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On a le résultat que l’on mérite..Non, le R.N. n’est pas mort..heureusement !

Photo ci-dessus – les estimations.

Les estimations comme les sondages..méfiance !..

Emmanuel Macronles voix des retraités et des plus aisés..

Certains se sont décidés à la dernière minute. D'autres étaient convaincus depuis plusieurs mois. Jeunes, ouvriers, cadres, retraités, citoyens préoccupés par le pouvoir d'achat, l'environnement ou l'immigration... Les électeurs ont tranché, dimanche 10 avril, portant au second tour de l'élection présidentielle le président sortant, Emmanuel Macron (27,84%) et la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen (23,15%)..

Selon les résultats définitifs..

Emmanuel Macron : 27,84%

Marine Le Pen : 23,15%

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Les résultats définitifs de l'élection présidentielle ont été annoncés par le ministère de l'Intérieur.

Une abstention record !

26,31 % !!!

C’est l’abstention qui a permis le résultat en pourcentage de votes pour Macron..

Autre donnée regardée par les états-majors: l’abstention. Elle atteint 26,31% des inscrits, soit le plus haut niveau pour un premier tour d’une présidentielle après le 28,4% de 2002. Enfin, dans le détail, Marine Le Pen est arrivée en tête dans 20.036 communes, et Emmanuel Macron dans 11.861, sur un total de 35.080. 

Dans une France qui apparaît polarisée et marquée par les scores importants de l'extrême droite et de l'extrême gauche, une enquête Ipsos-Sopra Steria pour Le Parisien, France Télévisions et Radio France, menée durant les trois jours précédant le premier tour sur un échantillon de 4 000 personnes, permet d'y voir plus clair dans les profils des électeurs des quatre premiers candidats, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour.

Emmanuel Macronles voix des retraités et des plus aisés..

(Normal..ils cherchent le confort et la sécurité pour eux et pour leurs biens..)

Les seniors ont plébiscité le président-candidat. Un peu plus de 70% des plus de 60 ans lui ont accordé leur voix, contre 35% pour Marine Le Pen, en seconde position. Logiquement, Emmanuel Macron arrive donc le premier chez les retraités (38%).  

Marine Le Penla candidate des classes populaires moins diplômées.

Les électeurs de Marine Le Pen sont ceux qui ont le plus mis en avant l'enjeu du pouvoir d'achat (69%) – devant l'immigration (55%) – pour faire leur choix. Et pour cause, ils sont ceux qui ont le niveau de revenus le plus bas : 31% des électeurs de la candidate du Rassemblement national déclarent toucher moins de 1 250 euros net par mois (une proportion qui passe à 57% chez les moins de 2 000 euros). Ils sont aussi 37% à être issus de milieux défavorisés (37%) ou populaires (29%), quand 30% d'entre eux assurent boucler tout juste leur budget. Les employés et les ouvriers ont ainsi plébiscité Marine Le Pen : ils composent 36% de ses voix pour chacune de ces deux catégories socioprofessionnelles. 

La candidate du Rassemblement national est par ailleurs celle qui a reçu le plus de voix de l'électorat le moins diplômé, avec 35% des électeurs n'ayant pas le baccalauréat. Ses électeurs sont aussi ceux qui disent être le moins satisfaits de leur vie (46% se disant "pas satisfaits du tout.") 

Moins aisés et moins diplômés, les électeurs de Marine Le Pen sont aussi plus jeunes : 26% d'entre eux ont moins de 25 ans. C'est cependant dans la tranche des 35-59 ans que Marine Le Pen arrive en tête (58%) parmi tous les candidats. 

Les électeurs de Marine Le Pen sont eux aussi des soutiens fidèles, puisque 78% d'entre eux avaient déjà voté pour elle au premier tour de l'élection présidentielle de 2017. 

LA GRANDE ABSENTE DE CETTE CAMPAGNE..

La Dette Publique !

C'est la grande oubliée de cette campagne présidentielle. La dette publique française avoisine 113% du PIB, plus de 40 points au-dessus de l'Allemagne; en Europe, seuls les pays du Sud sont en plus mauvaise posture. Pas de quoi empêcher pour autant les principaux candidats de sortir le chéquier. Il y a bien sûr les nombreuses mesures en faveur du pouvoir d'achat mais pas seulement. Embauches de fonctionnaires à tout va, retour à la retraite à 60 ans, hausse de moitié du budget de la justice, baisse voire suppression des impôts de production… C'est un véritable festival!

Outre les mesures pour le pouvoir d'achat, les candidats multiplient les propositions coûteuses dont le financement est souvent approximatif, voire irréaliste.

1. Jean-Luc Mélenchon (LFI) : 106 Milliards d’Euros !

Sa garantie d’autonomie pour les moins de 25 ans et les personnes précaires coûterait près de 40 milliards. Il compte aussi porter le taux de remboursement de la Sécu à 100%..

2. Marine Le Pen (RN) : 87 Milliards d’Euros.

Elle évalue ses mesures « pouvoir d’achat » à 59 milliards par an, dont 12 pour la baisse de la T.V.A. sur l’énergie.

3. Yannick Jadot (EELV) : 44 milliards d’Euros.

Sa mesure phare et la plus coûteuse : le revenu citoyen à 918 Euros, intégrant une hausse sensible du R.S.A., qui coûterait 23 milliards selon l’Institut Montaigne..

4. Éric Zemmour (Reconquête !) : 40 milliards d’Euros.

Beaucoup de cadeaux fiscaux sont prévus dans son programme, qui se solde à 28 milliards d’Euros dont 10,8 milliards pour le plus coûteux : la baisse de la C.S.G. sur les revenus d’activités jusqu’à 2000 Euros par mois..

5. Valérie Pécresse (L.R.) : 26 Milliards d’Euros.

La candidate a largement atténué le coût pour le contribuable de sa proposition de hausse des salaires nets de 10%. L’Etat ne prendrait à sa charge qu’une baisse de 2,4 points des cotisations salariales vieillesses, soit 7 à 8 milliards.

Le fin stratège !

(Malin et calculateur pour son électorat..sans plus..)

6. Emmanuel Macron (LREM) : 12 Milliards d’Euros.

Le président a déjà bloqué les tarifs du gaz (facile Cécile, pour la prise de décision, en étant encore président en place et pour le pouvoir décisionnel !..), la remise à la pompe (Idem, mais cependant avec bien des « bémols » !..) ou le dégel du point d’indice (après augmentation de la C.S.G. pour les retraités de 2, 5 points sur la valeur du point d’indice, et non..2,5%..pas pareil déjà !..)des fonctionnaires. Il se montre très raisonnable (là ou ailleurs il a toujours été « très » dépensier !!!..) mais prévoit tout de même 6 milliards pour la rémunération des enseignants (rattrapage et clin d’œil électoral ceci dit en passant..bien vu l’artiste..on est pas à une « pirouette » près, non ?..).

La photo mise dans..Challenges..

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On remarquera de suite pour cette photo voulue dans et pour « Challenges » qu’on fait tout pour mettre en avant Macron, avec un sourire « provocateur » et narquois, comme un décalage en position, avec sa tête au-dessus de Marine Le Pen, à droite, sans oublier la photo mise pour Marine Le Pen, en la désavantageant, tant pour son visage que pour le cou, de façon exagérée..

UNE HONTE !!!

[Bien avant, ces mêmes photos étaient présentées avec, pour les deux candidats, le buste et la tête à la même hauteur !..]

Les résultats de ce premier tour..

Un remake de 2017. Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle 2022, ce dimanche 10 avril. Le président sortant arrive en tête avec un score de 27,6% des voix, Marine Le Pen obtient, elle, 23,4% des suffrages. Jean-Luc Mélenchon arrive en troisième position avec 21,9% des voix. Eric Zemmour pour sa part obtient 7%, alors que Valérie Pécresse (4,8%) et Anne Hidalgo (1,7%) subissent une défaite cinglante. Yannick Jadot obtient pour sa part 4,6% des voix.

L'élection a en outre été marquée par une forte abstention, qui s'élèverait à 25,14% des voix, en hausse de 3 points minimum par rapport à 2017, alors que le record de 2002 s'était établi à 28,4%.

Selon la presse écrite « verrouillée » et acquise à la cause politique « Macronienne » comme de tous les plus grands riches travaillants pour cette seule cause..

Tout faire pour « salir » et « diaboliser » Marine Le Pen à tout prix !!!..

D’après.. « Challenges »..

Présidentielle 2022Marine Le Pen, le succès d'une illusionniste..

Le score de la candidate du Rassemblement national au premier tour de l'élection présidentielle résulte d'un alignement des planètes inédit qui mêle stratégie électorale gagnante et contexte porteur. Derrière la figure d'une extrême-droite dédiabolisée, son programme qui demeure contraire à la Déclaration des droits de l'Homme, mettrait la France au ban de l'Union européenne et creuserait le déficit tricolore de plus de 100 milliards d'euros.

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AFP - SEBASTIEN BOZON

En recueillant 23,3% des voix au premier tour (estimation à 20h), Marine Le Pen a gagné son pari. Avec ce score, elle met fin à un cycle de déconvenues électorales pour son parti en 2020 et 2021, aux élections municipales, puis départementales et régionales. Cinq après sa défaite de 2017, elle va pouvoir jouer le match retour contre Emmanuel Macron. Et tenter de devenir la prochaine présidente de la République. Annoncé par les sondages ces dernières semaines, ce succès dans les urnes est le fruit d’un alignement des planètes inédit pour la candidate du Rassemblement national qui mêle stratégie politique gagnante et contexte favorable.

Depuis septembre, la chef de file de l’extrême-droite s’auto-proclame la "candidate du pouvoir d’achat". Or, c’est bien ce thème qui est devenu la première préoccupation des Français, porté par l’inquiétude des hausses de prix liées à la guerre en Ukraine. "Marine Le Pen a martelé sa proposition de diminuer la TVA sur l’énergie, qui tombe à point nommé, note le politologue Gilles Ivaldi, mais son projet en comporte bien d’autres, telles la suppression de la redevance audiovisuelle, la revalorisation du minimum vieillesse, la baisse des péages, etc." Au total, elle se fait fort d’augmenter de 200 euros -par mois!- le pouvoir d’achat de près de 30 millions de familles françaises.

Challenges

Dès à présent deux candidats du premier tour dans la tourmente..

Mme. Valérie Pécresse endettée à hauteur de cinq à six millions d’Euros pour sa campagne !..

(On évoque 7 millions d'Euros, dont 2,5 millions serait pris en compte par le groupe "L.R."..)

 

Mr. Yannick Jadot dans une posture fragile et fragilisé et avec son groupe « E.E.L.V. » fortement endetté !..

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Les résultats définitifs de ce premier tour..

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La carte des résultats par département..

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Un président-candidat dévoyé et corrompu à la recherche d’un deuxième mandat pour satisfaire ses soutiens..sans plus !..

Emmanuel Macron : 28,4%

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Emmanuel Macron est un homme politique français, Président de la République, ancien Inspecteur des Finances et banquier d'affaires. 

Date et lieu de naissance d'Emmanuel Macron

Né le 21 décembre 1977, à Amiens (Somme).

Formation et carrière d'Emmanuel Macron

Après un DEA de philosophie à l'Université de Nanterre, Emmanuel Macron enchaîne avec l'Institut d'Etudes politiques de Paris. Collaborateur proche du philosophe Paul Ricoeur, il l'assiste dans des missions de recherche d'archives à la fin des années 90. En 2000, Emmanuel Macron participe à ses côtés à un numéro de la revue Esprit consacré aux historiens et à la mémoire. Jusqu'en 2016, il reste membre du comité de rédaction de la revue. Diplômé de Sciences Po, Emmanuel Macron passe le concours de l'ENA et intègre la promotion Léopold Sédar Senghor (2002-2004). 

A sa sortie, le futur homme politique rejoint l'Inspection des finances et adhère au Parti socialiste. En 2007, Jacques.Atali..

Une candidate à ne pas négliger et redoutable adversaire..normal !

Marine Le Pen : 23,4%

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Marine Le Pen est une femme politique française, ancienne avocate, Présidente du Rassemblement national. 

Date et lieu de naissance de Marine Le Pen

Marine Le Pen est né le 5 août 1968 à Neuilly-sur-Seine.

Formation et carrière de Marine Le Pen 

Marine Le Pen obtient un DEA en droit pénal en 1991, puis le CAPA en 1992. Elle débute sa carrière dans le cabinet d’avocat de Georges-Paul Wagner la même année et s’installe à son compte deux ans plus tard. Elle quitte le barreau en 1998 pour entrer au service juridique du FN et devient conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais. En juin 2002, elle se présente aux législatives dans la treizième circonscription du Pas-de-Calais à Lens. La femme politique obtient alors 24,2% des voix au premier tour, 32,3% au second tour.

Si Marine Le Pen devient députée au Parlement européen en 2004, c'est en 2005 qu'elle s’éloigne du Front national après les déclarations de son père sur l’occupation allemande. En ...

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Un candidat déjà fort ancien, avec de nouvelles idées sans cesse renouvelées, pour un même résultat !..

Le « Timonier »a joué sa dernière carte..politique.

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Photo ci-dessus, jean-Luc Mélenchon au Parlement Européen de Strasbourg en 2016.

Jean-Luc Mélenchon : 20,1%

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Jean-Luc Mélenchon [ ʒɑ̃ lyk melɑ̃ʃɔ̃]b Écouter, né le 19 août 1951 à Tanger (Maroc), est unhomme politique français.

Membre du Parti socialiste (PS) à partir de 1976, il est successivement élu conseiller municipal deMassy en 1983, conseiller général de l'Essonne en 1985 et sénateur en 1986. Il est égalementministre délégué à l'Enseignement professionnel de 2000 à 2002, dans le gouvernement Lionel Jospin. Il fait partie de l'aile gauche du PS jusqu'au congrès de Reims de 2008, à l'issue duquel il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG), dont il devient d'abord président du bureau national, puis coprésident, fonction qu'il conserve jusqu'en 2014.

Sous les couleurs du Front de gauche, coalition qui réunit notamment le PG et le Parti communiste français (PCF), il est élu député européen en 2009 et réélu en 2014. Il est le candidat de cette coalition à l'élection présidentielle de 2012, à l'issue de laquelle il arrive en quatrième position au premier tour, avec 11,10 % des voix. En 2016, il fonde le mouvement La France insoumise (LFI) et se présente sous cette étiquette à l'élection présidentielle de 2017, à laquelle il termine à nouveau en quatrième position, avec 19,58 % des suffrages exprimés. Il est ensuite élu député dans laquatrième circonscription des Bouches-du-Rhône et préside jusqu’en 2021 le groupe LFI à l'Assemblée nationale.

En novembre 2020, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2022, mais il sera éliminé au premier tour en étant troisième, tout juste derrière Marine Le Pen.

Parcours professionnel

Bachelier en 1969 après avoir été scolarisé au lycée Rouget-de-Lisle de Lons-le-Saunier9, Jean-Luc Mélenchon est titulaire d'une licence dephilosophie obtenue à la faculté de lettres et sciences humaines de l'université de Besançon en 1972, ainsi que d'une licence de lettres modernes7,10,11. Il devient correcteur8 à l'imprimerie Néo-Typo12 de Besançon, parallèlement à ses études8. Il travaille également dans l'entreprise d'horlogerie Maty et dans une station-service12.

En 1975, il devient surveillant, puis professeur auxiliaire au lycée du bois à Mouchard13,14. En 1976, il retourne à Lons-le-Saunier8, où il est professeur de français dans un lycée technique8,15,16,17, après avoir obtenu le CAPES de lettres modernes18,19.

Il est ensuite journaliste à La Dépêche du Jura, collabore ponctuellement en qualité de dessinateur à l'hebdomadaire catholique d'information Voix du Jura, sous le pseudo « Moz », et dirige La Tribune du Jura, le mensuel de la fédération socialiste du Jura qui finit par péricliter, à la fin desannées 197020,21. En 1978, à la demande de Claude Germon, maire de Massy qu'il a rencontré lors d'une visite de ce dernier dans le Jura, il s'installe dans l'Essonne où il devient son directeur de cabinet11,20,22 et fonde un bulletin hebdomadaire intitulé Données et arguments8. De 1993 à 1995, il est directeur politique de l'hebdomadaire du Parti socialiste Vendredi7,8,11.

Parcours politique

Débuts trotskistes et à l’UNEF (1968-1976)

Élève au lycée Rouget-de-Lisle de Lons-le-Saunier, il est un des meneurs du mouvement lycéen de la ville20,23,24 lors de Mai 68. Il obtient sonbaccalauréat en 196925 et rejoint l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) dès son entrée à la faculté des lettres et sciences humaines de Besançon7 en septembre 1969.

À l'issue des évènements de mai-juin 1968 à Besançon, la Ligue communiste et le Parti socialiste unifié (PSU), majoritaires dans l'AGEB-UNEF, appuient une prise en main de l'UNEF par les partisans de sa mutation en « mouvement politique de masse ». En s'y opposant, Jean-Luc Mélenchon rejoint l'Organisation communiste internationaliste (OCI), courant trotskiste d'obédience lambertiste, qui tente de contrer cette politiqueAA 1.

Jean-Luc Mélenchon participe alors aux efforts pour reconstruire une cellule locale de l'UNEF8, à la fois contre le courant syndical issu de l'Union des étudiants communistes (UEC) — qui anime l'UNEF-Renouveau, lequel choisit de participer aux conseils de gestion créés par la loi Edgar Faure et prend finalement le contrôle de l'AGEB historique26 —, et contre le courant de la direction nationale de l'UNEF, issue du PSU — laquelle a pour projet la transformation de ce syndicat étudiant en mouvement politique révolutionnaire —, et ce jusqu'à la scission de l'UNEF, en 1971. C'est à ce titre qu'il devient président de l'union locale étudiante (UGEB), puis intègre le bureau national de l'UNEF-US en 1974. Sa liste aux élections du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) en 1975 obtient 60 % des suffrages exprimés20.

De 1972 à 1976AA 1, il est le dirigeant de l'OCI à Besançon, où cette organisation est bien implantée20. Pendant ces années, sous le pseudonyme de « Santerre »27, il participe à toutes les luttes étudiantes et ouvrières du Jura — en particulier la grève des Lip8, importante entreprise horlogère bisontine démantelée quelques années plus tard. Cette expérience l'amène progressivement à prendre ses distances avec la conception léniniste du parti (« ma vraie divergence, c'est que je n'ai jamais cru à l'avant-gardisme », a-t-il expliqué plus tard). Cela lui vaut, selon lui, d'être « radié » de l'organisation — Charles Berg, dirigeant lambertiste, affirme de son côté qu'il a « négocié son départ » avec lui20. C'est l'époque où le Parti socialiste(PS) de François Mitterrand reconstitué au congrès d'Épinay en 1971, occupe progressivement à gauche tout l'espace du socialisme démocratique, mettant le Parti communiste français (PCF) en difficulté électorale. Il n'adhère pas au PCF en raison du refus de celui-ci de condamner l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie en 1968 pour mettre fin au printemps de Prague, un événement qui, selon ses propos, le marque plus politiquement que Mai 68 et fut l'une des causes de son adhésion à l'OCI28,29.

Militant socialiste mitterrandiste (1976-1986)

Jean-Luc Mélenchon quitte Besançon pour entrer dans la vie professionnelle à Lons-le-Saunier et adhère au PS en septembre 1976AA 2. Il y occupe très vite des responsabilités locales (secrétaire de section adjoint de Montaigu) et départementales et développe un journal fédéral qui combat pour l'union PS-PCF ; c'est l'époque où le second rompt les accords d'union de la gauche sur un programme commun de gouvernement. Il est remarqué lors d'une fête jurassienne du Poing et la Rose par Claude Germon, maire de Massy, en région parisienne, et membre du bureau exécutif du PS responsable du secteur entreprise du Parti socialiste. Sans travail stable une fois sa candidature écartée à la Croix du JuraAA 3, il est engagé par Claude Germon pour devenir son directeur de cabinetAA 4.

Il devient un des principaux dirigeants mitterrandistes de la fédération de l'Essonne, ce qui le conduit au poste de premier secrétaire de cette fédération au congrès de Valence en 1981 — il conserve cette fonction jusqu'en 198611. Se positionnant à la fois contre la Deuxième gaucherocardienne et le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES) de Chevènement, il s'oppose à la rocardienne Marie-Noëlle Lienemann, par associations locales et radios interposées. Ainsi, quand cette dernière crée Radio Massy-Pal, il fonde Radio Nord Essonne20 et offre son premier emploi à l'animateur Arthur30,31 lors de la fusion des deux émetteurs. Il travaille à l'organisation du courant mitterrandiste, en Essonne d'abord puis à travers sa publication Données et arguments, qui sera le creuset d'un courant ancré à la gauche du parti.

Hispanophone, il développe à Massy la solidarité avec les milieux communistes de l'Amérique du Sud, organisant un rassemblement de Chiliens et d'Argentins20.

Motivé par le tournant de la rigueur entrepris par le gouvernement socialiste en 1983, il intègre la loge franc-maçonne Roger Leray du Grand Orient de France (GODF) où il a comme thèmes de prédilection l'idéal républicain et la défense de la laïcitéAA 5. Outre cette filiation politique, il trouve dans la franc-maçonnerie une filiation personnelle, son père et son grand-père étant eux-mêmes maçonsAA 6. En 1984, lors des débats relatifs à la loi Savary, il reproche au GODF de ne pas s'engager pleinement dans la bataille en faveur de l'unification des enseignements public et privé au sein d'un grand service public de l'Éducation nationaleAA 7. Amer, il reste franc-maçon mais de manière peu assidue, sans s'impliquer fortement dans les affaires internes du GODF et refusant de participer aux « fraternelles parlementaires » qu'il dénonce comme étant de son point de vue une« déviance grave, un attentat contre la République »AA 8. En octobre 2018, Jean-Luc Mélenchon fait l'objet d'une demande de suspension temporaire par le conseil de l'Ordre du Grand Orient de France à la suite de son comportement lors des perquisitions menées à son domicile parisien et dans les locaux de La France insoumise32. Jean-Luc Mélenchon quitte sa loge maçonnique au printemps 2020, à la suite d’accusations de communautarisme du CRIF33.

Il est élu sénateur lors des sénatoriales de 198634.

De la Gauche socialiste à Pour la République sociale (1988-2005)

Fondateur avec Julien Dray de la Gauche socialiste en 1988, il s'oppose à la politique d'ouverture du second septennat de François Mitterrand, prenant pour cible Michel Rocard et la « gauche molle », ainsi qu'à l'entrée de la France dans la première guerre du Golfe — contre la majorité de son parti et le président20.

Lors du congrès de Rennes de 1990 où aucune motion n'atteint 30 %, l'aile gauche du parti part divisée en quatre, Jean-Luc Mélenchon conduit sa propre motion, qui obtient 1,35 % des voix. En juin 1990, il dépose au Sénat une proposition de loi pour la création d'un « contrat de partenariat civil », texte précurseur de ce qui deviendra le Pacs en 199935.

En 1992, il appelle à voter pour le traité de Maastricht, qu'il considère comme un « compromis de gauche ». Dans un discours au Sénat, il considère que la monnaie unique est l'instrument majeur qui permettra à l'Europe d'être « porteuse de civilisation, de culture, de réseaux de solidarité » contre le dollar, qui « porte la violence »36. Dans cette logique, il regrette le vote des Danois sur le traité de Maastricht, affirmant : « Si cruel que ce soit à entendre, les peuples peuvent se tromper. Le nôtre s'est déjà trompé et on sait de quel prix il faut payer dans l'histoire le fait d'avoir manqué le train qui passait36. »

Tout en continuant à défendre l'existence de la monnaie unique, il regrette rapidement son choix sur le traité de Maastricht37 et dépose avec la Gauche socialiste un amendement, intitulé « Tourner la page de Maastricht », à une convention du PS de 199638. Il déclare par la suite que ce sont les opposants à ce traité qui avaient raison et que l'objectif affiché à l'époque est un « échec total »39.

Courant longtemps stable et solide, la Gauche socialiste présente sa propre motion lors de trois congrès du PS jusqu'à sa disparition en 2002. Elle obtient des scores oscillant entre 7,3 % et 13,3 % des suffrages exprimés.

