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Ecologie vraie et réelle..
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30 octobre 2017

Pour Nos droits..Nos libertés..La démocratie..

 

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Pour Nos droits..Nos libertés..La démocratie..

 

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Pour Nos droits..Nos libertés..La démocratie..

 

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Après avoir célébré toute la nuit son indépendance le 27 octobre 2017, la Catalogne se réveille placée sous tutelle et avec une assemblée avec un gouvernement dissous.

 

Indépendance de la Catalogne : «Nous avons fait ce que le peuple a voulu»

 

 

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Photo ci-dessus - Perez avec son ami Francesc, à Barcelone, le 27 octobre 2017. - Antonin Vabre / 20 Minutes.

Contre la répression

 

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Photo ci-dessus, images répandues à travers le Monde, la honte !

 

Pour la démocratie

 

POR LA DEMOCRACIA Y CONTRA LA REPRESIÓN: PROCESO CONSTITUYENTE YA!

 

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Edward Snowden: "La répression espagnole en Catalogne est une violation des droits de l'Homme"

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Au lendemain de l'opération massive de la Guardia Civil à Barcelone contre les administrations et un parti politique susceptible de préparer l'organisation du référendum d'auto-détermination de la Catalogne, l'ex informaticien de la CIA et de la NSA a publié une série de tweets apportant un soutien de poids aux indépendantistes. Toujours considéré comme un espion en fuite et exilé temporaire en Russie, Snowden a ainsi écrit que "la répression espagnole contre des discours, élus et l'assemblée 'inconvenants' en Catalogne sont une violation des droits de l'Homme". Avant d'ajouter: "Le droit à l'auto-détermination, pour les peuples libres de choisir leur propre système de gouvernement, ne peut pas simplement être hors la loin. C'est un droit de l'Homme".

 

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La situation a parfois dégénéré..

 

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 Poto ci-dessus du journal "El Periodico".. 

 

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Catalogne: «Ici, on crée l'Europe des peuples et ça leur fait peur»

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Photo ci-dessus - «Help Catalonia, save Europe» brandissent les Catalans, place Saint Jaume, à Barcelone le 27 octobre 2017. 

 

 

Indépendance de la
Catalogne : la longue histoire d’un vieux rêve

 

 

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Photo ci-dessus d’une carte représentant la partition de la Catalogne en 1659.

 

 

Historique, le contentieux entre Barcelone et Madrid ne date pas d’aujourd’hui. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, la France y a joué son rôle et, en 1934, une très éphémère République catalane a même été proclamée

 

 

En 1934, la Catalogne était
restée indépendante
pendant 10 heures

 

 

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La Catalogne a déjà été indépendante dans son histoire, mais pas plus de dix heures, en 1934. 

 

Alors que le parlement catalan vient de voter une résolution proclamant son indépendance, la Catalogne va être mise sous tutelle par le Sénat espagnol. Le 6 octobre 1934, le président du gouvernement autonome de Catalogne, Lluis Companys, proclamait déjà un "État catalan dans le cadre d'une République fédérale d'Espagne" inexistante. Dix heures et des dizaines de morts plus tard, il se rendait.

 

Quand il lance sa proclamation, les partis de gauche ont déclenché une "grève générale révolutionnaire" pour protester contre l'entrée au gouvernement de trois ministres d'une coalition de partis de droite, la CEDA. 

"Catalans ! s'écrie-t-il depuis le balcon de la Generalitat, le siège du gouvernement catalan, (...) En cette heure solennelle, au nom du peuple et du Parlement, le gouvernement que je préside assume tous les pouvoirs en Catalogne, proclame l'État Catalan de la République fédérale espagnole, et pour établir et renforcer les relations avec les dirigeants de la protestation générale contre le fascisme, les invite à établir en Catalogne le gouvernement provisoire de la République".

Des négociations ardues avec Madrid

Lluis Companys n'avait apparemment pas consulté les chefs de la grève générale et la IIe République n'était pas fédérale. Mais déjà une première fois, sans attendre l'adoption de la Constitution en décembre 1931, la Catalogne, autoproclamée République, avait tenté de se doter d'un statut d'autonomie qui n'était compatible qu'avec un modèle d'État fédéral. Il avait fallu au gouvernement de Madrid des négociations ardues pour ramener ses compétences à des proportions acceptables pour le nouvel État unitaire.

