Abus bancaires..évasion fiscale..crise financière..crise économique..et..Mondialisation..
Abus bancaires..évasion fiscale..crise financière..crise économique..et..Mondialisation..
Pour en finir une bonne fois pour toute avec cette « Mondialisation » et..fausse mondialisation..
Photo ci-dessus de Mr. Macron et de Mr. Bruno Lemaire, au moment de cette crise et colère du fait de la hausse des taxes sur le carburant, et à le recherche de solutions.
Les détournements..l'évasion fiscale..dérives..
Photo ci-dessus de Mr. Cahuzac, lors de sa comparution et mise en examen, avec ses deux avocats, dont maître Dupont-Moretti, ici à gauche.
« Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. » George Orwell.
Extrait de la conférence de Me Alain Bousquet, président de la FNACAB.
le 21 Septembre 2015 devant le Rotary club d’Antibes Juan les Pins.
« Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. » George Orwell.
Je vais vous démontrer que les crises économiques sont le résultat des crises financières qui sont les conséquences des abus bancaires pris au sens large du terme. Il faut le savoir. Le rapport est direct. Les abus bancaires sont provoqués par la législation adoptée dans la décennie 80 pour permettre la mondialisation. Les crises sont les conséquences de la mondialisation.
Les abus bancaires actuels, ceux qui sont quotidiens, et ceux qui ceux qui provoquent les crises systémiques, trouvent leur origine dans :
- Les mauvaises législations adoptées volontairement tant sur le plan national qu’international dans le but de dérèglementer.
- Les abus de droit quasiment jamais sanctionnés qui découlent du premièrement.
- Les pratiques illégales abusives qui contournent les lois et les règlements susceptibles de gêner du fait de l’impunité.
Les abus, toutes catégories, affectent:
- la micro économie quand ils frappent le particulier ou l’entreprise individuellement. Par exemple par les fichiers (1), par les frais bancaires (2), par la politique de distribution du crédit. Qui n’a pas vu son autorisation de découvert supprimé ou réduit sans raison? Si ce n’est, celle de provoquer un dysfonctionnement du compte générant une accumulation de frais bancaires en raison des difficultés de trésorerie provoquées. Qui ne connait pas la politique du crédit mise en place depuis les années 80 n’hésitant pas à provoquer le surendettement des populations(3). Qui n’a pas confié ces économies en toute confiance et les a retrouvées amputer de 20 à 30% ? résultat là encore des changements entrainant la spoliation de grand nombre d’ épargnants.
- la macro économie quand les répercussions affectent l’économie d’un pays d’une région ou du monde entier. Par exemple les crises financières qui se transforment toujours en crises économiques. Elles ne surviennent pas par hasard. Elles sont aussi la résultante d’un comportement volontaire des institutions bancaires. Elles appauvrissent voir ruinent les classes moyennes, rendent encore plus pauvres ceux qui le sont déjà (4 et 4 bis et encore 4 ter). Mais elles enrichissent une minorité déjà très pourvue. (1% de la planète.)Et la géopolitique démontre que le système en place est propulsé par quelques uns. La crise subie depuis 2008, par le monde entier, n’est pas un accident (5).
La crise qui a débuté en 2007, et qui se poursuit, est la conséquence des abus bancaires, entendus au sens large du terme, qui trouvent leur origine dans les réformes inspirées par la théorie ultra libérale afin de rendre possible le phénomène connu sous le nom de globalisation ou de mondialisation. La réforme des lois, qui réglementaient le secteur bancaire depuis les années 1930, a permis la situation d’aujourd’hui. Nos anciens qui ont vécu la crise de 1929 et les 10 années qui ont suivi avez bien compris qu’il fallait réguler la finance, c’est à dire le système bancaire mais dans les années 80 cette régulation a été abolie.
Pourquoi? uniquement dans le but d’imposer la mondialisation et l’idéologie ultra libérale.
Quatre paramètres ont été réunis générant les pires abus entraînant les pires catastrophes financières et bien sûr s’en est suivies les crises économiques.
Une partie de l’assistance, ci-dessus.
- la volonté d’imposer la mondialisation.
- La derégulation par la réforme des législations.
- l’informatisation généralisée qui permet tout.
- l’immoralité de la société qui a adopté pour règle la cupidité la plus extrême.
1er paramètre:La volonté d’imposer la mondialisation.
La mondialisation est une théorie économique, oeuvre d’économistes idéologues anglos-saxons (théorie imposée par les USA). L’idée date de l’après-guerre. Ils ont converti les multinationales et la classe politique américaines à cette théorie. Ce n’est donc pas une œuvre naturelle découlant de l’évolution du monde. C’est une œuvre humaine résultant d’une volonté qu’on nous présente comme, en quelque sorte, le nouveau « sens de l’histoire ». Une évolution incontournable qui doit amener une prospérité générale en raison de la multiplication des échanges.
La démarche a été facilité par la chute des régimes communistes. Les USA sont devenus les maîtres du monde sans plus aucun adversaire. N’oublions pas que pendant près de 20 ans la Russie a quasiment disparu de la scène internationale. Les régimes communistes n’étaient pas florissant mais ils faisaient peur. On surestimait d’ailleurs en Occident leur force. C’est pourquoi tout le monde a été surpris de leur chute brutale.
Que cherchent les États-Unis avec la mondialisation qu’il dénomme chez eux globalisation ? Le bien-être général ? L’amélioration des conditions de vie des plus pauvres ? La démarche est-elle humanitaire ? Rien de tout cela. Ils se fichent éperdument du bien-être général. Seule les intéresse la conservation de leur suprématie financière et économique. Et nous savons que depuis longtemps le mode de vie américain est basé sur l’hyper consommation; C’est pourquoi ils sont peu sensibles au changement climatique.
Contrairement à une idée répandue, la mondialisation n’est pas un phénomène naturel qui s’impose au peuple comme les tornades, les inondations, les conséquences des excès de l’homme, elle est le fait de la volonté de quelques hommes.
Ce système économique a été pensé, promu par quelques-uns, adopté par la classe politique et économique dominante dans leurs intérêts exclusifs. Puis imposé aux pays de la sphère d’influence des USA, adopté plus ou moins partiellement par d’autres. Mais les USA et leurs affidés ont bien l’intention de l’imposer de gré ou de force à tous. D’aucun considèrent que 28 banques imposent aux « dirigeants » du monde leur volonté et que le pouvoir est détenu par une oligarchie d’une cinquantaine de personnes que vous ne verrez jamais en première ligne mais qui disposent d’un pouvoir phénoménal du fait de leur fortune.( x ) (x)
On ne vous a jamais informé, à l’époque où se décidait ce grand chambardement, des changements qui seraient engendrés par l’adoption d’un tel système. On n’a jamais consulté les peuples alors qu’il s’agissait de la plus grande révolution économique de nature à provoquer les plus grandes modifications des modes de vie. Aucune campagne électorale n’a eu pour thème ce phénomène. Les lois ont été modifiées en catimini.
On nous l’a imposé sans que nous soyons au courant. Pour ma part je savais qu’en France le gouvernement modifiait le code monétaire et financier mais ce n’est qu’à l’usage que les conséquences me sont apparues.
Pour ma part, j’avais entendu parler de ce phénomène dans les années 70 en cours d’économie politique comme un projet très éventuel. Mais cela restait une théorie comme bien d’autres qui n’ont jamais prospéré. C’est en étudiant le phénomène des abus bancaires et celui des crises économiques que j’ai découvert que tout était lié. Et en fait que les abus bancaires subis par la population sont le résultat direct des modifications législatives adoptées pour permettre la mondialisation.
Une oligarchie a fait adopter en grande partie par les pays occidentaux les réglementations subrepticement en présentant cela comme une évolution naturelle et bénéfique. Se gardant d’expliquer les conséquences. Quand elles sont survenues une formidable machine de désinformation s’est mise en route pour ridiculiser et neutraliser les adversaires qu’on traite de populistes et d’extrémistes.
Les promoteurs de ce nouveau monde, préconisent même l’utilisation de la force. Ce n’est pas exclu par certains observateurs. Je n’exagère pas du tout. (ICI)
Vous avez sous les yeux depuis l’élection de Hollande et maintenant Macron l’exemple de la duplicité extrême dont usent les politiques en faveur du système: il fait une campagne sur des idées de gauche; une fois élu, il devient un ardent défenseur de la mondialisation et de la finance, trahissant ses électeurs. L’oligarchie régnante sait qu’elle n’a rien à craindre de lui; qu’il est des leurs; qu’il a pour avantage de faire avaler la pilule aux gens authentiquement de gauche partagés entre la peur de voir un adversaire ultra diabolisé ,par elle, arriver au sommet et l’écoeurement de la trahison .
Ceux qui contestent le système sont de imbéciles, ou des extrémistes voir des populistes dangereux. Peut être des agents du diable comme à l’époque des guerres de religions quand certains ancêtres contestaient la religion dominante.
2e Paramètre: La derégulation= adaptation des lois nationales.
Pour atteindre l’objectif de la globalisation du monde, il ne faut plus :
– de frontières.
– de réglementations économiques.
– de douanes.
– Plus d’entraves à la circulation des produits et des personnes.
– plus de droit du travail
Il faut :
– la libre circulation des produits, des personnes, des services.
– il faut abaisser les salaires des pays à fort niveau de vie comme ceux d’Europe puisqu’ils sont en concurrence.
– Pour baisser le coût du travail, il faut baisser les charges d’une manière générale. Ce n’est pas suffisant. Il faudra aussi baisser la rémunération,elle même. Cela implique une baisse des retraites avenir et celles actuelles, une baisse des allocations diverses, baisse aussi des soins médicaux.
Ces derniers objectifs n’étaient pas, dans les années 80, claironnés autant que maintenant. Mais maintenant c’est le discours ambiant et assumé sans complexe.
La derégulation à partir des années 80 est menée tambour battant par la gauche française. Les réformes législatives et réglementaires, pour assurer le triomphe de l’ultra libéralisme, sont adoptées pratiquement clandestinement. Ce sont les socialistes français qui en sont les initiateurs au niveau international (6). C’est un comble.
Les ultra libéraux défendent leur doctrine économique par la théorie du « ruissellement ». Ils prétendent que seule la liberté économique absolue sans régulation étatique crée de la richesse. D’où l’idée de laisser faire la loi naturelle des marchés. Ainsi peu importe qu’il y ait des très riches de plus en plus riches parce que forcément ils dépensent beaucoup et tout le monde s’enrichira autour d’eux par les retombées provenant de leur consommation. Ils tirent vers le haut la société.
Quant aux marchés, ils se réguleront tous seuls. D’où la suppression de l’interventionnisme étatique. C’est un leurre pour diverses raisons. La démonstration est faite que rien ne marche comme prévu. La plus grande démonstration en est donnée par l’intervention des états pour sauver la finance à travers le sauvetage des banques.
Cette théorie devait assurer une croissance généralisée au bénéfice de tous. Mais voila rien de tout cela n’est pas arrivé. On assiste en fait à un retour aux années 1800-1900 où la misère était le lot de la majeure partie de la population même de celle qui avait un emploi, avec de surcroit le travail des enfants. Situation décrite par Emile Zola dans Germinal:
Cela ne vous rappelle rien de notre époque actuelle: les entreprises qui restructurent alors que leurs profits sont en augmentation. On ne cesse aujourd’hui de demander la baisse du coût du travail.
« Lorsque la grève éclate, la Compagnie des Mines adopte une position très dure et refuse toute négociation. Affamés par des semaines de lutte, les mineurs durcissent leur mouvement. Les soldats rétablissent l’ordre, mais la grève continue. Lors d’un mouvement de rébellion, de nombreux mineurs défient les soldats qui se mettent à tirer sur les manifestants : Maheu, l’ouvrier chez qui Étienne avait pris pension, est tué. »
Aujourd’hui on envoie les CRS.
Forcément, progressivement, la mise en œuvre de ce nouveau système économique provoque des dégâts et donc des réactions chez les différents peuples notamment européens. Les politiques qui poursuivent la mise en place de ce nouveau système économique se gardent de dire la vérité à leurs électeurs. Ils maquillent même la réalité. En France, ils atténuent par les aides sociales diverses et variées les effets néfastes pour anesthésier le corps social.
