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La Mondialisation..Est-on allé trop loin ?..

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Décriée par les populistes et les militants de l’environnement, la globalisation de l’économie reste pourtant le meilleur système pour faire reculer la pauvreté. A condition que l’on en corrige les défauts..

Les porte-conteneurs..

Le porte-conteneur..

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LES PRODUITS IMPORTÉS

COUTENT BIEN MOINS CHER

 QUE LE  ’’ MADE IN France ’’..

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I seul de ces porte-conteneurs pollue d’avantage que des milliers de voitures !..

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1 PORTE-CONTENEURS

REJETTE AUTANT DE DIOXYDE DE SOUFFRE QUE

50 MILLIONS DE VOITURES !!!

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Une approche générale, comme à l’approche des fêtes de Noël comme de fin d’année et du Nouvel An, pour tous les « afficionados » du consumérisme à outrance, comme adeptes du « e/commerce », un regard différent sur cette course toujours un peu plus..effrénée et galopante..néfaste, et pas que pour..L’environnement et la sauvegarde de la planète..

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La démesure du gigantisme !..

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Toujours plus..toujours plus grands !..

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GÉNÉRATIONS+DE+PORTE-CONTENEURS

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En 2019

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Les chiffres fous du Saint Exupéry, le plus grand porte-conteneurs français !

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Le Saint Exupéry est le plus grand navire porte-conteneurs à naviguer sous pavillon français et il est, en avril 2018, le septième plus gros porte-conteneurs à naviguer. - Wikipedia-Licence CC 4.0

Mis en service en février 2018, le porte-conteneur Saint Exupéry est baptisé ce jeudi, au port du Havre par Bruno Le Maire. C'est le plus gros navire de ce type battant pavillon français. Visite guidée en chiffres.

Le gigantisme dans le domaine naval a un nom: l'Antoine Saint Exupéry, nom de celui qui est aujourd'hui le plus grand bateau de la marine marchande française. Bruno Le Maire (Économie) et Élisabeth Borne (Transports) se rendent ce jeudi au port du Havre pour présider à la cérémonie officielle du baptême d'inauguration de ce porte-conteneurs, mis en service début 2018.

Fabriqué dans un chantier naval aux Philippines, le Saint Exupéry appartient à l'armateur CMA CGM. Ce géant des mers détrône le Bougainville(également propriété du CMA CGM) qui avait été lui-même inauguré par François Hollande en octobre 2015. Visite guidée en chiffres du nouveau mastodonte des océans, dédié au fret maritime.

  • 400 mètres de long: c'est l'équivalent de la longueur de quatre terrains de football pour ce navire qui dépasse de deux mètres le précédent record de 398 mètres affichés par le Bougainville, mis en service en 2015, dans la flotte de porte-conteneurs du même armateur.
  • 59 mètres de large : c'est peu ou prou la largeur moyenne d'un terrain de football. Le Saint-Exupéry est cinq mètres plus large que le Bougainville (54 mètres).
  • 20.600 EVP (Équivalent vingt pieds) : c'est le nombre de conteneurs standards qu'il peut convoyer sur les océans. Mises bout à bout, ces 20.600 "boîtes", où sont stockées les marchandises, représentent une chaîne de conteneurs de 123 kilomètres.

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  • 16 mètres de tirant d'eau à pleine charge. Ces dimensions requièrent des profondeurs d'eau importantes propres aux ports qui accueillent habituellement les porte-conteneurs comme celui du Havre en France.
  • 100.000 CV de puissance moteur. Le navire est propulsé par un moteur Winterthur Gaz Et Diesel modèle X92, avec une puissance de sortie jusqu'à 73,560 kW (soit plus de 100.000 CV) qui peut le propulser jusqu'à 22 nœuds (41 km/h).

Conscient des enjeux écologiques liés à ces mastodontes des océans, gros pollueurs de l'air à cause de leurs gros moteurs diesel, comme les bateaux de croisière, l'armateur met en avant le système de traitement des eaux de ballast par filtres et lampes UV du Saint Exupéry. Il rejetterait à la mer une eau vidée de tout organisme vivant susceptible d'impacter la biodiversité marine.

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En 2015

Hollande inaugure le Bougainville, plus gros porte-conteneurs français en 2015..

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Le Bougainville, à quai au port du Havre, le 6 octobre 2015.

François Hollande a inauguré mardi matin au Havre le plus gros porte-conteneurs au monde battant pavillon français. Ce bateau à la pointe de la technologie va transporter jusqu’à 6 millions de tonnes de marchandises partout dans le monde. Le Bougainville est le dernier né de la gamme des porte-conteneurs de la compagnie CMA-CGM, construit par le chantier coréen Samsung Heavy Industries.

Il mesure l’équivalent de quatre terrains de football. C’est un énorme navire de près de 400 mètres de long et 54 mètres de large qui en font le plus gros porte-conteneurs au monde battant pavillon français.

Le plus important navire français était jusqu'ici le CMA-CGM Jules Verne, inauguré il y a deux ans à Marseille. « C’était déjà un temps d’avance de lancer le Jules Verne à Marseille et c’est avoir toujours un temps d’avance avec le Bougainville », a commenté le président de la République François Hollande.

Cet impressionnant géant des mers bleu marine peut transporter 18 000 conteneurs. Six millions de tonnes de produits alimentaires, textiles, voitures, matières premières… peuvent être chargés à bord et acheminés partout dans le monde. Un formidable outil sachant qu’aujourd’hui 90 % des marchandises transitent par la mer.

C’est surtout le navire le plus high-tech au monde. Les conteneurs sont équipés d’antennes-relais qui transmettent des informations sur leurs positions, sur les vibrations, sur les chocs éventuels. Il est possible aussi de contrôler à distance la température des conteneurs réfrigérés. « Une technologie qui transforme les conteneurs en objets connectés », a vanté François Hollande.

Le Bougainville, baptisé selon Louis-Antoine de Bougainville, le premier navigateur français à avoir effectué un tour du monde, de 1766 à 1769, a été acheté 130 millions d’euros au Coréen Samsung. Il est aussi à la pointe en matière environnementale. Les émissions de CO2, 37 grammes par kilomètre parcouru, sont trois fois inférieures à celles du groupe il y a dix ans. Ce sont des atouts de taille dans la guerre commerciale qui lie l’armateur à ses puissants rivaux, le Danois Maersk et l'Italo-Suisse MSC.

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Photo ci-dessus Le-porte-conteneurs-Bougainville-dans-port-Havre-6-octobre-2015.

En 2013

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François Hollande inaugure le porte-conteneurs Jules Verne de la CMA CGM le 2 juin 2013..

François Hollande est à Marseille ce mardi. Il inaugurera le porte-conteneurs le plus grand au monde, le "Jules-Verne". Un navire hors-normes, dont la construction avait été lancée en 2007, à une époque où la crise ne faisait que commencer. Focus sur ce symbole hors-norme de la démesure de la mondialisation.

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Photo ci-dessus du super porte conteneurs « Jules Verne ».

Haut comme un immeuble de 20 étages

Le navire est la propriété de CMA-CGM, premier groupe de transport maritime français, qui a vu les choses en grand. Les chiffres qui caractérisent le "Jules Verne" donnent le vertige.Long de 396 mètres, large de 54 mètres, le porte-conteneurs a un tirant d'eau de 16 mètres, ce qui ne lui permet pas d'accoster n'importe où. Il faut gravir une cinquantaine de mètres pour atteindre son sommet, soit l'équivalent d'un immeuble de 20 étages.

Un navire gourmand ------------------ Ces dimensions lui offrent une capacité de transport impressionnante. La Tour Eiffel ou cinq Airbus A380 pourraient loger dans ses cales. Mais ce sont bien des conteneurs que le navire transportera. 16.000 en tout, ce qui représente à peu près 500 millions d'euros de marchandises en capacité de chargement maximum.Le "Jules Verne" et les 28 personnes qui travaillent à bord (8 Français, 20 Philippins) effectueront toujours le même trajet, quatre fois par an. Ils relieront l'Europe à l'Asie, en passant par le canal de Suez. Un trajet gourmand en énergie, puisque 9.000 tonnes de fioul seront englouties à chaque fois. Soit l'équivalent de 250.000 pleins d'une voiture lambda. Il faut dire que le moteur diesel, long de 25 mètres, développe une puissance de 108.000 CV !Le "Jules Verne" ne devrait pas confisquer le record du gigantisme très longtemps, car les concurrents de CMA-CGM annoncent l'arrivée de bâtiments encore plus grands dans les six mois qui viennent.

