Henry David Thoreau..L’homme des fleuves et des bois..suite
Henry David Thoreau..L’homme des fleuves et des bois..suite*
Photo daguerréotype de Henry David Thoreau, Américain hors normes, adversaire de la civilisation industrielle, du consumérisme, de l’empire de l’Etat sur l’individu et de l’esclavage.
Photo ci-dessus, de la cabane reconstituée de Walden de Henry David Thoreau.
Photo ci-dessus, dessin – plan, de la cabane de Henry David Thoreau.
« Je possède ainsi une maison recouverte étroitement de bardeaux et de plâtre, de dix pieds de large sur quinze de long, aux jambages de huit pieds, pourvue d'un grenier et d'un appentis, d'une grande fenêtre de chaque côté, de deux trappes, d'une porte à l'extrémité, et d'une cheminée de briques en face. »
Photo ci-dessus, de la cabane reconstituée, en hiver..
En 1846, alors qu’il habitait sa cabane de Walden, Henry David Thoreau fut arrêté pour refus de payer l’impôt, au motif que celui-ci était destiné à financer la guerre contre le Mexique et à maintenir un Etat resté esclavagiste. Alors que l’on s’offrait à payer pour lui la taxe, Thoreau refusa et choisit de rester en cellule, expliquant que, « sous un gouvernement qui emprisonne un seul être injustement, la juste place du juste est aussi la prison ». Sa famille s’étant cotisée pour régler l’impôt, il fut libéré le lendemain, à son corps défendant.
« Ce fut le seul prisonnier que j’aie eu, confia son gardien, qui refusât de partir quand il le pouvait. » De son emprisonnement, le philosophe devait tirer la matière d’un court essai voué à un grand retentissement, la Désobéissance civile, et de deux conférences qui complétaient sa théorie, ’’ Rapports de l’individu à l’Etat ’’ et ’’ Droits et devoirs de l’individu ’’. Au nom de la justice et du droit de la conscience, il proclamait « le droit à la révolution, c’est-à-dire le droit de refuser l’allégeance au gouvernement, et celui de lui résister, quand sa tyrannie ou son inneficacité sont grandes et insupportables ». Cette pétition de principes va bien au-de-là de la simple objection de conscience et postule une ’’ révolution pacifique ’’, obligation qui s’impose à tout citoyen dès lors qu’il estime qu’un gouvernement agit injustement et bafoue le respect du droit, lequel prime celui de La Loi.
Dix ans plus tard, en 1859, une autre occasion fut donnée à Thoreau d’affirmer cette volonté têtue de mettre en harmonie ses principes et ses actes, et de mettre en application ses théories. Non content de recueillir des esclaves en fuite et de les aider à passer la frontière, il prit fait et cause pour le capitaine John Brown, coupable de s’être emparé d’un arsenal militaire et d’avoir incité les esclaves à se révolter. Blessé et capturé, Brown fut condamné à mort et exécuté. Contre son propre camp, qui jugeait irresponsable et malencontreuse l’action de Brown, Thoreau prononça un plaidoyer public en sa faveur, où il justifiait l’usage des armes par les abolitionnistes : « Pour une fois, les fusils et les revolvers ont servi à une juste cause. » Quand à Brown, il n’hésitait pas à saluer en lui « un nouveau saint, dont il n’y eut jamais d’exemple plus pur et plus courageux, poussé par l’amour des hommes dans le combat et vers la mort ».
Photo ci-dessus, dessin fait par Thoreau, d'une feuille d'érable, en automne.
Photo ci-dessus d’un dessin d’écureuil, comme Thoreau en apercevait lors de
ses nombreuses promenades autour du lac de Walden et ailleurs.
Photo ci-dessus d’un dessin d’oiseau dans les vignes, comme Thoreau en apercevait
lors de ses nombreuses promenades autour du lac de Walden et ailleurs.
Photo ci-dessus d’un dessin de hiboux, comme Thoreau en apercevait lors de ses
nombreuses promenades autour du lac de Walden et ailleurs.