La réponse du gouvernement ne se fait pas attendre. Le commandant militaire en Catalogne, le général Domingo Batet, refuse de se mettre sous les ordres de la Generalitat et après avoir consulté le chef du gouvernement à Madrid, proclame l'État de guerre.

Entre 46 et 80 morts

Un fantassin tombe sous les balles d'un milicien, l'armée répond au canon. Les affrontements dans la nuit feront entre 46 et 80 morts, selon les historiens. À 6h00 du matin le 7 octobre, 10 heures après la proclamation, Lluis Companys annonce sa reddition au général Batet. 

 

Il est arrêté avec son gouvernement et plusieurs députés. Le 14 décembre, une loi suspend indéfiniment l'autonomie de la Catalogne. 

Réfugié en France après la guerre civile (1936-1939), Companys fut arrêté par les Allemands en 1940 et livré au dictateur Francisco Franco. Il fut fusillé le 15 octobre à Montjuic, forteresse qui surplombe Barcelone. Il est devenu un héros des indépendantistes catalans.

Il y a 83 ans, un éphémère État indépendant maté dans le sangOuest-France.frLe 6 octobre 1934, le président du gouvernement autonome de Catalogne, ...

 

 

En 1934, l’éphémère indépendance de la
Catalogne s’était finie dans le sang

 

 

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Franco fait tomber Barcelone, en 1939

 

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Historique, le contentieux entre Barcelone et Madrid ne date pas d’aujourd’hui. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, la France y a joué son rôle et, en 1934, une très éphémère République catalane a même été proclamée

 

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"La Catalogne sera un Etat indépendant sous la forme d’une République", a annoncé hier le président de la région, Carles Puigdemont, devant le Parlement catalan, dans uneallocution historique. Mais cette décision, prise une semaine après l’organisation duréférendum d’autodétermination de la Catalogne interdit par les autorités madrilènes, qui a vu le "oui" l’emporter avec 90,18% des voix et un taux de participation de 43% ne prendra pas un effet immédiat. Le dirigeant séparatiste a également proposé au Parlement "la suspension de la déclaration d’indépendance", pour prendre le temps d’une concertation avec Madrid. 

Le rêve d’indépendance de la Catalogne vient de loin.Tout au long de l’histoire de l’Espagne, les Catalans se sont toujours distingués par une langue et une culture politique propres. Juridiques, économiques et fiscaux, les multiples contentieux entre Barcelone et Madrid, nés au XVIIe siècle, se sont cristallisés durant la période noire de la dictature franquiste.

1714 : La "Diada" et le centralisme à la française

 

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Photo ci-dessus - tableau -"Corpus de sang". La Guerra dels Segadors. 

CRÉDIT PHOTO : TABLEAU D’ANTON ESTRUCH I BROS

Ecrasés par les impôts imposés par Madrid pour financer la guerre franco-espagnoledéclenchée en 1635, des centaines de paysans catalans se révoltent. Rassemblés à Barcelone, ils tuent le vice-roi qui représente le pouvoir central espagnol. La légendaire "guerre des Faucheurs" ("guerra dels Segadors") qui a nourri le nationalisme catalan, constitue encore le thème de l'actuel hymne catalan.

 

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Voir le lien ci-dessous:

https://www.youtube.com/watch?v=ntjDJmFp04M

Els Segadors - Le chant des Faucheurs, hymne national de la Catalogne

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La réconciliation entre Paris et Madrid lors du fameux traité des Pyrénées (1659), prévoit une partition de la Catalogne et la rétrocession de la moitié nord de la région, rebaptisée Roussillon, à la France. Le mariage royal du jeune Louis XIV et de l’Infante Marie-Thérèse, fille du roi d’Espagne, vient sceller la paix entre les deux pays.