Il existe une autre..Mondialisation ou..possibilité..

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Comment réduire ses excès ?..

En..surconsommation..

ET..consommation tout court..

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Sans réel pouvoir d’achat et réelles possibilités en achat..pas d’achat du tout !!!..

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MONDIALISATION

COMMENT REDUIRE SES EXCES..

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1 PORTE-CONTENEURS

REJETTE AUTANT DE DIOXYDE DE SOUFFRE QUE

50 MILLIONS DE VOITURES !!!

Après le foot, voilà donc le deuxième domaine où la France est championne du monde : la haine de la globalisation. Le sondage réalisé l’an dernier(2018) par l’institut YouGov dans les principaux pays de la planète pour le compte de la fondation Bertelsmann Stiftung, ne laisse aucun doute sur ce point. Que ce soit pour l’emploi , les salaires, la qualité* des produits ou encore le niveau de vie(1), nos compatriotes y apparaissent invariablement les plus nombreux à juger la mondialisation néfaste. Et à peine 43% d’entre eux considèrent que cette dernière peut contribuer à doper la croissance (2), un score à des années lumière de celui des Indonésiens (81%), ce qui peut se comprendre, mais aussi de celui des Allemands (61%), des Britanniques(57%)(3) et même des Américains (57%), supposés isolationnistes et anti-Chinois.

FICHTRE ! LES FRENCHIES seraient-ils le peuple le plus ringard du globe ? Ou compteraient-ils, au contraire, parmi les plus éclairés ? Les deux à la fois, serait-on tenté de répondre, tant la globalisation offre aujourd’hui un double visage déroutant. D’un côté, elle augmente notre pouvoir d’achat (Ah..bon ?..) en réduisant le prix de milliers de produits importés (le bas qui blesse et pas seulement..), nous permet de bénéficier en temps réel de toutes les avancées technologiques et, quoi qu’on en dise, fait progresser le monde (vers quelle issue ?..) à pas de géant. C’est grâce à elle, ne l’oublions pas, qu’en Asie, en Afrique ou en Amérique Latine, des centaines de millions d’êtres humains ont pu sortir ces dernières années de l’extrême pauvreté. Qui le contestera ? Vue sous cet angle, la mondialisation est un bienfait pour l’humanité.

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Mais, c’est aussi l’une de ses pires calamités. Après avoir fait disparaître des millions d’emplois non qualifiés dans les pays développés, elle déstabilise désormais notre classe moyenne, en tirant les salaires vers le bas et en délocalisant (toujours plus..) des tâches tertiaires. Elle a engendré des monstres numériques (les GAFA) plus puissants que des Etats, qui imposent leurs vues hors de tout contrôle, tiennent à eux seuls la moitié de la recherche mondiale et attentent sans vergogne à notre vie privée. Quand à l’environnement…Se doute-t-on qu’un seul porte-conteneurs géant rejette autant de dioxyde de souffre que 50 millions de voitures ? Que la production d’huile de palme a provoqué la destruction de 27 millions d’hectares (la moitié de la superficie de la France) de forêts essentielles à l’équilibre de la planète, et que ce chiffre gonfle tous les jours ?

A-t-on idée que, dans les plantations du Mexique ou d’Afrique du Sud, il faut 1000 litres d’eau pour produire un malheureux kilo d’avocats ?

  Régler son compte une fois pour toutes à notre modèle de développement, comme l’exigent en rangs de plus en plus serrés les populistes et les défenseurs de l’environnement, ne serait cependant pas la solution. D’abord parce que cela reviendrait à se priver de ses bienfaits (pour qui ?..Pourquoi ?..) :sans la globalisation, l’Afrique n’a aucune chance de s’en sortir. Et puis parce qu’un repli sur soi généralisé, pour autant qu’il soit possible de le mener, déboucherait très vite sur une catastrophe (ce qui nous pend au nez de toute façon..). La hantise avec laquelle les milieux économiques suivent les péripéties des négociations commerciales entre Pékin et Washington le démontre mieux que tous les discours : en cas d’échec, ce sera la récession généralisée.

  Plutôt que de chercher à lui faire la peau, mieux vaut donc essayer d’infléchir la mondialisation afin de corriger ses défauts et de la rendre plus humaine. Les quelques pistes ébauchées dans ce dossier prouvent que c’est possible.

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LES PRODUITS IMPORTÉS

COUTENT BIEN MOINS CHER

 QUE LE  ’’ MADE IN France ’’..

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Photo ci-dessus du super porte-conteneurs Le Bougainville.

Quelques exemples pour convaincre..

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-17%

Alimentation et boissons sans alcool

(parmi ces produits, le riz, majoritairement importé de Thaïlande, pèse lourd)

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-19%

Boissons alcoolisées et tabac

(L’accès aux vins étrangers, notamment sud américains, a allégé notre facture d’alcool)

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-34%

Transports

(Dans cette catégorie, l’arrivée des scooters fabriqués en Chine a contribué à creuser encore l’écart)

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- 41%

Loisirs et culture

(La majorité de l’électronique grand public vient d’Asie, à des prix près de deux fois inférieurs à ceux des produits tricolores)

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- 42%

Santé

(Les accessoires médicaux importés d’Asie, comme les cannes ou les attelles de contention, sont souvent d’aussi bonne qualité)

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- 59%

Vêtements et chaussures

(En magasin, l’écart de prix moyen entre une chemise fabriquée en France et un modèle importé est de 1 à 3)

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- 62%

Meubles et

Appareils ménagers

(Le made in Vietnam a fait le succès des enseignes de déco bon marché comme ’’Maisons du Monde’’)

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- 89%

Matériel de téléphonie et copie

(Neuf téléphones sur dix vendus en France sont fabriqués en Chine, d’où cet écart de prix vertigineux)

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CMA CGM lance le plus gros porte-conteneurs propulsé par GNL au monde..

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Le « CMA CGM Jacques Saadé », du nom du fondateur du numéro trois mondial du transport maritime par conteneurs. Photo DR

En tout cas, notre porte-monnaie s’y retrouve..

( paraît-il..)

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Avec la mondialisation, nous consommons trois fois plus de produits issus de pays à bas coût qu’il y a vingt ans. Soit une économie de 1000 Euros par an !

Vive la mondialisation !

-« Ouvrez grand les frontières »-« Nous voulons plus de produits Chinois ! »

Vous ne lirez évidemment jamais de tels slogans au dos d’un « Gilets jaunes ».

La globalisation des échanges et la concurrence des pays à faible salaires ne sont-elles pas une de leurs bêtes noires, accusées – parfois à juste titre – de tuer les emplois ? Et pourtant…

On passera sur l’ironie de la situation qui veut que la plupart de ces vestes fluorescentes soient fabriquées en Asie et se vendent sur « Amazon » pour quelques centimes d’Euros..Oui, centimes. Mais ce qui est vrai de cet emblème de la révolte sociale grondant depuis des mois (novembre 2018..) l’est aussi pour des dizaines d’autres produits de notre quotidien.

C’est d’ailleurs tout le paradoxe de cette mondialisation honnie : elle nous fait gagner tous les jours beaucoup de pouvoir d’achat (tout dépend, et pour qui..réellement ?..). Vous en doutez ?

Trois économistes de la Banque de France viennent d’en apporter une fois encore la preuve dans une étude baptisée « Importations des pays à bas salaires : quels gains pour les ménages ? », parue fin 2018. Leur conclusion est sans appel. « En 2014, dernière année de notre enquête (la revue Capital..), on estime que les ménages Français ont économisé 1000 Euros en moyenne par rapport à ce qu’ils auraient dépensé en l’absence d’ouverture aux pays à bas coûts », révèle l’un des auteurs, Erwan Gautier.

(autrement dit..La merde, pour les pauvres et les moins riches, et la qualité, comme les bons produits, pour les seuls..riches..)

