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Les gilets jaunes..qu’ils viennent me chercher..Ils sont venus !

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Les hausse du carburant c’est pas..Bibi..

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Que Macron essaie de vivre avec1200 Euros par mois, et après on verra !

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Ce gouvernement est sourd, il est « méprisant » et « arrogant » vis-à-vis des Français et du peuple !!!

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Au cri de : «  Macron démission !.. », les gilets jaunes ont montré leur colère !

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Les gilets jaunes ont réussi leur mobilisation !

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Ils ont réussi leur mobilisation les gilets jaunes ont officiellement rassemblé 2824000 manifestants à travers la France ce samedi mais sans éviter de nombreux incidents ou accidents et notamment un accident mortel à Pont de Beauvoisin en Savoie où une manifestante a été heurtée par une voiture.

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Une centaine de personnes au total ont été blessées dans les manifestations de la journée, une cinquantaine interpellées. Plus de 2000 opérations ont été recensées, barrages bloquants ou filtrants dont la plupart ont ce soir été levés mais la situation reste tendue par endroits. L'opposition demande au gouvernement d'entendre la colère des gilets jaunes dont le président de la République aura partout été la cible principale.

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Plus de 2.000 manifestations sur tout le territoire
Une personne morte, des dizaines de blessés
Macron, cible principale des "Gilets jaunes"

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PARIS, 17 novembre (Reuters) - La mobilisation réussie des "Gilets jaunes" contre la hausse des prix des carburants, qui a fait d'Emmanuel Macron sa principale cible, a été endeuillée par la mort d'une manifestante tuée par une automobiliste coincée samedi dans une opération de blocage.

Le ministère de l'Intérieur a recensé plus de 2.000 manifestations avec la participation de 244.000 personnes qui ont partiellement bloqué 450 routes, la plupart du temps dans une ambiance bon enfant, mais avec parfois des incidents graves et des affrontements avec la police, comme à Paris.

L'incident le plus tragique a été recensé à Pont-de-Beauvoisin, en Savoie, où une manifestante a été renversée par une automobiliste qui semble avoir paniqué. La conductrice a été placée en garde à vue, selon la préfecture.

Les autorités ont dénombré 106 blessés, dont cinq gravement, procédé à 52 interpellations et mis 38 personnes en garde à vue, essentiellement des manifestants pour refus d'obtempérer ou violences vis-à-vis des policiers, mais aussi des automobilistes ulcérés qui ont tenté de forcer les barrages.

Les blocages ont progressivement été levés dans la journée et les rassemblements les plus importants ont été constatés en fin d'après-midi à Paris, où les "Gilets jaunes" se sont concentrés près de l'Elysée avant d'être dispersés par des tirs de gaz lacrymogène, et dans des lieux symboliques, comme la place de la Concorde ou les Champs-Elysées.

Véronique Lestrade, qui a participé au blocage de la porte Maillot à Paris, a résumé l'état d'esprit général des "Gilets jaunes", un mouvement spontané qui a pris de court les politiques, les syndicats et le gouvernement.

"Je suis là aujourd'hui parce que je ne vis pas, je survis. Je suis salariée, mon mari de même", a-t-elle déclaré à Reuters.

"Les taxes en France il y en a beaucoup, beaucoup trop. M. Macron, il faudrait peut-être qu'il revoie sa politique et sa façon de gérer le pays, l'économie est au bord gouffre."

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"MACRON DÉMISSION" !

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Le chef de l'Etat était la cible principale des "Gilets jaunes", "Macron démission", "Dehors Macron" étant les slogans les plus fréquemment entendus dans les mobilisations.

"J’ai voté Macron avec plaisir en 2017, mais là, il se moque de nous", a déclaré place Bellecour à Lyon Dominique Jouvert, 63 ans, retraité de la fonction publique. "Avec lui, il n’y a aucune discussion, aucun dialogue, il est arrogant. C’est sûr, je ne revoterai pas pour lui."

Mais la plupart des manifestants n'exprimaient pas préférence pour un autre dirigeant politique ou un parti.

Pour Gérard Massonet, 66 ans, lui aussi retraité de la fonction publique et qui a voté Macron "pour provoquer un grand changement", "c’est simple, je vais arrêter de voter".

"Je vais renvoyer ma carte d’électeur", explique-t-il, aussitôt applaudi par les manifestants qui l'entourent. "Nous aussi, on va tous renvoyer nos cartes."

Le gouvernement, qui n'entend pas renoncer à la fiscalité écologique pour induire une transformation des comportements mais a prévu une enveloppe de 500 millions d'euros pour accompagner la transition, n'a pas porté de jugement politique sur la mobilisation, se contentant d'appeler au calme.

Mais l'opposition, de l'extrême droite à l'extrême gauche, s'est engouffrée dans la brèche en tentant de capitaliser sur un mouvement soutenu par 74% des Français, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro diffusé vendredi.

"Un immense moment d'auto-organisation populaire est en cours. Le peuple a déjà surmonté les obstacles de la diversion et de la dissuasion", a dit sur Twitter le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

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LES RICHES EXONÉRÉS

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Pour Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, la grogne va en effet bien au-delà du prix des carburants et est le signe de la détresse des Français face à la baisse présumée de leur pouvoir d'achat alors que "les puissants, les riches" sont selon lui exonérés des efforts demandés.

"Ils sont dans une situation où ils ne comprennent plus ce gouvernement", a-t-il dit sur BFM TV. "Ils se disent : il y a un an, on avait quelqu'un qui se faisait passer pour un progressiste et ils voient un néo-libéral."

Nicolas Dupont-Aignan, président du mouvement souverainiste Debout la France, l'un des rares avec le Rassemblement national de Marine Le Pen à avoir appelé à participer au mouvement, a estimé dans un communiqué que le gouvernement devait "stopper d’urgence la hausse des taxes sur les carburants".

"Combien de morts faudra-t-il avant qu’Emmanuel Macron n’entende la détresse des Français ?" a-t-il demandé.

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a lui aussi exhorté le chef de l'Etat à "comprendre ses erreurs et surtout qu'il les (corrige) en annulant ses hausses de taxes".

"C'est un mouvement des Français, directement, qui ne doit pas être récupéré mais qui a le droit d'avoir le soutien de tous les élus", a-t-il dit sur BFM TV sur le lieu d'une mobilisation.

Dans une vidéo postée sur Twitter, Sébastien Chenu, député Rassemblement national du Nord, a estimé que les Français ont voulu samedi dire leur fait au président.

"Ces Français qu'Emmanuel Macron prend depuis un an et demi pour des cons, ils sont ce samedi dans la rue, sur les péages (..) pour dire de façon sympathique, de façon positive, que, non, ils ne peuvent plus accepter d'être pris pour des moutons". (Caroline Pailliez et Yves Clarisse)

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Photo ci-dessus de Macron, au moment de son investiture, il quittait son appartement pour le palais de l’Elysée.

Remarques d’un journal

Edito :

Les « gilets jaunes » n'ont pas réussi à bloquer la France, comme ils le voulaient, mais tout le territoire a été touché par leurs actions, ce qui représente un succès certain pour ce mouvement, parti des réseaux sociaux et organisé en dehors des partis politiques et des syndicats. Des manifestants ont annoncé qu'ils comptaient passer la nuit sur leurs barrages et certains souhaitaient poursuivre le mouvement dimanche.

Réponse :

Si les « gilets  jaunes », devaient être appelés à..récidiver, se serait, cette fois, le blocage total, et même plus !!!

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Cheval sur les Champs-Elysées, barbecue de motards, "Gaulois réfractaire"... Dix choses vues lors des manifestations des “gilets jaunes

Alors que 244 000 personnes ont manifesté samedi dans toute la France pour afficher leur colère face à la hausse des carburants et la politique fiscale d'Emmanuel Macron, certains ont tout fait pour se distinguer. Avec succès.

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Un "gilet jaune" a défilé à cheval sur les Champs-Elysées à Paris, le 17 novembre 2018. (FRANCE BLEU PARIS)

Même s'ils étaient en jaune, ils en ont fait voir de toutes les couleurs. A pied, à vélo ou à cheval, les manifestants ont usé de tous les modes de transport pour dénoncer la hausse du prix des carburants.

De l’insolite et du jamais vu !..

Un "Gaulois réfractaire"

Ce nouvel Obélix aux tresses rouges manifestait "au rond-point du Plantin à Lillers", selon ce journaliste de La Voix du Nord.

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Un #GauloisRéfractaire au rond-point du Plantin à #Lillers. #GiletsJaunes

Le barbecue des motards

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Plus festifs, les motards d'Amiens (Somme) ont organisé de gigantesques grillades sur la rocade, rapporte un journaliste du Courrier Picard.

Barbecue des motards #gilets jaunes sur la rocade accès A29-A1. Plus de 900 motos.

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12:18 - 17 nov. 2018

65 personnes parlent à ce sujet

Un cavalier qui préfère "remonter à cheval"

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Les pattes avant du cheval sont gansés de jaune, dans un parement assorti au gilet jaune du cavalier, comme le montre ce cliché de France Bleu Paris.

Un #giletsjaunes à cheval sur les Champs Élysées à Paris : "l'essence est trop chère, il va falloir remonter à cheval"

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16:20 - 17 nov. 2018

88 personnes parlent à ce sujet

Assis à un carrefour, avec son balai

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Armé d'un balai et vêtu d'un gilet, sur le pont Saint-Pierre à Montluçon (Allier), il trône sur une chaise en plastique au milieu d'un carrefour. Une radio locale RJFM a filmé la scène, et le ballet des voitures qui l'évitent.