Bien que mitterrandiste, Jean-Luc Mélenchon soutient en 1993 l'accession de Michel Rocard au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, ce qui lui permet d'accéder lui-même à la direction du Parti, puisqu'il devient chargé de la presse : « Rocard, qui plaidait pour le consensus quand il était à Matignon, ne parle plus d’alliance avec les centristes mais d’un axe avec les socialistes, les communistes et les écologistes. Voilà le changement… »40.

Lors du congrès de Brest en 1997, Jean-Luc Mélenchon se présente au poste de premier secrétaire du PS : seul concurrent face à François HollandeAA 9, il obtient 8,81 % des voix, un score inférieur à celui de la motion de la Gauche socialiste et vit cette défaite comme une humiliationAA 10. En 2009, il affirme que François Hollande n'a pas tenu sa parole de lui accorder un score de 15 % conformément à leur accord et indique lui avoir dit qu'il ne lui « pardonnerai[t] jamais »41,42.

Les 22 et 23 avril 1998, il va à l'encontre de la position du parti et est l'unique sénateur du groupe socialiste à voter contre le projet de loi d'intégration de la Banque de France au système européen de banques centrales43 et contre la résolution sur le passage à l'euro44. Il affirme à cette occasion que face au capitalisme transnationalisé, l'intégration économique européenne « donne l'illusion de la puissance, alors qu'elle est, au contraire, le moyen d'un enfermement »45,46. À la suite de ce vote, il est sanctionné, comme cinq autres parlementaires, par le bureau national du Parti socialiste et reçoit du premier secrétaire, François Hollande, une lettre de blâme47.

Jean-Luc Mélenchon et ses collègues du courant de la Gauche socialiste s'opposent, les mois suivants, au traité d'Amsterdam, qu'ils critiquent notamment pour l'absence de gouvernement économique et le manque d'avancée vers l'Europe sociale. Selon eux, ce traité constitue une menace pour le modèle social français et ne peut mener qu'à « de graves risques sociaux, économiques, dangereux pour la démocratie »48. Lors de la ratification du traité en Congrès le 18 janvier 1999, il fait partie des cinq parlementaires du groupe socialiste à voter contre le texte49.

En mars 2000, il accepte de participer au gouvernement de cohabitation de Lionel Jospin comme ministre délégué à l'Enseignement professionnel auprès du ministre de l'Éducation nationale Jack Lang, après avoir refusé les secrétariats d'État au Logement en 19971 et à l'Outre-Mer20. Son passage à ce ministère délégué est notamment marqué par une réforme des certificats d'aptitude professionnelle (CAP), une réforme de la validation des acquis, et la création du label « lycée des métiers »50. Il occupe cette fonction jusqu'à l'élection présidentielle de 2002, qui voit le Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, éliminé au premier tour.

Tirant le bilan de la défaite électorale d'avril 2002, lorsque la composante animée par Julien Dray fait le choix de passer dans l'équipe de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon cofonde le courant Nouveau Monde, avec Henri Emmanuelli. Leur motion obtient 16,3 % des voix au congrès de Dijon, un score équivalent à celui du NPS, l'autre principale formation de l'aile gauche du parti. 

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Olivier BesancenotJosé Bové et Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting pour le non au référendum sur la Constitution européenne.

Après la victoire du « oui » au référendum interne au Parti socialiste sur le projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe, il enfreint les consignes de son parti et fait campagne aux côtés de Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR) et José Bové (Confédération paysanne) lors de meetings pour le « non ». La campagne du « non » amène l'éclatement de Nouveau Monde : alors qu'Henri Emmanuelli crée un nouveau courant, Alternative socialiste, Jean-Luc Mélenchon crée Trait d'union (TU). Il fonde dans le même temps l'association Pour la République sociale (PRS), en dehors du Parti socialiste, dans le but de formuler et de faire vivre une orientation « républicaine et antilibérale » dans la gauche française. PRS se prononce pour une force politique nouvelle qui prenne en compte à la fois l'échec de ce qui fut le modèle soviétique51 et l'« impasse » d'une social-démocratie européenne accompagnant les « réformes » du néolibéralisme52,53,54.

Il défend l'idée selon laquelle le candidat socialiste pour l'élection présidentielle de 2007 doit être une personne qui a défendu le « non » au référendum sur la Constitution européenne, car cette échéance coïncide selon lui avec le calendrier européen pour une renégociation du traité constitutionnel, qui devrait s'appliquer à partir de 2009. Dans cet esprit, pour Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius est le mieux placé pour l'élection présidentielle de 200755.

Dernières années au Parti socialiste (2005-2008)

Lors du congrès du Mans, en novembre 2005, Trait d'union dépose une contribution. L'aile gauche du PS, malgré le consensus de ses dirigeants sur la question européenne, part cependant divisée, TU rejoignant la motion conduite par Laurent Fabius et soutenue par Marie-Noëlle Lienemann, tandis que les autres meneurs de l'aile gauche se rassemblent derrière la motion présentée par le NPS. La première obtient 21,2 %, la seconde 23,6 %, tandis que les militants reconduisent la majorité sortante de François Hollande (53 %). Dans le cadre de l'élection primaire organisée un an plus tard au PS pour départager les candidats à la candidature socialiste à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon apporte à nouveau son soutien à Laurent Fabius. 

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Jean-Luc Mélenchon en 2005.

À ce titre, il déclare en août 2005 : « Il n'y a pas cinquante candidats pour l'élection présidentielle de 2007 au PS, au point où nous en sommes, il n'en reste que deux : Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Ce sont deux hommes intelligents, qui ont bonne mine, mais il faut bien les démarquer sur quelque chose donc sur leurs idées et leurs engagements. […] Je souhaite que le PS ne fasse pas l'erreur d'aller présenter un candidat qui aurait été partisan du oui [à la Constitution européenne, ce qui est le cas de Dominique Strauss-Kahn]. Par raisonnement, je déduis que c'est Laurent Fabius qui doit être candidat. […] Fabius a été ministre, il est capable de diriger le pays. Je vais le soutenir, mais pas de chèque en blanc56. » Le surlendemain de l'investiture de Ségolène Royal par le Parti socialiste, à laquelle il s'était opposé57, il assiste à un meeting de la gauche antilibérale, laissant planer le doute sur son éventuel soutien à sa candidature à l'élection présidentielle58.

Après l'échec des collectifs unitaires à se réunir derrière une candidature commune, il écrit sur son blog : « Une partie de l'électorat politisé de la gauche se démobilise. Il ne se sent pas représenté. Une partie de la population électorale parmi les désemparés (par la dureté de la vie) — désorientés (par l'absence d'alternative politique radicale intelligible) va continuer à flotter entre l'indifférence écœurée et les poussées de colère électorale aveugle. Enfin, la centralité de la candidature socialiste à gauche est désormais totale, que cela plaise ou pas, parce qu'elle paraît la seule efficace pour atteindre le programme commun le plus élémentaire : être présent au deuxième tour et battre la droite59 », affirmant donc son soutien àSégolène Royal. La défaite de cette dernière au second tour du scrutin présidentiel, face au candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy, l'amène à critiquer de manière très vive la stratégie de l'ex-candidate, notamment par le biais de son livre En quête de gauche.

À l'occasion du congrès de Reims en septembre 2008, Trait d'union dépose une nouvelle contribution. Appelant à l'union de toutes les tendances de l'aile gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon parvient très tôt à un accord avec le courant Forces militantes animé par le député nordiste Marc Dolez. Mais les autres tendances, rassemblées autour du Nouveau Parti socialiste de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, hésitent longtemps entre cette stratégie et un soutien à la motion conduite par Martine Aubry et Laurent Fabius. La veille du dépôt des motions, un accord est finalement conclu entre les sept contributions de l'aile gauche du PS, et Jean-Luc Mélenchon fait partie des signataires de la motion C intitulée « Un monde d'avance », conduite par Benoît Hamon60. Il a qualifié ce rassemblement d'« événement historique »61 : cette motion rassemble en effet pour la première fois toutes les sensibilités de l'aile gauche du PS, avec des personnalités emblématiques de cette tendance comme Gérard FilocheMarie-Noëlle Lienemann ou Paul Quilès.

Le 6 novembre 2008, les militants socialistes votent pour départager les différentes motions. La motion soutenue par Ségolène Royal arrive en tête avec environ 29 % des suffrages exprimés, tandis que celle conduite par Benoît Hamon arrive en quatrième position avec 18,5 %. Pour Jean-Luc Mélenchon, c'est une victoire de la majorité sortante, qui emporte 80 % des suffrages et, parmi ces voix, quelques unes prônent l'alliance au centre62. S'estimant trop éloignés de cette tendance au point qu'il ne soit pas utile de prendre part au congrès, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez annoncent le 7 novembre leur décision, « par fidélité à leurs engagements » et dans un souci d'indépendance d'action, de quitter le Parti socialiste, pour créer un nouveau mouvement « sans concession face à la droite »63.

Ils annoncent « la construction d'un nouveau parti de gauche », simplement intitulé le « Parti de gauche » (sur le modèle allemand de Die Linke), et appellent « à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes »64. Le 18 novembre, à l'occasion d'une rencontre avec le Parti communiste français, les deux partis ont annoncé leur alliance sous forme de « partenariat », dans le cadre d'un « front de gauche pour une autre Europe démocratique et sociale, contre la ratification du Traité de Lisbonne et les traités européens actuels ». Le meeting de lancement du Parti de gauche se tient le 29 novembre 2008 à Saint-Ouen, en présence du coprésident de Die Linke Oskar Lafontaine65.

Fondation et émergence du Parti de gauche (2009-2012) 

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Jean-Luc Mélenchon, lors d'un meeting du Front de gauche en mars 2009.

Le Parti de gauche (PG) est fondé le 1er février 2009 lors du Congrès de Limeil-Brévannes, en présence de quelque six cents délégués venus de tous les départements dans lesquels des comités du parti se sont formés. Jean-Luc Mélenchon est élu président du bureau national, puis coprésident de ce parti (en binôme avec Martine Billard) lors du congrès du Mans en novembre 2010.

À l'occasion de cette fondation s'inspirant du modèle de Die Linke, un secrétariat national (SN) au combat écologique (confié à Corinne Morel Darleux) est fondé pour réconcilier socialisme et préservation des ressources de la planèteTerre. Il s'inspire en partie des théories de la décroissance pour réaffirmer l'idée forte d'une organisation de gauche sociale et écologique. Le développement des énergies alternatives, du fret et du ferroutage sont donc des chevaux de bataille décisifs pour le PG et son président Mélenchon qui considère qu'« écologie et capitalisme sont incompatibles »66.

Bien qu'il ait réalisé l'essentiel de sa carrière politique dans l'Essonne, la répartition des candidatures au sein duFront de gauche l'amène à conduire la liste présentée par la nouvelle alliance dans la circonscription Sud-Ouest lors des élections européennes de juin 2009. Cette liste obtient 8,15 % des suffrages exprimés, le meilleur résultat du Front de gauche, et lui permet de devenir député européen. Selon Lilian Alemagna et Stéphane Alliès35, son appartenance à la franc-maçonnerie aurait pesé dans le choix du Sud-Ouest, dont Jean-Luc Mélenchon apprécie la tradition radicale et laïque67.

Il entretient des relations plus développées avec les élus européens du sud de l'Europe qu'avec les Allemands de Die Linke et plusieurs autres élus des pays du nord et de l'est du continent68. Il est, lors de la mandature allant de 2009 à 2014, quatrième vice-président de la commission des Affaires étrangères de l'Union, même s'il n'a été présent à aucune des réunions en 201369.

Dès lors, en octobre 2009, il se dit disponible pour se présenter aux élections régionales françaises de 2010 en tant que tête de liste dans la régionLanguedoc-Roussillon70. Puis, à la suite de l'affaire Jean Sarkozy portant sur la direction de l'EPAD, situé dans le département des Hauts-de-Seine, au sein du quartier de la Défense, il signale sa disponibilité pour mener la liste Front de gauche en Île-de-France pour remporter la bataille de la direction à gauche. Pierre Laurent, futur secrétaire fédéral du PCF, conduit le Front de gauche en Île-de-France, Jean-Luc Mélenchon n'étant pas candidat aux élections régionales.

Élection présidentielle de 2012

Voir les articles : Consultation interne au Parti communiste français pour l'élection présidentielle de 2012 et élection présidentielle française de 2012.

Pressenti candidat à l'élection présidentielle71, Jean-Luc Mélenchon connaît en octobre et en novembre 2010 une percée médiatique, de par une présence importante dans la presse et à télévision, mais aussi lors de manifestations72,73,. Son ouvrage Qu'ils s'en aillent tous !pamphlet contre lesélites71 et avant-goût de programme électoral74, connaît de très bons chiffres de ventes (16 000 exemplaires en un mois71, 50 000 en trois75). Il s'y créé un personnage populaire, qui « parle au peuple à la façon du peuple », s'opposant à l'élite strauss-kahnienne — Dominique Strauss-Kahn est à ce moment le favori du Parti socialiste74. Le résultat immédiat de cette communication est cependant très mesuré, sa popularité et ses résultats dans les sondages préélectoraux étant toujours faibles74,72.

Mélenchon propose officiellement sa candidature le 21 janvier 201176. Il obtient successivement le soutien du Parti de gauche, de Gauche unitaire et de la Fédération pour une alternative sociale et écologique. Le 5 juin 2011, 63,6 % des huit cents délégués du Parti communiste français réunis lors d'une conférence nationale à Montreuil votent en faveur d'une résolution politique incluant la candidature de Jean-Luc Mélenchon en vue de l'élection présidentielle de 201277. Lors d'une consultation interne qui se tient du 16 au 18 juin 2011, les militants communistes se prononcent majoritairement en faveur de sa candidature (59,12 %) face à celles d'André Chassaigne (36,82 %) et d'Emmanuel Dang Tran (4,07 %). Jean-Luc Mélenchon devient ainsi le candidat officiel du Front de gauche pour l'élection présidentielle de 201278,79,80. Il reçoit le soutien de l'ensemble des composantes du Front de gauche, d'autres partis comme les Alternatifs, et de plusieurs dirigeants du Nouveau Parti anticapitaliste qui le préfèrent au candidat présenté par leur parti, Philippe Poutou81.

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Jean-Luc Mélenchon lors de son dernier meeting de campagne, le 19 avril 2012.

Au cours de sa campagne, Jean-Luc Mélenchon tient de nombreux meetings qui connaissent de vrais succès d'affluence82. Il rassemble jusqu'à cent vingt mille personnes, selon les organisateurs, lors d'une « marche pour la Sixième République » organisée place de la Bastille, à Paris, le 18 mars83. Le candidat du Front de gauche connaît une progression constante dans les sondages ; le sondeur CSA lui attribue ainsi 13 % d'intentions de vote le21 mars84. Le 23 mars, en recueillant 14 % des intentions de vote selon un sondage BVA85, il confirme cette dynamique positive en dépassant, dans ce sondage, François Bayrou et Marine Le Pen qu'il prend souvent pour cible dans le cadre de sa campagne. Le 27 mars 2012, le Front de gauche réunit vingt-trois mille personnes lors de son meeting à Lille86. La semaine suivante, après deux meetings en salle comble, à Vierzon et Limoges, il réunit près de soixante-dix mille personnes place du Capitole à Toulouse et près de cent vingt mille, selon les organisateurs87, sur la plage du Prado à Marseille le 14 avril.

Le 11 avril 2012, il reçoit le soutien du président équatorien Rafael Correa88. Lors de la dernière semaine de l'élection, sa présence, quatre ans auparavant en 2008, lors la remise de la Légion d'honneur à Patrick Buisson est évoquée provoquant une courte polémique89,90. Le 18 avril 2012, un manifeste intitulé « Pour nous, c'est Mélenchon » est lancé par plus de mille universitaires, chercheurs, artistes « travailleurs de la culture » appelant à voter en sa faveur91.

Totalisant 11,10 % des voix (3,98 millions de voix) au premier tour92, Jean-Luc Mélenchon termine quatrième de cette élection présidentielle, derrièreMarine Le Pen et devant François Bayrou.

Selon Le Figaro son score ajouté à ceux du NPA (1,15 %) et LO (0,56 %) revient au total de ceux du PCF et des deux partis d'extrême-gauche à la présidentielle de 200293, qui avait ensuite été divisé par deux par le vote utile à la suivante, en 2007, où ces trois partis n'avaient réuni que 7%, dont 1,93 % pour le PCF, 1,33% pour LO et 4,08% pour le NPA, tandis qu'EÉLV s'était effondré à 1,57% contre 5,25% en 2002.

En appelant dès le soir du premier tour à voter contre Nicolas Sarkozy, il demande à ses électeurs de voter « sans demander rien en échange » pour le candidat du Parti socialiste François Hollande, sans toutefois prononcer le nom de ce dernier94.

Selon un sondage OpinionWay-Fiducial-Le Figaro conduit le jour du vote du premier tour de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a dépassé son score général, dans plusieurs catégories à qui il s'était adressé en particulier : 15 % chez les ouvriers, 14 % chez les professions intermédiaires, 18 % chez les intérimaires, 17 % chez les personnes vivant dans un foyer dont les revenus mensuels sont inférieurs à 999 € par mois, 23 % chez les électeurs de confession musulmane, 18 % chez les « sans-religion » et 16 % chez les 18 à 24 ans95.

Candidature aux législatives de 2012 dans le Pas-de-Calais

Article connexe : Élections législatives de 2012 dans le Pas-de-Calais.

À l'issue de la présidentielle, il se présente aux élections législatives dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais, où le quart des électeurs habite Hénin-Beaumont, ville où Steeve Briois (Front National) avait été élu maire dès le 1er tour en 2014, et où se présente aussi Marine Le Pen, à qui il espère « faire barrage »96.

Pendant cette campagne, il est notamment la cible d'une opération de propagande noire des militants du front national, qui confectionnent et diffusent dans la circonscription, en se faisant passer pour des militants du Front de gauche, un faux tract rédigé en arabe appelant à voter pour Jean Luc Mélenchon. Marine le Pen reconnait les faits et se félicite d'avoir réussi un « coup médiatique »97.

Jean-Luc Mélenchon obtient 21,5% des votes exprimés au premier tour, juste derrière les 23,7 % de Philippe Kemel (PS) mais loin derrière les 42,3% de Marine Le Pen98. N'ayant pas atteint le seuil de 12,5 % des inscrits, il ne peut se qualifier pour le second tour et appelle à faire battre la candidate frontiste. Philippe Kemel est ainsi élu de justesse au second tour, malgré 4414 voix gagnées par Marine Le Pen entre les deux tours.

Même si la presse y voit un second échec après la présidentielle, il relativise en soulignant sa progression de 965 voix par rapport à la présidentielle99dans cette circonscription ouvrière et populaire, située au coeur du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, où il a une semaine avant le 1er tour participé à une marche de 6000 personnes commémorant celle des femmes résistantes vers les grands bureaux de la Compagnie des mines de Courrières à Billy-Montigny, menées par Emilienne Mopty en pleine grève des mineurs de mai-juin 1941.

Opposant sous la présidence Hollande (2012-2017)

Le 6 décembre 2012, Jean-Luc Mélenchon rencontre Julian Assange à l'ambassade de l'Équateur à Londres, prenant la défense du fondateur deWikiLeaks, menacé d'extradition vers les États-Unis pour des crimes qu'il nie avoir commis100.

Il se rend, le 10 février 2013, sur la tombe de Chokri Belaïd, homme politique tunisien assassiné quelques jours avant son arrivée au Maghreb101,102.

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Marche citoyenne pour la VIe République, place de la Bastille, le 5 mai 2013.

Au printemps 2013, Jean-Luc Mélenchon appelle à une manifestation de masse, baptisée « Marche citoyenne pour la VIe République », organisée à Paris le 5 mai 2013 par le Parti de gauche entre la place de la Bastille et la place de la Nation103. Elle réunit cent quatre-vingt mille personnes selon les organisateurs et trente mille selon la préfecture104.

Le 1er décembre 2013, il dirige à Paris une nouvelle manifestation pour la « révolution fiscale », protestant notamment contre les hausses de TVA décidées par le gouvernement Ayrault. Elle réunit cent mille personnes selon les organisateurs et sept mille selon la police. Une polémique concernant ces chiffres, ainsi que les conditions d'une interview donnée à la chaîne TF1, mettent en cause Jean-Luc Mélenchon105 ainsi que les rôles de différents médias106. L'association de critique des médias proche de la gauche antilibérale Acrimed, publie peu après un récapitulatif de la couverture médiatique de l'événement107.

Il est à nouveau désigné tête de liste du Front de gauche pour les élections européennes de 2014 dans la circonscription Sud-Ouest (AquitaineMidi-PyrénéesLanguedoc-Roussillon). Dans le cadre de ce scrutin, il se dit pessimiste sur l'avenir de la monnaie unique européenne : « La question n'est pas de savoir si on doit sortir de l'euro mais quand et comment on le fera108. » La liste qu'il mène obtient un élu avec un score de 8,57 % et arrive en sixième position, ce qui lui permet d'être réélu député européen le 25 mai 2014.

Au niveau national, le Front de gauche obtient 6,6 %. Pour le politologue Thomas Guénolé, Jean-Luc Mélenchon est responsable de la démobilisation des électeurs du parti. Selon lui, ses discours commencent principalement par des critiques de l'action gouvernementale alors qu'il devrait développer les propositions proches des électeurs « d'extrême gauche et de gauche socialiste » ; il déplore par ailleurs une « agressivité formelle », qui ne serait pas nécessaire compte tenu de sa notoriété, tout en concluant pour la prochaine présidentielle : « Je ne vois pas qui dans cette portion du paysage politique se révélerait d'ici là plus charismatique, meilleur orateur ou meilleur débatteur que lui109. » Si Jean-Luc Mélenchon reconnaît un « échec »du Front de gauche, il en rejette la responsabilité sur le Parti communiste et les accords électoraux conclus entre celui-ci et le Parti socialiste aux élections municipales de mars 2014110.

Le 22 juillet 2014, il annonce l'évolution de sa position au sein du Parti de gauche :

« Pour moi, ce n'est pas de me mettre en retrait, c'est m'utiliser autrement. J'ai fait mon temps à organiser la vie d'un parti. J'essaie de cristalliser quelque chose qui existe en dehors de moi. J'ai besoin de temps, je ne peux plus continuer comme cela111. »

Il annonce, le 22 août suivant, son départ de la direction du Parti de gauche et la création d'une direction collégiale112. Cette mise en retrait au sein du parti n'est pas une mise en retrait politique, et il déclare fin janvier 2015 être « disponible » pour l'élection présidentielle de 2017113.

En septembre 2014, il lance un appel pour un grand mouvement populaire en faveur d'une Sixième République114.

Il milite pour une alliance Front de gauche-Europe Écologie Les Verts, en y engageant éventuellement l'aile gauche (« frondeurs ») du Parti socialiste, le Nouveau Parti anticapitaliste et Nouvelle Donne115. Son but est de créer un équivalent français à la coalition SYRIZA115, qui a pris le pouvoir en Grèce à la suite des élections législatives grecques de janvier 2015. Ce projet déclenche des tensions entre l'aile droite d'Europe Écologie Les Verts (surtout représentée par Jean-Vincent Placé), favorable à un retour au gouvernement social-libéral de Manuel Valls116, et l'aile gauche (surtout représentée par Cécile Duflot), plus sensible aux appels de Mélenchon117,118.

Élection présidentielle de 2017

Le 10 février 2016 sur TF1, Mélenchon annonce qu'il est candidat à l'élection présidentielle de 2017 et qu'il ne participera donc pas à la primaire de la Belle Alliance populaire119. Il propose une candidature « hors cadre de partis », donc hors du cadre du Front de gauche, et invite ainsi les citoyens à le soutenir, notamment sur le plan financier ; pour cela il lance le mouvement La France insoumise (LFI), dont l'outil principal est une plate-forme Internet participative120.

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Réunion publique à la Brest Arena, le 28 février 2017.

Son mouvement et sa candidature reçoivent a posteriori le soutien des trois principales composantes du Front de gauche, à savoir le Parti de gauche121, le mouvement Ensemble !122 et le Parti communiste français123, ainsi que de la Nouvelle Gauche socialiste fondée par d'anciens membres du PS124 et de plusieurs membres d'Europe Écologie Les Verts comme la « Coopérative écologie sociale » avec le député Sergio Coronado125, ou encore le maire de GrenobleÉric Piolle126.

