont tous battus comme des lions..

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Photo ci-dessus de Clémenceau surnommé le tigre.

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Photo ci-dessus d’une charge à la baïonnette.

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Le parcours du président, Mr.Emmanuel Macron, pour célébrer le Centenaire de 1918

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Centenaire de la Grande Guerre : à Morhange, Macron entame sa longue marche

Le Président a inauguré lundi son grand périple dans les lieux emblématiques de la Première Guerre mondiale. Un déplacement inédit qui entend marquer les esprits par son importance… et endiguer son impopularité.

 

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Emmanuel Macron à la cérémonie en hommage aux combattants français de la bataille des frontières, à Morhange, le 5 novembre 2018. Photo Pascal Bastien pour Libération.

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Emmanuel Macron à la cérémonie le 5 novembre 2018 à la mémoire des Poilus « héroïques » tombés au combat au début de la guerre de 1914-18 en Lorraine. (©AFP/LUDOVIC MARIN)

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Emmanuel Macron à la cérémonie le 5 novembre 2018 à la mémoire des Poilus « héroïques » tombés au combat au début de la guerre de 1914-18 en Lorraine. (©AFP/LUDOVIC MARIN)

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Centenaire de la Première Guerre mondiale : la bataille de Morhange

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Le 19 août 1914, l'armée française attaque les frontières allemandes près de Morhange. Un terrain qui semblait facile d'accès, mais une bataille qui se soldait finalement par une lourde défaite. Claude Spitznagel, passionné d'histoire, nous raconte cet épisode.

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Moins de trois semaines après la déclaration de la guerre, éclate à Morhange une des premières grandes batailles de la Grande Guerre 1914-1918. Une bataille éclair qui va durer deux jours, les 19 et 20 août 1914, faire 5.000 morts du côté français, moitié moins du côté allemand et des milliers de blessés et prisonniers.

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La Moselle dans la grande guerre – La bataille de Morhange

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Photo ci-dessus – Le panorama de la guerre de 1914- à Morhange près de Nancy (tableau d’Eugène Chaperon)

©Musée national de l’Education / CNDP Rouen

L’une des batailles de la Première Guerre mondiale, avec c elle de Sarrebourg qui a eu lieu en même temps, la bataille de Morhange s’inscrit dans la bataille des frontières.

Elle témoigne également, avec celles de Charleroi et de Rossignol (Ardennes Belges), des massacres de ce début de guerre. Le 22 août, ce sont 27 000 soldats français qui trouvent la mort en une journée : c’est le jour le plus sanglant de l’histoire militaire du pays.

La bataille de Morhange se déroule les 19 et 20 août 1914 sur un front qui s’étire sur près de 30 kilomètres et implique séparément les villes de Morhange et de Dieuze. Deux batailles séparées se développent alors : celle de Morhange à l’ouest avec le 20 è corps d’armée commandé par le général Foch, et celle de Dieuze, à l’est, avec les 15è et 16è corps d’armée. Les eux villes – distantes de 14 kilomètres – étaient en effet séparées  par les lignes fortifiées des hauteurs de la forêt de Bride, tenues par les unités allemandes.

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Photo ci-dessus – carte publiée dans l’Atlas de la Grande Guerre, le 14è hors-série de la revue 14-18 le Magazine de la Grande Guerre.

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Après la défaite, les troupes françaises se retirent sur les hauteurs du Grand-Couronné, à proximité de Nancy, où elles repoussent l’avancée allemande.

Deux sites rappellent encore la bataille de Morhange

• Le monument commémoratif de la bataille de Morhange, constitué d’un obélisque en granit gris des Vosges, en haut du promontoire d’où les allemands pouvaient quadriller le champ de bataille avec l’artillerie lourde.

• Le cimetière allemand du Hellenwald abrite, dans un sous-bois, 4754 soldats du Reich et les tombes de civils allemands morts pendant l’annexion, entre 1871 et 1914. Quelques centaines d’officiers et de soldats français y furent aussi inhumés après avoir été hospitalisés dans les dispensaires de la ville, puis leurs corps furent déplacés dans les autres nécropoles. La présence de tombes allemandes dans un paysage de forêt donne à ce cimetière une atmosphère funèbre et paisible toute particulière.

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L’Obélisque de Morhange en granit gris des Vosges, haut de onze mètres, inauguré le 20 août 1921, immortalise le sacrifice des milliers de soldats tombés au cours de la bataille. Il se dresse sur le bord de la crête de Morhange d’où l’on découvre un superbe panorama du champ de bataille. Détruit en 1944, il a été reconstruit à l’identique avec des fonds allemands et inauguré le 23 août 1964. Sur la face avant on lit cette inscription :

AUX SOLDATS FRANÇAIS TOMBÉS GLORIEUSEMENT A LA BATAILLE DE MORHANGE

LES 19 ET 20 AOÛT 1914

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Commandant  JACQUES (Pierre Edmond) – Né en 1867. Du 53e R.I. de la 63e brigade de Narbonne commandée par le général  Diou. Mortellement frappé en conduisant avec la plus grande énergie son bataillon à l’attaque des positions fortifiées du bois Vulcain, le 20 août 1914.

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   Le 53e était cantonné dans la forêt de Rorbach-les-Dieuze, le 19 août 1914, et devait attaquer le 20 à 4 heures du matin, le village de Cutting qui était puissamment défendu. Deux bataillon du 53e sortirent de la forêt et le général Diou qui commandait l’attaque, fut tué le fusil à la main. Le commandant jacques prit alors le commandement et fut tué également. Les troupes ayant perdu leurs chefs lâchèrent pied, abandonnant les blessés à l’ennemi qui les achevèrent brutalement. Le commandant jacques s’était déjà signalé par ses brillantes qualités militaires dans les campagnes d’Algérie et du Maroc. Son corps repose au cimetière de Sainte-Marie-aux-Chênes (Moselle), son village natal.
(D'après le livre d'or du Souvenir Français)

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Photo ci-dessus d’un soldat allemand enterré par ses camarades.

Une équipe de femmes charitables au service des blessés

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Au moment de la bataille de Morhange, l’activité pastorale de tous les curés des paroisses concernées par les combats, va aller bien au-delà de leur sacerdoce. L’abbé Schowing, curé de Rodalbe, petit village proche de Morhange et de Lidrezing, aux confins du Saulnois et du pays Albenois, rédige une chronique dans laquelle il note qu’au cours de ces trois jours que durent les combats, le service sanitaire allemand est débordé. S’exposant au danger et risquant sa vie, il constitue avec ses paroissiennes une équipe de bénévoles pour s’occuper des blessés.

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Morhange - Le traitement des blessés français

Un Bilan inquiétant. 

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   Au cours de la bataille de Morhange, le chiffre précis des pertes de la 2e armée française se révèle fort difficile à évaluer. Plusieurs unités ont particulièrement souffert : au 37e régiment d’infanterie, 27 officiers et 800 hommes ont été mis hors de combat ; au 4e bataillon de chasseurs à pied on dénombre plus de 50% du bataillon disparu. De son côté, le 160régiment d’infanterie perd 33 officiers et 1 800 hommes ; le 156régiment d’infanterie laisse sur le terrain 15 officiers et 900 hommes ; au 79e régiment d’infanterie, c’est 1 200 hommes. Celles du 146e et du 153e d’infanterie sont également élevées, sans oublier tous les hommes qui ont été faits prisonniers. On peut dire qu’un combattant sur quatre est mis hors de combat.

