L’Europe devenue mafieuse ?..
L’Europe devenue mafieuse ?..
Préambule
On pourrait, et on peu se poser la question à juste titre et à plus d’un titre..
Petit rappel..
Il suffit pour cela de remonter un peu dans le temps, rappelez vous cette guerre en Tchétchénie, dont au cœur de Grozny, la capitale, et avec l’assassinat de cette journaliste Russe, Anna Politovskaia, puis, plus près de nous, cet accident tragique en voiture d’un représentant politique Autrichien, Jörg Haider, à la tête d’un groupe politique d’extrême droite, le parti..
Puis, plus récemment, avec cet assassinat (car il n’y a pas d’autre expression plus juste..) d’une journaliste Maltaise et ’’blogueuse’’,Daphne Caruana Galiziaet qui avait dénoncé les dérives mafieuses et la corruption du gouvernement de Malte et de son premier ministre sur le plan financier et en évasion fiscale vers des comptes offshores, comme les fameux ’’Panama Papers’’…
Introduction
Photo ci-dessus, la Mafia en Europe..
Photo ci-dessus, la pieuvre de la Mafia en Europe..et à travers le Monde..
L’Europe, cette belle et grande Europe, n’est plus du tout l’Europe, la vraie, des vrai débuts et voulue par… Robert Schuman, Konrad Adenauer, Jean Monnet ..
Les vrais pères fondateurs de l’Europe du début :
l s'agit de l'Allemand Konrad Adenauer, du Luxembourgeois Joseph Bech, du Néerlandais Johan Willem Beyen, de l'Italien Alcide De Gasperi, des Français Jean Monnet, Robert Schuman et du Belge Paul-Henri Spaak. D'autres personnages marquants ont eu également un rôle notable dans l'histoire de la construction européenne comme le diplomate d'origine austro-hongroise Richard Coudenhove-Kalergiet le Français Robert Marjolin, à l'origine de l'Union économique et monétaire.
En effet, en avançant dans le temps, par rapport aux premiers vrais débuts de cette Europe grandissante, avec, au tout début, seulement ..6 pays membres, puis.. 9, 10..,12, ..13..,23.., 24.., et enfin.. 28.
Sans toutefois oublier,, entretemps, le fameux..Brexit..
Le 23 juin 2016, les citoyens britanniques votent en majorité pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne dans le cadre d'un référendum. La procédure de retrait est enclenchée le29 mars 2017 par l'activation de l'article 50 du traité sur l'Union européenne.
Avec cette nouvelle Europe, on a facilité le libre échange, et avec..la corruption..
Plus aucune douane en place, et donc plus aucune tractation douanière, en contrôle et paperasseries..etc..
Il s’en est suivi un vaste marché, en faux échanges, et marché financier, aussi et surtout, avec, de surcroît, aucun contrôle de tous ces transits financiers, en tous genres, et qui font perdre énormément d’argent à l’Europe, mais aussi et surtout, à chaque pays membre..
Photo ci-dessus, carte des mafias du Monde..
Photo ci-dessus carte circuits de l’héroïne et de la cocaïne dans le monde..
Même la tomate est devenue un marché juteux et business géré et contrôlé par la Mafia..
Malte et l’affaire de la journaliste et blogueuse Daphne Caruana Galizia
La carcasse de la voiture de Daphne Caruana Galizia, la blogueuse assassinée le 16 octobre 2017 à Malte.
REUTERS/Darrin Zammit Lupi
Réaction du premier ministre Maltais..fort indigné( !)..
Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, dont l'entourage proche a été la cible des attaques de la chroniqueuse, a dénoncé un acte «barbare». Des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées près de La Valette pour rendre hommage à la journaliste.
Une blogueuse maltaise, Daphne Caruana Galizia, à l'origine d'accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin, a été tuée lundi par une bombe placée sous sa voiture. Vers 15 heures, une puissante explosion a détruit le véhicule dans lequel elle circulait près de son domicile, propulsant la carcasse calcinée de la voiture dans un champ voisin.
Lors d'un point presse, le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, dont l'entourage proche a été la cible de violentes attaques de Daphne Caruana Galizia, a dénoncé un acte «barbare» et ordonné aux forces de l'ordre de concentrer toutes leurs ressources pour que ses auteurs soient traduits en justice. «Ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd'hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d'expression», a-t-il déclaré. «Je n'aurai de cesse que justice soit faite», a-t-il promis, appelant l'île à l'union.
A Bruxelles, le groupe conservateur PPE a évoqué «un crime innommable et une attaque contre la liberté d'expression», tandis que le commissaire européen maltais Karmenu Vella (Pêche et Environnement) a dénoncé «une attaque contre notre démocratie».
Dans la nuit, des milliers de personnes se sont spontanément rassemblées à Sliema, près de La Valette, lors d'une veillée, bougies à la main, pour rendre hommage à la journaliste tuée dans l'explosion de sa voiture.
La Sliema (Malte), le 17 octobre. Dans la nuit, des milliers de personnes ont organisé une veillée en hommage à la journaliste. REUTERS/DARRIN ZAMMIT LUPI
Agée de 53 ans, Daphne Caruana Galizia a travaillé comme chroniqueuse dans plusieurs médias maltais mais était surtout connue pour le blog dans lequel elle a révélé plusieurs affaires de corruption.
Début juin, Joseph Muscat avait remporté une large victoire lors d'élections législatives anticipées convoquées à la suite d'une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches, dans la révélation desquels Daphne Caruana Galizia avait joué un rôle central.
Michelle Muscat, l'épouse du Premier ministre, est ainsi accusée d'avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l'Azerbaïdjan en échange de l'autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. «Le plus gros mensonge de l'histoire politique maltaise», avait réagi Joseph Muscat, tout en promettant de démissionner si les faits étaient avérés à la suite d'une enquête qu'il a lui-même réclamée.
La blogueuse a été tuée ce lundi par une bombe placée sous sa voiture.
REUTERS/Darrin Zammit
Le magazine Politico avait classé Daphne Caruana Galizia parmi les "28 personnalités qui font bouger l'Europe". Elle a fait de la corruption son cheval de bataille.
Elle était une figure de l'opposition au pouvoir. Une blogueuse maltaise, Daphne Caruana Galizia, à l'origine d'accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin dernier, a été tuée ce lundi par une bombe placée sous sa voiture, a annoncé le Premier ministre maltais, Joseph Muscat.
Vers 15 heures, une puissante explosion a détruit la voiture dans laquelle elle circulait près de son domicile, propulsant la carcasse calcinée du véhicule dans un champ voisin.
Lors d'un point presse, le Premier ministre, dont l'entourage proche a été la cible de violentes attaques de la part de cette blogueuse d'opposition, a dénoncé un acte "barbare" et ordonné aux forces de l'ordre de concentrer toutes leurs ressources pour que ses auteurs soient traduits en justice. "Ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable à de nombreux niveaux. Aujourd'hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d'expression", a-t-il déclaré.
"Je n'aurai de cesse que justice soit faite", a-t-il promis, appelant l'île à l'union. Âgée de 53 ans, Daphne Caruana Galizia a travaillé comme chroniqueuse dans plusieurs médias maltais mais était surtout connue pour le blog sur lequel elle a dénoncé plusieurs affaires de corruption.
Selon Le Monde, elle était une "star locale". Son site battait des audiences records avec "des pointes à 500 000 pages vues ces dernières semaines (pour 430 000 habitants !)".
Début juin, le Parti travailliste de Joseph Muscat, au pouvoir depuis 2013, avait remporté une large victoire lors d'élections législatives anticipées convoquées à la suite d'une série de scandales impliquant des proches du Premier ministre. Daphne Caruana Galizia avait joué un rôle central dans ces révélations.
Le ministre de l'Énergie, le chef de cabinet de Joseph Muscat et jusqu'à l'épouse du Premier ministre ont été soupçonnés de détenir des comptes off-shore révélés dans le cadre du scandale des "Panama Papers". Joseph Muscat a catégoriquement démenti les accusations et promis de démissionner si les accusations étaient démontrées.