À partir de juin 2016, des enquêtes d'opinion donnent Jean-Luc Mélenchon devant le président sortant François Hollande comme devant le Premier ministre Manuel Valls en termes d'intentions de vote à la présidentielle et indiquent qu'il est le candidat préféré des sympathisants de gauche127,128. Il publie en décembre le programme de La France insoumise (L'Avenir en commun, aux éditions du Seuil), qui entre directement dans le top 10 des ventes tous genres confondus selon le classement GFK/ LivresHebdo, puis se retrouvera en avril 2017 avec un total de 250 000 exemplaires vendus, ce qui selon Challenges « pulvérise les records »129,130,131.

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Jean-Luc Mélenchon, le 26 mai 2016 à Paris, lors d'une manifestation contre la loi El Khomri.

Stratégie numérique

Largement perçu par les organes de presse comme le meilleur orateur parmi les principaux candidats132, Jean-Luc Mélenchon choisit d'opter pour une « stratégie numérique » visant à utiliser des médias nouveaux afin de pouvoir s'exprimer en dehors du cadre des médias traditionnels, sans pour autant les laisser de côté. Cette stratégie, inspirée de la campagne de Bernie Sanders aux États-Unis133,134, est initiée par Sophia Chikirou, sa plus proche conseillère et la « directrice de la communication » de sa campagne135Antoine Léaument étant responsable de la partie internet (Facebook, Twitter, Youtube)136. Il devient ainsi massivement suivi sur YouTube, puisque sa chaîne est la première parmi les personnalités politiques françaises avec plus de cent trente mille abonnés en décembre 2016137,138 — il dépasse les chaînes du président américain Donald Trump et de son adversaire Hillary Clinton durant le même mois139 — puis plus de deux cent soixante-dix mille abonnés en avril 2017140. Il y propose notamment une émission hebdomadaire, intitulée La Revue de la semaine. Pour son meeting sur l'esprit des sciences et du partage du 5 février 2017, le candidat réalise également une première mondiale en étant présent à la fois à Lyon et, en « hologramme », à Paris141,142,143. Il est également soutenu durant toute la campagne par de nombreuses initiatives émanant du Discord insoumis, une plate-forme numérique depuis laquelle se coordonnent plusieurs milliers de sympathisants sur les réseaux sociaux.

Programme

Son programme reprend celui de 2012, « L'Humain d'abord », actualisé dans l'optique d'une réponse au changement climatique, et comporte comme grands axes : sortir des traités européens, construire une sixième république, mener une transition énergétique, et développer l'économie de la mer134,133. Selon Damon Mayaffre, lors de cette campagne, « le mélenchonisme se présente […] de manière ambitieuse et officielle comme un « néohumanisme social et écologique », et revendique dans un même mouvement les Lumières et la Révolution jacobine comme passé, le socialismecomme présent et l'exigence écologique comme avenir »144.

Selon les organisations non gouvernementales Action Santé mondiale, Action contre la faimCare France et ONE, qui confrontent les propositions de chacun des candidats à l’élection présidentielle sur l'aide au développement pour les pays les plus pauvres, Mélenchon est le candidat le plus engagé en matière de solidarité internationale145. Cependant, le volet international de son programme pose plusieurs questions, notamment sur la volonté de rapprochement avec la Russie : Mélenchon souhaite faire retirer le système de défense antimissile de l'OTAN en Europe de l'Est avant de quitter l'organisation et convoquer une conférence internationale sur la Crimée afin de statuer sur de nouvelles frontières à la suite de l'annexion russe de 2014. Le candidat socialiste Benoît Hamon qualifie cette légitimation de l'invasion de fait « extrêmement dangereu[se] » alors que plusieurs historiens signent une tribune dans Libération contre cette proposition146. Pour la journaliste Aude Lorriaux de Slate, Jean-Luc Mélenchon est « le plus profondément féministe des cinq « grands »c candidats » et « est celui qui a le plus travaillé son programme […], son texte [étant] le plus pointu et le plus précis de tous les candidats » en ce qui concerne « la question des droits des femmes »147.

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Évolution des intentions de vote à l'élection présidentielle de 2017 : en rouge, celles de Jean-Luc Mélenchon, qui connaissent une forte augmentation en fin de campagne au détriment de Benoît Hamon (en rose).

Hostilités, traitement médiatique

Alors qu'il cherche à progresser chez les électeurs indécis et à atténuer l'image révolutionnaire qu'il mettait en avant durant sa précédente campagne présidentielle148,149, sa percée dans les sondages, où il passe en quelques semaines de 11 % à 19 %, fait de lui « la cible privilégiée de ses adversaires » selon L'Express, qui souligne qu'il avait été jusqu'ici épargné150. Le chef de l'État, François Hollande, déclare à son sujet que la classe politique a « besoin de renouvellement », ce qui, d'après L'Express, est une « façon d'enfoncer un peu plus Jean-Luc Mélenchon, élu depuis le début des années 1990 »150. Selon l'association de gauche Acrimed, il subit de la part des médias dominants « un déferlement de commentaires hostiles, outranciers et grossièrement partisans ». Acrimed estime que Libération et l'économiste François Lenglet tentent de le discréditer en comparant les insoumis à l'extrême droite151. D'après le journaliste politique Alexandre Poussart, la presse de droite tombe « parfois dans la caricature anticommuniste »152. Le journal de droite Le Figaro estime d'ailleurs que son programme est « délirant » et qualifie le candidat d'« apôtre des dictateurs révolutionnaires » (ChávezCastroRobespierre). Pour Mathias Reymond d'Acrimed, Jean-Luc Mélenchon subit un traitement médiatique qu'aucun autre politique n'avait subi avant lui, excepté Jean-Marie Le Pen en 2002151. Selon Thomas Guénolé, deux voire trois fois plus d'articles traitant de Jean-Luc Mélenchon (40 % à 65 %) que ceux traitant d'Emmanuel Macron (environ 28 %) ont une portée négative à la fin de la campagne153. PourMarianne, la perspective de le voir au second tour déclenche un violent tir de barrage de la « presse conservatrice » : il est accusé d'être extrémiste, et son électorat est traité d'irresponsable. Marianne raille les craintes concernant le programme social de Mélenchond. Selon le journal Les Échos, le candidat insoumis inquiète les marchés financiers à cause de son programme fiscal, qui prévoit de taxer à 100 % les revenus au-dessus de vingt fois le revenu médian, ce dernier étant à 1 800 euros152,154. Une autre source d'inquiétude est une éventuelle sortie de l'euro s'il venait à être élu président de la Républiquee.

Échec et consigne pour le second tour

Jean-Luc Mélenchon termine finalement à la quatrième position, avec sept millions de voix et 19,58 %, derrière Emmanuel Macron (24,01 %), Marine Le Pen (21,30 %) et François Fillon (20,01 %). Jean-Luc Mélenchon arrive en première position dans les départements de la Seine-Saint-Denis, de laDordogne, de l'Ariège, de la Guyane, de la Martinique, de La Réunion et à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais sur ces sept départements et collectivité, quatre présentent la caractéristique d'un pourcentage de votes exprimés inférieur à 55 % des inscrits155.

Pour le second tour, opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron, il renvoie dos à dos les deux qualifiés et ne donne aucune consigne de vote156, refusant d'appeler au « front républicain » contre Le Pen, alors qu'en 2002, il avait appelé à voter Jacques Chirac contre le père de la candidateJean-Marie Le Pen157,158. Il appelle à la responsabilité de ses électeurs, tendant en grande majorité contre Marine Le Pen159,160, et invite les membres de La France insoumise à se positionner en votant sur la plate-forme Internet du mouvement, dont le résultat sera publié le 2 mai161. Les membres de la plate-forme s'étant inscrits avant le 23 avril à 22 h sont appelés à choisir entre l'abstention, le vote blanc ou nul, et le vote en faveur d'Emmanuel Macron seulement162. Le 26 avril, Jean-Luc Mélenchon décide de ne pas indiquer précisément quel sera son vote personnel160, tout en affirmant qu'il ne votera pas pour le Front national163. Il déclare qu'« il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour deviner ce [qu'il va] faire » et qu'il se tient à cette position « pour que [ses soutiens puissent] rester regroupés »164. Lors de certaines interviews, dans cet entre-deux-tours comme lors de celui des élections législatives qui suivent, il appelle cependant à ne pas voter pour le FN164,165. Selon Claude Askolovitch, Jean-Luc Mélenchon a voté Macron, contrairement à la plupart de ses proches ; le journaliste souligne qu'« il est resté dans la tradition des gauches et les scrupules de toute une vie. Il n’a pas pu le dire »166. D'après les études d'opinion, les partisans de Jean-Luc Mélenchon ont voté majoritairement pour Macron, alors que le sondage proposé sur la plate-forme Internet des Insoumis donnait le vote Macron à seulement 34 %156.

Député de la XVe législature (depuis 2017)

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Jean-Luc Mélenchon (au centre)lors de la « fête à Macron », en 2018.

Jean-Luc Mélenchon conduit la campagne législative de juin 2017 pour son mouvement167 et annonce sa candidature à Marseille, ville dans laquelle il est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle. Il se présente dans la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône, notamment face au député PS sortant,Patrick Mennucci168. Cette candidature est dénoncée par certains commentateurs et responsables politiques comme un « parachutage »169,170. Candidat précédemment investi par La France insoumise dans cette circonscription, Gérard Souchet regrette qu'il ne s'attaque pas à une zone de force de l'extrême droite : « Je pensais qu'il se présenterait dans la troisième où il y a un vrai défi avec le Front national. Mais son équipe est traumatisée par l'échec de 2012 à Hénin-Beaumont »168. Mélenchon explique qu'il ne se présente pas dans la troisième circonscription afin de permettre l'élection de Sarah Soilihi171, qui finalement n'est pas élue172.

Lors de la campagne pour les législatives, Jean-Luc Mélenchon attaque l'ancien ministre de l'Intérieur, alors Premier ministre, Bernard Cazeneuve en déclarant qu'il « s'est occupé de l'assassinat de Rémi Fraisse », un militant écologiste tué par une grenade de gendarme en 2014. Ces déclarations suscitent des désapprobations et Cazeneuve porte plainte contre Mélenchon pour « diffamation »173. Celui-ci refuse de s'excuser, mais reconnaît un mot « mal calibré » en ayant parlé d'« assassinat »174.

Au premier tour de l'élection législative dans la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon devance ses concurrents, avec 34,3 % des voix175,176. Il est élu député au second tour, le 18 juin 2017, avec 59,8 % des suffrages exprimés, face à Corinne Versini, candidate de La République en marche, dans un contexte de forte abstention (64,2 %)177,178. Il entre en fonction trois jours plus tard et devient membre de lacommission des Affaires étrangères179.

Après son élection, il cède sa place au Parlement européen à la communiste Marie-Pierre Vieu, qui le suivait sur la liste de candidature du Front de gauche dans la circonscription Sud-Ouest en 2014. Jean-Luc Mélenchon aurait préféré qu'elle cède sa place au suivant sur la liste, Manuel Bompard, qui a dirigé sa campagne présidentielle de 2017180.

Alors que Jean-Luc Mélenchon, contrairement à une partie des autres députés de La France insoumise, est absent de la Fête de l'Humanité, le numéro un du PCF Pierre Laurent regrette qu'il ne cherche pas d'alliances avec les autres partis de gauche dont le Parti communiste français et indique : « Personne ne peut prétendre détenir la vérité à lui tout seul181. » En réaction, Jean-Luc Mélenchon évoque « une direction communiste en perdition, qui s'accroche, qui ne s'exprime plus que contre [lui] », et appelle les militants communistes à le rejoindre lors de la manifestation du23 septembre pour s'opposer au projet de réforme du code du travail182.

Le 17 octobre 2017, Jean-Luc Mélenchon apprend par la presse que des partisans de l'« ultra-droite » auraient projeté des attaques armées contre des migrants, des lieux de culte musulmans et des hommes politiques, dont lui-même183,184. Le meneur de ces militants ayant été arrêté au mois de juin, Jean-Luc Mélenchon interpelle à l'Assemblée nationale le Premier ministre, Édouard Philippe, déclarant qu'il aurait voulu être averti de la menace qui pesait sur lui. Philippe lui répond qu'une communication aurait pu fragiliser l'enquête185,186,187, tandis que le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dément le « sérieux » de la menace constituée par ce groupe188,189. Lors du procès membres du groupuscule, qui se fait appeler OAS et se revendique du terroriste Anders Brevik, y compris son chef Logan Nisin, il apparait que les assassinats de Christophe Castaner et Jean Luc Mélenchon faisaient effectivement partie des projets d'attentats qui avaient été conçus190,191.

J.-L. Mélenchon figure en position non éligible sur la liste de La France insoumise aux élections européennes de 2019192. Celle-ci arrive en cinquième position avec 6,3 % des voix193.

En octobre 2021, afin de mener la campagne présidentielle de l’année suivante, il cède la présidence du groupe LFI à Mathilde Panot194.

Élection présidentielle de 2022 

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Portrait de Jean-Luc Mélenchon en pixel art.

Articles connexes : Candidats à l'élection présidentielle française de 2022 et Élection présidentielle française de 2022.

Le 8 novembre 2020, invité sur le plateau du Journal de 20 heures de TF1, il annonce proposer sa candidature à l'élection présidentielle de 2022195. Il met une condition à cette candidature : il se présentera si au moins 150 000 personnes votent pour le soutenir sur une plate-forme numérique appelée « Nous sommes pour ! »195. Cette « investiture populaire » se base sur une proposition de la commission Jospin pour les candidatures présidentielles, suggérant de remplacer les actuelles 500 signatures d'élus par 150 000 parrainages citoyens196,197. Il annonce avoir obtenu ces 150 000 signatures quatre jours plus tard197,196. Quatorze mois après exactement, le 8 janvier 2022, il annonce au grand jury RTL-LCI que ce nombre a quasiment doublé, passant à plus de 270 000 signatures198.

Jean-Luc Mélenchon refuse de participer à la Primaire populaire, estimant que les différences programmatiques sont trop importantes199,200,201. Comme Yannick Jadot et Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon a demandé que son nom soit retiré du scrutin202,203 après la découverte d'une vidéo appelant à les dénigrer sur les réseaux sociaux204,205,206et suspendre leurs parrainages en lien avec le « serment de Romainville »207,208. Après avoir échoué à présenter un candidat, la structure organisatrice de la primaire appelle néanmoins à voter pour Jean-Luc Mélenchon en mars 2022209.

En décembre 2021, il annonce la création d'un « Parlement de l'Union populaire» qui vise à rassembler des personnalités extérieures à La France insoumise afin de soutenir sa candidature et de préparer la refondation de la gauche. Cette structure est dirigée par Aurélie Trouvé qui quitte la présidence d'Attac pour assumer cette charge, et accueille des universitaires, des responsables associatifs et syndicaux, des figures de différents mouvements sociaux ou encore des artistes210,211. Elle accueille aussi des personnalités issues d'autres formations politiques de gauche, comme les partis communistes (Sébastien Jumel212Karine Lebon213...), EELV (Thomas Portes214) ou Génération.s (Ali Rabeh212).

En mars 2022, Jean-Luc Mélenchon est dans les sondages « nettement devant »215 les autres candidats de gauche. Mélenchon affirme alors être le seul candidat de gauche à pouvoir accéder au second tour, un « storytelling » appuyé par l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal, qui déclare : « Aujourd'hui, il est évident que le vote utile à gauche, c'est le vote Mélenchon »216,215. Mélenchon, qui en 2012 critiquait ardemment le « vote utile » en le qualifiant de « camisole de force », utilise en 2022 l'expression « vote efficace »217. De même, Christiane Taubiradéclare publiquement lors du dernier jour de la campagne officielle qu'elle votera pour Jean-Luc Mélenchon car «il est le seul candidat de gauche en mesure de barrer la route à l'extrême droite dès le premier tour»218.

Il reçoit le 6 avril 2022 le soutien de l'ancien président brésilien Lula219.

Programme

Son programme est une version remaniée et actualisée de L'avenir en commun, son projet de 2017. Sa conception a profité des contributions du laboratoire d'idées « Intérêt général », constitué de hauts fonctionnaires proches de LFI, ainsi que celles d'économistes ayant rejoint la campagne220,221,222. Dans un entretien accordé à l'INA, Jean-Luc Mélenchon indique avoir voulu construire un programme comparable auprogramme commun de la gauche qui avait permis à François Mitterrand de « réussir l'union à la base quand l'union au sommet s'est dérobée » et ainsi de gagner en 1981, stratégie dont Jean Luc Mélenchon dit vouloir s'inspirer223. Le 12 mars 2022, Jean-Luc Mélenchon présente sur ses réseaux sociaux le chiffrage de L'avenir en commun et ses 690 propositions dans une émission en direct de trois heures où, notamment, il répond aux questions de quatre journalistes économiques224,225.

Symbolique

À partir d'octobre 2021, il recourt à l'expression « L'Union populaire » comme slogan voire comme nom de mouvement, ce qu'il assimile à une démarche d'ouverture vis-à-vis de personnalités et d'électeurs divers226. Les meetings sont marqués par la présence de nombreux drapeaux tricolores et par une musique de campagne qui est un remix du Chant du départ227. La tortue devient également un symbole utilisé avec humour par les sympathisants et Jean-Luc Mélenchon lui-même228,229,230, faisant écho à une boutade lancée par le candidat lors d'un meeting de janvier 2022 à Nantes lorsqu'il avait ironisé « Faites confiance à une tortue électorale sagace comme moi. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et j’ai déjà épuisé quelques lièvres », en référence à une fable de La Fontaine et à son retard d'alors dans les sondages231,232.

Stratégie numérique

Comme en 2017, la campagne électorale mobilise des technologies numériques pour se démarquer. En plus de son activisme sur Youtube, Jean-Luc Mélenchon investit d'autres réseaux, comme la plateforme de streaming Twitch sur laquelle il lance un format intitulé « Twitchons »233. Face à la contrainte représentée par la crise sanitaire et les mesures de confinement, il diffuse le 29 novembre 2020 un meeting en réalité augmentée où il apparait entouré de décors numériques234,235. En janvier 2022, il réalise à Nantes un meeting immersif et olfactif qui est présenté comme une première mondiale. Des images en rapport avec les thèmes abordés sont diffusées tout autour du public, permettant notamment d'évoquer les enjeux liés à l'espace ou aux fonds marins236,237. Fin mars 2022, un jeu vidéo conçu par des militants bénévoles, intitulé LAECestTOI, est rendu disponible gratuitement afin de faire connaitre le programme de manière ludique238,239. En avril 2022, son équipe rend disponible un filtre sur les réseaux sociaux faisant apparaitre un mini-hologramme du candidat appelant à se rendre aux urnes240. Le 5 avril, le dernier meeting de sa campagne, physiquement effectué à Lille, est retransmis en direct dans onze autres villes grâce à des hologrammes241.

Résultat

Après avoir culminé à 18 % dans les sondages, il bénéficie du vote utile de la part de sympathisants d'autres partis de gauche, mais échoue au premier tour avec 20 % des voix, se plaçant à la troisième place avec un écart de 1,4 % face Marine Le Pen242, et un écart de 5,6 % avec l'actuel président français Emmanuel Macron.

Patrimoine

Le patrimoine de Jean-Luc Mélenchon est évalué en février 2012 par Paris Match à 760 000 € — dont 720 000 € de biens immobiliers 659. À cela, s'ajoutent 150 000 € d'épargne qu'il avait prêtés, à cette date, au Front de gauche pour la campagne présidentielle et qui lui sont remboursés depuis660.

En 2017, il déclare des biens immobiliers d'une valeur de 1 022 000 € avec un reste à rembourser à hauteur de 151 723 €. Il possède trois comptes courants pour un montant total de 6 186 euros, un livret bleu pour 40 234 euros, un compte épargne logement pour 10 135 euros et enfin un livret de développement durable pour 47 655 euros 661.

Jean-Luc Mélenchon est favorable au contrôle du patrimoine des élus par un organisme indépendant, mais opposé à sa publicité 662.

Détail des mandats et fonctions

Au gouvernement

Au Sénat

  • 2 octobre 1986 - 27 avril 2000 : sénateur de l’Essonne
  • 1er octobre 2004 - 7 janvier 2010 : sénateur de l’Essonne
  • 6 octobre 2004 - 30 septembre 2008 : secrétaire du Sénat

À l'Assemblée nationale

Au Parlement européen

Au niveau local

Au Parti socialiste

  • Premier secrétaire de la fédération de l'Essonne
  • Membre du bureau national du PS
  • Cofondateur et président du courant socialiste Nouveau Monde (2002-2008), puis animateur de la sensibilité Trait d'union jusqu'à son départ du PS
  • Secrétaire national du PS

Au Parti de gauche

  • 1er février 2009 - 21 novembre 2010 : président du bureau national
  • 21 novembre 2010 - 22 août 2014 : coprésident du bureau national (avec Martine Billard)

L’Outsider..le tout « nouveau » candidat..

Une nouvelle donne, une politique nouvelle, de nouvelles propositions ?..

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Éric Zemmour : 7,2%

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Éric Zemmour Écouter, né le 31 août 1958 à Montreuil, est un journalisteécrivainessayiste,éditorialistechroniqueurpolémiste et homme politique français d'extrême droitea.

Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, il commence une carrière dans la presse écrite en travaillant au Quotidien de Paris de 1986 à 1994. Il rejoint en 1996 le service politique du Figaro, où il reste jusqu'en 2009 et revient en 2013, tout en écrivant des chroniques au Figaro Magazinejusqu’en 2021.

Sa notoriété s'accroît grâce à la télévision et à la radio : Ça se dispute sur I-Télé et On n'est pas couché sur France 2, sur RTL de 2010 à 2016, sur CNews dans Face à l'info de 2019 à 2021.

Ses essais rencontrent d'importants succès de librairie et suscitent des polémiques.

Fréquemment poursuivi en justice pour des déclarations controversées, il est plusieurs fois relaxé, mais condamné pour provocation à la discrimination raciale en 2011 et pour provocation à la haine envers les musulmans en 2018.

À la fin de l’année 2021, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 et fonde le parti politique Reconquête, dans une optique d'union des droites autour de thèmes identitaires etnationalistes. Il échoue au premier tour, en parvenant à la quatrième place, avec environ 7 % des suffrages exprimés.

Formation

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À droite, le groupe scolaire Yabné.

Éric Zemmour passe son enfance à Drancy puis à Stains12, il est scolarisé dans des établissements confessionnels privés en classes non-mixtes à l'école Lucien-de-Hirsch (Paris) puis fréquente le groupe scolaire Yabné, dans le13e arrondissement de Paris, où il est ailier gauche de son club de football, le Yabné Olympique Club, alors qu'il vit son adolescence rue Doudeauville, dans le quartier parisien de Château Rouge2,8.

Diplômé (D – Service public, 1979) de l'Institut d'études politiques de Paris1, Zemmour échoue par deux fois au concours d'entrée de l'École nationale d'administration, en 1980 et 198113, la première fois aux oraux — René Rémond est au jury et l'interroge notamment sur le nombre annuel de touristes en Espagne —, la seconde aux écrits14.

Zemmour a été exempté du service militaire en raison d'une monoarthrite du genou avec épanchement de synovie4,15.

Carrière professionnelle

Journaliste politique dans la presse

Au début des années 1980, après six mois à l'agence de publicité FCA où Éric Zemmour écrit des slogans, il est stagiaire au Quotidien de Paris où le« critique musical Marcel Claverie lui fait écrire son premier article »1,7, avant d'y être embauché en 1986 comme journaliste au service politique par le directeur Philippe Tesson1.

Après la fermeture du Quotidien de Paris en 1994, Zemmour est éditorialiste à InfoMatin pendant un an1,20 puis rejoint en 1996 Le Figaro, en tant que journaliste politique21. Il est parallèlement pigiste pour Marianne en 1997, et pour Valeurs actuelles en 199922.

Selon Libération, il plaide, dès les années 1990, pour « l’union des droites », « fort d’une proximité cultivée avec le fondateur du Front nationalJean-Marie Le Pen, qu’il est le seul journaliste à appeler “président”, et avec son rival Bruno Mégret »23.

