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Le « R.I.C. » ou Grand Débat National ?, et donc..faux « R.I.C. » ?..

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Au Sénat : «  C’est moi qui préside la séance.. » Larcher rappelle à l’ordre Grivaux..

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Photo ci-dessus de Gérard Larcher président du Sénat, lors de ce rappel à l’ordre signifié à l’encontre de Benjamin Grivaux.

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Photo ci-dessus, lors de l’affaire Darmanin – Benjamin Grivaux appelle à s’en tenir au droit..

Le Grand Débat National..La grande arnaque..Gouvernementale !

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Le « R.I.C. » et pas..Grand Débat National !!!

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La France (d’en haut) a peur : demain le RIC... après-demain la peine de mort ?

par Vera Mikhaïlichenko 
jeudi 20 décembre 2018

La diabolisation du RIC et de son principal promoteur, Étienne Chouard, marche à fond depuis quelques jours dans nos médias... Saurons-nous y résister ?

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Le référendum d'initiative citoyenne ou populaire (RIC ou RIP) est progressivement devenu l'une des revendications centrales des Gilets jaunes. Selon Étienne Chouard, il s'agit même de « la cause commune des Gilets jaunes ».

Éléments de langage LREM : "RIC et badaboum... on se réveille avec la peine de mort"

La classe dirigeante, elle, est beaucoup moins enthousiaste à cette proposition. Elle apparaît même terrorisée par ce RIC. Passons en revue quelques réactions.

Bruno Bonell, député LREM, nous met en garde :

« Si on faisait des référendums les gens voteraient pour la peine de mort et seraient beaucoup plus durs sur l’immigration. »

Stanislas Guerini, délégué général de la République en Marche et député, tire la sonnette d'alarme : 

"Je ne veux pas que demain on puisse se réveiller avec la peine de mort dans notre pays parce qu'on aura eu un RIC, parce que Laurent Wauquiez un jour se sera réveillé en disant 'tiens si on faisait la castration chimique pour les délinquants sexuels'... et puis badaboum le lendemain on a le RIC, et c'est effectif dans notre pays. Moi, je crois aussi à la démocratie représentative."

On voit que les députés de la majorité se sont passés le mot pour effrayer la population avec l'épouvantail de la peine de mort. Jouer sur les peurs, ils savent faire.

Or, comme l'a justement souligné Marianne, Stanislas Guerini n'envisage qu'une "vision radicale du RIC", "sans envisager les limitations possibles de ce dispositif". Le magazine envisage, lui, la possibilité d'un "RIC encadré", ne pouvant porter que sur certains sujets délimités au préalable :

"C'est le cas aux Etats-Unis, où les référendums d'initiative citoyenne en vigueur dans plusieurs Etats ne peuvent remettre en cause la Constitution de l'Etat fédéral, ni celle du territoire en question. En 1995, une loi votée par les citoyens de l'Arizona a par exemple été annulée par la Cour suprême car elle modifiait la Constitution de cet Etat.

Or, Stanislas Guerini ne cite pas cette hypothèse, envisageant seulement un "RIC" portant sur les questions les plus sensibles. Selon l'article 11 de la Constitution, le référendum d'initiative partagée concerne les textes qui ont trait à "l'organisation des pouvoirs publics" (hors Constitution), "aux réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent" et à "la ratification d'un traité". Impossible dans ce dispositif, par exemple, de voter pour la castration chimique des délinquants sexuels.

On peut faire la même objection à l'argument massue du rétablissement de la peine de mort. Il n'est aujourd'hui pas possible, d'organiser un référendum d’initiative partagée sur cette question. L'article 66-1 de la Constitution dispose en effet que "nul ne peut être condamné à la peine de mort". En n'envisageant qu'une version radicale du referendum d’initiative populaire, le patron de LREM ne répond donc que partiellement à la question posée."

"Pour rétablir la peine de mort, le référendum devrait pouvoir être constituant, comme le demandent une partie des Gilets jaunes. « Le seuil de signatures requis pour initier un tel référendum serait vraisemblablement plus élevé que le RIC en matière législative  », souligne Jean-Philippe Derosier, constitutionnaliste et professeur de droit public à l’université de Lille."

Le RIC vu par les chiens de garde = Fin de la civilisation, torture, guillotine, poison, Hitler...

L'avis du journal Le Monde, c'est que les consultations d’initiative populaire, si elles se limitaient à "des domaines convenus et sous contrôle du juge constitutionnel", pourraient "utilement revivifier l’exercice démocratique". Mais, "si elles se développaient tout-terrain et sans contrôle de constitutionnalité, elles ouvriraient la voie aux démagogies les plus débridées et les plus dangereuses".

Invité de France Inter ce 20 décembre, l'écrivain Jean-Claude Carrière nous offre de bon matin un joli point Godwin :

"Dès qu’il est question d’un référendum populaire, Mussolini et Hitler ne sont pas loin."

Le RIC étant pratiqué par la Suisse, l’Italie, le Liechtenstein, quelques États américains, quelques länder allemands (Bavière, Berlin), la Lettonie, la Macédoine, la Slovénie, la Croatie, la Nouvelle-Zélande et, plus récemment, le Venezuela ainsi que Taïwan... faut-il en conclure que Mussolini et Hitler sont partout sur le point de revenir ?

Guillaume Brossard, co-fondateur du site Hoaxbuster, exprime le même type de crainte (les gens manquent d'esprit critique, ils croient n'importe quoi, le résultat du RIC serait dans ces conditions "super moche"...) :

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Même son de cloche chez le politologue Olivier Duhamel qui, le 17 décembre sur Europe 1, affirme que, si le recours au référendum était facilité, cela s'avérerait "extrêmement dangereux" pour la démocratie. "Vous pouvez avoir un RIC qui demande la suppression des limitations de vitesse, un autre qui demande la suppression de la CSG, un troisième qui demande le rétablissement de la peine de mort, un quatrième qui demande la torture pour les auteurs d'attentats terroristes, etc.", égraine-t-il, pour illustrer son inquiétude.

Olivier Duhamel n'hésite d'ailleurs pas à publier sur Twitter une image de guillotine pour illustrer la possible institution du RIC.

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Voici un deuxième tweet, pour le plaisir, où le RIC est qualifié (avec beaucoup de nuance) de"poison" :

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On constate que, pour un politologue stipendié, le pouvoir du peuple signifierait inévitablement un retour à la barbarie, la fin - ni plus ni moins - de la civilisation.

Si nous n'étions pas contenus dans notre folie par des maîtres responsables (qui constituent une humanité supérieure, si ce n'est la seule vraie humanité), nous laisserions parler le pire de nous-mêmes ; ce serait tout simplement le chaos. On mettrait tous les individus potentiellement dangereux dans des camps, on les torturerait, on roulerait comme des dingues à 200 km/h sur toutes les routes, on s'entretuerait, on dilapiderait en un rien de temps l'argent public, on se délecterait de faire tomber la lame de la guillotine sur la tête de nos semblables... Bref, ce serait le retour à l'état de nature, tel que l'imaginent les penseurs libéraux.

Ces derniers seraient bien inspirés de mettre à jour leur logiciel, en prenant connaissance des travaux de vulgarisation de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, auteurs de L’entraide, l’autre loi de la jungle.

"On n'aurait pas dû avoir à l'écrire ce livre, on devrait connaître tout cela dès la maternelle. On naît dans un bain idéologique qui fait que l'on prend l'agression pour une donnée naturelle." Pablo Servigne 

Le bal des agoraphobes

A vrai dire, nos oligarques (politiques ou médiatiques) font preuve d'agoraphobie politique, pour reprendre la terminologie du politologue québécois Francis Dupuis-Déri, auteur de Démocratie. Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France ; voici ce qu'il écrit : 

« J’utiliserais donc agoraphobie politique plutôt que antidémocratisme pour faire référence à la peur de la démocratie directe. En psychologie, l’agoraphobie désigne une peur des foules et des vastes espaces publics. L’agoraphobie politique, pour sa part, désigne la peur de l’agora, le nom de la place publique dans les cités grecques où les citoyens s’assemblaient pour délibérer. (...)

L’agoraphilie politique, pour sa part, désigne une forte sympathie (voire de l’amour) pour le peuple assemblé. Renversant la logique de l’agoraphobie politique, l’agoraphilie affirme que toute élite gouvernante 1) est irrationnelle, car animée pas sa passion pour le pouvoir et la gloire ; 2) démagogique ; 3) constitue une faction qui, par sa seule existence, divise la communauté entre gouvernants et gouvernés. »

Francis Dupuis-Déri est aussi l'auteur de La peur du peuple. Agoraphobie et agoraphilie politique. Cette peur est à comprendre dans un double sens :

- la peur des élites que le peuple assemblé puisse se gouverner lui-même(agoraphobie politique)

- et la peur du peuple lui-même qui peut pousser certains à choisir des représentants (en partie due à la glossophobie, peur de s'exprimer en public)

L'agoraphobie avait déjà pu se manifester avec Nuit Debout, mais elle se manifeste plus encore, aujourd'hui, avec les Gilets jaunes.

Fake news au sommet de l'État et humiliation internationale

La peur de la démocratie directe va si loin qu'elle fait perdre les pédales à certains de nos "représentants", politiques et médiatiques.

Ainsi, l'indéboulonnable Alain Duhamel voit dans la démocratie directe un risque de tyrannie de la minorité sur la majorité... alors qu'on aurait plutôt tendance à envisager le contraire...

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C'est bel et bien le système représentatif qui induit un risque de tyrannie de la minorité (aristocratie élue, corrompue par les lobbies) sur la majorité (silencieuse et impuissante), et la démocratie directe, au contraire, qui pourrait mener à une tyrannie de la majorité (qui aurait toujours le dernier mot) sur les minorités. Des minorités seraient certes à l'initiative d'un RIC, mais c'est la majorité qui trancherait.

Autres propos pleins de mauvaise foi : ceux de Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale et député LREM, qui a critiqué le système démocratique suisse. Les images datent du 16 juillet dernier, mais ont été récemment reprises sur Twitter par Guillaume Barrazone, ancien maire de Genève.

Mis en cause, le président de l'Assemblée nationale, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, a osé tancer le maire de Genève en ces termes :

"Je démens formellement avoir pensé ou tenu ces propos que vous me prêtez. Quelles sont vos sources ? Évitez svp les Fake News !"

Guillaume Barazzone

✔@BarazzoneG

 · 17 déc. 2018

Honte à vous @RichardFerrand!- ignare - qui venez de déclarer à l’Assemblée nationale sur la droit de référendum helvétique : ”les thèmes soumis sont très souvent le fait de cliques affairistes et de quelques lobbyistes démasqués“. Le peuple suisse appréciera @tdgch @ArthurFlash

Richard Ferrand

✔@RichardFerrand

Cher monsieur @BarazzoneG, je démens formellement avoir pensé ou tenu ces propos que vous me prêtez. Quelles sont vos sources ? Évitez svp les #FakeNews !

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23:32 - 17 déc. 2018

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

425 personnes parlent à ce sujet 

Quelle honte pour Richard Ferrand, qui soit perd la boule, soit est un fieffé menteur ! Car Guillaume Barrazone n'a pas tardé à retrouver la source et à la publier :

Guillaume Barazzone

✔@BarazzoneG

Voici vos propos @RichardFerrand contre la démocratie demi-directe helvétique..@tdgch @ArthurFlash Allez-vous présenter des excuses? Bonne journée.

1 948

10:04 - 18 déc. 2018

2 067 personnes parlent à ce sujet

On attend maintenant les excuses de Richard Ferrand, qui accuse donc de "fake news"celui qui dit la stricte vérité, et dément formellement avoir tenu des propos qu'il a pourtant bien tenus, preuve à l'appui.

La Radio télévision suisse (RTS) a résumé cette piteuse affaire :

Quand Richard Ferrand critique la démocratie Suisse..

La France d'en haut a donc peur du RIC. Et, du coup, elle perd le sens de la mesure, elle se montre agressive et essaie de nous faire peur, comme elle le faisait déjà avant le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005, à l'occasion du Brexit ou encore de l'élection de Donald Trump en 2016. A chaque fois, on nous promet les pires catastrophes, de véritables cataclysmes.

L'épouvantail Chouard, ou comment transformer un honnête homme en danger public

Mais la France d'en bas a parfois elle-même peur du RIC, dont le chantre est un certain Étienne Chouard, vous savez, cette "figure de la complosphère d’extrême droite"(sic), dixit Conspiracy Watch. Certains d'entre nous (certes, de moins en moins nombreux) se laissent intimider par ce genre d'anathème. On trouve certainement peu d'hommes aussi tolérants, doux et démocrates qu'Étienne Chouard, mais il serait d'extrême droite... car, un jour, dans une vidéo, il a dit du bien d'Alain Soral (il l'avait qualifié de "résistant"). Suffisant, pour certains, pour le clouer au pilori à tout jamais.

Juste pour rigoler, rappelons les neuf caractéristiques de l'extrême droite, selon l'historien Michel Winock : 

  • « la haine du présent », considéré comme une période de décadence ;
  • « la nostalgie d’un âge d'or » ;
  • « l'éloge de l’immobilité », conséquence du refus du changement ;
  • « l'anti-individualisme », conséquence des libertés individuelles et du suffrage universel ;
  • « l'apologie des sociétés élitaires », l'absence d’élites étant considérée comme une décadence ;
  • « la nostalgie du sacré », qu'il soit religieux ou moral ;
  • « la peur du métissage génétique et l’effondrement démographique » ;
  • « la censure des mœurs », notamment la licence sexuelle et l'homosexualité ;
  • « l'anti-intellectualisme », les intellectuels n’ayant « aucun contact avec le monde réel ».

Chacun s'accordera à dire que ça correspond en tous points à la ligne politique d'Étienne Chouard... LOL.

Dans ce climat de terreur intellectuelle, il a fallu un certain courage à François Ruffin pour rendre hommage à Étienne Chouard, lors d'une conférence de presse de LFI sur le RIC, le 18 décembre :

On ne sent pas une immense approbation de la part de ses collègues de la France Insoumise. D'ailleurs, la députée Clémentine Autain n'a pas tardé à se désolidariser des propos de François Ruffin...

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Face au flot de désapprobation dans son camp, Ruffin a dû se justifier d'avoir cité le "pestiféré" Chouard :

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Frédéric Says, journaliste à France Culture, s'est vite joint à la meute, tout comme la journaliste au Monde Ariane Chemin :

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Mais aussi l'inévitable Jean-Michel Aphatie (plus de 30 000 euros de salaire mensuel), qui estime sur Europe 1 que la prise en main du mouvement par Étienne Chouard traduit une "véritable dérive", l'enseignant marseillais étant selon lui un dangereux "extrémiste" :

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Europe 1 

✔@Europe1

"La prise en main du mouvement des #GiletsJaunes par @Etienne_Chouard traduit une véritable dérive", dénonce @jmaphatie @nikosaliagas #europe1

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12:41 - 18 déc. 2018

464 personnes parlent à ce sujet

 On notera, durant cette intervention enfiévrée, que Jean-Michel Aphatie s'en prend aux conspirationnistes parmi les Gilets jaunes, alors qu'il a lui-même récemment tenu des propos hautement complotistes sur les Gilets jaunes. Faites ce que je dis, pas ce que je fais...