14h30 : La photo d’un «gilet jaune» assis tout seul au milieu d’une route devient virale

La photo d’un homme portant un «gilet jaune», assis sur une chaise en plastique au beau milieu d’une route à Montluçon (Allier), est abondamment partagée sur les réseaux sociaux depuis ce matin. « Cette journée, c’est une espèce de ras-le-bol général. Je veux marquer le coup, je veux faire voir que je suis là », a déclaré Eric à une journaliste de La Montagne.

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Sur l'A2, près de Valenciennes, une opération escargot. Crédit :FRANCOIS LO PRESTI / AFP

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A Valenciennes, un peu d'humour dans la contestation. Crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP

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A Quimper, un manifestant jette un projectile en direction des forces de l'ordre. Crédit : Fred Tanneau/AFP

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A Quimper, un CRS évacue une manifestante. Dans la ville finistérienne, les autorités ont fait usage de gaz lacrymogène. Crédit : Fred Tanneau/AFP

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Une manifestante obligée de se disperser face aux forces de l'ordre près du palais de l'Elysée. Crédit : Lucas Barioulet/AFP

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A Strasbourg, les protestataires défilent dans le calme en promenant même leur chien pour certains. Pourtant, dans la ville de l'est, un policier a été renversé et transporté à l'hôpital. Crédit : FREDERICK FLORIN / AFP

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A Givors, dans le centre-est de la France, comme dans beaucoup d'endroits sur le territoire, les manifestants ont tenté de bloquer les accès aux zones commerciales.Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

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Des manifestants au Puy-en-Velay, dans le Centre. Laurent Wauquiez, président des Républicains, s'est exprimé dans la ville. Crédit : Thierry Zoccolan/AFP

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A Lyon 

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La rébellion tranquille place Bellecour, à Lyon. Crédit : ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Dans toute la France t par région..

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Blocage de l'autoroute dans la région d'Antibes (Alpes-Maritimes) par les «gilets jaunes», samedi 17 novembre.

Dans les Bouches-du-Rhône

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À Marseille, des manifestants ont bloqué le rond-point du Prado ce samedi, pour protester contre la hausse du prix du carburant et la baisse du pouvoir d'achat. Parmi eux, ce couple qui propose plutôt de taxer les avions et les bateaux. Claude Paris/AP

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Photo ci-dessus, même pour se rendre à l'aéroport provence Marseille, il fallait dormir à l'hôtel et finir à pied.

Dans les Pyrénées -atlantiques

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«L'État nous pompe! Stop!» Cet homme fait partie des «gilets jaunes» qui bloquaient l'entrée dans Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) ce samedi. IROZ GAIZKA/AFP

En Aquitaine

(je sais..Nouvelle Grande Aquitaine..)

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Les «gilets jaunes» manifestaient aujourd'hui sur la rocade bordelaise. NICOLAS TUCAT/AFP

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Sur la rocade bordelaise, le blocage a fonctionné. Crédit : Nicolas Tucat/AFP

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Photo gilets jaunes - manifestation au grand pont d'Aquitaine à Bordeaux.

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Des manifestants bloquent le trafic à un péage à Le Boulou près de la frontière avec l'Espagne. Crédit : RAYMOND ROIG / AFP

Et même dans les DOM-Tom

En Guadeloupe

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A Le Gosier, en Guadeloupe, les "gilets jaunes" manifestaient aussi. Crédit : HELENE VALENZUELA / AFP

«Gilets jaunes» : en région, des blocages ont été observés jusque tard samedi soir

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Ce samedi, des «gilets jaunes» ont bloqué les routes de Caen (Normandie), notamment pour protester contre la hausse du prix du carburant. CHARLY TRIBALLEAU/AFP

Samedi soir, plus de 200 points de blocage subsistaient toujours un peu partout en région.

 En Pays de la Loire

De notre correspondant à Nantes, Thibault Dumas,

La statue du général de Gaulle rhabillée d'un gilet jaune, en plein centre-ville de Nantes. Le parking du gigantesque centre-commercial Atlantis (Saint-Herblain) désert... à cinq semaines de Noël. Deux images incongrues qui symbolisent une journée de mobilisation qu'il l'est tout autant en Loire-Atlantique. À 15h, la préfecture dénombrait 3700 manifestants dans 20 points de rassemblement sur le département, prévoyant des perturbations jusqu'en soirée. Si la circulation a été fortement ralentie aux abords du pont de Saint-Nazaire où sur l'échangeur qui mène à la raffinerie Total de Donges, c'est sur le périphérique nantais que la tension a été la plus forte.

Avant de lancer l'opération escargot au nord et au sud du périphérique, le créateur de Colère 44, principale page Facebook qui a rallié les contestataires, a donné le ton: «On étouffe de taxes, et on est payé au lance-pierre. Il nous faut du pouvoir d'achat, il nous faut de la tune. Marre d'être tondus, on est ni des moutons ni des vaches à lait. Ça fait 50 ans que ça dure, c'est pas d'aujourd'hui, mais aujourd'hui on va changer les choses. Le pouvoir est à nous. Nous, c'est le peuple!»

Quelques heures plus tard, 500 véhicules et 200 piétons, selon la préfecture, ont filtré quatre portes de la rocade nantaise. À deux d'entre elles, la circulation a été même totalement bloquée par les «gilets jaunes» à l'aide de palettes et de pneus incendiés - rapidement éteints par les pompiers - puis de barrières de chantier. Aux tirs de gaz lacrymogènes des forces de l'ordre ont répondu des jets de pierres. En fin de journée, on recensait en Loire-Atlantique deux blessés légers après des barrages forcés à Châteaubriant et Saint-Nazaire, mais aucune interpellation.

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Photo ci-dessus de cette statue érigée en l'honneur du Général De Gaulle à Nantes.

"Gilets jaunes" : des manifestants comptent passer la nuit sur les barrages

 06h00, le 17 novembre 2018, modifié à 23h40, le 17 novembre 2018

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Samedi 17 novembre, les barrages, blocages et diverses opérations escargot des "gilets jaunes" ont perturbé la circulation et causé des accidents, faisant un mort et plus de 200 blessés. 

L'ESSENTIEL

Le mot d’ordre de la journée était clair : "Bloquons tout !". Pour faire pression sur le gouvernement après une nouvelle hausse du carburant, les automobilistes mobilisés sous le nom de "gilets jaunes" avaient appelé à bloquer des routes et des autoroutes dans toute la France, par le biais de manifestations et d’opérations escargot. Si les participants n'ont pas réussi à paralyser le pays comme ils le souhaitaient, tout le territoire a été touché par leurs actions. 

Les trois infos à retenir :

• Plus de 282.000 manifestants personnes ont participé aux différents blocages

• Une manifestante a été tuée sur un barrage par une voiture en Isère. Par ailleurs, des incidents ont fait 227 blessés dont 6 graves 

• Des dizaines de points de blocage étaient toujours en place samedi soir, des manifestants entendant dormir sur place  

Une manifestante décédée en Isère, plusieurs blessés

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En Isère, à Pont-de-Beauvoisin, une manifestante d'une cinquantaine d'années a été tuée par une voiture sur un barrage. La conductrice, paniquée alors qu'elle emmenait sa fille chez le médecin, a accéléré et foncé sur les "gilets jaunes". Elle a été placée en garde à vue. Selon les premières informations dont nous disposons, cette action n'avait pas été déclarée en préfecture. "Notre niveau d'inquiétude est maximum", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. "C'est toute l'inquiétude que nous avions d'avoir des manifestations non organisées par des gens qui n'ont pas forcément l'habitude".

Les services du ministère de l'Intérieur ont également annoncé qu'un piéton renversé à Arras, âgé de 71 ans, était en "urgence absolue" mais son pronostic vital ne serait pas engagé, d'après La Voix du Nord. Près de Grasse, le correspondant d'Europe 1 a signalé une autre tentative de forcer un barrage. Un policier a été légèrement blessé et l'homme a été interpellé.

À Sélestat, en Alsace, une femme a été blessée, selon les DNA. Une voiture a roulé sur le pied de cette manifestante de 45 ans, prise en charge par les pompiers. Sur la rocade de Besançon, un automobiliste excédé par un barrage a fait demi-tour sur la rocade, roulant à contresens, et percuté frontalement d'autres voitures. Deux blessés légers sont à déplorer, rapporte L'Est Républicain.

Dans le Morbihan, à Lanester, un manifestant a aussi été blessé, selon notre correspondant sur place. A Hazebrouck, un fourgon a tenté de forcer un barrage et percuté deux piétons. A Sarlat, en Dordogne, un manifestant âgé de 88 ans a été blessé au genou après avoir été renversé par une voiture, a annoncé la préfecture. Le conducteur a été placé en garde à vue. Enfin à Quimper, dans le Finistère, un véhicule de manifestants a volontairement heurté 2 policiers qui ont été blessés, selon la préfecture. Un fonctionnaire a également été hospitalisé après avoir été percuté par un véhicule à Strasbourg. Au total, en fin d'après-midi, le ministère de l'Intérieur recensait 227 blessés dont 6 graves. 

Par ailleurs, une centaine de manifestants est parvenue à pénétrer dans la préfecture de l'Aube, à Troyes, samedi après-midi. Le bâtiment a été occupé pendant une vingtaine de minutes. À 19 heures, 117 interpellations et 73 gardes à vue avaient été décomptées en France.