En 2009, sa collaboration cesse avec Le Figaro : Étienne Mougeotte lui reproche les propos tenus sur Canal+ selon lesquels « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes », qui lui vaudront d’être condamné pour provocation à la discrimination raciale ; mais selon Électron libre de France Inter, cette rupture est surtout due au fait qu'il était payé 9 700 euros par mois pour un faible nombre de publications24,25. À partir de 2010, Zemmour est chroniqueur dans Le Figaro Magazine26. Il revient au Figaro en 2013, présentant une chronique sur un livre dans son supplément hebdomadaire,Le Figaro littéraire26. Il suspend finalement sa participation au Figaro et au Figaro Magazine en septembre 2021, pour promouvoir son livre La France n'a pas dit son dernier mot alors que les spéculations sur sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 s'intensifient27.

Il est également chroniqueur politique au Spectacle du monde, mensuel politique du groupe Valeurs actuelles, de 2013 jusqu'à l'arrêt de la publication en juillet 201422.

Écrivain et essayiste

Éric Zemmour est l'auteur des biographies d'Édouard Balladur (Balladur, immobile à grands pas, 1995) et de Jacques Chirac (L'Homme qui ne s'aimait pas, 2002) ainsi que d'essais politiques. Il publie notamment en 2006 Le Premier Sexe, essai sur ce qu'il juge être une féminisation ou une dévirilisation de la société. Il participe à l'élaboration des textes du film Dans la peau de Jacques Chirac de Michel Royer et Karl Zéro même si ce dernier déclare n'avoir que « bien peu » gardé de son texte, « qui était surtout cher »28. En 2008, il publie Petit Frère, roman dans lequel il attaque l'« angélisme antiraciste »29. En mars 2010, avec Mélancolie française (essai avec lequel il a remporté le prix du livre incorrect), il revisite l'histoire de France30.

En 2014, sort son livre Le Suicide français. Il y défend la thèse d'un affaiblissement progressif de l’État-nation français depuis les années 1970, qu'il attribue notamment à l'emprise de la « génération Mai 68 ». Le livre rencontre un succès de librairie à sa parution31 et l'auteur est décrit comme un « phénomène »32,33.

Dans Destin français, publié en 2018, il dresse un parallèle entre son récit autobiographique et divers évènements historiques qui l'ont marqué. Il revient ensuite sur des pages de l'histoire de France marquantes de son point de vue, et termine son essai sur l'influence de l'islam qu’il juge grandissante au sein de la société française34,35.

Son ouvrage La France n'a pas dit son dernier mot (2021) lui permet de vendre 165 000 exemplaires en trois semaines, ce qui lui rapporterait une somme estimée par Le Parisien à 1,3 million d’euros à titre personnel36.

Activité d'auto-éditeur

En 2008, Éric Zemmour et son épouse fondent la société Rubempré, dont ils détiennent la totalité du capital37,38. Le nom de la société s'inspire de celui de Lucien de Rubempré, personnage de La Comédie humaine d’Honoré de Balzac39. En septembre 2021, après avoir été refusé par son éditeur Albin Michel, son livre La France n'a pas dit son dernier mot est publié par cette société, qui étend pour l'occasion son activité à l'édition d'ouvrages38,40.

Débatteur, polémiste et éditorialiste dans l'audiovisuel

À partir de septembre 2003, Éric Zemmour participe à l'émission hebdomadaire Ça se dispute sur la chaîne d'information en continu I-Télé, face àChristophe Barbier jusqu'en 2006 puis Nicolas Domenach. Il est licencié en décembre 2014, I-Télé mettant fin à l'émission après les propos tenus par Zemmour au journal Corriere della Sera concernant les musulmans41. Poursuivie par le journaliste, la chaîne est condamnée le 22 novembre 2016pour « rupture brutale et abusive du contrat, sans préavis et sans invoquer aucun manquement contractuel » à payer 50 000 € à la société qui gère les intérêts de Zemmour42.

Il participe aussi à l'émission Vendredi pétantes sur Canal+ jusqu'en juin 200643.

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Éric Naulleau, chroniqueur avec Zemmour dans On n'est pas couché, puis dans Zemmour et Naulleau.

Après avoir écrit deux biographies de personnalités politiques au tirage modeste, il se tourne en 2006-2007 vers les sujets sociétaux, sur un ton plus polémique. Son passage à l'émission Tout le monde en parle de Thierry Ardisson en mars 2006, lors de la promotion de son livre Le Premier Sexe et le vif débat avec Clémentine Autain qui s'ensuit, est remarqué parCatherine Barma, productrice de l'émission On n'est pas couché sur France 2. C'est à partir de septembre 2006 qu'il rejointLaurent Ruquier dans cette dernière émission, en compagnie de Michel Polac44, puis avec son ami Éric Naulleau. Il est avec eux chargé de procéder à une critique du film, livre ou album présenté. Lors de cette émission, leurs échanges avec des personnalités du monde culturel se terminent parfois en affrontements ou en esclandres qui amènent certains invités à quitter le plateau de l'émission. Laurent Ruquier annonce en 2011 le remplacement de Zemmour et de Naulleau par de nouveaux intervenants, Natacha Polony et Audrey Pulvar45,46. Dans les dernières années de l’émission et par la suite, les relations entre Zemmour et Ruquier se détériorent, ce dernier déclarant en 2015 « regrette[r] » d'avoir donné la parole à Zemmour pendant cinq ans47,48.

Zemmour participe aussi à l'émission L'Hebdo, en tant qu'éditorialiste, sur Tempo, chaîne destinée à l'outre-mer. Il y est entouré, entre autres, de Dominique Wolton. Il quitte cette émission de France Ô à la fin de l’année 201049.

À partir de 2010, Zemmour présente sur RTL une brève chronique d’actualités quotidienne, intitulée Z comme Zemmour, dans la matinale de Vincent Parizot. En 2011, suite à une condamnation de Zemmour pour provocation à la discrimination raciale, RTL demande à Zemmour de « veiller au respect des valeurs humanistes de la station »50. À la rentrée 2012, cette chronique devient bihebdomaire dans la matinale de Laurent Bazin puis d'Yves Calvi (mardi et jeudi) et s'intitule On n'est pas forcément d'accord. Il y confronte d'autre part son point de vue dans un débat hebdomadaire avec Nicolas Domenach ou Alain Duhamel51. À la rentrée 2018, Zemmour ne participe plus à la matinale, mais seulement en débatteur invité le vendredi52. Le 3 octobre 2019, RTL annonce cesser sa collaboration avec Zemmour à la suite de ses incitations à la haine religieuse53.

À partir de septembre 2011, il anime, en duo avec Éric Naulleau, Zemmour et Naulleau, des talk-shows hebdomadaires sur Paris Première54.

Au milieu des années 2010, les interventions de Zemmour suscitent un intérêt grandissant. Ainsi, Ça se dispute aura été la seule émission qui permet à I-Télé de devancer sa principale concurrente, BFM TV, tandis que Zemmour et Naulleau devient rapidement « la plus puissante » deuxième partie de soirée de Paris Première55. Un sondage réalisé par l’Ifop pour Valeurs actuelles en 2014 indique que 30 % des sondés ont une bonne ou très bonne opinion de lui, contre 42 % ayant une mauvaise ou très mauvaise opinion, tandis que 28 % disent ne pas le connaître56,57.

Éditorialiste dans Face à l'info sur CNews

À partir du 14 octobre 2019, Éric Zemmour participe à la nouvelle émission Face à l'info, programmée du lundi au jeudi de 19 h à 20 h sur CNews. Pendant trente minutes, il débat de l'actualité avec d'autres chroniqueurs, notamment Marc Menant, sur un plateau animé par Christine Kelly. Un duel, arbitré par Christine Kelly, l'oppose ensuite à un contradicteur. Par la suite, ce duel intervient seulement le vendredi, pendant une heure58,59. CNews multiplie par trois son audience lors de sa première intervention60.

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Christine Kelly, animatrice depuis 2019 de l'émission Face à l'info.

Le 22 octobre, le parti La France insoumise déclare ne plus vouloir se rendre à CNews tant que le polémiste y sera présent61. Le 24 octobre, les élus du personnel du groupe Canal+ exigent à l'unanimité le départ de Zemmour de CNews62,63, invoquant des raisons économiques et de sécurité pour le personnel, ainsi que d'éthique et d'image pour le groupe64. Des élus LREM, de la CGT et des personnalités telles que l’économisteJacques Attali ou la journaliste Valérie Trierweiler boycottent également la chaîne du fait de la présence de Zemmour65. De nombreux publicitaires font de même66.

Le 29 octobre, le groupe Canal+ décide de ne plus diffuser l'émission en direct du fait, selon Le Monde, « de nombreux dérapages d’Éric Zemmour »67. Le chroniqueur avait notamment déclaré que Bachar el-Assad« n'a pas gazé son peuple mais des gens qui étaient ses adversaires »68, que « soit on couche avec l’autre sexe et on fait des enfants, soit on ne couche pas avec l’autre sexe et on n’a pas d’enfants »69, que Pétainavait sauvé les « Juifs français » des camps nazis en sacrifiant les « Juifs étrangers » (propos pour lesquels il a été relaxé par la justice)70 et qu’il faudrait, pour être français, prendre le point de vue de la France et renoncer au point de vue de ses ancêtres, y compris en étant « du côté du général Bugeaud », qui en Algérie a « commencé à massacrer lesmusulmans et même certains juifs »71. Début décembre, le CSA met en demeure CNews pour des propos de Zemmour sur la colonisation de l'Algérie72.

Face à l'Info améliore notablement son audience. En novembre 2019CNews prend la tête des chaînes d'information, sur la tranche horaire de l'émission, devant BFM TV et LCI73,74. Le 3 mai 2021CNews dépasse BFM TV pour la première fois sur une journée grâce en particulier à Zemmour et Pascal Praud75,76.

Le 8 septembre 2021, le CSA demande aux médias audiovisuels de comptabiliser le temps de parole de Zemmour au motif qu'il devient « un acteur du débat politique national ». En conséquence, le 13 septembreCNews annonce se séparer du chroniqueur 77.

Candidature à l'élection présidentielle de 2022

Fin de ses activités de journaliste

À partir de 2019, une possible candidature d'Éric Zemmour à l’élection présidentielle de 2022 est évoquée alors qu’aucun candidat naturel n’émerge au sein de la droite classique. Avec Patrick Buisson, dont il est un proche, Zemmour annonce alors réfléchir à une « plateforme d’idées pour la droite »78. Les médias relèvent la présence dans son entourage de la jeune énarque Sarah Knafo, qui joue les intermédiaires afin de préparer sa candidature au sein de la droite79,80.

L’association « Les Amis d'Éric Zemmour » est lancée en avril 2021, tandis que le collectif « Génération Z » rassemble ses jeunes partisans81.

Alors que les médias indiquent qu’il a commencé à chercher les 500 parrainages nécessaires pour se présenter, il fait parvenir à des élus une brochure intitulée « Mieux connaître Éric Zemmour » afin de les convaincre de lui accorder leur parrainage. Selon Le Canard enchaîné, il y affecte une posture quasiment « chiraquienne », bien éloignée de ses invectives habituelles82. Dans le même temps, il lance son site internet « Croisée des chemins », et commence une série de conférences à travers la France83. Jean-Loup Adenor de Marianne note qu'« à mesure que l'élection présidentielle se rapproche, l'éditorialiste-vedette de CNews semble vouloir se donner une envergure nouvelle, quitte à tordre la réalité », comme lorsque, condamné pour « incitation à la haine », il répond : « J'ai été condamné pour délit d'opinion. […] Je ne suis pas un délinquant, je suis un dissident »84.

Plusieurs personnalités politiques s'interrogent sur un possible mélange des genres d'un éditorialiste qui se comporterait comme un homme politique laissant planer le doute sur sa candidature, ainsi que sur l'opportunité de décompter son temps de parole et ses déplacements dans les comptes de campagne en vertu de la réglementation sur le pluralisme. À compter du 9 septembre 2021, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) demande aux chaînes de télévision de comptabiliser son temps de parole85. Cette décision divise la classe politique et Zemmour dénonce le fait que « le CSA prend désormais le relais des juges »86. Alors que CNews annonce dans la foulée l’arrêt de sa participation à Face à l’info87 et que Paris Première suspendZemmour et Naulleau88, le polémiste lance sa chaîne YouTube89.

Assurant la promotion de son nouveau livre La France n'a pas dit son dernier mot, il fait l’objet d'une forte médiatisation, suscitant un débat sur la« fabrication » de sa candidature par la presse90,91. D'après Le MondeVincent Bolloré a une inimitié envers Emmanuel Macron, qu'il suspecte d'être intervenu en sa défaveur dans plusieurs affaires, et souhaite qu'il ne soit pas réélu en 202292. D’autres journaux font état d'une « triangulation » entre Macron, Zemmour et Bolloré — d’après eux « principal sponsor » du journaliste — afin d'assurer sa qualification au second tour de l'élection présidentielle face au président sortant93,94. Selon Le Monde, Bolloré a une forte affinité idéologique avec Zemmour, communiquerait avec lui tous les jours par téléphone et serait à l’origine d’un temps de parole très important sur CNews — qualifiée par le quotidien de « fer de lance dans la campagne électorale » pour 2022 —, que ce soit directement ou par le biais des commentaires des intervenants92,95. Le reste des médias français hésitent entre inviter et boycotter Zemmour, qui enregistre de fortes audiences lors de ses interventions48.

Préparation de sa candidature

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Marine Le Pen, dont la qualification au second tour de l'élection présidentielle de 2022 pourrait être menacée par la candidature d'Éric Zemmour.

À partir du milieu de l’année 2021, les instituts de sondage testent Éric Zemmour dans les intentions de vote à l'élection présidentielle de 2022. Crédité de 5 % au premier tour à l’été 2021, il connaît une forte progression en septembresuivant96,97. Sa possible candidature est notamment encouragée par Patrick Buisson98 et Jacques Bompard99. Sa candidature est soutenue par une grande partie de l'ultra-droite et de ses figures, dont Renaud CamusJean-Yves Le GallouJulien RochedyHervé Ryssen — malgré son antisémitisme —, ou encore Daniel Conversano100.

En octobre, tandis qu'un quartier général de campagne est aménagé au 10 rue Jean-Goujon dans le 8e arrondissement de Paris101,102, les enquêtes d’opinion le donnent comme potentiellement qualifié pour le second tour s'il se présentait, avec 15 à 18 % des sondés en sa faveur, siphonnant une partie de l’électorat des Républicains et surtout de celui de Marine Le Pen, qui se trouve reléguée en troisième position pour la première fois depuis 2013103,104,105. Les semaines suivantes voient les intentions de vote reculer106,107.

Le 30 novembre 2021, il officialise sa candidature par le biais inédit d’une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, dont la scénographie s'inspire de l'appel du 18 juin108,109 et qui utilise des imagesd sans les autorisations des ayants droit113,114. Plusieurs d'entre eux portent plainte et, le 4 mars 2022, Zemmour et son parti « Reconquête » sont condamnés par le letribunal judiciaire de Paris pour « contrefaçon de droits d'auteur » et « atteinte au droit moral »115. Conséquemment, le10 mars 2022, cette vidéo est retirée par la plate-forme YouTube elle-même, ce retrait ne s’appliquant que sur la France116.

Dans ses interventions, Zemmour se présente comme « le candidat de la droite, de ce qu'on appelait autrefois le RPR », prônant le « rassemblement de la droite populaire, bonapartiste, qui rassemble les classes populaires et la bourgeoisie patriote ». Il défend notamment l’arrêt de l’immigration, la suppression du droit du sol, la fin du regroupement familial ou encore la préférence nationale pour lesprestations socialesLe Figaro voit de nombreuses similitudes entre ses propositions et celles du RPR et de l'UDF du début des années 1990, tout en notant un discours plus incisif envers l’islam117. Au sein des LR, les avis sont partagés : certains se disant agacés par sa présence dans la campagne, tandis que d'autres la voient d'un œil favorable. En 2019, Laurent Wauquiez l'avait accueilli au siège du parti en disant qu'il était « chez lui »118. Alors que sa participation à la primaire de la droite est défendue par des élus LR118, Zemmour dresse un portrait élogieux d’Éric Ciotti— finaliste de la primaire ayant déclaré qu’il voterait en sa faveur en cas de second tour face à Emmanuel Macron —, soulignant leur proximité d’idées et conviant les électeurs de celui-ci à son premier meeting de campagne119,120.

Meeting de Villepinte et création de Reconquête

Lors du lancement de sa campagne le 5 décembre 2021, à l'occasion d'un meeting réunissant entre 13 000 et 15 000 personnes au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte, Éric Zemmour annonce le nom à venir de son parti politique, Reconquête, en vue des élections présidentielle et législatives de 2022 ; ce nom, qui peut faire référence à la Reconquista de la péninsule Ibérique par des royaumes chrétiens contre les États musulmans du viiie siècle au xve siècle, aurait été choisi par Sarah Knafo depuis plusieurs années121,122. À cette occasion, il reçoit le soutien public de Jean-Frédéric Poisson, président de Via, la voie du peuple, et de Jacline Mouraud, militante du mouvement des Gilets jaunes et présidente du mouvement Les Émergents — qui retirent tous deux leurs candidatures à la présidentielle et s’expriment en sa faveur — ainsi que de Paul-Marie CoûteauxChristine Boutin et Laurence Trochu, présidente du Mouvement conservateur123,124,125.

À son arrivée, un homme récemment encarté chez Les Républicains agresse Zemmour126. Par ailleurs, des journalistes de l'émission de télévisionQuotidien sont pris à partie et des militants de SOS Racisme ayant organisé un happening dans la salle sont violemment frappés127,128,129, ces violences étant revendiquées par les Zouaves Paris, un groupe d'extrême droite composé d'anciens du GUD et de l'Action française, visé par une procédure de dissolution130,131.

Le 15 décembre, dix jours après l'annonce du lancement de son parti, le candidat revendique 60 000 adhérents132. Le 25 janvier suivant, le parti dépasse les 85 000 membres — un nombre vérifié par un huissier de justice —, ce qui en ferait le deuxième parti français aux cotisations payantes133,134.

Équipe de campagne et ralliement 

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Sarah Knafo, conseillère et organisatrice de la campagne présidentielle d'Éric Zemmour.

Proche conseillère d'Éric Zemmour, Sarah Knafo occupe officiellement la fonction de directrice stratégique de la campagne, elle exerce également plusieurs postes-clés dans l'équipe de campagne (plume, conseillère spéciale,directrice de la communication)135,136,137Bertrand Houitte de La Chesnaisgénéral de corps d'armée (2S), ancienmajor général de l'Armée de terre, est nommé directeur de campagne135,138, tandis que Jean-Paul Boluferpréfethonoraire à la retraite, énarque proche de la droite catholique, est chef de cabinet au sein de l'équipe136,137. Zemmour se dote également d'une « équipe numérique », supervisée par Samuel Lafont, avec une dizaine de personnes surveillant les informations présentes à son sujet sur internet et sur la Wikipédia en français139,e, dont elletente de manipuler plusieurs pages140,141.

Parmi les 56 figures-clés de l'équipe de campagne identifiées par Le Monde en décembre 2021, 21 sont passées par le Rassemblement national, sept sont proches de Marion Maréchal, 21 ont (ou ont eu) des liens avec Les Républicains, six sont issues de la droite catholique et proches de La Manif pour tous, trois ont eu des liens avec desmouvements identitaires d'extrême droite, sept sont liées à l'armée135. D’anciens cadres et militants du Mouvement national républicain participent également à la campagne et notamment à la rédaction du programme142,143. Selon Le Monde, il s'agit de « la première fois dans l'histoire de la Cinquième République [qu']un candidat à la présidence fait voler en éclats la digue qui séparait la droite républicaine de l'extrême droite, rassemblant dans la même équipe des représentants de ces deux familles, autrefois violemment antagonistes, et agrégeant plusieurs de leurs composantes »135.

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Au début de l’année 2022, Zemmour obtient le ralliement d’élus de droite et d’extrême droite, commeGilbert Collard (Rassemblement national), qui est nommé président d’honneur de Reconquête.

Le 11 décembre, le souverainiste de droite Philippe de Villiers apporte son soutien à Zemmour, intégrant le comité politique de la campagne, où siègent également Jean-Frédéric PoissonJean-Yves Le Gallou etLaurence Trochu144,145,146. Le 9 janvier suivant, Guillaume Peltier, député et membre de LR — dont il était numéro deux jusqu'en juillet 2021147 —, annonce son ralliement à Éric Zemmour, dont il devient le porte-parole148. Le même mois, Jérôme Rivière, député européen RN et président de la délégation française du groupe Identité et démocratie au Parlement européen, annonce son soutien à Zemmour et devient son porte-parole, suivi par Damien Rieu, ancienne figure de Génération identitaire et assistant parlementaire de l'eurodéputé RN Philippe Olivier149,150. Le 22 janvier, Zemmour est rejoint par Gilbert Collard, député européen RN, qui est nommé président d’honneur de Reconquête151Bruno Mégret fait de même quelques jours plus tard152.

De nombreux référents locaux du parti sont issus des rangs du Rassemblement national ou de la mouvance identitaire153Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite, estime après les ralliements de Jérôme Rivière et de Damien Rieu à Zemmour que Reconquête s'annonce comme « le véritable parti desidentitaires »154. Lors d'un débat contre la candidate Valérie Pécresse, celle-ci lui reproche de s'être entouré de sympathisants négationnistes155, comme Tristan Mordrelle et Philippe Schleiter, neveu du négationnisteRobert Faurisson156.

Financement

L'équipe d'Éric Zemmour avance être financée principalement par les adhésions à Reconquête, avec une moyenne de « 700 à 800 adhésions par jour » en décembre 2021 et un total de 80 000 adhérents au parti au début de l’année 2022. La cotisation d’adhésion classique étant de 30 euros, la somme collectée à ce titre s’élèverait à au moins 2,4 millions d'euros en janvier 2022157.

Le collectif « Les Amis d’Éric Zemmour » — qui a obtenu l’agrément d’association de financement politique le 31 mai 2021 et est devenu Reconquête en décembre suivant —, indique avoir recueilli six millions d’euros de 25 000 donateurs102,157. Dès avril 2021, soit plusieurs mois avant la déclaration de candidature, ce collectif avait commencé à lever des fonds, avec notamment des dîners discrètement organisés à partir de mai à Paris et à l'étranger157,158. Le collecteur est Julien Madar, employé dans l'immobilier de luxe, assisté d'une dizaine d'autres personnalités de la finance ou des médias, comme Paul-Marie Coûteaux159. Le millionnaire d'extrême droite Charles Gave apporte également un soutien financier, avant de le lui retirer en novembre 2021160,161.

D'après une enquête de Mediapart (fondée en partie sur la liste des 1 000 « invités VIP » au meeting de Villepinte), les grands donateurs (ceux ayant donné entre 1 000 et 7 500 euros) sont « issus des milieux financiers et d’affaires », « cadres dans des banques, fonds d’investissement, hedge funds », « cadres évoluant dans des cabinets de conseil, des groupes industriels ou dans le secteur immobilier » (notamment des cadres dirigeants de Vinci et Chanel) et « avocats d’affaires ou fiscalistes, en poste dans de grands cabinets français ou internationaux ». S’y trouverait notamment Chantal Bolloré, sœur du milliardaire Vincent Bolloré et « éminence grise » de Zemmour. Parmi les autres personnalités identifiées figurent Sonia etAlexandre Poussin, l'ancien chanteur Pierre Beraud-Sudreau ou encore Xavier Caïtucoli. Si certains sont des soutiens de l'extrême droite de longue date, une part importante est constituée d'anciens fillonnistes157.

Résultats

Après avoir médiatiquement dominé la campagne et réussi à imposer ses thèmes de campagne à la droite, il parvient à culminer à 18 % dans les intentions de vote. Toutefois, il arrive quatrième de l'élection au premier tour, avec un résultat approchant les 7 % de vote162.[non neutre]

Positionnement politique

Éric Zemmour indique avoir voté deux fois pour François Mitterrand et avoir rompu avec la gauche, selon les versions, au milieu des années 1980 avec l'avènement de SOS Racisme, ou après l’affaire de Creil en 1989163. Lors de la campagne du référendum français sur le traité de Maastricht en 1992, il revendique son attachement à Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement23. Il fait par ailleurs l'éloge de Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1994, parce qu'il justifia l’intervention soviétique en Afghanistan et recommanda d’« arrêter l’immigration »164,165. L'universitaire Philippe Corcuff relève qu'« il fait aussi nombre de références positives à Jean-Claude Michéa et à l'essayisteChristophe Guilluy, tout en n'hésitant pas à utiliser la notion de “classes”, antérieurement souvent réservé aux marxistes et autres anticapitalistes de gauche »164.