La LICRA était bien sûr de la fête :

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Notez cette façon irrespectueuse, et même abjecte, de désigner un homme à la vindicte : "le complotiste Chouard"... on l'essentialise, on le diabolise (ce ne sont pas les propos qui sont complotistes, c'est l'homme lui-même, en son essence). C'est un peu comme si un raciste disait "le juif untel", "le nègre untel..." ; à chaque fois que la personne en question serait évoquée, on la ramènerait à son satut de juif, de noir... ou, ici, de complotiste.

Chouard essaie de dialoguer avec la LICRA, mais c'est peine perdue... On ne dialogue pas avec le diable.

Conspiracy Watch y est aussi allé de sa condamnation fielleuse :

"Figure influente de la complosphère francophone, l’enseignant et blogueur Etienne Chouard (...) est au cœur d’une polémique secouant les rangs des Insoumis.

(...) François Ruffin, député de la Somme et rédacteur en chef du journal Fakir, a salué en Etienne Chouard un homme « de conviction » (...)

Sur TwitterFrançois Ruffin a justifié cet après-midi l’hommage rendu à Etienne Chouard :

« J’ai cité Chouard dans mon discours sur le RIC hier. (...) Ce qui n’ôte rien à nos désaccords, déjà signalés avec force, avec clarté, il y a plusieurs années. Depuis, Chouard a mis fin à ses étranges liens. Alors, doit-on éternellement traiter les hommes en pestiférés ? Tel n’est pas [mon] choix. »

Etienne Chouard a-t-il vraiment « mis fin à ses étranges liens » ? Rien n’est moins sûr.

Non seulement le blogueur n’est jamais revenu sur les multiples théories du complot qu’il a pu diffuser publiquement sur son blog ou dans des interviews mais, le 6 août 2018, « Le Média pour tous », la chaîne YouTube récemment lancée par l’ancien collaborateur d’Alain SoralVincent Lapierre, mettait en ligne un entretien de 14 minutes avec lui. Le 8 décembre dernier, Etienne Chouard, qui a pris fait et cause pour les Gilets jaunes, assurait une conférence aux côtés notamment de Maxime Nicolle, figure emblématique du mouvement… et complotiste assumé.

Chouard n’a, du reste, jamais pris ses distances avec la nébuleuse antisémitegravitant autour d’Alain Soral et d’E&RIl n’est jamais non plus revenu sur ses propos élogieux concernant Alain Soral, pourtant condamné de nombreuses fois pour incitation à la haine raciale. (...)"

Dans ce réquisitoire, on ignore si Chouard a dit quelque chose de mal dans son entretien avec Vincent Lapierre ou dans sa conférence aux côtés de Maxime Nicolle ; il est condamné ici, non pour ses propos, mais pour ses fréquentations. Il y a des gens, manifestement, auxquels on doit refuser de parler pour conserver sa réputation. En outre, est-il vrai que Chouard n'a jamais pris ses distances avec Soral ? Eh bien non, c'est faux. Il l'a fait dans un texte intitulé "Pour que les choses soient claires", publié le 28 novembre 2014 :

"Pour revenir à Soral, j’ai rapidement compris qu’il n’est pas du tout un démocrate, évidemment : il est autoritaire et il défend une idéologie autoritaire, au strict opposé de ce que je défends moi. Je ne veux pas plus de sa « dictature éclairée » que de n’importe quelle dictature, évidemment.

(...) tout récemment, j’ai découvert dans une publication de Soral des propos terribles et dangereux qui me conduisent à changer d’avis sur la portée du lien que j’ai mis sur mon site.

Dans une vidéo en direct de juin 2014 (1 minute, à partir de 47:54), Soral dit les mots suivants, que je n’avais jamais entendus de lui avant, et qui me choquent tous profondément :

[Bon, j’ai commencé à transcrire, mais j’ai honte de seulement écrire des trucs pareils… Donc, j’arrête. Je vous laisse lire le lien si ça vous chante.]

Je ne peux évidemment pas valider une parole pareille, froidement raciste, sexiste, autoritaire. Je n’avais jamais vu Soral parler comme ça. C’est un peu comme un désaveu, parce que je l’ai entendu maintes fois jurer qu’il n’était pas antisémite.

Alors, je cède, je reconnais que me suis trompé, en publiant un lien sans mise en garde : il y a un risque d’escalade des racismes."

Que faut-il en conclure ? Que, quatre ans après cette mise au point salutaire, Conspiracy Watch désinforme en affirmant qu'elle n'a jamais eu lieu. CQFD.

Daniel Schneidermann s'est cru, lui aussi, obligé d'envoyer son petit crachat sur le père Chouard, dans un article intitulé "RIC, pourquoi pas ? Chouard, non merci." On y lit ceci :

"Etienne Chouard, poursuivant sa route, s'est embourbé dans un compagnonnage intellectuel avec le pamphlétaire-homme d'affaires antisémite forcené Alain Soral (notre dossier ici). (...) Quelles que soient ses raisons -angélisme, provocation, sincère conviction qu'il faut "parler avec tout le monde", partage secret de certaines convictions de Soralelles disqualifient intellectuellement, à mes yeux, le parapentiste, trop enclin à planer trop haut au-dessus du triste monde tel qu'il est. Je ne dirais pas que c'est une boussole qui montre le Sud. C'est juste une boussole en folie, à qui j'ai décidé de retirer ma confiance de voyageur dans le brouillard."

Dans cette vidéo de 7 minutes, Chouard avait répondu, comme par anticipation, à tous les petits kapos qui aujourd'hui le traquent en ligne ; il expliquait son état d'esprit, ouvert, non partisan, non politicien, si différent du leur :

Le philosophe Raphaël Enthoven a également attaqué Chouard, se joignant à la meute, avant de regretter son geste lâche... dans un sursaut d'honnêteté et de virilité ?

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Face aux calomniateurs de tout poil, qui pullulent sur les réseaux sociaux, Chouard a proposé des débats publics, filmés, en direct. Il a réclamé le droit de pouvoir se défendre.

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A l'exception d'Enthoven (qui, comme Chouard, est un ami de Montaigne et de son art de la conversation... ça aide à être un peu moins con), il est à craindre que bien peu accepteront. La dénonciation, la diabolisation, l'anathème... nos politicards, nos journaleux et nos associations pseudo tolérantes ont tellement l'air d'aimer ça, comme s'ils avaient ces vices dans le sang.

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Edouard Philippe précise les contours du grand débat national

18h54 , le 9 janvier 2019

Par Thomas Liabot

Edouard Philippe et Benjamin Griveaux ont donné mercredi plus de précisions sur l'organisation du grand débat national.

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Edouard Philippe et Benjamin Griveaux mercredi à Matignon. (Sipa)

"Nous serons prêts." A l'issue du séminaire gouvernemental de rentrée, Edouard Philippe s'est montré confiant, mercredi, sur le lancement à venir du grand débat national censé apaiser la colère des Gilets jaunes notamment. Le Premier ministre a indiqué qu'il détaillerait lundi les modalités finales du débat, après d'ultimes réunions à Matignon avec les partenaires sociaux et les élus. Regrettant la démission de Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), Edouard Philippe a commencé à détailler les grands axes de cette concertation.

Lire aussi - Gilets jaunes : "Leur débat, là, c'est de l'enfumage"

Un débat "transparent" et "utile"

Le débat doit débuter la semaine prochaine dans toute la France après son lancement par Emmanuel Macron qui adressera une "lettre aux Français" avant d'effectuer un premier déplacement mardi dans l'Eure. Le Premier ministre a indiqué qu'il détaillerait lundi les modalités finales du débat.

Afin d'offrir, selon lui, "l'ensemble des garanties qui permettront aux Français de constater que ce débat impartial (...) est transparent et surtout utile". "Débattre, c'est aussi tenir compte de ce qui a été dit (...) et nous affirmons clairement notre volonté de tenir compte de tout ce qui aura été dit", a-t-il assuré.

Le débat se déroulera notamment via des "réunions d'initiatives locales", des "stands mobiles", une plateforme numérique et au travers de "conférences citoyennes régionales qui permettront à une centaine de Français tirés au sort dans chaque région, à la fin de du processus du débat, de pouvoir donner leur avis sur ce qu'ils ont entendu", a-t-il détaillé.

Philippe "regrette" la démission de Jouanno

Beaucoup de points restent encore à régler, en particulier le pilotage de ce débat après la démission soudaine mardi soir de Chantal Jouanno, la présidente du Conseil national du débat public (CNDP), à la suite de la polémique liée à sa rémunération. "Je regrette" cette démission, qui, en intervenant "tard dans le processus", ajoute "une complexité supplémentaire", a reconnu Edouard Philippe.

Le gouvernement veut éviter le grand déballage

Pour tenter d'éviter que ce débat ne se transforme en "grand déballage" et face à la pression notamment des antimariage pour tous, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a précisé que les thèmes de l'IVG, de la peine de mort et du mariage pour tous n'étaient "pas sur la table" et qu'il n'était "pas question" de revenir sur ces "avancées conquises de haute lutte".

Mais d'autres questions sensibles risquent d'embarrasser l'exécutif : le retour de l'ISF, la suppression de la taxe d'habitation pour les 20% plus riches ou encore le salaire des hauts fonctionnaires. Chantal Jouanno a elle-même jugé "légitime" qu'on s'interroge sur sa rémunération de 14.666 euros bruts mensuels.

(avec AFP)

Grand débat national : pourra-t-on vraiment parler de tout ?

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Le grand débat national doit notamment permettre aux Gilets jaunes de faire part de leurs revendications (illustration). AFP/Boris Horvat

Le gouvernement assure qu’aucun thème ne sera tabou durant cette consultation. Tout en refusant de revenir sur des lois votées depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

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L’enfumage du Grand débat national..

15 000 euros mensuels pour Jouanno et une enveloppe de 4 millions : Macron continue de cracher à la figure des Gilets Jaunes !!

On ne reviendra pas ici sur l’inanité d’un débat entre Français qui contestent le pouvoir organisé par le dit pouvoir qui se permet même d’en choisir les termes.

On ne peut que souhaiter qu’il soit boycotté par un maximum de Français et que le faible nombre de participants le discrédite.

Jouanno, grande prêtresse, a reçu 4 millions d’euros pour la mise en place du débat, pour organiser des réunions d’initiatives locales et une plate-forme numérique.

Ils vont se faire des couilles en or, les informaticiens chargés d’organiser les dites plates-formes, mais que ne ferait-on pas pour les copains des copains.

Que doivent coûter les réunions ? Pas un sou, si on suppose que, comme lors des campagnes électorales, les Maires peuvent être sollicités pour mettre gratuitement à disposition une salle de Mairie… Mais je ne doute pas un instant que des associations nombreuses et variées vont mettre leur grain de sel et servir d’intermédiaire, que des patrons de salles privées vont faire payer à prix d’or ce qui pourrait être gratuit. Il faut bien que les copains et les gros gagnent, encore plus.

4 millions… ça fait 4000 personnes payés au smic, dans un pays qui compte 5 millions de smicards et 10 millions de pauvres…

Ces 4 millions, en pleine crise des Gilets Jaunes, avec tous ces témoignages de pauvres gens qui vivent avec moins de 800 euros par mois, c’est une provocation de Macron. Ils ne vivent plus dans notre monde, dans notre sphère, ces salopards.

Et la cerise sur le gâteau c’est le salaire mirobolant, supérieur à celui même de Macron que va recevoir la donzelle, ’Chantal Jouanno, ex-ministre des sports et sénateur,  Chantal Jouanno, qui préside depuis mars 2018, la CNDP, la Commission nationale du débat public et qui, à ce titre, est chargée d’organiser le « débat national. »

Ça sert à quoi un machin comme ça, sinon à offrir des sinécures en or aux copains pour les remercier de bons services ? Dans le cas de Jouanno, à la remercier d’avoir appelé à rallier Macron ?

Et donc la donzelle qui devrait avoir enfin un peu de boulot avec le « Débat national » imposé par Macron à des GJ qui n’en veulent pas, gagne la modique somme de 14666 euros ( bruts). Avec les charges, vous imaginez ce qu’elle nous coûte, la Jouanno, qui cumule, en plus, avec ses indemnités d’ex- sénateur, sa retraite d’ancien Ministre….

Elle se défend très maladroitement et ajoute, magnanime, qu’elle comprend (elle a mis le temps ) que son salaire puisse choquer que l’on peut en débattre. Trop bonne la nana !

Oui, Macron crache à la figure des Gilets jaunes, mais, paradoxalement, ces faits, portés à la connaissance de tous, ne peuvent qu’ancrer les GJ dans leur détermination et accroître leur révolte et leur envie de voir Macron et sa clique dégager.

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Edouard Philippe regrette le départ de Chantal Jouanno..

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Le Grand Débat National n’a pas encore eu lieu ni même commencé que tout dérape..

Gilets jaunes : Chantal Jouanno se retire de l’organisation du "grand débat national"

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Chantal Jouanno ne pilotera pas le grand débat souhaité par Emmanuel Macron

BERTRAND GUAY AFP

La présidente de la Commission nationale du débat public était au centre d’une polémique concernant son salaire

La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), Chantal Jouanno, a annoncé mardi soir son retrait du "grand débat national" destiné à sortir de la crise des "gilets jaunes", après la polémique suscitée par son salaire.

"J’ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat", a déclaré l’ancienne ministre au journal de France 2, estimant que les débats nés sur son niveau de salaire (14 666 euros) était "légitimes" mais que les "conditions de sérénité nécessaires pour ce débat" n’étaient pas assurées.

Pas de démission

"C’est une décision que j’ai prise parce que je crois en ce débat (…) plus que nécessaire", a-t-elle poursuivi, précisant qu’elle ne quittait pas pour autant la présidence de la CNDP.

"Ceci dit, je remets dans les mains du président de la République et du gouvernement en général, le niveau de rémunération de la présidente de la CNDP qu’il leur appartiendra d’arbitrer, comme les autres rémunérations des autorités indépendantes et des hauts fonctionnaires", a-t-elle poursuivi.

"Le gouvernement prend acte de la décision de Chantal Jouanno et proposera à l’issue du séminaire gouvernemental (mercredi) une organisation et un mode de pilotage du "Grand débat national" qui présenteront des garanties équivalentes en termes d’indépendance et de neutralité", a réagi Matignon.

En effet, suite aux annonces concernant les rémunérations et salaires de la député,  Chantal Jouanno, en charge de l’organisation et du déroulement de ce Grand débat national, celle-ci, en effet, après coup, annonce son retrait et souhaite arrêter et mettre fin à

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Le mouvement des « Gilets jaunes », après la première manifestation du 17 novembre 2018 ont soulevé une demande de Référendum d’Initiative Citoyenne ou « R.I.C. »..

L’Etat, ayant eu peur des trop grandes propositions en guise de  protestations, a préféré « s’accaparer » le sujet et débat, en proposant et souhaitant un..Grand Débat National.

Ce Grand Débat National, s’il arrive à se concrétiser, laisse cependant bien des doutes dans l’esprit des gilets jaunes comme de ce mouvement des « Gilets jaunes », laissant apparaître la forme possibilité en récupération du gouvernement, et en risque, d’être remplacé par un..Grand déballage, sans queue ni tête, et surtout n’ayant pas grand-chose ou plus rien à voir avec leurs revendications légitimes..

L’Etat et le gouvernement, pour ce faire, avaient dépêché, un responsable pour organiser cela, en la personne de la député Chantal  Jouanno..

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Là-dessus, il y a trois jours à peine, c’est créé une polémique, autour de la rémunération et salaire de cette même député pour son emploi dans le cadre de ce Grand débat national..