   Dans l’après-midi du 20 août 1914, lors de leur repli, nos troupes dans leur mouvement de recul abandonnent les morts et laissent les blessés les plus sérieux sur le terrain avec quelques infirmiers. Les Allemands, devant l’hécatombe, sont pris de cours et évacuent nos blessés sur Morhange. Bientôt les casernes, l’hôpital militaire et les ambulances provisoires tels que : Cours et maison Laurent Sauveur, Hôpital Ste Barbe ou flotte le drapeau de la Croix-Rouge sont remplis. Près de Rodalbe, la ferme Ste Catherine est transformée en hôpital, une vaste tente est dressée dans la cour. Les habitants de Morhange disposant de places accueillent également des blessés. Quant aux nombreux morts qui gisent sur le champ de bataille, les circonstances ne permettent pas encore de les ramasser.

   Les Allemands semblent également très éprouvés par leurs pertes. La proximité de leurs hôpitaux, des postes de secours et des ambulances, installés non loin du front, leur permet de pouvoir évacuer et soigner rapidement d’abord leurs blessés. Dans certains villages, devant l’afflux, l’église et l’école servent à la fois d’hôpital et de salle d’opérations. L’armée allemande doit faire face au manque de personnel sanitaire, la présence de civils est à peine tolérée.

   Certains blessés français par manque de places sont parqués dans la cour de la caserne du 17e à Morhange sous l'oeil des sentinelles ; Ils gisent allongés sur la paille ou sur des matelas exposés à la chaleur du soleil et à la fraîcheur de la nuit. Les conditions sanitaires sont déplorables.

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Des femmes et des jeunes filles de Morhange prodiguent des secours aux blessés français.

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Des blessés français chargés sur des voitures viennent d'arriver dans la cour de la caserne sous bonne garde. Le jeune garçon portant un brassard de la Croix-Rouge les accompagne.

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27 mars 2014

Les Chasseurs bavarois enlèvent le village de Conthil proche de Morhange

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   « Le 18 août, le Kronprinz Rupprecht de Bavière est venu à Rodalbe passer une inspection des troupes qui vont devoir livrer bataille dans le secteur de Morhange.

    Le 19, C’est dans l’après-midi que commence la bataille sur le plateau de Lidrezing entre la ferme du Haut de Koeking et le Bois Renardvignes.

   Des avions français survolent le village. Les cloches sonnent pour la dernière fois pour la messe. Fort tonnerre de canons. Des troupes de toutes sortes traversent le village en direction de la frontière. On s’attend à une bataille sur la commune de Rodalbe. Les Français ne doivent plus être très loin. Des chariots garnis de paille quittent le village pour se rendre sur le champ de bataille, en vue de ramasser les blessés. La bataille fait rage près de Lidrezing, ainsi qu’entre Baronville et Destry. Vers 3 h, des médecins débarquent à Rodalbe. Le presbytère, l’école et l’église ont été aménagés en salles d’opérations, en salles de pansements ou en infirmerie. Des braves gens amènent des matelas et des draps. Même les plus pauvres ne restent pas à l’écart. Le drapeau blanc à croix rouge flottait sur le presbytère, sur l’école et sur l’église. Vers 5 h, arrivèrent les voitures de blessés, l’une derrière l’autre. Comme tous ces braves combattants sont arrangés Quel spectacle épouvantable Partout des blessés : dans l’église, la salle de classe, le presbytère, la mairie, le cimetière autour de l’église, les rues près de l’école. Et sans cesse d’autres arrivent. Les femmes et les jeunes filles, avec le curé en tête, s’occupent charitablement des blessés et leur apportent du lait, du miel, du sirop, des œufs, du café, du pain, etc..., bref, tout ce que leur inspire l’amour du prochain. Les pauvres blessés, amis ou ennemis, sont touchés par les bons soins que les gens leur prodiguent. Vraiment la population a fait preuve d’un grand dévouement, car plus de 600 blessés ont été soignés par elle. Vers 7 h du soir arrive un transport de prisonniers français. Durant toute la nuit une confusion totale règne dans le village. »

(extrait de la chronique des années du guerre à Rodalbe. Les Amis du pays d'Albe n° 29/1998.)

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Document saisissant des canons et caissons à munitions, fourgons, pris après les combats et présentés au pied de la cathédrale, comme trophées à la population de Metz.

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La bataille de MORHANGE

(18 au 20 août 1914)

la situation de la 2e Armée française

 

 

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La bataille près de Dieuze et les dégâts occasionnés..

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Les cimetières après  la bataille près de Dieuze..

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La ville de Dieuze

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Le dernier mort au champ d’honneur lors de la Grande Guerre et bataille de 1814-1918..

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Il a été tué..5 minutes avant l'heure du cessez-le-feu décidé par l'armistice du 11 novembre 1918.

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Augustin Trébuchon

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Augustin Trébuchon, né le 30 mai 1878 au Malzieu-Forain en Lozère et mort le 11 novembre 1918 à Vrigne-Meuse(Ardennes), est considéré comme le dernier soldat français mort au combat de la Première Guerre mondiale.

Un Lozérien mobilisé

Augustin Joseph Louis Victorin Trébuchon est le fils de Jean Baptiste et de Vissac Rosalie Trébuchon1. Il est né au hameau du Montchabrier2,3, sur la commune du Malzieu-Forain. Selon sa fiche matricule, il faisait un mètre 61, avec des cheveux blonds et des yeux gris1.

Faisant partie de la classe 1898 (l'année de ses vingt ans), il est tiré au sort pour faire son service militaire parmi les jeunes du canton de Malzieu. Malgré le fait qu'il soit l'aîné d'une fratrie d'orphelins, il est incorporé le 14 novembre 1899 comme soldat de 2e classe au 142e régiment d'infanterie, caserné à Mende, jusqu'au 23 septembre 1900. De 1900 à 1914, il est berger à Saint-Privat-du-Fau en Lozère, restant d'abord en disponibilité de l'armée d'active, passant réserviste en septembre 1902, puis dans la territoriale en septembre 1912. Il accompli ses périodes d'exercices, d'abord en mars-avril 1905 et en mai 1909 au 142e RI, puis du 2 au 10 juin 1914 au 123e régiment territorial d'infanterie1.

Dans le cadre de la mobilisation française de 1914, il est rappelé dès le 4 août 1914 à la caserne de Mende, toujours au123e régiment d'infanterie territoriale, puis il est versé en renfort, malgré son âge, dans le 111e régiment d'infanterie le22 septembre 1914 (ce régiment du 15e CA vient de perdre une partie de son effectif lors des batailles des Frontièresdu Grand-Couronné et de Revigny). Il passe ensuite au 36e RI le 8 juin 1915, puis le 74e RI le 14 juin, le 288e régiment d'infanterie territoriale le 15 janvier 1916 et enfin le 415e RI le 3 août 1917. Il devient soldat de 1re classe le18 septembre 19181.

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Une date..anti-datée..

Tué le 11 novembre 1918

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Augustin Trébuchon est, en novembre 1918, soldat de 1re classe avec fonction d'estafette au sein de la 9e compagnie du415e régiment de la 163e division d'infanterie. Cette division française atteint la Meuse le 8 novembre entre Charleville-Mézières et Sedan (sans s'aventurer dans ces villes). Au soir, les ordres de son corps d'armée sont de maintenir le contact avec les troupes allemandes et de franchir la vallée. Les régiments d'infanterie de la division doivent improviser le franchissement du fleuve en cru, pendant la nuit du 9 au 10, le 142e RI à Nouvion-sur-Meuse et le 415e à Vrigne-Meuse, profitant du brouillard. Seul le 415e réussit, bénéficiant des restes du barrage de Dom-le-Mesnil, mais se retrouva bloqué sur l'autre rive, isolé. Les unités allemandes (comprenant des bataillons de la Garde) contre-attaquèrent cette fragile tête de pont dans l'après-midi du 10. Les fantassins français passent la nuit du 10 au 11 en restant enterrés, encadrés en cas de besoin par les tirs de barrage de l'artillerie divisionnaire. L'annonce de l'armistice arrive au régiment le 11 novembre vers 6 h 30 ; les adversaires restent ensuite prudents pendant le reste de la matinée, comptant les dernières minutes, même si les tirs d'artillerie et de mitrailleuses se poursuivent jusqu'au cessez-le-feu de 11 h4.