Les "gilets jaunes" visaient les hypermarchés, les routes et les péages

A la mi-journée, les diverses opérations des "gilets jaunes" avaient provoqué 200 kilomètres de bouchons cumulés, soit moins qu'un jour de semaine normal, selon le ministère de l'Intérieur. Toute la journée, des difficultés de circulation ont été signalées sur plusieurs autoroutes, notamment l'A9 et l'A10. 

A la barrière de péage de Fréjus Saint-Raphaël, l'une des plus importantes du sud de la France, les gilets jaunes ont bloqué la route dans les deux sens une bonne partie de la journée. "On a essayé de concilier la sécurité et le respect de tous", a expliqué à Europe 1 Marina, une infirmière parmi les organisateurs. "Il y en a qui bossent, il y en a qui ont besoin de se déplacer, c'est normal. On essaie d'expliquer aux gens qu'on est pas là pour les embêter mais pour que les gens puissent vivre dignement de leur salaire." 

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Les accès aux supermarchés étaient aussi visés par les "gilets jaunes". Du côté d'Auchan, un certain nombre d'hypermarchés étaient fermés : Pau et Noyelles-Godault, dans le Pas-de-Calais, dès le matin et d'autres qui ont fermé leurs portes au cours de la journée, a indiqué un porte-parole. A cela s'ajoutaient dans l'après-midi 26 hypermarchés en "situation de blocus complet" et 20 dont les accès routiers étaient filtrés. Quarante stations ne délivraient plus de carburant. "On a des magasins qui ont été empêchés de fonctionner normalement" et notamment "pas mal en Bretagne", a de son côté indiqué un porte-parole de Système U. 

Au niveau des stations-service, Total a dénombré "environ 70 stations impactées (sur environ 3.500) à 16h30", a précisé un porte-parole du groupe. "Une petite dizaine ont rouvert dans l'après-midi après avoir fermé dans la matinée", a-t-il ajouté.

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A Rennes, la circulation a été bloquée par des piétons sur la rocade, comme le montre la photo ci-dessus. A Laval, environ 600 véhicules et 170 motos ont été mobilisés pour une opération escargot, selon la préfecture de la Mayenne. Au total, en France, 200 points de blocage n'avaient pas encore été levés en début de soirée. Des manifestants ont annoncé qu'ils comptaient camper et passer la nuit sur leurs barrages et certains souhaitaient poursuivre le mouvement dimanche. L'accès à certaines autoroutes restait coupé ou difficile en début de soirée.

À Paris, situation tendue près du palais de l'Elysée 

A Paris, dans l'après-midi, les manifestants ont décidé de descendre les Champs-Elysées, entraînant un blocage partiel de la circulation sur l'avenue. Des camions de police ont été mobilisés et les fonctionnaires ont fait usage de gaz lacrymogène. Certains participants se sont ensuite approchés de l'Elysée, notamment rue du Faubourg Saint-Honoré, occasionnant la fermeture de plusieurs boutiques. Les manifestants se sont dispersés en début de soirée. Il n'y a eu aucun blessé, aucune dégradation, d'après le préfet de police de Paris, Michel Delpuech.

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Pourquoi se mobilisent-ils ?

Selon l’Union française des industries pétrolières, le litre de SP95 coûtait en moyenne 1,54€ fin octobre et le litre de diesel 1,51€, en hausse respectivement de 14% et 22% en un an. Les automobilistes critiquent avec virulence le gouvernement qui a décidé d’une nouvelle hausse des taxes au 1er janvier (6,5 centimes par litre de gazole et 2,9 centimes par litre d’essence).

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"Ce n'est pas qu'une question d'essence" : à Reims, quatre "gilets jaunes" expliquent les raisons de leur colère

Malgré le froid et les injures des conducteurs mécontents, Delphine, Sarah, Cyril et Christian sont venus manifester contre la hausse des prix des carburants. Mais pas seulement...

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Christian Le Port pose devant sa voiture lors de la manifestation des "gilets jaunes", le 17 novembre 2018, à Thillois, commune limitrophe de Reims (Marne). (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

Pétarades de moto, odeurs de gaz d'échappement et ambiance bon enfant au rond-point de Thillois. C'est autour de ce nœud stratégique à la sortie de Reims (Marne) que se sont rassemblés des centaines de "gilets jaunes", samedi 17 novembre, comme partout en France.

Bravant le froid matinal, et parfois les insultes d'automobilistes mécontents, ils ont monté un barrage filtrant et ralenti la circulation vers l'importante zone commerciale desservie par le rond-point. Pour franceinfo, quatre d'entre eux ont accepté d'expliquer leur participation à ce mouvement inédit.

Delphine : "Un ras-le-bol général"

Delphine Pierard s'est placée en première ligne, au point de filtrage, là où on fait obstacle de son corps pour bloquer les voitures. Bonnet blanc et lunettes de soleil, cette mère célibataire de 38 ans n'hésite pas à se confier auprès d'un conducteur excédé pour justifier le mouvement. "J'ai des enfants seuls à la maison et je n'ai plus d'emploi, monsieur. Je le fais pour eux et je le fais pour moi. Et ce n'est pas qu'une question d'essence !"

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Echange tendu à Reims entre des #GiletsJaunes et un automobiliste, qui dit avoir été délégué syndical. "Les syndicats ont trahi les salariés", lui lance un manifestant.

Pour cette chargée d'études de prix dans le BTP, la hausse des taxes sur le gasoil n'a été que "la goutte d'eau" de trop. Avant de se retrouver, depuis peu, au chômage, elle vivait déjà des fins de mois difficiles. "Je calcule combien j'ai dans le porte-monnaie avant de partir faire mes courses, détaille-t-elle. Il y a des jours où je ne mange pas. C'est dur pour mes deux filles de 7 et 13 ans de vivre ça, de ne pas avoir les mêmes choses que d'autres, même si elles comprennent en grandissant."

Delphine Pierard vit à Saint-Thierry, un "village de viticulteurs" à une dizaine de kilomètres de là. Elle parcourait 50 km chaque jour pour se rendre à son travail, sans alternative possible. Si "une maison dans le village coûte moins cher qu'un appartement sur Reims", elle doit composer avec la mauvaise isolation de son HLM des années 1970 : "200 euros de chauffage chaque mois en hiver pour être à 16°C ou 17°C".

Ce samedi, elle a donc laissé ses filles à la maison pour venir exprimer son "ras-le-bol général"

On nous prend taxes sur taxes et on ne voit pas ce que devient notre argent. Delphine Pierard à France-info

Yann ThompsonFrance Télévisions

Mis à jour le 17/11/2018 | 19:27
publié le 17/11/2018 | 19:27

il y a 4 heures

"Ce n'est pas qu'une question d'essence" : à Reims, quatre "gilets jaunes" expliquent les raisons de leur colère

On nous prend taxes sur taxes et on ne voit pas ce que devient notre argent. Delphine Pierard à France-info

La "gilet jaune" au bonnet blanc estime être une "sacrifiée" fiscale, sans"amélioration" de son quotidien en retour. La fiscalité ne finance-t-elle pas des services comme l'éducation ou la santé ? "Pour les problèmes de dents de mon aînée, j'ai dû prendre une mutuelle à 140 euros par mois, et encore il m'en reste un peu de ma poche après. Alors qu'on ne me dise pas que les taxes servent à ça..."

Cyril : "Que Macron vive avec 1 200 euros"

Les températures négatives du petit matin ne l'ont pas effrayé. Cyril Bouchu s'est présenté au rendez-vous de 7 heures avec son gilet jaune… et son short."J'en mets même quand je vais au ski, assure-t-il. Mais bon, la dernière fois à la neige, c'était en 2008."

Ce boulanger-pâtissier salarié de 38 ans est venu manifester, pour la première fois depuis 1995, pour s'opposer aux taxes qui l'obligent à limiter son train de vie. "Je gagne 1 200 euros par mois, alors on paie les factures et ensuite, on voit ce qu'il reste, résume ce père de quatre enfants. Cet été, pour les vacances, on a été dans un camping pas cher dans le Gers."

Yann ThompsonFrance Télévisions

Mis à jour le 17/11/2018 | 19:27
publié le 17/11/2018 | 19:27

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Cyril Bouchu à l'arrivée des premières voitures de "gilets jaunes", samedi 17 novembre, au petit matin, sur le rond-point de Thillois, près de Reims (Marne). (YANN THOMPSON / FRANCEINFO)

Il est prêt à camper, de nouveau. Mais cette fois, autour du rond-point. "Avec mon aîné, j'ai pris de quoi tenir le week-end, avec toile de tente, couvertures et duvets dans le coffre", assure-t-il. Sa femme garde les trois autres enfants. Elle est sans emploi depuis que son patron boulanger a fermé boutique en début d'année – la faute aux charges, selon Cyril Bouchu. Il appelle donc le gouvernement à "baisser quelques taxes et à privilégier les petits patrons plutôt que les gros".

Il rêverait aussi qu'Emmanuel Macron "vive avec 1 200 euros par mois". En 2017, cinq ans après avoir voté pour François Hollande, il avait glissé un bulletin Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. "On ne peut pas savoir ce que cela aurait donné, reconnaît-il. On ne croit plus trop en eux. Cela aurait peut-être été pire, mais je voulais essayer." En 2018, pour se faire entendre différemment, il a choisi les "gilets jaunes".

Sarah : "On peine à faire nos courses"

Au loin, un appel à l'aide et, depuis le rond-point, des dizaines de "gilets jaunes" remontent en courant la file des voitures bloquées. Sarah (qui n'a pas souhaité donner son nom de famille) fait face à une voiture qui a tenté de forcer le barrage pour se rendre à sa salle de sport. "Il a voulu me rouler dessus", raconte la femme de 20 ans, après que le véhicule a été contraint de rentrer dans le rang.