Au printemps, le magazine Politico avait classé Daphne Caruana Galizia parmi les "28 personnalités qui font bouger l'Europe", la décrivant comme "un WikiLeaks entier en une seule femme, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte".
Réaction de l’Europe à ce sujet..
La Commission européenne s'est dite "horrifiée" ce mardi 17 octobre par l'assassinat d'une journaliste et blogueuse maltaise anti-corruption, Daphne Caruana Galizia, tuée la veille par une bombe placée sous sa voiture et a réclamé que "justice soit faite".
La voiture de la victime a complètement cramé.
On est toujours dans le cadre de corruption..politique et gouvernementale..de corruption financière, et..d’évasions fiscales au sens louable du terme..rien de plus !
Malte ou l’éternel problème des paradis fiscaux en Europe..
Photo ci-dessus du port de La Valette.
L’affaire des Panama Papers..rappelez-vous..
Une enquête menée par plus de 100 journaux a mis au jour une affaire planétaire d'évasion fiscale. Les révélations sont basées sur la fuite de plus de 11,5 millions de documents provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca. Ces derniers prouvent les avoirs sur des comptes offshore illégaux de 140 responsables politiques et personnalités, parmi lesquelles Vladimir Poutine, Lionel Messi ou encore Michel Platini.
Michel Platini, le 24 mars 2015 lors du Congrès de l'UEFA à Vienne.
afp.com/JOE KLAMAR
AFP , publié le 19/10/2017 à 21:56
Les Unes des journaux du 4 avril 2016 avec les révélations des "Panama Papers".
afp.com/CHRISTOF STACHE
Reconnus coupables de "diffamation publique", les responsables de la publication de l'AFP et de 20 minutes ont été condamnés chacun à 1000 euros d'amende et 2000 euros de dommages et intérêts à verser au FN, ainsi que 2000 euros chacun pour les frais de justice.
L'AFP a été condamnée pour une dépêche datée du 5 avril 2016 et titrée "Panama Papers: la liste des pratiques fiscales opaques s'allonge, le FN et la Société générale épinglés". Cette dépêche reprenait des informations publiées par le journal Le Monde, qui s'était procuré, dans le cadre d'un groupe de journalistes d'investigation, des documents provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca mettant en cause des membres de l'entourage de Marine Le Pen, la présidente du parti d'extrême droite.
Le tribunal correctionnel de Paris relève que si l'article "fait état de l'implication de membres du 'premier cercle des fidèles de la présidente du Front national', il n'évoque ni ne suggère aucune implication du FN". En utilisant le terme "épinglé", l'AFP a donc, pour la justice, "excédé les limites qu'impose le devoir de prudence dans l'expression".
De son côté, 20 Minutes était attaqué pour le sous-titre d'un article du 5 avril 2016 portant sur le même scandale des Panama Papers et indiquant "Fraude: le système dénoncé aurait été utilisé par le FN pour sortir de l'argent de France au moyen de sociétés écrans et de fausses factures".
Le tribunal a relevé que l'emploi du mot "fraude", alors que l'article lui-même ne donnait "aucun élément de nature à caractériser l'utilisation d'un système offshore par le FN", était donc diffamatoire.
Dès la parution de l'enquête du Monde sur le scandale international qui allait notamment conduire à la chute du Premier ministre islandais, des dirigeants du Front national avaient nié toute implication de leur parti dans cette affaire.
Ils avaient dénoncé une "diffamation par amalgame", alors que l'enquête du Monde, s'appuyant sur des documents provenant du cabinet Mossack Fonseca, mettaient notamment en avant le rôle de l'expert-comptable Nicolas Crochet et de l'homme d'affaires Frédéric Chatillon, patron de la société Riwal qui réalise des prestations de communication pour des candidats FN.
Réaction (toujours..)du premier ministre Maltais..du foutage de gueule..de qui se moque-t-on ?
Une photo prise le 27 avril 2017 de la blogueuse et journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, assassinée le 16 octobre 2017. — MATTHEW MIRABELLI / AFP
MEURTRE Daphne Caruana Galizia était à l’origine de révélations de corruption au sein de l’entourage d’hommes politiques de l’île…
20 Minutes avec AFP
Publié le 21/10/17 à 20h22 — Mis à jour le 21/10/17 à 20h22
- Une blogueuse maltaise, Daphne Caruana Galizia, a été tuée par une bombe placée sous sa voiture.
- Elle à l’origine d’accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin.
- Le gouvernement maltais a promis samedi une récompense d'un million d'euros.
Une récompense d'un million d'euros. C'est la somme que promet le gouvernement maltais à quiconque apporterait des informations permettant d'aboutir à l'identification des responsables de l'assassinat à la voiture piégée de la journaliste et blogueuse anti-corruption Daphne Caruana Galizia.
«Justice doit être rendue quoi qu'il en coûte»
«C'est un cas d'une extraordinaire importance qui requiert des mesures extraordinaires, et justice doit être rendue quoi qu'il en coûte», souligne le gouvernement dans un communiqué.
Devant le Parlement mercredi soir, le Premier ministre maltais Joseph Muscat, dont l'entourage proche était la cible de virulentes attaques de Daphne Caruana Galizia, avait annoncé que son gouvernement allait proposer «une récompense substantielle et sans précédent» pour retrouver les auteurs et les commanditaires de l'assassinat.
Les trois fils de la journaliste, Matthew, Andrew et Paul avaient révélé jeudi sur Facebook que Joseph Muscat envisageait une récompense d'un million d'euros et avait fait pression en vain pour qu'ils soutiennent cette initiative. «Nous ne sommes pas intéressés par une condamnation en justice qui permette seulement aux responsables au gouvernement ayant bénéficié du meurtre de notre mère de tourner le dos et de dire que la justice a été rendue», avaient-ils écrit.
Mégots de cigarettes analysés
L'enquête sur la mort de Daphne Caruana Galizia se poursuivait samedi à Malte, les policiers analysant notamment des mégots de cigarettes trouvés sur un lieu surplombant celui l'explosion. Les mégots ont été retrouvés à l'endroit où a été vu un véhicule «suspect» qui pourrait être celui de la personne ayant actionné la charge explosive lundi début d'après-midi, selon des sources proches de l'enquête.
Le véhicule était garé au milieu d'une route de campagne, à distance des immeubles voisins, et a attiré l'attention des automobilistes. Toute la zone a été passée au peigne fin par les experts de médecine légale ainsi que par des agents du FBI et des experts venus des Pays-Bas pour épauler les policiers maltais.
Des organisations de la société civile ont appelé à une grande manifestation pacifique et apolitique dimanche dans les rues de la capitale La Valette, près d'une semaine après l'assassinat. «Un acte auquel il faut répondre par l'unité de la nation», selon les organisateurs de cette marche pour laquelle consigne a été donnée de venir avec un drapeau maltais.
Les médias de l'archipel ont décidé de s'associer à l'événement en diffusant le même slogan aussi bien sur leurs antennes que dans leurs versions électroniques ou papier: «Le stylo est plus fort que la peur». Souvent qualifiée de «Wikileaks à elle toute seule», Daphne Caruana Galizia, 53 ans, avait révélé de nombreux scandales impliquant des personnalités politiques maltaises.
Ses fils Matthew, Andrew et Paul ont révélé jeudi matin sur Facebook que M. Muscat envisageait une récompense d'un million d'euros et avait fait pression en ...
Les trois fils de Daphne Caruana Galizia, journaliste et blogueuse anti-corruption maltaise assassinée lundi, ont rejeté jeudi la forte récompense promise par le Premier ministre Joseph Muscat pour retrouver les meurtriers et réclamé plutôt sa démission.
Alors que l’attentat ciblé à la voiture piégée a provoqué une vague d’indignation à l’étranger et une forte émotion à Malte, les journalistes du petit archipel ont prévu un rassemblement silencieux en fin de matinée à La Valette.
Devant le Parlement mercredi soir, M. Muscat, dont l’entourage proche était la cible de virulentes attaques de Daphne Caruana Galizia, a annoncé que le gouvernement allait proposer « une récompense substantielle et sans précédent » pour retrouver les auteurs et les commanditaires de l’assassinat.