Augustin Trébuchon a été tué à 10 h 55 du matin5, soit 5 minutes avant l'heure du cessez-le-feu décidé par l'armistice du 11 novembre 1918. Selon d'autres sources, il aurait été tué aux environs de 10 h 45 et 10 h 506,7,8.

Augustin Trébuchon avait 40 ans. Il a reçu une balle dans la tête alors qu'il portait un message à son capitaine7. Le soldat Gazareth découvre le corps9. Le 415e RI a eu 68 tués et 97 blessés dans ses rangs au cours des journées des 9, 10 et 11 novembre4.

Mention antidatée..

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Mémorial de la 163e division d'infanterie, à Vrigne-Meuse.

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Sur les dix Trébuchon morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918 et répertoriés sur le site SGA/Mémoire des hommes10, seule la fiche d'Augustin Trébuchon porte la mention rectificative du lieu de son décès2, l'armée ayant corrigé la première version situant la mort à Dom-le-Mesnil (sur la rive gauche de la Meuse) pour la remplacer par Vrigne-Meuse (sur la rive droite)11. La mention « Mort pour la France » est antidatée au 10 novembre2 comme pour les autres Français morts le 11 novembre 1918.

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Le général Alain Fauveau rappelle entre autres les conditions de décès et d'enregistrement du décès d'Augustin Trébuchon dans son livre Le Vagabond de la Grande Guerre, d'après les carnets de guerre de son grand-père, le chef de bataillon Charles de Menditte en poste de commandement au village de Dom-le-Mesnil à cette époque12. Dans un article dédié à ce livre et cet épisode, Jean-Dominique Merchet estime que, pour les autorités militaires, « il n'était tout simplement pas possible de mourir pour la France le jour de l'armistice, le jour de la victoire. »7.

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Sépulture d'Auguste Trébuchon, dernier soldat français tombé lors de la Première Guerre Mondiale, le 11 novembre 1918 à 10h45.Le jour de décès est antidatée au 10 novembre comme pour les autres Français morts le 11 novembre 1918.

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Le dernier mort au combat ?

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Un doute subsiste sur le fait de savoir si Augustin Trébuchon est bien le dernier soldat français mort au combat pendant la campagne contre l'Allemagne (les combats se poursuivent dans les Balkans et au Levant) ; ainsi, selon l'historien belge Jean-Emile Andreux, un autre soldat serait mort, cinq minutes avant 11 heures, par un tir d'obus allemand11. Selon Jean-Dominique Merchet, il pourrait s'agir de Jules Achille (né en 1893, en Mayenne) servant dans le même régiment9.

Un jardin de la mémoire Augustin-Trébuchon a été inauguré à Rethondes en 20128.

René Richard, spécialiste de la guerre de 1914-1918 et président de l’association « Bretagne 14-18 », a mis à jour en 2017 le décès d'un autre combattant, mort à 10 h 58, soit trois minutes après Trébuchon, qui ne serait donc pas le dernier poilu mort au combat. Il s’agit d’Auguste Joseph Renault, né le6 décembre 1897, à Saint-Trimoël (Côtes-du-Nord)13.

Le 10 octobre 2018 parait le premier roman consacré à Augustin Trébuchon, Augustin, du journaliste et écrivain français Alexandre Duyck. Il raconte de manière documentée et romancée les derniers jours de la dernière bataille de la Première guerre mondiale en France, dans les Ardennes, vus par Augustin Trébuchon14.

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Le « vrai » dernier mort semblerait-être un certain Henry Gunther soldat américain..Gunther

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Henry Nicholas Gunther, né le 6 juin 1895 à Baltimore aux États-Unis et mort au combat le 11 novembre 1918 à Chaumont-devant-Damvillers en France, est un soldat américain qui a combattu durant la Première Guerre mondiale. Il est le dernier soldat américain mort pendant la guerre et est aussi considéré comme le dernier militaire tué durant ce conflit.

Sur le front

Départ et affectation à la guerre

Germano-Américain né le 5 juin 1895 à Baltimore, il est employé de banque avant son incorporation et n’a pas trop envie d’aller se battre en Europe1. Il débarque néanmoins en juillet 1918 en France1.

Affecté au 313e bataillon de la 79e division d'infanterie de l'United States Army, il critique l’Armée et reçoit un blâme1. Le 313ed’infanterie a pris position à Chaumont-devant-Damvillers (Meuse)1. Le 11 novembre 1918, les Américains ont été informés qu’à 11 heures, la guerre serait finie.

Décès

Les Allemands, qui occupent une position à proximité, voient surgir du brouillard deux soldats américains baïonnettes au canon. Les Allemands tirent au-dessus de leurs têtes, les soldats se couchent sur le sol. Henry Gunther se relève et continue à avancer. Il est abattu de cinq balles de mitrailleuse1. Il est 10 h 59 soit une minute avant l'armistice1,2,3. Le général Pershing, dans son ordre du jour du 11 novembre 1918 annonçant l'armistice, le notifie comme le dernier soldat américain tué sur le sol français1. Il est promu sergent à titre posthume et la Distinguished Service Cross lui est décernée ; son corps est rapatrié à Baltimore1 en 1923.

11 novembre 1918 : le dernier mort à la dernière minute

CHRONIQUE - Henry Gunther est mort dans la Meuse le 11 novembre 1918 à 10h59, à une minute de l’Armistice. Dernier soldat américain tué sur le sol français, il a aujourd'hui sa propre stèle.

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11 novembre 1918 : le dernier mort à la dernière minuteCrédit Image : RTL / Samuel Goldschmidt | Crédit Média : Samuel Goldschmidt | Durée : 03:50 | Date : 24/08/2018

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 La stèle est toute récente, bien seule au sommet de cette butte de Meuse, pas très loin de Verdun. Elle domine le village de Chaumont-devant-Damvillers. C'est Pierre Lenhard qui l'a faite installer.

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Le guide-conférencier du front meusien s'est toujours passionné pour ce tout dernier épisode. Ce 11 novembre, il y a cent ans, tout le monde sait que la guerre va s'arrêter. Mais aujourd'hui encore, personne ne sait exactement pourquoi Henry Gunther, un Américain, va surgir de ses lignes et du brouillard, avec un de ses camarades, et monter vers les tranchées allemandes.

Pierre Lenhard raconte : "Les Allemands regardent l'heure : il est quasiment 11 heures. Ils de disent : 'Mais qu'est-ce qu'ils veulent encore ces deux-là, dans quelques minutes c'est fini ?' Ils leur font signe de partir.Les Allemands ne vont pas les tuer, mais leur tirer par-dessus la tête en signe d'avertissement". Malgré les injonctions, Henry Gunther, toujours armé, continue d'avancer en direction de la ligne de mitraillettes. Il est finalement abattu de cinq balles, dont une dans la tempe.