À partir de 2010, il apparaît comme une figure des sites de droite radicalesouverainistesidentitairesanti-immigration et anti-islam166. Il salue le rapport au peuple et le patriotisme de Jean Jaurès et se définit comme « gaullo-jaurésien » et « bonapartiste »163 puis comme« gaullo-bonapartiste », et se déclare partisan « de la grandeur de la France, de la force de l'État et du respect de la tradition culturelle française »167, il est communément décrit comme un « polémiste d'extrême droite »a. Selon le journaliste Dominique Albertini de Libération, il se situe sur un segment politique d'une extrême droite plus radicale que le Rassemblement national, avec un discours « sous-tendu par le référent ethnique et le fantasme d'un « grand rembarquement » des immigrés, et de tout ou partie de leurs descendants »168. Le journaliste Maurice Szafran fait la même analyse, le jugeant « à l'extrême droite de l'extrême droite » lorsqu’il qualifie en 2016 Marine Le Pen de « candidate de gauche complètement endoctrinée par Philippot »169.

L'historien Laurent Joly considère en 2015 que « depuis Barrès et Maurras, aucun autre intellectuel, journaliste ou écrivain, n’avait eu ce statut de passeur des idées d’extrême droite auprès d’un très large lectorat »170. Le journaliste et écrivain Éric Dupin écrit en 2017 : « Enivré par ses succès télévisuels, le gaulliste anticonformiste qu'il était il n'y a pas si longtemps s'est ainsi mué en démagogue d'extrême droite171 ». En 2021, la journaliste au Monde Zineb Dryef considère qu'il est passé du statut de chroniqueur à celui de militant de l'extrême droite172. Zemmour réfute lui-même la qualification d’« extrême droite », invoquant la « vieille méthode stalinienne des années 1930, qui consiste à traiter de « fascistes » tous ses adversaires ». En vue de l’élection présidentielle de 2022, il indique ne proposer « rien de plus que le RPR en 1990 »84. La journaliste Marie-France Etchegoin rapporte en 2020 les propos suivants de Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs actuelles : « Pour la progression de notre courant de pensée, Éric a fait plus que le Front national en quarante-cinq ans d’existence »173.

Le Monde indique que Zemmour a déjeuné, en janvier 2020, avec Jean-Marie Le Pen et Ursula Painvin, fille de Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich, pendu en 1946 après le procès de Nuremberg — le quotidien note que depuis Berlin, Ursula Painvin « encourage Éric Zemmour avec ses “pensées les plus admiratives et amicales” »174,175. Ses fréquentations et ses prises de position politique font dire au journaliste Georges-Marc Benamou : « Zemmour, c’est une expression névrotique du décret Crémieux. Éric a besoin d’être accepté par les antisémites. Il est l’idiot utile, au sens hégélien, de l’extrême droite antisémite. L’ironie, c’est que, dans le cas d’espèce, l’idiot utile est un juif brillant qui a du talent »11,175. Selon Georges-Marc Benamou, « La violence, la raideur idéologique d’Éric Zemmour ont fait de Marine Le Pen une femme qui aime les chats »176[pas clair]. Le politologue Pierre Vercauteren juge qu'Éric Zemmour « a réussi à achever la dédiabolisation de Marine Le Pen et lui aura permis de s'élever encore plus dans les sondages »177.

En septembre 2019, quelques mois après avoir été accueilli « chez lui » au siège de LR selon les termes de son président Laurent Wauquiez118, il participe à la « convention de la droite » organisée par des proches de Marion Maréchal. L'historien Tal Bruttmann écrit : « Il ne s’agit plus des propos d’un polémiste frayant avec l’extrême droite, mais d’un discours s’inscrivant ouvertement dans la veine du fascisme, assumé et revendiqué comme tel ». Tal Bruttmann estime que le programme politique de Zemmour se résume à la « lutte des races » et que son discours ferait passerPétain et Maurras pour des modérés178. L'historien Gérard Noiriel compare la rhétorique identitaire et le discours anti-islam du polémiste aux imprécations antisémites d'Édouard Drumont179,180,181. Sa proximité avec Marion Maréchal est soulignée par la presse en septembre 2021 alors qu'il participe depuis 2015 à un rendez-vous phare des droites dures européennes, le « sommet démographique international » de Budapest, à l'invitation du Premier ministre Viktor Orbán et où il s’affiche pour la seconde fois aux côtés de la nièce de Marine Le Pen, qui lui exprime publiquement sa sympathie182,183.

D'après l'historien Nicolas Lebourg, la pensée politique de Zemmour se définit par quatre éléments. Le premier est un bonapartisme : Zemmour croit en l'importance des « grands hommes » dans le destin d'une nation. Le second est un « unitarisme » — une importance vitale est donnée à l'unité. Le troisième est un « souverainisme intégral » : Zemmour pense que tous les problèmes peuvent être résolus par la souveraineté de l'État-nation. Et le quatrième élément est un « nationalisme obsédé par la décadence », qui prend la forme d'une sorte de darwinisme : si le peuple français n'évolue pas, il sera « balayé de l'Histoire ». Pour Zemmour, les pays sont dans une compétition à mort184. En octobre 2021, Nicolas Lebourg situe Zemmour à l'extrême droite au regard de son organicisme et de sa précampagne de type national-populiste ; il estime que « sa conception d’un nationalisme ethnique et son libéralisme font songer au Club de l'horloge », et qu'il « évoque d’ailleurs le plus célèbre des « horlogers », Bruno Mégret, lorsqu’il était numéro 2 du FN dans les années 1990 »185. En mars 2022, Lebourg situe également Zemmour au sein de l'illibéralisme pour son rejet de la limitation de l'action de l'État français par des instances telles que le Conseil constitutionnel ou la Cour de justice européenne186.

Jean-Yves Camus, politologue et co-directeur de l’Observatoire des radicalités politiques, range le positionnement de Zemmour dans la « droite hors les murs », une droite identitaire « formée de gens qui ne se retrouvaient plus ni dans LR […] ni dans le RN ». Le politologue estime que Zemmour ne peut pas être considéré comme un homme d’extrême droite, dans le sens où il n’est pas lié « aux expériences fascistes, nazies, à la collaboration » et n'est pas fasciste. Camus estime qu'une différence notable entre Marine Le Pen et Zemmour est que ce dernier manifesterait un pessimisme et une absence d'espoir que n'aurait pas la dirigeante du RN187,188,189. Pour lui, le rêve de Zemmour d'unir droite classique et extrême droite en se disant l'héritier du RPR des années 1980 qui faisait des alliances avec le FN, a évolué « vers des rivages bien plus radicaux que le RPR des années 80 », en devenant presque « contre-révolutionnaire » avec « une ethnicisation des termes, du débat » en reprenant la thèse du « grand remplacement ». L'avalisation de cette thèse implique selon Jean-Yves Camus non seulement un arrêt de l'immigration, mais à terme une « remigration »190. Le politologue Gaël Brustier et les journalistes Ariane Chemin et Olivier Faye classent également Zemmour dans la « droite hors les murs », une droite comprenant notamment Philippe de Villiers et Patrick Buisson, et qui, selon Brustier, voulait peser lors de la présidentielle de 2017 à la fois sur le programme des Républicains et du Front national191,192Laurent de Boissieu estime que, Marion Maréchal s'étant retirée de la vie politique, Zemmour représente la meilleure synthèse propre à la « droite hors les murs » : un protectionnisme économique aux frontières comme le voudrait le RN, un « libéralisme intérieur » comme présenté par le programme de François Fillon (LR) en 2017, un refus de la sortie de l'UE, et un conservatismetypique de La Manif pour tous193. Selon Laurent de Boissieu, la « droite hors les murs » est surtout une « extrême droite hors les murs » du RN, le « paradoxe » d'Éric Zemmour étant que, sur l'identité et l'immigration, « ses idées sont plus extrémistes que celles de Marine Le Pen : lutte contre l’islam et pas uniquement contre l’islamisme, appropriation des concepts de l’extrême droite « identitaire » (« grand remplacement », « remigration ») »193,194.

D'après le politologue et historien des idées Stéphane François, Zemmour, à l'origine conservateur et souverainiste, radicalise son discours qui devient ouvertement raciste à partir de la sortie de son livre Le Suicide français en 2015. Pour lui, le discours anti-immigration de Zemmour lui ouvre les portes de l'extrême droite, et notamment de la Nouvelle droite, prenant pour exemple une séance de dédicaces donnée par Zemmour à La Nouvelle librairie de François Bousquet ; ou plusieurs de ses entretiens pour la revue Éléments. Selon François, les condamnations de Zemmour pour incitation à la haine raciale lui valent également les sympathies de l'extrême droite la plus radicale186.

D'après Politico, Zemmour, « essayiste d'extrême droite », estime que tout va au plus mal « à cause de l'immigration, du pouvoir excessif des femmes, des gays, de Bruxelles, de la finance internationale et des trahisons d'une élite politique corrompue, vaniteuse et stupide ». Politico le compare àNigel Farage plutôt qu'à Donald Trump dans la mesure où Politico suppose que Zemmour souhaite bousculer l’échiquier politique français « en détruisant une Le Pen déjà déclinante pour ouvrir un espace à un nouveau mouvement capable de gagner en 2027, réunissant l'extrême droite et la frange la plus dure de la droite traditionnelle ». Pour Politico, le « zemmourisme » est donc politiquement malhonnête et dangereux de ce fait, Marion Maréchal pouvant également prendre la tête de ce mouvement « bien qu'elle ait le handicap, selon la vision du monde de Zemmour, d'être une femme »195.

Prises de position

Révolution et institutions

En 2019, lors de la « convention de la droite » initiée par Marion Maréchal, Éric Zemmour se positionne, selon le journaliste Hadrien Mathoux deMarianne, dans une « diatribe anti-républicaine », dans la pensée des contre-révolutionnaires français, dénonçant la philosophie des Lumières et le « mal progressiste » qui serait né en 1789196. Le polémiste relie la Révolution française à l’individualisme néolibéral contemporain et appelle à défendre les particularismes français. « Corollaire de ce positionnement traditionnel à l'extrême-droite, Zemmour condamne l'universalisme », qui comprend d'après lui deux universalismes rivaux, le marchand et l'islamique. Il s'oppose aux institutions de la démocratie libérale qu'il accuse de dissocier les élites du peuple, dont la volonté serait délaissée au profit de « l'idéologie diversitaire », dont les médias, « le cinéma, la publicité, sans oublier les chiens de garde d'Internet » qu'il décrit comme « un appareil de propagande » oubliant selon Mathoux sa présence sur les chaines de télévision depuis dix ans. Éric Zemmour critique les juges, selon lui « complices des associations à qui ils servent de bras armé pour racketter lesdissidents et la majorité autrefois silencieuse, aujourd'hui tétanisée ». Pour Mathoux, « il appelle explicitement à rompre avec l’État de droit, qualifié de moyen “d'entraver la volonté populaire” »196. Il emploie un lexique anti-moderne spécifiquement heideggerien : « la droite la première a compris, a senti, a dénoncé l’arraisonnement de la nature par la technique197 » et « déconstruit les déconstructeurs », concept heideggerien (Abbau), repris parGérard Granel et Jacques Derrida198.

« Grand remplacement », immigration, islam

D'après le journal espagnol El Confidencial, Éric Zemmour « a construit sa carrière médiatique sur un discours raciste, inspiré de la théorie du complot du grand remplacement de l’idéologue Renaud Camus et de son ouvrage Le Grand Remplacement »199. Pour Sylvie Laurent et Thierry Leclère, Zemmour défend une rhétorique qui présente le « petit blanc » en situation d'abandon face à des musulmans « menaçants ». Pour Pierre Tevanian, il puise son inspiration dans « une forme exacerbée du mal-être blanc » qu'est le racisme au côté de personnalités comme Marine Le Penet Alain Finkielkraut200. Selon Mediapart en 2015, Zemmour veut que la France se défende du « grand remplacement » en expulsant les musulmans du territoire, ce que le journal considère comme n’étant « pas une opinion dont il faudrait débattre mais une idéologie potentiellement meurtrière qui renoue avec les pires aveuglements de la catastrophe européenne »201Laurent de Boissieu, soulignant que Marine Le Pen considère que l’islamn'est pas incompatible avec la République alors que Zemmour a déclaré que les musulmans devaient choisir « entre l’islam et la France », classe la présidente du Rassemblement national dans les « nationalistes », qui exigent une assimilation des étrangers à la culture française, et Éric Zemmour dans les « identitaires », les « racialistes » qui luttent contre le « grand remplacement »193.

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L'écrivain Renaud Camus, théoricien du « grand remplacement » et soutien de Zemmour.

En décembre 2014, un entretien de Zemmour dans le journal italien le Corriere della Sera du 30 octobre 2014202 est traduit et relayé par Jean-Luc Mélenchon sur son blog, créant une polémique203. Dans cet entretien où Zemmour qualifie les musulmans français de « peuple dans le peuple », quand le journal lui demande s'il suggère de « déporter cinq millions de musulmans français », il répond que « c'est irréaliste mais [que] l'histoire est surprenante »202. Leministre de l'IntérieurBernard Cazeneuve, dénonce les propos et « appelle tous les républicains à réagir »204, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale Bruno Le Roux demande son éviction des plateaux télévisés205, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll avance que l'essayiste est un « danger » qu'il faut « combattre »206, la Société des journalistes de RTL se « désolidarise »207, la Société des journalistes d'I-Téléréclame un « geste fort » de la direction208 qui met fin à l'émission Ça se dispute209. Une décision qui selon Le Point« jette l'opprobre » sur cette télévision210. Des associations portent plainte contre lui pour « apologie de crime contre l'humanité et incitation à la haine raciale »211. Sa condamnation, prononcée fin 2015 et confirmée par la cour d'appel en 2016, est annulée en janvier 2018 par la Cour de cassation. Le terme « déporter », comme le précise par la suite Stefano Montefiori le journaliste italien du Corriere della Serra, est issu d'une reformulation des notes et n'a pas été prononcé par Éric Zemmour212,213.

En avril 2016, Zemmour écrit dans sa chronique hebdomadaire pour Le Figaro Magazine que les Halles de Paris sont un lieu où l'on « sent le mieux, physiquement, la disparition d'un peuple français […] tandis que, venant de banlieue, au terme d'un long périple depuis le fin fond de l'Afrique, un peuple arabo-musulman s'est substitué aux anciens habitants »214. En novembre 2016, L'Obs estime que l'« idéologie raciste » du « grand remplacement » a fait son entrée dans les médias traditionnels « grâce au duo de journalistes du Figaro Ivan Rioufolet Éric Zemmour ». Ce dernier utilise l'expression à la télévision sur I-Télé face à Nicolas Domenach, déclarant par exemple : « Dans tous les endroits où j’ai grandi (à DrancyMontreuilStains18e arrondissement de Paris), le grand remplacement a opéré. C’est la réalité qui gagne. Dans tous les endroits où j’ai grandi, ils nous ont remplacés »215.

En septembre 2019, lors de la Convention de la droite, un rassemblement organisé par des proches de Marion Maréchal, Zemmour cite Renaud Camus, parle d'une « islamisation » de la France et déclare qu’« entre vivre (et vivre) ensemble, il faut choisir »216. Il affirme que tous les problèmes de la France et de l'Europe sont aggravés par l'immigration et par l'islam, qu'une guerre ethnico-religieuse déchire la France — gangrenée par les « indigénistes », décidés à mener une « guerre d'extermination de l'homme blanc hétérosexuel catholique » — et que « nos progressistes si brillants […] nous ont ramenés à la guerre des races et à la guerre des religions » en considérant « que les hommes sont des êtres indifférenciés, interchangeables, sans sexe ni racines »196,217. Le polémiste pose la question : « Les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ? Si oui, ils méritent leur colonisation ; sinon, ils devront se battre pour leur libération »218.

L’historien Gérard Noiriel y voit une incitation implicite à la guerre civile218. Selon Marianne, il ne fait aucune distinction entre islamisme et islam, entrefondamentalistes et paisibles pratiquants : tous sont décrits comme des « colonisateurs », qui viendraient en France en y amenant leur histoire, leurs mœurs, et leurs lois islamiques, « qu'ils imposent de gré ou de force aux Français de souche qui doivent se soumettre […] ou fuir »196. Enoctobre 2019, après des actes et propos islamophobes en France, TSA Algérie affirme que Zemmour « sillonne les plateaux de télévision pour déverser sa haine de l’islam et des musulmans ». Le New Statesman estime qu'il « alimente un conflit identitaire en France » et note que la presse française a indiqué que l'homme ayant attaqué une mosquée à Bayonne en 2019 admirait Zemmour199,219. En novembre 2019, France Culturediffuse — dans le cadre d'émissions consacrées aux « mécaniques du complotisme » — le chapitre 4 du « grand remplacement, un virus français » intitulé « la décennie Zemmour »220.

En août 2021, Zemmour aborde à nouveau le sujet du « grand remplacement » dans Nice-Matin, déclarant : « Il y a un processus de remplacement de la population à partir du moment où il y a trop d’immigrés qui ne s’assimilent plus. C'est inévitable ». Il propose de stopper tous les flux migratoires, légaux et clandestinsréfugiés politiquesregroupement familial, étudiants étrangers, etc. Lorsque le journaliste rappelle à Zemmour que ce dernier est lui-même « issu du sud de la Méditerranée », Zemmour se décrit alors comme un « Français de branche, un exemple éclatant du modèle françaisde l'assimilation »84.

France Info affirme que la formule « grand remplacement » s'accompagne de l'« idée complotiste selon laquelle les élites mondiales tentent d'organiser, via l'immigration, le remplacement de la population occidentale ». La chaîne de télévision d'information du groupe France Télévision relaie un extrait du livre La France n'a pas dit son dernier mot, publié par Zemmour en 2021 et dans lequel il déclare que les élites « n'ont pas hésité, au nom de la liberté individuelle, à favoriser encore et encore l'islamisation des pays occidentaux et en particulier de la France ». France Info relaie également un autre extrait dans lequel Zemmour écrit que « Le « grand remplacement » n'est ni un mythe ni un complot, mais un processus implacable »221.

Lors de sa campagne présidentielle, Zemmour fait évoluer son discours, en apparence selon Le Monde, déclarant qu'il entend être « le président des Français de confession musulmane » et qu'il « distingue l’islam et les musulmans ». Le Monde estime cependant qu'il « n’a pas varié d’un pouce »puisqu'« il leur demande de « renoncer à la pratique de l’islam », religion qu’il cible toujours comme « l’ennemi » » et qu'il juge, de longue date,« incompatible avec la France et la République », n’étant selon lui pas qu’une religion mais « une nation, une loi et une civilisation », « un code juridique et politique ». Selon Le Monde, le projet de Zemmour « revient à abroger le principe de laïcité tel qu’issu de la loi du 9 décembre 1905, qui prévoit la non-immixtion de l’Etat dans les affaires cultuelles et l’égalité entre les cultes ». Didier Leschi, ancien chef du bureau central des cultes, président de l'Institut européen en sciences des religions à l'École pratique des hautes études, estime que Zemmour cherche à faire accepter aux musulmans « un statut de sous-citoyens » et à produire « une sorte d'apartheid en fonction de la foi »222.

Déclarations sur les étrangers et les races

Le 13 novembre 2008, invité de l'émission Paris/Berlin sur Arte, Éric Zemmour fait des déclarations controversées en distinguant différentes races humaines. Il dit notamment à Rokhaya Diallo : « J'appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire. » Arte se désolidarise par la suite de ces propos223,224. En 2014, Zemmour parie que l'équipe d'Allemagne de football, à cause de sa « diversité », sera battue par le Brésil. Selon lui, « l'Allemagne, elle gagnait que quand il n’y avait que des dolichocéphales blonds. C'est comme ça. C'est peut-être le hasard », le terme « dolichocéphales » faisant référence aux théories racialistes du début du xxe siècle. Le pari de Zemmour fut perdu quand l'Allemagne a battu 7 à 1 le Brésil en demi-finale225,226.

Lors de l'émission On n'est pas couché du 4 octobre 2014 sur France 2, Aymeric Caron remet en cause une affirmation de Zemmour dans une chronique sur RTL en 2012 dans laquelle il affirmait : « Il y avait cinq millions d’étrangers en France et que leurs enfants de moins de quatre ans représentent sept millions. Douze millions… Ces chiffres sont passés inaperçus ». Éric Zemmour confirme alors sa déclaration en invoquant un rapport de l’Insee de 2012 sur l'immigration en France227. Il s'avère néanmoins que les déclarations d'Éric Zemmour à ce propos sont factuellement fausses228 : dans L'Obs, la politologue Catherine Wihtol de Wenden explique que Zemmour amalgame les termes « immigré » et « étranger » et rappelle les définitions du département des populations de l'Organisation des Nations unies entre les deux notions229. De son côté, le journalLibération, analyse les chiffres de l’Insee de 2012230 : 5,34 millions d’immigrés en France ; 2,17 millions d'immigrés ont acquis la nationalité française, soit 3,17 millions d'immigrés n'ayant pas la nationalité française ; 0,55 million d’étrangers nés en France et n’ayant pas, ou pas encore, opté pour la nationalité française ; il y aurait donc 3,72 millions d'étrangers en France et non douze millions comme annoncés par Zemmour227.

Le 13 octobre 2014, invité sur BFM TV, Éric Zemmour déclare : « un tiers des mariages sont avec des étrangers qui deviennent français — 90 000 sur 270 000 si mes chiffres sont exacts ». Selon Libération, 28,5 % des mariages sont mixtes : les affirmations de Zemmour, bien qu’imprécises, sont proches de la réalité ; le journal souligne toutefois que la totalité des mariages avec des étrangers (80 000) n’implique pas automatiquement que les étrangers concernés deviennent français comme le suggère Zemmour, tous n’effectuant pas les démarches nécessaires pour avoir la nationalité231.

Dans l'émission On est en direct du 11 septembre 2021 sur France 2, Éric Zemmour déclare que ni Mohammed Merah, enterré en Algérie, ni les enfants juifs qu'il a assassinés à Toulouse, enterrés en Israël, « n'appartenaient […] à la France ». Zemmour reprend ainsi son ouvrage La France n'a pas dit son dernier mot, où il affirme que « les anthropologues nous ont enseigné qu’on était du pays où on est enterré ». En réaction, Xavier Bertrand, candidat à l'élection présidentielle, qualifie Éric Zemmour de « grand diviseur » aux « propos monstrueux » et le CRIF note que Mme Halimiavait demandé que son fils soit enterré en Israël alors qu'elle n'avait pas de lien avec ce pays mais souhaitait que la sépulture de son fils ne puisse être souillée232,233. Le polémiste s’est depuis excusé auprès de Samuel Sandler, père et grand-père de trois autres victimes toulousaines, dont la famille est enterrée depuis le xviiie siècle au cimetière israélite de Wissembourg (Bas-Rhin), précédemment profané2,234,235,236.

Selon Stéphane François, Zemmour soutient la thèse de l'existence des races humaines à partir de 2009, « en particulier celle d’une continuité ethnique des populations européennes »186.

Francisation des prénoms à la naissance

Le 10 janvier 2009, dans le Figaro Magazine, Zemmour s'interroge sur l'« exaltation identitaire » réduisant « à rien le sentiment d'appartenance française ». Il situe le début de cette tendance dans les années 1980, avec le choix des prénoms des enfants, chacun cherchant « ses racines » ou se projetant dans une « modernité » anglo-saxonne. Il met en exergue le cas de Rachida Datiministre de la Justice, qui a prénommé sa fille, Zohra237.