Ses fils Matthew, Andrew et Paul ont révélé jeudi matin sur Facebook que M. Muscat envisageait une récompense d’un million d’euros et avait fait pression en vain pour qu’ils soutiennent cette initiative. « Nous ne sommes pas intéressés par une condamnation en justice qui permette seulement aux responsables au gouvernement ayant bénéficié du meurtre de notre mère de tourner le dos et de dire que la justice a été rendue », ont-ils écrit.
La justice « ne sera rendue que quand ce pour quoi notre mère s’est battue -la responsabilité en politique, l’intégrité dans la vie publique, une société ouverte et libre- aura remplacé la situation désespérée dans laquelle nous nous trouvons », ont-ils insisté.
« Le Premier ministre a demandé notre soutien, voici comment il peut l’obtenir: fais preuve de responsabilité politique et démissionne. Démissionne pour n’avoir pas réussi à garantir nos libertés fondamentales. Démissionne pour avoir permis la naissance d’une société dominée par la peur, la méfiance, la criminalité et la corruption », ont-ils insisté.
M. Muscat, qui s’est envolé jeudi matin pour le Conseil européen de Bruxelles, a déclaré devant le Parlement qu’il serait « irresponsable » de sa part de démissionner pour l’instant.
Il a aussi expliqué que la journaliste, parfois qualifiée de « WikiLeaks à elle toute seule », avait refusé toute protection depuis 2010 afin que personne ne puisse savoir qui entrait et sortait de chez elle
Modifié le 21/10/2017 à 21:03 | Publié le 21/10/2017 à 21:03
Agée de 53 ans, Daphné Caruana Galizia tenait un blog très populaire dans lequel elle dénonçait la corruption et s'en prenait régulièrement au chef du gouvernement. | Reuters.
Le gouvernement maltais offre un million d’euros de récompense pour toute information susceptible de conduire à la condamnation des assassins de la journaliste Daphné Caruana Galizia, tuée lundi par une bombe déposée sous sa voiture.
« Il s’agit d’une affaire d’une importance extraordinaire qui requiert des mesures extraordinaires », a annoncé le gouvernement maltais dans un communiqué faisant allusion à la mort de la journaliste d’investigation maltaise tuée lundi par l’explosion d’une bombe sous sa voiture.
Le Premier ministre Joseph Muscat avait promis mercredi devant le Parlement qu’une récompense « substantielle » serait offerte, sans en préciser le montant.
Âgée de 53 ans, Daphné Caruana Galizia tenait un blog très populaire dans lequel elle dénonçait la corruption et s’en prenait régulièrement au chef du gouvernement.
Le Premier ministre Joseph Muscat, accusé de malversations par Caruana Galizia il y a quelques mois, avait dénoncé son meurtre qu’il avait qualifié d'« attaque barbare contre la liberté de la presse ». « Je n’aurai aucun repos tant que la justice ne sera pas rendue dans cette affaire », avait-il dit lors d’une allocution télévisée, lançant un appel à l’unité nationale.
AFP , publié le 21/10/2017 à 18:12
Une femme tient une lanterne avec une photo de la journaliste assassinée Daphné Caruana Galizia devant letribunal de La Valette, à Malte, le 17 octobre 2017 lors d'une manifestation demandant justice.
afp.com/Matthew Mirabell
Un dialogue de dupe..
Après l'assassinat de la journaliste anti-corruption Daphne Caruana Galizia, l'État maltais propose une importante récompense à quiconque aidera à identifier les responsables.
"C'est un cas d'une extraordinaire importance qui requiert des mesures extraordinaires, et justice doit être rendue quoi qu'il en coûte", a déclaré le gouvernement maltais dans un communiqué, après avoir proposé une récompense d'un million d'euros à toute personne qui apporterait une information permettant l'identification des responsables de l'assassinat à la voiture piégée de la journaliste Daphne Caruana Galizia.
Mercredi soir, le Premier ministre maltais Joseph Muscat avait annoncé devant le Parlement que son gouvernement allait proposer "une récompense substantielle et sans précédent" pour retrouver les auteurs et les commanditaires de l'assassinat. Une annonce surprenante, puisque son entourage proche était la cible de virulentes attaques de Daphne Caruana Galizia, qui était engagée contre la corruption.
Les trois fils de la journaliste, Matthew, Andrew et Paul avaient révélé jeudi sur Facebook que le Premier ministre envisageait d'offrir un million d'euros de récompense et avait fait pression, en vain, pour qu'ils soutiennent cette initiative. "Nous ne sommes pas intéressés par une condamnation en justice qui permette seulement aux responsables au gouvernement ayant bénéficié du meurtre de notre mère de tourner le dos et de dire que la justice a été rendue", avaient-ils écrit.
L'enquête sur la mort de Daphne Caruana Galizia se poursuivait samedi à Malte. Les policiers analysaient notamment des mégots de cigarettes retrouvés à l'endroit où a été vu un véhicule "suspect", qui pourrait être celui de la personne ayant actionné la charge explosive lundi début d'après-midi, selon des sources proches de l'enquête. Toute la zone a été passée au peigne fin par les experts de médecine légale ainsi que par des agents du FBI et des experts venus des Pays-Bas pour épauler les policiers maltais.
LIRE AUSSI >> Malte: derrière l'assassinat d'une journaliste, un État miné par la corruption
Des organisations de la société civile ont appelé à une grande manifestation pacifique et apolitique dimanche dans les rues de la capitale La Valette, près d'une semaine après l'assassinat. "Un acte auquel il faut répondre par l'unité de la nation", selon les organisateurs de cette marche pour laquelle consigne a été donnée de venir avec un drapeau maltais. Les médias de l'archipel ont décidé de s'associer à l'événement en diffusant le même slogan aussi bien sur leurs antennes que dans leurs versions électroniques ou papier: "Le stylo est plus fort que la peur".
Souvent qualifiée de "Wikileaks à elle toute seule", Daphne Caruana Galizia, 53 ans, avait révélé de nombreux scandales impliquant des personnalités politiques maltaises.
L’attentat et assassinat..déroulé en images..
Il y a eu..deux explosions presque simultanées, l’une après l’autre, et entendues à la ronde..
En Russie..
8 octobre 2006 à 07:00
Ses milliers d'articles et interviews dénonçaient les crimes commis en Tchétchénie, la corruption du pouvoir et les mensonges du régime • Le parquet russe a ouvert une enquête •
«Les mots peuvent sauver des vies», disait la journaliste Anna Politkovskaïa dans une de ses dernières interviews à la radio russe Echo Moscou, l'un des derniers grands médias russes où une certaine liberté d'expression est possible. Pour cette conviction, et pour ses milliers d'articles et interviews où inlassablement elle dénonçait les crimes commis en Tchétchénie, la corruption du pouvoir et les mensonges du régime de Vladimir Poutine, la journaliste russe aura donné sa vie.Célèbre dans le monde entier pour ses enquêtes sur les violations des droits de l'homme en Tchétchénie, Anna Politkovskaïa a été abattue samedi soir dans l'ascenseur de son immeuble, au centre de Moscou, par un tueur qui l'attendait, alors qu'elle rentrait de faire ses courses. Le parquet russe a aussitôt reconnu que l'assassinat est de toutes évidences lié à ses «activités professionnelles» et a ouvert une enquête pour «meurtre avec préméditation». Agée de 48 ans, la journaliste était mère, divorcée, de deux enfants.
Le bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta, pour lequel Anna Politkovskaïa travaillait depuis 1999, avançait dimanche «deux versions»principales possibles pour ce meurtre: une «vengeance de Ramzan Kadyrov», le nouvel homme fort mis en place par Moscou en Tchétchénie, dont inlassablement elle dénonçait les exactions; ou bien au contraire une machination de «ceux qui veulent qu'on soupçonne l'actuel Premier ministre tchétchène qui peut prétendre au poste de Président (de Tchétchénie, ndlr) depuis qu'il vient de fêter ses 30 ans». Ce week-end encore, Anna Politkovskaïa préparait un article dénonçant les tortures commises par les hommes de Kadyrov en Tchétchénie, ont fait savoir ses collègues de Novaïa Gazeta, qui devaient publier lundi les photos et témoignages qu'elle avait recueillis.