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La stèle en l'honneur de Henry Gunther, dernier soldat américain tué sur le sol françaisCrédit : nbcnews.com

Trente secondes après, la Première Guerre mondiale est terminée. Et la vie au front, étrange, continue. "Une demi-heure après, les Américains qui sont là et les Allemands qui sont à côté se rencontrent. On commence à échanger cigarettes, chocolat, souvenirs, etc.", poursuit Pierre Lenhard. La stèle raconte toute cette histoire, au pied d'un mât.


Henry Gunther clôt une litanie jamais vue jusqu'alors dans l'histoire des hommes. Car après la guerre, il faut réussir la paix. C'est sans doute plus difficile encore que de s'entre-tuer.

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Lozère : hommage d'Edouard Philippe à Augustin Trébuchon au Malzieu

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Le Malzieu (Lozère) - Edouard Philippe lors de la cérémonie en hommage à Augustin Trébuchon, le Lozérien dernier poilu mort au combat - 26 octobre 2018. / © F3 LR

Edouard Philippe et Franck Riester sont attendus ce vendredi matin au Malzieu en Lozère. Ils doivent rendre hommage au dernier poilu mort au combat durant la Première guerre mondiale. Augustin Trébuchon, un Lozérien natif du Malzieu, est décédé le 11 novembre 1918, 10 minutes avant le cessez-le-feu.

Le Premier ministre est en Lozère pour la Commémoration du Centenaire de la Première Guerre mondiale afin d’illustrer la mobilisation de l’ensemble des territoires et des populations françaises, au-delà des départements où se sont déroulés les combats.

Edouard Philippe rendra un hommage particulier à Augustin Trébuchon, né au Malzieu et réputé pour avoir été, le 11 novembre 1918, le dernier soldat français tué sur le territoire national avant l’armistice. Il avait 40 ans.

Il est accompagné de Franck Riester, ministre de la Culture et Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées.

France3 Languedoc-Roussillon

Le Malzieu en Lozère. Edouard Philippe et Franck Riester sont attendus ce vendredi matin.
Il y a déjà du monde devant le monument aux morts pour la cérémonie hommage.

Le Premier ministre vient en Lozère pour la Commémoration du Centenaire de la Première Guerre mondiale afin d’illustrer la mobilisation de l’ensemble des territoires et des populations françaises, au-delà des départements où se sont déroulés les combats.
Edouard Philippe rendra un hommage particulier à Augustin …

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Augustin Trébuchon, le Lozérien dernier poilu mort au combat.

Une balle dans le front, dix minutes avant le cessez-le-feu: Augustin Trébuchon, berger lozérien engagé dès 1914, n'a pas eu le temps d'entendre le clairon sonner la fin des combats le 11 novembre 1918 à Vrigne-Meuse dans les Ardennes, théâtre de l'ultime offensive française de la Grande Guerre.

« Augustin Trébuchon est reconnu comme le dernier poilu mort au combat sur le sol français", il est devenu "un emblème qui parle de tous ces morts du 11 novembre", affirme Carole Marquet-Morelle, historienne et directrice du Musée de l'Ardenne à Charleville-Mézières. »

Dans le carré militaire de Vrigne-Meuse, les dix-huit croix blanches de Trébuchon et ses compagnons d'infortune sont pourtant antidatées au 10 novembre 1918.

"C'est une question d'honneur, le jour de l'armistice, il ne devait pas y avoir de mort", explique Jean-Christophe Chanot, maire de ce village occupé comme le reste des Ardennes pendant toute la guerre et théâtre de la der des ders entre soldats français exsangues et troupes allemandes acculées.

C'est que, pendant que la fin du conflit se négociait entre les Alliés et les plénipotentiaires allemands à Rethondes, la 163e division d'infanterie, dont le 145e R.I. auquel appartenait le soldat Trébuchon, avait reçu l'ordre du maréchal Foch de lancer une ultime offensive sur les lignes ennemies, par-delà le fleuve Meuse, pour s'assurer la victoire, selon Mme Marquet-Morelle.
Agent de liaison entre le commandement et le front ou l'arrière, Augustin Trébuchon en avait connu d'autres.

"Il a participé à toutes les grandes offensives, Verdun, le Chemin des Dames, la deuxième bataille de la Marne... et à chaque fois il était au front", raconte-t-elle.

Mais alors qu'il était parti délivrer un message à son capitaine positionné près de la voie ferrée, à deux kilomètres du poste de commandement, une balle de mitrailleuse l'atteignit dans le front, retrace M. Chanot.
A 11H00, Octave Delaluque entonne dans le village voisin de Dom-le-Mesnil un air au clairon signalant l'entrée en vigueur du cessez-le feu. Dix minutes trop tard pour Trébuchon...

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Lozère : hommage d'Edouard Philippe à Augustin Trébuchon au Malzieu
Une balle dans le front, dix minutes avant le cessez-le-feu: Augustin Trébuchon, berger lozérien engagé dès 1914, n'a pas eu le temps d'entendre le clairon sonner la fin des combats le 11 novembre 1918 à Vrigne-Meuse dans les Ardennes, théâtre de l'ultime offensive française de la Grande Guerre. - F2

"Joueur d'accordéon"

Jusque dans les années 1980, l'histoire ne retint pas le destin d'Augustin, Joseph, Louis, Victorin Trébuchon, né le 30 mai 1878 dans le hameau de Montchabrier sur la commune du Malzieu-Forain, au nord de la Lozère.

Ce fils de cultivateurs qui grandit dans les champs du Gévaudan "incarnait" pourtant le poilu, "car il était rural, paysan", rappelle l'historienne, qui date la première référence à ce soldat dans un article de Paris Match en 1988, puis dans "Putain de guerre !", BD signée Jacques Tardi en 2010, tandis que la France se penche sur les vies des soldats brisées par le conflit.

Berger orphelin, il n'avait effectué en 1899 qu'un an de service militaire au lieu de trois, pour assurer la subsistance de certains de ses frères et soeurs en tant que "pastre".
Mais "il avait une passion qui était devenue un second métier: joueur d'accordéon", raconte à l'AFP le poète lozérien Léon Bourrier, fils d'un ami proche d'Augustin, Firmin Bourrier, avec lequel il partit au combat le 4 août 1914 à Mende, à l'âge de 36 ans.

"Très réputé pour ses airs de bourrées et de brise-pied, il animait toutes les soirées et les veillées du canton" et "était toujours accompagné de sa petite amie, Hortense", raconte M. Bourrier, 85 ans. 

L'unique photo connue de l'estafette montre un homme trapu d'1,61 m, front dégarni et visage ovale, qui en quatre ans de combats n'obtint qu'une seule permission, en 1917, et fut décoré de la Croix de guerre.
"Quand mon grand-père était encore en vie, il n'aimait pas parler de la guerre, mais on savait à peu près son histoire", confie Lucien Trébuchon, son petit-neveu de 69 ans qui, pour la première fois, "monte à Vrigne-Meuse pour le 11 novembre".

Dans le hameau lozérien de Montchabrier, une salle porte le nom d'Augustin Trébuchon, de même qu'une rue à Vrigne-Meuse, où sa figure emblématique sera omniprésente lors des commémorations du centenaire du 11-Novembre.

Le Premier ministre s'est ensuite rendu à Mende où il a prononcé un discours pour lancer les commémorations du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale.

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Lozère : Edouard Philippe en visite au Malzieu puis à Mende
Edouard Philippe et Franck Riester sont attendus ce vendredi matin au Malzieu en Lozère. Ils doivent rendre hommage au dernier poilu mort au combat durant la Première guerre mondiale. Augustin Trébuchon, un Lozérien natif du Malzieu, est décédé le 11 novembre 1918, 10 minutes avant le cessez-le-feu. - F3 LR - Reportage : D.Aldebert et Y.Le Teurnier.