Grand débat... et grand salaire pour Chantal Jouanno : cinq questions sur une polémique

Politique :Jannick Alimi avec Caroline Piquet|07 janvier 2019, 18h15|MAJ : 08 janvier 2019, 15h03

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Chantal Jouanno, ici le 19 décembre à Paris, dit « comprendre » que le montant de son salaire à la tête de la CNDP puisse choquer. LP/Philippe Lavieille

La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) va toucher 14 700 euros brut mensuels en 2019.

POLÉMIQUE SUR LE SALAIRE DE CHANTAL JOUANNO, ORGANISATRICE DU GRAND DÉBAT NATIONAL

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La révélation du salaire de Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), qui est chargée de l'organisation du "grand débat national", a suscité une polémique, certains "gilets jaunes" et leurs soutiens la prenant à partie.

Son salaire s'élèverait à 14.666 euros bruts mensuels, selon La Lettre A parue lundi, soit un revenu quasi-équivalent à celui du président de la République ou du Premier ministre, qui touchent chacun 15.140 euros bruts par mois.

"C'est le salaire fixé par les autorités pour les présidents de la CNDP, quels qu'ils soient", avait expliqué lundi Chantal Jouanno au micro de franceinfo. "Cela ne dépend pas de moi et ça n'est pas lié au grand débat national".

"Je comprends (que ça puisse choquer) et je pense que c’est important aussi que les gens disent pourquoi ça les choque, en quoi ça pose problème, et à la limite, s’ils veulent faire une proposition pour réviser ce salaire, ils en sont totalement libres", avait ajouté Mme Jouanno en invitant à mettre ce sujet au programme du "grand débat".

"14.500 euros de salaire ferme pour +débattre+, mais ça fait des décennies que je mène des débats, des articles, des meetings, des vidéos, bénévolement; j'imaginais pas que c'était possible ce genre de trucs", s'est indigné l'ancien inspecteur du travail et ex-représentant de l'aile gauche du PS, Gérard Filoche, sur Twitter.

Manuel Bompard, directeur de campagne de La France insoumise, a dénoncé sur BFMTV des "rémunérations excessives quand, dans le même temps, le président de la République n'est pas capable d'annoncer une hausse des salaires".

"J'ai le sentiment que (les Français en colère) vont mal le prendre", a estimé pour sa part la porte-parole de LR Laurence Sailliet sur BFMTV.

Le député et porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu, s'est dit "choqué" et a jugé "indécent" le salaire de Mme Jouanno. "Quel est le taré chez En Marche qui a accepté un contrat qui lui donne un salaire de ce montant?", a-t-il demandé sur LCI.

Pour son poste en 2018, Chantal Jouanno a reçu 172.425 euros bruts (selon les rapports annexes à la loi de Finances 2019), soit 10% de plus que son prédécesseur.

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a pris sa défense mardi. "A un moment donné, il va quand même falloir qu'on reprenne le sens de la mesure. Il y a des joueurs de foot qui gagnent un million d'euros par mois et ça ne choque personne", a-t-il réagi sur Europe 1.

"Si on considère qu'exercer des responsabilités politiques, c'est quelque chose qui ne doit pas être rémunéré ou qui doit être rémunéré simplement au salaire minimum, eh bien ça veut dire qu'on considère qu'il n'y a plus d'échelle de valeurs dans les responsabilités", a estimé le ministre, qui n'est "pas pour que tout le monde gagne pareil partout".

Grand débat national: «Le salaire de Jouanno, c’est quand même quasiment 10 fois le Smic !»

INTERVIEW Député (LR) de Moselle, Fabien Di Filippo, a déposé une proposition de loi pour plafonner le salaire des hauts fonctionnaires. Il réagit à la polémique sur la rémunération de Chantal Jouanno…

Propos recueillis par V.V.

Publié le 08/01/19 à 16h49 — Mis à jour le 08/01/19 à 17h56

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Chantal Jouanno, la présidente de la commission du débat public (CNDP), le 27 novembre 2018 à l'Elysée. — Jacques Witt/SIPA

  • Chantal Jouanno va toucher 176.000 euros en 2019 pour présider la Commission nationale du débat public.
  • C’est cette commission indépendante qui doit organiser le grand débat national voulu par Emmanuel Macron.
  • Auteur d’une proposition de loi visant à plafonner le salaire des hauts fonctionnaires, Fabien Di Filipo réagit à la polémique.

Quasiment autant qu’Emmanuel Macron. Chargée d’organiser le « grand débat national » voulu par le chef de l’État, Chantal Jouanno va toucher, en 2019, 176.000 euros de salaire, a révélé, lundi, La Lettre A. Soit plus de 14.500 euros par mois. L’ancienne ministre des Sports s’est défendue, en expliquant qu’il s’agissait du salaire fixé par les autorités pour n’importe quel président de la Commission nationale du débat public (CNDP).

Mais la polémique enfle. Auteur d’une proposition de loi visant justement à plafonner le salaire des hauts fonctionnaires, le député (LR) Fabien Di Filippo réagit à ces révélations pour 20 Minutes

En quoi le salaire de Chantal Jouanno vous gêne-t-il ?

Elle va gagner quasiment autant qu’Emmanuel Macron (15.140 euros par mois). Son poste de présidente de la Commission nationale du débat public n’a rien à voir avec celui de chef de l’État tout de même. Pour ce salaire, elle va encadrer une dizaine de personnes. Moi, je me souviens, il y a dix ans, je travaillais dans le privé, chez Auchan.J’encadrais aussi une dizaine de personnes et je touchais 1.800 euros pour cela…

Gerard Filoche@gerardfiloche

 · 7 janv. 2019

En réponse à @audrey_crespo et 2 autres

combien elle est payée pour cette "mission" ?

Chantal Jouanno

✔@Chantal_Jouanno

Bonjour @gerardfiloche Aucune rémunération spécifique pour cette mission. Je touche un salaire de présidente de la Cndp dont les missions sont plus larges que le Grand débat.

16

09:56 - 7 janv. 2019

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En quoi est-ce choquant que certains hauts fonctionnaires soient bien rémunérés ?

Si l’État était tellement bien géré, qu’il n’y avait pas de chômage, pas de réduction des dépenses publiques à trouver, on pourrait comprendre. Mais on parle quand même d’un salaire dans un pays où la dette va bientôt atteindre 100 % du PIB. Mais croyez-vous vraiment qu’un tel salaire serait possible dans une entreprise privée qui se trouverait dans une telle situation financière ?

C’est pour cela que vous aviez déposé une proposition de loi, voilà un an ?

A l’époque, on demandait beaucoup d’efforts aux Français, notamment à travers l’augmentation des taxes. Et je trouvais anormal que 600 hauts fonctionnaires environ, essentiellement au Quai d’Orsay et à Bercy, touchent des salaires aussi astronomiques. Ces gens-là gagnent entre 150.000 et 420.000 euros par an et ils ont un emploi à vie.

Où en est votre proposition de loi ?

Nulle part. Elle n’a logiquement jamais été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Et mon groupe politique (Les Républicains) n’a pour l’instant pas profité d’une niche parlementaire pour l’y inscrire. Mais on risque d’en reparler dès la semaine prochaine quand on retournera à l’Assemblée nationale.

A l’époque, je me souviens qu’un éditorialiste politique avait qualifié ma proposition de « loi la plus bête du monde ». Dans le même temps, un sondage dans un quotidien de ma région montrait que 96 % des gens y adhéraient. Pour moi, cela voulait dire beaucoup…

Qu’est-ce qui vous gêne finalement dans le fait que Chantal Jouanno gagne autant ?

Cela instille le soupçon. A partir du moment où elle s’est montrée Macron-compatible, elle a hérité de ce poste à la CNDP. Le salaire a d’ailleurs augmenté de 13 % avec sa nomination [mais les missions de la commission ont été élargies]. Je pense qu’ avec un peu moins, elle ferait aussi bien son boulot et ne se priverait pas pour autant. Le salaire de Jouanno, c’est quand même quasiment 10 fois le Smic !

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Chantal Jouanno avait demandé l’avis d’un « Gilets jaunes »..

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Après cette annonce et retrait, elle resterait tout de même à la tête de la CNDP..Quid du salaire ?..

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Le débat national proposé par Macron porterait sur cinq thèmes..

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Grand débat de Macron, les ministre divisés..

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Dordogne : certains maires ne veulent pas participer au grand débat national

Mercredi 9 janvier 2019 à 16:57Par Marie-Sylvie PrudhommeFrance Bleu Périgord

L'Union des maires de Dordogne était réunie en assemblée générale ce mercredi matin à Périgueux. André Laignel, ex secrétaire d'Etat socialiste et premier vice-président de l'association des maires de France était invité. Les élus se sont montrés très réservés face au grand débat national.

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Le grand débat national devrait être lancé mardi prochain © Maxppp – Maxppp

Une centaine de maires périgourdins participaient ce mercredi matin à l'assemblée générale de l'Union des maires de Dordogne à la Filature de l'Isle à Périgueux. Comme à chaque rendez-vous une personnalité était invitée à participer aux débats. Ce mercredi, c'est André Laignel, ancien secrétaire d'Etat de plusieurs gouvernements socialistes , maire d'Issoudun (Indre) et premier vice-président de l'Association des maires de France qui est venu échanger avec ses collègues.

"C'est un débat entre citoyens et l'Etat" André Laignel vice-président de l'Association des maires de France

Bien évidement, dans ce département rural très opposé aux 80km heure et qui compte 140 000 retraités, c'est le mouvement des gilets jaunes qui a été au coeur des discussions des maires. André Laignel interrogé sur le grand débat national a  émis des doutes sur l'intérêt de cette consultation " c'est un débat entre les citoyens et l'Etat, les maires ne sont pas partie prenante, ils ne sont pas co-organisateurs,  bien entendu si on nous demande une salle dans notre commune nous la mettrons à disposition, mais en aucun cas, contrairement à ce que laisse croire parfois le gouvernement, nous ne sommes associés à la préparation de ce débat".

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A Périgueux pour l’AG des maires de Dordogne @EmmanuelMacron a décidé d'aller rencontrer les maires dans 13 régions...Quelle drôle d'idée : nous étions tous à Paris au Congrès @l_amf mais il n’a pas pris la peine, contrairement à son engagement, de venir échanger avec nous ! #AMF

" De l'enfumage total" François Roussel maire LR de Neuvic

Et le point de vue du maire socialiste d'Issoudun est partagé par beaucoup d'élus dans la salle.  Le maire LR de Neuvic, François Roussel,  estime " que c'est de l'enfumage total, on essaye de faire faire un débat dans les mairies mais moi je sais répondre aux questions qui me concerne, si il y a un trou dans la chaussée, un problème de poubelle ou de transport scolaire, mais pour le pouvoir d'achat, même si je me sens concerné, je peux servir de facteur, point final".

Le flou de l'organisation du débat

Des maires dans le flou quant à leur rôle et plutôt septique sur l'intérêt de ce grand débat . " Nous avons le sentiment que ce débat est biaisé explique André Laignel, " le gouvernement nous dit qu'il n'est pas question de revenir sur ce que nous avons fait depuis 18 mois, le premier ministre nous dit qu'on ne peut pas changer le cap du gouvernement....si on ne peut pas changer ce qui a été fait voir mal fait...pouvez-vous m'expliquer à quoi va servir ce débat si ce n'est à dispenser un rideau de fumée".

" Les problèmes des gilets jaunes ce sont des problèmes individuels, c'est difficile d'y répondre" Martial Candel maire LREM

Du côté des Marcheurs, on perçoit la difficulté d'un débat aux contours encore flous.Martial Candel, maire du petit village de Saint-Crépin-de-Richemont et animateur local du comité En Marche Nord Dordogne explique qu'il va organiser le débat  mais reconnaît que l'exercice est compliqué " _c'est difficile de répondre aux questions parce que ce sont des questions qui regardent l'Etat et pas tellement les communes...._en réalité ce sont beaucoup de problèmes individuels, c'est quasi impossible d'y répondre et d'ailleurs le but du jeu n'était absolument pas d'y répondre mais de faire remonter les questions".

Alors que le grand débat national devrait être lancé mardi prochain, certains maires périgourdins ont déjà dit qu'ils ne participeraient pas à son organisation, c'est le cas du maire de Neuvic, François Roussel " je ne vais rien faire, rien du tout, si il y a des gens qui veulent faire remonter des doléances, je vais servir de boites à lettres, mais je n'ai pas l'intention du tout d'être organisateurs d'un débat sans intérêt". 

Le département de la Dordogne compte 505 communes.

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"Débat national" : Macron écrira aux Français dans quelques jours, ce que l'on sait déjà sur son organisation

CONSULTATION - Emmanuel Macron a annoncé lors de ses voeux qu'il allait écrire aux Français "dans quelques jours" pour préciser les contours du grand débat national. Comment celui-ci va-t-il se dérouler ? Comment y participer, quels sujets y seront débattus, comment seront retranscrites les doléances des Français ? Premiers éléments de réponses.

31 déc. 2018 20:46 - La rédaction de LCI

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"Le débat national qui s'ouvre doit nous permettre de parler vrai et je vous écrirai dans quelques jours pour vous en préciser les attentes". Aux dernières heures de 2018, lors de ses voeux aux Français le lundi 31 décembre,  Emmanuel Macron a annoncé qu'il s'adressera aux Français - mais par courrier cette fois - pour leur présenter le grand débat national qui commencera début 2019 dans toute la France. Le contenu de cette lettre n'est pas encore connu à cette heure.

Le gouvernement a en effet mandaté la Commission nationale du débat public (CNDP) dont la présidente est l'ancienne ministre Chantal Jouanno. Si l'exécutif a dévoilé les quatre grands thèmes sur lesquels devront débattre les Français (transition écologique, justice fiscale, démocratie/citoyenneté/immigration, services publics), les informations sur l'organisation concrète du grand débat sont moins nombreuses et moins claires. Voici ce qu'on en sait déjà.

Un débat en deux temps

L’Elysée a déjà fait savoir que ce débat aura lieu en deux phases. La première phase, qui a "déjà débuté et qui durera jusqu’à la mi-janvier, doit permettre de nourrir la dynamique portée au niveau des maires, qui ont déjà commencé à faire remontrer le résultat de leurs échanges avec leurs administrés". Une seconde phase sera ensuite conduite pendant deux mois pleins (jusqu'à mi-mars 2019 donc) sur les thématiques annoncées par le Premier ministre, autour de questions précises sur lesquelles les Français seront invités à débattre", a ajouté la présidence de la République.

Comment participer ?

Tout d'abord, lors de la première phase du débat, les citoyens peuvent apporter leurs doléances à leur mairie. Certaines ont pris leurs dispositions et mettent à disposition de leurs administrés des cahiers de doléance destinés à être transmis au président de la République.

Sinon, Chantal Jouanno a expliqué dans Le Parisien : "Une plate-forme numérique et une équipe dédiée au grand débat vont être mises en place. Cette plate-forme permettra aux initiateurs de s’inscrire, aux citoyens de connaître les lieux où auront lieu les réunions, mais aussi à tout un chacun de pouvoir déposer des contributions." "Nous allons aussi donner la possibilité d’aller au-devant des Français en proposant de tenir des stands, par exemple sur un marché, où l’on pourra recueillir la parole des citoyens" a précisé la présidente de la CNDP.