Photo ci-dessus des deux hommes forts, à droite, Vladimir Poutine, à sa gauche..Kadyrov, l'homme embarrassant qui dérange et qui est imprévisible, mais dont Poutine se sert et à besoin pour cette contrée.
Photo prise après la guerre de Tchétchénie, et après la reconstruction de Grozny, photo prise devant la grande mosquée de Grozny.
«Elle était l'un des derniers journalistes à écrire sur la dictature de fait de Kadyrov, sur l'arbitraire et la violence en Tchétchénie», a témoigné son collègue Andreï Babitski, autre dernier des journalistes russes à tenter d'enquêter sur la Tchétchénie mais forcé pour cela à vivre en exil à Prague. «Elle dessinait un tableau qui ne correspondait pas du tout à l'image de la Tchétchénie qu'essaient aujourd'hui d'imposer Kadyrov et ses publicitaires.»
Très prompt d'ordinaire à réagir à l'actualité de son pays, le Président Vladimir Poutine n'avait toujours pas commenté dimanche matin l'assassinat de la plus célèbre journaliste de Russie. De façon très révélatrice encore, c'est le dernier Président de l'Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, qui a réagi le plus vite dénonçant un «crime sauvage contre une journaliste professionnelle, sérieuse et courageuse». «C'est un coup pour toute la presse démocratique indépendante, c'est un crime grave contre notre pays, contre nous tous», a commenté Gorbatchev, par ailleurs récemment devenu actionnaire du journal Novaïa Gazeta. Dans son dernier livre, La Russie de Poutine, publié à l'étranger et non en Russie, Anna Politkovskaïa se livrait à une analyse impitoyable de la politique de l'actuel président russe et écrivait: «Je ne l'aime pas à cause de son cynisme, de son racisme, de ses mensonges (...) sur les massacres d'innocents au début de son mandat.»
Effondrés par ce crime, les amis et compagnons de route d'Anna Politkovskaïa devaient se rassembler place Pouchkine, dimanche midi, au centre de Moscou, en marge d'une manifestation à l'origine prévue contre la nouvelle politique anti-géorgienne de Poutine. Avec un mince espoir encore, exprimé par Oleg Panfilov, directeur du centre des journalistes dans des conditions extrêmes: qu'après l'assassinat d'Anna, «les journalistes se réveillent enfin, qu'ils réalisent que la censure, le mensonge et tout ce que le pouvoir fait des journalistes et de la vérité ne peuvent plus continuer».
Thomas Dworzak : Magnum..Hôpital à Grozny, Tchétchénie, 2001..
Photo ci-dessus, un-homme-tient-un-portrait-de-la-journaliste-russe-anna-politkovskaia-assassinee-le-7-octobre-2006-lors-d-une-manifestation-a-moscou.
http://video-streaming.orange.fr/actu-politique/massacre-quartier-grozny-VID0000001FNBW.html
https://www.youtube.com/watch?v=VTX9ecx4JdA
Photo ci-dessus d'un montage de photos en mosaïque, d'une vidéo prise le jour de l'assassinat de anna-politkovskaia devant son immeuble et dans la rue..
En Autriche..rappelez-vous..
Mort de Jörg Haider dans un accident tragique en voiture..
Entretien avec Lionel Baland « Je crois que Jörg Haider a été assassiné »
Lionel Baland, spécialiste des partis populistes en Europe, publie aux éditions des Cimes un ouvrage consacré à Jörg Haider. Il y remet en cause la version officielle de la mort du leader de la droite patriotique autrichienne. Nous l’avons rencontré.
Minute : Pourquoi avoir choisi de réaliser un ouvrage sur Jörg Haider ?
Lionel Baland : Jörg Haider est une personnalité extraordinaire qui a profondément modifié le paysage politique de son pays. Homme de communication, il a un peu été le Mozart de la politique autrichienne. Il a également transformé son bastion de Carinthie – dont il fut longtemps gouverneur – en laboratoire de ses idées et en vitrine de ses réalisations.
Quelques mois après son décès, rencontrant d’anciennes proches collaboratrices de Jörg Haider, j’ai décidé de réaliser un ouvrage sur le sujet, à partir de sources essentiellement allemandes, afin de faire connaître au public francophone l’histoire et les réalisations de cette superstar de la politique, tout en l’inscrivant dans le contexte historique de sa famille de pensée.
Quel a été le parcours de Jörg Haider ?
En 1986, lorsqu’il prend le contrôle du parti libéral FPÖ, cette formation politique est au bord de l’effondrement. Jörg Haider, en enchaînant une série de victoires, permet au FPÖ de devenir, lors des élections législatives de 1999, le deuxième parti du pays avec 26,9 % des voix. Au début de l’année 2000, un gouvernement réunissant le FPÖ et la troisième formation du pays, le parti conservateur ÖVP, voit le jour. Alors que Jörg Haider devrait logiquement assumer la fonction de chancelier, il est contraint, sous la forte pression internationale, de
céder la place au dirigeant de l’ÖVP Wolfgang Schuessel. Mais il n’empêche : durant sept années, les patriotes autrichiens participent à la gestion gouvernementale.
Jörg Haider semble avoir préfiguré l’essor des populismes européens, le plus souvent libéraux et conservateurs…
Oui, le FPÖ est un parti libéral qui a été membre de l’Internationale libérale. La révolution allemande de 1848, prolongement des événements qui ont lieu en France à la même époque, se déroule à Francfort-sur-le-Main.
Les libéraux, qui représentent à l’époque une force politique progressiste, désirent un accroissement et un renforcement des libertés individuelles (liberté de presse, d’association, de réunion, mais également la mise en place de mesures sociales. Ils sont également anticléricaux, c’est-à-dire opposés à l’intervention de l’Eglise dans les affaires de l’Etat. Si ces idées sont celles des libéraux au sein des différents pays d’Europe, en Allemagne ceux-ci désirent également réaliser l’unité du peuple allemand. Si, en Autriche, la tendance nationaliste grande-allemande reste puissante au sein du FPÖ, en Allemagne, elle a quasiment disparu au sein du parti libéral-démocrate, le FDP.
L’histoire étant ce qu’elle est, comment expliquer le succès de Jörg Haider ?
Il faut examiner les raisons liées à un contexte politique favorable ; et les capacités exceptionnelles de Jörg Haider pour en tirer profit. Au cours des années 1970, les deux partis du système, socialiste et social-chrétien, récoltent ensemble 90 % des voix. L’Autriche est à cette époque un petit pays tranquille protégé par le rideau de fer et au sein duquel les entreprises fournissent des emplois stables aux citoyens. L’ouverture des frontières change progressivement la donne. Le phénomène s’accélère avec le démantèlement du rideau de fer et l’effondrement des régimes communistes d’Europe de l’Est, ainsi qu’avec les guerres de démembrement de la Yougoslavie. L’Autriche se retrouve au début des années 1990 face à une délinquance massive. De plus, soumise à la mondialisation, l’économie autrichienne offre des emplois et situations économiques de plus en plus précaires. Jörg Haider surfe sur ces changements sociologiques afin de porter des coups au système en place et de récolter les voix.
C’est là qu’interviennent ses « capacités exceptionnelles » ?
Absolument ! C’est une personne extrêmement innovante qui met au point toute une série de stratégies et de méthodes qu’emploient encore son successeur à la tête du FPÖ… et les leaders populistes européens. Sur le plan tactique, Haider a compris l’importance cruciale de l’enracinement. C’est tout sauf un homme de coups. Lorsqu’il n’est pas actif à l’échelle du pays, il travaille le terrain dans son bastion. Il a donc à tout moment une possibilité de repli, en même temps qu’une base électorale solide qui le propulse sur la scène nationale.