Le Lozèrien Augustin Trébuchon, dernier mort de 14-18

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La commune de Vrigne-Meuse dans les Ardennes rend hommage ce dimanche 15 avril à Augustin Trébuchon. C'est là que le 11 novembre 1918, 10 minutes avant le cessez-le-feu de la première guerre mondiale ce berger lozérien est mort, tué par une balle allemande. Il avait 40 ans.

Augustin Trébuchon, né dans un hameau du Malzieu-Forain au nord de la Lozère s'était engagé 4 ans plus tôt à Mende. 

Un destin d'autant plus extraordinaire qu' Augustin Trébuchon aurait très bien pu ne pas s'engager  :  il était en effet soutien de famille puisqu’orphelin, il  avait élevé ses frères et sœurs.

"Il a 36 ans, il quitte Mende le 6 août 1914. Il est blessé deux fois, cité deux fois. En 1918, il occupe le poste très délicat d'estafette. Il court à droite à gauche, pour apporter des ordres, des contre-ordres. C'est une activité où on est très exposé. Ça va pas louper, à 10h50, le 11 novembre, il prend une balle allemande alors qu'il apporte un message à son capitaine indiquant que la soupe est bientôt servie".

Une statue à l'effigie d'Augustin inaugurée en octobre dans les Ardennes 

A Vrigne-Meuse, où il est enterré, une rue porte son nom. L'ancien maire, Georges Dommelier y tenait.

"C'est un moyen mnémotechnique pour ne pas oublier ces gens là. J'aime bien aussi mettre des petites gens à l'honneur parce que la guerre de 14/18 a causé beaucoup de drames dans les familles, dans les campagnes". 

L'histoire d'Augustin Trébuchon est restée très longtemps ignorée. Ce n'est qu'en 2008 que le berger lozérien a été reconnu officiellement dernier mort français de la grande guerre. 

A l'occasion du centenaire de la fin de cette guerre, la commune de Vrigne-Meuse a décidé d'inaugurer un chemin de mémoire ce dimanche 15 avril et de planter un arbre du centenaire. 

En octobre, c'est une statue à l'effigie d'Augustin Trébuchon qui sera dévoilée dans la commune. 

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Le premier mort..officiel..de la Grande guerre..

14-18 : Jules-André Peugeot, le premier mort

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Jules-André Peugeot fut le premier mort de la guerre 14-18

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Tombé le 2 août 1914, quelques heures avant la déclaration officielle de la guerre, le caporal Peugeot est le premier soldat "tombé pour la France", premier tué d'une terrible boucherie qui fera 40 millions de victimes militaires et civiles.
Qui était cet homme et dans quelles circonstances est-il mort ? 

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Peugeot et Meyer

Samedi 1er août 1914, la mobilisation générale est décrétée et le lendemain matin, en ce dimanche 2 août 1914, à Joncheray, dans le territoire de Belfort, le caporal Peugeot est averti de la présence d’une patrouille  prussienne dans la zone. De toute évidence, ces huit hommes  du 5e Chasseurs à Cheval de Mulhouse, ont violé la frontière française, distante d’à peine quelques  kilomètres.  A la tête de cette patrouille ennemie, le sous-lieutenant Camille Mayer, âgé de 20 ans.
Le caporal Jules-André Peugeot, fils d'une institutrice, est né à Etupes, dans le Doubs, le 11 juin 1893. Il se rend sur les lieux avec ses quatre hommes.  Ce franc-comtois, instituteur de profession,  a pour mission de surveiller la frontière franco-allemande. A l'endroit indiqué, il aperçoit, en effet, le détachement  allemand. Le caporal Peugeot prononce les sommations d’usage " Halte-là, Halte-là ! " mais le sous-lieutenant Mayer, pour toute réponse, prend son révolver et tire trois coups dans sa direction. La deuxième balle blesse grièvement le caporal à l’épaule droite. Le caporal Peugeot parvient tout de même à épauler son fusil et à ouvrir le feu sur le sous-lieutenant qui s’effondre, touché au ventre. Mayer est grièvement blessé. Une autre balle, tirée par l'un des hommes du caporal Peugeot, l'atteint à la tête et l'achève. Le lieutenant Peugeot parvient malgré tout à revenir sur ses pas. Il s'écroule à proximité de la maison des Docourt, la ferme voisine.  Il meurt à 10h07.
Son corps fut emporté en automobile à Etupes et "placé dans le lit où il était né"(Lettre de Mme Peugeot). Après avoir reçu les honneurs militaires, il est inhumé, le mardi 4 août, dans le tombeau de son grand-père maternel à une quinzaine de kilomètres de Joncherey.

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Photo ci-dessus de la pierre tombale du sous-lieutenant Albert Mayer dans le cimetière militaire allemand d'Illfurth, non loin de Mulhouse,(DR).

Le 1er mort, vraiment ?

Albert Mayer est le premier mort allemand du front de l'Ouest de la guerre 14-18, le caporal Peugeot le premier mort militaire français.
Nous sommes 36 heures avant la déclaration de la première guerre mondiale.
Parce que le Caporal Peugeot est mort avant le début "officiel" des hostilités, quelques personnes, sporadiquement, continuent de lui contester le titre de "premier tué de la Guerre 14-18".
Pour Christophe Grudler, homme politique et historien français, il n'y a pas de place pour une telle controverse. " Cette affirmation, écrit-il ,  est aussi ridicule que de dire que l'attaque du port américain de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, par les Japonais, ne fait pas partie de la Seconde guerre mondiale car la guerre entre les deux pays ne sera déclarée que le 8 décembre 1941 !(…) Le 2 août 1914, quand tombe le caporal Peugeot sur le sol de Joncherey, la Première guerre mondiale est déjà bien effective. La France a déclaré la mobilisation générale le 1er août 1914, et - ce 2 août - les Allemands envahissent déjà le Luxembourg, pour se jeter ensuite sur la France et la Belgique".

Un monument  est érigé en honneur du Caporal Peugeot à Joncherey. Il est inauguré en 1922 par le président du Conseil.

René Regort, un poète né à Joncheray en 1923, rendra hommage au caporal Peugeot.
Il écrira ces vers touchants :

"Je suis cloué au sol, les yeux fixés aux cieux

Ce n’était pas la guerre, et je suis amoureux

Je pense à ma belle, à celle qui m’attend

Je ne veux pas mourir, je viens d’avoir vingt ans..."

 

Je regarde là haut dans le soleil couchant

Des oiseaux apeurés volent en tourbillonnant

Valsez plumes légères, mais venez vous poser

J’ai un serment d’amour, il faut le lui apporter 
"

Jules André Peugeot

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Jules André Peugeot, né le 11 juin 1893 à Étupes dans le Doubs et mort le 2 août 1914 à Joncherey dans le Territoire de Belfort, est un caporal de l’armée française. Il est le premier mort militaire français de la Première Guerre mondiale.

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Issu d'un milieu modeste, il est en octobre 1912 instituteur au « Pissoux » sur la commune de Villers-le-Lac. Une plaque commémorative sur le mur de l’école rappelle sa nomination à sa sortie de l’école normale de Besançon. Son nom figure sur le monument commémoratif de tous les morts enseignants à l’IUFM de Besançon.

Depuis le mois d'avril, Jules André Peugeot, qui effectue son service militaire, est caporal. Au cours de l'été suivant, il prépare le concours des officiers de réserve. Son régiment faisant partie des troupes de couverture, il a pour mission de surveiller la frontière franco-allemande, en cas de tension entre les deux pays1.