 En effet, la part dans notre consommation de produits importés des pays à bas salaires à..triplé ( !) entre 1994 et 2014. « Non seulement les frais de transport ont baissé sur la période, mais les accords commerciaux limitant les droits de douane se sont multipliés, notamment grâce à l’adhésion de la Chine à l’organisation mondiale du commerce en 2001 », rappelle Erwan Gautier. Et voilà comment les rayons de nos supermarchés et les enseignes du prêt-à-porter, de meubles ou d’électroménager ont fait la part de plus en plus belle au made in China, puis au made in India, Bangladesh, Vietnam, Philippines…Or, d’après nos économistes, les prix de ces biens importés ont été en moyenne 40% inférieurs à ceux de leurs équivalents fabriqués en France. Sans oublier la pression que cette concurrence a exercée sur les entreprises tricolores (voir mon article sur les chaussons « Rondineau »..), contraintes de baisser leurs tarifs en sacrifiant leurs marges. « Et vous obtenez un gain de pouvoir d’achat de plusieurs centaines d’Euros par an », souligne Erwan Gautier.

ATTENTION, TOUTEFOIS. Cette comparaison ne tient pas compte de la différence de qualité (le mot est lâché..) entre les produits importés et ceux fabriqués chez nous.

Qu’il s’agisse d’un tee-shirt ou d’un mixer (robot électroménager..), celle-ci peut être considérable, gommant dans le temps l’économie de quelques Euros fait en caisse. Et puis, l’impact sur l’emploi de ces importations à bas coûts n’est pas non plus mesuré. Or lui aussi peut peser lourd. Un effet pervers de la mondialisation que les consommateurs ont cerné depuis longtemps. « C’est l’une des raisons de l’engouement, même s’il reste marginal, pour le made in France », observe Gaëlle Le Floch, du cabinet Kantar Worldpanel. »

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Photo ci-dessus Gaëlle Le Floch.

MONDIALISATION..

Comment réduire ses excès..

Le cas des..GAFAM..

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Pour dompter les Gafam, il va falloir mettre les bouchées doubles..

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Les géants technologiques américains sont les monstrueux rejetons de la mondialisation. Comment juguler leur domination ?

A cinq, ils représentent la forme la plus visible, et la plus extrême, de la mondialisation.

Ceux qu’on désigne par l’acronyme « Gafam » (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft..) proposent des services numériques inégalés, ultra-populaires, qui se sont massivement propagés, et sans aucune limite, avec la vitesse et la facilité du Web. Leurs effets pervers sont, eux, bien concrets.

Facebook est utilisé pour influencer les élections. Amazon bouscule des secteurs économiques entiers, détruisant des milliers d’emplois. Apple ou Google contrôlent nos smartphones. Tous ces géanst affichent des capitalisations boursières supérieures aux PIB  de nombreux pays et disposent de budgets de recherche bien plus fournis que celui du CNRS. Et pourtant, justement parce qu’ils se fichent des frontières, ils rechignent à payer leurs impôts là où ils exercent. Ets-il encore temps de réagir, et comment ?

Seul un accord international permettra de les taxer

Très habiles pour déplacer leurs profits dans des paradis fiscaux (Luxembourg, Pays-Bas, Irlande), les Gafam sont aujourd’hui dans le collimateur. Mais faute d’accord Européen, la France a décidé d’avancer seule avec sa « taxe Gafa » de 3% (seulement !..) sur leurs chioffres d’affaire réalisé sur le territoire dans certaines activités. Un conseiller de Bercy résume la situation : « nous avons utilisé notre latitude nationale, mais l’objectif majeur est bien de fiscaliser les bénéfices des Gafam partout, et il doit être international. » Il faudra pour cela un accord des pays de l’OCDE, encore à l’état de projet. En attendant, certains craignent un retour de bâton à la suite de l’initiative française. C’est la thèse de Giuseppe de Martino, président de l’Asic (Association des services internet communautaires ), qui défend les intérêts de plates-formes comme Google, Facebook, Twitter, Netflix, Spotify ou eBay. « J’ai peur que ça dissuade certaines entreprises américaines, canadiennes ou indiennes d’investir en France.

Leur avance technologique sera difficilement rattrapable

Un seul chiffre suffit à donner la mesure de la situation : selon PwC, le budget de recherche et développement d’Amazon pour 2018, s’est élevé à 20,2 milliards d’Euros !

Pas moins de 10 000 employés de la firme travaillent ainsi sur son assistant vocal Alexa ! Et le numéro 2 de ce classement n’est autre qu’Alphabet, la maison mère de Google, avec 14,5 milliards. Ces sommes sont colossales comparées au budget annuel de notre CNRS, de 3,4 milliards d’Euros, ou à l’effort prévu par le gouvernement français dans le domaine de l’intelligence artificielle : 603 millions d’euros, jusqu’à 2022.

Les obliger à protéger nos données est loin d’être simple

  Voilà un domaine dans lequel l’Europe est pionnière. L’UE a fait un grand pas dans la protection des informations personnelles numériques des citoyens, en adoptant l’an dernier (2018..) le règlement général sur la protection des données (RGPD).

Il permet, par exemple, de créer un droit à l’oubli : tout individu peut demander à une entreprise d’effacer ses datas privées. Il instaure aussi la portabilité de ces données, que chacun peut récupérer et transférer vers une entreprise concurrente. Mais le RGDP ne protège pas pour autant contre les fuites massives qui touchent notamment les Gafam. Facebook, par exemple, a connu de nombreuses brèches de confidentialité, laissant un Mark Zuckerberg livide avouer à quel point il était « désolé » et annoncer des cryptages renforcés.

Il ne reste qu’à le croire…ou à inventer des modèles alternatifs plus respectueux de la législation et de notre intimité.

En théorie, ils devraient être démantelés. Mais dans la pratique…

« Il faut que nos entreprises les plus puissantes respectent les règles, et qu’une nouvelle génération puisse émerger. » Démanteler les Gafam, c’est le cheval de bataille d’Elizabeth Warren, candidate à l’investiture démocratique pour la présidentielle de 2020. Elle s’appuie sur le cas Microsoft, dont le monopole a fait l’objet d’un procès évènement en 1998. Aujourd’hui, Google et Facebook dirigent à eux deux 70% du trafic Internet mondial.

La sénatrice dénonce aussi Amazon : tout-puissant dans l’e-commerce, le groupe de Seattle donne accès à sa plateforme à des PME…puis les concurrence avec ses propres produits. Une double activité qui, selon elle, devrait être examinée par les instances antitrust américaines. La Commission Européenne et plusieurs pays ont lancé des enquêtes sur le sujet.

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Ce n’est pas demain que nos champions leur feront de l’ombre

  Parmi les géants mondiaux du numérique, il faut bien l’admettre, peu sont européens. A part Spotify, le suédois champion du streaming musical, aucun leader mondial iconique comme Google, Airbnb, Facebook ou Netflix n’a émergé du Vieux Continent. Il est pourtant permis d’espérer la naissance de nouvelles « licornes », ces start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars. 

L’argent est là : les levées de fonds à plus de 100 millions d’Euros pleuvent actuellement sur la French Tec. Aux côtés de nos déjà anciennes start-up à succès – citons le spécialiste du covoiturage BlaBlaCar ou le roi de la publicité ciblée Critéo, côté à New-York -, de nouvelles jeunes pousses s’avèrent très prometteuses. Comme Doctolib, l’application de prise de rendez-vous médicaux, qui veut devenir le leader de la télé consultation. Ou encore Mirakl, un fournisseur de sites d’e-commerce clés en main pour les enseignes traditionnelles.

Très ambitieux, il s’annonce comme un concurrent sérieux d’Amazon.

Les « BATX » chinois ne doivent pas être sous-estimés

La focalisation sur les Gafam ferait presque oublier d’autres champions du numérique, tout aussi puissants et conquérants : les BATX : Baidu, Alibaba, Tence et Xiaomi – les équivalents chinois de Google, d’Amazon, de Facebook et d’Apple. Ces géants ont fourbi leurs armes sur l’immense marché intérieur de l’empire du Milieu, et ils ne vont pas s’y cantonner longtemps. Xaomi mais aussi Huawei ont déjà commencé à croquer avec appétit le marché européen du smartphone eet des réseaux télécoms. Alibaba, via son site d’e-commerce AliExpress, vient d’inaugurer un entrepôt à Liège, en Belgique, prévu notamment pour arroser la France, ce « nouvel eldorado », selon les termes de l’entreprise, qui a aussi noué un partenariat avec Relais Colis. Si bien que l’américain Amazon pourrait, un jour, être battu chez nous par le chinois Alibaba. Un progrès ?..