Il a aussi compris l’importance d’une bonne communication…
Jörg Haider développe l’image d’un gagnant, jeune, bronzé, sportif. Il se déplace dans des voitures de sport et dispose d’une impressionnante garde-robe. En Carinthie, tout le monde l’appelle Jörg et le tutoie, tout comme il tutoie tout le monde. Au sein d’un paysage politique sclérosé, ses concurrents font pâle figure à côté de lui. Jörg Haider passe son temps à briser des tabous politiques. Il devient une sorte de Robin des Bois qui défend le peuple face aux abus des puissants. Il dénonce le partage de l’appareil d’Etat entre les deux partis du système et la distribution de prébendes aux affidés de ces formations politiques et de leurs organisations annexes. Il surfe sur le rejet de l’immigration et de l’insécurité. Il dit tout haut ce que beaucoup de personnes pensent tout bas.
Comment expliquer la soudaine chute de Haider, au milieu des années 2000 ?
N’ayant pu être chancelier d’Autriche, il décide de couper les ponts avec l’aile dure du parti et crée, en 2005, le BZÖ, Mouvement pour l’avenir de l’Autriche. Au sein du gouvernement, le BZÖ remplace le FPÖ. Ce dernier, repris en main par Heinz-Christian Strache, se retrouve dans l’opposition.
Ce fut une erreur car Haider a cassé une belle dynamique…
Oui. Lors des élections législatives d’octobre 2006, le BZÖ sauve les meubles en obtenant tout juste les 4 % nécessaires pour siéger au Parlement. Le FPÖ est à 11 %. Un gouvernement réunissant les sociaux-démocrates et les conservateurs voit le jour. Cependant, des élections anticipées ont lieu en septembre 2008. Le BZÖ décroche plus de 10 % des voix et le FPÖ 17,54 %. Jörg Haider déclare : « Je crois qu’après celle de Lazare, ma résurrection est la plus éclatante de l’histoire ! » Les liens sont renoués et la formation d’un gouvernement réunissant les deux partis patriotiques et le Parti conservateur est envisagée. Mais le 11 octobre 2008 au matin, la nouvelle tombe : Jörg Haider est décédé dans un accident de voiture.
En France, on imagine mal la portée de l’événement…
Parce que les Français font naturellement un parallèle avec le Front national diabolisé. Mais en Autriche, ce n’est pas pareil. Des milliers de personnes déposent des bougies dans le centre de Klagenfurt, la capitale de la Carinthie dont Haider est le gouverneur. Le gotha de la politique autrichienne, parmi lequel le président de la République autrichienne et le chancelier, participent à la cérémonie funèbre en présence de plus de 30 000 personnes – ce qui, pour un pays de seulement 8 millions d’habitants, est très important !
Vous remettez en cause la version officielle du décès de Jörg Haider. N’êtes-vous pas un peu conspirationniste ?
Non. Je ne suis pas du tout conspirationniste. Lors de la réalisation de mon livre, j’ai utilisé essentiellement des sources en allemand, ce qui m’a permis d’écarter les élucubrations d’une partie de la presse francophone sur le sujet. Au départ, j’ai complètement cru en la version officielle de l’accident et aux articles de presse prétendant à la bisexualité de Jörg Haider.
Mais au fil des lectures, des visites et des rencontres, j’ai découvert que la version établie ne tient pas la route. J’explique pourquoi au sein du livre, documents à l’appui. Haider vivait une véritable résurrection politique. Il est étrange qu’il ait pris le risque de se faire voir dans un établissement gay… Et apparemment, il ne s’y est pas rendu. En outre, lui qui ne buvait jamais une goutte d’alcool, n’aurait sans doute pas pris le risque de prendre le volant en état d’ivresse, car il savait qu’un malheureux contrôle routier avait ainsi coûté sa carrière à un célèbre politique autrichien. L’autopsie a révélé des conclusions troublantes sur la présence d’alcool dans le sang et les urines de Haider, dont la presse n’a pas tenu compte. La nature de l’accident ne correspond pas aux dégâts constatés sur la voiture. L’enquête semble avoir été bâclée… De plus, je ne suis pas le seul à penser cela. Le célèbre journaliste Gerhard Wisnewski, qui réalise des documentaires pour les plus grandes chaînes allemandes, a enquêté durant des mois sur le sujet et arrive à la conclusion qu’il y a 90 % de probabilités que Jörg Haider ait été assassiné.
Pourquoi s’en prendre à lui ?
Je ne connais pas encore les causes de cet éventuel assassinat, mais je sais que le retour de Haider sur le devant de la scène gênait beaucoup de monde. Permettez-moi enfin de rappeler qu’il n’est pas incongru d’envisager l’assassinat d’un leader populiste. Après tout, le Français François Duprat est-il, oui ou non, mort dans un attentat à la bombe ? Jean-Marie Le Pen a-t-il, oui ou non, échappé à un attentat qui a fait exploser tout son immeuble ? A-t-on, oui ou non, mis le feu à la maison du Suisse Oskar Freysinger ? Le néerlandais Pim Fortyuin a-t-il, oui ou non, été assassiné ? Alors pourquoi pas un Haider à nouveau en plein essor ? n
Entretien réalisé par Patrick Cousteau
Par La Rédaction | 15 octobre 2008 | Veille
Les spéculations sur la mort du leader autrichien d’extrême droite Jörg Haider vont bon train. Dès l’annonce de son décès à la suite d’un accident de voiture pour cause d’excès de vitesse, la rumeur de « l’assassinat » de Jörg Haider s’est mise à parcourir la Toile de part en part.
Ainsi, un fil de discussion sur un forum de Google est carrément intitulé « Assassinat de Jörg Haider : à qui profite le crime ? ».
Faussement naïf, le site d’extrême droite Les Intransigeants, s’interroge : «Assassiné ? ».
Certains exhument un article de Roger Boyes paru sur Times on line en juin 2005 et intitulé : ‘’Mossad spied on far-right Austrian’’ (tr. fr. : « Le Mossad espionnait l’extrême droite autrichienne »).
Que dit cet article ? Que les services secrets israéliens, qui cherchaient à recueillir des informations sur les contacts de Jörg Haider avec des dictateurs arabes tels que le colonel Khadafi ou Saddam Hussein, avaient, jusqu’en 2002, un informateur au sein du parti de Haider (le FPÖ) en la personne de Peter Sichrovsky, un juif autrichien, député au Parlement européen et secrétaire général du FPÖ.
Il n’en faut pas plus à certains pour évoquer la piste du complot sioniste. Sur La Banlieue s’exprime, un site proche du Front national, un internaute écrit :
« La disparition tragique de Jörg Haider est plus que troublante car elle intervient dans un contexte électoral ou son parti à réussi un spectaculaire retour sur le devant de la scène politique. (…) Cette disparition aussi soudaine que mystérieuse arrange en tout cas beaucoup de monde à commencer par les champions de la liberté et des droits de l’homme qui sévissent au parlement européen qui avaient organisé le blocus de l’Autriche pour sanctionné la volonté démocratique du peuple autrichien d’avoir choisi des dirigeants soucieux de leurs intérêts légitimes et non de ceux de l’étranger,,, Cette perte est aussi à mettre à l’actif du sionisme mondiale qui s’est débarrassé d’un de leur plus sérieux opposant en Autriche ».
Sur le site du Point.fr, certains font une analogie avec le décès accidentel de l’élu frontiste Jean-Pierre Stirbois ou l’assassinat – bien réel celui-ci – du Néerlandais Pym Fortuin :
« Jean-Pierre Stirbois, Pym Fortuin et maintenant Jörg Haider… Effectivement cela peut paraître étrange…surtout lorsque les médias disent que ces gens sont des nazis ou des antisémites ».
Sur un forum de discussion de yahoo.com, d’autres font des comparaisons pour le moins casse-gueule :
« Jorg Haider a sûrement été assassiné comme Coluche l’a été aussi, c’est gros comme une maison ».