Suppression des particularismes

A la mort de Charles II qui, sans descendance, a désigné comme héritier le Français Philippe d’Anjou, la guerre de Succession d’Espagne (1701–1714) éclate. En première ligne, les Catalans choisissent le camp des Habsbourg de Vienne, contre celui des Bourbons. Hélas pour eux, les seconds l’emportent et prennent Barcelone, le 11 septembre 1714. Depuis, cette date marque la fête nationale catalane, la "Diada", qui commémore la reddition de Barcelone et symbolise pour les Catalans le début de leur "martyre". Conforté sur son trône, le nouveau roi Philippe V de Bourbon, petit-fils de Louis XIV, décide d’appliquer à son royaume le centralisme à la française et d’y supprimer tous les particularismes régionaux.

1932 – 1975 : La dictature de Franco met fin à l’autonomie 

 

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Franco fait tomber Barcelone, en 1939

Au début du XXe siècle, la Catalogne, devenue la grande région industrielle d’Espagne, est le berceau de ses luttes ouvrières. Elle subit la répression policière de la monarchie. En 1932, sous la Seconde République, le Parlement espagnol vote un statut d’autonomie pour la Catalogne. Le castillan et le catalan sont placés à égalité comme langues officielles. En 1934, une très éphémère République catalane est même proclamée. Mais la guerre civile qui éclate en 1937, après la victoire du Front populaire en 1936, se solde par la défaite républicaine et la victoire du général nationaliste Franco, en janvier 1939, avec la chute très symbolique… de Barcelone. À partir de février 1939, commence l’exode des réfugiés espagnols de la guerre civile, laRetirada ("retraite" des troupes, en espagnol et catalan). Plus de 450 000 républicains franchiront la frontière franco-espagnole.

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Des réfugiés républicains espagnols en route vers la France. 

CRÉDIT PHOTO : ARCHIVES SUD OUEST GEORGES BERNI

Le foot, ciment de l’identité catalane

C’en sera fini de l’autonomie catalane durant les quatre décennies de dictature qui suivront. Jusqu’à la mort du Caudillo, le 20 novembre 1975, les mouvements indépendantistes nés dans les années 1920 et 1930 sont strictement interdits et poursuivis, comme dans les autres régions du pays. Le castillan devenu obligatoire, on ne parle plus la langue catalane qu’en privé, en famille et entre amis. Pour les Catalans d’alors, aller au match de footpour encourager le FC Barcelone, le Barça, devient un des rares moyens d’affirmer collectivement une identité commune.

En 1942, alors que plus de 20 000 Catalans sont emprisonnés, Franco, le maître de l’Espagne encensé par la  propagande propagande franquiste et vichyste de l’époque, s’offre un bain de foule à Barcelone, à l’occasion de la finale de la " Coupe du Caudillo" de football. Barcelone gagne Bilbao par 2 à 0.

 

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1977 – 2006 : Du retour de l’autonomie au statut de "nation"

 

Après la mort de Franco, le 20 novembre 1975, et la chute du régime du dictateur, le nouveau roi d’Espagne Juan Carlos Ier, désigné par le Caudillo, fait passer en quelques mois le pays dans le camp des démocraties : c’est la "transition démocratique". Le gouvernement régional de Catalogne est rétabli provisoirement en 1977, avec à sa tête le président catalan en exil. La Constitution démocratique de 1978 fait de l’Espagne un pays semi-fédéral composé de dix-sept communautés autonomes. Trois d’entre elles ont un statut particulier : le Pays basque, la  Galice et la Catalogne.

 

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Langue, drapeau national, hymne et fêtes populaires

 

En 1979, la Catalogne obtient un nouveau statut d’autonomie régionale, lors d’un référendum approuvé par 88,1% des votants. Celui-ci leur confère notamment des compétences en matière d’éducation, de santé ou encore de politique linguistique et leur permet de créer une police autonome. En mars 2006, un vote au Parlement espagnol qui définit la région comme une « nation » dans l’Etat espagnol, vient conforter l’autonomie de la Catalogne. Avec ce nouveau statut plus avantageux, approuvé par la population, les Catalans disposent officiellement d’un drapeau national, d’un hymne et de fêtes populaires. A ces symboles nationaux s’ajoutent l’usage de la langue catalane qui devient un droit et un devoir en Catalogne.