Incident de Joncherey, et premiers morts d'une guerre non encore déclarée

Commandant une escouade de la 6e compagnie du 2e bataillon du 44e régiment d'infanterie de Lons-le-Saunier, le caporal Peugeot fait barrage le 2 août 1914 à un détachement de reconnaissance allemand de huit hommes du Jäger-Regiment zu Pferde Nr. 5, le 5e régiment de chasseurs à cheval de Mulhouse, qui progresse vers Joncherey en venant de Faverois après avoir violé la frontière française. Le sous-lieutenant Albert Mayer commande ce détachement. Après avoir sabré sans la tuer la sentinelle française postée en avant de l'escouade, Mayer tire trois fois en direction de Peugeot. Ce dernier riposte et atteint le cavalier d’une balle dans le ventre, mais la deuxième balle allemande a mortellement blessé le caporal Peugeot. Revenant sur ses pas, il s’affaisse devant la maison des Docourt et meurt à 10 h 7. Il est le premier mort militaire français d'une guerre qui ne commença officiellement que le lendemain 3 août, jour de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France2. Atteint d'une seconde balle française après celle de Peugeot, le sous-lieutenant Mayer est quant à lui, le premier tué allemand. Les deux jeunes hommes avaient presque le même âge, 21 et 22 ans.

Récit 

Caporal Peugeot

Le caporal et ses quatre hommes avaient quitté Joncherey et pris la route qui monte vers Faverois. Après avoir dépassé une ancienne tuilerie, ils étaient arrivés vers 8 heures à la maison Docourt. C’était une construction isolée, basse, et précédée d’une cour que bordait une palissade rustique. Il y avait là M. et Mme Louis Docourt, leurs fils Ernest et Casimir, 20 et 19 ans, leur fille Adrienne Nicolet et leur petite-fille Fernande Nicolet, 2 ans et demi.

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Dix minutes plus tard, Adrienne, la fille de la maison, alla chercher de l’eau à une source captée dans un pré voisin, en bordure de route, à 50 mètres environ de la ferme.

Soudain elle aperçut des casques à pointe. C’était la patrouille allemande qui cheminait entre deux champs de blé, à la lisière du bois des Coupes. Affolée, elle revint en courant et en criant : “Voilà les Prussiens ! Voilà les Prussiens !”

Albert Mayer sauta au milieu de la chaussée, en contrebas, et s’élança au galop vers Joncherey. André Peugeot se projeta hors de la cour, vers l’accotement de la route, se mit dans la position du tireur à genou et cria à l’officier : “Halte-Là, halte-là”. il eut le temps de tirer une fois, mais Mayer lui envoya trois coups de revolver, sans que l’on puisse savoir lequel des deux hommes avait appuyé le premier sur la détente. Deux balles se perdirent, mais la troisième atteignit le Caporal Peugeot à l’épaule droite. Elle sortit par l’épaule gauche en sectionnant l’aorte. Mortellement blessé, Peugeot laissa tomber son arme et fit quelques pas vers la maison, où il s’effondra contre l’appentis placé devant le porte d’entrée.

Les soldats français prirent leurs armes et tirèrent sur Albert Mayer qui avait déjà dépassé la maison Docourt et s’engageait dans la descente vers Joncherey. Il s’affaissa sur sa selle, lâcha son sabre et son revolver, puis tomba de cheval, 150 à 200 mètres plus loin, sur le bas côté de la route 36. Il avait été mortellement atteint d’une balle à l’aine gauche et d’une autre derrière l’oreille, à la hauteur de la tempe droite. La première blessure était sans doute due au coup de fusil du caporal Peugeot ; la seconde pouvait avoir été provoquée par le soldat Bozon qui marchait au bord de la route, avec la soupe pour le poste, et avait tiré de très près, de bas en haut. Le fait qu’il se soit trouvé sur la trajectoire de Mayer permet de lui attribuer le coup fatal plutôt qu’à Devaux, Simon et Monnin, qui chacun revendiquèrent ensuite la gloire d’avoir vengé Peugeot.

Caporal Peugeot (1893-1914)

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Il est officiellement reconnu que la première victime française de la guerre fut le caporal André Peugeot, instituteur, né le 11 juin 1893, à Etupes (Doubs), A la sortie de l’Ecole normale de Besançon, il fut nommé à l’Ecole du Pissoux, à quelques kilomètres du Saut-du-Doubs. Il y fit ses débuts comme instituteur et l’habita un peu plus d’un an , jusqu’au moment où il fut appelé au service militaire .Incorporé au 44ème R. 1. fort du Lomont. Nommé caporal en avril, il suivait le peloton des élèves officiers, quand la guerre éclata. « C’était, nous écrit un de ses chefs, un jeune homme volontaire et doux, dont le franc regard et le bon sourire trahissaient l’intelligence et la bonté ».

” A l’Ecole du Pissoux, il avait fait preuve des plus nobles qualités professionnelles. Sa mère elle-même était institutrice à Etupes. Il avait reçu au foyer de ses parents des leçons quotidiennes de patriotisme et de devoir civique. Comme caporal, il était très aimé de son escouade et, malgré sa jeunesse, il exerçait sur ses subordonnés un réel ascendant ». (R. Poincaré, discours d’inauguration, 16 juillet 1922).

Avec l’autorisation militaire, le corps du caporal fut emporté en automobile à Etupes, « placé dans le lit où il était né » (Lettre de Mme Peugeot) et inhumé, le 4 août, dans le tombeau de son grand-père maternel, le colonel Péchin, chef d’état-major.

M. Mauveaux, secrétaire général de la Mairie de Montbéliard, prit aussitôt l’initiative d’ouvrir une souscription pour ériger, après la guerre, un monument sur le théâtre de l’agression, « sur cette terre Delloise devenue sacrée pour tous les hommes de France ; il enseignera à nos enfants comment est mort, à 20 ans, les armes à la main, pour la défense de sa Patrie, pour le Droit et la Justice, le premier instituteur Français ». (Sibylle et Mauveaux, in Le Petit Comtois, 19 septembre 1915. Peugeot faisait partie de cette héroïque phalange des instituteurs, qui perdirent 7.407 des leurs, sur 28.307 mobilisés. Enfin, voici le libellé de son acte de décès dressé à la mairie de Joncherey .

« Le 2 août 1914, dix heures, Jules, André Peugeot, né à Etupes (Doubs) le 11 juin 1893, caporal au 44e R. 1. au fort du Lomont (Doubs), âgé de 21 ans, fils de Jules, Albert Peugeot, employé d’usine, âgé de 48 ans et de Francine, Marie, Frédérique Péchin son épouse, âgée de 49 ans, institutrice, demeurant ensemble à Etupes (Doubs), est décédé devant l’ennemi vers la maison Docourt Louis, à Joncherey » .

Ont signé : Louis Docourt père, Ernest Docourt fils, Charbonnier, maire de Joncherey.

Monument Caporal Peugeot

En 1922, un monument fut élevé à Joncherey presque en face de la maison Docourt, pour perpétuer le souvenir du Caporal Peugeot, première victime de la guerre.

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Ce monument était un élégant pylône au sommet duquel se trouve un médaillon avec la fine effigie du caporal ; plus bas un motif en relief représentant la Germania casquée plantant son glaive dans le dos d’un soldat français (œuvre du sculpteur Armand Block).

Sur le socle, plusieurs plaques de marbre mentionnaient que ce monument a été érigé par souscription mondiale (lndocti discant et ament meminisse periti ., que les noms des principales villes donatrices y figurent et, surtout ce fait essentiel, qu’avant la déclaration de la guerre à la France et alors que le Gouvernement de la République, pour éviter toute cause de conflit, avait retiré ses troupes de couverture à 10 kilomètres à l’intérieur de ses frontières, l’Allemagne impériale et royale a répandu ici le premier sang français.