’’ Le grand Dieu Pan n’est pas mort […]
Et c’est à son sanctuaire que
Je suis le plus fidèle’’
Après cette incursion tonitruante mais sans succès dans l’arène publique et les affaires du temps, le philosophe retourna à sa vie obscure mais féconde au sein de la nature, dans ce microcosme de Concord qui fut pour lui une fenêtre ouverte sur le vaste monde. Après avoir quitté l’université, il avait, avec son frère aîné, fondé une école privée, où il entendait mettre en œuvre les principes pédagogiques et les conceptions inspirés du transcendantalisme. Mais les temps n’étaient pas mûrs et il dut la fermer en 1841. Après une brève expérience de précepteur à New York, il revint s’installer à Concord, sans exercer de vraie profession, si ce n’est celle d’homme à tout faire pour ses amis et voisins, puis, plus tard, en aidant à la bonne marche de l’entreprise paternelle, qui produisait les meilleurs crayons d’Amérique. En 1848, il entama une activité d’arpenteur géomètre qu’il exerça jusqu’à sa mort. Elle lui permettait de concilier les moyens de subvenir à ses modestes besoins et de vivre toute l’année en plein air, engrangeant ses observations sur la flore et la faune, matière d’une histoire naturelle de l’Amérique, projet qu’il ne put mener à bout, de même qu’il ne put composer, à partir de la multitudes de notes prises sur l’ethnologie des Indiens, l’histoire de l’Amérique précolombienne qu’il avait envisagée. La majeure partie de son temps était dédiée à de longues promenades autour de Concord, au cours desquelles il collectait des spécimens pour les naturalistes, récoltait des plantes pour son herbier, et célébrait le culte panthéiste de la nature : « car le grand dieu Pan n’est pas mort, contrairement à la rumeur. Aucun dieu ne meurt jamais. De tous les dieux de la Nouvelle-Angleterre et de la Grèce antique, c’est sans doute à son sanctuaire que je suis le plus fidèle ».
Photo ci-dessus, portrait de Thoreau en naturaliste civilisé.
D’ordinaire, l’homme des bois et des fleuves était vêtu de vieilles fripes plus adaptées à ses courses dans la nature..
Vêtu d’un manteau gris élimé, coiffé d’un chapeau informe, chaussé de godillots cloutés, il partait en expédition avec une longue-vue, une boussole, un mètre, un livre pour presser les plantes, une boîte de thé et une tranche de gâteau aux prunes qui lui tenait lieu de déjeuner, notant et enregistrant, comme le rapporte l’un de ses premiers biographes, « les habitudes des animaux, les traces du renard et de la loutre, les migrations et les chants des oiseaux, le coassement des grenouilles et las stridulation des grillons, le frai et les nids des poissons, la floraison, la chute des feuilles, la hauteur de la rivière, la température des étangs et des sources, et d’innombrables autres phénomènes de la vie en plein air ».
Photo ci-dessus d’un dessin de faucon..
Photo ci-dessus d’un dessin de perche..
A plusieurs reprises, le philosophe péripatéticien, qui estimait qu’ « un homme pense autant avec ses jambes et ses bras qu’avec son cerveau », se lança dans de plus amples expéditions en compagnie de proches ou d’autres naturalistes.
Photo ci-dessus, déplacement en canoë, sur la Concord River.
Photo ci-dessus, la Merrimack River.
Dès 1839, son frère et lui avaient remonté en canoë la Concord River et la Merrimack River, et cette navigation de deux semaines lui fournit le thème de son premier livre, récemment traduit en Français sous le titre Sept jours sur le fleuve, où le récit de voyage est prétexte à une sorte de navigation intérieure, jalonnée de poèmes, de rêveries, et de disgressions à propos de la littérature, de l’amitié, de la religion, des textes sacrés, de la primauté des mythes, de l’histoire de la Nouvelle-Angleterre et de la confrontation entre immigrants et Indiens.
Photo ci-dessus d’un groupe d’Indiens Miwok , à l’époque de Henry David Thoreau.
Photo ci-dessus d’un chef ( Big Thunder..) .
Photo ci-dessus d'un indien vêtu d'une fourrure de peau d'ours.
Par la suite, entre deux tournées de conférences, il entrepris l’ascension du mont Wachusset, puis des randonnées dans le New Hampshire, le Massachussetts et les Catskills. Entre 1846 et 1857, il parcourut à quatre reprises les forêts du Maine, et fit quatre voyages au promontoire de Cap Code. Enfin, l’année précédant sa mort, il mena une dernière équipée dans le Minnesota.
Photo ci-dessus de montagne, à l'époque de Thoreau.
Photo ci-dessus de l'entrée de la vallée du Yosemite, à l'époque de Thoreau.
La suite, plus tard..lundi..promis.

