Des citoyens tirés au sort

Le Premier ministre a confirmé vendredi 21 décembre que des Français seraient tirés au sort dans chaque région pour participer à des conférences organisées dans le cadre du grand débat. "Nous avons pensé qu'il était sage de procéder à la désignation, la sélection, de conférences qui, dans chacune des régions, pourront réunir une centaine de citoyens français tirés au sort, tirés au hasard, qui seront amenés à discuter des résultats de ce débat et à participer d'une certaine façon à ce débat" a dit Edouard Philippe lors d'un déplacement en Haute-Vienne.

Quelle méthodologie ?

Chantal Jouanno est attachée à ce que les débats soient politiquement neutres. "Quand on engage un débat public il faut être dans une posture d'écoute... Il faut aussi de la neutralité, ne pas avoir le sentiment que ce soit organisé par un parti politique. Mon inquiétude : que les parlementaires soient les leaders de ce débat. Il ne faut pas avoir le sentiment qu'ils pilotent le débat, ce sont les citoyens qui parlent", a-t-elle déclaré il y a quelques jours. "Il y a une défiance à l’égard des institutions. Par conséquent, si une institution pilote ou préside une réunion, quelle qu’elle soit, y compris la CNDP, cela va déjà créer un sentiment de défiance. Le principe, c’est d’être dans la proximité", a-t-elle également expliqué.

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Elizabeth Martichoux

✔@EliMartichoux

#GrandDebatNational : "Ce n'est plus aux dirigeants de faire de la pédagogie. C'est le peuple qui fait de la pédagogie aux dirigeants", @Chantal_Jouanno dans #RTLMatin

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8:08 AM - Dec 20, 2018

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 Pour veiller à la neutralité et assurer la légalité de la procédure dans les territoires, quelques 250 "garants" pourront être déployés partout en France lors des débats.

Enfin, pour que tout un chacun puisse organiser ces débats, la CNDP "mettra à disposition un kit de méthodologie pour donner des conseils sur l’animation" a précisé Chantal Jouanno. Elle a également parlé de ce "kit" : il fournira aux organisateurs de débat des conseils pour mener une discussion, produire un vrai échange, et ensuite bien le restituer. A la fin, la synthèse sera "faite par une équipe qui doit veiller à n'oublier aucun argument" a-t-il ajouté. "La parole d'un citoyen a autant de valeur que celle d'un élu."

Des débats au plus près des citoyens

Chantal Jouanno y tient : "Ce sont les citoyens qui organisent. Le but c’est que les débats aient lieu à la plus petite échelle, au plus près de ceux qui ne viendront pas dans les grandes salles. Il faut que le débat aille au devant des citoyens, il ne faut pas obliger les gens à franchir les portes", a-t-elle souhaité. 

"Nous allons proposer en parallèle que dans toutes les régions se tienne une assemblée délibérante de citoyens. L’objectif, c’est de rassembler des citoyens tirés au sort et des acteurs de la société civile pour qu’ils élaborent et votent des propositions", a-t-elle également précisé.

« Smic ».. « R.I.C. ».. : Edouard Philippe « admet des erreurs.. »..

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Photo ci-dessus Edouard Philippe – notre objectif est d’accroître le pouvoir d’achat de la classe moeyenne..

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15 000 euros mensuels pour Jouanno et une enveloppe de 4 millions : Macron continue de cracher à la figure des Gilets Jaunes !!

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Fait suite :

L’enfumage du grand débat national

Il y a 4h

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Le 10 décembre dernier, pris dans ce qu’il croyait être une colère passagère, Emmanuel Macron avait annoncé le lancement d’un grand débat national pour répondre à la volonté des Gilets Jaunes d’être écoutés. Passée quelque peu inaperçue en raison de la vraie fausse revalorisation de la prime d’activité pour toutes les personnes touchant le SMIC, la proposition de ce grand débat national était sans doute, dans l’esprit du locataire de l’Elysée, l’une des pierres angulaires de sa stratégie de sortie de crise. Malgré ses tentatives, la colère populaire est bien enracinée et ce n’est pas un simulacre de Grenelle qui semble pouvoir faire disparaitre cette rage sourde qui parcourt le pays.

Le successeur de François Hollande pensait certainement avoir trouvé la parade et, peut-être, certaines personnes croient sincèrement que ce fameux grand débat national peut être une forme de cahier des doléances contemporains à même de collecter les attentes populaires pour tenter ensuite de les satisfaire. Je crois, pour ma part, que ce grand débat national – tant dans sa philosophie générale que dans sa forme (temps très réduit, tirage au sort, etc.) – est une tentative d’enfumage de plus pour mieux neutraliser les colères qui se lèvent partout dans le pays et qu’il ne vise à rien d’autre que de laisser les gens parler sans les écouter, comme d’habitude en somme.

Le piège tendu

En temps normal les tentatives de grand débat national et autres Grenelles sont souvent des moyens de détourner l’attention ou de faire croire à une écoute attentive alors qu’il n’en est rien. Dans le cas qui nous occupe actuellement je crois que cette dynamique est encore renforcée par rapport aux cas précédents. Comment, en effet, croire qu’Emmanuel Macron va prendre le temps d’écouter, de consulter alors même que depuis son arrivée au pouvoir il prend le soin de n’écouter personne sinon lui-même et sacamarilla ? Faire croire que le monarque présidentiel aurait subitement changé (ou pris des résolutions puisque c’est dans l’air du temps) à ce propos est au choix une grave erreur stratégique ou une propagande éhontée.

Ayant mis de côté tout à la fois les partenaires sociaux, les partis d’opposition et même la colère populaire, voilà que Monsieur Macron tente de se racheter une image de dirigeant à l’écoute alors qu’il n’en est rien. Il n’y a d’ailleurs qu’à l’écouter parler tant lors de son allocution du 10 décembre dernier que lors de ses vœux de fin d’année pour comprendre à quel point ce grand débat est un enfumage total. Tout acquis à son idéologie, Emmanuel Macron est effectivement persuadé que le cap qu’il suit est le bon et, il l’a dit à plusieurs reprises depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, il n’a pas l’intention d’en changer. Il est toujours ironique de constater les dissonances présentes dans un même discours et à ce petit jeu-là, Macron est assurément l’un des tous meilleurs puisque dans la même allocution celui-ci est capable d’annoncer la tenue d’un grand débat national tout en affirmant qu’il ne modifiera pas d’un iota la politique menée. De deux choses l’une, ou bien il est complètement abruti, ou bien il nous prend royalement pour des idiots. Et je ne pense pas qu’il soit si bête que cela.

Refuser le cadre

L’on pourrait penser que la problématique du grand débat national est conjoncturelle et liée à la pratique du pouvoir de Macron. Je suis pourtant de ceux qui pensent qu’il n’en est rien et que c’est bien face à un problème structurel que nous nous trouvons, celui des dirigeants qui se foutent absolument de l’expression populaire. Sans doute cette tendance a trouvé son symbole en mai 2005 lors du référendum sur la constitution européenne – rejetée par près de 55% des électeurs pourtant adoptée sous une autre forme par Nicolas Sarkozy quelques années plus tard – mais il serait dangereux de la circonscrire à cette seule date et ce seul évènement. La réalité est bien que nous vivons dans un système institutionnel – qui est le vrai problème indépendamment du président en place – permettant à celui qui le dirige de faire littéralement le contraire de ce pourquoi il a été élu sans que nous n’ayons notre mot à dire.

Il faut, je crois, refuser en bloc ce simulacre de débat précisément parce que l’accepter c’est en accepter le cadre. L’heure n’est plus aux revendications comme si nous étions des enfants réclamant un jouet mais bien plus assurément à la sortie du cadre, à son explosion pour reconstruire un système plus démocratique et plus soucieux des volontés populaires. Parce que, à la fin des fins, une fois le cadre accepté, l’on peut gesticuler dans tous les sens, les limites de nos gesticulations sont définies par les dominants. Aussi longtemps que nous nous contenterons de leur cadre alors nous ne pourrons rien obtenir de radicalement différent. Après tout, quel serait l’intérêt des tenants de l’ordre établi de modifier le cadre dans lequel ils dominent ? A partir de là, je suis donc fondé à dire que tous ces débats et autres simulacres de consultation doivent être refusés de manière véhémente. Il serait effectivement regrettable de penser faire des pas en avant alors qu’il ne s’agit en réalité que de pas de côté qui nous éloignent de l’objectif final. En d’autres termes, il est grand temps d’arrêter d’être des crabes et de leur dire que nous débattrons avec grand plaisir entre nous une fois que nous les aurons virés.

RIC, le risque de l’impasse

il y a 2j

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Depuis le surgissement du mouvement des Gilets Jaunes, les tenants de l’ordre en place – qu’ils soient responsable politiques ou éditorialistes des médias dominants – n’ont eu de cesse de fustiger tout à la fois l’absence de revendications concrètes (comme si une insurrection devait avoir un programme politique murement réfléchi) et le manque de représentants du mouvement. Derrière cette double volonté ne se cachait en réalité que celle de désigner des leaders et des revendications pour mieux les écraser dans un simulacre de négociation. Parce que, en réalité et au-delà de la violence dans les quartiers cossus de la capitale ou contre des symboles étatiques, ce qui faisait assurément peur au pouvoir en place était le caractère protéiforme et diffus du mouvement, caractère qui le rendait insaisissable et irrécupérable à la fois.

Quand bien même la mobilisation à Paris a semblé reculé lors des derniers actes des Gilets Jaunes, il serait bien présomptueux de croire que les annonces d’Emmanuel Macron ont calmé la colère et la révolte. Je crois bien plus qu’il a attisé la flamme du mépris à son égard et de la rage qu’il suscite en tentant de prendre tout le monde pour des abrutis. Couplée à la revalorisation salariale conséquente obtenue par les forces de l’ordre, cette tentative a, sans guère de doute, renforcé le ressentiment à son égard et comme le dit très bien Mediapart dans un article récent, le voilà désormais face à l’équation d’un retour aux urnes pour tenter de sauver le reste de son quinquennat. Dans cette configuration, comment comprendre l’émergence de la revendication du référendum d’initiative citoyenne (le fameux RIC servi à toutes les sauces depuis des semaines) et, surtout, comment expliquer que les éditorialistes et l’ensemble ou presque du spectre politique se soient saisis de cette revendication pour en faire un symbole du mouvement alors qu’elle n’était, à l’origine, qu’une revendication parmi d’autres ?

Le désir d’être écouté

Il serait injuste de dénier au RIC sa place importante dans le discours des Gilets Jaunes. Même si celui-ci n’était pas une revendication originelle du mouvement, il est tout à fait logique qu’il se soit progressivement inséré dans le discours dans la mesure où, par-delà la question sociale qui est l’un des cœurs du propos tenu par les Gilets Jaunes, celle de la réappropriation de la politique par les citoyens figure en bonne place. Evidemment, l’origine du mouvement réside dans ces taxes carbones et a fortiori sur des questions de pouvoir d’achat et de meilleure répartition des richesses. Il faut toutefois se faire volontairement aveugle pour ne pas voir que ce mouvement porte en lui des aspirations fortement démocratiques et la volonté des citoyens de voir leur voix compter à nouveau.

Ce désir d’être à nouveau écoutés, de ne plus être les laissés pour compte de la politique menée comme c’est le cas depuis des décennies a donc trouvé sa matérialisation dans la défense du RIC. Comment, en effet, comprendre l’engouement à l’égard de cet outil (puisqu’il faut l’appeler ainsi) sinon par la volonté des personnes qui le défendent de prendre part à nouveau à la vie de la Cité, la volonté de ne plus simplement choisir qui choisira pour eux mais bien décider en âme et conscience ? Il faut, bien entendu, se méfier des référendums (nous y reviendrons) mais la spécificité du RIC réside évidemment dans le fait que ce soient des citoyens qui le convoquent. En ce sens, il ne me parait pas absurde ou exagéré de voir dans le RIC l’expression de cette volonté de réappropriation.

Le pas de côté

Il faut toutefois, me semble-t-il, se méfier des idées qui paraissent innovantes mais sont reprises en chœur par tout ce que compte ce pays de tenants de l’ordre établi. Je le disais en introduction, les différents pouvoirs (économiques, politiques, médiatiques, symboliques) du pays cherchaient de manière frénétique et quasi-désespérée un symbole et une revendication auxquels rattacher les Gilets Jaunes. Avec l’émergence de la revendication concernant le RIC, ils semblent avoir trouvé le jouet qu’ils cherchaient avec détermination. Il ne s’agit bien évidemment pas de disqualifier le RIC au simple motif que ces personnes le défendent (quoiqu’il y aurait beaucoup à dire sur ce que révèlent les soutiens d’une cause) mais bien plus de s’interroger sur le sens d’une telle promotion de cette idée par les tenants de l’ordre en place.

Il me semble que ce soutien de circonstances nous apprend beaucoup sur la manière dont les tenants de l’ordre en place envisagent ce RIC : pris dans un mouvement insurrectionnel depuis des semaines, les voilà qu’ils voient dans le RIC l’échappatoire rêvée pour générer un débat (pourquoi pas un Grenelle) et ainsi évacuer la question sociale tout en embourbant le mouvement des Gilets Jaunes dans un débat sur une idée floue et difficile à mettre en œuvre. Plus encore que cette volonté d’enfumage de la part du pouvoir en place, il me semble que le RIC pourrait être dangereux dans les conditions actuelles : sans changements radicaux des institutions et en conservant la Vème République bonapartiste alors le RIC ne changera pas grand-chose ou, pire, pourrait servir à abroger des lois de progrès social ou sociétal. Aussi longtemps que la presse, notamment, sera tenue par les puissances d’argent alors le RIC ne saurait être pleinement démocratique.

Référendum et démocratie

Par-delà la question des institutions, le surgissement du RIC dans les revendications des Gilets Jaunes dépoussière le vieux débat sur la manière d’appréhender la démocratie. Présenté comme un moyen de revivifier la démocratie, le RIC serait selon ses laudateurs le seul et unique moyen de parvenir à mettre en place une réelle démocratie dite directe (je suis de ceux qui se méfient dès lors que l’on accole un adjectif derrière le terme démocratie et considère qu’elle se suffit à elle-même et n’a pas besoin de tels adjectifs). Sans tomber dans la caricature du référendum outil des pouvoirs bonapartistes et bien peu enclin à défendre une quelconque démocratie, il me semble qu’il faut s’attarder sur cette corrélation que certains présentent comme naturelle entre référendum et démocratie.

Laissons de côté les cas où le pouvoir en place ignore purement et simplement le résultat d’un référendum comme en 2005, non pas que ce sujet ne soit pas important mais il me semble être le révélateur de problèmes conjoncturels dans la relation entre le référendum et la démocratie. Il me parait plus intéressant de s’interroger sur les problèmes structurels que posent les référendums vis-à-vis de la démocratie. On nous explique que ceux-ci en sont l’une des émanations les plus pures en cela qu’ils permettent l’expression du peuple mais qu’en est-il vraiment ? Je suis effectivement de ceux qui considèrent que dans une démocratie les élections sont paradoxalement le moment le moins démocratique en cela que la discussion, le débat, l’éducation populaire en somme laisse la place au choix de telle ou telle option si bien que 50%+1 voix des électeurs peuvent alors imposer leurs vues aux 50% – 1 voix en désaccord. Il ne me semble pas que le référendum soit garant d’une démocratie respectée contrairement aux assemblées populaires et autres délibérations communes. Croire que le RIC résoudra comme par magie le problème démocratique c’est demeurer dans le cadre actuel (bien que rénové) d’une démocratie discontinue.