Ainsi la mondialisation qui implique derégulation, liberté des marchés, suppression des frontières tant pour les hommes que pour les capitaux aboutit pour nos pays à:
- Des états devenus otages du système financier. Ainsi selon de nombreux spécialistes 28 banques gouvernent le monde (7)
- Les très riches deviennent plus riches. 1% de la population mondiale possède 55% de la richesse mondiale. Les 99 autres % se partagent le reste avec une masse importante de très pauvres.(8)
- Et la croissance est en berne partout et selon plusieurs sources elle n’est pas prête de revenir.(9) Ils sont aller la chercher à crédit mis rien n’y fait vraiment. En faisant marcher la planche à billet par les fameux quantitatives easing et les taux d’intérêts négatifs mais ils ont seulement réussi à préparer la prochaine crise dont on prédit l’extrême gravité.(10)
3-paramètre: Les progrès techniques.
Essentiellement l’informatique, elle a donné au système financier l’outil idéal pour asseoir sa domination. Elle permet tout avec rapidité et perversité. Dans un monde, qui a oublié la phrase de Rabelais: » Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » cet instrument est idéal. Il permet même de déshumaniser les rapports entre individus.
Tout devient possible: espionnage, contrôle, mise en fiche, automatisation des taches,circulation de l’information en temps réel, déshumanisation des rapports.
On peut créer des gains de productivité mais jusqu’à quand? vaste problème que celui là.( 11 )
4e paramètre: L’immoralité et la disparition de l’éthique.
Parallèlement à l’arsenal juridique et au développement des techniques de l’informatique, une immense entreprise de lavage de cerveau a été entreprise pour ôter de l’esprit du public toute notion morale au profit du culte de l’argent facile et rapide. Cette entreprise de lavage de cerveau est le fait de l’oligarchie qui tient le système et le défend.
Il s’agit de transformer le citoyen mondial en consommateur compulsif désinhibé post névrotique ( ici )
L’oligarchie est à la manoeuvre. (les grandes banques et les multinationales, les hommes politiques devenus leurs serviles serviteurs). Cette oligarchie tient les médias pour diffuser la pensée dominante.) Sinon pourquoi investissent ils dans les médias avec alors qu’ils perdent de l’argent. La presse écrite, même celle archi-déficitaire, les intéresse quand même(12).
Ainsi tout ce qui rapporte, est moral. Plus ça rapporte, plus c’est légitime. Celui qui gagne beaucoup d’argent est un champion admiré et glorifié. Et pourtant: « L’argent corrompt les mœurs. C’est un fait ». Maintenant établi scientifiquement.(13)
La cupidité fruit de l’immoralité est devenue dans le système bancaire la règle sinon comment expliquer les frais bancaires qui sont prélevés pour la presque totalité sur les comptes en difficulté aggravant la situation de nombreux clients. N’oublions pas l’adage: l’argent n’a pas d’odeur. Ce n’est donc pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est le pouvoir donné à ceux qui font profession de manipuler la finance. L’histoire nous apprend comment de tous temps, les financiers ont été « contrôlé ».
Conséquences: on juge un arbre à ses fruits. Les fruits n’ont pas tenus la promesse des fleurs.
Les français ont constaté les conséquences micro-économiques depuis 30 ans: (plus d’infos ICI). Développement des frais bancaires totalement illégitimes pour les raisons précises: (plus d’infos ICI).
Surendettement les ménages et des états… Quant à la conservation et au rendement des économies placées par les ménages, force est de constater que la majeure partie de la population a vu son capital diminué sous l’effet de placements conseillés en fait dans le seul intérêt du financier.
Le système bancaire a investi des sommes énormes dans des campagnes de publicité pour faire croire que c’était normal.
Sur le plan macro économique nous allons de crise en crise et nous avons accumulé une dette de 2 000 milliards 100 millions d’euros, soit 100 % du PIB.
Différentes bulles financières se forment comme la bulle immobilière, celle des subprimes, mais auparavant celles des starts up, etc..
N’oubliez pas qu’après la crise financière, il y a toujours la crise économique.
Je ne m’étendrai pas, vous connaissez les chiffres du chômage, la croissance qui stagne, l’endettement de l’État, l’explosion de la pauvreté.
Pour faire marcher ce système du toujours plus, il faut la croissance d’autant plus que les progrès économique depuis 40 ans sont basés sur l’endettement des états. En voila une bonne nouvelle: la croissance va être telle qu’elle va sortir tout le monde de la pauvreté et enrichir tous les entreprenants et les « bosseurs ». Pourquoi, s’opposerait on a un tel projet ? Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent disaient un homme politique assez connu de notre époque dont le souvenir ne restera pas aussi longtemps que les auteurs classiques.
Cherche t il a amélioré le sort de leur concitoyens les plus pauvres? pas du tout.La suprématie du dollar qui assure celle de leur économie et l’enrichissement de leurs milliardaires. Le monde entier est à leur service et ils veulent que cela continue.
Aux USA surtout, la classe moyenne vit largement au-dessus de ses moyens, cela depuis la dernière guerre. Les très riches sont tout simplement des nababs qui gouvernent les USA et pratiquement le monde occidental et peut être totalement le monde entier. Ils ont construit le modèle de la société de consommation. Mais pour maintenir le niveau de vie appelé « American way of life » il faut que le monde entier travaille pour eux. Dans le système américain ce sont les très riches qui commandent, la démocratie réelle est devenue seulement formelle; les très riches veulent devenir plus riches encore puisqu’ils ont perdu toute moralité et toute éthique. ((Comment peut on parler de démocratie lorsque pour être candidat à une élection il faut des millions et des millions de millions de dollars ?).
La dernière campagne présidentielle aux USA a coûté 5 milliards d’€ (14).
Pour devenir plus riche, il faut plus de consommateurs décérébrés avec pour seule idéologie le consumérisme. Plus de consommateurs solvables aussi mais pas forcément très solvables puisque les biens de consommations seront produits au moindre coût avec une qualité de plus en plus médiocre. Pas forcément des consommateurs riches. Ces derniers ne peuvent pas constituer une masse, ils auront toujours des produits de qualité. Pour les autres le bas de gamme suffi. Pour s’enrichir avec des produits de bas de gamme il faut les vendre en très, très grande quantité. Ce but est atteint avec la mondialisation. Coca-Cola, Mc Donald, et bien d’autres peuvent vendre à des chinois, des Indiens, des Européens leurs produits bas de gamme et faire produire à très bas coût.
Cerise sur le gâteau, même des « gens éclairés »tombent dans le piège. Ils amènent leurs enfants ou petits-enfants chez Mc Donald, on les laisse se gaver de coca, de nuggets; ces grands parents vous diront, c’est bons. Bien entendu que c’est bon mais est ce sain? la publicité commerciale arrivant, qu’on le veuille ou non, à laver le cerveau des plus intelligents. On ne sait plus diriger ses enfants, on ne sait plus leur dire non. Il faut être positif donc c’est toujours oui… Le non est négatif. Pourquoi leur dire non? puisque tout le monde est gentil, que la vie est courte, qu’il n’y a plus rien après…et surtout pas de comptes à rendre. Et puis la science fournit tout: la pilule pour maigrir, la pilule pour la santé, la pilule pour s’envoyer en l’air sans procréer, celle pour dormir et même celle pour se réveiller.
Pour être de plus en plus riche avec du bas de gamme il faut accéder à un marché mondial sans entrave, sans restriction, donc à 8 milliards d’individus et il faut produire au moindre coût en exploitant ces mêmes individus en fermant les yeux sur leurs conditions de vie. (voir les ateliers du Bangladesh)
– les très riches sont encore plus riches. 1 % de la population mondiale possède 40 % des richesses mondiales. Ce record serait même dépassé si l’on en croit une récente étude qui a pour titre: l’équation du diable.(ICI)
– 99 % se partagent le reste.
Dans le pays promoteur de ce système. J’ai nommé les USA, les ravages sont énormes bien que dissimulés derrière des statistiques truquées :
– 102 millions d’Américains, en âge de travailler, ne travail plus et ne sont même plus inscrits au chômage du fait des réglementations locales.Ce qui permet l’exploitation d’une fausse statistique américaine sur le chômage qui serait de 5 %.(ICI)
– 46 millions d’Américains ne se nourrissent qu’avec les bons d’alimentation du programme fédéral et commence à faire la queue de 6h30 du matin devant les agences distribuant ces bons.
Le cas des USA n’est pas isolé. Voyons ce qui se passe en Belgique : 21 % de la population belge est à risque de pauvreté et d’exclusion sociale.(ICI)Je ne vous parlerai pas de la Grèce, vous connaissez bien la situation. Sans doute ne soupçonnez vous pas vraiment la gravité de la situation. Situation plus grave encore que vous l’imaginez.
Parlons de l’Allemagne citée en exemple pour sa réussite économique et où le taux de chômage serait bas. Peu de médias informe sur la réalité allemande qui est la suivante:
- 12,5 millions d’allemands vivent sous le seuil de pauvreté.
- Le salaire minimum est de 8,50 brut de l’heure et cela depuis cette année 2015 seulement. Le salaire horaire pouvait être de 1€ de l’heure.
- En savoir plus (ICI)
Un Espagnol sur trois est au bord de la misère. On essaye de nous faire croire à un redémarrage de l’économie espagnol…faux. Avec un chômage à 22,5% on ne peut pas dire que l’économie est florissante.(ICI)
C’est le cas de nombreux autres pays en Europe. Voyez le tableau relatif au chômage: (ICI)
Que dire du Portugal ? Est-il sorti d’affaire comme voudrait le faire croire l’oligarchie financière ? Pas du tout. (Ici). La dette publique est passée de 83,6 % du PIB en 2009 à 130,2 % en 2014. En 2017, le FMI prévoit encore un ratio de dette de 122 % du PIB. Si on additionne la dette publique et les dettes privées, on atteint un niveau d’endettement vertigineux pour l’économie portugaise : 402,2 % du PIB en mars 2015
Le chômage est légèrement en baisse à 11,9 %; cette baisse s’explique aussi par un recul de la population active, de 0,8 % sur un an, alimenté par l’émigration et le vieillissement de la population, Sur les 66.200 nouveaux emplois créés par le Portugal en un an, 58.700 sont des emplois temporaires, soit 88,7 % du total ! L’embellie sur l’emploi est donc aussi précaire que ces contrats. Le Portugal subit une émigration massive de ses jeunes.
Sa situation est celle d’un pays en faillite tout autant que la Grèce.(Ici)
Enfin, pour couronner le tout, la dette mondiale accumulée par les différents pays 200 000 milliards de dollars. Moi comme vous, j’ai du mal à imaginer ce que cela représente mais de nombreux économistes, pas ceux que vous voyez le plus souvent sur les médias de l’oligarchie, encore qu’ils soient de plus en plus nombreux à reconnaître une évidence criante, alerte sur les les conséquences inévitables de cette façon de fonctionner savoir accumuler les dettes pour faire fonctionner le système. Pour en savoir plus lisez (ici).
La prochaine crise, qu’on nous promet pire que la précédente pourtant non encore achevée, est à nos portes à en croire de très nombreux économistes dont je suis les analyses avec grande attention.(ici)
En effet, malgré l’injection énorme de liquidités (en faisant tourner la planche à biller) la croissance est atone. Elle ne repart pas tant en Europe qu’au Japon, en Chine, aux USA, etc…Et pourtant une montagne de dettes et là qu’il faudra payer.
Voici les fruits pour la micro économie plus précisément: les particuliers et les entreprises.
- baisse du niveau de vies résultant de la baisse des revenus: salaires, traitements, retraites, prestations diverses.
Il faut adapter les pays développés à la concurrence des pays sous-développés. Cela implique la baisse des salaires, des charges sociales et des aides diverses. Cela signifie un retour en arrière de plusieurs années 1840-1900 au moment où l’industrialisation est apparue.
- accès au crédit facilité pour compenser et éviter des troubles sociaux avec son corollaire le surendettement.
Comme il est impossible de vivre avec des retraites, des salaires, des rémunérations en baisse, on pousse la population à vivre à crédit : crédit à la consommation, crédit immobilier dans n’importe quelles conditions, création d’entreprise dans n’importe quelles conditions pour dégonfler le chiffre du chômage. Le résultat est: multiplication des faillites, surendettement, catastrophe sociale que l’on compense par des lois pour éviter le pire.
Mais les dégâts individuels subsistent:
- avec les frais bancaires et les agios vous payez à la place de ceux qui ne payent plus. Ils exploserons de plus en plus
- les frais prélevés par les banques ne se retrouvent plus dans les chiffres d’affaire de l’économie réelle. Ils partent alimentés un système financier déconnecté du réel.
- les aides sociales explosent et vos impôts augmentent.
- le mauvais stress provoqué par les problèmes financiers provoque ou aggrave les maladies entraînant des dépenses de sécurité sociale accrues.
- les fichiers et autres stupidités engendre un développement du travail clandestin et toutes sortes de comportement nuisible à la société.
- tous ces phénomènes détruisent l’éthique nécessaire à une société.
