Henry David Thoreau..L’homme des fleuves et des bois..suite et fin.
Henry David Thoreau..L’homme des fleuves et des bois..suite et fin.
Photo daguerréotype de Henry David Thoreau, Américain hors normes, adversaire de la civilisation industrielle, du consumérisme, de l’empire de l’Etat sur l’individu et de l’esclavage.
Photo ci-dessus, de la cabane reconstituée de Walden de Henry David Thoreau.
« Je possède ainsi une maison recouverte étroitement de bardeaux et de plâtre, de dix pieds de large sur quinze de long, aux jambages de huit pieds, pourvue d'un grenier et d'un appentis, d'une grande fenêtre de chaque côté, de deux trappes, d'une porte à l'extrémité, et d'une cheminée de briques en face. »
Photo ci-dessus, autre plaque, avec des indications de l'époque, près de la cabane de Thoreau à Walden.
Photo ci-dessus, panneau avec les dires de Thoreau..
’’ JE M’EN ALLAIS DANS LES BOIS
PARCE QUE JE SOUHAITAIS
VIVRE DELIBEREMENT,
NE FAIRE FACE QU’AUX FAITS ESSENTIELS
ET VOIR
CE QUE LA VIE AVAIT A ENSEIGNER’’
Comme nous l’avons vu, il se déplaçait en canoë, mais aussi et également beaucoup à pied..
Photo ci-dessus, déplacement en canoë, sur la Concord river.
Photo ci-dessus, construction d’un canoë en écorces, photo prise en 1870.
Photo ci-dessus, d’un canoë, reconstitution d’un modèle d’époque, en écorces et exposé dans un musée.
Photo ci-dessus d’un indien au bord d’une rivière.
( photo d'époque..)
Photo ci-dessus d’un chef Indien.
Photo ci-dessus de la vallée du Yosemite, photo prise par Ansel Adams vers 1870.
Photo ci-dessus du seul gardien, Galen Clark, du parc Yosemite, sous un séquoia géant, photo prise par Carlton E. Watkins vers 1870.
En canot ou à pied, sous la conduite de guides indiens auprès de qui il s’enquérait des coutumes et de la langue de leurs ancêtres, Thoreau pratiqua ce que l’écrivain Allemand Ernst Jünger* devait nommer « le recours aux forêts ». Un recours qu’il jugeait menacé par le rétrécissement de la sauvagerie originelle et l’invasion des bois par les bûcherons et les chasseurs blancs. Avec dépit, il constatait combien peu nombreux sont ceux qui s’enfoncent dans les forêts à seule fin de contempler la nature, d’en observer les cycles et d’en déchiffrer les lois. Ayant assisté à une chasse à l’orignal, l’élan géant de l’Amérique, il écrivait un texte sévère sur ce qu’il appelait un « meurtre domestique » et une tragédie, jugeant avec mépris que, bien loin d’être une marque de virilité, la chasse de ce « doux géant myope » évoquait à ses yeux le tir sans gloire d’un bétail dans le champ de votre voisin.
*Qui écrivit entre autre « Les orages d’acier » ( récit du vécu de la guerre de 1914-1918..) et « Sur les falaises de marbre » et « Les amants du Tage ».
La chasse de l’élan ( ci-dessous..), ce ’’doux géant myope’’, évoquait à ses yeux, le tir sans gloire d’un bétail dans le champ de votre voisin..
Photo ci-dessus d’un élan ou orignal mâle.
La chasse stimulait et
troublait à la fois
ses notions morales..
’’ L’Ouest est synonyme de Terre Sauvage.
Mes développements tendent à démontrer
Que la sauvegarde du Monde réside
Dans cette Nature Sauvage..’’
Les anti-chasse contemporains n’ont pas manqué, en conséquence, d’enrôler Thoreau dans leur croisade. La réalité est un peu plus complexe.
L’homme des bois et des fleuves, admirateur de la culture des peuples chasseurs de l’Amérique précolombienne, était un observateur suffisamment sagace de la vie animale pour s’insurger contre la loi de prédation.
Et son Journal témoigne de l’ambivalence de ses jugements sur la chasse et les chasseurs. « A la campagne, confiait-il, l’amour d’un jeune garçon peut hésiter entre un fusil et une montre ; mais le plus actif et le plus viril choisit le premier. Je revois le moment où j’ai pu tenir un fusil à la main toute la journée, sans qu’il me paraisse trop lourd, bien que je ne m’en sois pas servi une seule fois. Le chasseur nourrit une affection pour le fusil qu’aucun laboureur n’éprouve pour l’outil dont il se sert – sa hache ou sa bêche. » Dans un autre passage, coursant un renard dans la neige, il confesse avoir ressenti l’ardent et joyeux instinct de la chasse, à l’égal d’un prédateur animal. A l’évidence, le paisible contemplateur de la nature était partagé entre deux attitudes : la mort infligée à l’animal sauvage suscitait en lui angoisse et culpabilité, mais aussi une certaine exultation, en tant que l’une des formes de relation de l’homme à la nature. La chasse, à ses yeux, était une activité riche en spiritualité, et elle stimulait et troublait à la fois ses notions morales sur les rapports entre l’homme, l’environnement et la faune. Sur son lit de mort, en 1862, frappé, comme son père, par la tuberculose, les deux derniers mots prononcés par Henry David Thoreau furent : « orignal » et « Indien », les deux emblèmes de la vie sauvage qu’il avait vécue, célébrée, et érigée en ultime recours contre les méfaits de la civilisation matérialiste et consumériste vers laquelle penchait l’Amérique.