Le 31 mai 2016, dans une chronique sur RTL, Zemmour soutient la proposition faite par Robert Ménard de réformer l'état civil pour obliger à « franciser les prénoms » à la naissance. Zemmour affirme : « Depuis que la République existe, elle a imposé des prénoms tirés du calendrier des saints. Les révolutionnaires votèrent la première loi dans ce sens en l'an XI. Elle fut confirmée par une loi de 1965, sous Charles de Gaulle, et, en 1972, sous Georges Pompidou ». Les Décodeurs du Monde indiquent qu'Éric Zemmour « déform[e] les lois auxquelles il fait référence » : « Les lois de 1965 et 1972 auxquelles l'essayiste fait référence ne portent pas sur les prénoms de naissance, mais donnent la possibilité, dans différents cas, à des personnes qui acquièrent la nationalité française de faire “franciser leur prénom” si elles le souhaitent » ; en outre, « l'article 1er de la loi du 11 germinal de l'an XI (1er avril 1803) relative aux prénoms et changements de noms ne parle pas du “calendrier des saints”, mais dit que les prénoms acceptés à l'état civil seront “les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l'histoire ancienne” » ; enfin, la circulaire de 1966 précise qu'elle tolère les prénoms étrangers, et préconise « l'admission des prénoms coraniques pour les enfants de Français musulmans », tout en conseillant d'adjoindre un prénom français pour « permettre ultérieurement une meilleure assimilation »238.

En septembre 2018, Éric Zemmour a un vif échange avec Hapsatou Sy sur le plateau de l’émission Les Terriens du dimanche !, présenté par Thierry Ardisson. Il déclare à la chroniqueuse que sa mère aurait pu l'appeler Corinne, dans une argumentation défendant l'idée que les prénoms donnés aux enfants doivent être issus du calendrier des saints239. La scène est coupée au montage par la production qui craint des sanctions judiciaires, mais Hapsatou Sy fait diffuser la scène240. En novembre de la même année, le mensuel L'Histoire rappelle à son tour que, même si « Zemmour croit dur comme fer » le contraire, la loi d'avril 1803 votée sous le Consulat n'impose nullement de choisir parmi les saints catholiques et que c'est au contraire la possibilité de recourir notamment à des noms de « personnages connus de l'histoire ancienne » qui permet par exemple à l'homme d'ÉtatLazare Carnot de prénommer son fils « Sadi », du nom du poète persan homonyme241.

Propos sur les femmes

Tout au long de son activité d'essayiste et de journaliste, Éric Zemmour tient des propos sur les femmes — France Inter en recueille plusieurs dizaines — qui lui valent d'être largement qualifié de sexiste et de misogyne242,243,244,245. Il en ressort, selon France Inter, « une obsession des femmes », celles-ci étant ramenées à des « machines à castrer » ou à des proies243,244. Selon l'universitaire Mickaël Studnicki, Éric Zemmour est, depuis le début des années 2000 avec Alain Soral, l'un des deux « hérauts du masculinisme », en particulier à la télévision246.

Dans Le Premier Sexe (2006) puis dans Le Suicide français (2014), il développe l'idée d'une « féminisation de la société44 » qui aurait entraîné non seulement le déclin du pouvoir masculin et ses corollaires, dont l'impuissance sexuelle247, la perte de l'identité de l'homme, selon lui associée à l’agressivité, à la force physique et à la violence248, mais aussi le « déclin national » et une crise de la masculinité, ce qui est propre à « l’imaginaire du camp nationaliste » selon Mickaël Studnicki246. Il considère notamment que les relations entre les hommes et les femmes ont connu un basculement en France lors de la Première puis de la Seconde Guerre mondiale, qui ont fragilisé les hommes dans leur rapport à la guerre alors qu'ils en tiraient jusqu'alors leur « légitimité »243,244. Selon le sociologue Daniel Welzer-Lang, il serait opposé à l'égalité entre hommes et femmes, qu'il déconsidère en généralisant quelques exemples249. Il perçoit les féministes comme des castratrices « qui auraient châtré les hommes »246.

Éric Zemmour soutient notamment que les femmes et le pouvoir ne vont pas de pair : selon lui, beaucoup d'entre elles n'atteignent le pouvoir que grâce à leurs relations avec des hommes243. Il déclare par exemple : « comment les femmes sont-elles entrées à l'Assemblée nationale et au Sénat ? Par des lois de parité qui ont obligé les gens à les mettre sur des listes. Et je ne vous dirai pas comment on les a mises là… On a mis les amies, les femmes, les maîtresses, etc. »250. Le journaliste Éric Delvaux de France Inter conclut : « Selon Zemmour, si les femmes font de la politique aujourd’hui, c’est donc parce qu’elles ont couché avec des hommes »251.

Zemmour, qui a autrefois déclaré « Je n'ai jamais rencontré une femme plus intelligente que moi »252 a aussi été mis en cause pour ses propos sur l'intelligence des femmes, notamment pour avoir déclaré « les femmes ont une forme d'intelligence différente de celle des hommes. Je suis désolé de le dire. Et les grands génies sont hommes »253. Interrogé sur la sous-représentation des femmes dans les filières d'excellence, Zemmour répond que des études démontrent que déjà dans l'utérus, pendant la gestation, des « bombardements d'hormones » différencient les bébés filles et garçons, et que dans les classes préparatoires la concurrence est exacerbée, « c'est la guerre » dit-il, et que les filles n'ont pas envie de faire la guerre. La réponse est jugée « ultra-sexiste » par Les Inrocks254.

Dans La France n'a pas dit son dernier mot (2021), Éric Zemmour prend la défense de Dominique Strauss-Kahn et Tariq Ramadan s'agissant de leurs accusations de viol. Concernant l'affaire Dominique Strauss-Kahn, il interprète la présentation de l'intéressé devant les caméras, menottes derrière le dos entre deux policiers, comme « un renversement de mille ans de culture royale et patriarcale française », « une castration de tous les hommes français. Le séducteur est devenu un violeur, le conquérant un coupable. ‘L’homme à femmes’ était loué pour sa force protectrice, il est enfermé et vitupéré pour sa violence intempérante ». Par ailleurs, il reconnaît ne rien savoir de l'affaire Tariq Ramadan, mais « demeure convaincu qu’il est tombé dans un piège » : « Les jeunes femmes qui l’accusent expliquent qu’elles ne peuvent se détacher de lui, que son aura les fascine, que son intelligence les ensorcelle, qu’il en profite pour les manipuler à sa guise243,244. »

Zemmour se défend de tout sexisme, prétendant au contraire être « le plus grand défenseur des femmes »255. Dans La France n'a pas dit son dernier mot, il assume ses positions et assure être celui « qui défend » les femmes face à l’islam256Le Monde considère que « la vision des femmes de l’ancien chroniqueur du Figaro est décisive, parce qu’elle entretient un lien étroit avec sa hantise de l’immigration et une angoisse intime de la sexualité », au regard de ses propos qui établissent un lien entre ces thématiques244. L'universitaire Philippe Corcuff souligne également« l'imbrication du racisme, du sexisme et de l'homophobie » dans le discours d'Éric Zemmour, comme chez celui d'Alain Soral, considérant les deux hommes comme « deux variantes de l'ultraconservatisme idéologique à la française »257.

Durant sa campagne présidentielle, il cherche à occulter ou minimiser ses déclarations passées alors que les sondages révèlent qu'il connaît l'écart le plus grand entre les opinions des femmes et des hommes pour tous les candidats testés244,243. S'il se déclare « féministe comme tout le monde », « [si cela signifie] l’égalité entre les hommes et les femmes », il considère que celle-ci existerait déjà258. En contre-offensive est lancé au printemps 2021 le collectif « Les femmes avec Zemmour », essentiellement actif en ligne256,258,259. Cependant, selon Mediapart, les femmes sont largement minoritaires dans l'entourage d'Éric Zemmour et l'encadrement de sa campagne258.

Juifs français sous Vichy

Éric Zemmour a tenu dans des émissions audiovisuelles et dans ses ouvrages comme Le Suicide français des propos relativisant le rôle de Pétain et du régime de Vichy dans la déportation des Juifs de France et la Shoah en France, prétendant par exemple que « Vichy a protégé les Juifs français et donné les Juifs étrangers » le 26 septembre 2021 dans Le Grand Rendez-vous sur Europe 1260. Ces affirmations, contraires au consensus scientifique selon plusieurs historiens261,262,263, lui valent d'être poursuivi pour contestation de crime contre l'humanité. Il est relaxé en première instance avant que le parquet général ne demande à la cour d'appel de Paris d'infirmer ce jugement264.

Dans son livre Le Suicide français, Éric Zemmour conteste une « doxa du souverain pontife » Robert Paxton265. Il s'appuie sur le livre publié en 2012 de l'historien Alain Michel Vichy et la Shoah : enquête sur le paradoxe français266, et défend la thèse d'après laquelle le régime de Vichy aurait conclu « un pacte avec le diable »267 : « sacrifier les juifs étrangers pour sauver les juifs français »268. Cela aurait permis, selon lui, de sauver les français juifs « à quatre-vingt-quinze pour cent »269.

Tout en estimant que « Zemmour parle comme le polémiste qu'il est », Alain Michel reconnaît qu'il « respecte globalement l'approche qui est faite dans mon livre »270. Il interviendra en défense dans le procès intenté à Zemmour à ce propos271. Alain Michel dit que pour critiquer Robert Paxton, Zemmour n'a pas trahi l'esprit de son ouvrage. Il dénonce en France une « doxa paxtonienne », allant jusqu'à dire que « certains chercheurs ont arrêté de travailler sur le sujet, car le poids de cette doxa les empêchait de travailler librement », et que Paxton aurait commis « une série d'erreurs stupéfiantes » dans l'interview qu'il a donnée à Rue89266. Cependant, Alain Michel réfute que l'on puisse porter ce résultat au crédit « de Pétain » mais à celui du gouvernement de Vichy conduit par Pierre Laval ; car, selon lui, si Pétain était antisémite, Laval était xénophobe mais pas particulièrement antisémite. Par ailleurs, Alain Michel corrige le chiffre de 95 % de juifs français « sauvés » énoncé par Éric Zemmour en indiquant que son estimation est de l'ordre de 90 à 92 %270,272.

Pour l'historien Robert Paxton, Michel ne mérite aucun crédit : « Alain Michel n’est pas un historien sérieux : on ne peut pas écrire ce qu’il a écrit si on a lu les textes de Vichy et les ouvrages récents sur l’application de ces textes », « l'argument de Zemmour est vide »266,273, tandis que des universitaires et chercheurs spécialisés dans l'étude de cette période comme André KaspiLaurent Joly274 ou encore Denis Peschanski expliquent que les assertions de Zemmour sont réductrices et fausses, et reprennent une thèse incongrue traditionnelle pour tenter de réhabiliter Pétain, alors que le sauvetage des Juifs qui l'ont été est pour eux à mettre au crédit de la population française.

Pour Joly, « Zemmour reprend un argument des défenseurs de Vichy ». Selon Peschanski, la thèse de Zemmour « correspond à un mouvement culturel très réactionnaire qui passe par la réappropriation d'un discours pétainiste — travail, famille, patrie — et la dénonciation de ceux qui sont considérés comme responsables de la crise », c'est-à-dire les « immigrés pour Zemmour » comme l'étaient avant-guerre « les Juifs, les communistes, les étrangers et les francs-maçons »275. Ce point de vue est également celui de l'historien Serge Berstein qui rappelle qu'en histoire, une « doxa » ayant pour base des éléments factuels dûment contrôlés sur lesquels s'accordent les historiens au-delà de leurs débats n'a rien de commun avec l'argument d'autorité, lui-même dépourvu de toute valeur276.

Laurent Joly estime que « si l’on réécrit l’histoire de la déportation des juifs, en ressortant les vieux arguments [du glaive et du bouclier], on habituera les électeurs à l’idée que, dans les situations d’exception, la raison d'État justifie de sacrifier certains droits, voire certaines parties de la population, pour sauver la France ». Joly estime ainsi que le projet politique de Zemmour lors de l'élection présidentielle française de 2022 « d’expulser 2 millions d’immigrés ou de suspendre certaines libertés publiques exige des mesures qui n’ont pas été prises… depuis Vichy. Justifier Vichy, c’est justifier qu’on puisse les mettre à nouveau en œuvre. Non plus contre les juifs, mais contre les musulmans »277.

Peine de mort

En septembre 2021, Éric Zemmour déclare : « Je ne pense pas qu’on ait bien fait d’abolir la peine de mort. Philosophiquement, j’y suis favorable »278.

Relations internationales

Lors de la campagne présidentielle de 2022, l'historien Nicolas Lebourg relève chez Éric Zemmour « un rejet des États-Unis et de l’Allemagne de longue date, qui témoigne d’ailleurs d’une position originale quand il était encore considéré comme de “droite conservatrice” ». Il mentionne également son évocation, dans ses livres, d’Angela Merkel comme d’un « gauleiter américain », ainsi que sa dénonciation de « l’impérialisme » de l’OTAN, auquel la Russie aurait raison de résister. Il en tire l'analyse suivante : « Peut-être y a-t-il une volonté de se présenter d’une belle manière à la puissance russe, mais, manifestement, cela correspond à une vraie représentation des relations internationales, à refonder complètement. Chez lui, la question est comme toujours structurée par le thème du « grand remplacement ». Il a cette phrase dans un livre de 2016, à propos de l’accueil des réfugiés par l’Allemagne : « En un siècle, par trois fois, les Allemands auront ainsi contribué de manière décisive au suicide européen : 1914, 1939, 2015. » Pour lui, l’histoire et l’espace international sont conditionnés par la concurrence biologique des masses, et le reste en découle279. »

À plusieurs reprises, il déclare que Vladimir Poutine est un « patriote russe admirable », qui mène une « grande politique étrangère »280. Il affirme notamment qu'il « rêve d’un Poutine Français » et qualifie le dirigeant russe de « dernier résistant à l’ouragan politiquement correct qui, parti d’Amérique, détruit toutes les structures traditionnelles, famille, religion, patrie »281. S'il estime que la dislocation de l'URSS a « permis aux anciens captifs des tsarsUkrainiensGéorgiens, etc., de recouvrer une liberté fragile », Zemmour soutient que la révolution orange de 2004 en Ukraine est un « coup d’État pro-occidental » et un complot organisé par Wall Street au bénéfice de l'OTAN282. Lors de la révolution ukrainienne de 2014, il affirme que « l’Ukraine n’existe pas » en raison de sa division entre l'Ouest paysan, catholique et occidentalisé, et l'Est ouvrier, orthodoxe et traditionnel282. Considérant alors que « l’Ukraine et la Russie ne peuvent pas vivre l’une sans l’autre, et encore moins l’une contre l’autre », il soutient la nécessité d’une entente européenne de l’Atlantique à l’Oural, afin d’intégrer la Russie au jeu européen282. Il affirme en 2015 que « la chimère d’une Ukraine unifiée […] a vécu »282. Dans La France n'a pas dit son dernier mot, il dénonce l'OTAN et estime que « le dernier pays d’Europe à résister à cet impérialisme » est la Russie282, et que celle-ci constitue pour lui « l'allié le plus fiable, plus que les Américains, plus que les Allemands, plus que les Anglais »283.

En 2022, il condamne l'invasion de l'Ukraine par la Russie280, après avoir déclaré qu'il ne croyait pas en la possibilité d'une telle invasion, qu'il qualifiait de « propagande US »283. Il considère cependant que la montée des tensions, bien qu’incombant à la Russie, est « aussi le résultat de la politique menée par les Occidentaux et l’OTAN, qui n’ont cessé d’ignorer les préoccupations sécuritaires légitimes de la Russie »280,284. Il s’oppose aux sanctions contre la Russie et à la livraison d’armes aux Ukrainiens, propose la sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN, ainsi que « la négociation d’un traité consacrant la fin de l’expansion » de l’OTAN, en échange du retrait des troupes russes284,285. Contrairement à la plupart des candidats à l'élection présidentielle, il se montre, dans un premier temps, défavorable à l’accueil de réfugiés ukrainiens et indique privilégier un soutien à la Pologne en ce sens286,287, ce qui lui vaut des attaques de LR et du RN comme étant « idéologue » et « inhumain »288. Il revient finalement sur ses propos lors de son meeting à Toulon, déclarant : « pour ceux des Ukrainiens qui préfèrent venir en France, par exemple parce qu’ils y ont des attaches, parce qu’ils y ont de la famille, parce qu’ils sont francophones, alors il faut les accueillir le temps que les bombardements cessent et [...] uniquement dans les communes qui ont les moyens de les accueillir et la volonté de les recevoir dignement »289.

Selon Mediapart, les relations internationales de Zemmour sont « en grande partie d'abord » celles de Marion Maréchal. Lors de sa campagne présidentielle, Zemmour rencontre avec cette dernière Viktor Orbán et s'entretient par téléphone avec Donald Trump grâce aux liens anciens qu'elle avait noués avec l’alt-right américaine (Steve Bannon au premier chef)290.

En mars 2022, la presse révèle que, dès 2015, Zemmour est identifié par les autorités russes comme un relai d'influence en Europe. Repéré par le lobbyiste et consultant Emmanuel Goût, il est alors invité par l'oligarque Vladimir Iakounine, proche de Poutine, chargé de créer un réseau pro-Kremlin en Europe pour façonner l'opinion de la société civile, à la suite de l'annexion de la Crimée, perçue défavorablement. Depuis plusieurs années, « Éric Zemmour prend la défense de Poutine dans ses édito du Figaro Magazine ». Iakounine, ancien agent du KGB, notamment pour lerenseignement extérieur, est alors placé sous sanctions internationales. Après une interview avec Zemmour, il se félicite d'avoir trouvé « une personnalité politique influente » dont la Russie « a tant besoin » et garde des liens avec lui. Zemmour, sur son invitation, participe au colloque d'un think-tank à Saint-Petersbourg en janvier 2016, il y tient une conférence pour l'ONG de Iakounine puis donne une interview pour Rossiya 24. Interrogé par le JDD, Zemmour affirme ne pas connaître le nom de Iakounine. Zemmour est ensuite invité au forum Dialogue des civilisations àRhodes, en Grèce, l'un des principaux outils d'influence du Kremlin auprès des décideurs européens. En 2017, le nom de Zemmour revient régulièrement dans des échanges entre Goût et l'administration présidentielle russe pour une opération secrète et une tribune contre le flux migratoire. En 2019, il est invité par l'ambassade de Russie en France à rencontrer Sergueï Lavrovministre des Affaires étrangères291.

Propositions dans le cadre de sa campagne électorale

Immigration

Éric Zemmour fait campagne sur un projet « d’immigration zéro » : il entend limiter le flux d'étudiants étrangers à « quelques milliers » par année et« réduire le droit d’asile à quelques dizaines ou centaines de cas ». Évoquant « 14 % de gens qui viennent travailler », il est partisan de maintenir ce flux292. Selon LCI, les propositions de Zemmour concernant l'immigration recoupent en grande partie celles de Marine Le Pen (fin du regroupement familial, fin du droit du sol). Le média relève également une mesure qui figurait dans le programme de François Fillon en 2017, à savoir l'expulsion des 25 % d'étrangers purgeant leur peine dans les prisons françaises en forçant leurs pays d'origine à les ré-accueillir sur leurs territoires, et en les menaçant en cas de refus de « supprimer les aides au développement » et de ne plus accorder de visas à leurs ressortissants293.

Politique économique

À partir d’octobre 2021, Éric Zemmour présente un projet économique présentant des similitudes avec celui de François Fillon, candidat des Républicains à l’élection présidentielle de 2017293.

Lors du salon du « made in France » de novembre 2021, il prône la réindustrialisation de la France et un rééquilibrage de la balance commerciale294. Pour augmenter la compétitivité des entreprises françaises, il se prononce pour une baisse massive des impôts de production et de l’impôt sur les sociétés, et pour la suppression des droits des successions pour la transmission d’entreprise295,296. Afin de renforcer la souveraineté économique de la France, il propose d’augmenter la taxation des produits issus de l’importation extracommunautaire (dont la Chine) et appelle à la création d’un grand ministère de l’Industrie veillant notamment à orienter la commande publique vers les entreprises françaises295. Il est opposé au retour de l’ISF295.

Il déclare vouloir libérer les entrepreneurs, agriculteurs et indépendants de l’« enfer bureaucratique »297. Il propose de créer un haut-commissariatchargé de la simplification administrative, qui serait selon lui une « première étape indispensable pour redonner de l’oxygène à nos entreprises »297.

Selon le chercheur Gilles Ivaldi, 43 % de ses mesures économiques « sont orientées à droite, soit plus du double de Marine Le Pen » : « Cet ancrage libéral est visible dans ses propositions d’allègement de l’IFI et des droits de succession, de retraite à 64 ans, de défiscalisation des heures supplémentaires, de réorientation des fonds destinés à la politique de la ville, de suspension des allocations familiales pour les parents d’élèves « perturbateurs » ou « absentéistes », de suppression de la loi SRU ou de « lutte contre la bureaucratie » »298. Cependant, Gilles Ivaldi indique qu'« on reste loin toutefois avec Éric Zemmour d’un positionnement économique libéral tel qu’incarné notamment par Jean-Marie Le Pen au détour des années 1980, à un moment où la droite française dans son ensemble était, il faut le rappeler, tombée sous le charme de la révolutionreaganienne aux États-Unis »298.

Dans Mediapart, Romaric Godin souligne l'« influence du néolibéralisme historique » sur ses propositions et le présente comme « un représentant de [la] mouvance fascisante au sein du néolibéralisme » qui « prend de plus en plus d’importance dans le monde depuis ces dernières années », à l'instar de Donald Trump ou des extrêmes droites italienne et allemande299. Alors que Marine Le Pen juge son projet économique « marqué par unultralibéralisme », le ministre Gérald Darmanin le qualifie de « marxiste »300,301.

Travail

En novembre 2021, Éric Zemmour annonce vouloir abaisser la CSG sur les bas salaires pour revaloriser les rémunérations nettes. Il prétend ainsi donner « l’équivalent d’un treizième mois pour les travailleurs au SMIC ». Il déclare que « notre protection sociale obèse a été dévoyée et ouverte aux quatre vents », et se donne pour objectif de financer cette baisse de la CSG en luttant contre la fraude sociale et en mettant fin aux aides socialespour les étrangers extracommunautaires302. Ses déclarations sur l'Aide médicale d'État sont contestées par des associations de médecins303 et par des journaux comme L'Obs, dénonçant des « contre-vérités »304.

Il prévoit de « sécuriser le régime de retraite en repoussant l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans d’ici 2030 et en augmentant d’une année la durée de cotisation d’ici la fin du quinquennat », ce qui « doit permettre d’économiser près de 15 milliards d’euros en année pleine ». Zemmour prévoit ainsi « d’amorcer une réduction du déficit public dès 2023 » et de « repasser sous le seuil des 3% dès 2025 ». Il indique également vouloir tenir compte de la pénibilité de certains métiers298,295.

Éducation

Pour « relégitimer l'autorité et la discipline », Éric Zemmour propose en octobre 2021 de supprimer les allocations aux parents qui « ne sanctionnent pas leur enfant » perturbateur305. De plus, il souhaite le port de l'uniforme à l'école293.

Le 14 janvier 2022, lors d'une rencontre avec des professeurs dans l'Aisne, il propose que les enfants handicapés soient scolarisés dans des« établissements spécialisés sauf pour les gens légèrement handicapés évidemment », plutôt que dans les classes ordinaires avec les autres enfants, et dénonce « l'obsession de l'inclusion »306 ; face aux réactions négatives à cette proposition émanant de tout l'arc politique, il ajoute sur les réseaux sociaux vouloir « des solutions adaptées, personnalisés et souples »307. Le lendemain, dans la continuité des réactions, Zemmour et son équipe publient une vidéo s'adressant aux parents d'enfants handicapés. Dans cette dernière, le candidat de Reconquête dénonce « des propos détournés » et « un faux procès parce qu['il dit] la vérité et la vérité blesse les gens de pouvoir » puis maintient sa vision déclarant « oui, je refuse l'obsession égalitariste quand elle culpabilise les parents qui veulent pour leur(s) enfant(s) une scolarité adaptée (…) alors qu'ils font plus d'efforts et plus de sacrifices que tous les autres »308.