Qu’en est-il en réalité ? L’accident s’est produit dans la nuit de vendredi à samedi, peu après 1 heure du matin. Le leader d’extrême droite rentrait de discothèque. Il roulait à 142 km/h (au lieu des 70 km/h autorisés) et avait un taux d’alcoolémie de 1,8 gramme d’alcool par litre de sang (la limite autorisée en Autriche étant de 0,5 gramme/litre). Il a doublé une automobiliste et a perdu le contrôle de son véhicule qui a heurté un poteau en béton et une bouche d’incendie avant de faire plusieurs tonneaux. Par ailleurs, Jörg Haider avait déjà eu un grave accident de la route en mars 1993 dont il s’était sorti miraculeusement avec une simple bosse. Son véhicule était alors passé par-dessus un talus et avait renversé un poteau télégraphique.
Ajoutons que la disparition de Jörg Haider n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle pour l’extrême droite autrichienne. Elle « ouvre probablement la voie à une réunification de l’extrême droite sous la bannière de Heinz-Christian Strache » note ainsi Le Monde.
Sources :
* « Jörg Haider roulait trop vite », Nouvelobs.com, 12 octobre 2008.
* Christophe Châtelot & Laurence Monnot, « Jörg Haider, leader de l’extrême droite autrichienne meurt dans un accident de voiture », Le Monde, 11 octobre 2008.
ERRATUM (18/10/2008) :
– Stefan Petzner, le successeur de Jörg Haider à la tête de l’Alliance pour l’avenir de l’Autriche (BZÖ), a déclaré, mercredi 15 octobre : « Il est exact que (…) Jörg Haider était sous l’emprise de l’alcool au moment de l’accident. Je peux et je dois le confirmer ».
– Said Kadhafi, l’un des fils du dirigeant libyen Mouammar Khadafi, a assisté aux obsèques de Jörg Haider le 18 octobre 2008.
Photo ci-dessus de l’intérieur (avec le tableau de bord..) d’une Volkswagen Phaetom neuve..
L’accident..déroulé en images..
Photo ci-dessus des lunettes de Jörg Haider au sol..
Photo ci-dessus de l’une des chaussures de Jörg Haider au sol..
Sa montre n’a jamais été retrouvée sur les lieux de l’accident..
par Sylvain Rakotoarison (son site)
mardi 14 octobre 2008
Haider vient de disparaître à 58 ans. Que vont faire ses élus et ses électeurs dans une Autriche en proie à la fièvre extrémiste ? Première partie : l’enfant précoce de la politique autrichienne.
Le samedi 5 novembre 1988, alors que je me réveillais à cinq heures du matin pour un déplacement vers Paris, j’apprenais à la radio la mort dans la nuit, dans un accident de voiture, du numéro deux du Front national Jean-Pierre Stirbois, l’homme qui inséra durablement le FN dans le paysage politique français en 1983 lors des élections municipales à Dreux. Il revenait d’un meeting à Dreux justement.
J’avoue que, pour la seule fois, j’avais eu cette réaction peu respectueuse d’un mort ; je m’étais presque surpris à me réjouir de sa disparition. Car ses idées, son activisme et son efficacité mettaient en danger, selon moi, quelques valeurs simples de la République française.
Logiquement, ce fut donc son rival interne, Bruno Mégret, polytechnicien et transfuge du RPR, qui eut gain de cause au sein du Front national (jusqu’à la scission en 1999), ce qui permit à Jean-Marie Le Pen, malgré ses nombreuses petites phrases à scandale, de se couvrir d’une certaine… "respectabilité".
Mais d’une "respectabilité" bien plus faible que celle qu’a acquise Jörg Haider en Autriche dans des alliances officielles avec des partis gouvernementaux.
La disparition du leader très charismatique du populisme autrichien va-t-elle créer un vide salutaire ou, au contraire, est-ce finalement une très mauvaise nouvelle pour les démocrates européens ?
Je pencherais vers la seconde hypothèse.
Un simple accident ( ?)
Comme pour Jean-Pierre Stirbois ou pour Borislaw Geremek, c’est un simple accident automobile qui a causé la mort brutale de Jörg Haider.
Revenant d’une boîte de nuit proche de sa ville natale, Klagenfurt, Haider roulait à cent quarante-deux kilomètres à l’heure quand il eut à une heure du matin, dans la nuit du 10 au 11 octobre 2008, son accident : il heurta un poteau en béton et une bouche d’incendie dans une zone limitée à soixante-dix kilomètres à l’heure.
Il était seul dans sa Volkswagen Phaeton V6 et il mourut peu de temps après de ses blessures. Il laisse une épouse et deux filles.
Le procureur Gottfried Kranz a immédiatement exclu toutes les hypothèses d’assassinat :« Toute spéculation sur d’autres causes d’accident [que la vitesse] est caduque. »
Le banal l’emporterait sur le romanesque. Tragiquement de toute façon.
Une renaissance des idées du passé
La disparition de Jörg Haider a eu lieu deux semaines à peine après des élections législatives anticipées qui avait donné une large victoire à son parti, la BZÖ, et à celui de son rival populiste, le FPÖ.
Véritable diable à deux têtes, celle de Heinz-Christian Strache et celle de Jörg Haider, l’extrême droite autrichienne avait obtenu ensemble près de 30 % des suffrages et 56 députés, soit deux de moins que le premier parti autrichien, les sociaux-démocrates de Werner Faymann.
Cette extrême droite n’a jamais fait dans la dentelle puisque ses leaders, à plusieurs reprises, avaient fait des déclarations ouvertement xénophobes, islamophobes et avaient même fait l’apologie du IIIe Reich et des Waffen SS.
Un constat qui montrerait à quel point l’Autriche, dont était originaire Adolf Hitler, n’a pas fait de travail d’introspection, comme en Allemagne après-guerre, sur la montée du nazisme et sur sa dénazification nécessaire.
Kurt Waldheim était même parvenu à se faire élire au suffrage universel direct président de la République autrichienne une quarantaine d’années après la chute de Hitler.
D’étranges hommages
Pourtant, Haider fut un homme très apprécié par ses électeurs et très respecté par ses adversaires, si l’on en juge les nombreux hommages rendus lors de l’annonce de sa mort.
Le social-démocrate Heinz Fischer, lointain successeur de Kurt Waldheim à la tête de l’État autrichien, a parlé d’une « tragédie humaine » et du « grand talent » du disparu qui a « suscité l’enthousiasme, mais aussi de fermes critiques ».
Werner Faymann, le probable futur chancelier, a évoqué un « homme d’exception » et sa mort l’a ému « profondément ».
Wilhelm Molterer, le président sortant des démocrates-chrétiens (et vice-chancelier sortant), est lui aussi « profondément choqué » et avait pour lui un « profond respect ».
Enfin, son rival populiste qui n’avait jamais caché son antipathie viscérale, Heinz-Christian Strache, a parlé de la « perte d’un homme de premier plan ».
Quand on lit ce concert de respectabilité, on ne peut être qu’étonné sur le haut degré d’hypocrisie de la classe politique autrichienne. Je doute que la disparition de Jean-Marie Le Pen susciterait une dose aussi élevée de langue de bois et de politesse.
Cela dit, il faut aussi reconnaître que, pendant la soirée électorale, l’ensemble des leaders des partis en compétition étaient réunis au cours d’un débat, chose qui n’arrive jamais en France sinon qu’avec des seconds couteaux.
Sur la même estrade avaient été en effet réunis le 28 septembre 2008 (voir photos de mon article sur le sujet) le social-démocrate Werner Faymann, le démocrate-chrétien Wilhelm Molterer, les populistes Heinz-Christian Strache et Jörg Haider ainsi que l’écologiste Alexander Van der Bellen.
Une carrière politique exceptionnelle
Bien que critiqué, l’homme Jörg Haider était un petit génie précoce de la politique. Un génie coquet, qui n’hésitait pas à s’habiller de façon souvent très originale.
De parents proches de l’idéologie nazie (son père cordonnier, Robert, était un militant actif du NSDAP en 1934), Haider devint en 1973 docteur en droit de l’université de Vienne.