 

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2010 – 2017 : Le bras de fer pour l’autodermination et la création d’un "Etat catalan"

Retour de bâton : en 2010, le Parti populaire (droite) de Marino Rajoy met le feu aux poudre en faisant annuler partiellement le statut catalan. A sa demande, le Tribunal constitutionnel espagnol rejette la valeur juridique de la définition de la Catalogne comme "nation" et l’usage du catalan comme "langue préférentielle" dans l’administration et les médias. Plus d’un million de Catalans descendent dans les rues de Barcelone pour protester.

"Catalogne, nouvel état d’Europe"

Deux ans plus tard, les séparatistes sont encore plus d’un million à manifester de nouveau à Barcelone, le 11 septembre 2012, à l’occasion de la grande fête de la Catalogne, la "Diada", pour réclamer un référendum d’indépendance et une négociation du pacte fiscal. Leur slogan : "Catalogne, nouvel état d’Europe". Rajoy, au pouvoir depuis 2011, refuse de négocier. Le président catalan Artur Mas qui remporte les élections régionales anticipées de novembre, promet un référendum d’autodétermination.

80% des votants disent oui à l’indépendance

La Catalogne organise un premier référendum d’indépendance en 2014.Symbolique, la consultation est déclarée anticonstitutionnelle par l’Etat espagnol. Près de 80% des votants (35% de participation), soit 1,8 millions de Catalans sur près de 6 millions d’électeurs potentiels, disent oui à l’indépendance. Dans la foulée, les partis indépendantistes deviennent pour la première fois majoritaires au parlement régional, le 27 septembre 2015.

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Le président catalan Artur Mas, le 9 novembre 2015 au Parlement de Catalogne à Barcelone.

CRÉDIT PHOTO : AFP

Le 9 novembre, le Parlement Catalan lance le processus de création d’un "Etat catalan", devant aboutir à la naissance d’une République indépendante de la Catalogne, au plus tard en 2017. La Cour constitutionnelle espagnole annule la résolution adoptée par les élus catalans. 

Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat indépendant sous forme de république ? La question soumise aux électeurs pour le référendum, le 1er octobre 2017

Le 9 juin 2017, Carles Puygdemont, un séparatiste de longue date, devenu président de la région en 2016, annonce la tenue d’un référendum d’autodétermination le 1er octobre.  Alors que Madrid a déclare le scrutin anticonstitutionnel et illégal, le 6 septembre, le Parlement régional défie Mariano Rajoy en adoptant la loi organisant le vote.

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Le président catalan Carles Puigdemont, au centre, après le vote de la loi prévoyant un référendum d’autodétermination, à Barcelone le 6 septembre 2017. 

CRÉDIT PHOTO : AFP

Le 12, le parquet espagnol ordonne à tous les corps de police d’agir contre les autorités, fonctionnaires ou particuliers, afin d’empêcher le "référendum illégal".  Malgré leslourdes amendes infligées le 21 septembre par la Cour constitutionnelle espagnole à 24 organisateurs du référendum, les autorités catalanes assurent que le référendum aura bien lieu. Mobilisés, des milliers de manifestants indépendantistes descendent le même jour dans la rue pour le droit à l’autodétermination qu’ils réclament depuis 2012.

Le "oui" l’emporte avec 90,18% des voix 

Dans un contexte passionnel, les séparatistes au pouvoir en Catalogne assurent qu’ils comptent mettre en place 2 315 bureaux de vote pour permettre aux Catalans de participer au référendum interdit par Madrid. L’arrivée de quelque 10 000 gardes civils renforce la sensation d’urgence, laissant craindre de fortes mobilisations, voire des affrontements entre ceux qui aspirent à l’indépendance de la région et ceux qui considèrent cette sécession comme suicidaire. La veille du vote, le samedi 30 septembre, alors que les autorités espagnoles annoncent que la moitié des bureaux de vote ont été fermés et mis sous scellés par la police, les indépendantistes sont toujours déterminés à passer outre l’opposition de Madrid : "Nous voterons !", répètent-ils.