La bataille culturelle

Cela revient-il donc à tout jeter ? Je ne le pense pas, au contraire. Le surgissement du RIC comme revendication première du mouvement a certes ses travers mais il a également des apports indéniables. En positionnant le curseur sur la question des institutions, ce débat a, me semble-t-il, fait passer les revendications dans une autre sphère. Plutôt que de se contenter de mesurettes sociales, voilà que les Gilets Jaunes par le biais de ce RIC remettent radicalement en cause le cadre institutionnel. Même si comme je le disais plus haut les conclusions de cette revendication en reviennent à ne pas modifier en profondeur les institutions, il est indubitable que le RIC permet de s’interroger sur ces questions.

L’on pourrait, à cet égard, faire un parallèle avec la campagne sur la constitution européenne de 2005. De la même manière que le débat sur ladite constitution s’était rapidement transformé en formidable moment d’éducation populaire lors duquel les citoyens se sont approprié cette constitution et l’ont décortiqué. Il ne me semble pas exagéré de voir dans l’insurrection actuelle une réminiscence de cette logique. Initialement cette éducation populaire portait essentiellement sur les questions sociales mais il me semble que les questions institutionnelles commencent à émerger sur les ronds-points et, quoi que l’on en pense, il me parait audacieux de dire que cela n’aura aucune incidence à l’avenir. Alors, selon la très belle formule d’Aimé Césaire, l’heure de nous-mêmes aurait-elle sonné ?

Crédits photo: France 24

Les gilets jaunes ont raison : pour vivre en démocratie, il est nécessaire de développer intelligemment les référendums

Il y a 1h

Depuis quelques semaines, le mouvement des Gilets Jaunes a remis sur le devant de la scène la question des référendums. En France, le référendum d’initiative citoyenne (RIC) est réclamé sur de plus en plus de ronds-points. En Belgique, l’intégration du référendum dans la constitution est également une revendication qui prend de l’importance. Le 25 novembre 2018, dans l’émission C’est pas tous les jours dimanche sur RTL TVI, Stéphanie Servais, gilet jaune de Wandre, a défendu la nécessité de pouvoir sanctionner les représentants politiques qui ne respectent pas leurs engagements via le référendum révocatoire. Le référendum ne constitue pas une solution miracle. Il doit se combiner avec une série d’autres mesures visant à renforcer la démocratie (1). Mais les Gilets Jaunes ont raison : le référendum peut constituer un élément positif pour avancer vers une démocratie digne de ce nom.

Un outil de démocratie directe à mettre en œuvre intelligemment 

En permettant aux citoyen-ne-s de s’impliquer et se positionner sur des enjeux importants, le référendum populaire peut être un outil important de démocratie directe. Au-delà de l’organisation de débats publics et démocratiques, le peuple doit pouvoir directement se prononcer sur toute une série de questions. Bien sûr, il n’est pas envisageable de faire des référendums pour toutes les décisions (d’où l’intérêt d’avoir un régime représentatif efficace). Cependant, pour les décisions qui sortent du mandat qui a été confié aux représentants et qui ont des conséquences importantes et durables sur la vie des gens, un référendum peut se justifier, qu’il soit d’initiative populaire ou convoqué par les mandataires politiques en place.

Selon ses pourfendeurs, le référendum serait dangereux car la population ne serait pas suffisamment éduquée. Consulter le peuple sans lui avoir fourni les outils nécessaires à la compréhension des enjeux, c’est effectivement prendre le risque de favoriser l’irrationnel et le simplisme. Mais il est important de ne jamais envisager les alternatives de manière isolée. Afin de permettre aux citoyens et citoyennes de se positionner en connaissance de cause, organiser un référendum nécessite un débat public argumenté et approfondi, et donc du temps. Dans certaines situations, des référendums peuvent s’organiser relativement vite. La Grèce nous fournit un bon exemple. Le 27 juin 2015, Alexis Tsipras annonçait un référendum pour le 5 juillet, soit un délai d’une semaine. Ce référendum s’est pourtant très bien organisé et la participation fut très forte (62,5%). Dans tous les cas, refuser le référendum en utilisant l’argument d’immaturité du peuple revient en réalité à refuser le principe même de démocratie et de citoyenneté participatives, et dès lors refuser la démocratie elle-même (même si le peuple a tort, n’est-ce pas à lui de décider ?). C’est aussi nier qu’un référendum constitue justement une occasion d’informer la population, et de l’impliquer dans la gestion de la Cité.

Le référendum pose plusieurs autres problèmes auxquels il faut être attentif. Une question fermée (réponse par oui/non ou pour/contre) n’est pas sans danger pour les questions complexes. La formulation de la question (ou ce qu’elle implique de manière implicite) est également importante et peut influencer fortement la réponse des sondés. De plus, il ne s’agit pas de permettre de faire des référendums sur tout et n’importe quoi. Comme le souligne le CRISP (2), il n’est pas rare que la constitution ou la loi interdise d’organiser un référendum sur certains sujets (comme par exemple la peine de mort ou les droits humains fondamentaux) parce que trop fondamentaux pour être mis en jeu ou susceptibles de provoquer des controverses trop importantes.

Est-ce trop demander de respecter la volonté populaire ? 

Par ailleurs, c’est bien beau de demander l’avis au peuple, encore faut-il que cet avis soit respecté a posteriori. Or, trop souvent, les gouvernements ne se gênent pas pour passer outre la volonté du peuple.

UE : « NON » N’EST PAS UNE BONNE RÉPONSE

 

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Les dirigeants ont en général peur de l’avis du peuple

Même si, comme on le voit dans le tableau précédent, nos dirigeants se permettent de contourner la volonté populaire, on constate néanmoins que la plupart des institutions et dirigeants européens supportent très mal que les peuples donnent leur avis par voie référendaire. En octobre 2011, après avoir saigné son peuple aux quatre veines, le Premier ministre grec George Papandreou, sous pression, propose d’organiser un référendum populaire sur l’application ou non d’un deuxième plan d’ajustement structurel. Cette seule proposition a suffi pour que celui qui était jusqu’alors soutenu par la finance et la Troïka soit considéré comme fou, que l’on crie au scandale et à la rupture de la « solidarité » européenne. Trois jours plus tard, il était invité à démissionner par le G8 qui obtenait gain de cause. En juillet 2015, après cinq mois de négociations avec ses créanciers, le Premier ministre Alexis Tsipras décide d’organiser un référendum pour vérifier si le peuple accepte un troisième plan de « sauvetage ». Les « partenaires » européens jugent immédiatement très durement la décision de s’en remettre au peuple, et plusieurs tentatives sont faites pour contraindre Tsipras à renoncer. Malgré la propagande massive des institutions européennes (3) et de tous les médias privés en faveur du oui, tant au niveau national qu’international, le peuple grec s’est prononcé de manière très claire en disant « oxi » (non en grec) à la poursuite des politiques d’austérité. Malheureusement, quelques jours plus tard, Tsipras cédait au chantage des créanciers contre l’avis du comité central de son parti et en contradiction totale avec le résultat du référendum…

Référendum en Italie contre la marchandisation de l’eau : une double victoire

Les 12 et 13 juin 2011, le peuple italien a voté « non » (à 95%) par référendum à la marchandisation de l’eau. Ce référendum populaire est né de l’initiative de nombreux mouvements sociaux et comités citoyens pour l’eau publique, qui se sont organisés pour récolter les signatures nécessaires pour imposer un référendum sur le retrait de la loi du gouvernement Berlusconi visant la privatisation du secteur de l’eau. La constitution italienne prévoit en effet que pour proposer un référendum abrogatif, il est nécessaire de recueillir 500 000 signatures. En moins de trois mois, ces comités ont recueilli 1,4 million de signatures. En réussissant,
via des conférences, des débats, des forums, des fêtes, à créer un véritable débat national et à faire comprendre au peuple italien l’importance de s’impliquer et
de se prononcer sur cette question, ce référendum constitue tout autant une victoire contre la marchandisation de l’eau que pour la démocratie participative.

Renforcer la révocabilité des élus via le référendum révocatoire 

Le caractère irrévocable des mandats signifie que tout dirigeant politique, une fois élu, n’a plus de comptes à rendre jusqu’aux prochaines élections. Comme l’explique Cornélius Castoriadis : « Dire que quelqu’un va me représenter pendant cinq ans de manière irrévocable signifie implicitement que je me défais de ma souveraineté au profit de cet élu » (4).

Il est tout à fait normal qu’un élu qui ne respecte pas ses engagements vis-à-vis du peuple puisse être démis de ses fonctions, tant par le parti dont il est membre que par ses électeurs. La non révocabilité des élus est profondément antidémocratique.

Une des manières de résoudre ce problème est d’appliquer le principe du référendum révocatoire. Il s’agit de donner la possibilité au peuple de convoquer, sur base d’un nombre déterminé de signatures, un référendum qui se prononce sur le travail réalisé par le représentant concerné. Soit le « oui » l’emporte, et le représentant est révoqué, soit le « non » l’emporte, et le représentant peut continuer son mandat.

Plus largement, il s’agit de poursuivre et sanctionner les représentants politiques qui ne respectent pas la loi. Dans de nombreux pays, des sanctions sont prévues pour les responsables politiques qui ont des comportements répréhensibles : abus de pouvoir ou de biens publics, infractions, mépris des règles ou principes de bonne gestion, fraude, népotisme, etc. En plus de sanctions pénales, ils peuvent perdre leur éligibilité et la faculté d’occuper une fonction publique. Malheureusement, il existe une fois de plus un gouffre entre ce qui est prévu par la loi et ce qui se passe dans la réalité. Les responsables politiques soupçonnés de fraude arrivent souvent à passer au travers des mailles du filet de la justice. Les procédures aboutissant à un jugement peuvent durer plus de dix ans. La levée de l’immunité relève en général de l’impossible. Et lorsqu’ils sont tout de même condamnés, ils arrivent souvent à ne pas être inquiétés et à continuer à exercer des mandats publics importants. Comment espérer que les dirigeants politiques soient réellement incités à se comporter de manière responsable s’ils savent pertinemment que leurs abus ou trahisons resteront impunis ?

Olivier Bonfond

http://www.cadtm.org/Les-gilets-jaunes-ont-raison-pour-vivre-en-democratie-il-est-necessaire-de


Notes

(1) Dans le chapitre 15 de mon livre Il Faut Tuer TINA, 200 propositions pour rompre avec le fatalisme et changer le monde (Cerisier, 2017), je développe 27 propositions pour renforcer la démocratie.

(2) CRISP : Centre de recherche et d’information sociopolitiques (Bruxelles).

(3) Jean-Claude Juncker ira même jusqu’à faire une déclaration d’une rare intelligence : « Quelle que soit la question, il faut voter oui ». Source : STROOBANTS Jean-Pierre, « Pour Juncker, un non des Grecs au référendum serait un non à l’Europe », Le Monde, 29 juin 2015.

(4) CASTORIADIS Cornélius dans l’émission radiophonique « Là-bas si j’y suis », disponible sur www.la-bas.org


De l’auteur :

Une transition écologique peut-elle se faire avec le capitalisme ?

une-transition-ecologique-peut-elle-se-faire-avec-le-capitalisme/

Il faut tuer Tina

200 propositions pour rompre avec le fatalisme et changer le monde :

au-monde-clos-du-tina-opposer-des-alternatives-deja-en-germes/

Les Gilets jaunes. Un populisme à la Française ?

Il y a 23h

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Assurément, le mouvement des gilets jaunes est divers. On a certes relevé le compagnonnage de circonstance qui réunit des modérés ulcérés et des radicaux exaltés, des timides désinhibés et des extravertis en quête d’un quart-d’heure de célébrité, des fieffés réactionnaires et des révolutionnaires irréductibles. Il n’en demeure pas moins, que grâce aux effets mimétiques d’une étrange alchimie sociale, les profils-types des femmes et des hommes en jaune ont pu dégager des dominantes.

Le mouvement des gilets jaunes surfe bien sur la vague populiste qui inonde l’Europe et le Monde . Mais il n’est pas dépourvu d’une certaine originalité.

On y retrouve en effet ce rejet de la complexité qu’évoqueraient les élites pour mieux embrouiller et enfumer le peuple. Ce déni acquis, tout ou presque devient simple et possible. Les contradictions sont assumées, parfois même théorisées : abaisser les taxes et augmenter les services publics, déplorer la démission de Nicolas Hulot mais refuser la taxe carbone, réclamer la démocratie directe mais se désengager des résultats électoraux, abolir la pauvreté par des mesures qui aggraveraient pourtant sa principale cause, le chômage. Les exigences contradictoires, loin de s’annuler, s’agrègent alors pour afficher un consensus mou ou chacun, gilet jaune ou sondé, pourrait se reconnaître.

Le populisme c’est la récusation d’une élite et de ses serviteurs, vendus ou serviles, qui se gaveraient sur le dos des petits. Comme il laisse aux individus la liberté de tracer les contours de l’oligarchie honnie, le populisme peut ratisser large. On n’en sait d’ailleurs pas plus sur ce qu’est le peuple. Quoiqu’il en soit, la volonté populaire a la légitimité de délégitimer les autres pouvoirs. La démocratie devient « illibérale » ce qui la dénature puisqu’elle ouvre la porte à une dictature de la majorité sur les minorités. Pourtant, comme le disait Albert Camus « La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité« . Dans les pays gouvernés par des populistes, comme la Pologne, la Hongrie, la Turquie ou la Russie, les contre-pouvoirs furent les premiers visés et souvent les premiers sanctionnés : la justice, les cours constitutionnelles, les ONG, les syndicats et … la presse, ce « quatrième pouvoir » qui en revendiquant son indépendance devient la cible de tous les populismes. C’est au peuple et à ses réseaux sociaux -ou à son guide- de dire ce qui est « fake news » et ce qui ne l’est pas. Certains gilets jaunes ont confirmé leur populisme en s’attaquant à cette presse, par ailleurs très peu complaisante à l’égard du pouvoir en place, qui a pourtant offert au mouvement une caisse de résonance entendue bien au-delà de nos frontières.

Sans grande surprise, la composition sociologique des « gilets jaunes » est conforme à celle observée ailleurs. Le mouvement a été dominé par des classes moyennes qui se situent autour du revenu médian (environ 1700 euros par mois et par personne), le seuil de pauvreté étant fixé, très arbitrairement d’ailleurs, à 60% de ce niveau. Les chômeurs en déshérence, les citadins syndiqués habitués aux grands défilés ou les banlieusards des cités périphériques promptes à s’échauffer, ont bien moins fréquenté les ronds-points que les employés, les petits patrons ou les retraités. L’histoire nous apprend certes que les émeutes, et plus encore les révolutions, sont davantage menées par les classes moyennes que par les plus déshérités. Quoiqu’il en soit, la population des gilets jaunes ressemble fort à la sociologie des électeurs américains, polonais ou brésiliens qui ont porté au pouvoir des leaders populistes.