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"Il a voulu me rouler dessus." Sarah a failli se faire renverser par l'automobiliste qui a tenté de passer en force à Reims. Elle me raconte la scène.

Cette Portugaise est arrivée en France il y a sept ans, dans le sillage de ses parents qui voulaient lui offrir un avenir meilleur. Ont-ils déchanté depuis ? Leur fille a repoussé ses études supérieures pour travailler, le temps de les financer. Elle a fait les vendanges durant l'été, encadré des enfants dans un centre de loisirs à la Toussaint, mais le compte n'y est pas. "Je vis dans un studio avec mon conjoint, qui gagne 700 euros par mois, confie-t-elle. Après les aides, il nous reste 200 euros de loyer. On en a pour 90 euros d'électricité, 200 euros d'essence. On peine à faire nos courses."

Je n'ai pas les moyens d'allumer le chauffage chez moi, alors qu'il faisait -3°C cette nuit à Reims. Sarah à France-info

elle doit composer avec la mauvaise isolation de son HLM des années 1970 : "200 euros de chauffage chaque mois en hiver pour être à 16°C ou 17°C".

Ce samedi, elle a donc laissé ses filles à la maison pour venir exprimer son "ras-le-bol général"

On nous prend taxes sur taxes et on ne voit pas ce que devient notre argent.Delphine Pierardà franceinfo

La "gilet jaune" au bonnet blanc estime être une "sacrifiée" fiscale, sans"amélioration" de son quotidien en retour. La fiscalité ne finance-t-elle pas des services comme l'éducation ou la santé ? "Pour les problèmes de dents de mon aînée, j'ai dû prendre une mutuelle à 140 euros par mois, et encore il m'en reste un peu de ma poche après. Alors qu'on ne me dise pas que les taxes servent à ça..."

Disant espérer que "les choses changent" grâce à la mobilisation des "gilets jaunes", elle se dit d'ores et déjà réconfortée par cette journée, qui a permis l'expression d'une colère au travers d'un collectif. Elle conclut par un appel :"Baissez les taxes. Ou aidez-nous. On ne demande que de l'aide."

Christian : "Je manifeste pour les autres"

Veut-il moins de taxes, moins d'impôts ? "Moins de gouvernement déjà, moins de primes et de frais de représentation pour les politiques !" Pour Christian Le Port, 40 ans, la classe politique doit faire son examen de conscience. En écoutant une émission de radio, récemment, sur RMC, ce chauffeur-routier dans les travaux publics a été révolté par le cas d'un élu cumulard "qui palpe 7 000 euros par mois et qui n'est pas fichu de s'acheter un costard tout seul"

Les élus peuvent aller chez Brice ou Kiabi, comme tout le monde.Christian Le Portà franceinfo

S'il estime "bien gagner" sa vie, Christian Le Port dit se mobiliser "pour les autres". Il mentionne sa mère, "interdit bancaire", qui vit avec 800 euros par mois. "C'est la première manif de ma vie, affirme-t-il. Comme disait Coluche, on est dans la merde et il faut qu'on remue cette merde pour que l'odeur remonte tout en haut."

Mobilisation des "gilets jaunes" : "Nous sommes plus face à une colère qu'une révolte"

La mobilisation qui se tiendra samedi est régulièrement comparée à une jacquerie, en référence aux révoltes paysannes contre des taxes. Une comparaison pas forcément pertinente aux yeux de Béatrice Giblin, géographe.

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La mobilisation des gilets jaunes en préparation, à Nantes (Loire-Atlantique), le 16 novembre 2018. (MAXPPP)

Quelle sera l'ampleur de la mobilisation ? Les "gilets jaunes", un mouvement nouveau, protéiforme, émanant de collectifs de citoyens en colère sur les réseaux sociaux contre les hausses de taxes sur les carburants, mais pas seulement, ont prévu environ 1 500 actions partout en France, samedi 17 novembre, mais seule une centaine d'entre elles ont été déclarées en préfecture. Malgré la baisse des prix à la pompe constatée, les "gilets jaunes" comptent bien perturber ou bloquer samedi les accès aux villes, aux aéroports ou aux dépôts de carburant, ainsi que les grands axes routiers. Sur les pages Facebook des appels à manifester, on peut constater une agrégation des colères qui dépasse largement la question des carburants. Que se cache-t-il derrière cette mobilisation inédite ? Franceinfo a posé la question à Béatrice Giblin, géographe et auteure du Paradoxe français : entre fierté nationale et hantise du déclin (éd. Armand Colin).

Franceinfo : Que révèle le mouvement des "gilets jaunes" qui s'est construit sans syndicat, ni parti politique ?

Béatrice Giblin : Nous sommes face à l'expression d'une colère liée à un sentiment d'injustice. Les carburants ne sont que le révélateur de quelque chose de plus large pour des gens qui se disent : "C'est toujours sur nous que ça tombe". Avec les carburants, ils payent des taxes dans la même proportion que les plus riches. C'est l'"automobiliste vache à lait". Et cela fait partie du reproche fait à Emmanuel Macron d'être le président des riches.

En un mois, on a pu voir sur les réseaux sociaux les revendications des "gilets jaunes" s'élargir. La question des taxes sur les carburants est parfois reléguée derrière la démission d'Emmanuel Macron...

Ce n'est pas un mouvement construit ou rationnel, donc tout y passe. Là, nous sommes face à quelque chose d'extrêmement hétérogène, un phénomène de ras-le-bol. Il est impossible par exemple de faire un personnage-type du "gilet jaune". Il y a des personnes avec des intérêts très différents. On compte ainsi des gens qui sont à cinq euros près pour leur plein d'essence. Mais on entend aussi des discours réclamant de payer moins d'impôts, tout en voulant plus d'Etat, plus de services publics... Il y a des paradoxes dans les modes de vie.

Comme le fait de s'être installé à la campagne, d'avoir une ou deux voitures et d'en avoir besoin le samedi pour faire ses courses. On ne demande pas des comptes à la famille Mulliez qui y a mis ses Auchan, ses Boulanger, ses Kiabi, ses Leroy Merlin, ses Flunch, etc. en périphérie urbaine ou aux élus locaux qui ont permis cela. Ce sont des questions d'aménagement du territoire sur 30 ans. De même, on est conscient du réchauffement climatique, mais que fait-on ?

Certains observateurs comparent les "gilets jaunes" avec une jacquerie. Cela vous semble-t-il pertinent ?

Peut-être en raison de l'aspect spontané de la mobilisation, mais la comparaison s'arrête là. Il s'agissait de révoltes paysannes qui n'avaient pas lieu dans des démocraties. Elles étaient très localisées et ne se diffusaient pas. Face à des taxes imposées de façon injuste par la royauté, des gens qui vivaient une situation insupportable et douloureuse se révoltaient. Aujourd'hui, nous sommes plus face à une colère qu'une révolte. 

De la même façon, on compare cette mobilisation aux "bonnets rouges", mais ce n'est pas du tout la même chose. Les "bonnets rouges" n'étaient pas un mouvement spontané, c'était organisé, il y avait des leaders identifiés et c'était localisé en Bretagne. Les militants bretons savent se faire entendre. Là, la géographie du mouvement sera intéressante à regarder. 

Comment cette mobilisation massive sur le web va-t-elle se traduire sur le terrain ?

Même si je ne doute pas que les gens mobilisés seront nombreux, on peut être frappé par le faible nombre de déclarations en préfecture. Les médias ont contribué à donner une épaisseur et une réalité que n'ont pas encore ces "like" sur les réseaux sociaux. Un clique, ce n'est pas la même chose que de prendre sa voiture, sur un temps défini et bloquer une voie publique... C'est un mouvement qui bénéficie d'une couverture médiatique absolument exceptionnelle, certainement parce que c'est inédit et parce qu'on ignore comment cela va se passer... Donc cela suscite une grande curiosité médiatique.

Pour autant, les "gilets jaunes "ne sont pas une construction médiatique...

Attention, je ne dis pas qu'il n'y aura pas de mobilisation, ni de conséquences ou d'impacts à cette journée du 17 novembre. Mais on voit partout cette carte de France où il y a des points jaunes partout. Cela donne l'impression que la France est jaune, que le pays entier va se mobiliser toute entière. C'est une fausse représentation qui donne une image de puissance.

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Derrière un gilet jaune sur cette carte, il y aura peut-être un péage de bloqué ou un carrefour coincé par 30 ou 40 personnes, ce n'est pas rien ! Mais ce n'est absolument pas toute la France bloquée, comme le laisse croire cette carte. Cela me fait penser aux cartes de certains médias lors des émeutes en banlieue en 2005, ça laissait penser que la France était à feu et à sang. Certes, les choses étaient très sérieuses, mais ce n'était heureusement pas le cas. On peut aussi observer sur les réseaux sociaux une mobilisation, ou une expression, de personnes qui ne sont pas d'accord avec les "gilets jaunes". Mais on n'en parle pas. C'est frappant, c'est comme si tous ceux qui ne suivent pas les "gilets jaunes" se taisaient ou n'existaient pas.