Dès l’âge de 21 ans, il était (pendant quatre ans) le président des jeunes du Parti autrichien pour la liberté (FPÖ), à l’époque un petit parti contestataire qui faisait autour de cinq ou six pourcents de l’électorat.
Jörg Haider fut élu député à 29 ans (il fut le benjamin du Conseil national, l’équivalent de l’Assemblée nationale en Autriche, en 1979) et entra au gouvernement provincial de Carinthie en 1983.
Le 13 septembre 1986, Haider s’empara à 36 ans de la présidence du FPÖ alors que ce parti était dans une coalition gouvernementale avec les sociaux-démocrates depuis trois ans.
C’est à partir de ce moment que le FPÖ se tourna vers un populisme d’extrême droite, aidé du charisme de son nouveau leader.
Ce tournant crucial avait été immédiatement enregistré par le nouveau chancelier social-démocrate Franz Vranitzky qui, refusant ce glissement vers la droite du FPÖ, rompit la coalition SPÖ-FPÖ dès le 23 septembre 1986.
Le charisme de Haider a su bien faire monter les enchères puisque, le 23 novembre 1986, c’est-à-dire deux mois après son accession à la présidence, le FPÖ obtint presque 10 % soit le double du précédent scrutin du 24 avril 1983.
Pendant quatorze ans, ce fut la lente ascension de ce parti trublion, qui cassa de plus en plus (et encore il y a deux semaines) le bipartisme traditionnel de l’Autriche d’après-guerre ÖVP-SPÖ (démocrates-chrétiens du Parti populaire et sociaux-démocrates).
En 1989, Jörg Haider fut élu gouverneur de Carinthie, poste qu’il quitta en 1991 à cause des polémiques suscitées par ses louanges à méthode hitlérienne de la lutte contre le chômage, mais il accéda de nouveau à cette fonction en 1999 (la préférant à celle de ministre fédéral dans la coalition avec l’ÖVP), fonction qu’il privilégia jusqu’à sa mort.
Car le Land de Carinthie a acheté le terrain pour 30000 euros et a commandé un monument à la mémoire de Joerg Haider à l'artiste Giselbert Hoke.
— 11 octobre 2008 à 07:34 (mis à jour à 07:37)
Le leader de l'extrême-droite autrichienne est mort samedi matin dans un accident de la route.
Jörg Haider, chef historique de l'extrême droite autrichienne et gouverneur de Carinthie, mort samedi matin dans un accident de la route, était un tribun de la vie politique autrichienne connu pour ses positions populistes critiques sur l'immigration et l'Union européenne.
Il est décédé samedi à l'âge de 58 ans, des suites de ses blessures après que sa voiture a quitté la route et effectué plusieurs tonneaux alors qu'il rentrait chez lui près de Klagenfurt (sud) aux premières heures du jour, selon la police.
Marié et père de deux filles, le bouillant dirigeant politique, toujours bronzé, venait de réussir à hisser son parti de l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) à la quatrième place de l'échiquier politique du pays lors des élections du 28 septembre.
Il avait ainsi contribué avec le BZÖ, aux côtés de son ex-parti FPÖ issu d'une formation d'anciens nazis et dont il a fait scission en 2005, à la forte poussée de l'extrême droite en Autriche au détriment des deux grands partis, sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP), et des Verts relégués, eux, au 5e rang.
Alors que la population de la petite république alpine, entrée dans l'UE le 1er janvier 1995, reste l'une des plus eurosceptiques des 27 actuels Etats membres, la campagne électorale de Haider sur "l'intolérable perte de l'indépendance et de la liberté d'action" de Vienne au profit de Bruxelles a largement porté ses fruits.
Outre son attachement à un référendum sur toutes les grandes décisions européennes risquant d'influencer l'autonomie autrichienne, il a également remporté des points avec ses discours peu ambigus sur l'immigration avec son slogan "l'Autriche aux Autrichiens" et en se référant essentiellement à son action comme gouverneur de la Carinthie, poste qu'il détenait depuis 1999.
Vendredi encore, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a vivement condamné sa récente création d'un centre d'accueil de réfugiés considérés comme "délinquants" installé dans une localité isolée à 1.200 mètres dans les alpages. Ce centre de Saualm accueille cinq hommes accusés par les autorités régionales d'avoir commis des délits pendant la durée de la procédure de leur demande d'asile.
"Tant qu'une personne n'est pas condamnée elle a le droit à la présomption d'innocence. Si les demandeurs d'asile qui sont à Saualm étaient des criminels alors ils seraient en prison", a estimé le porte-parole du HCR Roland Schönbauer.
Avant cela les autorités de Carinthie avaient expulsé cet été plusieurs autres demandeurs d'asile considérés comme délinquants vers le centre de rétention fédéral. Les convois avaient été interceptés par la police et escorté de nouveau vers la Carinthie.
Et pourtant la campagne électorale de 2008 aura été la plus modérée de la carrière de Jörg Haider connu dans les années 1990 pour ses dérapages pro-nazis ou antisémites. Il avait finalement préféré concentrer son discours sur la lutte contre les privilèges et la gabegie dans les hautes sphères du pouvoir à Vienne et Bruxelles et la lutte contre la vie chère.
A l'étranger, on se souvient surtout de l'épisode de 2000 lorsque l'Autriche fut mise au ban des nations européennes après l'entrée du parti d'extrême droite de Haider dans une coalition gouvernementale avec les conservateurs de Wolfgang Schüssel. Les deux partis avaient tous deux remporté un peu plus de 29% des voix juste derrière les sociaux-démocrates.
Comme à l'époque, Haider, trop controversé pour rentrer au gouvernement en 2000, avait également annoncé récemment qu'il ne briguerait pas de poste de ministre fédéral en cas de nouvelle coalition avec l'extrême droite.
Le chef des sociaux-démocrates, Werner Faymann, chargé de former le nouveau gouvernement autrichien a, lui, catégoriquement exclu toute alliance avec l'extrême droite.
Avant son accident, Jörg Haider était dans un bar gay Selon le ministère public autrichien, le dernier endroit où Jörg Haider a été vu avant sa mort serait ...
Sauf que Jörg Haider n'était pas..gai, et de plus, comme il n'avait que deux filles, il s'est choisi un fils "spirituel" adoptif..voilà tout..
Il fallait bien trouver quelque chose pour le salir et l'abaisser...
https://www.youtube.com/watch?v=_aQcSOg0cnI
De plus c'était un excellent conducteur, même si parfois, il lui arrivait de conduire un peu vite cela n'aurait pas justifié ce meurtre maquillé en accident..
Toujours hâlé, excellent orateur: le politicien mort dans un accident de voiture samedi a longtemps empoisonné l'Europe.
Fils d'un cordonnier qui fut un nazi de la première heure, brillant orateur à l'allure dynamique, Jörg Haider, décédé samedi dans un accident de la route, incarnait depuis plus de 20 ans le "visage" de l'extrême droite autrichienne, l'une des plus fortes d'Europe.
En 1999, Haider provoquait un coup de tonnerre en remportant 26,9% des voix aux élections législatives, permettant à sa formation historique, le FPÖ, d'entrer pour sept ans au gouvernement avec le chancelier conservateur Wolfgang Schüssel au prix de plusieurs mois de sanctions diplomatiques de l'Union européenne.
Donné plusieurs fois pour fini, ce bretteur ambitieux et impitoyable âgé de 58 ans venait de signer un inattendu retour en force sur la scène politique nationale après avoir recueilli plus de 10% des voix aux législatives du 28 septembre, démontrant une force de séduction intacte malgré un ton adouci.
Il est décédé aux premières heures de samedi dans un accident de la route près de Klagenfurt, dans cette province de Carinthie (sud) qu'il avait érigée depuis 1999 en fief et en vitrine de sa politique populiste.
Résumant sa stratégie politique dans sa dernière interview, parue samedi dans le quotidien régional Kleine Zeitung, il avait déclaré: "Nous avons beaucoup changé de choses en Carinthie et le ferons aussi en Autriche. Je n'ai même pas besoin d'être chancelier pour cela."