Conclusions:
Les tenants de la mondialisation ont prétendu, pour imposer leur modèle qu’il était peu important que certains s’enrichissent démesurément parce que leur richesse retomberait en pluie sur l’ensemble de la population. Force est de constater qu’il n’en est pas ainsi.
Le pire est à venir. Il est prévu par de très nombreux économistes. leur seule réserve est: quand la facture va arriver et quel évènement déclenchera « l’apocalypse »?
On voit déjà les conséquences de ces réformes à la suite de l’orientation économique des années 80. Pendant quelques années, on a pu croire qu’elles étaient bonnes. On a vu les communes, les départements, les rues de nos villes et villages se modifier. Mais tout était à crédit. Ce n’était donc pas le résultat d’une bonne gestion et des fruits d’une bonne croissance. Le taux de croissance de l’économie était obtenu à crédit.
Aujourd’hui on nous parle de prélèvements multiples et variés sur les comptes bancaires des entreprises et des particuliers. Frais bancaires en augmentation, frais de gestion des comptes, et même ponction directe sur les comptes et sur les assurances-vie (bail-in). Ainsi que sur toutes les économies des gens. On nous parle de réduire l’retraite, de réduire toutes les prestations diverses et variées, d’augmentation d’impôts.
On nous parle même de la disparition du cash pour mieux nous plumer. L’assurance vie va être impactée.
Dans une note confidentielle, JP Morgan réclame des régimes autoritaires en Europe pour imposer la mondialisation.
Nous savons que l’immigration massive n’est pas un hasard. Elle est le fruit des manœuvres politiques entreprises par les États-Unis au travers de différentes associations humanitaires qui œuvrent pour une sorte d’invasion de l’Europe avec la connivence et l’accord de gouvernement européen.
Les bourses ne s’effondrent pas encore grâce au quantitative easing des banques centrales c’est-à-dire grâce à la planche à billets. Mais elles ne progressent plus, elles évoluent en dents de scie.
Les états sont tous surendettés. Cet endettement ne cesse d’augmenter de manière vertigineuse sans produire de croissance qui seule permettrait de faire face à cet endettement. Tous les économistes sérieux prédisent une crise des dettes souveraines dans un délai prochain. Personne ne peut donner la date exacte à laquelle cette nouvelle crise se produira.
Néanmoins, un prévisionniste Martin Amstrong s’aventure à donner une date : octobre 2015(ICI)
La vérité glaçante sur les États-Unis
https://www.wsws.org/fr/articles/2013/jui2013/morg-j19.shtml
Un des meilleurs prévisionnistes au monde des tendances s’est exprimé sur le siteKingworldnews en expliquant qu’un extraordinaire événement s’est déroulé sous nos yeux: ” La machine à propagande de l’élite mise à mal devant le monde entier. “
Cet interview (à écouter plus bas) effectue un voyage dans la propagande du gouvernement, le mensonge, la tromperie, et explique comment le public est constamment induit en erreur par la machine à propagande massive de l’élite.
Gerald Celente: Voici le titre de CNBC de Vendredi matin: ” le Dow Jones grimpe de plus de 150 points à l’ouverture après que la rue ait digéré le discours de Janet Yellen ” Bon, la grande nouvelle fut qu’elle ne pouvait pas finir son discours, elle a commencé par tousser et a interrompu son speech plutôt que de le finir…Janet Yellen a été victime d’un bref malaise
Gerald Celente continue: “Donc, les nouvelles selon lesquelles la Fed pourrait relever les taux ont été l’excuse pour faire grimper le Dow Jones ce vendredi. Mais cela n’a aucun sens pour toute personne qui réfléchi un peu. Wall Street dit que les propos de Janet Yellen les mettent sur la bonne voie à savoir sur une hausse des taux ce qui serait bon pour les marchés.
Comment cela pourrait-il être positif pour les marchés ? Selon la FED, l’économie mondiale serait la raison pour laquelle ils n’ont pas relevé les taux la semaine dernière. Ils étaient préoccupés par son ralentissement.
Prenons un peu de recul et mettons tout cela en perspective. La seule raison pour laquelle l’économie mondiale a progressé était dû à toutes les mesures d’assouplissement quantitatif (planche à billets) et aux taux d’intérêt historiquement faibles que la Fed a appliqué dans l’économie mondiale après la panique de 2008. Ils ont appelé cela le carry trade. C’était très simple: les entreprises et les pays empruntent des dollars à très bon marché, et puis ils investissent ces fonds dans des actifs à rendement plus élevé libellés en monnaies locales dans les pays étrangers. Mais maintenant, tout cet argent doit être remboursé. Par exemple, il est estimé que la Chine a un carry trade d’environ 2 000 milliards de dollars.
Réfléchissons un instant: toutes ces monnaies ont atteint de nouveaux plus bas dans le monde entier comme le real brésilien, le peso mexicain, le dollar australien qui a perdu 20 % en un an, le huard canadien, qui a chuté à ses niveaux de 2004, la Turquie, la Malaisie, dans de nombreux pays, les monnaies comme les prix des matières premières plongent.
La presse soumise est au service de l’Elite Dirigeante
Or, maintenant, la Fed va probablement relever ses taux et ce serait une bonne nouvelle ? La presse soumise raconte qu’une hausse de taux est positive pour les marchés ? Eh bien voilà, c’est ça le deal. Rappelez-vous du carry trade, car si les taux grimpent et que les monnaies baissent, ils vont tous avoir à rembourser leur dette alors que le dollar monte et que leur monnaie baisse. Alors maintenant, ils vont s’endetter de plus en plus. L’économie mondiale va s’enfoncer plus bas.
Il est donc légitime de se poser des questions sur la compétence, l’honnêteté, la responsabilité, le goût du service public des hommes politiques depuis les années 80. On pourrait même dire depuis les années 70.
Étaient-ils incompétents ? Pas plus que ceux qui les ont précédés. La différence est à rechercher dans l’absence d’honnêteté, d’éthique et de morale. En France plus qu’ailleurs. Pour preuve, on en arrive à des présidents de la république qui divorcent une fois élue, ou qui est élu sans avoir jamais été marié malgré ses 4 enfants, qui change de maîtresse au vu et su du pays. Qui vit comme un ado en allant à son RV galant en scooter.
Ce comportement peut paraître moderne mais en fait il témoigne surtout de la perte des valeurs de la part de celui qui se comporte ainsi et du peuple qui, en d’autres temps, aurait sanctionné. Il témoigne de la perte de conscience des responsabilités qui pèsent sur tout homme public qui devrait être exemplaire. À cela s’ajoute une forme d’immoralité ce qui laisse place au pire : la sacralisation de l’argent et de ce qu’il permet en termes de jouissance.Faire de l’argent devient le seul objectif de ces êtres humains. Et pourquoi ne le ferait-il pas de n’importe quelle manière puisqu’ils sont assurés d’une quasiment irresponsabilité? Et pourquoi se posait est-il des questions puisqu’ils sont dépourvus de toute éthique ?
Nombreux mènent des vies privées qui témoignent d’un comportement plus « peopolisé » que studieux consacré à la réflexion et à l’étude de solutions.
A travers ses revendications, la colère populaire à l’encontre du « président des riches » met en accusation un système inféodé au capital.
Avec les contributions d’Anicet Le Pors Ancien ministre PCF, conseiller d’État honoraire; Mireille Bruyère, Maître de conférences en économie à l’université de Toulouse-II, membre des Économistes atterrés et Claude Morilhat Philosophe.
Anicet Le Pors, Ancien ministre PCF, conseiller d’État honoraire
Emmanuel Macron a été promu à la tête de l’État par les puissants du néolibéralisme usant d’un suffrage universel sous influence : la finance internationale dont il émane, les cercles dirigeants de l’Union européenne, le patronat, la technocratie administrative et la quasi-totalité des médias. Son mandat était de mettre au pas un peuple rétif ayant conquis des garanties sociales importantes au fil de son histoire. Aujourd’hui comme hier, le peuple ne l’accepte pas. Il soutient massivement la révolte des plus déshérités. Les gilets jaunes assument cette mission. Si on néglige les arguties complotistes, ils honorent, contre l’ultralibéralisme, la devise de la République : liberté, égalité, fraternité.
La liberté. Les gilets jaunes participent activement à l’affirmation de la souveraineté nationale et populaire. Ils méprisent les injonctions de Bruxelles imposant une concurrence sauvage des travailleurs, les critères de réduction de la dépense sociale, une subsidiarité autoritaire. Car, il n’y a de souveraineté que nationale. Il n’y a pas de souveraineté européenne. C’est dans le cadre de la nation que s’exerce notre responsabilité. Par là, ils posent les questions de l’exercice de la démocratie et de la verticalité des institutions d’une manière originale. C’est dans le cadre de la nation que se forge la citoyenneté, citoyenneté qu’ils manifestent en mettant en cause frontalement ceux qui nous gouvernent et les organismes de représentation qui ne les représentent pas.
L’égalité. Au-delà de la suppression des taxes sur les carburants nécessaires à leur vie, ils réclament une réforme fiscale juste, conforme à la Déclaration des droits de 1789 posant le principe d’une contribution à l’impôt selon les facultés contributives. Ils demandent des services publics capables de répondre aux besoins fondamentaux de la population. Par là, se trouve impliquée la question de la propriété sociale car « là où est la propriété, là est le pouvoir », comme le proclamait la gauche au tournant des années 1970-1980, question qu’elle a totalement désertée aujourd’hui, tandis que les capitalistes, eux, sont convaincus du bien-fondé de la formule et se repaissent des privatisations. Après l’action des cheminots, celle des gilets jaunes contribue à celle des agents publics et des fonctionnaires pour la défense et la promotion de leur statut.
La fraternité. Faisant suite à la reconnaissance récente par le Conseil constitutionnel de la fraternité comme principe fondamental de la République, les gilets jaunes en ont donné de multiples témoignages. On a ainsi pu parler de la « fraternité des ronds-points ». J’ai été frappé par nombre de leurs prestations dans les médias, calmes, de bon sens, intelligentes et fermes, face à des professionnels de la politique médusés. Parce qu’elles étaient sincères et authentiques, le peuple les comprend et les soutient.
La violence condamnable des casseurs est utile au pouvoir macronien. Elle sert à masquer cette autre violence, bien plus coûteuse et néfaste pour la démocratie : celle qui prend sa source à l’Élysée, à Matignon et à Bercy. Quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle, j’ai écrit un article pour dire mes raisons de ne pas voter pour Macron (Mediapart, 5 mai 2017, republié sur mon blog) sous le titre « Emmanuel Macron, cet homme est dangereux ». Nous y sommes.
Mireille Bruyère, Maître de conférences en économie à l’université de Toulouse-II, membre des Économistes atterrés
Enfin ! Un mouvement social a percé cette gangue techno-libérale dans laquelle s’englue la société. Il est surtout une prise de parole, une parole authentique. Les gilets jaunes ne s’autorisent que d’eux-mêmes, ni d’un parti, ni d’un syndicat, d’un tribun. Une prise de parole sans filet, comme un abîme, qui ouvre la possibilité de donner une nouvelle signification à la réalité. À l’heure de l’expertise comme seul discours autorisé, les gilets jaunes ont le cran incroyable de s’appuyer sur leur vécu comme source légitime de leur pensée politique.
Les gilets jaunes sont ceux que les managers du néolibéralisme ont humiliés au travail en niant leur expérience, avec des salaires de misère et des conditions de vie indignes. Ce sont ceux que les experts du néolibéralisme ont humiliés, niant leur capacité à dire le réel et le comprendre. Ils sont ceux que les techno-scientifiques du néolibéralisme ont qualifiés de réfractaires au changement, déconnectés de la marche technologique, les obsolètes de la start-up nation.
Par-delà l’équivoque et la pluralité de ce mouvement, deux aspirations semblent être présentes : la justice sociale et la démocratie. Elles sont l’exacte opposée à la marche néolibérale des dernières décennies. Le néolibéralisme est issu de l’approfondissement des logiques de toute-puissance du capital et sa maîtrise techno-scientifique trop à l’étroit dans le compromis fordiste d’après-guerre. Cela a pris partout la forme d’un État autoritaire comme agent du marché au détriment du Parlement, seule dimension démocratique des États sociaux. Cela conduit à une restriction des libertés individuelles et syndicales. L’ère Macron, avec ses employés députés, est l’accélération tragique française. Elle a produit ses lois travail, son état d’urgence permanent et sa loi sur le secret des affaires ; une production annoncée apolitique, simple production progressiste nécessaire. Ces lois néolibérales ne seraient qu’un Code de la route plus efficace, permettant à chacun d’aller plus vite où bon lui semble. Un Code en lieu et place de la loi ? Mais ce faux nez aura fait long feu. Le mouvement des gilets jaunes ne s’est pas trompé, il a eu comme point de départ une critique des contraintes de circulation routière, mais la contestation remonte à la racine politique du néolibéralisme : celle de détruire la démocratie par le gouvernement des experts. Les gilets jaunes conchient les experts auxquels ils opposent leur parole authentique. Ils demandent une meilleure représentativité du Parlement et des référendums d’initiative citoyenne.