A l’occasion de cette inauguration, le Président de la République, M. Poincaré, exalta le patriotisme et la belle attitude du Caporal Peugeot et flétrit avec indignation les violations multiples de notre territoire avant la déclaration de la guerre et les mensonges allemands concernant les prétendus raids d’avions français, allant bombarder les villes du Rhin, Carlsruhe, Coblentz, Cologne, Wesel et surtout Nuremberg, située à 520 kilomètres de la frontière, distance que nos avions de bombardement de cette époque-là ne pouvaient pas couvrir.

Ce monument a été détruit, en juillet 1940, lors de l’occupation allemande.

70 ANS APRES . . .

A l’occasion du 70ème anniversaire de la mort du Caporal Peugeot, le Conseil Municipal de JONCHEREY a décidé de rééditer cette brochure que nous terminerons par le passage d’une allocution prononcée par le Maire, Paul MICHAILLARD, Conseiller Général de DELLE :

« Devant ce monument, les HOMMES doivent se souvenir. Et ce souvenir n’aurait guère de sens s’il ne constituait pas pour les jeunes générations un SYMBOLE e t un ENSEIGNEMENT. Deux fils de Pasteur, d’une vingtaine d’années, sont morts tous les deux, le premier le lieutenant MAYER, obéissant aux ordres de franchir la frontière pour une patrouille de reconnaissance, le second, le Caporal PEUGEOT, pour défendre le sol de la Patrie, premières victimes d’un combat qui allait durer plus de quatre ans .Le Caporal PEUGEOT repose actuellement dans le cimetière d’ETUPES à quelques kilomètres à l’Ouest de JONCHEREY. Le Lieutenant MAYER repose actuellement dans le cimetière d’ILLFURT, à quelques kilomètres à l’est de JONCHEREY en ALSACE, d’où il était originaire, province arrachée à la FRANCE après la défaite de 1871… Le Drame de JONCHEREY, 70 ans après, ne peut inciter qu’à cette réflexion :

Ceux qui, hier, ont tout sacrifié :

Ceux de 14-18, Ceux de 39-45, Ceux de la Résistance, Ceux d ’Indochine, Ceux d’Algérie. Ceux qui, hier, ont tout donné pour remporter la bataille des Armes, ont bien mérité, n’est- il pas vrai, pour eux, leurs enfants et leurs petits-enfants, que ceux d’aujourd’hui, ceux de demain, fassent un effort pour gagner définitivement la bataille de la PAIX.. . ».

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Le monument tel que l’on peut le voir actuellement :

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Les déserteurs n’ont pas été épargnés non plus..

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Il y a eu de nombreux « fusillés » pour..désertion..

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Mais, en fait, certains poilus en avaient « marre » d’obéir à des ordres parfois injustes et sans réel concertation sur le plan tactique pour la manœuvre..

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Il y a, tout d’abord, eu des protestations, puis..des mutineries..

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A force, est également né une chanson..

Ceux de Craonne..

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Photo ci-dessus de poilus à Craonne en 1917.

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Photo ci-dessus du 87ème Régiment d’infanterie, dans les tranchées sur la côte 34 à Verdun en 1916.

Fusillés pour l’exemple..

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Photo ci-dessus d’un conseil de guerre pour statuer et décider du sort de chaque « déserteur »..

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Exécution

Photo ci-dessus lors du tournage d'un film, avec Bruno Kremer(le curé..), et Gérard Philippe à l'extrémité gauche

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11 novembre 1918 : la fin de la Grande Guerre, vraiment ?

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A l'approche du 11 novembre, célébrations et commémorations vont se succéder ces prochains jours dans tout le pays, rappelant que le 11 novembre 1918, à 5 heures 15 du matin et dans le wagon-restaurant d’un train stationné près de Rethondes, les délégués allemands signaient l'armistice qui devait mettre fin aux combats, après 4 ans de conflit. Un peu partout, on lit que l'événement signe la fin de la guerre - c'est en fait un peu plus compliqué que ça...

A l'approche du 11 novembre, célébrations et commémorations vont se succéder ces prochains jours dans tout le pays, rappelant que le 11 novembre 1918, à 5 heures 15 du matin et dans le wagon-restaurant d’un train stationné près de Rethondes, les délégués allemands signaient l'armistice qui devait mettre fin aux combats, après 4 ans de conflit. Un peu partout, on lit que l'événement signe la fin de la guerre - c'est en fait un peu plus compliqué que ça...

L’Armistice n’est pas la paix

Effective à 11 heures du matin le 11/11, la cessation des combats qu'amène l’Armistice est-elle la paix ? Pas vraiment. Au-delà du fait qu’on continue de mourir sur le front jusqu’à la minute qui précède son entrée en vigueur [1], sa durée initiale n’est que de 36 jours et il devra être renouvelé à plusieurs reprises avant la signature du traité de paix de Versailles, le 28 juin 1919.

L’Armistice n’est pas la paix, il n’est pas non plus une capitulation. Si les deux interrompent ou mettent fin à des combats, la nuance n’a rien de secondaire. La capitulation est une décision militaire qui marque une défaite majeure et se solde par la transmission au moins partielle du pouvoir à l’ennemi sur un territoire donné. L’armistice est une décision politique qui n’a aucune implication sur ce plan : l’Allemagne continue d’être administrée par l’Allemagne seule et son armée aurait pu poursuivre les opérations, du moins un moment.

Le 11 novembre marque plutôt le début d’un entre-deux complexe, entre guerre et paix, mouvement au demeurant entamé plus tôt : la signature de Rethondes est la dernière d’une série de six armistices [2] qui ne mettent d’ailleurs pas fin aux combats dans toute l’Europe, loin de là. Bref : ce n’est plus la guerre, ce n’est pas encore la paix, au point que les historiens s'entendent désormais pour désigner cette période comme la sortie de guerre, plutôt que comme l’après-guerre.

Le dangereux terreau de l'amertume allemande

Une partie du peuple allemand fut d’ailleurs convaincue un instant que l’Allemagne avaitgagné la guerre. Une réaction qui semble à peine croyable si on oublie que l’information n’est pas aussi rapide qu’aujourd’hui d’une part, qu’à l’automne 1918, le territoire du Reich n’estpas envahi d’autre part : le front se situe toujours hors de ses frontières.

Pour une partie de la population, la défaite était à peine pensable. Dans son ouvrageL’aveuglement, l’historien Marc Ferro rappelle les termes ambigus du haut commandement allemand : le communiqué du 11 novembre indique que « les soldats reviennent invaincus du champ de bataille ». Un mois plus tard, le chancelier Ebert accueille une dizaine de divisions qui défilent en plein Berlin par un discours qui insiste à nouveau sur l’invincibilité militaire de l’Allemagne : « Je vous salue, soldats ; les rudes exigences des vainqueurs pèsent lourdement sur nos épaules, mais (…) aucun ennemi ne vous a vaincus ».

Pour être clair, l’idée ne tient pas : malgré une série d’offensives spectaculaires au printemps 1918, la situation des armées allemandes est de plus en plus intenable à l’automne 1918. Non seulement ces tentatives ont mis 900 000 hommes hors de combat, tués ou blessés, mais elles se sont enlisées. L'effet était déjà désastreux sur le moral de soldats déjà épuisés par quatre ans de conflit mais la bataille d’Amiens, entamée en août 1918, a sonné le glas de ses derniers espoirs face à des Alliés supérieurs en tout, du nombre (2 millions de soldats américains sont arrivés sur le front) au matériel, à commencer par les tanks. Le chiffre des soldats déserteurs, réfractaires ou réticents à retourner au front en témoigne : plus d’un million dans les dernières semaines, d’après l’historien Whillelm Deist. L’armée allemande peut certes continuer de combattre, mais elle est au bord de la rupture et son haut commandement en a conscience.