Mobilisation des "gilets jaunes" : le dispositif des forces de l'ordre

Franceinfo Il y a 9 heures

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Pour faire face à d'éventuels débordements le samedi 17 novembre, pour la journée de mobilisation des "gilets jaunes", le ministère de l'Intérieur a prévu un dispositif de sécurité spécial. Le journaliste Hugo Puffeney, en direct depuis la Place Beauveau (Paris), fait le point sur la situation. "C'est un dispositif de grande ampleur qui sera coordonné ici, au ministère de l'Intérieur, avec une cellule de suivi spécifique. En clair, les autorités auront à leur disposition 2500 CRS et gendarmes mobiles qui pourront intervenir dans toute la France, en renfort", annonce-t-il. Des gendarmes en renfort, et des hélicoptères  "Dans certaines zones, notamment ici, en région parisienne, des hélicoptères vont survoler le ciel parisien, afin de repérer les "gilets jaunes" et les éventuels accidents. Vous l'aurez compris, c'est là toute la difficulté de samedi pour les forces de l'ordre : être réactifs et s'adapter en permanence sur les 1500 actions prévues par les manifestants", conclut-il. 

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Mouvement du 17 novembre : les initiateurs des "gilets jaunes" identifiés

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Ce samedi, environ 1 500 actions sont prévues partout en France contre la hausse des prix des carburants. Dans une note confidentielle, les services des renseignements dressent le profil des premiers "gilets jaunes", les personnes qui seraient à l'origine du mouvement de contestation.

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Les gilets jaunes prévoient de se mobiliser ce samedi, le 17 novembre © Radio France / Marc Bertrand

Des blocages de Lille à Marseille, de Nantes à Lyon : ce samedi, des milliers de "gilets jaunes" devraient se rassembler dans toute la France pour protester contre l'augmentation du prix à la pompe.Environ 1 500 actions seraient prévues. Au vu de l'ampleur de la mobilisation, le Renseignement territorial (ex Renseignements généraux) a enquêté et publié plusieurs notes de service. L'une d'entre elles revient sur les initiateurs de ce mouvement, qui est né et qui grandit sur Facebook.

Des Franciliens amoureux des automobiles

Dans ce document confidentiel, révélé par RTL et dont l'authenticité a été confirmée à France Inter, les services de renseignement décrivent le profil des instigateurs : des Franciliens âgés de 27 à 35 ans. Parmi eux, figurent cinq hommes et trois femmes. Ces huit personnes auraient lancé les premiers appels à la mobilisation sur Facebook le 10 octobre. 

Selon la note des Renseignements, ce ne sont pas des militants affichés, et ils n'ont pas de liens avec des groupes "à risque". Mais un point commun les relie : ces huit personnes sont passionnées par les rassemblements automobiles. Tous se connaissent, sont "amis" sur le réseau social depuis, au moins, plusieurs mois.

Des milliers de participants aux rassemblements samedi

Pour le moment, les policiers ont comptabilisé 43 000 promesses de participation. Mais impossible à cette heure de savoir combien de personnes vont réellement manifester ce samedi.

Une note répertorie également les personnes publiques, "connues", qui ont annoncé leur participation aux rassemblements. Des personnes qui s'engagent à titre personnel, sans le soutien de leur syndicat ou de leur fédération.

Près de 1500 actions organisées par les «gilets jaunes» sont prévues partout en France ce samedi 17 novembre. Mais les autorités peinent à organiser la sécurité d'un mouvement populaire qui manque de clarté.

C’est une journée d’action aux contours encore flous, même pour les services de renseignement. A la veille de la mobilisation annoncée par les «gilets jaunes», Libération a pu consulter une note de synthèse, datée du 15 novembre, réalisée par le Service central du renseignement territorial (SCRT). Ce document, d’une vingtaine de pages, a la périlleuse mission de dresser le portrait de ce mouvement disparate, sans affiliation politique et syndicale déclarée.

Pour la journée de samedi, au sommet de l’Etat, on anticipe près de 1 500 actions, partout en France. Problème : très peu ont pour l’instant été déclarées en préfecture selon le ministère de l’Intérieur. D’où ce casus belli sécuritaire : comment encadrer un tel mouvement populaire ? Invité de BFM TV en milieu de semaine, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a esquissé une ligne de crête :«Partout où il y aura blocage, et donc un risque pour les interventions de sécurité mais aussi pour la libre circulation, nous interviendrons.» En clair, après un temps de «discussion», les policiers ont pour consigne de «dégager» les routes.

Pour ce faire, quelque «trente unités de force mobile seront mises à la disposition des préfets afin de renforcer les effectifs habituels»,annonce le ministère de l’Intérieur. Ce qui représente un peu moins de 4 000 CRS et gendarmes mobiles. Tout au long de la journée de samedi, «une cellule de suivi sera mise en place», précise la place Beauvau.

Quelle vision les services de renseignement ont-ils des «gilets jaunes» ?

En préambule à leur synthèse, les policiers qualifient la mobilisation du samedi 17 novembre de «mouvement d’humeur». Une expression éloquente, qui dit tout de la difficulté des organisateurs à structurer la colère diffuse qui traverse le pays. Aux yeux des services, le mouvement est même «assez désorganisé» à ce stade, ce qui rend«aléatoire» la «concrétisation» des nombreux projets de blocage annoncés. Pour autant, les policiers ne minorent rien de la montée en puissance des «gilets jaunes», déjà à l’origine de 105 démonstrations sur la voie publique. Près de la moitié ont d’ailleurs pris la forme d’opérations escargot, mode opératoire plébiscité pour le week-end à venir.

A ce jour, pas moins de 90 départements et 579 villes sont touchés par ce mouvement. Plus intéressant : 112 réunions préparatoires ont été répertoriées par les services à l’orée du week-end de mobilisation,«rassemblant plusieurs centaines de personnes, parfois dans des salles, mais en majorité dans des lieux inhabituels (quai de gare, parkings…), démontrant l’improvisation et le manque de moyens logistiques des initiateurs.» Il faut dire que la contestation est née essentiellement via des pétitions en ligne. Au vendredi 16 novembre, celle intitulée «Pour une Baisse des Prix du Carburant à la Pompe !»avait recueilli 860 570 signatures. Une autre, baptisée«Augmentation intempestive des carburants 2018», a, elle, été paraphée par 139 483 personnes.

Toujours dans leur préambule, les services soulignent la maturité des quelques organisateurs identifiés du mouvement. Issus pour la plupart de la société civile, ils ne revendiquent ni attache politique, ni affiliation syndicale. «Ils s’associent souvent sans se connaître»,observent les policiers. Qui insistent : «Ils apparaissent comme des personnes responsables, soucieuses d’encadrer au mieux leur action, de rester dans la légalité et d’éviter les débordements. Le mot d’ordre est la sécurité avant tout.»

Toutefois, les services anticipent évidemment le risque de débordements. Certains leaders «ont indiqué qu’ils ne déclareront pas leur action en préfecture pour montrer leur mécontentement»,détaillent-ils. D’autres «ont transmis des consignes de discrétion pour éviter de diffuser sur les réseaux sociaux trop de précisions sur les modalités d’action afin de créer un effet surprise vis-à-vis des forces de l’ordre». Des participants ont été invités à utiliser comme canal de discussion les messageries chiffrées Telegram et WhatsApp. Et des pages Facebook ont été clôturées par souci de discrétion. Dans la synthèse, les noms de plusieurs personnes susceptibles d’encourager des troubles sont inventoriés, concernant les villes de Calais, Aix-en-Provence, Castres, Guingamp, Rouen, ainsi que sur le bassin parisien.

Quelles actions sont anticipées ?

Blocages des axes routiers, des ronds-points stratégiques, des stations-service, opération escargot, incendies de pneus, de palettes, barrières levées aux péages… Les services de renseignement anticipent une constellation d’actions coups-de-poing. Certaines inquiètent particulièrement les autorités, comme le blocage du viaduc de Millau. Les départements du Nord, du Pas-de-Calais, d’Alsace, ainsi que les territoires d’Outre-mer sont ceux concentrant les plus vives inquiétudes en haut-lieu.

Des actions dans les supermarchés et diverses zones commerciales sont également envisagées, dans la mesure où l’objet de la mobilisation dérive vers une dénonciation générale de l’ultra-libéralisme. Ainsi, des initiatives invitent les consommateurs à ne pas faire d’achats ou d’opérations bancaires (notamment des retraits) ce 17 novembre. Le bâchage de radars automatiques est aussi évoqué, de même que la formation de chaînes humaines autour de certaines enseignes jugées complices du capitalisme débridé. Selon les services de renseignement, le groupe Total s’inquiète par exemple d’un blocage de son dépôt de carburant des Hauts-de-Seine.

Mais, ce sont évidemment les affrontements avec les forces de l’ordre, les manifestations sauvages et la casse qui inquiètent particulièrement le gouvernement. Les services ont effectué une veille internet soutenue sur les réseaux sociaux, faisant état d’innombrables propos virulents. Parmi les menaces les plus aiguës, celle de voir des manifestants s’en prendre aux commissariats ou aux gendarmeries.

Qu’en est-il d’une éventuelle récupération politique du mouvement ?

Depuis quelques semaines, les médias spéculent sur l’origine du mouvement des «gilets jaunes». En d’autres termes, faut-il y voir la main d’un quelconque parti politique ? En ligne de mire, le Rassemblement national (RN, ex-FN). En l’état, les services de renseignement décrivent surtout un mouvement spontané, auquel ont tenté de se greffer ensuite différents partis, dont La France insoumise, Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan et donc le RN.