L’État néolibéral est autoritaire pour les plus pauvres et libertaire pour les plus riches. Quatre décennies de néolibéralisme ont fracassé la structure sociale en accroissant de manière vertigineuse les inégalités économiques devenues politiques puisque l’économique est l’unique valeur. Baisse des impôts pour les riches et les entreprises, et augmentation pour les autres, accumulation patrimoniale outrancière pour les riches et modération salariale permanente pour les autres. Les gilets jaunes y répondent par une augmentation du Smic, des retraites et des minima sociaux, et un rétablissement de l’ISF. Il faut souhaiter que le mouvement ne tombe pas dans le piège tendu par les dominants : travestir la radicalité du mouvement en barbarie aveugle pour l’affaiblir et négocier ensuite des miettes. La dignité et la liberté ne se négocient pas, elles se prennent comme la parole.
Claude Morilhat, Philosophe
Lancé au départ par le seul rejet d’un aspect limité (le prix des carburants) de la politique de Macron, le mouvement a vu progressivement ses mots d’ordre prendre une tout autre ampleur, mettant en cause évidemment, de fait, une politique directement au service de l’accumulation capitaliste. Associés au caractère insupportable, pour « ceux qui ne sont rien », du mépris de classe, le rejet de certaines mesures (suppression de l’ISF, par exemple), la dénonciation de l’insuffisance du pouvoir d’achat… ne sont qu’un premier pas vers la compréhension : de la logique d’ensemble de la politique gouvernementale, de la nécessité d’une véritable rupture pour la mise en œuvre d’une politique au service d’une grande majorité de nos concitoyens.
La prise en compte de cet écart conduit à certains constats, mais surtout, souligne la complexité des tâches auxquelles se trouvent confrontées les forces de gauche politiques et syndicales.
L’insuffisance des luttes sociales et leurs échecs en France face à l’offensive néolibérale déployée depuis plus de trois décennies, conjugués à l’influence croissante des forces d’extrême droite en Europe, voire leur victoire électorale dans des pays ayant connu pourtant de féroces dictatures (Chili, Brésil, Turquie…), avaient de quoi incliner même les militants convaincus au pessimisme. Face à l’inertie, à la résignation, au repli individualiste, l’idée de « servitude volontaire » semblait gagner en pertinence. La relative soudaineté et les particularités de la révolte des gilets jaunes montrent que, par-delà son effacement apparent, la lutte des classes ne disparaît pas ; plus ou moins refoulée sous la pesanteur de l’idéologie dominante, elle resurgit imprévue sous des formes déconcertantes, singulières. D’où la question cruciale et difficile : comment faire se rejoindre, pour combattre l’ultralibéralisme, des mécontentements assez hétéroclites dominés par un rejet un peu myope de la politique et les forces largement insuffisantes qui n’ont jamais renoncé au combat explicite contre le pouvoir du capital ?
Bon nombre de gilets jaunes n’avaient, semble-t-il, jamais fait grève, ni participé jusqu’ici à une manifestation, convaincus probablement que cela ne servait à rien, les échecs de luttes sociales récentes (contre la casse du droit du travail, pour la défense de la SNCF) leur donnant en apparence raison, mais la dégradation de leur niveau de vie étant cette fois plus immédiatement perceptible a vaincu la résignation, emporté les réticences. De là, sans négliger les modes traditionnels, la nécessité peut-être d’inventer (?) de nouvelles formes d’action qui mettent en cause plus visiblement, plus efficacement, le fonctionnement des pouvoirs politiques et économiques (en excluant, bien sûr, le saccage des biens publics et privés).
Le rôle des réseaux sociaux dans le déclenchement de cette révolte mérite également réflexion. L’univers numérique risque fort d’être un puissant vecteur de nouvelles formes d’aliénation dans les décennies à venir : fausses informations, effacement de la réalité au profit de l’espace d’un écran, renforcement de l’individualisme déjà promu par les logiques économico-sociales actuelles… Mais, contradictoirement, il offre d’efficaces instruments de mobilisation au service des causes les plus diverses, cette efficacité n’étant toutefois que l’envers de ses limites : s’appuyer sur les ressorts passionnels bien plutôt que sur des analyses consistantes. À différents niveaux, d’importants défis attendent donc ceux qui veulent dépasser l’ordre établi.
Auteur de Marx : la formation du concept de force de travail (PUFC).
Photo AFP/Zakaria Abdelkafi
Pierre Chaillan
Article tiré de l’Humanité le 11 décembre 2018
Par Cédric Durand
Soulèvement populaire pour la justice fiscale et le pouvoir d’achat, les gilets jaunes cristallisent la convergence de toutes les colères contre Emmanuel Macron et, au-delà, le capitalisme néolibéral mondialisé dont il est le nom. De l’événement gilets jaunes ou de la structure du macronisme, qui va digérer l’autre? Le simple fait que la question se pose est déjà extraordinaire. Un examen de clinique politique rudimentaire ne peut que renforcer le constat. L’arrogance de classe présidentielle et sa proximité avec les milieux financiers ont beaucoup contribué à faire monter lapression dans la cocotte-minute qui explose aujourd’hui. Mais la question politique posée par les gilets jaunes dépasse le cas Macron. Une fissure historique est ouverte. La tâche de toutes les forces anticapitalistes est d’élargir la brèche.
Coup d’arrêt
Arrière-garde du néolibéralisme triomphant des années 1990, Emmanuel Macron et ses soutiens ont hérité du pouvoir par un concours de circonstances. Qu’en ont-ils fait ? Sans coup férir, ils ont engagé le programme d’ajustement structurel que des décennies de résistances sociales n’ont eu de cesse de ralentir. La blitzkrieg fut un succès. Droit du travail, fiscalité, privatisations… Jouant sur l’avantage psychologique d’une victoire électorale surprise, la nouvelle équipe avança simultanément sur tous les fronts, déroulant sans ménagement un agenda entièrement structuré par les mots d’ordre éternels du capital que sont la compétitivité et l’attractivité pour les investisseurs.
Les réformes s’enchaînaient à un rythme si effréné que, par l’effet domino des complémentarités institutionnelles, on pouvait craindre qu’elles ne fassent éclater ce qui reste du compromis social qui singularise l’hexagone depuis le milieu du XXe siècle. D’ailleurs, c’était l’objectif. Emmanuel Macron avait fait d’une détermination totale sa marque de fabrique. Au printemps dernier, il déclarait sur Fox News qu’il n’y avait «aucune chance» qu’il recule sur la réforme de la SNCF car, disait-il, «si j’arrête, comment pensez-vous que je serai en mesure de moderniser le pays?».
Eh bien c’est chose faite! Emmanuel Macron a été arrêté. Il a un genou à terre. Pour la première fois du quinquennat, le pouvoir a cédé à la rue. En décidant d’abord d’annuler les hausses prévues sur les carburants puis de prendre une série de mesures limitées sur le pouvoir d’achat, il a concédé sa subordination en dernier ressort au mouvement populaire. Et, comme Macron l’avait justement anticipé, la signification principale de ce coup d’arrêt, c’est que la normalisation néolibérale de la France qu’il s’était donné pour mission d’accomplir ne pourra pas avoir lieu dans l’immédiat.
Montée des profondeurs du pays, la colère des gilets jaune a brutalement donné corps à L’illusion du bloc bourgeois identifiée par Bruno Amable et Stefano Palombarini. Faire de la France une Start-up Nation, mobiliser la finance pour sauver le climat et jouer les premiers de cordée… les signifiants positifs auxquels se rattache la feuille de route macroniste sont très minoritaires dans le pays. Et ils le sont d’autant plus qu’à l’heure des premiers bilans ils n’ont pas trouvé de confirmation dans le mouvement réel du revenu disponible et de l’emploi.
En haut, les firmes et les très riches ont tout de suite perçu les dividendes de l’élection de leur candidat. Mais en bas, les classes moyennes et populaires ont pris de plein fouet les politiques de la nouvelle majorité. Ces politiques ont accru la pression fiscale à laquelle la fraction de droite des classes moyennes et populaires est particulièrement sensible et, en même temps, mis en joue les garanties collectives, les services publics et la protection sociale auxquelles les fractions de gauche tiennent par-dessus tout. Le mouvement des gilets jaunes est une contre-attaque sur ces deux fronts ; et de droite et de gauche donc, il a brutalement siphonné le carburant politique du pouvoir qui se retrouve en panne sèche sur la bande d’arrêt d’urgence.
Le temps de la discorde
En quatre semaines, la révolte des gilets jaunes est devenue un événement politique majeur, peut-être même le plus importants des cinquante dernières années en France. Sa puissance proto-révolutionnaire est le produit d’une combinaison inédite.
La géographie d’abord est très particulière. Il s’agit d’un mouvement périphérique qui, de péages en ronds-points, a tissé un maillage serré sur tout le territoire. C’est ainsi qu’il s’est donné une grande visibilité, une forte transversalité sociale – agrégeant de multiples catégories – et une puissante capacité de diffusion. Le fait que 20% de la population française se considère comme «Gilet Jaunes» [2] est significatif. Une fois le gilet jaune comme «signifiant flottant» [selon Félix Boggio Evangé-Epée in Contre-Temps du 22 novembre] de la révolte fixé, la structure en réseau permet toutes les appropriations et toutes les déclinaisons, favorisant ainsi l’agrégation des colères et leur convergence en plein Paris, au plus près des lieux de pouvoir.
Initiée sur les réseaux sociaux, la mobilisation des gilets jaunes ne fait l’objet d’aucun encadrement syndical ou politique. Cela ne veut bien entendu pas dire que les ressources militantes ne s’y déploient pas. Souvent, parmi les groupes qui entrent en action, quelques individus ont eu des expériences syndicales, politiques, associatives ou furent impliqués dans luttes citoyennes, dans des ZAD. Surtout, cette lutte produit une nouvelle synthèse dans laquelle l’accumulation de rage contenue pendant trop longtemps et d’expériences des combats de ces dernières années sonnent ensemble l’heure de la revanche.
En haut ça tangue. Très fort… Le fait que le premier recul consenti se soit fait dans la cacophonie – plus de 24h d’ambiguïté les 4 et 5 décembre sur le caractère pérenne de la non-application de la taxe sur les carburants – est un symptôme du désarroi qui s’est emparé des plus hauts cercles du pouvoir. Au moment où la crise éclate, il ne reste plus rien de l’élan de la fulgurante victoire présidentielle. Le gouvernement s’est rétréci, la hiérarchie policière est fragilisée par l’affaire Benalla, la jeune garde de conseillers présidentiels sourde aux remontées de ses administrations est aveugle sur la situation politique, les parlementaires déboussolés sont aux abonnés absents, le parti présidentiel inarticulé, sans ancrage territorial s’avère complètement inopérant pour endiguer la vague. Échaudé par l’accueil reçu au Puy en Velay, Emmanuel Macron se terre dans son palais. Il est «un peu perdu» nous dit un conseiller. En réalité paniqué, craignant pour sa vie.
Tous ces éléments participent de l’isolement de l’exécutif. Un isolement qu’il s’efforce de briser à partir du 5 décembre. D’abord en constituant une coalition contre «les désordres» et les «violences», ce qu’il est parvenu à réaliser avec un certain succès pour la journée du 8 décembre. Le premier ministre se payant le luxe de remercier tous les responsables politiques, syndicaux et associatifs qui ont accepté de rejoindre son appel au calme. Un moyen d’essayer de contrebalancer une réalité contrariante. En dépit d’une stratégie de la tension maximale et d’une répression à la fois brutale et massive, la mobilisation ne faiblit pas mais s’enracine. Il y a toujours autant de monde dans la rue et des jonctions s’opèrent avec les écologistes des marches pour le climat et avec la jeunesse scolarisée.
Au lendemain du 8 décembre, l’exécutif poursuit sa manœuvre de désencerclement se met en quête d’une nouvelle combinaison politique qui lui permette de renforcer son assise. Consultant tous azimuts, il lâche un peu de lest sur le pouvoir d’achat et cherche de nouveaux appuis, au-delà d’une majorité parlementaire numériquement forte mais socialement très étroite. C’est à ce stade des développements politiques que correspond l’intervention présidentielle du 10 décembre. Quelques rodomontades sur l’ordre républicain, un acte de contrition forcé et des concessions calculées au plus juste pour espérer faire baisser la pression. Rien de plus.