Le dimanche 1er octobre des milliers de Catalans se rendent aux urnes pour participer au référendum d’autodétermination. Le "oui" l’emporte avec 90,18% des voix et un taux de participation de 43%, malgré l’interdiction du scrutin par le gouvernement espagnol qui a réprimé les opérations de vote, au prix de violences qui ont fait des dizaines de blessés. 

Dans une Espagne inquiète, divisés, les Catalans se déchirent

Après une journée de grève généraleet une manifestation monstre, le 3 octobre, le roi d’Espagne, Felipe VI dénonce dans un discours télévisé d’une rare fermeté "la déloyauté inadmissible" des dirigeants catalans. Sur fond de dégringolade boursière, alors que de grandes entreprises installées en Catalogne déménagent leur siège social dans une autre région d’Espagne, des dizaines de milliers de manifestants vêtus de blancs défilent  le samedi suivant dans différentes villes en Espagne pour réclamer undialogue entre la région de Barcelone et l’Etat.

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"Vive la Catalogne, vive l’Espagne!" 

 

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Point d’orgue d’une semaine sous très haute tension, le dimanche 8 octobre, à deux jours de l’intervention du président de la région Carles Puigdemont devant le Parlement catalan pour prendre acte des résultats en faveur de la sécession, au moins 300 000 personnes (1 million selon les organisateurs), descendent dans les rues de Barcelone pour défendre l’unité du pays en une démonstration de force anti-indépendantiste.

 

 

  • LA CATALOGNE EN CHIFFRES

Première région exportatrice d’Espagne, la Catalogne, 16% des habitants du pays, génère 19 % du PIB espagnol. Elle est 4e pour le PNB par habitant (28. 600 euros, contre 24 000 en moyenne en Espagne), derrière Madrid, le Pays basque et la Navarre. Son taux de chômage est de 13 %, contre 17,2 % au niveau national. Si l’agroalimentaire est son premier secteur industriel, en pointe sur les biosciences, elle contrôle la moitié de la production chimique d’Espagne et fabrique 19 % des voitures du pays.

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Déjà en..1932..

 

Référendum en Catalogne : aux origines de l'indépendantisme

 

Avec le référendum du 1er octobre sur l'indépendance de la Catalogne, la tension est à son paroxysme entre Madrid et Barcelone. Mais comment en est-on arrivé là ? Retour historique sur la construction de l'indépendantisme catalan.

 

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Photo ci-dessus - Le président espagnol provisoire Niceto Alcalá-Zamora signant le Statut d'autonomie de la Catalogne en 1932 - Crédits : gallica.bnf.fr / BnF

 

La Catalogne, dès le Moyen-âge, est dotée d'une identité et d'une autonomie fortes. C'est alors une principauté faisant partie de la Couronne d'Aragon. Ce territoire possède sa propre langue, et développe une organisation institutionnelle propre avec notamment la Generalitat dès le XIVème siècle, une assemblée qui exécute les décisions des Corts (états généraux du comté de Barcelone). Cette relative autonomie prend fin en 1714 avec la prise de Barcelone par les Franco-Espagnols, mettant un terme à la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714) opposant les Bourbons aux Habsbourg. C'est cette date, le 11 septembre 1714, qui a été choisie par les Catalans pour leur fête nationale : La Diada. Après cette guerre, le pouvoir royal se centralise et met fin à la relative autonomie de la Catalogne, entrainant aussi un déclin de la langue catalane.

Renaixença

Vers la fin du XIXème siècle se développe une bourgeoisie industrielle en Catalogne. Celle-ci voit ses intérêts diverger de ceux d'une Espagne encore rurale. En effet, les industriels catalans désirent appliquer des mesures protectionnistes afin de se développer, alors que Madrid mène une politique d'ouverture pour exporter les produits agricoles espagnols. Une opposition qui nourrit l'hostilité de cette bourgeoisie contre le pouvoir central madrilène, et fait naitre le récit historique de l'oppression du gouvernement central, encore bien présent aujourd'hui.