Au-delà d’une situation militaire désespérée, la demande d'armistice est aussi la conséquence d’une situation intérieure très délicate, marquée par l’abdication de Guillaume II le 9 novembre. C’est précisément ce qui alimentera le discours du « coup de poignard dans le dos », le Dolchstoss, notamment porté par les militaires allemands et en particulier par Ludendorff. L’homme fort du haut-commandement qui avait pourtant été le premier à réclamer un armistice à son gouvernement, dès le 28 septembre 1918 ne fut pas le dernier de ceux qui accusèrent ensuite « l’arrière » d’avoir trahi le pays – pêle-mêle les politiciens, les civils, les déserteurs, les révolutionnaires de la Ligue Spartakiste, les autres mouvements communistes… Thèse qui plombera sérieusement les débuts de la République de Weimar et que les nazis exploiteront à leur tour, faisant au passage des Juifs les principaux responsables de la défaite.

1917-1923 : 27 autres conflits en Europe

Au niveau européen, les affrontements sont loin de s’achever dans la clairière de Rethondes. De 1917 à 1923, l’Europe est déchirée par 27 conflits distincts [3], d’ampleur certes régionale mais directement ou indirectement liés au conflit mondial. Certains relèvent de la guerre civile, comme dans une Russie secouée par les suites de la Révolution de 1917 ou… l’Allemagne, marquée par la chute du Kaiser Guillaume II et les affrontements de début 1919 entre spartakistes et Corps francs. D’autres sont des conflits entre états, comme la guerre entre la Russie et la Pologne ou la Turquie et la Grèce.

Des conflits mineurs ? Pas vraiment : cumulées, les pertes sont supérieures à celles qu’ont subi les armées française, anglaise et américaine sur l’ensemble de la Première guerre. Et encore est-ce sans compter les troubles qui commencent à opposer les populations de certains pays colonisés aux États européens : Inde, Égypte, Indochine, Algérie…

___________

[1] Le dernier soldat tué ce jour-là est un Américain, Henry Gunther, tué à 10h59 d’un tir de mitrailleuse. Le dernier poilu français, Augustin Trébuchon, est tombé à 10h45.

[2] Focsani, le 9 décembre 1917, entre l’Allemagne et la Roumanie ; Brest-Litovsck, le 15 décembre 1917, entre l’Allemagne et la Russie ; Salonique, le 29 septembre 1918, entre l’Empire ottoman et les Alliés ; et la Villa Giusti, entre l’Autriche-Hongrie et l’Italie.

[3] R. Gerwarth, Les Vaincus, Seuil, 2017

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Photo ci-dessus de la nécropole et de l’ossuaire de Douaumont.

Grande Guerre : l'histoire secrète que cache cette photo d'un soldat censurée par l'Armée

À l'occasion de la commémoration du 11Novembre, retour sur une image phare de la bataille de Verdun (Meuse), une photo longtemps censurée par l'armée française.

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Le cliché montre un soldat épuisé, assis par terre, qui reprend des forces en mangeant un maigre repas. Une image symbole de cette guerre qui a épuisé une génération, tuant 1,4 million de combattants français. La photo date du 10 juillet 1918. Mais dans la liesse de la victoire, la photo a été censurée, car l'attitude du soldat ne correspondait pas à l'image héroïque que l'armée voulait donner de ses combattants. 

Cet homme fatigué est un vainqueur. L'explication se trouve sur les numéros brodés sur son col : le soldat appartient au 299e régiment d'infanterie. La veille de la prise de vue, le 9 juillet 1918, à Antheuil-Portes (Oise), sur la ligne de front, le régiment a lancé une offensive pour reprendre du terrain aux Allemands. Le journal de bord indique que l'opération réussit dans l'ensemble et que 550 prisonniers allemands sont ramenés.

Une posture peu héroïque

Aucun triomphalisme pourtant dans le regard de ce poilu, car les conditions de vie sont très dures. Un caméraman de l'armée française le filme. La gamelle n'est pas très garnie : du pain, de la viande en conserve, et peu de légumes. Le ravitaillement des soldats au front est particulièrement difficile : il arrive souvent froid ou souillé.

Des deux côtés, les hommes se terrent pour manger. Le trou derrière le soldat de la photo était le repaire des Allemands, que les Français ont délogés. Mais cent ans après, l'identité de cet homme est toujours inconnue. De ses actes de bravoure, il ne reste qu'un bout de film et cette photo. 

Pourtant il arriva, même, que Clémenceau, surnommé le tigre, venait manger parmi la troupe..

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L' "Anneau de la Mémoire", mémorial pour 600.000 soldats de la guerre 14-18

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Ce mémorial situé dans le Pas-de-Calais, unique par son architecture et son principe, rassemble les noms des soldats morts pendant la Première Guerre mondiale, sans distinction de grade ni de nationalité. Le monument avait été  inauguré par François Hollande.

L'"Anneau de la Mémoire" réunit dans une fraternité posthume près de 580.000 combattants venus du monde entier, tombés sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. François Hollande doit l'inaugurer ce 11 novembre à Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais.

Les noms de ces 579.606 soldats y sont inscrits sur 500 plaques d'acier d'environ trois mètres de haut, rappelant le déluge d'obus du conflit. Pour la première fois, les ennemis d'hier sont rassemblés dans l'ordre alphabétique, sans distinction de nationalité, d'origine ou de religion.

En 2011, l'Etat a cédé à la région Nord-Pas-de-Calais un terrain de 2,2 hectares à proximité immédiate de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette, à charge pour la collectivité territoriale d'y construire un mémorial d'exception.

"Souffrance partagée de tous les combattants"

"La violence de la mort de masse qui a frappé notre territoire exigeait un monument durable", souligne l'historien Yves Le Maner, qui a conçu le projet, signé par l'architecte Philippe Prost. L'"Anneau de la Mémoire" ne célèbre pas les vainqueurs de la guerre, mais évoque la souffrance partagée de tous les combattants.

La liste des noms a été dressée à partir des données fournies par chaque nation. La base fournie par la Commonwealth War Graves Commission (CWGC) rassemble 241.214 noms de combattants issus de l'ancien empire britannique inhumés dans quelque 800 cimetières militaires de la région. Le Volksbund Deutsche Kriegsgraberfursorge (VDK) allemand en a transmis 173.876. Et la liste française de 106.012 noms intègre les combattants de l'ancien empire colonial (Algériens, Sénégalais, Indochinois...) et ceux de la Légion étrangère "morts pour la France", dont 59 Suisses, des Chiliens ou des Argentins. Mais l'anneau porte aussi les noms de 2.326 Belges, 2.266 Portugais, 1.037 Russes, ou encore six Américains.

Une partie du monument a été édifiée en porte-à-faux au-dessus du vide pour signifier la fragilité de la paix retrouvée sur le continent européen. A proximité de la nécropole nationale et de la basilique construite dès 1921, l'Anneau symbolise également la complémentarité de l'Etat et des collectivités territoriales pour les commémorations du centenaire de 1914-18.

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Pour conclure

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Il y aurait pourtant beaucoup de choses à dire et tant à redire sur cette Grande Guerre et au sujet de ses atrocités, comme millions de morts « inutiles », sans doute, mais, après tout..On ne va pas refaire l’histoire..malheureusement…

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