A l’encontre des penseurs des Lumières qui voyaient dans l’Amérique la preuve du bien-fondé de la théorie du ’’ bon sauvage ’’, et des romantiques qui estimaient que l’Europe, en s’industrialisant et en s’urbanisant, est devenue un foyer de corruption, et louaient en l’Amérique le paradis perdu et retrouvé, le creuset d’une nouvelle civilisation appelée à régénérer l’humanité. Henry David Thoreau, refusant tout prosélytisme, ne cherchait pas à enrôler la sauvagerie au service d’une idéologie, mais incitait l’Amérique industrielle à retrouver son identité par le retour à la nature.
« Ce qui est sauvage, proclame-t-il,s’accorde avec la vie, et le plus souvent est aussi le plus sauvage », tandis que, dans son essai De la marche, il exprime avec force ce qui deviendra l’évangile des écologistes actuels/ « L’Ouest dont je parle n’est qu’un synonyme de terre sauvage, et ce vers quoi tendent mes développements c’est l’affirmation que la sauvegarde du monde réside dans cette nature sauvage. » Longtemps considérées avec un certain dédain – de son vivant ses livres ne furent lus que par quelques centaines de lecteurs, et il ne fut apprécié que de quelques-uns de ses pair, comme Herman Melville et Walt Whitman – l’œuvre et la pensée du ’’célibataire de la nature ’’
n’ont cessé d’étendre leur audience. Parmi ses héritiers, les ’’ Environnementalistes ’’ comme John Muir et Aldo Leopold, les tenants du retour à la nature des années 1960, les apôtres de la résistance civile et de la non-violence comme Lanza del Vasto et Martin Luther King, les contempteurs de la société de consommation, les militants contemporains de la décroissance, les partisans des énergies renouvelables et les adeptes d’une biodiversité durable…Jusqu’à son expérience de la vie dans les bois qui, de temps à autre, incite un écrivain, tel Sylvain Tesson, à se retirer loin du monde au cœur des forêts pour retrouver la vertu qu’ « un homme est riche en proportion du nombre de choses dont il peut se passer *».
* A..méditer… !
Photo ci-dessus, vue d’ensemble du lac ’’Baïkal’’ gelé et de la montagne qui l’entoure en hiver.
Photo ci-dessus, vue de la cabane,de Sylvain Tesson, prise depuis le lac gelé.
Photo ci-dessus de la cabane de Sylvain Tesson.
Photo ci-dessus, vue du lac gelé, prise depuis l’intérieur de la cabane et par la fenêtre.
L’écrivain Sylvain Tesson, dans sa cabane du lac Baîkal où il renoua l’expérience de Thoreau à Walden.
Le livre qu’il en tira, ’’ Dans les forêts de Sibérie’’ ( Gallimard..) fut un succès de librairie.
Photo ci-dessus de Sylvain Tesson, dans sa cabane, assis sur le lit.
Pour aller un peu plus loin encore :
Henry David Thoreau,
Le célibataire de la nature, de Thierry Gillyboeuf,
Fayard, 490 pages, 22 Euros.
Sept jours sur le fleuve, de Henry David Thoreau,
Traduction de Thierry Gilliboeuf,
Fayard, 452 pages, 22 Euros.
Sibérie ma chérie, de Sylvain Tesson,
Thomas Goisque et Bertrand et
Bertrand de Mirollas,
Gallimard, 144 pages, 150 illustrations, 19,90 Euros.
Après ces deux hommes d’exception que sont pour moi Jean-Jacques Audubon et Henry David Thoreau ( certes, pas les seuls..), je vous parlerai, un peu plus tard, et un peu plus loin, de deux..femmes d’exception.
P.S. : si je devais me comparer à quelqu’un, ce serait, sans hésiter, à ces deux
hommes que je ferais référence. Mais des deux, c’est surtout Henry David
Thoreau ( sans prétentions..) auprès duquel je me sens le plus proche ; car
depuis ma plus tendre enfance j’étais un ’’ homme des bois et surtout de la
Nature’’, mais surtout..libre, car, dès l’âge de quinze ans, j’ai pris ma destinée
en main sur le plan professionnel et du travail, et donc de la vie.
Je n’ai jamais marché, depuis l’âge de quinze ans, avec un..rétroviseur, ni regardé en arrière.
Il faut se fixer des objectifs et des jalons intermédiaires et successifs, avoir de la volonté et de l’ambition.
Pour avancer dans la vie, il ne faut pas faire fi du passé, ni renier ses propres origines, mais ne pas vivre constamment en s’appuyant sur le passé pour pouvoir avancer…

