A cette même époque, alors que prospère l'économie catalane, apparait un mouvement de renaissance artistique et linguistique proprement catalan : la Renaixença. Cet essor culturel identitaire est, naturellement, soutenu par les industriels. C'est dans ce contexte que vont se former les premiers groupements politiques catalanistes, réclamant une autonomie politique avec le retour des institutions abolies après la guerre de Succession. Cette affirmation de l'identité catalane passe par un texte fondateur : "Bases per la constitució regional catalana" (Bases pour la constitution régionale catalane), adopté en mars 1892 par les associations et syndicats catalanistes. 

Le catalanisme gagne en importance dans le premier tiers du XXème siècle, la région récupère même ses institutions politiques en 1932. Mais en 1936 éclate la guerre civile : la Catalogne devient alors un bastion républicain, dont la prise signifiera la victoire des troupes franquistes. La répression de Franco est particulièrement sévère envers les Catalans, qui verront leur langue interdite d'usage et leurs instances supprimées. 

Le Statut d'autonomie de la Catalogne de 1979

Après le retour à la démocratie en 1975 et l'adoption de la Constitution espagnole de 1978, la Catalogne devient une communauté autonome grâce au Statut d'autonomie de 1979 (Estatuto de autonomía de Cataluña). C'est une loi organique qui régit l'organisation et le fonctionnement des institutions régionales, mais établit aussi les compétences de l'Etat central et celles de la communauté. La Generalitat, l'organisation politique de la Communauté autonome, est réinstituée et un gouvernement autonome est mis en place. La Catalogne se dote alors d'un parlement (Parlament de Catalunya), d'un gouvernement (Govern de la Generalitat), d'une présidence (Presidència de la Generalitat de Catalunya) ainsi que d'autres organes. Ce texte régit aussi d'autres questions, notamment en ce qui concerne le statut du catalan, qui acquiert ainsi un statut de langue co-officielle dans les territoires où il est parlé, comme le castillan. Durant cette période, les revendications indépendantistes restent peu nombreuses en Catalogne, contrairement au Pays basque espagnol. 

Nation catalane ?

En 2003, une coalition de gauche renverse celle de droite lors des élection autonomiques (pour le parlement local), avec la promesse de réformer le statut de 1979 alors en vigueur. Le texte apparait, alors pour les Catalans, comme présentant des lacunes du point de vue fiscal ou de la capacité du gouvernement local à prendre des décisions. L'année suivante la Generalitat élabore un nouveau Statut d'autonomie de la Catalogne. Approuvé en 2005 par le Parlement catalan, elle est transmise au Congrès des députés espagnols la même année. 

Ce texte vise à renforcer l'autonomie de la Catalogne au sein de l'Etat. Il apporte un nouveau modèle de financement de la Communauté autonome et une hausse des investissements effectués par l'Etat. C'est surtout la reconnaissance de la Catalogne comme nation qui est une grande nouveauté. 

Le Congrès des députés décide, le 2 novembre 2005, de débattre du texte. Opposé à ce nouveau statut, le Partido Popular (PP, droite) saisit le Tribunal constitutionnel au motif que ce changement s'apparente à une réforme constitutionnelle. Au Congrès, la situation se bloque rapidement, les différents partis catalans négociant séparément. C'est la rencontre entre le Premier ministre socialiste José Luis Zapatero et le chef de la coalition catalane de centre-droit Artur Mas qui permet de trouver un accord. Parmi les changements notables, le terme "nation" est déplacé dans le préambule afin qu'il n'ait pas de force légale, mais le premier article qualifie la Catalogne de "nationalité". 

Le 21 mars 2006, le Tribunal constitutionnel approuve le texte, mais certains articles mineurs sont retirés. Une semaine plus tard, le nouveau statut est approuvé par le Congrès. Puis les Catalans approuvent ce texte à 72,9% lors d'un référendum le 18 juin, avec cependant une moitié d'abstentionnistes. 

Farouchement opposé à ce qu'il considère comme "une Constitution parallèle", le PP présente un recours en inconstitutionnalité auprès du Tribunal constitutionnel. D'autres seront présentés par la suite, provenant majoritairement de ce parti. Ce qui est alors principalement visé, c'est l'usage du terme "nation" et le "devoir" d'apprendre le catalan. Le Tribunal constitutionnel valide en grande partie le nouveau statut le 28 juin 2010. Mais, dans un autre arrêt du 9 juillet, il affirme que "La Constitution ne connait nulle autre que la Nation espagnole", et qu'en dépit du fait que les "réalités" culturelles ou historiques peuvent être constitutives d'une nation, c'est le sens "juridico-constitutionnel" qui dans ce cas prévaut. 