Les Gafam..

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Ils sont plus riches que bien des Etats..

Si l’on additionne leurs chiffres d’affaire en 2018, les Gafam sont la dix-septième « nation » la plus riche du Monde !

801,5  milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2018.

17°/ Total Gafam !!!

Chiffres d’affaires cumulés de Google, d’Apple, de Facebook, d’Amazon et de Microsoft en 2018.

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762 milliards de dollars

  18°/ Arabie Saoudite ( !)

 

708 milliards de dollars

  19°/ Suisse ( !)

 

706 milliards de dollars

  20°/ Turquie ( !)

 

601 milliards de dollars

  21°/ Taiwan ( !)

 

593 milliards de dollars

  22°/ Pologne ( !)

 

547 milliards de dollars

  23°/ Suède ( !)

Produit intérieur brut en 2018, source FMI.

Ils investissent à fond dans la recherche !

Chiffres 2018, étude PWC, organismes.

Budget du C.N.R.S.

  3,4 milliards d’Euros.

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Budget R&D d’Alphabet – Google

14,5 milliards d’Euros !

 

Budget de la NASA

  18,2 milliards d’Euros

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Budget R&D d’Amazon

  20,2 milliards d’Euros !

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Ça y est, nos industries relocalisent !

(si peu..il est vrai..)

Le rapatriement d’usines dans l’Hexagone s’accélère.

Mais, dans les services, des milliers d’emplois intermédiaires sont menacés de délocalisations.

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Ces chinois, ils nous auront tout fait !..

«Ils nous auront tout fait, ces Chinois.» Copies de brevets revendues aux concurrents, vols de matériel, chantage des fournisseurs aux rétrocommissions… Frédéric Granotier n’en dormait plus. «Je passais 50% de mon temps à gérer les problèmes de notre usine de Shenzhen, alors, en 2014, j’ai dit stop, et on a rapatrié toute notre production en Normandie», raconte le fondateur de Lucibel, spécialiste des éclairages professionnels LED (voir la vidéo de son interview ci-dessus). L’occasion pour cette entreprise de 18 millions d’euros de chiffre d’affaires qui éclaire neuf musées français sur dix d’investir massivement dans l’innovation. «On a redessiné nos pièces pour diviser par 2,5 le temps d’assemblage et gommer intégralement les écarts de coût du travail», détaille ce reconverti au «made in chez nous». Il n’est pas le seul.

Le Coq sportif revenu du Maroc pour réinvestir ses locaux historiques de Troyes, les chaussettes Olympia et le fabricant de panneaux de volets Bati Renov délaissant la Roumanie pour les Vosges et la Charente-Maritime, les emballages plastique Sphere abandonnant la République tchèque pour la région parisienne, les chocolats Terry’s (groupe Carambar & Co) quittant la Pologne pour l’Alsace… Pas de doute, le vent tourne. Si, dans les années 1990, des pans entiers de notre industrie se sont délocalisés dans des pays à bas coûts, tuant au passage des centaines de milliers d’emplois et des décennies de savoir-faire, on assiste depuis le milieu des années 2000 à un début de reflux. Certes encore modeste : Bercy a identifié 98 relocalisations entre 2014 et 2018. Loin de compenser les jobs perdus, la plupart pour de bon. Mais assez pour voir la part de l’industrie remonter à 15% de la richesse nationale (PIB) d’ici cinq ans, contre 12% aujourd’hui, d’après les prévisions du Medef. Même notre secteur textile, grand perdant de la mondialisation, retrouve des couleurs : en 2016, pour la première fois depuis quarante ans, on y a créé plus d’emplois qu’on en a détruit.

Les classes moyennes voient partir beaucoup d’emplois intermédiaires !..

Mais ne nous y trompons pas, ces retours au bercail n’ont rien d’un élan patriotique. Comme lorsqu’ils sont partis fabriquer aux Philippines ou en Pologne, nos chefs d’entreprise poursuivent avant tout leurs intérêts. D’abord, produire à l’autre bout du monde leur revient de plus en plus cher. Non seulement les salaires s’envolent, jusqu’à 20% par an en Chine, par exemple, mais les frais de logistique – plus de la moitié des coûts de production – plombent leur bilan. «Sans parler des factures cachées de la délocalisation comme la reprise des malfaçons, les aléas de livraison, les problèmes de stockage, les risques de péremption, les variations de change, etc.», rappelle El-Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à l'université Paris-Dauphine.

Ensuite..dans beaucoup de domaines..

Ensuite, dans beaucoup de domaines (mode, décoration, accessoires…), les consommateurs aspirent à toujours plus de nouveautés et de personnalisation. Ce qui exige une forte réactivité des usines appelées à produire des séries plus courtes. Une souplesse que les mégacomplexes industriels d’Asie du Sud-Est ou d’Europe de l’Est sont incapables d’adopter. Enfin, lassés de l’hyperconsommation de produits dont ils rejettent l'obsolescence programmée et l’impact sur l’environnement, de plus en plus de ménages tentent de dépenser moins mais mieux. Une exigence de qualité et de protection de l’environnement qui s’avère elle aussi incompatible avec une fabrication dans les économies émergentes. «Qu’il s’agisse des cosmétiques, de l’agroalimentaire, du textile, de l’électroménager… peu de secteurs échappent à cette tendance», observe Yves Jégo, pilote des Assises du Produire en France.

Pour autant, ces relocalisations n’ont souvent qu’un effet marginal sur l’emploi peu qualifié. En effet, pour compenser des coûts salariaux plus élevés, les entreprises doivent doper leur productivité en automatisant leurs lignes de production. Comme Kusmi Tea, qui, en relocalisant du Maroc au Havre, s’est équipé de robots japonais d’ensachage de thé ultraperformants. Car ce retour dans l’Hexagone s’accompagne souvent d’une montée en gamme et d’un gros effort d’innovation. Résultat, «l’impact sur la création de postes plus techniques et sur la régénérescence du tissu local de sous-traitance est difficile à mesurer mais bien réel», souligne El-Mouhoub Mouhoud.

Si dans l’industrie..

Si, dans l’industrie, le gros des délocalisations semble derrière nous, dans les services, par contre, la mondialisation n’a pas fini de faire des vagues. Notamment dans les banques (Natixis), les compagnies d’assurances (Axa), chez les distributeurs (Castorama) ou les fournisseurs d’énergie (Engie). Qu'il s'agisse de leurs services clients, comptabilité, paie ou informatique, ce sont des centaines d’emplois intermédiaires qui partent chaque année dans des pays à bas coûts (Maurice, Maroc, Madagascar, Inde, Portugal, Pologne). Des postes traditionnellement occupés par les classes moyennes qui voient leur avenir économique menacé et dont l’angoisse – légitime – sert de carburant aux mouvements populistes. Le gouvernement entend d’ailleurs en faire un de ses prochains chevaux de bataille. A l’initiative du député LREM Ludovic Mendes, un groupe de travail vient d’être mis en place à Bercy pour tenter de contraindre les entreprises d’opérer au moins 80% de leurs relations clients en interne et, pour les 20% sous-traités, de le faire en France. Réponse d’ici l’été.

  • Dans les services, on continue à délocaliser
  • 30% de la relation clients d’Engie réalisée hors de France (principalement au Maroc, au Cameroun, en Tunisie, à Maurice et au Sénégal.). 600 emplois informatiques créés par natixis au Portugal en 2019 contre 150 en France. 150 postes informatiques de BnP Paribas transférés au Maroc en 2018. 409 jobs comptables délocalisés par Castorama en Pologne.

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Ils sont revenus en France..

  • Sphere

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John Persenda, le P-DG de Sphere a relocalisé en 2010 une usine d’emballages plastique de la République tchèque en Normandie «Certes, les ouvriers tchèques coûtent moins cher, mais question sérieux et motivation, ce n’était pas ça…» - ©SP.