C’est un aveu de faiblesse et un encouragement à la poursuite de la mobilisation. Mais cela ne doit pas faire oublier qu’il reste encore au pouvoir de nombreuses cartes en main, jusqu’à la suspension complète des libertés démocratiques ordinaires. La constitution donne la possibilité au Président de la République de recourir aux pouvoirs exceptionnels. Si, en 1958, De Gaulle pouvait tenter de rassurer en déclarant: «Pourquoi voulez-vous qu’à soixante-sept ans je commence une carrière de dictateur?». Maintenant c’est Emmanuel Macron qui dispose de l’article 16 et lui n’a que 40 ans… L’ombre d’un devenir autoritaire plane sur un régime entré dans une crise existentielle.
Des contradictions au sein du peuple gilets jaunes
Une des singularités de ce mouvement est de poser frontalement la question du pouvoir: Macron démission! Est un mot d’ordre unanime qui sature tous les autres. Mais le contenu social de cette revendication reste indéterminé. Une bataille qui se joue sur les réseaux sociaux, dans les prises de paroles, sur les chasubles jaunes, sur les pancartes, sur les murs… C’est évidemment une difficulté majeure.
Dans ce mouvement cohabite, dans une grande confusion, des affects de gauche et des affects de droites, une grande masse de gens peu politisés, des militants anticapitalistes et des fascistes. De plus, il est impossible d’ignorer que les accessions au pouvoir de Bolsonaro au Brésil, l’alliance M5S–Legga en Italie et même, à la limite, Trump aux Etats-Unis sont, à des degrés divers, des répliques de mobilisations sociales au contenu initialement indéterminé: contre la hausse du prix des transports au Brésil, contre la corruption et contre des impôts considérés comme injustes en Italie ou encore, même si là l’ancrage côté républicain était plus évident, contre les sauvetages bancaires avec le Tea Party étatsunien.
Pour le dire vite, il y a dans les mouvements décadrés qui caractérisent cette décennie 2010 la recherche d’une issue hors du néolibéralisme. Une sortie qui peut se faire dans deux directions. La première est celle d’un réencastrement dans la communauté nationale: il s’agit alors de tenter de colmater la polarisation de classe à coups de panique identitaire. Si l’ennemi principal devient le migrant ou l’importateur chinois, une autre politique pro-capitaliste est possible.
C’est la stratégie Trump-Salvini-Wauquiez-Le Pen qui rompt avec l’idéologie de la mondialisation heureuse pour mieux consolider les acquis politiques arrachés par les classes les plus riches ces dernières décennies. Mais cette ligne inspire jusqu’au gouvernement. En témoigne la manipulation grossière tentée par le Ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, lorsqu’il répond aux questions du Figaro le 7 décembre:
«Il ne s’agit pas seulement d’un ras-le-bol fiscal, mais d’une crise identitaire. (…) ils se posent la question de l’avenir de nos enfants, s’interrogent sur la place des religions et notamment de l’islam.».
Mêler l’Islam dans le prix de l’essence et le pouvoir d’achat, il fallait oser! Malheureusement, cette réaction résonne avec les efforts de l’extrême droite pour mettre la question du pseudo « pacte de Marrakech » sur les migrations au cœur des discussions des Gilets Jaunes. La lucidité oblige à s’en inquiéter. A l’échelle internationale, les droites nationalistes ont une longueur d’avance. Et, du point de vue du capital, c’est aussi le chemin qui est le moins dangereux.
La seconde voie, est celle de la gauche et des mouvements sociaux. Une direction solidement élaborée dans la critique du néolibéralisme depuis les années 1990. Au sein des gilets jaunes, les demandes de justice sociale, de hausse des salaires, de défense des services publics et d’hostilité à l’oligarchie se nourrissent de plusieurs décennies de critique du capitalisme mondialisé et financiarisé. La centralité des revendications sur le rétablissement de l’ISF (Impôt sur la Fortune), la circulation des vidéos de François Ruffin ou d’Olivier Besancenot témoigne de la vitalité de cette main gauche du mouvement.
Mais le fait que ces demandes prennent corps hors des cadres de la gauche et des mouvements et que la mobilisation pose abruptement la question du pouvoir, est aussi un désaveu. La dénonciation du néolibéralisme par la gauche ne s’est pas imposée comme une perspective stratégique clairement articulée. Si l’on veut faire une autre comparaison internationale, l’émergence de Podemos, en contrepoint au mouvement espagnol des places, apparaît comme l’exemple d’un débouché politique à gauche. Mais, hélas, un débouché qui est déjà acculé à un accord de soutien d’un gouvernement socialiste PSOE et semble toucher ses propres limites.
Il ne s’agit pas de détailler les circonstances, batailles et bifurcations qui singularisent les différentes trajectoires évoquées. Il s’agit seulement de se souvenir de ces expériences récentes pour souligner que l’énergie politique formidable déjà dégagée par les gilets jaunes ne restera pas sans lendemain. Aujourd’hui, l’urgence c’est de tenir et d’élargir le front, d’arracher tout ce qui est possible au gouvernement, de tenter de le déstabiliser jusqu’à le faire chuter, d’apprendre et de découvrir ensemble de nouveaux horizons politiques. Mais c’est aussi, dans le même mouvement, d’anticiper sur la bataille qui viendra après. Et là, c’est déjà une polarisation entre droite extrême et gauche conséquente qui se profile.
Questions de fins
Bien sûr, le fait que la hausse des prix des carburants ait mis le feu à la plaine de l’exaspération sociale n’a rien d’anecdotique. C’est même le symptôme d’une discordance des temps bien plus profonde que l’aporie du macronisme. Cela a été répété sur tous les tons, un des aspects clés des turbulences actuelles, c’est la désarticulation du temps long du réchauffement climatique et du temps court des fins de mois difficiles. Mais il n’est pas moins important de noter que la conflagration actuelle résulte aussi de la collision entre la discipline de fer de la mondialisation et les aspirations démocratiques.
À ce propos, Olivier Blanchard, l’ancien économiste en chef du FMI postait le 6 décembre 2018 ce tweet surprenant :
« Se pourrait-il que, compte tenu des contraintes politiques pesant sur la demande de redistribution et les contraintes liées à la mobilité des capitaux, nous ne soyons pas en mesure de réduire suffisamment les inégalités et l’insécurité pour prévenir le populisme et les révolutions? Qu’est-ce qui vient après le capitalisme?»
Qu’est-ce qui vient après le capitalisme? C’est bien l’éléphant dans la pièce où se bousculent exigences populaires, crise écologique et impasses économiques.
Le philosophe Fredric Jameson écrivait qu’il est aujourd’hui «plus facile d’imaginer la fin du monde que d’imaginer la fin du capitalisme». Enfermées dans l’éternel présent du néolibéralisme, assignées à résidence par le tourbillon incessant des injonctions marchandes, nos sociétés ont perdu le sens de l’histoire. Le futur se réduit à deux options également déprimantes: la répétition éternelle de ce qui est déjà ou bien l’apocalypse. Pour Jameson Frederic ce qui importe vraiment c’est que le temps recommence à transmettre les signaux de l’altérité, du changement, de l’utopie:
« Le problème à résoudre est celui de sortir du présent sans vent du postmoderne pour revenir à un temps historique réel, à une histoire faite d’êtres humains.» [3]
Une histoire faite d’êtres humains. Pour que cela advienne, la colère qui fait monter les barrages et les barricades est une énergie indispensable. Mais elle ne suffira pas. Il lui faudra aussi l’ambition collective d’inventer un futur qualitativement différent de l’éternité marchande. (Paru sur le site Contretemps, le 11 décembre 2018)
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[1] Bruno Amable et Stefano Palombarini, L’illusion du bloc bourgeois, Raisons d’agir, 2017.
[3] Fredric Jameson, «FutureCity», New Left Review, May-June 2003.
https://alencontre.org/europe/france/france-debat-le-fond-de-lair-est-jaune.html
Lundi dernier, le président se lançait dans une nouvelle élocution pour tenter d’endiguer le mouvement des Gilets Jaunes. Au cours de son discours, plusieurs propositions concrètes mises sur la table comme l’augmentation du smic, la prime défiscalisée et l’exonération des heures supplémentaires.
Si on entre dans le détail, en réalité le gouvernement ne lâche rien… ou si peu. Il se contente d’avancer sur le calendrier en promettant des choses « populaires » qui vont arriver dès le premier janvier plutôt que de les étaler sur l’ensemble du mandat ; autant dire que ça promet pour les trois prochaines années de gouvernance puisqu’il ne reste plus grand chose d’alléchant dans le programme présidentiel.
Un peu comme quand tu ouvres ton frigo et tu constates qu’il y a eu une razzia sur le pack et qu’il ne reste plus que ceux à l’abricot et à la pêche que personne n’aime.
Suite à cette élocution, Jean-Luc Mélenchon a très vite réagi en s’exprimant à son tour pour répondre au président, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il exagère quelque peu.
Une révolution fantasmée[…]
Quand il évoque le mouvement des Gilets Jaunes, Jean-Luc Mélenchon n’hésite pas à employer des termes forts comme « l’insurrection citoyenne qu’on ne saurait acheter avec une distribution de monnaie ».
Il est vrai qu’au sein des Gilets Jaunes il y a des radicaux qui ont clairement flairé l’esbroufe et qui ne vont certainement pas déposer leur gilet de si tôt tant la duperie est grande.
Mais il ne faut pas oublier que le mouvement des Gilets Jaunes est avant tout un conglomérat de colères hétérogène, poussé par des motivations diverses et variées… Des gens qui se retrouvent ensemble pour défendre des intérêts qu’ils n’ont pas toujours en commun.
Macron l’a bien compris en choisissant de donner une tournure sarkozystes à ses annonces : peu à peu on a vu Les Républicains se désolidariser du mouvement sur les plateaux de télévisions, en même temps qu’on a assisté a une baisse flagrante du soutien aux gilets jaunes dans les sondages.
Les Gilets Jaunes se revendiquent apolitiques mais dans le fond ça ne les empêche pas d’avoir chacun une idéologie politique et le spectre du pays n’a foncièrement pas changé.
Résultats au premier tour de l’élection présidentielle de 2017
Au fond, Emmanuel Macron s’est contenté de renouer avec une droite qu’il avait perdue en chemin à cause d’un excès de taxes.
Une droite qui prône le mérite et se refuse à taxer les riches en se contentant du bon vieux « travailler plus pour gagner plus », entretenant l’idée au fond qu’un pauvre est avant tout un fainéant méritant son sort funeste.
On est loin de la volonté révolutionnaire mise en avant par Jean-Luc Mélenchon, tout au mieux une alliance providentielle permettant un coup de projecteur sur nombre d’exaspérations de la gauche depuis des décennies.
[…]mais une colère justifiée.
SI l’on peut reprocher à Jean-Luc Mélenchon de faire un transfert sur les gilets jaunes de ses propres aspirations révolutionnaires ; en revanche on ne peut lui reprocher son discours très critique à l’égard de l’allocution du président de la république.
D’abord, le leader de la France Insoumise s’insurge contre un président qui « gronde le peuple » pour les violences… et c’est vrai que cette tendance de l’exécutif à se poser en donneur de leçon commence vraiment à agacer.
Emmanuel Macron rejoue sa partition sur une pseudo-récupération politique, une colère qui serait orchestrée par les leaders de l’opposition mais, au bout d’un moment :
ON A LE DROIT DE TROUVER QUE TA POLITIQUE C’EST DE LA MERDE !
Pfiouuu… non mais c’est vrai quoi… les gens qui manifestent dans la rue n’ont pas nécessairement attendu l’appel de Nicolas Dupont-Aignan ou autre pour trouver injuste la politique actuellement menée.
Ok, c’est vrai qu’on voit beaucoup des responsables politiques venir sur les plateaux en tenant des propos proches de ceux des gilets jaunes… mais en même temps, ils représentent des partis d’opposition !
Par définition ils incarnent une ligne politique qui s’oppose à celle de la majorité, c’est donc finalement assez logique que lorsque 75 % de la population exprime un mécontentement avec la politique menée, alors on trouve les responsables d’opposition venant critiquer la politique menée.
Si l’on suit le raisonnement de Macron, alors les gens l’aiment mais ne s’en rendent pas compte… et les opposants politiques n’ont le droit de s’opposer que sur les sujets faisant consensus dans la population : belle vision de la démocratie.