La décision du Tribunal constitutionnel espagnol met alors le feu aux poudres. L'actuel chef de la Generalitat, Carles Puigdemont, expliquera plus tard qu'"à partir de 2010, quand la Cour constitutionnelle a complètement coupé ce qu[i a été] approuvé au parlement catalan, au parlement espagnol et en référendum, le pacte constitutionnel s'est achevé". Pour l'opinion catalane, il s'agit en effet d'une rupture, qui va amener une partie de la population à soutenir un divorce avec Madrid.

En 2011, le PP arrive au pouvoir en Espagne, Mariano Rajoy prenant la tête du gouvernement. Le parti conservateur, qui s'est frontalement opposé au statut d'autonomie, se veut plus ferme que le Parti socialiste et ouvrier espagnol (PSOE) sur cette question. La crise économique et les sévères politiques de rigueur qui suivent nourrissent également des rancœurs du côté catalan. Pour beaucoup, l'Etat espagnol spolierait la Catalogne en ne lui rendant pas la juste part de ses prélèvements fiscaux. En 2012, la Generalitat présente un nouveau pacte fiscal, assurant une plus grande autonomie à la Communauté. Mais celui-ci est refusé par Mariano Rajoy. 

Le feu aux poudres

Suite au verdict du Tribunal constitutionnel, les indépendantistes et le gouvernement régional se mobilisent, avec pour objectif de mener la Catalogne vers l'indépendance. L'Assemblée nationale catalane, organisation qui vise l'indépendance, est ainsi fondée le 30 avril 2011. A partir de 2012, les Diada prennent également un tournant politique en devenant des manifestations en faveur de la sécession.

La Generalitat développe par ailleurs de nombreuses initiatives en faveur du processus d'indépendance. Les différents partis catalanistes, tant de droite que de gauche, tentent de se rassembler en coalition pour préparer le processus d'indépendantisation de la Catalogne. Le 9 novembre 2014, le gouvernement catalan organise la tenue d'une consultation sans réelle valeur légale sur le futur politique de la Catalogne. L'indépendance l'emporte très largement, cependant l'abstention s'élève à près de 60%. 

En vue des élections pour le Parlement catalan du 27 septembre 2015, les partis indépendantistes Convergència Democràtica de Catalunya (centre-droit) et Esquerra Republicana (gauche) s'allient sur une liste commune : Junts pel Sí. Cette coalition obtient 62 sièges sur les 135. Le parti indépendantiste d'extrême-gauche CUP, qui avait refusé de participer à la coalition, en remporte quant à lui 10. Dès lors, les indépendantistes obtiennent la majorité absolue avec 72 sièges (et 47,8% des suffrages).

Junts pel Sí et la CUP parviennent à un accord en janvier 2016, permettant aux indépendantistes de former un gouvernement catalan dirigé par Carles Puigdemont. Une coalition à l'origine des lois prévoyant la tenue du nouveau référendum du 1er octobre 2017...

 

 

 

L’histoire n’a pas fini de se répéter..

 

 

 

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Commentaires
G
Salut "janus"<br /> <br /> Je remarque depuis bien longtemps que la démocratie s'efface dès que les représentants du peuple sont élus. La démocratie ne signifie plus "le pouvoir par le peuple" mais le pouvoir donné à certains qui ignorent ensuite les récriminations des citoyens. S'il faut respecter le sens du mot démocratie, il faut donc soumettre l'indépendance de la Catalogne non pas aux seuls catalans mais au peuple espagnol puisque c'est de l'avenir de ce pays qu'il s'agit. Dans un monde où il faut de plus en plus être unis pour être forts c'est la division qui s'installe. Ce sont tous les citoyens espagnols qui devraient se dresser mais contre l'Europe afin de faire comprendre aux dirigeants de celle-ci qu'ils mènent une politique nuisible...<br /> <br /> Bonne fin de journée !
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