Né le 26 janvier 1950 à Bad Goisen, en Haute-Autriche (centre) dans une famille imprégnée d'idéologie nazie, Jörg Haider prit en 1986 le contrôle du FPÖ, un petit parti fondé par d'anciens nazis qui ne recueillait que 4% des voix. En 1989, il se fait élire gouverneur de Carinthie.
En 1991, Haïder doit cependant renoncer à son poste pour avoir fait l'éloge de la politique de l'emploi du IIIe Reich.
En 1995, il récidive en qualifiant la Waffen-SS de "partie de l'armée allemande à laquelle il faut rendre honneur". Multipliant parallèlement les dérapages antisémites, il déclare au Parlement de Vienne que les camps de concentration nazis n'étaient que des "camps disciplinaires".
Ces sorties ne l'empêchent pas d'être réélu gouverneur de Carinthie en 1999 --poste où il a été confirmé en mars 2004-- ni surtout de triompher aux législatives la même année.
Haider accepte alors de céder formellement la tête du FPÖ et de ne pas briguer de fauteuil ministériel pour permettre l'entrée de sa formation au gouvernement.
Assagi par l'exercice du pouvoir, le FPÖ voit progressivement fondre son assise électorale, suscitant la fronde de son aile droite.
En mars 2005, Haider tente de rétablir son leadership et de redorer l'image du FPÖ en écartant les "ultras", à savoir les pangermanistes xénophobes et nationalistes qui l'avaient porté au pouvoir en 1986.
Mais il est lui-même mis en minorité et abandonne le mois suivant sa formation au jeune et virulent Heinz Christian Strache, dont il fut le mentor, créant un parti populiste plus modéré, le BZÖ, et se retirant en Carinthie.
Revenu sur la scène nationale l'été dernier, il signe sa campagne électorale la plus modérée, abandonnant ses diatribes les plus férocement xénophobes pour concentrer son discours sur la lutte contre le chômage et la vie chère ainsi que contre les privilèges et la gabegie à Vienne et Bruxelles.
Haider, qui n'a jamais fait amende honorable pour ses dérapages passés ni abjuré ses anciennes sympathies pour le nazisme, s'était encore fait admonester la semaine dernière par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) pour avoir exilé des demandeurs d'asile dans un centre isolé au milieu des alpages.
Marié et père de deux filles, Haider ne faisait pas mystère de son amitié pour Seif al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Il n’y a pas que un certain Nicolas Sarkozy qui a été aidé pour sa campagne électorale..
http://www.ina.fr/video/3744900001016
Reportage. Jorg HAIDER, le leader du parti nationaliste Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZO), est mort dans un accident de voiture à l'âge de 58 ans. Retour sur le parcours polémique de celui qui avait fait un retour marquant dans la vie politique autrichienne lors des élections législatives de septembre dernier.Commentaire sur images d'illustration et d'archives en alternance avec des extraits de déclaration de Stefan PETZER, porte-parole de Jorg HAIDER, et de Jorg HAIDER (archive de 2000).
Émission
20 heures
Production
Producteur ou co-producteur
France 2
Générique
Journaliste
Participant
Les plus jeunes dirigeants..
Bientôt le nouveau digne successeur de Jörg Haider ?..
Il est ministre depuis six ans mais a réussi à s'imposer comme la figure du renouveau en Autriche: à tout juste 31 ans, Sebastian Kurz veut ravir à Emmanuel Macron le titre de plus jeune dirigeant européen à l'issue de législatives dimanche, quitte à s'allier à l'extrême droite.
"Je veux faire une politique sérieuse, pas promettre le pays de Cocagne", assure ce jeune homme au visage adolescent et à la voix toujours posée. "Il est temps" d'un changement, proclame son slogan.
Depuis qu'il s'est jeté à l'eau en mai, prenant la tête d'un parti conservateur (ÖVP) à bout de souffle et mettant fin à dix années de grande coalition avec la gauche, le "Wunderwuzzi" (enfant prodige) de la politique autrichienne a réalisé un sans-faute avec une communication parfaitement maîtrisée.
Il a multiplié les plateaux télé, tenant tête sans jamais perdre son sang froid à ses principaux rivaux, le leader d'extrême droite Heinz-Christian Strache (FPÖ) et le chancelier social-démocrate Christian Kern, de 17 et 20 ans ses aînés, et qu'il devance de six à huit points dans les sondages.
Grand, le costume ajusté et les cheveux châtain clair invariablement coiffés en arrière, cet ancien patron de la puissante organisation de jeunesse de l'ÖVP a su ranimer la flamme des conservateurs en alliant une image de modernité et un discours de fermeté à l'égard de l'immigration.
Une coalition de M. Kurz avec le FPÖ est d'ailleurs considérée comme scénario le plus probable à l'issue du scrutin, leurs positions s'étant rapprochées au point que l'extrême droite a accusé le candidat conservateur de "plagier" son programme.
Né le 2 août 1986 à Vienne d'un père technicien et d'une mère enseignante, Sebastian Kurz a déjà un long parcours politique.
Nommé secrétaire d'Etat à 24 ans, avant même d'avoir achevé son cursus de droit, il est depuis 2013 le plus jeune ministre des Affaires étrangères d'Europe.
Dans ses fonctions, il s'est forgé une stature d'homme d'Etat en côtoyant ses grands homologues internationaux, notamment lors des négociations sur le nucléaire iranien à Vienne en 2015. Une ambiance loin de ses faux-pas de débutant, comme lorsqu'il distribuait des préservatifs noirs (l'ancienne couleur de l'ÖVP) pour vanter le côté "excitant" du parti.
Dans une Autriche prospère mais insécurisée par la crise migratoire, il est, à l'automne 2015, un des premiers ténors européens à critiquer la politique d'accueil de la chancelière allemande Angela Merkel, prônant - et obtenant - la fermeture de la route des Balkans.
"Nous avons eu raison de fermer la route des Balkans et je me battrai pour que l'axe méditerranéen soit fermé aussi", a-t-il répété tout au long de sa campagne.
M. Kurz a par ailleurs adopté une ligne dure vis-à-vis du président turc Recep Tayyip Erdogan, faisant de l'Autriche le seul pays de l'UE à exiger la fin des négociations d'adhésion de la Turquie.
Sa fonction régalienne lui a toutefois aussi permis d'éviter de mettre les mains dans le cambouis de la gouvernance quotidienne, selon ses détracteurs, qui ont à plusieurs reprises critiqué le "flou" de son programme.
A la différence de M. Macron, son aîné de neuf ans, porté à la présidence française par un mouvement qu'il avait créé de toutes pièces, Sebastian Kurz a pris le contrôle d'une formation existante qu'il a refaçonnée à sa main.
Exit la couleur noire symbole des conservateurs, remplacée par un turquoise pâle. La mention ÖVP elle-même a été escamotée, au profit de l'appellation "Liste Kurz".
L'avènement de celui qu'une presse partagée entre admiration et ironie qualifie de "Messie" ou de "Kaiser" n'est pas sans rappeler Jörg Haider, le flamboyant leader d'extrême droite mort dans un accident de voiture en 2008.
Arrivé à la tête d'un FPÖ moribond, celui-ci en avait fait le deuxième parti du pays, lui permettant d'intégrer un gouvernement conservateur en 2000.
Si le politologue français Patrick Moreau n'hésite pas à qualifier aujourd'hui le jeune dirigeant de "Haider light", M. Kurz n'en reste pas moins un partisan affiché du maintien de l'Autriche dans l'UE et n'a jamais été impliqué dans aucun dérapage raciste.
Photos ci-dessus Heinz-Christian Strache chef du fpoe parti d’extrême droite autrichien et sa femme Philippa à gauche, le 1er octobre 2017 à Vienne avant un meeting..
Sébastian Kurz serait-il, à son tour menacé par un coup fomenté et sous le coup d’un accident tragique de voiture et assassinat possible ?...



































































