Rappelons une bonne fois pour toute que la récupération politique c’est le fait de s’emparer d’un fait divers pour l’exploiter politiquement, un peu comme quand la garde des sceaux explique qu’un mouvement social doit prendre fin sous prétexte qu’il y a un attentat terroriste.
Le maire de #Strasbourg a décrété une journée de deuil.Tous les spectacles prévus dans la ville sont annulés et le marché de Noël n'aura pas lieu ce mercredi >> http://l.leparisien.fr/gwo
Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, demande aux #Giletsjaunes d'arrêter les blocages après l'attaque de #Strasbourg :
« Il y a eu un événement dramatique à Strasbourg (...) Je pense que le mouvement doit cesser » >> http://l.leparisien.fr/gwo pic.twitter.com/fjB1ERCwbA
Et donc, en 2022 si il y a un autre attentat terroriste, que fait-on des élections ?
Le fait qu’un responsable politique répète qu’il faille remettent l’ISF quand des manifestants se mettent à réclamer le retour de l’ISF : ce n’est pas de la récupération mais du bon sens.
« – Je veux le rétablissement de l’ISF – Moi aussi, vous faites de la récupération politique – Oui mais c’est moi qui l’ait dit en premier, du coup c’est vous qui faites de la récupération ! – euhhh Chifoumi ? »
Ensuite, Jean-Luc Mélenchon dénonce des mesures présidentielles qui excluent une part non négligeable de la population… et là encore il a raison !
Comme nous le rappelions plus haut, le président ne cherche pas à résoudre la crise qui traverse le pays, tout au mieux il cherche à diviser les Gilets Jaunes afin de gagner un répit.
« Balancer un peu de monnaie sur les Gilets Jaunes et croiser les doigts qu’ils s’entretuent ! Hop une crise de résolue. »
Il donne de quoi satisfaire les uns pour affaiblir les autres montrant ainsi qu’il n’a pas entendu le cri de détresse émanant de la population.
Le problème de Macron n’est pas la misère, mais le fait qu’elle s’exprime…
Jean-Luc Mélenchon soulève également le fait qu’aucun effort n’est demandé aux plus fortunés dans ce pays, pourtant cette demande de justice sociale faisait partie des revendications des Gilets Jaunes !
On s’accroche à l’ISF, on demande aux entreprises d’offrir une prime – si elles le veulent – et on fait de vagues promesses sur la lutte contre l’évasion fiscal sans sortir la moindre esquisse d’un projet tangible.
Prototype expérimental pour lutter contre l’évasion fiscal.
On est donc en droit de penser que tôt ou tard, les français payeront le prix de ces pseudo-concessions… or le problème majeur aujourd’hui, c’est bien l’accroissement des richesses d’une minorité qui se fait au détriment d’une majorité se partageant une part du gâteau toujours plus mince.
Éviter l’emballement
Jean-Luc Mélenchon peut se réjouir de voir un tel mouvement de contestation à l’égard du président en place, sans doute est-il conforté dans ses idées et n’en déplaise à ceux qui crient « récupération » à tout va, il peut légitimement critiquer le pouvoir en place au motif que les revendications jaunes rejoignent en partie son programme.
Mais attention toutefois à ne sombrer dans la facilité en partant du principe qu’il aurait déjà gagné et en annonçant trop vite une révolution citoyenne.
Attention à ne pas retomber dans l’écueil de 2017, où le leader de la France Insoumise a perdu en crédibilité lorsqu’il appelait en vain les français dans la rue pour un coup d’état social qui finit par être tourné au ridicule.
La déception de Mélenchon risque d’être grande si le mouvement des Gilets Jaunes venait à s’éteindre ce qui est loin d’être exclu.
Cela ne veut pas dire que le peuple soutient Macron, que le sentiment d’injustice a disparu ou que les français sont satisfaits de la situation actuelle.
Mais il faut arrêter de vouloir rejouer 1789 ou mai 68 à chaque fois qu’une colère un peu forte s’exprime dans la rue.
REVOLUTION !!!!!!!
En tant que responsable politique, charge à Mélenchon de comprendre les raisons qui font qu’il y a une telle défiance aujourd’hui entre lui et les Gilets Jaunes, charge à lui de trouver les solutions afin de rassembler plus largement comme il a su le faire pendant la campagne de 2017.
Car là, à moins que les Gilets Jaunes prennent l’Elysée ce samedi (peu probable), on ne retiendra du leader de la France Insoumise que sa propension à faire des analyses erratiques exagérées.
Mardi 11 décembre 2018, mise à jour Mardi 11 décembre 2018, 00:01
On n’en attendait pas grand-chose, tant les ministres avaient fait un pilonnage sur tous les médias depuis deux jours… et on n’a effectivement pas été déçu. Pour autant, le discours de Macron aura été ce soir très révélateur de la nature de la politique de Macron, même quand il vacille face au mouvement des gilets jaunes.
Première démonstration, celle de la méthode, brutale. Que le discours de Macron commence par la question des « violences » n’étonnera pas. « Le calme et l’ordre républicain (…) doivent régner », et à quel prix… Des gilets jaunes aux lycéens, touTEs gazés, touTEs tabassés, et Macron promet simplement que ça va continuer.
Ensuite s’affirme toujours le même mépris social. « Je n’oublie pas qu’il y a une colère, une indignation, beaucoup de Français peuvent la partager », rajoutant sans rire trouver la colère « juste à bien des égards »… De qui se moque-t-il, lui le mandataire des plus riches qui veut maintenant nous faire croire à son empathie envers les plus en difficulté ?
Enfin, le catalogue de mesurettes – égrainées en deux minutes puis suivies de beaucoup de blabla – est l’illustration de la redistribution des richesses sauce macroniste. Nous resservant le plat moisi déjà présenté en son temps par Hollande de l’« état d’urgence économique et social », l’essentiel des mesures présentées montre que le président sait être généreux… avec l’argent public, et sans jamais toucher au capital, au fric des plus riches. Le salaire des travailleurs au SMIC augmenté de 100 euros ? Que les capitalistes se rassurent, il ne leur en coûtera rien puisqu’il s’agira seulement d’une revalorisation de la prime d’activité. Des heures supplémentaires ? Oui mais sans impôts ni cotisation sociale… Encore plus fort que Sarkozy ! Une prime de fin d’année pour les salariéEs ? Oui mais à la discrétion des patrons. Et bien entendu, que l’on ne parle pas d’une restauration de l’ISF, « revenir en arrière nous affaiblirait »… C’est pourtant toute sa politique qui nous fait revenir en arrière ! Au final, seuls les retraitéEs qui gagnent moins de 2000 euros par mois seront satisfait de voir l’injuste hausse de la CSG subie cette année enfin annulée. Tout ça pour ça ?
Après ce discours pour rien, le mouvement des gilets jaunes continue, rejoint par celui de la jeunesse qui connaît mardi une nouvelle journée de mobilisation. « L’acte 5 » se prépare pour le week-end prochain, et tous les mécontentements doivent converger. L’heure est à la mobilisation générale, pour un blocage du pays, notamment par la grève. Face à ce mouvement profond contre la vie chère, Macron doit céder : mettre fin aux taxes injustes, faire payer les riches, augmenter les salaires et les revenus. Nous pouvons les faire reculer.
Montreuil le lundi 10 décembre
https://npa2009.org/communique/macron-menace-et-enfume-mobilisation-generale
12 DÉCEMBRE 2018 PAR KARL LASKE
Samedi 8 décembre, les effectifs de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) ont fait de nombreux blessés par des tirs de flashball en s’engageant sur l’avenue des Champs-Élysées. 170 personnes ont été accueillies dans les hôpitaux contre 162 le 1er décembre.
Les Champs-Élysées, champ de bataille, fan-zone et enfin champ de tirs. En trois samedis successifs, les forces de l’ordre auront beaucoup varié sur la tactique à employer face aux « gilets jaunes ». Les enfermer, les empêcher d’entrer, les faire sortir : le préfet Michel Delpuech et le ministre de l’intérieur Christophe Castaner auront tout essayé.
Le 8 décembre, ils ont choisi de contrôler et d’interpeller massivement en amont de la manifestation, mais aussi de mettre les gilets jaunes sous la pression de forces de police plus « mobiles ». Une révision totale de la « doctrine » prônée depuis plusieurs années par le préfet Delpuech et son prédécesseur Michel Cadot – actuellement préfet de la région d’Île-de-France – et visant à éviter la confrontation.
Cette fois, les manifestants ont subi des charges quasiment « préventives » sur les Champs-Élysées et des tirs intempestifs de flashball destinés à les disperser. Résultat : les hôpitaux de Paris ont accueilli plus de blessés le 8 décembre que le samedi précédent – 170 personnes contre 162 le 1er décembre. Et cela bien que les affrontements aient baissé d’intensité. Une demi-douzaine de manifestants ont été grièvement blessés au visage par des balles en caoutchouc sur les Champs-Élysées, parmi lesquels deux étudiants : Fiorina, une étudiante de 20 ans originaire d’Amiens, touchée à l’œil, et Thomas, 20 ans aussi, un étudiant nîmois touché à la joue. Des journalistes et des reporters ont aussi été atteints par des projectiles en caoutchouc, dans le dos, aux bras et aux jambes. Boulevard Saint-Martin, Antoine, un jeune graphiste de 25 ans, a été grièvement blessé à l’œil, dans la soirée du 8 décembre.
Les policiers de la BRI déployés sur les Champs-Élysées. © Karl Laske
La ministre des armées Florence Parly a salué ce « dispositif parfaitement préparé », le qualifiant de « très grand succès ». « L’extraordinaire travail des forces de sécurité intérieure » a permis « par leur extrême sang froid, leur grand courage, leur engagement », « que ces manifestations, pourtant ô combien violentes, se déroulent finalement sans morts, contrairement aux espoirs de certains », a-t-elle jugé.
Particulièrement massifs ce 8 décembre, les tirs de flashball – de type « lanceur de balle de défense », LDB 40 – sont principalement le fait des unités de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) et des compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI) de la préfecture, positionnées en haut de l’avenue des Champs-Élysées. Ces tirs ont été effectués en dépit du fait que le préfet de Police de Paris avait formellement annoncé au Défenseur des droits, en décembre 2017, « avoir pris la décision d’interdire l’usage du LBD 40 dans les opérations de maintien de l’ordre, au regard de sa dangerosité et de son caractère inadapté dans ce contexte ». Or, selon le bilan du ministère de l’intérieur, 1 193 projectiles en caoutchouc, 1 040 grenades de désencerclement et 339 grenades explosives assourdissantes GLI-F4 ont été employés le 1er décembre. Les chiffres du 8 décembre n’ont pas été communiqués par la préfecture.
Thomas Belbos, 20 ans, étudiant à l’IUT de Nîmes, est l’un des premiers à tomber sur l’avenue des Champs-Élysées, vers midi. Il est au milieu de l’avenue, désertée à cause des tirs de lacrymogènes, à hauteur de la rue de Berri. « Sur une vidéo, on voit bien qu’il est seul, à quelques dizaines de mètres d’un cordon de CRS, explique son avocat, Me Rémy Nougier. Il ne fait rien de particulier, il n’y a aucune manœuvre de sa part et soudain on le voit tomber. » La balle de flashball lui a déchiré la joue et fracturé le sinus, mais il décide de rentrer au plus vite sur Nîmes pour s’y faire soigner. L’étudiant a déposé une plainte pour violence avec arme par un dépositaire de l’autorité publique, mais son avocat a récemment écrit au procureur de la République de Paris.
Paul Conge, photo-reporter de l’agence Explicite, a été touché par une grenade de désencerclement, vers 11 heures du matin, puis par un tir de flashball dans le dos, dans l’après midi. « Je ne m’attendais pas à l’explosion de cette grenade, parce qu’il n’y avait pas d’affrontement, ni de tirs de lacrymogènes, explique-t-il. Et en principe, elle s’utilise dans un contexte d’affrontement. Ils ont utilisé ces grenades à fond. J’ai rarement vu un usage aussi intensif et répété de ces grenades. Il y avait vraiment des tirs en série. Cela visait à faire psychologiquement peur aux manifestants. Plus tard, vers 16 h 30, je prenais des photos, vers le bas de l’avenue des Champs-Élysées, et j’ai été touché par un tir de flashball dans le dos, mais le choc a été amorti par mon sac. » Le photographe voit une jeune fille de 25 ans, touchée par un tir au genou, au niveau de la rue de la Boétie. « Elle avait une grosse plaie et ne pouvait plus bouger. »
En début d’après-midi, Boris Kharlamoff, un photographe de l’agence A2PRL, a été également touché dans le dos par un projectile en caoutchouc tiré par un policier en civil. Un groupe de fonctionnaires masqués et casqués, appartenant à la BRI (l’ex-antigang) et encadrés par leur chef, le commissaire divisionnaire Christophe Molmy, prend position et progresse sur le trottoir, côté impair des Champs-Élysées. Leur présence sur le terrain est mentionnée dans la note de service diffusée par la préfecture la veille de la manifestation et dévoilée par Taranis News. D’après ce dispositif, cette équipe mixte BRI/DRPJ dirigée par le commissaire Molmy est composée de 70 personnes et accompagnée d’une équipe de CSI.