John Persenda, le P-DG de Sphere a relocalisé en 2010 une usine d’emballages plastique de la République tchèque en Normandie «Certes, les ouvriers tchèques coûtent moins cher, mais question sérieux et motivation, ce n’était pas ça…»

  • Bati Renov

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Christophe Lacombe, le fondateur de Bati Renov (volets) a fermé son usine roumaine en 2017 pour se réinstaller en Charente-Maritime «Nous sommes devenus plus réactifs et plus innovants même si on a du mal à recruter.» - ©Cgcom.

Christophe Lacombe, le fondateur de Bati Renov (volets) a fermé son usine roumaine en 2017 pour se réinstaller en Charente-Maritime «Nous sommes devenus plus réactifs et plus innovants même si on a du mal à recruter.»

  • Kusmi Tea

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Sylvain Orebi, le P-DG de Kusmi Tea a relocalisé en 2014 son usine d’ensachage de thé, du Maroc au Havre «Grâce à la robotisation, fabriquer en Normandie nous revient moins cher qu’au Maroc.» - ©SP.

Sylvain Orebi, le P-DG de Kusmi Tea a relocalisé en 2014 son usine d’ensachage de thé, du Maroc au Havre «Grâce à la robotisation, fabriquer en Normandie nous revient moins cher qu’au Maroc.»

  • Lucibel

Photo-Frédéric-Granotier

Frédéric Granotier, le fondateur de Lucibel a rapatrié en 2014 la production de ses systèmes d’éclairage de la Chine en Seine-Maritime «On a redessiné nos produits pour diminuer le temps d’assemblage, donc le coût du travail.» - ©SP.

Frédéric Granotier, le fondateur de Lucibel a rapatrié en 2014 la production de ses systèmes d’éclairage de la Chine en Seine-Maritime «On a redessiné nos produits pour diminuer le temps d’assemblage, donc le coût du travail.»

  • Baracoda

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Thomas Serval, le P-DG de Baracoda a rapatrié en 2016 son bureau d’études de HongKong à Neuilly-sur-Seine, et sa production d’objets connectés des Philippines dans l’Oise «Je gagne en frais de logistique et de conception ce que je perds en coûts de main-d’œuvre.» - ©SP.

Thomas Serval, le P-DG de Baracoda a rapatrié en 2016 son bureau d’études de HongKong à Neuilly-sur-Seine, et sa production d’objets connectés des Philippines dans l’Oise «Je gagne en frais de logistique et de conception ce que je perds en coûts de main-d’œuvre.»

  • Schneider Consumer Group

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Philippe Samuel, le P-DG de Schneider Consumer Group va relocaliser en 2019 la fabrication des fours Scholtès d’Italie en Alsace. «Je vais vendre aux Chinois de l’électroménager made in France, le monde à l’envers !» - ©SP.

Philippe Samuel, le P-DG de Schneider Consumer Group va relocaliser en 2019 la fabrication des fours Scholtès d’Italie en Alsace. «Je vais vendre aux Chinois de l’électroménager made in France, le monde à l’envers !»

  • Bioseptyl

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Olivier Remoissonnet, le repreneur de Bioseptyl a relocalisé en 2012 la fabrication de ses brosses à dents de la Chine à Beauvais «Notre marque est devenue numéro 1 dans les enseignes spécialisées bio.» - ©Martin Colombet pour Capital.

Olivier Remoissonnet, le repreneur de Bioseptyl a relocalisé en 2012 la fabrication de ses brosses à dents de la Chine à Beauvais «Notre marque est devenue numéro 1 dans les enseignes spécialisées bio.»

Les forçats du « clic » d’Amazon Turk..

Photo-Les forçats du « clic » d’Amazon Turk

Les esclaves du clic d'Amazon Turk

Ils likent des pages Facebook par milliers, sous-titrent des vidéos sur YouTube, traduisent des notices, vérifient des numéros de téléphone, trient des photos… On les appelle les «clickworkers» («travailleurs du clic»). Ils seraient plus de 500.000 inscrits sur la plate-forme Mechanical Turk du géant Amazon où des entreprises du monde entier, souvent via des intermédiaires pour rester anonymes, leur proposent des microtâches payées une misère. Les plus rapides ou les plus insomniaques – rares sont ceux qui font ça à plein temps – arrivent à gagner quelques centaines d’euros par mois. Mais en Inde, ça représente trois fois le salaire moyen ! Sur le même modèle, des dizaines de sites, certains spécialisés par métiers (marketing, graphisme, etc.), ont proliféré ces dernières années. En France, la plate-forme Foule Factory propose à quelque 50.000 inscrits d’arrondir leurs revenus (sous un plafond de 300 euros par mois) en rédigeant des fiches produits, en retranscrivant des factures, en nettoyant des bases de données ou en modérant des contenus sur des forums de discussion. Autant de tâches qui sortent du cadre salarié traditionnel et menacent les emplois de la classe moyenne.

Dans les services on continue à délocaliser !..

30% de la relation clients d’Engie réalisée hors de France..

600 emplois informatiques créés par Natixis  au Portugal en 2019 contre 150 en France !..

150 postes informatiques de BNP Paribas transférés au Maroc en 2018 !..

409 jobs comptables délocalisés par Castorama en Pologne !..

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Gaëlle Le Floch

Directrice « marketing » de Kantar Worldpanel.

La qualité des produits est devenue le premier critère de choix, devant le prix.’’

Face à la globalisation mondiale Les marques locales n'ont pas dit leur dernier mot..

Meilleurs pour la santé, l’environnement, le maintien du savoir-faire, l’emploi…

Les petits labels ont beaucoup de vertus aux yeux des consommateurs.

«Oh non…!» La semaine dernière à la machine à café de Capital, on a frôlé l’émeute. Il faut dire que notre test en a piégé plus d’un, notamment parmi les trentenaires. Quoi, leur marque préférée de smoothie, Innocent, appartient au méchant yankee Coca-Cola? Leurs desserts végétaux favoris Alpro sont dans le giron du géant Danone? Derrière leur crème bio coup de cœur Sanoflore se cache le numéro un mondial des cosmétiques L’Oréal ? Eh oui, elles ont beau être des poids lourds, en cas de tempête, ces multinationales savent encore être réactives. Et quelle tempête ! Après des décennies d’une consommation hyperglobalisée – les mêmes produits sous les mêmes enseignes avec la même pub partout dans le monde –, le vent tourne au profit des marques locales (voir vidéo ci-dessus).

Pas pour tout le monde bien sûr : Coca-Cola, Nike, Apple, Zara ou McDonald’s ont encore de beaux jours devant eux. Pas partout non plus : les économies émergentes d’Asie ou d’Afrique restent plus perméables aux offensives marketing des multinationales. Mais dans les pays riches – notamment en France –, le consommateur est bien en train de virer sa cuti. Prenez le marché de la bière. S’il a longtemps été dominé par les mastodontes Kronenbourg (Carlsberg) et Heineken, le nombre de brasseries artisanales y est passé de 300 à 1.200 en dix ans. Et cette tendance pour le «small is beautiful» n’épargne aucun secteur. En cinq ans, la part des grands groupes dans le chiffre d’affaires des produits de grande consommation a fondu de 42,3% à 41,7% quand celle des PME grimpait de 10,2% à 11,8%, selon le cabinet IRI. Une concurrence qui pousse les géants de l’agroalimentaire, de l’hygiène, de la mode ou des produits d’entretien à mettre discrètement la main sur ces acteurs locaux.

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Mais quelle mouche..

Santé, environnement, économie locale...les atouts des petites marques

Mais quelle mouche nous a donc piqués pour que nous nous ruions sur les tisanes Les 2 Marmottes, les lessives Sanytol ou les chaussettes Bleuforêt après n’avoir juré que par Eléphant (Unilever), Ariel (Procter & Gamble) ou Dim (HanesBrands) ? D’abord, «en achetant des marques de PME, les consommateurs cochent trois cases d’un coup : la case santé – ces produits sont perçus comme plus naturels –, la case environnement – ils ne viennent pas de l’autre bout de la planète – et la case soutien à l’économie locale», observe Emily Mayer, consultante chez IRI. L’inverse des marques mondialisées, perçues comme industrielles, polluantes et déracinées. Et tant pis si acheter made in chez nous coûte plus cher. «Le critère du prix n’est plus déterminant que pour un tiers des ménages, les deux autres tiers privilégient la qualité des produits», souligne Gaëlle Le Floch, du cabinet Kantar (retouvez son interview dans la vidéo ci-dessus).