Si des jonctions se font, elles demeurent pour l’instant circonscrites au niveau local. Dans le Pas-de-Calais par exemple, un groupuscule d’ultra-droite est peu à peu en train de s’insérer au sein des «gilets jaunes». La passerelle se fait via un jeune administrateur de la page Facebook «Gaulois en colère». Le 10 novembre, ce dernier a participé à une distribution de tracts en compagnie de dix autres personnes. Parmi elles, trois figures connues pour leurs liens avec l’extrême droite locale. Les services les ont identifiés comme animateurs du groupe«les Calaisiens en colère», ardents défenseurs du démantèlement de la jungle.

Militants plus connus, Pierre Vial, président de Terre et Peuple, et Richard Roudier, fondateur de la Ligue du midi, ont demandé à leurs adhérents de se joindre aux démonstrations. D’autres appels ont été relayés par le site antisémite Démocratie participative, administré par Boris Le Lay. On peut y lire l’invitation à se mobiliser «contre l’accroissement du racket étatique juif appliqué par Macron». Il en va de même pour le général Antoine Martinez, coprésident des Volontaires pour la France (VPF) qui, dans un communiqué, annonce la participation de ses militants.

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Macron sur le chemin du « mea culpa »..mon oeil !

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Macron sur le chemin du mea culpa

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Alain Auffray il y a 1 jour

Gilets jaunes: la position délicate des politiques

Sur TF1, le chef de l'Etat a regretté «le divorce» entre le peuple et ses dirigeants tout en soulignant qu'il n'est pas lié à sa personne

C’est un élan d’autocrique dont il n’est guère familier. Mercredi soir, Emmanuel Macron a expliqué qu’il s’en voulait de ne pas avoir «réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants». Interrogé au 20h de TF1 sur «la colère des Français» à l’approche des mobilisations du 17 novembre, le chef de l’Etat a ajouté qu’il n’avait «sans doute» pas porté à ses concitoyens toute «la considération» qu’ils méritaient. Ce divorce entre le peuple et ses dirigeants, Macron promet de le combattre en allant «au plus près du terrain» pour«entendre les Français». Il demande à ses ministres de faire de même, en «s’exposant davantage», en «se confrontant au terrain beaucoup plus».

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© Handout Photo de l'interview d'Emmanuel Macron à bord du Charles de Gaulle diffusée par TF1, le 14 novembre 2018 au large de Toulon

Encalminé dans les sondages, Emmanuel Macron tente de faire valoir que ce divorce ne tient pas à sa personne car il peut être observé «dans toutes les démocraties occidentales». Concernant la France, cela relève de l’évidence, note Frédéric Dabi, directeur général du département opinion de l’Ifop. Les enquêtes qualitatives mettent en évidence un rejet général «qui révèle non pas du "tous pourris" mais du "tous impuissants"». Valable depuis Jacques Chirac jusqu’à François Hollande, ce constat a donc rattrapé Emmanuel Macron. C’est ainsi, selon le sondeur, qu’il faut comprendre les étonnants résultats de l’enquête IFOP publiée le 31 octobre par Ouest-France : 59 % des Français en sont à se dire qu’il faudrait que la direction du pays soit confiée à des experts et non à des élus pour mettre en œuvre les réformes nécessaires.

Pire encore, ils seraient 41% à souhaiter confier cette tâche à «un pouvoir politique autoritaire, quitte à alléger les mécanismes de contrôle démocratique». Le président LR du sénat, Gérard Larcher a estimé jeudi que la dégradation de la confiance entre les Français et le chef de l’Etat ouvrait la voie «à des tentations populistes». Mais selon lui, Macron en porte seul la responsabilité, notamment pas ce qu’il a négligé les collectivités territoriales: «le président de la République récolte ce qu’il a semé […] Il a voulu être dans une espèce de relation directe, sans les corps intermédiaires, ce qui le conduit à se confronter samedi à des gilets jaunes en direct», a conclu Larcher.

Après avoir regretté le mois dernier d’avoir pu choquer avec son «parler-vrai» - qui lui a inspiré ses mémorables sorties sur «les Gaulois réfractaires» ou sur «pognon de dingue»englouti dans les aides sociales -, Macron n’a plus à la bouche que les mots «considération»et «respect», plusieurs fois repris mercredi sur le Charles-de-Gaulle. À peine revenu d’une longue semaine sur les chemins de la Première guerre mondiale, il s’est engagé à «aller au plus près du terrain», à «décider d’une manière différente», c’est-à-dire «pas tout à Paris». La semaine prochaine, le traditionnel Congrès des maires pourrait être une occasion de préciser cette promesse. S’il ne se rendra pas en personne à la Porte de Versailles, dépêchant le Premier ministre sur place, le chef de l’Etat a prévu de s’exprimer, à l’Elysée, devant près d’un millier d’élus locaux, dont beaucoup s’estiment particulièrement maltraités par l’exécutif.

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Les gilets jaunes, nouveaux «ploucs émissaires» ?

François Bousquet Il y a 1 heure

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FIGAROVOX/TRIBUNE- François Bousquet voit dans la jacquerie des «gilets jaunes», et le mépris dont elle fait l'objet, le symptôme du déclassement de la France périphérique.

François Bousquet est journaliste et écrivain. Il participe à la revue Éléments. Il a publié notamment La droite buissonnière (éditions du Rocher, 2017), un essai sur l'influence de Patrick Buisson sur la droite française.

Les gilets jaunes font l'objet d'un mépris de la part du pouvoir, et les récentes déclarations du président de la République, avec son timide mea culpa au 20 heures de TF1, n'y changeront rien. Depuis longtemps, cette France périphérique et ses habitants ont été immolés sur l'autel de la mondialisation. Ce sont les nouveaux «malgré-nous». Nulle sollicitude médiatique à leur encontre, à la différence des migrants. L'assignation à résidence est leur condition historique puisque la liberté de circulation a pris pour eux la forme d'une relégation territoriale dans le périurbain, la ruralité et les petites agglomérations. C'est une sédentarité subie. Où aller? Les centre-villes sont hors de prix et les banlieues hors-sol.

L'histoire est ancienne. Dès 1947, le géographe Jean-François Gravier, ancêtre de Christophe Guilluy, soulignait, dans un livre qui rencontra un écho retentissant à sa parution, les extraordinaires disparités territoriales françaises: Paris et le désert français. On avait quelque peu oublié ces fractures territoriales, mais elles sont réapparues aux yeux de la France entière au soir du premier tour de la dernière présidentielle à travers la géographie du vote en faveur de Marine Le Pen. Depuis, plus rien, ou presque, jusqu'au mouvement des gilets jaunes. Macron a bien créé un ministère de la Cohésion des territoires, mais... qui en connaît le titulaire? Personne. Et de fait on a découvert le nom de Jacques Mézard le jour où il a quitté son ministère à l'occasion du remaniement d'octobre. Tout indique que Jacqueline Gourault, qui lui a succédé, connaîtra le même sort. La France, on la survole en avion. C'est l'élite-kérosène en butte au populisme-diesel. Cette élite rêverait-elle d'une politique de développement séparé, en d'autres termes: la mise en place d'un apartheid territorial? La conception que se fait Macron du progressisme, dont il s'est fait le chantre, relèverait alors du darwinisme social (la théorie de l'évolution appliquée au champ de l'économie).

On n'ose dire que le pays légal s'est coupé du pays réel, de peur de se fâcher avec Benjamin Griveaux confondant Marc Bloch et Charles Maurras. Mais si Christophe Guilluy et quelques autres n'avaient pas exhumé ce pays réel, le pays légal en ignorerait jusqu'à l'existence. De loin en loin, il y a bien un politique comme Jean Lassalle pour entreprendre d'en parcourir les contours ou un journaliste comme Gérald Andrieu pour en sillonner les frontières (Le peuple de la frontière). Le reste du temps, ce monde est rejeté dans les ténèbres extérieures, un trou noir d'où ont émergé, il y a une quinzaine de jours, ces lucioles dans la nuit que sont les gilets jaunes fluorescents.

Cette méconnaissance de la France périphérique est si profonde que les éditorialistes donnent le sentiment de l'appréhender dans une perspective quasi-ethnologique, entre curiosité perplexe, incompréhension et vague inquiétude. Mais qui sont donc ces Papous des hauts plateaux du Limousin, ces sans-culottes à bonnet rouge du Finistère, ces sans-dents à gilet jaune du Pas-de-Calais? On prenait leur résilience pour de la résignation si bien qu'on est presque surpris de les voir élever une protestation du fond de leur double détresse, culturelle et sociale. Quoi! Les gueux ont l'outrecuidance de se révolter. S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent des brioches! S'ils n'ont pas de voitures, qu'ils roulent en Vélib'! Naguère signe extérieur de richesse, la voiture s'est ainsi transformée en moyen de déplacement des «ploucs émissaires», pour reprendre le bon mot de l'irremplaçable Philippe Muray.

À écouter certains commentateurs, on se croirait même dans Le Dîner de cons, avec Thierry Lhermitte, au chevet d'une province arriérée peuplée de clones de Jacques Villeret, de sosies de Johnny et d'indigènes gaulois indécrottablement archaïques. Des «gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel. Ce n'est pas la France du XXIe siècle que nous voulons», suivant la sortie de l'inénarrable Benjamin Griveaux, porte-parole d'un gouvernement qui semble ignorer que la voiture est le seul moyen de locomotion pour une écrasante majorité de Français (deux tiers des Parisiens, mais pas les ministres, on s'en doute, se rendent à leur boulot en transports en commun, 7 % sur le reste du territoire). Et le diesel, le carburant le moins cher.