Audiovisuel public

Éric Zemmour indique en octobre 2021 qu’il souhaite supprimer la redevance audiovisuelle — une taxe finançant notamment les groupes publics deFrance Télévisions et de Radio France —, qu'il qualifie de « machine de propagande inouïe, au service d’une idéologie qui déteste la France »305. Même s'il a « vu sa notoriété grandir grâce à France 2 », il ajoute le 15 décembre qu'il souhaite privatiser, « en particulier France Inter et France Télévisions »309. Peu après, l'ex-président de la République François Hollande réagit en déclarant dans la presse que l'homme d'affaires Vincent Bolloré, déjà propriétaire de deux chaînes de télévisions, a « choisi Zemmour comme porte-parole de ses intérêts »310 tandis qu'un livre-enquête publié en janvier 2021 accuse Zemmour d'être soutenu par des milliardaires ayant pesé sur les trois dernières présidentielles311,312,313. La suppression de la redevance audiovisuelle découlerait ainsi de la privatisation.

Euro et Union européenne

Le programme souverainiste d’Éric Zemmour propose de « mettre fin à la surtransposition des règles européennes », de « faire primer toute nouvelle loi nationale sur le droit européen existant », et de « bloquer tout nouveau transfert de compétence et faire appliquer rigoureusement le principe de subsidiarité »298. Opposé à l’euro dans ses livres, Zemmour considère durant sa campagne présidentielle que si « l’entrée dans l’euro était une mauvaise idée, en sortir serait pire ». Il prône un maintien dans l’Union européenne tout en s’affranchissant de ses règles, suggérant de « faire des bras de fer » avec les institutions, et surtout de « faire ce qu’on a envie de faire quand on a envie de le faire ». Certains observateurs assimilent ce positionnement à une forme de « soft Frexit » ou à un « Frexit caché », à l'instar de celui de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon314,315.

Santé

Au sujet de la pandémie de Covid-19, Éric Zemmour s'oppose lors de sa campagne à plusieurs mesures prises par le gouvernement Castex telles que le passe vaccinal, mais il aborde peu le sujet, estimant que la pandémie est instrumentalisée par Emmanuel Macron et son gouvernement. Pour l'équipe de campagne de Zemmour, la pandémie n'est pas un sujet profond ou de long terme qui justifierait d'en faire un sujet central dans la campagne électorale. Zemmour préconise néanmoins de « devoir vivre avec le virus » et appelle les personnes âgées ou à risque à se faire vacciner316,317.

Afin de lutter face à la difficulté grandissante pour accéder aux soins le soir et le week-end, Éric Zemmour propose de réinstaurer l'obligation de garde des médecins généralistes, une proposition qu'il est le seul candidat à soutenir318.

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Éric Zemmour à la Comédie du Livre de Montpellier en 2010.

Le Groupe « L.R. »..Allons-y !..

Une candidate « propulsée » au premier rang..faute de..candidat ou candidat sérieux !

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Valérie Pécresse en 2022.

Vas-y ! on est tous derrière toi..disaient-ils..

Valérie Pécresse : 4,79%

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Valérie Pécresse Écouter, née Roux le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine, est une femme politique française.

Ancienne élève de HEC et de l'ENA, elle fut membre du Conseil d'État de 1992 à 2015.

Elle a également enseigné à l'Institut d'études politiques de Paris de 1992 à 1998 (maître de conférences en droit public).

Conseillère du président de la République Jacques Chirac de 1997 à 2002 puis députée de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) dans la deuxième circonscription des Yvelines en 2002. Elle est réélue en 2007, mais ne siège pas en raison de son entrée au premier gouvernement François Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à 2011, elle mène la réforme de l'autonomie des universités. Elle est ensuite ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État et porte-parole du troisième gouvernement François Fillon de 2011 à 2012.

En 2015, elle est élue présidente du conseil régional d'Île-de-France, succédant au socialiste Jean-Paul Huchon. En janvier 2016, elle abandonne son mandat de députée, qu'elle avait retrouvé en2012.

Elle fonde le mouvement Soyons libres en 2017 et quitte le parti Les Républicains (LR) en 2019.

Réélue en 2021 à la tête de la région Île-de-France, elle adhère à nouveau à LR et devient lacandidate du parti à l'élection présidentielle de 2022, l'emportant au second tour d'une primaire interne face à Éric Ciotti.

Le 7 mars 2022, elle est déclarée officiellement en lice pour la présidentielle. Le 10 avril, elle échoue au premier tour avec 4,79 % des suffrages exprimés, un score historiquement bas pour son parti.

Scolarité et études

Elle étudie à l'école privée Sainte-Marie de Neuilly7. À 15 ans, elle apprend le russe à Yalta, dans un camp d’été des jeunesses communistes3. Elle obtient son baccalauréat à 16 ans7,8. Elle étudie ensuite le japonais, qu'elle perfectionne à Tokyo en vendant des caméscopes et des liqueurs9.

Passée par les classes préparatoires économiques et commerciales au lycée privé Sainte-Genevièveà Versailles10, elle intègre l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC Paris), dont elle sort diplômée en 198811. Après avoir préparé le concours à l'université Paris-Dauphine12, elle intègre l'École nationale d'administration (ENA)1 ; elle sort classée 2e de la promotion Condorcet(1990-1992)13. En 1991, elle fait partie des élèves qui occupent un amphithéâtre de l'école pour protester contre la décision de transférer l'ENA à Strasbourg14. La même année, alors qu'elle effectue son stage de l'ENA à Moscou, elle rencontre un certain Sergueï Jirnov, un officier espion duKGB qui se fait passer pour un journaliste15,16.

Pendant sa scolarité à l’ENA, elle effectue aussi un stage ouvrier chez William Saurin17.

Elle intègre la promotion 2002 des Young Leaders de la French-American Foundation18,19.

Carrière au Conseil d'État

De 1992 à 1998, elle enseigne le droit constitutionnel à l'Institut d'études politiques de Paris1.

À sa sortie de l'ENA, elle entre au Conseil d’État. Auditrice en 1992, elle est promue maître des requêtes en 1993. De 1993 à 1998, elle est conseillère juridique auprès du chef du service juridique et technologie de l'information. Parallèlement de 1995 à 1998, elle est commissaire du gouvernementprès la section du contentieux du Conseil d’État[Quoi ?] et secrétaire générale du conseil supérieur de l'Agence France-Presse (AFP)1. Elle démissionne du Conseil d’État en novembre 2015 et explique ce choix en se disant « contre le cumul et à 100 % dans les régionales »20. Elle est radiée des cadres le 4 novembre21.

Patrimoine

Le couple Pécresse dispose d'un patrimoine de dix millions d’euros composé de biens mobiliers et immobiliers22.

Parcours politique

Débuts

L'élection de François Mitterrand en 1981 suscite de vives discussions au sein de sa famille. À l'âge de 14 ans, elle va devant le Panthéon23 pour le soutenir le jour de son investiture17.

Au printemps 1998, un an après les élections législatives de 1997Jacques Chirac la recrute, alors qu’elle a aussi été sollicitée par l’équipe de Lionel Jospin24. Elle devient ainsi chargée de missionpour les études, la prospective et la société de l'information, son domaine de compétence au Conseil d'Etat, à la présidence de la République française, dont elle est nommée conseillère technique en 2000 jusqu'en 20021, date de son premier mandat d'élue. Jacques Chirac avait nommé un an avant elle son père Dominique Roux au collège de l'Autorité de régulation des télécoms.

Députée des Yvelines

En 2002Pierre Bédier et Henri Cuq lui proposent d'être candidate, sous l'étiquette UMP, à la succession et avec l'accord de Franck Borotra, député chiraquien sortant de la deuxième circonscription des Yvelines. Elle élimine au premier tour l'ancien général Philippe Morillon (UDF), puis est élue à 35 ans députée, avec 65,1 % des voix exprimées face à la candidate radicale de gaucheAnne Nègre25, un score dans la fourchette de ceux du prédécesseur Franck Borotra, 67 % en 1993 et 60 % en 1997.

À l'Assemblée nationale, elle est d’abord rapporteure du budget des prisons et de la protection judiciaire de la jeunesse, puis elle devient une spécialiste des questions familiales — elle est rapporteure de la mission d'information sur la famille, s'implique fortement dans la réforme du divorce et contre les violences faites aux femmes —, des questions scolaires, universitaires et de recherche. Elle est membre de la commission des lois puis de la commission des affaires sociales et culturelles.

Dès novembre 2002, Valérie Pécresse est parallèlement secrétaire générale adjointe de l'UMP, chargée des études et du centre d'études politiques. L'ex-Premier ministre Alain Juppé déclare alors à son propos : « Elle a vocation à entrer dans un gouvernement26 ». Elle est ensuite porte-parole nationale de l'UMP avec Luc Chatel.

En mars 2004, elle est aussi élue conseillère régionale d'Île-de-France sur la liste conduite par Jean-François Copé27.

En juillet 2006, le Premier ministre, Dominique de Villepin, la charge d'un rapport sur la conciliation vie familiale-vie professionnelle. Directrice de la revue de l'UMP Les débats de l'Union, adversaire du Front national, elle défend, en août 2006, dans un entretien publié par le quotidien Le Monde, l'idée d'une « société métissée fière et énergique28 ».

Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche 

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Valérie Pécresse en 2007.

Le 18 mai 2007, à la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, Valérie Pécresse est nomméeministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le premier gouvernement François Fillona.

Elle conserve son poste dans le deuxième gouvernement François Fillon, formé après les élections législatives dejuin 2007, lors desquelles elle est réélue députée dans sa circonscription, dès le premier tour, avec 54,80 % des suffrages exprimés29.

Au gouvernement, elle fait voter, dès 2007, la loi sur l'autonomie des universités (loi LRU), soutenue par laConférence des présidents d'université, mais contestée par une partie des universitaires et par des étudiants. Cette réforme est dès lors présentée par la droite comme l'une des principales réussites du mandat de Nicolas Sarkozy. Elle met en place son plan de réforme du CNRS. Elle annonce en janvier 2008 un « plan Campus » doté de cinq milliards d’euros, lui aussi contesté, qui doit faire émerger en France dix pôles universitaires d'excellence de niveau international. Elle apporte également son soutien au projet de cluster technologique Paris-Saclay, qui constitue l'un des volets du Grand Paris.

En 2008, à l'occasion de la conférence internationale organisée à Kuala Lumpur par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), elle défend et participe à la création du groupe intergouvernemental d'experts sur la biodiversité, Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES)30. Elle défend également la cause environnementale en 2010, quand elle prend la défense desclimatologues contre le climato-sceptique Claude Allègre, après que ceux-ci l'eurent interpellée collectivement31. En réponse à cet appel, elle charge l'Académie des sciences d'organiser un grand débat scientifique autour du réchauffement climatique32.

Début 2009, son projet de décret de réforme du statut des enseignants-chercheurs suscite à nouveau un mouvement de protestation. Le 10 juin 2009, elle devient présidente de la fédération UMP des Yvelines en remplacement de Gérard Larcher. Proche de Pierre Bédier et d'Henri Cuq, elle soutient la candidature d'Alain Schmitz à la tête du conseil général des Yvelines malgré le soutien de Nicolas Sarkozy à Christine Boutin33.

Conseillère régionale d’Île-de-France

Elle remporte la primaire UMP pour les élections régionales de 2010 en Île-de-France, le 22 mars 2009, avec 59,9 % des suffrages, contre lesecrétaire d'État aux Relations avec le ParlementRoger Karoutchi34. La liste qu'elle mène est devancée au second tour par celle du socialiste Jean-Paul Huchon, qui recueille 56,69 %35.

Dans les Yvelines, où elle se présente, sa liste obtient 50,54 % des voix36. Le 22 mars 2010, elle est élue présidente du groupe de la Majorité présidentielle au conseil régional d'Île-de-France, succédant à Roger Karoutchi37.

Elle conserve ses attributions ministérielles dans le troisième gouvernement Fillon, formé le 14 novembre 2010.

En 2010, elle crée un think tank de débats d’idées, qui veut incarner une droite réformatrice, Le Labo des idées. Cette entité émet plusieurs propositions, comme la baisse des dépenses publiques de 20 milliards d’euros, la réforme de la formation professionnelle ou le passage à une société numérique38.

Valérie Pécresse est également secrétaire générale de l'Association des élus régionaux de France (AERF), fondée en 2010. En mai 2014, dans le cadre de ces fonctions, elle adresse au premier gouvernement Manuel Valls un « ultimatum » concernant le projet de réforme territoriale, au nom de250 conseillers régionaux de la droite et du centre. Considérant que l'objectif de la réforme est de permettre au gouvernement d'éviter une nouvelle défaite électorale, elle estime alors que « si cette réforme n'est pas adoptée d'ici juillet, nous exigerons que les élections régionales se tiennent d'icijuin 2015 »39.

En décembre 2014, elle cosigne une tribune dans le Huffington Post avec plusieurs élus de l'opposition francilienne (Nathalie Kosciusko-Morizet,François FillonPatrick Devedjian) pour dénoncer la mise en place du passe Navigo unique à 70 euros40,41, qu'elle qualifie de « cadeau empoisonné »42,43 car, selon elle, ce projet n’est pas financé. Elle explique d'ailleurs que si elle est élue présidente de la région en 2015, elle présentera la facture de cette mesure au Premier ministre, Manuel Valls44,45. Elle confie également vouloir maintenir le passe Navigo unique en cas d'élection, « mais sans augmenter les impôts. Je ne le remettrai pas en cause parce qu’il n’est pas question de jouer avec le pouvoir d’achat des Franciliens », explique-t-elle46. Afin de lutter contre la fraude dans les transports publics, dont le coût est estimé à 500 millions d'euros par an, elle cosigne en mai 2015, avec Xavier Bertrand, Christian Estrosi, Marc Le Fur et Laurent Wauquiez un projet de loi présenté à l'Assemblée nationale, qui propose de rendre obligatoire « le port d'un titre d'identité […] pour tous les voyageurs »47.

Elle se déclare candidate pour les élections régionales de 2015 en septembre 201448 mais sa candidature semble contestée en interne, les députésDavid Douillet et Henri Guaino49 souhaitant eux aussi être candidat au poste de président de la région Île-de-France. Elle est officiellement désignée candidate de l'UMP à l'unanimité de la commission nationale d'investiture du parti le 5 janvier 201550. Son investiture est définitivement validée par un vote du Conseil national de l'UMP réuni en congrès le 7 février 2015. Elle est par ailleurs tête de liste départementale dans les Yvelines.

En janvier 2015, à l'occasion de sa cérémonie de vœux, elle parvient à réunir autour d'elle Nicolas Sarkozy et François Fillon51. Elle annonce alors qu'elle compte se consacrer à la région en cas d'élection, en refusant tout éventuel poste ministériel et en abandonnant son mandat de député52.

Le même mois, elle crée le Club des maires reconstructeurs, réunis avec l'objectif de faire obstacle à l'architecture résidentielle contemporaine qu'ils fustigent sans détours. Valérie Pécresse fédère autour d'elle des maires d'Île-de-France proposant des alternatives d'inspiration haussmannienne, promettant à l'avenir « davantage de balcons », « une vraie mixité sociale synonyme de bien-être », des constructions « de grande qualité environnementale » et se fixant de « préserver les zones pavillonnaires »53.

Sa liste remporte l'élection régionale de 2015 en Île-de-France.

Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement

Le 29 juin 2011, à la suite de la nomination de Christine Lagarde à la tête du FMI, Valérie Pécresse est nommée ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État, en remplacement de François Baroin, nommé ministre de l'Économie. Elle devient également porte-parole du gouvernement, fonction qui était également occupée par François Baroin. C'est Laurent Wauquiez qui lui succède au poste de ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qu'elle a occupé pendant quatre ans.

Elle doit notamment faire face à la crise de la dette dans la zone euro. Elle défend le projet de réforme de la TVA anti-délocalisation pour baisser le coût du travail et améliorer la compétitivité des entreprises54.

En novembre 2011 à Bercy, faisant le bilan de la révision générale des politiques publiques, elle évalue à 150 000 postes, le nombre de postes supprimés dans la fonction publique d'État, soit une économie de 15 milliards d'euros sur cinq ans55. Il s'agit en fait d'une projection puisque les chiffres officiels sont de 9,5 milliards d'euros entre 2008 et 2011 inclus56. Les analyses indépendantes de la Cour des comptes, de l'Assemblée nationale et du Sénat, mettent chacune en doute ces chiffres, faute de transparence57,58. Pour autant, lors d'une audition à l'Assemblée nationale le23 avril 2014, Didier Migaudpremier président de la Cour des comptes et président du Haut Conseil des finances publiques, expliquait que depuis vingt ans, « le meilleur résultat en matière de maîtrise de la dépense publique a été obtenu en 2011 »59.

Retour à l'Assemblée nationale

Elle est réélue députée lors des élections législatives de 2012. Lors du congrès de l’UMP de novembre 2012, qui voit s'organiser l’élection d’un président pour le parti, elle figure sur le ticket de François Fillon pour occuper le poste de secrétaire générale. Ce dernier est néanmoins battu parJean-François Copé et le poste est attribué à la députée Michèle Tabarot. Néanmoins, après la contestation du scrutin et la crise qui s’ensuit au sein du parti, un accord est trouvé en janvier 2013 ; Valérie Pécresse devient alors secrétaire générale déléguée de l’UMP60.

À la suite de l'annonce du gouvernement de son nouveau projet de métropole du Grand Paris, elle s'oppose à cette réforme. Sur le fond (découpage territorial aléatoire, politique des transports peu ambitieuse), comme sur la forme (une réforme « votée à la hussarde », au profit de calculs électoralistes, selon elle), elle estime que cette proposition n'est pas à la hauteur de l'idée du Grand Paris qu'elle défend depuis plusieurs années61.

Le 27 mai 2014, à la suite de l'affaire Bygmalion, elle propose la démission collective de la direction collégiale et se prononce très vite pour la publication des comptes. Elle demande à l'UMP de retrouver « le chemin de la probité »62. Dans le cadre de cette affaire, elle demande à l'UMP de porter plainte, estimant que c'est l'UMP et ses militants qui sont victimes63.

En 2014, elle est à l'origine d'un groupe d'étude sur les chrétiens d'Orient à l'Assemblée nationale64. Elle cosigne, en juillet 2014, avec 58 autresdéputés, une lettre ouverte à François Hollande pour que la France prenne une initiative diplomatique à l'ONU en faveur des chrétiens d'Orient65 ; elle publie également le mois suivant « Nous sommes tous des chrétiens d'orient », une tribune, dans Valeurs actuelles où elle soutient cette communauté66. En septembre 2014, elle se rend en Irak avec une délégation de députés UMP, dont François Fillon, afin de traiter « avec les autorités kurdes et les autorités religieuses chrétiennes de la situation sécuritaire et des secours qui doivent être apportés par la communauté internationale à quelque 200 000 chrétiens réfugiés au Kurdistan qui survivent dans des conditions extrêmement difficiles »67,68. Interrogée sur les Français partis faire le djihad, elle demande la création de « centres de désendoctrinement », pour ceux qui sont rentrés en France69 car elle considère qu'il faut traiter les conversions au djihadisme comme des « dérives sectaires ». Selon elle, les djihadistes ont subi un « lavage de cerveau » et sont susceptibles d'endoctriner d'autres personnes s'ils ne sont pas pris en charge spécifiquement. « On ne peut pas, lorsque ces djihadistes reviendront en France, les traiter comme des prisonniers de droit commun », précise-t-elle70.

Elle a également déposé à l'Assemblée nationale, le 27 novembre 2014, un projet de loi visant à renforcer la loi anti-burqa et créer un délit d'entrave pour ceux qui contournent la loi, en empêchant le paiement par un tiers des amendes infligées aux femmes verbalisées71.

En octobre 2014, elle soutient la crèche Baby Loup, en butte à des difficultés financières, en appelant le département des Yvelines et la région Île-de-France à la subventionner72.

Elle participe, en 2014, à l'ouvrage collectif Les 12 travaux de l'opposition. Nos projets pour redresser la France, coécrit avec les onze autres principaux ténors de l'UMP, afin de proposer des idées permettant de « redresser la France »73. Valérie Pécresse écrit le chapitre consacré à l'éducation, où elle propose notamment de réformer le baccalauréat[Comment ?]74.

Présidente du conseil régional d'Île-de-France

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Valérie Pécresse en 2016.

Le 4 décembre 2014, elle est nommée, par le nouveau président du parti, Nicolas Sarkozy, coordinatrice pour lesélections régionales75 et elle est tête de liste du parti Les Républicains pour l’Île-de-France qu'elle remporte au second tour face au candidat socialiste Claude Bartolone. Le 18 décembre 2015, elle devient la première femme présidente du conseil régional d'Île-de-France. Elle devient également présidente de l'établissement public foncier d'Île-de-France (EPFIF) le 31 mars 2016.

Après s'être engagée pendant la campagne électorale à maintenir une zone unique pour le passe Navigo malgré une perte de recettes estimée à 300 millions d'euros mais être compensée par de nouvelles recettes, elle envisage d'y renoncer76 ou une augmentation de 10 à 15 € par mois77 avant de trouver un accord avec l'État conservant la zone unique via une hausse progressive des tarifs pour les usagers et l’intégration de nouvelles ressources à la loi de finances 201778,79. Revenant pour la deuxième fois sur sa promesse de ne pas augmenter le prix du Passe Navigo, celui-ci est porté à 75 euros en août 201780. À la suite des grèves contre le projet de réforme des retraites de l’hiver 2019-2020, elle obtient de la SNCF et de la RATP le remboursement du passe Navigo pour le mois de décembre 201981.

Après un an de mandat, elle porte comme bilan d'avoir fait voter le déménagement du siège du conseil régional en banlieue, une déclaration de patrimoine des élus et un contrôle de leur assiduité, la suppression d'aides au transport pour les étrangers en situation irrégulière, la lutte contre la fraude dans les transports en commun, la réintroduction de bourses pour les bacheliers mention très bien, la création d'aides sociales pour les lycéens du privé, le développement de la vidéosurveillance au sein des lycées, des bus et des gares routières, les tests salivaires contre la drogue dans les lycées, la fin des aides aux logements sociaux pour les communes en comptant déjà 30 %, la substitution du pass contraception dans les lycées au profit d'une plateforme Internet, la fin des emplois tremplin, une hausse de trois euros du Passe Navigo pour financer la modernisation des rames de transports, la diminution des effectifs et au total 160 millions d'euros d'économie82. Ses opposants lui reprochent de multiplier les annonces sans qu'elles ne soient toujours suivies d'effets et de s'attribuer dans sa communication la paternité de projets financés par l’État83.

Son action en matière d'écologie apparaît mitigée. Si certains progrès sont relevés, comme le développement des transports en commun et le soutien au RER Vélo, d'autres annonces ne se sont pas concrétisées. Concernant la qualité de l’air, la pollution moyenne a légèrement diminué en Île-de-France sur la période 2016-2020, mais ce progrès est principalement dû aux confinements pendant la pandémie de Covid-19, et les taux sont néanmoins restés largement supérieurs aux normes réglementaires et aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. La région n'a pas tenu les engagements qu'elle avait pris en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre84. L’Observatoire de la transition écologique des territoires a attribué à la région Île-de-France, pour le mandat 2016-2021, la note de 7,5 sur 20 pour sa politique environnementale et la situe à la septième place des treize régions84.

En mars 2017, après la publication du livre-enquête Bienvenue Place Beauvau qui d'après le parti Les Républicains lève le voile sur la manière dontFrançois Hollande utiliserait le ministère de l'Intérieur pour annihiler les chances de la droite à parvenir au second tour de l'élection présidentielle, elle porte à la connaissance du parquet national financier et du procureur de la République une douzaine de faits qui pourraient être qualifiés de délictueux85,86. Valérie Pécresse a également déposé plainte contre X le 30 mars 2017 auprès du parquet de Paris pour « violation du secret professionnel », « violation de l’enquête » et « recel de ces deux infractions »87. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire le 3 avril88.

Elle est élue présidente de Grand Paris Aménagement le 28 novembre 201889.

En 2020, elle soutient la réalisation du RER Vélo et précise que la région peut participer à hauteur de 300 millions d’euros90.

Figurant en sixième position sur la liste de Pascal Thévenot, maire sortant de Vélizy-Villacoublay, lors des élections municipales de 202091, elle est élue conseillère municipale et communautaire92.