Cette classe moyenne se plaint, souvent à raison, de travailler dur sans pourtant se préserver des « fins de mois » difficiles. Une fois prises en compte les dépenses « pré-engagées » (loyers, traites, abonnements, transport…) le revenu qui reste (dit « arbitral ») devient très sensible aux prix, taxes incluses qui, lorsqu’ils augmentent (tabac, essence,…) rapprochent les classes moyennes de la pauvreté, c’est-à-dire du déclassement (voir notre article). Paradoxalement, lutter contre la pauvreté en exonérant les moins favorisés d’impôts sur le revenu, de taxe d’habitation ou de CSG, entretient la frustration des classes moyennes qui n’en profitent pas. La hausse du salaire minimum, par sa portée symbolique, est perçue comme une déchéance par les travailleurs qui, tout en n’en profitant pas, rejoignent la caste inférieure des « smicards ». Pire encore, une grande partie de la classe moyenne est considérée comme trop riche pour bénéficier des avantages sociaux réservés aux plus pauvres, mais pas assez pour bénéficier des niches fiscales. Coincée par cet entre-deux, elle supporterait la plus grande part d’une fiscalité qui les appauvrit. Si les « gilets jaunes » se sont bien gardés de dénoncer les bénéficiaires, réels ou supposés, de ces transferts -les chômeurs, les immigrés, les retraités pauvres- beaucoup n’ont pu s’empêcher de dénoncer l’assistanat ou d’insister sur le fait qu’eux, qui travaillent durs, ne voient pas leurs efforts récompensés ni même reconnus ce qui, de fait, n’est pas faux.

Si le mouvement des gilets jaunes peut être qualifié de populiste, il n’en est pas moins original.

Dans la plupart des pays gagnés par les populistes, c’est l’offre politique incarnée par un leader charismatique qui a révélé une demande qui restait sous-jacente. En France, cette offre politique existait bien et pesait même très lourdement sur la vie politique depuis une bonne trentaine d’années. Mais ce ne sont pas les partis populistes constitués, de droite ou de gauche, qui ont directement déclenché, ni même manipulé, le mouvement. Si les gilets jaunes devaient se transformer en mouvement politique, celui-ci s’ajouterait aux partis politiques existants. Ce nouveau mouvement pourrait alors être comparé aux « cinq étoiles » italiennes. Il ne lui manquerait qu’un leader qui reprenne le rôle joué par Beppe Grillo. On soulève là une autre originalité qui n’en est peut-être pas une, la méfiance des gilets jaunes à l’égard de « chefs » que les populistes aiment pourtant aduler. Mais si les « chefs » peuvent faire émerger des soutiens actifs, le peuple en colère peine à s’en donner (rappelons nous de la révolution française…)

Le populisme de gauche s’effondre en Amérique latine et c’est le populisme de droite et réactionnaire qui domine aujourd’hui, même si l’Europe du Sud, et particulièrement la France, trouve ses populistes à droite comme à gauche. Le Pen et Dupont Aignan d’un côté, Mélenchon de l’autre. Même si les gilets-jaunes penchent à droite, leur succès (relatif) vient du fait qu’ils ont trouvé la rhétorique qui conciliait l’inconciliable. La question de la fiscalité, qui a provoqué et entretenu la crise, en fournit un bon exemple. Le refus des impôts est marqué à droite. C’est bien la révolte fiscale des années 1970, qui préparait la révolution conservatrice (les Français diront néo-libérale) de Reagan et Thatcher. Mais la gauche, en mettant l’accent sur l’injustice fiscale plutôt que sur l’impôt, a très vite pu se fondre dans le mouvement sans se renier. Elle pouvait s’appuyer sur les opportunités offertes par la réforme du très symbolique impôt sur la fortune (ISF) et la mise en place d’une flat tax qui limite à 30% le taux d’imposition sur les revenus du capital financier. Contestée par tous, l’évasion fiscale et le comportement des GAFA soudaient le consensus. La gauche, qui avait soutenu la hausse de la fiscalité sur le carbone a contourné le piège d’un anti-écologisme fiscal en postulant, sans réelle démonstration, la complémentarité du progrès social et la lutte contre le réchauffement climatique. Elle oubliait au passage ce qu’elle avait autrefois considéré comme acquis : les comportements réagissent plutôt bien à l’évolution des prix relatifs (le fameux « signal prix ») et une taxation du carbone vaut mieux qu’une taxation du travail ou de la consommation dans son ensemble (TVA).

Cette recherche de compatibilité « rouge-brun » a également conduit à délaisser quelques grands thèmes populistes. Les « gilets-jaunes » en mettant en exergue les thèmes du pouvoir d’achat, de la justice fiscale ou des institutions ont pu délaisser les thèmes habituels de l’immigration qui inonde, de l’Europe qui brime, ou de la mondialisation qui ruine. Ces thèmes n’ont certes pas été oubliés, avec parfois quelques dérives, mais ils n’ont pas émergé, ce qui a permis de préserver la coexistence des populismes et, au-delà, de s’autoriser la sympathie de l’opposition modérée.

Ce succès est néanmoins relatif. Pour nier la complexité qui ne serait que dans la tête des élites, le populisme a besoin de boucs émissaires. Par sa position et ses maladresses, bien réelles et d’ailleurs reconnues, le Président fut un bouc émissaire idéal ce qui arrangeait bien l’opposition politique en voie de décomposition. Mais les excès et les dérives (exigence de démission, faux procès et exécution fictive, association douteuse avec Rothschild, cible traditionnelle du complotisme antisémite) ont mis en évidence les ambiguïtés d’un mouvement exposé aux dérives.

Quoiqu’il en soit, le mouvement des gilets jaunes a mis en évidence les failles de notre système fiscal et redistributif. Si les facilités accordées au « riches » pour contenir leurs impôts ont fortement contribué à la croissance des inégalités (d’ailleurs plus modérée en France que dans la plupart des autres pays) et peuvent être légitimement critiquées pour cela, on aurait tort d’ignorer les effets nocifs d’inégalités plus « horizontales », c’est-à-dire  entre individus proches en termes de revenu et de niveau de vie, provoquées par d’absurdes effets de seuil. Ces planchers et plafonds peuvent ainsi aller jusqu’à abaisser le revenu net (après impôts et transferts sociaux) quand les revenus du travail augmentent. C’est donc la logique même du système fiscal qui, parce qu’il ne parvient plus à assumer ses fonctions progressives et redistributrices, doit être revu en profondeur. Un revenu universel intégré à l’impôt (on pourrait oser le terme d’impôt négatif s’il n’avait pas été proposé par le sulfureux ultra-libéral Milton Friedman …) est une piste.  

Rappelez-vous..

Suite à cette Loi dite « El khomri », en parlant de la seule « Loi Travail », il y avait eu des modifications en textes, au regard des prud’hommes..

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Une affaire qui va faire « jurisprudence » et servir..

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Amiens: les prud'hommes rejettent le « barème Macron »..

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 06/01/2019 à 18:32

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Les prud’hommes de Troyes avaient pris une décision similaire, et inédite, quelques jours plus tôt.(Image d’illustration) AFP/Olivier Laban-Mattei.

Comme celui de Troyes, ce conseil a jugé le plafonnement des indemnités aux prud'hommes contraires au droit international.

C'est un coup porté aux ordonnances travail d'Emmanuel Macron. Le conseil des prud'hommes d'Amiens a estimé en décembre que le plafonnement des indemnités prud'homales - introduit par les ordonnances du début du quinquennat - versées à un salarié licencié "sans cause réelle et sérieuse" était "contraire" au droit international. 

Les dispositions du code du travail qui fixent des plafonds d'indemnités versées pour licenciement abusif en fonction de l'ancienneté du salarié sont "contraires à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT)", peut-on lire dans le jugement rendu le 19 décembre. Le conseil des prud'hommes de Troyes avait rendu une série de décisions similaire, et inédites, quelques jours plus tôt

Condamnation au-delà du barème des ordonnances

Dans sa décision, repérée par le site Actuel RH et Le Monde, le conseil des prud'hommes d'Amiens rappelle que la France a ratifié en 1989 cette convention. Or, celle-ci indique que les juridictions nationales doivent être habilitées à "ordonner le versement d'une indemnité adéquate ou toute autre forme de réparation considérée comme appropriée" en cas de licenciement injustifié. 

LIRE AUSSI >> Licenciement sans cause réelle et sérieuse: comment statuent les prud'hommes 

"Le salarié [licencié] subit irrémédiablement un dommage [...] d'ordre psychique mais également d'ordre financier" car l'indemnité versée par Pôle Emploi ne maintient pas ses revenus au niveau antérieur, estime le conseil, composé de deux conseillers salariés et deux conseillers employeurs. 

LIRE NOTRE DOSSIER COMPLET

Les prud'hommes: pour régler les litiges entre salariés et employeurs

Dans cette affaire, les prud'hommes avaient été saisis en février 2018 par le salarié d'un commerce d'alimentation générale. Ils ont jugé abusif son licenciement et à ce titre, condamné l'entreprise à lui verser 2000 euros de dommages et intérêts, soit plus que le demi-mois de salaire que le barème prévu par le code du travail lui aurait accordé. 

Barème Macron : Une opposition du conseil de Prud'Hommes d'Amiens

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Mesure phare du président de la République, le barème d’indemnités de licenciement avait pour objectif de permettre un licenciement plus facile pour une embauche simplifiée. Mais ce barème est-il conforme aux exigences européennes? Rien n'est moins sûr.

Une position nette du Conseil de Prud’hommes

Le conseil de prud’hommes d’Amiens, le 19 décembre 2018, a rendu une surprenante décision.

En effet, ce dernier a estimé contraire aux directives Européenne le contenu des ordonnances de Septembre 2017. Plus précisément, il a estimé que l’indemnisation des licenciements sans cause réelle et sérieuse prévue par le barème Macron était insuffisant pour compenser le préjudice subi par le salarié licencié.

Selon la convention n° 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT), on doit pouvoir, en cas de licenciement injustifié, permettre une « indemnité adéquate » ou toute autre forme de réparation « appropriée ».

Selon le conseil de prud’hommes d’Amiens, la France n’assure pas une telle réparation avec la maigre indemnité de licenciement prévue par l’ordonnance.

Pire, les juges estiment même que le dommage subis par le salarié par l’application de ce barème est double : il est à la fois psychique et financier.

Il convient de prendre en compte le fait que 6 jours plus tôt, le conseil de prud’hommes de Troyes avait rendu une décision similaire. Cela montre que le mouvement de contestation des ordonnances est suivi par quelques juges, il convient de voir s’il va se continuer.

Selon Pascal Lokiec, professeur à l’école de droit de La Sorbonne, ce blocage des juges à l’encontre de l’ordonnance de 2017 est une réponse des juges face à un bridage de leur pouvoir décisionnel. En effet, imposer un barème aux juges les privent de leur pouvoir discrétionnaire et empêche une personnalisation des réparations.

Un refus catégorique du Conseil d’État

A l’inverse des décisions précédentes le conseil de prud’hommes du Mans a lui estimé que le barème était conforme à la convention de l’OIT et ne rejoins donc pas l’analyse faite par les deux autres conseils de prud’hommes.

La décision du conseil de prud'hommes de Troyes et d’Amiens n’a pas non plus convaincu le Conseil d’État. En effet, ce dernier a rendu une décision en référé  mi-décembre 2018 dans laquelle il estime que les ordonnances de 2017 ne vont pas à l’encontre de la convention de l’OIT.

Il conviendra de suivre les décisions futures pour connaître le fin mot de l’histoire, mais les hautes juridictions ne semblent pas favorables à l’idées que le barème soit contraire à la convention de l’OIT.

Les Prud’hommes résistent et refusent le barème de l’indemnité de licenciement injustifié.

Par Roger POTIN, Avocat - Modifié le 07-01-2019

De nombreux avocats en droit social soutiennent que le barème de l’indemnité pour licenciement injustifié,  instauré par la loi du 29 mars 2018, est contraire aux normes de l’Organisation Internationale du Travail.

Cette argumentation a été développé principalement par le Syndicat des Avocats de France.

  • 1ère décision :

Par une décision du 13 décembre 2018 le Conseil de Prud’hommes de Troyes, les juges ont censuré le barème d’indemnités  pour licenciement injustifié.

Pour les juges Prud’homaux, le barème imposé aux juges par la loi de mars 2018, viole la charte sociale européenne et la convention n° 158 de l’OIT.

Deux arguments développés dans les attendus du jugement :

  • Le plafonnement ne permet pas au juges d’apprécier souverainement le réel préjudice, compte tenu de la situation de chaque salarié licencié abusivement. L’indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ayant pour objet de réparer l’ensemble des préjudices subis.
  • Par ailleurs, les juges du Conseil de Prud’hommes considèrent que ces barèmes imposés aux juges ne sont pas assez dissuasifs pour les employeurs voulant licencier. L’indemnité plafonnée « avantagerait davantage les fautifs que les victimes » selon les attendus du jugement.
  • 2ème décision :

Un second jugement du Conseil de Prud’hommes d’Amiens vient d’être rendu, en date du 19 décembre 2018.

Le jugement Prud’homal écarte une nouvelle fois l’application du barème d’indemnités de licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Au cas d’espèce, le salarié avait très peu d’ancienneté et en application du barème de loi nouvelle, il ne pouvait prétendre qu’à un demi moi de salaire pour licenciement injustifié.

Les juges du Conseil de Prud’hommes d’Amiens ne sont pas d’accord et après avoir rappelé que le salarié licencié abusivement  « subit irrémédiablement un dommage. Que ce dommage est d’ordre psychique, mais également d’un ordre financier. Que ce dommage financier est une baisse importante de ses revenus, car l’indemnité accordée dans le cadre de la solidarité et plus précisément par Pôle emploi ne viennent pas maintenir le revenu au niveau antérieur« .

Le Conseil de Prud’hommes considère, en application de l’article 10 de la Convention 158 de l’OIT, mais aussi de la législation et de la jurisprudence  française, qu’une indemnité à hauteur d’un demi mois de salaire ne peut être considérée comme étant appropriée et réparatrice du licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Bien entendu, il conviendra de confirmer ces décisions, mais il semble donc que la résistance des Conseils de Prud’hommes est bel et bien engagée.

Amiens : le plafonnement des indemnités prud'homales pour licenciement abusif remis en cause

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Le conseil des prud'hommes d'Amiens, en 2013. / © DENIS CHARLET / AFP

Le conseil des prud'hommes d'Amiens a rendu une décision le 19 décembre dernier concernant le licenciement, jugé abusif, de l'ancien salarié d'un commerce. Il a estimé que le barème prévu par le code du travail depuis septembre 2017 était contraire au droit international.

Par MLPublié le 07/01/2019 à 11:11 Mis à jour le 07/01/2019 à 11:27

C’est  une seconde récusation de cette réforme du droit du travail entrée en vigueur en septembre 2017. Une semaine après celui de Troyes, le conseil des prud’hommes d’Amiens a jugé contraire au droit international le plafonnement des indemnités versées par la justice à un salarié qui a subi un « licenciement sans cause réelle et sérieuse ».

L’article L1235-3 du code du travail fixe les plafonds de ce montant en fonction de l’ancienneté du salarié. Selon la décision rendue par les conseillers le 19 décembre dernier et remarquée par les sites RH Actuel et Le Monde, ces modalités sont « contraires à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail ».

Le 
texte, dont les prud’hommes rappellent qu’il a été ratifié par la France en 1989, stipule que les juridictions nationales doivent pouvoir « ordonner le versement d'une indemnité adéquate ou toute autre forme de réparation » en cas de licenciement abusif. Or le conseil a estimé que « le salarié [licencié] subit irrémédiablement un dommage[...] d'ordre psychique mais également d'ordre financier », l'indemnité versée par Pôle Emploi ne maintenant pas ses revenus au niveau antérieur.

Le tribunal était saisi d’une affaire concernant l’ancien salarié d’un commerce en alimentation générale. Il a jugé le licenciement abusif et condamné l’employeur à débourser 2.000 euros de dommages et intérêts, une somme supérieure au demi-mois de salaire prévu par le barème inclus dans le code du travail.  