Mais plus encore qu'une fronde contre le prix du diesel, l'écotaxe, les radars, la limitation de la vitesse, c'est l'expérience quotidienne de l'injustice dans laquelle ils se trouvent plongés et du déni médiatique dans lequel ils sont maintenus qui a poussé les gilets jaunes à se soulever. Avant toute chose, ils ont besoin de considération. Car ce qui se joue, c'est bel et bien une lutte pour la reconnaissance. Or, cette lutte n'est pas même reconnue. Toutes les politiques dites de reconnaissance chères à la philosophe anglo-saxonne ne s'adressent qu'aux minorités, sexuelles ou ethniques, pour lesquelles elles ont été conçues, pas aux majorités déclassées qui entrent toujours par effraction dans l'actualité, coup de pistolet dans le ciel sans nuage de l'élite: le référendum sur le traité de Maastricht, le premier tour de la dernière présidentielle, l'enterrement de Johnny.

Déni, indifférence, mépris. Les médias nationaux ne célèbrent pour ainsi dire jamais la France périphérique, exception faite du JT de Jean-Pierre Pernaut, qui en livre une image mythifiée fonctionnant comme un anxiolytique qui entretiendrait la fiction d'une campagne inchangée, ce qu'elle n'est plus depuis longtemps. Car la réalité de cette France périphérique est aussi éloignée du regard condescendant des élites parisiennes que de la vision patrimoniale et pétrifiée des conservateurs orwelliens. Elle est même devenue à beaucoup d'égards un non-lieu. Il suffit du reste d'observer dans le détail la carte de France des blocages en ce samedi 17 novembre pour voir qu'elle se confond avec l'étalement périurbain dont les temples emblématiques sont les zones commerciales, les stations-essence des «hypers» et les ronds-points, un monde dans lequel il est inconcevable qu'on puisse faire 500 mètres à pied pour aller acheter son pain.

Ici aussi donc, on retombe sur les deux grands blocs historiques qui s'affrontent: les «Anywhere» (ceux de nulle part) et les «Somewhere» (ceux de quelque part), pour reprendre la terminologie de David Goodhart. Aux premiers, l'urbanisation verticale - l'Olympe jupitérien, le gigantisme des tours, la «start-up nation» - ; aux seconds, la périurbanisation horizontale galopante. Ce que les Américains appellent «Suburbia», l'habitat pavillonnaire à perte de vue qui a multiplié les oasis individuelles. Si on doit d'ailleurs ramener le rêve américain des classes moyennes - très largement plébiscité par les catégories populaires (il suffit de s'intéresser à la sociologie des prénoms pour s'en assurer) - à sa plus simple expression, il tient en deux mots: la voiture et le pavillon. L'une étant la condition de l'autre, et les deux réunis le symbole d'une vie bonne, quoiqu'à crédit.

S'il y a toutefois une nouveauté dans ce mouvement des gilets jaunes, c'est que cette fois-ci l'incendie est collectif, les départs de feu contagieux. Jusqu'à présent, la France périphérique se présentait en ordre dispersé, des bonnets rouges confinés à la pointe de la Bretagne à la récente démission de soixante-dix élus nivernais privés de ressources par l'État. Comment en aurait-il été autrement au vu de son éclatement géographique? Or, pour la première fois, la hausse du prix des carburants est parvenue à cristalliser et à fédérer toutes les rancœurs au niveau national. C'est donc un pays à l'unisson, soutenu par une très large majorité de Français, qui s'apprête à bloquer les axes routiers. Mais quelle que soit l'ampleur de ces blocages, on ne voit pas trop sur quoi ils pourraient déboucher. Le gouvernement cédera ponctuellement, se contentant de-ci de-là d'allouer quelques aides et autres primes à la casse (il a déjà commencé). Mais l'autre casse, celle du territoire, ne s'en poursuivra pas moins.

Rien de nouveau sous le soleil, dira-t-on. Les révoltes populaires ont certes pris à travers les âges tant de visages différents, couvert tant de fronts, qu'il est assurément impossible d'en dresser une typologie. Il n'empêche: toutes ces protestations (et les protestations antifiscales furent de très loin les plus nombreuses) - des Jacques, Croquants et autres Nu-pieds jusqu'aux boutiquiers poujadistes - raconte la même histoire depuis le Moyen-Âge tardif où elles commencèrent, avec la naissance de l'État: celle d'un échec programmé, tant il est dans la nature de ces soulèvements d'être des phénomènes irruptifs, spontanés et passagers. Au nom de quoi la révolte des gilets jaunes échapperait-elle à cette fatalité de l'échec? Tout l'appelle, au grand regret des populistes, jusqu'à la composition socioprofessionnelle du mouvement (interclassiste), mêlant artisans, ouvriers, intérimaires, auto-entrepreneurs, chauffeurs routiers, ce qui n'est pas sans évoquer les «fureurs paysannes», lesquelles réunissaient «les trois ordres du royaume reportés à l'échelle du clocher», comme l'a dit un historien.

On a fait grand cas de la politisation du mouvement, à tout le moins de sa récupération partisane ou syndicale, mais la vérité, c'est que la révolte des gilets jaunes, pareille en cela à la plupart des révoltes (ce en quoi elles constituent l'exact antonyme des révolutions), est plus impolitique encore qu'elle n'est faiblement politisée. Or, c'est de politique qu'a besoin la France périphérique pour la tirer de son marasme économique et identitaire. L'homme ou la femme politique qui sera capable de tenir ce langage sera assurément susceptible d'en recueillir les suffrages. Les gilets jaunes auront alors vengé les ploucs émissaires.

LES GILETS JAUNES ENTRENT EN ACTION 

Près d'Evreux en Normandie, plusieurs manifestants sont déjà sur place pour donner un aperçu des blocages de demain. Ils sont depuis 16h à une station service, avec feu de camp et réserves de café. 

UN MOUVEMENT CITOYEN ET SPONTANÉ

Une porte-parole des gilets jaunes dans le Val d'Oise, Laëtitia Dewalle, assure que les manifestants ne sont "pas instrumentalisés". C'est un mouvement indépendant, "qui n'appartient qu'à la société française".

LE MOUVEMENT VA DURER

Pour l'une des porte-parole des gilets jaune, interrogée sur LCI, "le mouvement va durer". La carte interactive du 17 novembre indique également un prolongement d'une semaine.

SONDAGE

74% des Français pensent que le mouvement des gilets jaunes est justifié (contre 78% le 1er novembre), et 25% des citoyens (22% le 1er novembre) le considèrent injustifié. Un pour cent ne se prononce pas.

C'est donc trois-quarts des Français qui soutiennent le mouvement des "Gilets jaunes", selon ce sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Franceinfo et Le Figaro. L'enquête a été réalisée par internet les 15 et 16 novembre auprès de 1.005 Français âgés de 18 ans et plus.

Il y a plus de 80% de Français mécontents dans un tas de domaines et pas que !

PLAYLIST

Qu'il s'agisse de reprises ou de pures créations, à l'approche de la journée de mobilisation nationale, des voix anonymes et un peu plus connues chantent leur ras-le bol sur la Toile. Souvent visionnés et partagés plusieurs milliers de fois, leurs clips dénoncent la hausse des taxes et appellent à manifester ce samedi..

Blocages du 17 novembre : sur les réseaux sociaux, eux font déjà entendre leurs voix... en chanson !

https://www.youtube.com/watch?v=pl33nQN6O-s

RDV LE 17

Anthony Joubert

https://www.youtube.com/watch?v=HjUnBy62Eyw

SI J'AVAIS DU GASOIL POUR 1 EURO

https://www.youtube.com/watch?v=QBkEjbfyixE

LE PANNEAU 80

Anthony Joubert

"CITOYEN LEADER"

"Ce sont des citoyens qui se sont organisés sans leader forcément, aujourd'hui le leader c'est le citoyen tout simplement", a estimé ce vendredi Jérémy Linares, du Mouvement "Gilets jaunes" Bouches-du-Rhône.

HOLLANDE

Interrogé sur la manifestation des "gilets jaunes" à l'occasion d'un déplacement en Grèce, l'ancien Président a estimé que "dans toutes les périodes il y a des mécontentements", et que les réponses "peuvent être sur le sujet lui-même, ou sur la manière de dialoguer, de concerter". 

MATIGNON

Dans l'anticipation de l'ampleur du mouvement, Edouard Philippe reprend la parole et prévient les Français mobilisés : "On peut manifester, mais bloquer un pays n'est pas acceptable", a-t-il prévenu. Une parole à bien prendre en compte, alors qu'à l'heure actuelle, le ministère de l'Intérieur n'a relevé que 10% de demandes de manifestations sur les 1500 projets d'actions relevés.

QUAND CONTESTATION RIME AVEC CHANSON

A côté des appels à manifester qui envahissent les réseaux sociaux à l'approche de la journée de mobilisation de demain, certains font déjà entendre leur voix... en musique. 

Macron d'abord à Besançon, puis chez Merkel à Berlin pour se faire consoler

merkel-macron

MACRON A BESANÇON 

Emmanuel Macron arrive vendredi à Besançon pour inaugurer le musée rénové des Beaux-arts et d'archéologie, à la veille du mouvement des "gilets jaunes", qui s'annonce suivi dans la région.  C'est à Dole, à 50 kilomètres de là, que début octobre Fabrice Schlegel a lancé le mouvement dans la région en appelant au blocage des routes par un post sur les réseaux sociaux.  Une intersyndicale de quatre syndicats a appelé ses membres à manifester en ville contre la politique du chef de l'Etat.