« Ils ont d’abord tiré dans le ventre d’un manifestant, qui s’était placé devant eux en levant les bras, explique Boris Kharlamoff. Une vidéo montre parfaitement ce tir. Puis ils ont commencé à tirer de tous les côtés. Tous les manifestants se sont mis à l’abri. Je me suis un peu caché derrière un poteau, mais j’ai été touché dans les côtes. Le tir venait de ce groupe de civils. Ils nous mettaient en joue depuis le début. Et pourtant, moi, j’avais un brassard presse vraiment en évidence. » Plus tôt, Boris avait vu un autre journaliste se faire matraquer en dépit de son brassard – c’est Éric Dessons, un journaliste au JDD, brièvement hospitalisé pour une fracture à la main.
Stéphanie Roy@Steph_Roy_
#Paris Un homme bras en l’air reçoit un tir de flash ball quasiment à bout portant. Dans le même temps une grenade est envoyée sur la presse pourtant clairement identifiée.#GiletsJaunes #ChampsÉlysées #Acte4 #Insurrection #8decembre2018#8decembre2018
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L’extrait vidéo du reportage de Stéphanie Roy (LinePress) montrant le tir sur un manifestant © Dr
« C’était impressionnant de voir autant de blessés »
Boris est conduit à un véhicule de secours, où il rencontre une jeune fille touchée par un tir à la mâchoire, ainsi qu’un manifestant blessé à l’arcade sourcilière. « Un gradé des pompiers disait à ses collègues que les flics devaient arrêter de tirer au niveau de la tête. C’était impressionnant de voir autant de blessés. Je ne pensais pas qu’une balle en caoutchouc pouvait faire aussi mal. » Le photographe a déposé plainte à l’IGPN.
Membres de la BRI présents sur les Champs-Élysées. © DR
À 14 heures, au moment de ces tirs, c’est Fiorina, 20 ans, qui s’écroule, blessée à l’œil gauche. Elle se trouve sur le trottoir opposé, côté pair de l’avenue. « Nous étions le long du mur, près du McDo, et d’un coup, sur le trottoir d’en face, les CRS et policiers civils se sont mis à tirer, a expliqué un témoin à Libération. J’ai entendu un bruit juste à côté de moi et j’ai vu cette fille tomber juste à côté de moi. » La jeune femme a été prise en charge à Cochin et, selon un témoignage obtenu par Libération, elle aurait « perdu la vision de l’œil gauche et ne la retrouvera jamais » et « subi de nombreuses fractures sur des os de la face et des saignements dans le cerveau ». Son entourage, qui la présente comme une « patriote » ralliée aux gilets jaunes, a fait une collecte pour couvrir ces dépenses urgentes.
Un autre reporter d’images, Laurent Bortolussi, de l’agence Line Press, a suivi lui aussi la progression des hommes de la BRI vers l’avenue Georges V. « Cette unité de police descendait sur le côté droit des Champs, explique-t-il. C’était un mélange de civils et d’une compagnie de sécurisation. Et ils tiraient partout. Le 1er décembre, il y avait eu des heurts extrêmement violents et assez peu de blessés, et cette fois, on a eu des heurts moins violents, mais des blessés à la pelle. Les premiers incidents ont commencé vers 11 heures, et de 11 à 18 h 30, les policiers ont tiré au flashball des dizaines et des dizaines de fois. Plusieurs photographes ont été touchés. Un photographe italien a été touché à l’œil. Des tirs, on en voit plein. Il y a des moments où les policiers se lâchent et on les voit tirer à tort et à travers. »
Policiers d’une compagnie d’intervention sur les Champs-Élysées. © karl Laske
Laurent Bortolussi est témoin d’un tir qui a touché une dame de 70 ans, près de lui. « Ce tir est absolument incompréhensible, raconte-t-il. Elle était clairement la cible. Je regardais en direction des policiers. Et j’ai vu le tir partir de ce groupe et la percuter, et je l’ai vue hurler. À ce moment-là, je suis un peu pris à partie par la foule qui me dit de filmer ce qui se passe. Cette dame avait un gilet jaune, elle était appuyée contre un poteau, mais du fait de son âge, elle n’était ni violente, ni véhémente. Ce tir n’avait aucune nécessité de maintien de l’ordre. Il n’avait aucune justification. » Le reporter – dont on peut voir le film de la journée ici – se souvient de nombreuses personnes touchées plus légèrement, agenouillées, prostrées, après les tirs.
Listant pêle-mêle blessures, mauvais traitements, confiscations de matériels subis par une dizaine de professionnels, l’Union des photographes professionnels (UPP) a dénoncé les « atteintes portées aux photojournalistes en exercice de leur métier », samedi.
Avant-charge
Questionné par Mediapart sur l’utilisation des flashball par son unité et les plaintes déposées à l’IGPN, le patron de la BRI, Christophe Molmy, renvoie sur le service communication de la préfecture. « Si c’est vrai, on traitera ça, a-t-il commenté, mais je ne vous répondrai pas. »
Partisan d’une ligne dure et « d’un dispositif plus offensif » face aux manifestants, le patron du syndicat national des commissaires (SNCP), le commissaire David Le Bars, juge que ces blessés sont « des blessés de trop ». « S’il y a, à l’évidence des gestes inappropriés, ou des tirs ratés, on n’a pas de quoi se réjouir, commente le commissaire. Le tir de LBD doit être cadré, s’il y a un tir “tête”, c’est un tir raté. » Le syndicaliste juge néanmoins qu’il s’agit de « dommages collatéraux » et que le nouveau dispositif, « plus dynamique », a permis « d’éviter le chaos ». M. Le Bars ne veut pas commenter l’usage systématique des flashball en haut des Champs-Élysées, samedi.
Les policiers de la BRI regroupés avant leur offensive contre la manifestation. © karl Laske
La question de la légalité de ce recours à outrance à ce type d’arme et des blessures au visage infligées à un certain nombre de manifestants sera pourtant posée. En effet, le règlement d’emploi du LBD 40 stipule expressément que « la tête n’est pas visée ». Dans son rapport consacré au « maintien de l’ordre au regard des règles déontologiques », le Défenseur des droits avait recommandé, en décembre 2017, « d’interdire l’usage des lanceurs de balle de défense dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre, quelle que soit l’unité susceptible d’intervenir ».
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À l’est de Paris, d’autres unités de Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) interviennent. Antoine Coste, un graphiste 25 ans, est touché à la tête dans la soirée par un tir de flashball, boulevard Saint-Martin. Habitant le quartier République, il était descendu voir « par curiosité » et « sympathie » la fin du rassemblement avec des amis. Il est surpris par une charge des policiers parisiens sur la place, se retrouve seul et est touché par un tir alors qu’il se prépare à rentrer chez lui (voir ici une vidéo qui témoigne de la violence de la charge policière). « Il y avait une charge et la foule s’engouffrait dans le boulevard en direction de Strasbourg-Saint-Denis, explique Antoine. Ca sifflait, ça criait : “Macron démission !” Je me suis retourné pour voir ce qui se passait au niveau de la place de la République et j’ai reçu l’impact, d’un coup sec, puissant. Je me suis pris ce coup, je suis tombé au sol et je me suis relevé. Je ne sentais plus mon côté gauche. J’ai regardé ma main qui était pleine de sang. Les gens disaient que j’avais été touché à la tête. » Un manifestant inconnu le guide jusqu’à une ambulance, puis disparaît. « Quand j’étais dans le camion, je l’ai vu partir par le hublot et j’ai pensé : “Merde, je n’ai pas pu lui dire merci.” »Il a ainsi perdu l’un des témoins du tir policier. Hospitalisé à Cochin, Antoine a été opéré, mais il craint de perdre son œil.
« Dans le cadre d’un rassemblement sur la voie publique, notait aussi le rapport du Défenseur des droits, le lanceur de balle de défense ne permet ni d’apprécier la distance de tir, ni de prévenir les dommages collatéraux. Au cours d’une manifestation, où par définition les personnes visées sont généralement groupées et mobiles, le point visé ne sera pas nécessairement le point touché et la personne visée pourra ne pas être celle atteinte. » Le rapport soulignait que même en cas de respect de la doctrine d’emploi, l’arme pouvait provoquer de graves blessures comme la perte d’un œil, « qui confère à cette arme un degré de dangerosité disproportionnée au regard des objectifs de maintien de l’ordre ».
Le changement de « doctrine » opéré par Christophe Castaner laisse dubitatifs les analystes du maintien de l’ordre. Fabien Jobard, chercheur au CNRS rattaché au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), juge que l’institution a été gagnée par « un début de psychose » devant certaines scènes montrant la faiblesse du dispositif policier et des policiers eux-mêmes, le 1er décembre. « Parler de violence inouïe, voire de guerre civile était une forme de surenchère, juge Fabien Jobard. La guerre civile, ce n’est pas ça… Les CRS font un travail très anxiogène, et y ajouter une communication qui mise tout sur la peur ne peut rien arranger. »
Mise en lumière par immersion de ce qu’a pu vivre un gilet jaune dans la journée de mobilisation du 8 décembre à Paris, qui a réunie 10 000 personnes et 8000 membres des forces de l’ordre selon les chiffres de la préfecture de police.
Manifester, que ce soit pour la liberté ou pour l’égalité, c’est avant tout un moment de fraternité, et c’est bien l’impression qu’on a eu ce samedi 8 décembre en déambulant dans un Paris en lutte.
Vers 8 heures, à la sortie du métro « Porte Maillot », point de rendez-vous largement diffusé sur Facebook, nous cherchons un moment le lieu de la mobilisation ; puis nous convergeons avec d’autres vers la place de l’Etoile où pour l’instant, les forces de l’ordre, détendues, sont plus nombreuses que les manifestants. Petit à petit les « gilets jaunes » arrivent par grappes depuis le périphérique (lui aussi bloqué), parfois regroupés autour d’un drapeau régional, ils se heurtent avec surprise aux multiples fouilles. Pour beaucoup, c’est leur première « vraie grande manifestation ».
Pendant presque toute la matinée, c’est un sentiment d’attente teinté de curiosité que l’on peut lire sur les lèvres de ces manifestants engourdies par le froid matinal. Il n’y a « pas de programme précis, on ne sait pas comment ça va se passer. » Certains, comme cette jeune saisonnière grenobloise déguisée en abeille sont déjà équipés pour la marche pour le climat, prévue à 14 h. « Où ça ? », « Place de la Bastille c’est ça…? » On ne sait pas où, mais on veut y aller. Au-delà des revendications politiques, pour ce groupe de trentenaires, arrivés à l’aube à la capitale après un long voyage de nuit, ce rassemblement est aussi une « aventure entre amis ».
Les camarades ayant déjà participé à la manifestation du 1er décembre, eux, mettent en garde en narrant sans se lasser les très marquants, « événements de la Place de l’Étoile »accusant quasi unanimement « un piège des CRS ». Pour l’instant ils s’étonnent comme nous du calme et de l’ambiance bon enfant que prend la manifestation. Ils lisent pourtant dans les médias que le nombre d’interpellations a déjà dépassé celui de la semaine dernière.