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Licenciement abusif: les prud'hommes d'Amiens jugent le plafonnement des indemnités contraire au droit international

Par  Le Figaro.fr avec AFP Mis à jour le 06/01/2019 à 15:16  

Publié le 06/01/2019 à 15:12

Le conseil des prud'hommes d'Amiens a estimé que le plafonnement, introduit au début du quinquennat d'Emmanuel Macron, des indemnités prud'homales versées à un salarié licencié "sans cause réelle et sérieuse" était "contraire" au droit international, dans une décision que l'AFP a consultée dimanche.

Les dispositions de l'article L 1235-3 du code du travail, qui fixe des plafonds d'indemnités versées pour licenciement abusif en fonction de l'ancienneté du salarié, sont "contraires à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT) car elles ne fixent pas une indemnité adéquate ou toute autre forme de réparation considérée comme appropriée", peut-on lire dans le jugement rendu le 19 décembre. Le conseil des prud'hommes de Troyes avait rendu une série de décisions allant dans le même sens le 13 décembre.

Dans sa décision, repérée par le site Actuel RH et Le Monde, le conseil des prud'hommes d'Amiens rappelle que la France a ratifié en 1989 cette convention. Celle-ci indique que les juridictions nationales doivent être habilitées à "ordonner le versement d'une indemnité adéquate ou toute autre forme de réparation considérée comme appropriée" en cas de licenciement injustifié. "Le salarié (licencié) subit irrémédiablement un dommage (...) d'ordre psychique mais également d'ordre financier" car l'indemnité versée par Pôle Emploi ne maintient pas ses revenus au niveau antérieur, estime le conseil, composé de deux conseillers salariés et deux conseillers employeurs.

Dans cette affaire, les prud'hommes avaient été saisis en février 2018 par le salarié d'un commerce d'alimentation générale. Ils ont jugé abusif son licenciement et à ce titre, condamné l'entreprise à lui verser 2.000 euros de dommages et intérêts, soit plus que le demi-mois de salaire que le barème prévu par le code du travail lui aurait accordé.

Le barème des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, une des principales mesures des ordonnances réformant le droit du travail, est entré en vigueur fin septembre 2017.

Souvenez-vous..

Aux prud'hommes, les demandes fantaisistes "ont peu de chances d'aboutir"

Par Claire Padych,publié le 27/07/2017 à 08:30 , mis à jour à 14:18

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Le Sénat voulait permettre à l'employeur de rectifier la lettre de licenciement en cas de maladresse, mais l'amendement a été retoqué ce 27 juillet. Muriel Pénicaud affirme souvent qu'une erreur dans la lettre annulerait un licenciement pourtant fondé. Dans les faits, la réalité est toute autre.

AFP PHOTO / bertrand GUAY

Selon Muriel Pénicaud, les patrons seraient parfois condamnés pour un problème de rédaction dans la lettre de licenciement. Un fantasme plus qu'une réalité.

La condamnation aux prud'hommes n'est pas toujours due à une infraction à la loi, affirme régulièrement la ministre du Travail pour défendre la simplification du licenciement pour l'employeur, l'une des mesures phares du projet de loi d'habilitation par ordonnances.  

Pour illustrer ses propos, Muriel Pénicaud cite souvent l'exemple (fictif ?) d'un boulanger qui a cinq salariés. "Face à lui se met un concurrent. Son chiffre baisse et il est obligé de licencier un salarié, déroule-t-elle. S'il n'a pas bien rédigé la lettre de licenciement, s'il ne dit pas qu'il supprime le poste, par exemple. Eh bien! Il peut être condamné aux prud'hommes." 

L'assertion a de quoi effaroucher tout employeur qui se voit déjà devoir verser une somme rondelette a un ex-salarié dont il s'est séparé pour une étourderie dans sa lettre de licenciement. Se justifie-t-elle vraiment dans la réalité? Si l'on se fie aux jugements rendus, elle relève davantage du fantasme.  

Une indemnité d'un mois de salaire maximum...

Aux prud'hommes, en mars dernier, Mario, technicien de surface, "viré sans motif", selon son défenseur syndical, a mis en avant une procédure de licenciement fantaisiste. A son retour de congé maladie, son supérieur lui a dit de ne plus revenir travailler. Il n'a reçu aucune lettre de convocation à un entretien préalable et la lettre de licenciement est "bourrée d'erreurs", explique-t-il. Pour toute défense, l'avocate de l'entreprise admet que "tout n'avait pas été fait dans les règles" et que "l'expert-comptable qui s'était chargé de la procédure de licenciement n'était pas juriste". 

Mario cumulait dans l'entreprise des CDD à répétition, ce qui est illégal. Le conseil des prud'hommes a requalifié son CDD en CDI et lui a octroyé un peu plus de 7.000 euros pour licenciement sans cause réelle

Il a obtenu un mois de salaire (1.478 euros) pour non-respect de la procédure. C'est le maximum prévu par l'article L1235-2 du code du travail. "Si le licenciement d'un salarié survient sans que la procédure requise ait été observée, mais pour une cause réelle et sérieuse, le juge impose à l'employeur d'accomplir la procédure prévue et accorde au salarié, à la charge de l'employeur, une indemnité qui ne peut être supérieure à un mois de salaire". 

... Mais qui est loin d'être toujours accordée

Dans une autre affaire, en février dernier, José, responsable d'une boutique de sport conteste son licenciement pour motif disciplinaire. Il réclame 73.016 euros pour licenciement abusif, 12.168 euros pour procédure vexatoire et... 500 euros pour procédure de licenciement irrégulière

"L'employeur n'indique pas dans la convocation préalable de licenciement le motif, justifie son avocat. La lettre est imprécise. On ne fait que citer les allégations de salariées, sans lieu, sans date, sans identité, sans rien de vérifiable." Il défend que Mario a été viré car victime de jalousie. Convaincus que le licenciement était injustifié, les conseillers prud'homaux accordent à l'ancien directeur de magasin, qui avait 15 ans d'ancienneté, 45.000 euros (11 mois de salaire) de dommages et intérêts. En revanche, ils ne lui octroient pas les 500 euros demandés par son avocat sur l'irrégularité de la procédure de licenciement, bien loin pourtant du mois de salaire (4.090 euros) qu'il aurait été en droit de réclamer. 

Un problème de vice de forme uniquement sera écarté

Ces deux exemples l'illustrent. Une contestation fondée uniquement sur une erreur dans une lettre de licenciement a peu de chances d'aboutir. Ne serait-ce que parce qu'avant d'arriver en bureau de jugement, l'affaire passe devant le BCO (bureau de conciliation et d'orientation), où les conseillers examinent les arguments, et tentent de trouver un compromis entre le salarié et son employeur. Un problème de vice de forme uniquement passera difficilement cette étape. 

Lors d'une audience en référé en avril 2017, cet ingénieur, venu seul se défendre, contestait la nature même de son licenciement car son ex-employeur avait indiqué une mauvaise adresse sur la lettre de convocation. Furieux, le président l'a houspillé, lui signifiant que l'argument ne tenait pas. L'ingénieur a été débouté. 

Attention tout de même! L'employeur sera sanctionné s'il tente de licencier par SMS. Même punition si la lettre de convocation dans une entreprise de moins de 10 salariés, omet d'indiquer que le salarié peut se faire accompagner par un conseiller du salarié (article R1232-1 du code du travail). Pour éviter ces faux pas, le gouvernement envisagerait cette fois un formulaire Cerfa

Le cas de grévistes qui occupent un lieu de travail..

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Il ne suffit pas à l'employeur d'invoquer l'occupation des lieux de travail pour obtenir l'expulsion des grévistes. Il doit rapporter la preuve de violences ...

Et que dire du cas de ce trader Jérôme Kerviel ?..

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Ou d’un certain..Richard Ferrand ?...

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Elle est où la « vraie » justice dans tout ça ???

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Et ou l’affaire des salaires fait toujours débat..

Du foutage de gueule !...

"Je mange pas mal de pâtes" : la petite phrase d'une députée LREM sur ses revenus passe mal..

Dans "L'Opinion", une députée LREM a évoqué la baisse de ses revenus depuis son entrée au Palais-Bourbon.

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Les députés siègent pour une séance de questions au gouvernement, le 12 décembre 2017 à Paris. (STÉPHANE ROUPPERT / CITIZENSIDE / AFP)

Elle explique avoir réduit son train de vie. Une députée de La République en marche venue du privé s'est confiée à L'Opinion (article payant), de manière anonyme, sur la baisse de son salaire depuis son entrée dans l'Hémicycle. "Je vais moins souvent au restaurant, je mange pas mal de pâtes. J’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager", raconte-t-elle dans le journal du mercredi 13 décembre. L'Opinion précise que cette députée est passée d'un salaire de 8 000 euros par mois en tant que cheffe d’entreprise à 5 372 euros dans le cadre de ses indemnités de frais de mandat. "Pour certains, la question de tenir jusqu’au bout va se poser", continue-t-elle.

Indignation de députés sur Twitter

Après leur publication, ces phrases ont rapidement fait réagir sur les réseaux sociaux. "Et l'on s'étonne qu'ils votent des lois pour les riches...", commente Clémentine Autain. "Aussi indécent qu'hallucinant", ajoute cette députée de La France insoumise. "Qu'on les mette au Smic désindexé pour voir !", surenchérit François Ruffin (FI). De son côté, Eric Coquerel (FI) compare la situation à la publicité pour la marque Bordeau Chesnel, avec son slogan "Nous n'avons pas les mêmes valeurs".

Clémentine Autain

✔@Clem_Autain

Et l'on s'étonne qu'ils votent des lois pour les riches... Une députée LREM, ex PDG, se plaint de ne plus aller assez au restaurant, de manger des pâtes et de sortir des vieux vêtements de sa cave. Aussi indécent qu'hallucinant.

Marion Lagardère

✔@MLagardere

Dans @lopinion_fr la détresse d’une députée LREM, passée de 8000 euros dans le privé à 5000 à l’Assemblée : « je mange pas mal de pâtes et j’ai ressorti des vêtements de la cave » #Précarité

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François Ruffin

✔@Francois_Ruffin

"Des députés se plaignent d’avoir dû réduire leur train de vie depuis leur élection." Qu'on les mette au #Smic désindexé pour voir ! http://www.bfmtv.com/politique/avec-5000-euros-par-mois-une-deputee-lrem-se-plaint-de-manger-pas-mal-de-pates-1325935.html …

1 171

11:08 - 13 déc. 2017

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Une députée LREM se plaint de la baisse de ses revenus après son élection. 

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Eric Coquerel

✔@ericcoquerel

Ce qui me vient à l'esprit quand une collègue députée LREM se plaint de "manger pas mal de pâtes"... avec un salaire de députée http://www.bfmtv.com/politique/avec-5000-euros-par-mois-une-deputee-lrem-se-plaint-de-manger-pas-mal-de-pates-1325935.html … #Paslesmêmesvaleurs

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11:57 - 13 déc. 2017

106 personnes parlent à ce sujet

Peut-être peut-elle demander à ses collègues insoumis de partager leur panier de provisions? Dans L'Opinion, une députée de La République en marche, ancienne chef d'entreprise, se plaint de sa baisse de revenus, passés de 8000 à 5000 euros par mois, et explique avoir dû changer ses habitudes:

"Je vais moins souvent au restaurant, je mange pas mal de pâtes, j’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager", explique-t-elle.

"Je ne vais pas me plaindre"

En France, le salaire moyen s'établit à 2225 euros net et le salaire médian à 1797 euros. Si ce genre de déclaration contribue à alimenter l'image de déconnexion d'un parti focalisé sur la "France qui gagne", d'autres députés de La République en marche tiennent un discours très différent de leur camarade.

"Face à une aide soignante, on sait qu’on ne peut pas dire ça", considère un élu LREM. "Je ne vais pas me plaindre de gagner 5 000 euros par mois", complète un autre.

Selon Le Monde, le revenu annuel moyen des députés (nouveaux ou réélus) au cours des cinq dernières années frise les 59.000 euros, quand celui des Français s'établit selon l'Insee à 22.420 euros

Ils (les députés..) n’ont pas à se plaindre, ils ont assez d’argent, et de plus, sont « grassement » payés, sans oublier tous les avantages et à côté !!!

(si elle « souhaite » manger des pâtes, c’est « son » problème et seul problème,  et de plus, si elle souhaite manger des pâtes pour maigrir ou pouvoir maintenir sa ligne et taille, c’est également son problème ; si de plus, elle souhaite manger des pâtes pour faire encore un peu plus d’économies sur ce qu’elle a déjà, sans compter tous les avantages, alors là, permettez-moi, non pas d’en rire, mais de m’insurger !!! ..)

Un ancien député PS dénonce les augmentations de salaire au sein de cabinets ministériels

René Dosière, ancien député PS, a passé au crible les salaires dans les cabinets ministériels et voilà ce qu'il a trouvé.

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Spécialiste du contrôle de l'argent public et ancien député PS, René Dosière s'est intéressé aux salaires dans les cabinets ministériels. Il a ainsi remarqué que les salaires ont beaucoup augmenté dans certains cabinets entre 2017 et 2018. La palme revient au porte-parolat : les collaborateurs de Benjamin Griveaux gagnent "beaucoup plus" que ceux de Christophe Castaner, qui était porte-parole en 2017. "Ceux qui sont en poste aujourd'hui gagnent 27% de plus que ceux qui étaient en poste l'année dernière", assure René Dosière.

Les salaires avaient déjà augmenté entre 2016 et 2017

Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'Égalité entre les hommes et les femmes, est aussi pointée du doigt. Elle avait évoqué une hausse de 10 à 15% du salaire de certains collaborateurs il y a quelques mois. Si on fait le calcul, le salaire moyen dans son ministère est de 9 078 euros bruts, cela représente une augmentation de l'ordre de 1 000 euros par mois. "Je pense que c'est choquant, voire même scandaleux", dénonce René Dosière, qui rappelle que les salaires de certains cabinets ministériels avaient déjà augmenté de 20% entre 2016 et 2017, entre François Hollande et Emmanuel Macron.

"Le gouvernement d'Édouard Philippe, parmi tous les cabinets de la Ve République, c'est à la fois celui où il y a le moins d'effectifs, mais aussi celui où les rémunérations individuelles sont les plus élevées", conclut l'ancien député.

Autre son de cloche..

"J'en ai ras la casquette" : un député LR trouve sa rémunération trop basse

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Jean-Luc Reitzer en commission mardi. (LCP Capture d'écran)

Il se plaint aussi du nombre de contrôles.

Par L'Obs

Publié le 24 mai 2018 à 11h20

Marre du flicage des députés ! C'est la teneur du coup de gueule poussé, mardi 22 mai, par le député LR du Haut-Rhin Jean-Luc Reitzer lors de l'audition des membres de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique à l'Assemblée nationale.

Selon lui, plutôt que de traquer d'éventuels conflits d'intérêts entres les activités publiques et privés des élus, l'Etat ferait mieux d'augmenter leurs salaires. Une revalorisation qui permettrait évidemment de mieux lutter "contre les tentations diverses" dont "la corruption".

Monsieur le député craint aussi de voir de nouveaux contrôles imposés aux parlementaires :On passe son temps maintenant à collecter les factures, les notes de restaurant et autres [...] J'ai l'impression que l'on a pas mal de contrôles et que c'est pas la peine d'en rajouter", a-t-il lâché, assurant qu'il en a "ras la casquette" et que les députés "ne sont pas des truands."