Les petites marques..

Ensuite, ces petites marques se développent d’autant plus vite que, là où les groupes mondialisés dépensent des millions en marketing et en pub, «elles peuvent toucher leur cible pour trois fois rien grâce aux réseaux sociaux et aux outils digitaux», rappelle David de Matteis, consultant chez OC&C. Enfin, après les avoir ignorées pendant des années, la grande distribution a compris l’intérêt de leur faire de la place. Alors que les hypers Carrefour, Géant Casino ou Auchan voient la clientèle déserter leurs rayons, «les marques de PME, synonymes de tradition mais aussi d’innovation, deviennent un produit d’appel», constate Emily Mayer (IRI). Surtout, elles sont devenues la vache à lait des enseignes. «Quand leur marge est de 10 à 15% sur les grandes marques, elle peut atteindre 20 à 30% sur les petites», détaille David de Matteis.

  Ce qui n’empêche pas celles-ci de connaître des croissances exponentielles. Nouveau venu au rayon hygiène-beauté trusté par l’américain

Briochin, Le Petit Olivier, Lucien Georgelin... ils font de l'ombre aux gros industriels

Ce qui n’empêche pas celles-ci de connaître des croissances exponentielles. Nouveau venu au rayon hygiène-beauté trusté par l’américain Johnson & Johnson (Neutrogena, Listerine…), le fabricant des Bouches-du-Rhône Le Petit Olivier a vu ses ventes doubler, passant à 33 millions d’euros entre 2016 et 2018. Au linéaire des confitures dominé par Andros (Bonne Maman…) et Bel (Materne…), le producteur du Sud-Ouest Lucien Georgelin est devenu numéro deux du secteur avec 35 millions de pots vendus chaque année. Et qui aurait cru que, face aux géants anglo-néerlandais Unilever (Cif, Domestos…) et américain Colgate-Palmolive (La Croix, Ajax, Paic…), le frenchie Briochin passerait de 10 à 24 millions d’euros de chiffre d’affaires en cinq ans ?

Seulement voilà. Le succès de ces marques pichenette à la mondialisation est tel qu’elles attisent les convoitises. «On ne compte plus le nombre de petits labels passés dans l’orbite des multinationales», observe Guy-Noël Chatelin, associé chez EY. Chez nous, c’est sans doute Danone qui a donné le «la» en mettant la main sur les «trublions du goût» Michel et Augustin dès 2016, avant de racheter en 2017 les desserts Alpro et les boissons végétales Silk. En prenant garde – avec succès pour l’instant au vu de notre test à la machine à café – d’avancer masqué...

Ces patrons français ont mis Wall Street à leurs pieds

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LE FAIT DU JOUR. Ils sont français, ingénieurs de formation, issus des meilleures écoles de commerce, ont créé leur entreprise et pèsent des milliards outre-Atlantique.

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Le 8 novembre 2015 à 06h46

Au côté de Barack Obama, d'Angela Merkel, du pape François, trois Français figurent dans le classement de l'agence Bloomberg des 50 personnalités les plus influentes du monde économique : Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire internationale, l'économiste Thomas Piketty, dont « le Capital du XXIe siècle » fut un best-seller aux Etats-Unis, et Renaud Laplanche. Inconnu en France, ce quadra est pourtant le président fondateur de l'une des start-up les plus en vue de Wall Street.

Exemplaires

Sa société, la plate-forme de prêts entre particuliers Lending Club (le club de prêt, en français), fut le premier fleuron de l'économie collaborative à être introduit en Bourse. Et pèse aujourd'hui près de 5 Mdsâ?¬. Outre-Atlantique, Renaud Laplanche n'est pas le seul Frenchie à damer le pion aux Américains, pourtant passés maîtres dans l'art de transformer une idée géniale en entreprise florissante. « Quand je vois un énorme succès aux Etats-Unis, il y a toujours un Français derrière », aime à répéter Xavier Niel,fondateur de Free. En juin, à New York, Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, saluait l'« ambition », l'« énergie », la « volonté de faire » de ces tricolores installés à New York ou dans la Silicon Valley. Et d'ajouter : « Vous avez traversé l'océan, ne perdez pas ce lien. On a aussi besoin de vous. »

Même discours de Nicolas Sarkozy qui, samedi, lors du conseil national des Républicains, a souhaité « qu'il y ait 100, 200, 300 Bill Gates » en France « parce que ça créerait des millions d'emplois ». Des millions ? Sans doute l'ex-chef de l'Etat voit-il un peu grand. Toujours est-il que, dans le monde des affaires, nombreux sont ceux qui pensent que ces parcours exceptionnels vont susciter des vocations. « Il y a trente ans, les filières d'entrepreneuriat n'existaient quasiment pas dans les grandes écoles. Aujourd'hui, pratiquement toutes en ont une », rappelle Christophe Bavière, président du directoire d'Idinvest Partners, fonds d'investissement qui, il y a quelques années, finança un certain, Jean-Baptiste Rudelle, aujourd'hui patron de... Criteo.

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Finance mondiale : est-on toujours assis sur un volcan ?

Dix ans après la crise des subprimes, les traders continuent de n’en faire qu’à leur tête dans les salles de marché mondialisées. De quoi nous faire craindre le pire…

Entre les manifestations des Gilets jaunes, le grand débat, les rebonds du Brexit et la crise politique en Algérie, un assaut du lobbying de l’industrie financière est passé inaperçu au printemps dernier. Il est pourtant loin d’être anodin : lors d’une réunion du Conseil de stabilité financière (FSB), l’organe de surveillance fondé par le G20, les banques ont demandé à l’Union européenne de revenir sur le plafonnement des bonus qu’elles accordent à leurs employés. Depuis 2013, ces derniers ne peuvent pas, en effet, dépasser une limite équivalant à deux fois le salaire fixe des banquiers. Adoptée après la dernière crise, cette mesure était destinée à freiner les prises de risque inconsidérées de la part des traders, des excès en partie responsables de la débâcle financière de 2008. Pour le moment, Bruxelles n’a pas encore flanché, mais beaucoup d’experts s’inquiètent d’un éventuel retour en arrière, qui pourrait contribuer au prochain krach…

L’histoire serait-elle sur le point de se répéter ? Plus de dix ans après la chute de Lehman Brothers et la déflagration des subprimes, dont nous payons encore le prix aujourd’hui, l’heure est de nouveau à l’inquiétude chez les experts de la planète finance. Nouriel Roubini, l’économiste américain qui avait prédit le krach de 2008, pronostique une nouvelle crise pour 2020 ; George Ugeux, l’ancien numéro 2 de la Bourse de New York, voit venir un «tsunami sans précédent», et Jean-Claude Trichet, l’ex-président de la Banque centrale européenne, estime la situation «aussi dangereuse qu’en 2007». «En théorie, la mondialisation financière devait permettre d’optimiser l’utilisation de l’épargne et l’accès au crédit, et donc s’avérer positive pour l’économie de toute la planète.

Mais nous avons sans doute sous-estimé l’instabilité qu’elle allait créer», confesse André Cartapanis, professeur d’économie à Science po Aix. De fait, depuis l’accélération de la globalisation financière dans les années 1980, favorisée par les nouvelles technologies et les fameux «3D» (désintermédiation, décloisonnement et déréglementation), les crises se produisent à intervalle régulier. Comme si la finance globale, de plus en plus interconnectée, opaque et complexe, avait fini par échapper à tout contrôle pour devenir une machine infernale prête à exploser à tout moment.

On nous avait pourtant..juré..

On nous avait pourtant juré l’avoir mise au pas. «Plus jamais ça !», s’étaient exclamés nos dirigeants lors du sommet du G20 à Pittsburgh en 2009. Et ils ont en effet commencé à œuvrer dans ce sens : les exigences de fonds propres des institutions financières ont été durcies, la surveillance s’est accrue, les tests de résistance ont été améliorés. «De nombreux pans des marchés financiers qui n’étaient pas régulés avant la crise, comme les produits dérivés, le sont désormais», se réjouit Benoît du Juvigny, secrétaire général de l’AMF (Autorité des marchés financiers). Mais ces tentatives de régulation n’ont pas été poussées assez loin… Prenons les banques, par exemple : la transposition des accords de Bâle III devrait, en théorie, assurer leur sécurité, même en cas de pertes importantes.