Philippe de Veulle, un riverain, avocat se revendiquant de droite mais soutenant les gilets jaunes au point de leur offrir gratuitement ses services en cas de procès nous raconte qu’il a assisté à l’ensemble des manifestations, passionné par les événements ; il vante cette « révolution qui prend cours » et diffuse en live sur Facebook ce qu’il peut déjà observer, bien qu’il n’y ait pas de grands mouvements. Son ami, soixante-huitard parisien, qu’il a rencontré à l’occasion des rassemblements, précise « cette fois, c’est moins violent et y-a moins de mobilisation, mais on se sent soutenus […] comme quand j’étais étudiant, c’est arrivé comme ça, je m’y attendais pas. »
Lorsque nous quittons l’avenue de la Grande Armée à 11 heures, la plupart des gilets jaunes n’ont pas passé le dernier cordon de CRS qui les sépare de l’arc de Triomphe, de peur de devoir laisser toutes leurs affaires. Nous les laissons discuter entre eux, avec d’autres « provinciaux » venus d’ailleurs… Pas un seul slogan n’a été scandé, les seuls bruits qui ont perturbé ce qui s’apparente plus à une fête de village qu’a une manifestation étant les premières grenades lacrymogènes utilisées de l’autre côté, vers les Champs-Élysées…
Après avoir suivi quelques mouvements de foules peu fructueux ; nous faisons comme pas mal de gilets jaunes. Nous tentons de rejoindre la manifestation syndicale et étudiante « inter-lutte » et le cortège féministe qui partaient tous deux de la gare St-Lazare à 10 heures pour remonter les Grands Boulevards et finir sur les Champs-Élysées. Pour atteindre ce fameux cortège de la convergence des luttes commence une épopée longue de plusieurs heures. Nous errons littéralement dans les rues de Paris, qui loin des points de tensions sont désertes. Des gilets jaunes épars, semblent comme nous un peu paumés, où peut être visitent t-ils Paris, pour beaucoup d’entre eux c’est en effet, une despremière rencontres avec la capitale. Nous suivons la foule qui tente elle aussi de rejoindre les Grands Boulevards, en nous contentant des rares passages qui ne sont pas bloqués par la police. A coté de nous, une sexagénaire grommelle à qui veut l’entendre :« on est parqués comme des cochons. »
« La rue elle est à qui, la rue elle est à nous ! » – slogan des gilets jaunes.
Parfois nous nous approchons suffisamment du cortège pour entendre les manifestants scander des « anti-anti-capitalistes » ou des « la rue elle est à qui, la rue elle est à nous ! », nous entrevoyons un drapeau rouge entre fumigènes et lacrymos mais impossible de le rejoindre, celui-ci étant rigoureusement encadré par les barrages, blindés de la gendarmerie et canons à eau à l’appui.
Visiblement décontenancé par la non-organisation de la manifestation et par l’omniprésence des CRS, un groupe de meldois (habitants de Meaux) en gilets jaunes préfère se reposer sur le bord de la route. Souriants, optimistes ils nous racontent les petites anecdotes qui émerveillent leurs journées passées sur les ronds-points ou sur les parkings des grandes surfaces de leur ville. « Quand on rentre chez nous le soir après les blocages, on a l’impression de rentrer dans un autre monde », après avoir goûté à la joie des manifestations, la routine quotidienne leur semble amère. ils se demandent si eux aussi ne vont pas boycotter Noël pour faire perdurer ce mouvement. Une mère de famille nous confie, que depuis le mouvement, elle vit « un moment humain » et n’hésite pas à faire le parallèle avec la solidarité ressentie pendant les « marches pour Charlie » – du 10 et 11 janvier 2015 – « ici, on se sent tous égaux » conclut-elle. Nous les laissons après une bonne demi-heure dans une franche camaraderie en compagnie d’un cheminot val – d’Oisien venu seul, ayant spontanément rejoint la discussion, après tout en manif, « Les gens viennent comme ça discuter, on est tous pareil, on en garde des bons souvenirs. »
Ambiance radicalement différente lorsque nous débarquons finalement sur les Grands Boulevards dans un nuage de lacrymos. La police, en formation serrée devance les impressionnants canons à eau et force la foule de manifestants à se disperser le long des boulevards. En remontant en tête de cortège, nous retrouvons la vue, et le calme nous permet d’observer la composition hétéroclite du mouvement où les gilets jaunes sont mêlés aux étudiants, militantes féministes, écologistes et syndicats. Si la fumée à l’arrière du cortège laisse deviner une situation toujours tendue, le reste de la marche s’en sépare pour jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre dans une ambiance relativement bon enfant. Celles-ci tentent d’ailleurs à plusieurs reprises de stopper voire de couper le cortège en deux, cherchant sûrement à briser le mouvement, afin d’éviter que les militants dispersés ne s’y agrègent, pour rejoindre en masse les Champs-Élysées déjà embrasés. Face à cette audace, pas de casseurs ou de slogans anti-flics, les manifestants mains en l’air protestent pacifiquement. A un moment, alors que le blocage de la manifestation s’apprête à durer, ils entreprennent même d’échanger quelques passes de volley au dessus du cordon de CRS ayant séparé la manifestation en deux.
« Quand on rentre chez nous le soir après les blocages, on a l’impression de rentrer dans un autre monde. »
Mais sur le coup des 14 heures, les opérations de contention des policiers ont eu raison du cortège « inter-lutte » qui commence à s’effriter. Certains manifestants se redirigent vers la marche pour le climat, d’autres, plus énervés et cagoulés préfèrent récupérer des pavés « au cas où il faudrait se défendre » malgré les protestations alentours.
Aux Halles : « Ça a pété aux Champs-Élysées ». Le cortège disparu, nous choisissons de remonter vers les Champs où il y aurait du mouvement. En direction de notre objectif, on s’aperçoit qu’on remonte à contre courant des groupes de gilets jaunes : « on va ailleurs, ils laissent pas passer ». Des CRS bloquent tout accès aux Champs ; la situation sur place restera inconnue, seul vestige : une poubelle achève sa combustion. Errance à nouveau, on repasse dans les rues de ce matin, l’euphorie a laissée place à la tension. Attirés par les cris on arrive place de la Madeleine : Les gilets jaunes ont abandonné les premières lignes, face aux CRS, au profit des cagoules noires, masques et lunettes de protection. Un groupe de jeunes posté sur des agglos, tente de les casser pour récupérer des munitions. On nous interpelle : « Vous êtes antifas ? » ce sera la dernière question politique. « Vous squattez où ? Ce soir j’dors chez un pote écolo que j’ai rencontré ce matin… » Si le contact a l’air facile ; le débat politique l’est un peu moins. Après quelques échanges, on s’arrête à cette déclaration incongrue au vu de l’ambiance : « les antifas c’est les gentils, c’est ceux qui soignent les blessés, moi j’suis contre la violence. »
« Vous squattez où ? Ce soir j’dors chez un pote écolo que j’ai rencontré ce matin… »
Des pétards explosent, les « slogans » alternent entre « Macron on t’en encule » et« Macron démission » devant une division de CRS soutenue par plusieurs palissades, fourgons et canons à eau. Un pétard de trop fait exploser la situation ; les capsules de gaz lacrymogènes déferlent sans sommation sur la foule en panique ; les jeunes casseurs déguerpissent malgré les conseils de manifestants plus âgés de ne pas provoquer de mouvements de foule. On assiste interdits aux échanges de pavés et de grenades. S’agaçant de leurs échecs, les plus radicaux s’en prennent au vitrines et au matériel de construction qui traîne, ne faisant qu’accroître le nuage de lacrymos. A l’instar de plusieurs gilets jaunes, nous quittons la place par le seul chemin n’étant pas tenu par les CRS, en laissant la grande majorité passive face aux événements. En nous retournant, nous distinguons clairement la fumée, qui détone avec le ciel crépusculaire d’un Paris qui ne semble pas prêt de s’éteindre.
Revol-Cavalier Lauriane & Dubesset Enzo
Les dérives concernant les logements..HLM..
À Puteaux, une ville où l’association islamique de la ville se porte bien, le système Ceccaldi-Raynaud continue, et pourquoi ne le ferait-il pas ?
Joëlle Ceccaldi-Raynaud fut interpellée lors d’une réunion publique par Bernard de La Villardière, mais le maire de Puteaux refusa de répondre aux questions du journaliste sur l’attribution clientéliste des logements sociaux. La scène a été diffusée mercredi soir sur M6.
Ici, normalement, emplacement d’une vidéo.
(Bernard de Lavillardière interroge la maire de Puteaux..)
Pour voir et lire la vidéo, accéder directement à l’article, avec le lien en en-tête.
Rien n’a changé dans cette ville ! Les anciens ont leurs petits cadeaux en fin d’année, leurs réceptions, leurs voyages assurés par une association subventionnée, etc. Le pouvoir est personnel et se transmet de père à fille ! Certes, pas sans quelques remous, comme on a pu le voir lors de ces batailles de chiffonniers dont le père avait le secret ! Un père qui protège quand même sa fille puisqu’il m’a mis dans les pattes une cousine qui avait pour mission de me planter ! Mission réussie !
Pour avoir fait partie de l’équipe du père dès 1995 et ensuite de sa fille jusqu’en 2008, pour l’avoir suivie lors de son conflit avec son père, l’avoir soutenue et fait campagne électorale pour elle en 2008, je connais bien la solidité de ses liens d’amitié et surtout la fidélité envers les amis ou ceux qui prétendent l’être ! Ce n’est que du papier, du vent et le réaliser d’un coup fait très mal !
On ne se méfie jamais assez des beaux sourires et des mots gentils ! Petites trahisons électorales en internes et en douces, coups de couteaux dans le dos, et manigances diverses ! Sous les habits de la bergère, il y a une louve qui ne fait pas de cadeaux à ses chiens de bergers qui s’ignorent, des moutons le plus souvent !
C’est une famille qui n’a pas d’amis, seulement des intérêts !
C’est une erreur de croire qu’en faisant partie de « la garde rapprochée », vous seriez un proche, un ami ! Vous êtes surtout un fusible, un appui, un soutien parce que vous êtes blogueur, ou président d’association, ou les deux ! Si par hasard vous avez fait une action qui déplaît, une réaction, une contestation, émis une idée contraire, fait savoir que, décidément, l’islam n’est pas votre tasse de thé, c’est la poubelle de la ville qui vous attend ! Pas de délai, de préavis, pas même d’avertissement !
Le vote musulman est sacré, comme l’était autrefois le vote juif pour le père, du temps où cette communauté était importante dans la ville ! Ce n’est plus vraiment le cas face au vote musulman qui, à travers l’association islamique de Puteaux, sait être utile, y compris pour distribuer des tracts sur le marché du rond-point des Bergères ! Alors, pas touche à la poule halal électorale ! Pour moi, c’était décidément impossible !
Le système des HLM est bien rôdé ! C’est le père Ceccaldi-Raynaud qui l’a peaufiné, alors qu’il existait déjà bien avant lui avec l’ancien maire socialiste que tout le monde a oublié aujourd’hui et dont tout le monde se fout par ailleurs depuis 1969 ! Car cela fait 49 ans que cette famille règne sur la ville !
Il ne faut pas s’imaginer que les adjoints au maire, pas plus que les conseillers municipaux, sont des éléments importants dans la ville !
Certains se l’imaginent pourtant, se croient investis d’une mission ! Rien ne se fait sans le maire, pas le moindre caillou ne peut être déplacé sans son autorisation ! Les adjoints et les conseillers font de la figuration ! Ils sont des stylos pratiques et utiles pour signer, à longueur de temps, des documents dans des parapheurs, au service électoral ou ailleurs ! Pour les plus importants, s’ils annoncent de bonnes nouvelles, c’est le maire qui signe, si ce sont des mauvaises, c’est l’adjoint ! Les conseillers municipaux ne sont que des objets utiles pour la claque nécessaire lors des séances du conseil ! Leur utilité essentielle est de lever la main au moment des votes sur des dossiers dont les contenus sont proposés, révisés, analysés et acceptés par le maire ! J’ai pu exprimer mes interrogations, mes avis, mes propositions quand je fus dans l’opposition ! C’était impossible du temps où j’étais dans la majorité ! C’était silence et vote !
Le service HLM est l’arme fatale, le moyen de la politique, la terre électorale labourée sans fin, en plus des associations subventionnées !
Ce n’est pas exceptionnel ! Tous les maires le savent ! Pour garder le pouvoir, il faut une armée de demandeurs, tant pour les places de crèche que pour les logements réservés aux amis, à la famille des amis, aux enfants des familles, en plus des interventions diverses !
Ce qui fait que vous retrouvez très souvent les mêmes noms dans les différentes HLM ! Je le sais pour avoir tracté pendant des années ! Vous retrouvez des locataires qui doivent beaucoup au maire !
Vous y ajouter les lèche-cul, les cervelles de moineau, et vous avez la certitude de gagner les élections car à Puteaux, en 2015, il y avait 31 005 inscrits et seulement 14 997 votants, soit 48,37 %, et l’abstention 16 008, soit 51,63 %.
C’est pourquoi je dis sans cesse que de ne pas aller voter arrange le pouvoir en place ! La preuve, le maire de Puteaux fut élu avec 10 729 voix, soit 34,6 % des électeurs inscrits ! Un peu comme Emmanuel Macron qui gouverne sans l’aval de la majorité des électeurs qui se sont crus malins de ne pas aller voter ! Mais à Puteaux, il n’y aura pas de Gilets jaunes !
Gérard Brazon
Pour terminer
Trop d’abus..trop de mensonges aussi, tout comme ces évasions fiscales..massives..organisées..finissent par..tuer l’économie !!!






