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Autre motif de mécontentement : la gestion compliquée de l'enveloppe destinée à couvrir ses frais de mandats – quelque 5.373 euros pourtant, en plus de son salaire.

"On passe son temps maintenant à collecter les factures, les notes de restaurant et autres."

Rien ne trouve grâce aux yeux de Jean-Luc Reitzer, pas même la déclaration de patrimoine que chaque élu doit remplir en moment de son élection :

"Moi, je m'en occupe pas, c'est mon épouse qui fait tout mais je sais que quand elle doit le faire, elle passe un mauvais quart d'heure..."

Courage, plus que quatre ans.

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POINT DE VUE. "Gilets jaunes", voici pourquoi payer les députés et sénateurs au smic n'est pas une bonne idée

Pour le politologue Olivier Costa, "priver les parlementaires d'une rémunération décente ou des moyens de travailler efficacement à l'Assemblée et en circonscription n'est pas le meilleur moyen de rénover la démocratie française". Explications.

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L'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 14 novembre 2018. (MAXPPP)

Olivier Costa, auteur de cet article, est directeur de recherche au CNRS et directeur des études politiques au Collège d'Europe, Sciences Po Bordeaux. La version originale de cet article a été publiée sur le site The Conversation, dont franceinfo est partenaire.

Un élément revient sans cesse dans les revendications des "gilets jaunes", et plus largement dans les commentaires sur nos institutions politiques : la remise en cause des avantages extravagants dont sont supposés jouir les parlementaires. La critique n'est pas nouvelle.

Certains semblent regretter l'époque où l'engagement politique était une activité bénévole – mais de fait réservée aux citoyens aisés. D'autres font référence à une époque révolue, où les parlementaires cumulaient massivement les mandats, les indemnités et les avantages. D'autres, encore, considèrent qu'il conviendrait pour tous les élus de vivre chichement, afin de mieux comprendre le quotidien des classes laborieuses.

Cette revendication pose trois problèmes.

Sur les réseaux sociaux, des informations erronées

Tout d'abord, la plupart des informations qui circulent sur le sujet, notamment sur les réseaux sociaux, sont obsolètes, erronées ou fantaisistes. Le statut et la rémunération des parlementaires français ont beaucoup évolué ces dernières années, avec l'interdiction du cumul des mandats, l'alignement de leur système de retraite sur le régime commun, le contrôle de l'utilisation des frais de mandat, la suppression d'avantages divers, l'interdiction de l'emploi des proches…

Aujourd'hui, on ne peut plus considérer qu'ils disposent de revenus substantiels.

• Un député français gagne 5 300 euros par mois, imposables et soumis à la CSG ;

• Il dispose d'une enveloppe mensuelle de 10 500 euros pour payer ses collaborateurs, cet argent ne lui revient pas en propre ;

• Il bénéficie, enfin, d'une avance pour couvrir ses frais de mandat de 5 300 euros par mois, qui est versée sur un compte spécifique et soumise à justificatifs. Cette somme permet à l'élu de louer une permanence électorale, de payer les déplacements de ses collaborateurs, de s'équiper en bureautique et de contribuer à l'organisation d'événements publics, notamment en circonscription, mais elle ne constitue pas un revenu dont il dispose à sa guise.

Certes, le fonctionnement des assemblées françaises n'est pas exempt de reproches. Il y a encore des progrès à faire en termes de contrôle de l'utilisation des fonds, de transparence des activités annexes des élus, de limitation des conflits d'intérêts, mais la question de la rémunération et des avantages des parlementaires semble être un faux problème.

Une question d'équité

En second lieu, on ne voit pas au nom de quoi on accepterait qu'un médecin, un directeur commercial ou un avocat gagne bien sa vie, tout en tenant à ce qu'un député vive modestement. La plupart d'entre eux pourraient prétendre à des fonctions bien mieux rémunérées s'ils travaillaient dans le secteur privé, ou même dans le secteur public.

Rappelons que le salaire moyen d'un cadre ou d'un buraliste est du même ordre que l'indemnité d'un député (respectivement 5 564 et 5 180 euros brut par mois en 2015selon l'Insee) et que, à l'Assemblée nationale comme au Sénat, les administrateurs sont bien mieux payés que les élus.

Le risque d'une chambre purement symbolique

En troisième lieu, s'il est bon qu'il y ait une certaine diversité socio-professionnelle à l'Assemblée nationale, et pas uniquement des hauts fonctionnaires ou des avocats, il est démagogique de considérer qu'être parlementaire ne réclame aucune compétence particulière, et que seul un chômeur ou un agriculteur peut veiller aux intérêts des chômeurs ou des agriculteurs.

Il n'est certes pas nécessaire d'avoir fait l'ENA pour être parlementaire, et certains élus ont développé des compétences au fil de leur carrière professionnelle, de leurs mandats locaux ou d'engagements politiques, syndicaux ou associatifs. Mais il n'en reste pas moins que, pour être un élu efficace – et pas juste un aboyeur de tribune – il convient de connaître les institutions, de maîtriser la manière dont on fait les lois et les politiques, et d'avoir quelque expérience d'un aspect de l'action publique.Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS

On pourrait tirer au sort une partie des députés sur les listes électorales : ces citoyens viendraient enrichir les débats, en apportant leur propre expérience professionnelle et personnelle, et limiteraient la tendance des politiciens de carrière à se focaliser sur des problématiques qui leur sont propres.

Mais l'Assemblée nationale ne pourrait se passer, par ailleurs, d'élus ayant une certaine connaissance de la chose publique. À défaut, elle deviendrait une chambre purement symbolique, incapable de remplir ses fonctions législatives, budgétaires et de contrôle. Rédiger ou amender une loi, passer en revue l'action du gouvernement et de l'administration, examiner les traités internationaux soumis à ratification, adopter le budget du pays, analyser les propositions de normes européennes, faire remonter les demandes qui s'expriment dans les territoires sont autant de tâches qui requièrent des compétences spécifiques et un investissement à temps plein des élus. Et ce savoir et cette disponibilité ont un prix.

Les conséquences néfastes d'une baisse des salaires

Il n'est donc pas certain que la démocratie gagnerait à ce que les députés soient payés au smic ou au salaire médian. Quelles seraient les conséquences d'une telle réforme ?

D'abord, les plus compétents et les plus impliqués cesseraient sans doute d'être candidats. On peut aimer la chose publique et vouloir en même temps assurer des conditions de vie décentes à sa famille. Par ailleurs, alors que l'on dénonce déjà la surreprésentation de certaines catégories socioprofessionnelles à l'Assemblée nationale, réduire drastiquement l'indemnité des élus reviendrait à chasser les rares représentants du secteur privé qui y siègent.

De fait, avec une indemnité massivement réduite, l'Assemblée nationale présenterait sans doute un piètre visage. Elle serait principalement composée que de cinq types d'élus – qui constituent déjà une fraction pas toujours glorieuse de la représentation nationale :

• Il y aurait d'abord des députés disposant d'une fortune personnelle, souvent peu au fait des conditions de vie du commun des mortels, ou ayant choisi de se faire élire pour le seul bénéfice de leurs sociétés, notamment lorsqu'elles vivent de la commande publique ;

• L'Assemblée attirerait aussi des retraités, qui pourraient cumuler indemnité et pension, et contribueraient par leur présence à accroître encore la représentation des citoyens les plus âgés ;

• Il y aurait sans doute davantage d'élus complaisants, prêts à se mettre au service d'intérêts privés afin de bénéficier de rémunérations ou d'avantages complémentaires à leur indemnité ;

• Siégeraient aussi des députés qui consacreraient leur temps à d'autres activités professionnelles, et dont le mandat ne serait qu'un loisir ;

• Enfin, puisqu'une indemnité très réduite serait de nature à dissuader les citoyens les plus compétents de faire de la politique, on assisterait sans doute à l'arrivée massive de parlementaires qui n'auraient pas la moindre expérience à faire valoir, et pour lesquels cette rémunération modeste constituerait une opportunité financière déjà appréciable.

Une représentation nationale plus à l'écoute du pays

Le fonctionnement des assemblées parlementaires françaises mérite sans aucun doute d'être réformé davantage. Le statut des élus a déjà été révisé en profondeur, mais la recherche de la solennité et de l'autorité symbolique, qui a été au cœur de l'histoire de l'Assemblée nationale et du Sénat – la pompe, les ors, le protocole –, n'est plus d'en phase avec les attentes des citoyens.

Comme on l'a vu avec le mouvement des "gilets jaunes", ceux-ci aspirent à une représentation nationale plus à l'écoute du pays et plus en prise avec les réalités économiques et sociales du pays. La grandiloquence qui marque les activités du Parlement français n'engendre plus l'allégeance et le respect, mais le rejet et l'incompréhension.

Il reste que priver les parlementaires d'une rémunération décente ou des moyens de travailler efficacement à l'Assemblée et en circonscription n'est pas le meilleur moyen de rénover la démocratie française.Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS

Dans un pays où l'exécutif concentre l'essentiel des pouvoirs et où les hauts fonctionnaires et les conseillers jouent un rôle central dans l'action publique, il faut au contraire faire de sorte que nos élus soient compétents et impliqués, et leur donner les moyens de faire entendre la voix des citoyens et des territoires qu'ils représentent.

Si les Françaises et Français, pour une très grande partie et majorité (j’ai pas dit ceux d’en bas..) pensent et croient que les députés n’ont que..5000 Euros par mois, ils se fourrent le doigt dans l’œil et profondément, qu’on se le dise !!!

Tout cela avait déjà commencé bien avant, et depuis le premier mandat de Mr. François Mitterrand, en 1980-1981, et donc pas..d’aujourd’hui.

Ils se sont tous assurés et octroyés des salaires mirobolants, au fur et à mesure, et de façon plus significatives, après le passage à l’Euro, et pas symbolique celui-là (les concernant..) !!!!

Et que dire alors, des..Sénateurs ?

Bref, je préfère m’arrêter là, tellement tout ça m’écoeure et me dégoûte, à défaut de m’indigner…

mouvement-gilets-jaunes-revolution-revolte-epuise-fini

Les « Gilets jaunes » vu de l’étranger..

Chez nos voisins Allemands..

La France n’a pas connu d’agenda aussi chargé et violent !..

"Frankreich hat noch nie eine so gewaltbereite Agendagekannt"

Ein Gespräch mit Prof. Hans Stark vom Studienkomitee für deutsch-französischeBeziehungen in Paris über die Reformbemühungen Macrons und den Widerstand der"Gilets jaunes" in Frankreich

Der Widerstand breiter französischer Bevölkerungsschichten gegendie Reformpolitik von Ministerpräsident Emmanuel Macron - auf derStraße manifestiert durch die Gelbwesten-Bewegung - ist für Prof.Hans Stark vom Studienkomitee für deutsch-französischeBeziehungen in Paris kein Wunder. Vier Jahrzehnte ökonomisches"Durchwursteln" und die wachsende Schere zwischen Arm und Reichseien nicht ohne Folgen geblieben.

Der Widerstand breiter französischer Bevölkerungsschichten gegen die Reformpolitikvon Ministerpräsident Emmanuel Macron ist für Prof. Hans Stark vom Studienkomiteefür deutsch-französische Beziehungen in Paris kein Wunder. "Man darf nicht vergessen:Macron wurde im ersten Wahlgang nur von knapp weniger als einem Drittel der Wählergewählt, die überhaupt an der Wahl telgenommen haben", gab er im Gespräch mit SR-Moderator Stephan Deppen zu bedenken, "insgesamt repräsentiert das weniger als 20Prozent der erwachsenen Franzosen". Von Anfang an habe also keine mehrheitlicheBewegung hinter Macron gestanden.

40 JAHRE "DURCHWURSTELN"

Außerdem krisele es in Frankreich "im Grunde genommen seit dem Ende des sogenannten Wirtschaftwunders der Siebziger Jahre, also seit den beiden Ölschocks",erläuterte Stark. "40 Jahre ökonomisches Durchwursteln" hätten dazu geführt, dassFrankreich heute das Land "mit den höchsten öffentlichen Ausgaben in der OECD" unddas Land mit der höchsten Steuer- und Abgabenlast sei.

UNGERECHTIGKEIT, WUT, AUFRUHR, GEWALT

Vor der immer weiter auseinandergegangenen Schere zwischen Arm und Reich habedies dazu geführt, dass "eine Art Wut" in breiten Teilen der Bevölkerung ausgebrochensei. "Inzwischen gibt es also eben halt wirklich eine soziale Ungerechtigkeit in diesemLand, und die hat jetzt diesen Aufruhr provoziert." Das soziale Klima sei extremangespannt", und seitdem Frankreich eine Demokratie sei, habe es "noch nie eine sogewaltbereite Agenda gekannt wie jetzt in diesen letzten zwei Monaten", stellte Starkklar. "Die Gewalt hat enorm zugenommen, die Gelbwesten-Bewegung hat immer nocheine mehrheitliche Zustimmung im Land - nicht die Gewaltakte, aber die Bewegung, diedahinter steht. Und damit muss natürlich jetzt der Präsident erstmal zurande kommen."

HINTERGRUND

Der französische Premierminister Edouard Philippe will am 10. Januar in Köln und Bonnvor Vertretern aus Politik und Wirtschaft das Reformprogramm der RegierungEmmanuel Macron vorstellen. Angesichts der noch immer andauernden Gelbwesten-Proteste und den Zugeständnissen Macrons kann allerdings wohl niemand sagen,welche Reformen eigentlich dauerhaft Bestand haben werden.

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MEHR ZUM THEMA IM ARCHIV:

Frankreich: Gilets jaunes

"Das ist schon ein Stück weit ungewöhnlich"

Am Morgen des 4. Dezember ist es "völlig unklar", wie es mit dem Kampf derfranzösischen Gelbwesten gegen die Regierung Macron weitergehen könnte - sagteder Protestforscher Prof. Dieter Rucht im SR-Interview. Dauerhafte Erfolge räumtRucht den "Gilets jaunes" allerdings nicht ein: Dazu sei die Bewegung zu heterogen.

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"Gilets Jaunes" kontra Macron

"So viel kann der Präsident gar nicht versprechen"

Seit drei Wochen demonstrieren die "Gilets Jaunes", die Gelben Westen, in Frankreich.Eigentlich sollte der Protest friedlich ablaufen, aber immer wieder kommt es zuAusschreitungen. Auch bei uns in der Region. In Sankt Avold beispielsweise habenSchlägertrupps Teile der Innenstadt zerstört. Im Studiogespräch: SR-Frankreichexpertin Lisa Huth zum aktuellen Stand der Dinge.

Ein Thema aus der Sendung "Bilanz am Mittag" am 10.01.2019 auf SR 2 KulturRadio.

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Pour terminer

Décidément, ce gouvernement n’a pas fini d’être « empêtré » avec le mouvement des « Gilets jaunes » et la colère qui les animent comme revendications légitimes

Pour conclure

Il faut espérer que le gouvernement ne cherchera pas à faire de la récupération, ni surtout..récupération « politique », avec ce grand débat national, ni ne cherchera à détourner les questions proposées comme suggestions, par une forme de « dirigisme » quelconque ou aigue, ou encore, forme de questions imposées et avec des réponses toute faite et qui n’en sont pas, et n’aborderaient pas les réels problèmes comme attentes légitimes face à la souffrance de bon nombre de gens et du peuple, pour ne pas dire les trois- quart de la France !!!...