Or, dans la pratique, «le niveau de capitalisation imposé à certaines d’entre elles ne leur permettra pas d’absorber un choc important : il suffira que la valeur de leurs actifs baisse de 5,5%, ce qui est loin d'être impossible, pour qu’elles deviennent insolvables», prévient Laurence Scialom, professeure à Paris 10 Nanterre et auteure de «La fascination de l’ogre ou comment desserrer l’étau de la finance» (Fayard). «De plus, le ratio utilisé pour vérifier le niveau de leurs fonds propres est facilement manipulable», note Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférences à l’université Paris 1.

Loin d’essayer d’en pallier les faiblesses, certains Etats font tout pour torpiller cette fragile réglementation. Cela a commencé aux Etats-Unis avec l’assouplissement, voulu par Donald Trump, de la loi de régulation dite «Dodd-Frank» (adoptée après la crise, elle vise, entre autres, à mieux encadrer les produits dérivés et à imposer des exigences de sécurité aux banques), et cela pourrait se poursuivre avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Nos amis britanniques, qui ont toujours freiné des quatre fers face aux tentatives de régulation de Bruxelles, risquent en effet de vouloir jouer à fond la carte de l’attractivité financière. Dès lors qu’ils ne seront plus tenus par les règles de l’UE, ils pourront, par exemple, laisser filer sans limite les bonus de leurs traders. Et on peut déjà gager que les banques européennes exigeront de Bruxelles de pouvoir faire la même chose…

Mais si la situation est aussi explosive aujourd’hui, c’est surtout parce que les remèdes que nous avons utilisés pour nous guérir de la dernière récession ont préparé le terrain au prochain cataclysme ! Afin d’éviter que la crise des subprimes ne dégénère en une épouvantable récession mondiale, les banquiers centraux ont en effet inondé la planète de liquidités, en ouvrant en grand les vannes du crédit et en rachetant à tour de bras des obligations. «Cela nous a permis d’éviter le pire», souligne Paul Jackson, directeur de la recherche Multi-Asset chez Invesco.

Mais cette perfusion d’oxygène à haute dose a généré des effets secondaires désastreux. L’immense masse de liquidités injectée a été très peu investie dans l’économie réelle : pour une large part, elle est venue alimenter des bulles financières artificielles, avec d’autant plus de facilité que le «shadow banking» – cette finance de l’ombre qui n’est, par définition, pas régulée – n’a cessé de prendre de l’ampleur ces dernières années. Un seul indicateur suffit pour prendre la mesure de cette démesure : l’indice de Shiller, qui permet d’estimer la surévaluation de la Bourse, affiche aujourd’hui les mêmes niveaux qu’avant le krach de 1929.

Autre effet secondaire..

Autre effet secondaire de la politique de faibles taux d’intérêt pratiquée par les banques centrales, l’endettement mondial a continué sa folle progression : il atteint désormais les 250.000 milliards de dollars ! Plus que celle du secteur privé, c’est la dette des Etats qui alimente aujourd’hui les craintes. «Un krach sur le marché obligataire pourrait à tout moment se produire», résume Marc Touati, économiste et auteur d’«Un monde de bulles» (Bookelis). Lorsque les taux d’intérêt remontent – et ils ne manqueront pas de le faire, à un moment ou à un autre –, la valeur des bons du Trésor déjà émis a tendance à baisser mécaniquement.

Or les institutions financières de la planète en sont aujourd’hui gavées. Autre objet de préoccupation, l’argent facile a permis la multiplication de placements très risqués, les «leveraged loans» (« prêts à effet de levier»), qui suscitent aujourd’hui les inquiétudes des autorités de surveillance. Ces crédits à taux variables accordés à des entreprises déjà très endettées, sont en effet ensuite mélangés avec d’autres titres plus au moins solides pour créer un nouveau produit, les CLO («collateralized loan obligation »). Cela ne vous rappelle rien ? C’est exactement la même mécanique que les subprimes, ces prêts aux particuliers qui n’auraient pas dû avoir les moyens d’emprunter…

Reste à savoir d’où pourrait partir l’étincelle qui mettra le feu aux poudres. Viendra-t-elle de tensions géopolitiques, d’une brutale remontée des cours du pétrole, des inquiétudes sur un pays en difficulté comme l’Italie, ou de la poursuite du ralentissement chinois ? Les avis sont partagés. «Le risque le plus important serait qu’un Etat décide de revenir sur la déréglementation du marché du travail : l’inflation pourrait alors faire son retour et les taux remonteraient très vite», estime, quant à lui, Patrick Artus, économiste chez Natixis et auteur de «Discipliner la finance» (Odile Jacob). «S’il est difficile de savoir d’où proviendra la prochaine crise, il est sûr, en tout cas, qu’elle sera très grave», prévient pour sa part Laurence Scialom. Les pompiers risquent en effet de ne pas pouvoir éteindre l’incendie : les Etats, déjà très endettés, ne pourront pas utiliser l’arme de la relance budgétaire, tandis que les banques centrales ne pourront pas descendre leurs taux beaucoup plus bas. Tous aux abris !

Une brutale remontée des taux pourrait déclencher un krach obligatoire !..

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Trente ans de crise financière

  • 1987 : La crise des caisses d’épargne coûte 120 milliards de dollars au gouvernement américain.
  • 1994 : La hausse des taux d’intérêt amorcée par la Fed déclenche un krach obligataire.
  • 1997 : La chute brutale de la monnaie thaïlandaise provoque une grave crise en Asie.
  • 2000 : L’explosion de la bulle Internet fait reculer le Nasdaq de près de 40%.
  • 2007 : La crise des subprimes entraîne toute la planète dans un désastre économique.

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Lexique

Produit dérivé : Produit financier qui autorise ou oblige àacheter ou à vendre d’autres actifs qualifiés de«sous-jacents» àunprix déterminé à l’avance. Lesproduits dérivés permettent aux investisseurs de se couvrir, mais aussi de spéculer. Ils ont joué un rôle important dans ladernière crise.

Titrisation : Technique financière qui consiste à transformer des actifs pour lesquels il n’y a pas de marché (comme les crédits) en titres négociables. Elle ne permet pas toujours d’identifier la qualité des créances.


«Shadow Banking» : La «finance de l’ombre» regroupe tous les acteurs qui ne font pas partie du système bancaire traditionnel. Il peut s’agir de fonds spéculatifs ou non. Les transactions effectuées dans ce cadre échappent à tous les contrôles.

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Sans frontières, les salaires des grands patrons explosent..

Les salaires de nos grands patrons explosent avec la mondialisation

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Avec la globalisation des entreprises, les salaires des dirigeants, liés aux performances boursières, ont explosé. Au risque de fracturer la société.

Mieux que la reine d'Angleterre ! En 2017, Jeff Fairburn, patron du groupe de BTP britannique Persimmon, a été gratifié d'un somptueux bonus de plus de 120 millions d'euros (contre une «subvention» annuelle de 90 millions pour Elisabeth II, selon le magazine Forbes). Ce jackpot résultait d'un système de rémunération mis en place en 2012 et lié aux performances boursières du groupe, lesquelles ont joliment progressé. Mais la manne, qui s'ajoutait à un salaire de près de 53 millions d'euros, a semé le trouble en Grande-Bretagne. D'autant que, dernièrement, les résultats de Persimmon se sont largement envolés grâce à un programme d'aide à l'achat d'appartements financé par le gouvernement. Face au scandale, Fairburn a renoncé à un quart du pactole. Mais rien n'y a fait : sous la pression, le DG a fini par démissionner en décembre dernier «pour le bien de l'entreprise»…

En Occident, les opinions publiques s'insurgent de plus en plus contre cet avatar de la mondialisation : l'envolée stratosphérique des rémunérations des hauts dirigeants. Depuis trois décennies, elles explosent, avec pour conséquence le risque de fragiliser la cohésion sociale et de laisser s'installer un sentiment d'injustice. En août dernier, le think tank High Pay Centre indiquait qu'en 2017 la rémunération moyenne des patrons des 100 principales entreprises britanniques avait été 145 fois plus élevée que celle de leurs salariés. Un ratio multiplié par plus de deux en l'espace de dix ans. D'après un classement du cabinet Ethics & Boards, qui a passé au crible les principaux indices boursiers de la planète, les managers des grands groupes anglais gagnent environ 8 millions d'euros annuels, bien au-delà de leurs collègues suisses (5,7 millions), allemands (5,2 millions) et français (5,1 millions). A noter que, chez nous, cinq patrons affichaient tout de même en 2017 des rémunérations supérieures à 10 millions d'euros : Douglas Pferdehirt chez Technip, Carlos Ghosn chez Renault, Paulo César Salles Vasques chez Teleperformance, Gilles Gobin chez Rubis, et Bernard Charlès (photo ci-dessous) chez Dassault Systèmes.