Elle est candidate à sa réélection à la suite des élections régionales de 2021 en Île-de-France, où sa liste l’emporte au second tour avec 45,9 % des suffrages, devant celles de gauche de Julien Bayou (33,7 %), du RN de Jordan Bardella (10,8 %) et de la majorité présidentielle menée par Laurent Saint-Martin (9,6 %)93. Le 2 juillet 2021, Valérie Pécresse est réélue présidente du conseil régional d'Île-de-France avec 125 voix, face à Paul Vannier (LFI), qui n'obtient que douze voix94.

Le site Mediapart relève qu'elle fait fréquemment appel aux cabinets de conseil privés, pour un budget de 12 millions d’euros, alors que plusieurs de ses proches sont d'anciens consultants95.

Départ des Républicains et lancement de Soyons libres 

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Logo de Soyons libres.

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Valérie Pécresse en 2019.

Après avoir, dans un premier temps, soutenu François Fillon96, elle soutient finalement Alain Juppé lors de laprimaire présidentielle des Républicains de 201697. À la suite de la défaite de ce dernier lors de la primaire, elle rallie de nouveau François Fillon98.

En juillet 2017, elle crée un mouvement au sein des Républicains, Soyons libres99,100, et se positionne comme une opposante au président du parti, Laurent Wauquiez101. Tenante d'une ligne plus libérale et de droite europhile, elle dénonce le rétrécissement de la base électorale de LR102. En 2018, elle soutient lesecond gouvernement Philippe au sujet de la loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants103 et de laréforme de la SNCF104.

Elle quitte Les Républicains le 5 juin 2019, à la suite du mauvais score obtenu par la liste LR-Les Centristes auxélections européennes et avant la tenue d’une élection pour la présidence du parti pour laquelle elle était donnée possible candidate105,106. Pour justifier cette décision, elle invoque l'impossibilité de former une organisation politique élargie, affirmant que « le parti est cadenassé de l’intérieur, dans son organisation et dans ses idées »107. Dans son sillage, plusieurs de ses proches quittent le parti, notamment Robin Reda et Florence Portelli pour rejoindre Soyons libres108.

Candidature à l'élection présidentielle de 2022

Articles connexes : Congrès des Républicains de 2021Candidats à l'élection présidentielle française de 2022 et Liste de sondages sur l'élection présidentielle française de 2022.

En juillet 2021, Valérie Pécresse annonce sa candidature à une hypothétique primaire de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2022109. Après l'annonce d'une élection lors d'un congrès en décembre, elle reprend sa carte au parti des Républicains110.

Elle désigne Patrick Stefanini comme directeur de campagne111,112, après qu'il l'a été lors des élections régionales de 2015 en Île-de-France.

Le 4 décembre 2021, elle remporte la primaire interne face à Éric Ciotti, avec 60,95 % des voix exprimées. C'est la première fois que le parti est représenté par une femme dans la course à l'Élysée. Elle bénéficie du soutien de l'ensemble des candidats malheureux au congrès (Xavier Bertrand,Michel BarnierPhilippe Juvin et Éric Ciotti)113,114. Alors qu'elle s'est qualifiée au second tour du congrès LR en ayant devancé Michel Barnier de seulement 1 209 voix, Mediapart révèle qu'un élu francilien a mobilisé des centaines d'électeurs asiatiques, et ce alors même qu'elle se dit opposée au droit de vote des étrangers115, et Libération dénonce la présence parmi les votants de la primaire républicaine de centaines d'adhérents fictifs116. Le 7 mars 2022, elle est déclarée officiellement en lice pour la présidentielle 117, conséquence de l’obtention d’au moins 500 signatures d’élus.

Le grand meeting qu'elle tient à Paris le 13 février 2022 est l'objet de multiples railleries et critiques : il est jugé raté parmi ses propres alliés politiques, qualifié, entre autres, de « naufrage »118 et décrit par Hervé Pata comme « l'un des plus mauvais de la Ve République » en matière de technique vocale119. Au delà de la forme, il lui est reproché y compris par son propre camp d’avoir utilisé dès les premières phrases de son meeting la phraséologie d’extrême droite, avec les mots « grand remplacement » et « français de papier »120,121,122. Le 8 mars, Babette de Rozières, une des« oratrices régionales » de Valérie Pécresse, se retire de l'organigramme en critiquant vivement le directeur de campagne Patrick Stefanini123.

Elle échoue au premier tour avec 4,79 % des suffrages exprimés en arrivant cinquième et avec moins du quart du score réalisé par François Fillon en 2017124. Elle réalise le pire résultat de l'histoire de la Ve République pour la droite républicaine lors d'une élection présidentielle125,126. Avec moins de 5 % des suffrages, Valérie Pécresse n'est pas éligible au remboursement des frais de campagne. Mais, selon Michel BarnierLR a « la capacité de faire face » à cette situation127.

Prises de position

Économie

Du Macron « Bis » en matière d’économie et pour l’économie..

Se déclarant en faveur du libéralisme économique, elle affirme en août 2021 qu'elle est « deux tiers Merkel, un tiers Thatcher »128.

Dans le cadre de sa candidature à l'élection présidentielle de 2022, elle promet de diminuer les dépenses publiques[Lesquelles ?] et les impôts sur les entreprises et sur les donations successorales à travers quatre réformes majeures : la suppression de 200 000 postes dans la fonction publiqueavant d'en recréer 50 000, le passage de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 65 ans, la fin des 35 heures, la diminution des allocations-chômage et le désengagement de l’État des entreprises concurrentielles dont il est actionnaire minoritaire129,130,131,132. Elle envisage aussi une diminution de la part patronale des cotisations sociales avec en contrepartie une augmentation de 10 % des salaires jusqu'à 2,2 SMIC, ce qu'elle présente comme une « mesure pour le pouvoir d'achat »131, une baisse des impôts sur les transmissions de patrimoine133, et souhaite conditionner le versement du RSA à quinze heures de travail134.

Environnement

Elle présente lors de sa candidature à l'élection présidentielle un programme plus élaboré en matière d’environnement que ceux de ses prédécesseurs François Fillon et Nicolas Sarkozy, mettant l'accent sur la défense du nucléaire, l’électrification massive des transports et la rénovation énergétique, tout en dénonçant « l’écologie punitive » qui se traduirait par une hausse des taxes. La protection de l'environnement n'a cependant qu'une place secondaire dans son programme, et les associations écologistes ont regretté que ses propositions ne permettraient pas à la France de tenir ses engagements climatiques135.

D’après le Shift Project, le projet de Valérie Pécresse reste ainsi « très éloigné » des objectifs fixés par la Stratégie nationale bas carbone et n’aborde pas « le changement des pratiques nécessaire à la préservation des sols et la réduction des émissions [et] la baisse de la consommation de produits carnés ». Le Réseau Action Climat (RAC) a également estimé que les mesures proposées « ne sont pas à la hauteur des enjeux ». Pour Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace, son programme ne peut être qualifié d'écologiste puisqu’il « refuse de faire de la lutte contre le dérèglement climatique une priorité, en transformant en profondeur le système économique et les secteurs polluants ».

Union européenne

Dans la ligne du parti Les Républicains, Valérie Pécresse défend le projet européen et prône une Union européenne « forte »136. Celle-ci, bien que s’étant déclarée contre la supériorité du droit européen sur les droits nationaux des États membres qui découle pourtant des traités européens137, est en faveur d’une ligne dure contre le Royaume-Uni, après le Brexit138. Elle exprime pendant la campagne 2022 des positions relativement critiques contre Bruxelles et l'Allemagne dans le cadre européen139.

Concordat avec l’islam

En 2017, tout en dénonçant les prières de rue, elle prône la mise en place d'un concordat pour l'islam, assumant ainsi une entorse à la loi de séparation des Églises et de l'État et déclarant être opposée à l’idée d'une laïcité « laïcarde ». Dans le détail, ce concordat du xxie siècle résulterait selon elle d'« un travail avec l'ensemble des responsables de l'islam de France pour que la loi de la République prévale toujours sur la loi religieuse140. »

Mariage homosexuel et droits LGBT

Opposée au projet de loi sur le mariage entre personnes de même sexe en France, elle participe aux différentes manifestations d'opposition au mariage homosexuel et à l'homoparentalité entre 2012 et 2013, notamment menée par La Manif pour tous. Elle préconise, si la loi est adoptée, de « démarier » les couples homosexuels141.

Après l'adoption de la loi en 2013, elle modifie son discours et affirme en 2014142 comme en 2017143 que « si la droite revenait au pouvoir, elle n'abrogerait jamais le mariage pour tous, parce que c'est impensable humainement ».

Depuis 2016, après son élection à la présidence de la région Île-de-France, elle nomme Caroline Carmantrand, une anti-mariage gay, à la présidence de la commission famille et action sociale du conseil régional d'Île-de-France144. La même année, la région Île-de-France supprime ses subventions à la recherche sur le genre, les inégalités et les discriminations145, ainsi que le char de la région lors de la marche des fiertés146.

Sécurité

Elle se déclare favorable à la mise en place d'un système de reconnaissance faciale dans les transports147.

Dépistages du cannabis

En 2015, alors candidate pour les élections régionales en Île-de-France, elle propose d'instaurer des dépistages obligatoires du cannabis dans les lycées148. Cette proposition fait l'objet de critiques concernant son application et son cadre légal149. Valérie Pécresse souhaite alors faire encadrer légalement ce dispositif par SOS Drogues info service ; cependant, le dépistage ne fait pas partie des missions de ce groupement d'intérêt public150. Les fédérations de parents d'élèves ont également souligné que, les tests salivaires constituant un dispositif médical, ils nécessiteraient légalement l'accord des parents mais aussi le consentement exprès des mineurs150. Finalement, le préfet de région, Jean-François Carenco, désavoue cette mesure, après un examen du cadre légal des actes administratifs151.

Immigration

Articles connexes : ImmigrationImmigration illégale et Immigration en France.

En 2021, elle prône une approche plus restrictive sur la question de l’immigration en France, voyant celle-ci comme un « défi de société majeur ». Elle suggère notamment l'instauration de plafonds maximum annuels d'immigration et des conditions plus strictes pour la délivrance d'un titre de séjour, comme le fait de posséder des « ressources suffisantes » (dont le montant serait rehaussé de 25 %), la « maîtrise de la langue française » et le « respect de la laïcité et des valeurs de la République ». Enfin, elle souhaite exclure les personnes résidant en France depuis moins de cinq ans des dispositifs d'aides sociales152.

Affaire Fillon

Article détaillé : Affaire Fillon.

Dans le cadre de l'affaire Fillon, Valérie Pécresse apporte son soutien à François Fillon. Elle dénonce « une manœuvre politique » et s'interroge sur« la rapidité époustouflante » avec laquelle la justice s'est saisie de l'affaire, précisant que « personne n'est dupe »153,154.

Après la condamnation de François Fillon en première instance à deux ans de prison ferme, Valérie Pécresse déclare qu'« on ne peut pas résumer toute la carrière et tout ce que François Fillon a apporté à la France, à cette décision »155.

Polémiques

Affaire Alstom

En février 2022, une enquête médiatique instaurée par les médias Marianne et Le Canard Enchaîné révèle que le couple Pécresse aurait touché « à hauteur de 1,7 million d'euros » en primes, variables et retraites divers156,157.

En effet, Jérome Pécresse, président d'Alstom Renouvelables, avait touché en 2015 une rémunération totale de 722 000 euros (soit 822 000 euros -100 000 euros de pertes dans la vente d'actions) ainsi qu'une retraite-chapeau d'un million d'euros supplémentaires grâce à la vente à General Electric156.

Plusieurs médias et personnalités politiques reprochent ainsi à Valérie Pécresse de s'être « enrichie par un groupe étranger » tout en ayant affirmé le 10 janvier sur France Info qu'elle ne travaillerait jamais pour des intérêts étrangers156,158,159,160.

Le 21 février 2022, les élus écologistes d'Île-de-France Mobilités (IdFM) ont annoncé porter plainte et saisir le procureur de la République du parquet de Paris contre Valérie Pécresse pour « prise illégale d'intérêts »161.

Recrutement de faux militants

Il lui est également reproché l'affrètement de bus de prétendus soutiens qui se sont avérés être des personnes rassemblées par des associations communautaires asiatiques financées par la région qu'elle dirige, et enrôlées pour faire nombre162,163.

Fraude lors de la primaire du parti

Dans une enquête reprise par plusieurs médias164,165,166, le journal Libération accuse Valérie Pécresse de « manœuvres frauduleuses visant à gonfler le corps électoral » lors de la primaire du parti Les Républicains167.

Il y est notamment fait allusion à des votes provenant d'adhérents fictifs, décédés, ayant suivi des consignes, et même un chien appelé Douglas. Le propriétaire du chien, un adhérent soutien d'Éric Ciotti résidant de la région PACA, a affirmé vouloir « tester, pour voir si c’était faisable »168.

Certains votants, interrogés par les journalistes, « ne parviendraient pas à donner la moindre information sur le parti de droite ou sur Valérie Pécresse », ou auraient adhéré « à la demande d'un ami »169.

Valérie Pécresse dénonce une « manipulation grotesque », et le parti LR annonce saisir le procureur de la République de Paris contre Libération170.

Les écolos qui n’ont toujours rien compris..

Yannick Jadot : 4,5%

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Yannick Jadot est un militant écologiste et homme politique français. 

Date et lieu de naissance 

Yannick Jadot est né le 27 juillet 1967 à Clacy-et-Thierret, en région Hauts-de-France.

Formation et Carrière

Yannick Jadot commence sa carrière au sein de Solagral, une ONG de solidarité internationale au Burkina Faso et au Bangladesh. Dès 1999, il adhère au parti aux Verts et devient directeur des campagnes de Greenpeace France à partir de 2002. En 2007, Yannick Jadot s'inscrit comme l'un des principaux négociateur du Grenelle environnement. L'écologiste quitte finalement ses fonctions en 2008 pour rejoindre le rassemblement des écologistes en vue des élections européennes de 2009, Europe Ecologie. Yannick Jadot est élu député européen, notamment grâce au soutien des Verts français et une liste conduite par Daniel Cohn-Bendit. L'écologiste devient vice-président de la commission du commerce international et coordinateur pour le groupe des Verts au sein...

Une abstention record !..

26,31 % !!!

L’abstention a tourné aux alentours de 25-26%, bien supérieur à 2017 !

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La france " fracturée" et "divisée"..

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L’évolution du « R.N. » bien après le « F.N. » et les premiers débuts de Jean-Marie Le Pen..

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Le « dépouillement » et les comptages..

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Photo ci-dessus, la légende pourrait être : deux qui travaillent, un qui observe, et trois « absorbés » par leur smartphone.

Les tracts..les programmes..

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Photo ci-dessus chez mon ami en blog au Japon.

La Dette Publique !

C'est la grande oubliée de cette campagne présidentielle. La dette publique française avoisine 113% du PIBplus de 40 points au-dessus de l'Allemagne; en Europe, seuls les pays du Sud sont en plus mauvaise posture. Pas de quoi empêcher pour autant les principaux candidats de sortir le chéquier. Il y a bien sûr les nombreuses mesures en faveur du pouvoir d'achat mais pas seulement. Embauches de fonctionnaires à tout va, retour à la retraite à 60 ans, hausse de moitié du budget de la justice, baisse voire suppression des impôts de production… C'est un véritable festival!

Pouvoir d'achat, fiscalité, précarité des jeunes, environnement...les programmes des candidats passés au crible..

Outre les mesures pour le pouvoir d’achat, cette année, les candidats ont multiplié les propositions coûteuses pour séduire leur électorat. D'autres enjeux, tout aussi importants, ont été les grands oubliés des programmes et des débats. A deux jours du premier tour, Challenges revient sur les grandes propositions des candidats, thème par thème. 

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70% de Français se disent prêts à aller élire le candidat de leur choix dimanche.

ISA HARSIN/SIPA

Pouvoir d’achat

C'est « LE »grand sujet de cette campagne présidentielle 2022: le pouvoir d'achat. Selon un sondage Odoxa pour Europe 1 publié fin novembre 2021, huit Français sur dix pensent qu'il a diminué, quand 40% se disent en difficulté financière. Pire encore, selon les dernières prévisions de la Banque de France, l’inflation va rester "élevée tout au long de l’année 2022" en raison notamment des conséquences de la guerre en Ukraine, atteignant d’après deux scénarios 3,7% ou 4,4%. De quoi inquiéter les Français sur leur future situation économique. Et les candidats en course pour l’Élysée l’ont bien compris. Revalorisation du Smic, TVA sur les prix du gaz, minima sociaux… Ils rivalisent de propositions, dont certaines sont parfois très coûteuses. 

Logement

Le logement est considéré comme un des grands sujets oubliés de la campagne pour l'élection présidentielle. Et pourtant, les prix de l'immobilier et les loyers pèsent lourdement dans le budget des ménages. 

Fiscalité

A l’inverse de la dernière campagne présidentielle, les candidats manquent d’ambition fiscale et ne sont pas assez disruptifs. Le Cercle des fiscalistes a notamment regretté que les candidats à la présidentielle ne s’attaquent pas aux 500 niches fiscales qui coûtent 100 milliards d’euros chaque année à la collectivité. Il relèverait, pour lui du “courage politique” de supprimer les plus symboliques ou les plus chères. 

Droits de succession

À gauche comme à droite, tous les candidats à la présidentielle s’aventurent aussi sur l’épineux sujet des droits de succession, réglés au décès d’une personne et les donations du vivant. "C’est un débat philosophique. On veut régler par la fiscalité des questions d’ordre moral", relève Bruno Jeanbart, directeur général adjoint d’OpinionWay, pour qui le terrain est "politiquement miné".  

Les grands « oubliés »  de cette campagne : les jeunes !

Précarité des jeunes

37% des moins de 30 ans estiment qu’ils seront attentifs aux propositions des candidats à la présidentielle pour améliorer leur pouvoir d’achat, et qu’elles pourront influencer leur vote, indique une étude Ipsos publiée le 22 février. 72% des interrogés (jeunes actifs, étudiants et en recherche d’emploi) affirment en effet avoir rencontré des difficultés financières sur l’année 2021, quand 63% des moins de 30 ans assurent que le sujet de la précarité des jeunes n’est pas assez présent dans le débat public. Cela ne compte pas les arrêter à se rendre aux urnes le 10 avril prochain, bien au contraire, puisque 8 jeunes sur 10 comptent aller voter.

Enseignement supérieur et vie étudiante

Outre la multitude de mesures visant à lutter contre la précarité de la jeunesse et réformer Parcoursup, les candidats ont aussi soigné leurs programmes sur le volet de l'enseignement supérieur, la recherche et la vie étudiante. Il y a urgence. D'après la dernière note du Conseil d'analyse économique (CAE), le système français public comme privé, qui draine quelque 3 millions d'étudiants en 2021-2022, est devenu très inégalitaire, en particulier pour les filières les plus sélectives (classes prépa, grandes écoles...). "Parmi les 20% moins aisés, un jeune sur trois suit un cursus de l’enseignement supérieur, contre 9 sur 10 chez les 10% les plus aisés", pointe le CAE. 

L'explosion du nombre d'étudiants ces dernières années (+15% depuis 2010) n'a pas arrangé la situation. L'accès à certaines formations vire désormais à la foire d'empoigne, laissant sur le carreau de nombreux jeunes, en particulier à l'entrée du master depuis la réforme de 2016. Et la dépense publique par étudiant a décroché de près de 8%, depuis une douzaine d'années. 

Education

Les neurosciences affirment que c'est de zéro à dix ans que l'on apprend le mieux: c'est donc dès la première section de maternelle et jusqu'au CM2 qu'il faudrait en fait mettre l'accent pour améliorer le système éducatif. Si plusieurs candidats à la présidentielle 2022 proposent d'augmenter le nombre de cours, d'enseignants (et leurs salaires), et de donner la priorité aux mathématiques et au français, d'autres proposent également de créer de nouvelles institutions. 

Un vaste « flou » évasif concernant la Santé !

Système de santé

Deux ans de crise du Covid-19 ont aussi jeté une lumière crue sur un système de santé en crise en France, et un hôpital tendu. "Les Français sont de plus en plus préoccupés par leur santé, les sujets d’inquiétude déjà présents -bien-être, alimentation, prévention- ont été renforcés", observe Jean Daniel Lévy, directeur du département Politique et opinion d'Harris Interactive. Près d’un Français sur deux considère que le système de santé fonctionne mal (43%) d’après un sondage de l'institut de sondage pour la Mutualité française, alors que la France est l’un des pays d’Europe à dépenser le plus en matière de santé (1,2% du PIB, soit 1,2 points de plus que la moyenne des 27 pays de l’UE selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). A droite comme à gauche, les propositions abondent pour sauver le système de santé.

La « Malbouffe » sera toujours de mise !

Agriculture et alimentation

Dans les programmes, l'agriculture occupe également une place non négligeable. Car même si la France ne compte plus que 400.000 agriculteurs exploitants –rappelons qu'il y a près de 50 millions d'électeurs dans l'Hexagone-, le débat est incontournable. Plusieurs enjeux sont d'ailleurs clairement identifiés par tous les candidats, au premier rang desquels la juste rémunération des agriculteurs, un sujet auquel les Français sont sensibles.

Circuits courts, développement du bio et du local, notamment en restauration collective, étiquetage… l'alimentation est aussi un des sujets majeurs, en ligne avec les attentes fortes des consommateurs. Mais la crise sanitaire ainsi que la guerre en Ukraine ont remis également au cœur de la campagne un sujet majeur touchant à l'agriculture et l'alimentation: la souveraineté.

Tant qu’il y aura un « Capitalisme outrancier », productiviste et engageant la libre concurrence, on en restera là !

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Environnement

Grand absent des débats de la campagne, l'environnement n’a toutefois pas été occulté par la majorité des candidats. "Il y a eu une montée en compétence des équipes par rapport à il y a cinq ans, il est clair que le sujet a percé dans les programmes, observe Maxime Efoui-Hess, porte-parole du Shift project. Selon la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), la France devra avoir réduit de 40% ses émissions de gaz à effet de serre en 2030 pour respecter l'Accord de Paris, soit trois ans après la fin du prochain mandat présidentiel.

Pourtant, aucun des candidats ne propose un programme à la hauteur de l'enjeu selon les Shifter, association de bénévoles qui accompagne le Shift project, dans une analyse publiée avec France info. Seuls Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon sont "proches" de cet objectif. 

L’Automobile « électrique » une totale hérésie !

Automobile

La hausse des prix des carburants, tant que les questions écologiques, conduisent aussi les candidats à la présidentielle à s’exprimer sur la question automobile. Entre mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat et vision à long terme pour assurer une transition énergétique, les propositions s’opposent.

L’égalité « hommes-femmes » n’existe déjà pas au sein du gouvernement, ni à l’Assemblé Nationale, ni au Sénat, alors ?..

Egalité hommes-femmes

Certes, sur 12 candidats encore engagés dans la course à l'Elysée, un tiers sont des femmes (Marine Le Pen, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse et Nathalie Arthaud), soit une proportion identique aux scrutins de 2002 et 2007. Mais le sujet de l'égalité hommes-femmes reste encore négligé dans les débats, déplorent certaines associations féministes. Congé parental de 16 semaines, plans de rattrapage en entreprise pour atteindre l'égalité salariale, inscription des "harceleurs de rue" au fichier des délinquants sexuels... Les programmes des candidats n'excluent pas totalement cette question pour autant.

Sans Culture pas de réel épanouissement !

La culture uniquement « réservé » aux seuls riches ?

Culture

Difficile enfin pour la culture de se frayer un chemin dans la campagne présidentielle, entre la guerre en Ukraine, les enjeux énergétiques et les inquiétudes pour le pouvoir d’achat. Pourtant, avec les conséquences de la crise du Covid-19 et l’essor des plateformes de streaming vidéo et musicalle secteur culturel va devoir affronter des défis majeurs pendant les cinq prochaines années. En octobre 2021, près d'un Français sur deux ne s'était pas rendu depuis quatre mois dans un lieu culturel, alors qu'ils étaient 88% à le faire avant la crise du Covid. Dans ce contexte d'instabilité, les candidats proposent des pistes pour la culture. 

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Vgn12candidats

Les « écolos » n’ont toujours rien compris..

Election présidentielle 2022: pourquoi Yannick Jadot ne parvient pas à percer le plafond de verre..

Le candidat écolo a mené une ca