AGRICULTURE

Le nouveau ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a assuré sur France Info le monde de la ruralité, mis en avant dans le mouvement des gilets jaunes, en ce qu'il est le premier à souffrir, à cause de la fermeture des services publics, de la désertification des zones rurales et du plus grand nombre de kilomètres à parcourir pour accéder aux zones d'activité, de la hausse des carburants, de sa compréhension. Sans s'appesantir sur ces conséquences de l'isolement rural, Didier Guillaume a souhaité dire "courage à toutes ces personnes qui, en zone rurale, souffrent d'un sentiment de déclassement".

RAS-LE-BOL

La présidente de Génération Écologie, Delphine Batho, exprime son exaspération face aux incohérences des responsables politiques sur les questions écologiques. Interrogée par Christophe Jakubyszyn sur LCI, elle a réagi aux propos de Valérie Pécresse critiquant un gouvernement qui "se sert de l'écologie pour augmenter les impôts".

"J'en ai ras-le-bol de ces responsables politiques qui viennent verser des larmes de crocodile sur le climat à chaque fois qu'il y a un événement climatique extrême, qui se réjouissent de l'accord de Paris sur le climat mais qui, quand il vaut passer aux travaux pratiques, sont aux abonnés absents, voire soufflent sur les braises."

Selon l'ancienne ministre de l'Écologie et élue des Deux-Sèvres, "l'une des causes de ces mobilisations, c'est l’absence de crédibilité du gouvernement sur la question écologique. 

Et de conclure : "L'écologie ne peut pas être la tête à claques permanente des problèmes de pouvoir d'achat."

LOBBY PÉTROLIER

Delphine Batho, ancienne ministre de l'Écologie, assume être à contre-courant: elle est contre la manifestation du 17 novembre. Car la présidente de Génération Écologie considère que "les lobbys du pétrole" vont "tirer profit" de cette situation. Invitée politique sur LCI, cette élue des Deux-Sèvres, une "circonscription rurale", connaît pourtant les "contraintes de déplacement et la dépendance à la voiture" de ces régions. Mais selon elle, la situation est trop urgente, il "faut fait quelque chose, on n'a pas le droit de ne rien faire".

"La taxe carbone est un instrument pour se libérer de la dépendance aux énergies fossiles et elle est dans l'accord de Paris sur le climat."

En meeting à Corbeil-Essonne pour soutenir Farida Amrani, candidate de la France insoumise lors de la législative partielle dans l'ex-fief de Manuel Valls dont le premier tour a lieu dimanche, Jean-Luc Mélenchon a estimé que le 17 novembre serait "le jour du divorce du peuple français avec la macronie". 

La polémique tombe au plus mal pour l’exécutif, alors que celui-ci tentait de reprendre la main sur le thème du pouvoir d’achat. Face à l’augmentation des prix des carburants, la colère monte du côté des automobilistes, qui pointent du doigt l’augmentation des taxes. L’exécutif dit “assumer” en invoquant la transition écologique, et assure que la hausse des prix est d’abord causée par celle des prix du pétrole. 

Pas de quoi calmer le mécontentement, qui se cristallise et s’organise. Sur les réseaux sociaux, l’appel à un blocage généralisé le 17 novembre est fortement partagé et le “gilet jaune” devient le symbole d’une colère particulièrement forte dans le monde rural. L’opposition politique s’empare du dossier le PS dénonçant une “arnaque” tandis que Laurent Wauquiez (LR) demandait que “cesse le racket des automobilistes”.

Après avoir joué l’intransigeance, Emmanuel Macron semble prêt à lâcher du lest. Dans une interview à Europe 1 diffusée mardi 6 novembre, le chef de l’Etat s’est prononcé pour l’extension de la défiscalisation de l'aide au transport mise en place par la région Hauts-de-France et a dit vouloir regarder comment “améliorer le chèque énergie” pour les ménages modestes. De quoi calmer la grogne ? 

Blocage des «gilets jaunes» EN DIRECT: Plus de 282.000 manifestants dans toute la France… Nouveau bilan d'un mort et 227 blessés...

 

16h30 : Une cellule de suivi au ministère de l’Intérieur

Le ministère de l’Intérieur a mis en place ce samedi une cellule de suivi pour faire un point sur la situation et sur les dispositifs de sécurisation. « L’ensemble des forces de l’ordre sont mobilisées depuis hier soir afin de garantir le libre droit à manifester mais aussi la nécessaire libre circulation des personnes et des biens », indique Beauvau sur son compte Twitter.

14h30 : La photo d’un «gilet jaune» assis tout seul au milieu d’une route devient virale

La photo d’un homme portant un «gilet jaune», assis sur une chaise en plastique au beau milieu d’une route à Montluçon (Allier), est abondamment partagée sur les réseaux sociaux depuis ce matin. « Cette journée, c’est une espèce de ras-le-bol général. Je veux marquer le coup, je veux faire voir que je suis là », a déclaré Eric à une journaliste de La Montagne.

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Maxime Bellec

✔@MBellec

Qu'est-ce qui est jaune et qui attend ?

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12:53 - 17 nov. 2018

53 personnes parlent à ce sujet

 

Christophe Castaner

✔@CCastaner

Avant un 2ème point de situation, je me suis entretenu avec @EmmanuelMacron et @EPhilippePM.
J'en appelle à la prudence, la vigilance et la responsabilité de tous, face au risque que fait courir l'organisation de rassemblements non déclarés sur la voie publique. #17novembre

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498

13:28 - 17 nov. 2018

572 personnes parlent à ce sujet

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Arrêtez avec les manifestations « non déclarées » il s’agit d’une action citoyenne pas de syndicats, c’est à vous force de l’ordre d’accompagner et protéger les citoyens Gilets Jaunes ou pas

 

François de Rugy

✔@FdeRugy

Toutes mes condoléances à la famille et aux proches de la personne décédée en #Savoie ce matin. J’appelle chacun à respecter les consignes de prudence et de sécurité pour que les droits de manifester et de circuler librement s’exercent sans qu’un nouveau drame ne se produise.

226

10:46 - 17 nov. 2018

234 personnes parlent à ce sujet

Toutes mes condoléances à la famille et aux proches de la personne décédée en #Savoie ce matin. J’appelle chacun à respecter les consignes de prudence et de sécurité pour que les droits de manifester et de circuler librement s’exercent sans qu’un nouveau drame ne se produise.

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Gilets jaunes : de quoi leur colère est-elle le nom ?

Analyse politique et géopolitique de deux thèmes majeurs de l'actualité de la semaine, avec l'ancienne Ministre de la défense Sylvie Goulard, la philosophe Monique Canto-Sperber, l'ancienne Ministre de la culture Aurélie Filippetti et l'ancien Ministre des affaires étrangères Hubert Védrine.

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Gilets jaunes à Caen, 17 novembre 2018• Crédits : CHARLY TRIBALLEAU - AFP

Première partie : Gilets jaunes : de quoi leur colère est-elle le nom ? 

Un peu moins de 300 000 gilets jaunes hier à travers le pays et un mouvement qui allait sans doute se prolonger un peu. Une mobilisation endeuillée par la mort d’une manifestante. L’image de ce millier de personnes se rapprochant de l’Elysée, suivi avec excitation par les caméras des chaines d’info en continu. Des slogans et mots d’ordre divers, de « on n’en peut plus » à « Macron démission ». C’était cela le mouvement des gilets jaunes : une addition de colères, celles de citoyens ordinaires et moins ordinaires, colères agrégées, amplifiées par les réseaux sociaux avant d’être relayés par les médias traditionnels. Un cas d’école de « grass roots » comme disaient les anglo-saxons, des mouvements qui partaient du bas, ne s’appuyaient plus comme jadis sur des syndicats, des partis ou des organisations professionnelles au grand dam de ces derniers qui tentaient malgré tout de ne pas être trop laissés de côté dans cette affaire, de Nicolas Dupont aignan à Jean Luc Mélenchon sans oublier Laurent Wauquiez, Marine Le Pen restant plus prudente… Les Gilets Jaunes ou ce nouvel exutoire anti-taxes, anti-dirigeants, anti-tout, indéfinissable « ras le bol », « colère », « désespoir » parti de la toile, dont on se demandait s’il s’agissait de la version 2018 des jacqueries de l’Ancien Régime, des chemises vertes des années 30, des poujadistes des années 50 et plus récemment des bonnets rouges bretons de 2013, Avant d’écouter aussi ce que nous disaient ces sociologues qui analysaient depuis maintenant pas mal de temps, ce sentiment de déclassement et de décrochage de ces classes moyennes occidentales qui vivaient à la périphérie des villes, de la mondialisation, et de la révolution numérique, qui avaient le sentiment que les services publics fermaient aussi vite que les usines, et qui nourrissait cette résistance à l’impôt. Enfin on se demandait si on n’assistait pas aussi au déferlement d’une colère spécifiquement française, dans ce pays où l’on était si vite déçu par ces dirigeants qu’on élisait en croyant chaque fois à l’homme ou au président providentiel.On entendait, pour finir, l’impuissance de ces dirigeants qui rêvaient de grandes réconciliations nationales sous la bannière bleu blanc rouge ou sous le drapeau européen, et qui ne trouvaient en face d’eux qu’une rouge colère et des gilets jaunes !

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On est bien loin du: "Je vous ai compris.."

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Pour terminer

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Ce qui devait arriver..arriva !

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En effet, à force et au bout de 36-37 années de gouvernances successives comme alternées, en cohabitation, mais aussi et surtout, de gestions désastreuses, la colère n’a fait que s’amplifier au fur et à mesure, normal, non ?..

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