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Bernard Charles, CEO de Dassault Systemes. -

©ROMUALD MEIGNEUX/SIPA.

Pourquoi la Mondialisation ?..

Le cours de Bourse joue sur la rémunération..

Pourquoi la mondialisation a-t-elle entraîné une telle fuite en avant, alors que la fiche de paie des salariés, elle, progresse peu, voire stagne depuis des lustres ? Le principal facteur déclenchant a été la mise en œuvre, dans les grandes entreprises globalisées, de politiques de rémunérations liées aux performances en Bourse. Une idée des Américains, qui a d'abord gagné le monde de la finance dans les années 1980 avant de faire tache d'huile dans la plupart des secteurs. Aux primes en cash qui accompagnaient le salaire fixe s'est substitué l'octroi de stock-options puis d'actions gratuites destinées à bâtir des plans de compensation de long terme censés motiver les dirigeants. «Tout est orienté sur la “shareholder value”, la valeur pour l'actionnaire, souligne Hervé Guez, directeur de la recherche et de la gestion actions et taux du fonds Mirova. On est passé du patron capitaine d'industrie et mandataire social au patron chargé de maximiser la performance actionnariale.»

Celui qui saura faire progresser la valeur de l'entreprise, même de peu, empoche ainsi la mise. «La taille des enjeux financiers joue sur la rémunération», confirme Augustin Landier, professeur de finance à HEC. «Pensez que dans une firme dont la capitalisation dépasse 500 milliards de dollars, augmenter un taux d'une proportion en apparence minuscule de 0,05% représente plus de 250 millions de dollars…» Voilà qui mérite récompense font valoir les intéressés. Pour que le constructeur de voitures électriques Tesla atteigne 650 milliards de dollars de capitalisation d'ici à 2028, ses actionnaires ont approuvé l'an dernier un plan de rémunération totalement délirant pour son patron et fondateur, Elon Musk : 56 milliards de dollars sur dix ans !

Prisons, justice... les risques encourus justifieraient leurs salaires..

Afin de justifier l'envolée, certains boss de grandes entreprises évoquent par ailleurs le risque accru que représente la direction d'une firme globalisée : faute de création de richesse suffisante, leur sort est scellé du jour au lendemain. Et, jusqu'au bout, ils ne sont jamais sûrs d'empocher le trésor promis. Du coup, ces inquiets font grimper les enchères, sans que les conseils d'administration soient toujours capables de mettre le holà à leurs caprices. L'an dernier, Matthias Müller, le patron de transition du groupe Volkswagen, nommé en 2015, défendait ainsi son salaire de 10 millions d'euros en évoquant la menace… d'une incarcération. Il est vrai qu'à ce moment-là Rupert Stadler, le président du directoire d'Audi, moisissait en prison à cause du Dieselgate. Et Carlos Ghosn s'apprêtait à tâter la paille des geôles nipponnes…

Professeur à l'ESCP Europe, Stefan Schmid avance une dernière explication : l'américanisation des grandes entreprises. Après avoir étudié le cas des 500 plus grosses firmes européennes, il a mesuré le véritable impact du phénomène sur la rémunération des dirigeants. Il suffit que la société soit très exposée à la concurrence des Etats-Unis et que des Américains figurent en force au capital pour que les «packages» explosent. Si le boss est lui-même de nationalité américaine, c'est le bouquet. En 2016 et en 2017, le patron le mieux payé d'Allemagne était ainsi l'Américain Bill McDermott, PDG du spécialiste des logiciels SAP : 14 millions d'euros la première année et 21 millions la seconde. «En Europe, la question de l'éthique se pose dès qu'on aborde le sujet de la rémunération, mais c'est moins le cas aux Etats-Unis», souligne Stefan Schmid.

Trop payés ? Les choses bougent..

Les choses sont pourtant en train de bouger. Même outre-Atlantique, des rémunérations de grands patrons font désormais l'objet de polémiques. La nouvelle obligation pour les entreprises cotées de rendre public l'écart entre le salaire du P-DG et le salaire médian de ses salariés y contribue. En avril dernier, Abigail Disney, héritière du créateur de Mickey mais aussi réalisatrice engagée, a ainsi publiquement critiqué la rémunération de Bob Iger, le patron des studios de Burbank depuis quatorze ans. En 2018, son package (salaire, bonus, actions) a atteint 65,6 millions de dollars, soit une augmentation de 81% par rapport à l'année précédente. «J'aime bien Bob, mais là, c'est insensé», s'est exclamée l'activiste. D'après Equilar, une société qui observe à la loupe la gouvernance des grandes entreprises américaines, le pactole représente 1.424 fois le salaire médian chez Disney. Dans les 100 entreprises examinées par Equilar, le ratio est en moyenne de 1 pour 254.

La prise de conscience..

La prise de conscience qu'un seuil de la tolérance sociale était peut-être atteint pousse des entreprises à remettre en cause leurs principes de fonctionnement. Toujours aux Etats-Unis, 5.000 d'entre-elles ont adopté le statut de «benefit corporation». Selon ce statut, la performance actionnariale n'est plus le seul critère dans les prises de décision et la composition de la rémunération des dirigeants. Entre aussi en ligne de compte l'impact de l'activité sur l'environnement et la société. «En France, l'idée fait son chemin. Du coup il va falloir revoir les modes de rémunération, définir quels facteurs déclenchent l'attribution de bonus ou d'actions. C'est la prochaine bataille», commente Hervé Guez, chez Mirova. Certains, comme le P-DG de Danone, Emmanuel Faber, se sont déjà engagés dans cette voie. En janvier dernier, le dirigeant a annoncé qu'il renonçait à sa retraite chapeau de 28 millions d'euros – mais quand même pas à son salaire de 2,8 millions. Et lors de la dernière assemblée générale des actionnaires, il s'est lancé dans une diatribe contre l'«insoutenable concentration de la richesse dans le monde». «Nous pensons qu'il n'y aura plus d'économie de marché sans justice sociale, c'est le seul enjeu de la mondialisation», a conclu le patron.

Bien lotis, les patrons français restent, cependant, derrière les américains.

Bien lotis, les patrons français restent derrière les Américains..

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Carlos Tavares, patron de PSA. - ©ROMUALD MEIGNEUX/SIPA.

Bernard Charlès, Dassault Systèmes : rang 2*, 15,7 millions d’euros
Olivier Brandicourt, Sanofi : rang 5*, 9,8 millions d’euros
Jean-Paul Agon, L’Oréal : rang 3*, 9,6 millions d’euros
Carlos Tavares (photo ci-dessus), PSA : rang 5*, 6,7 millions d’euros
Patrick Pouyanné, Total : rang 4*, 5,9 millions d’euros

Estimation de la rémunération globale des P-DG en 2017 (fixe, variable, valorisation des actions et stock-options attribuées, hors pensions et avantages en nature).
*Rang au sein du classement des P-DG les mieux payés du monde dans leur secteur d’activité

Bien lotis, les patrons français restent derrière les Américains..

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Bernard Charles, CEO de Dassault Systemes.

 - ©ROMUALD MEIGNEUX/SIPA.

Rang       15,7 millions d’Euros

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Olivier Brandicourt SANOFI

Rang  5è       9,8 millions d’Euros

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Jean-Paul Agon l’Oréal

Rang 4è            9,6 millions d’Euros

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Carlos Tavares PSA

Rang  5è         6,7 millions d’Euros

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Patrick Pouyanné PDG de TOTAL

Rang 4è        5,9 millions d’Euros

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La Mondialisation..pour quel avenir ?..

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La Mondialisation nous aura bien bercés et entraînés dans son sillage !!!..Mortifère et destructeur !...

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